Gravé dans Da Roch’

Un soir d’août, tu frappes à la porte de mes plus beaux souvenirs en nettoyant la lucarne monégasque. En une action, tu délivres un échantillon parfait de toi. Combativité, abnégation, feinte et geste juste. Cheveux peroxydés, maillot lâche, pansement blanc à l’oreille gauche, le look est celui d’une époque à la lisière des années 2000. Quelques mois plus tard, tu inscris ta plus belle ligne à un palmarès déjà bien fourni. Entouré de tes potes Savinaud, Landreau, Gillet, Berson, Deroff tous formés à la Jonelière, c’est la consécration. Là, au milieu de la marée humaine jaune qui déferle sur la pelouse, vous êtes Champions de France. Je n’ai pas dix ans et suis aux anges.

Les saisons passent et j’attends, toujours plus impatient, de découvrir La Beaujoire. Première ratée contre Sochaux, la seconde sera la bonne. 2ème minute de jeu et qui surgit ? Frédéric Da Rocha. Face à l’AJA de Cissé, Kapo et Mexès, les canaris font le dos rond et empochent les trois points. Cela fait vingt-deux ans et je m’en souviens comme si c’était hier. Signé Da Roch’.

Un an plus tard, le PSG nous malmène en demie de Coupe de France. Je suis en tribune Loire et désespère de nous voir égaliser. Dernière action, dernier centre, le tien. Tête et but de Super Mario Yepes. La délivrance est venue de ton pied droit, le stade tremble ivre de bonheur.  Au bout du bout, une défaite cruelle aux tirs aux buts mais des émotions comme seul le foot peut en offrir. La même année, tu es celui qui aurait dû nous offrir la Coupe de la Ligue. Seul face au dernier rempart sochalien, au crépuscule des prolongations, tu as la balle de match au bout des crampons. Il en fut autrement, la faute à un Richert des grands soirs.

En 2007, l’inéluctable arrive, le FCN est relégué, mais tu restes. Capitaine courage d’une équipe en reconquête, tu mènes ta bande vers un retour express en L1. Tu es celui qui s’accommodera d’une nouvelle direction aux antipodes du passé formateur du club devenant une sorte de résistant au sein d’un club aux choix sportifs douteux. Les saisons défilent et tu charries avec toi ce qu’il reste des belles années. Tes compères quittent un à un le navire et, seul, tu restes portant le poids pharaonique du passé. Ton nom sur la feuille de match réchauffe les cœurs, ta silhouette sur le terrain rassure dans le marasme ambiant. Cette incartade forcée à Boulogne-sur-Mer, aux confins de ta carrière, ne changera rien à ce que tu es. Un canari au sang jaune et vert dont on attend toujours le successeur sur l’aile droite de l’attaque nantaise.

21 réflexions sur « Gravé dans Da Roch’ »

  1. Merci Delhommeaudetete.
    Pourquoi ce pseudo d’ailleurs ? Me souviens vaguement de Delhommeau, pas le plus sexy du FCN, non ?

    Je suis de loin la L1 et tu me corrigeras si je me trompe mais j’ai l’impression que le club des Kita puise à nouveau abondamment dans le centre de formation en comparaison d’il y a quelques années. En revanche, je ne suis pas sûr qu’il existe une identité aussi forte dans le profil des jeunes sortant du club… et puis ils sont vendus après une bonne saison, pas le temps d’installer des mécanismes.

    0
    0
    1. Salut Verano
      Concernant le pseudo, il fait effectivement référence au défenseur nantais associé à l’époque à laquelle le FCN avait encore un peu d’ambition. Pour autant, il n’était pas tout à fait l’assurance tous risques d’où les migraines qu’il pouvait provoquer 😀
      Concernant la seconde question, c’est un leurre. Le centre de formation obtient année après année d’excellents résultats ce qui n’empêche pas Kita et sa clique d’aller chercher des joueurs exotiques qui ne valent pas un copeck 😞

      1
      0
    1. Oh oui souvenir étonnant dont certains supporters nantais sont fiers puisqu’ils empêcha indirectement les rennais d’aller en Ligue des Champions. Triste consolation. Malheureusement des épisodes du genre on en a connu bien d’autres depuis…

      0
      0
      1. D’ailleurs, il existe une rivalité entre les kops toulousains et nantais que j’ai du mal à comprendre. Connaissant un peu Nantes, je trouve quelques similitudes avec Toulouse. Deux villes où il est assez aisé de faire des rencontres, un ancrage fort à gauche. Même si Toulouse se tape un maire de centre-droite depuis des lustres. Le gros paradoxe de la ville.
        Des Indians ou la Brigade Loire, plutôt du même bord politique. Aucune rivalité sportive historique.
        Toujours étonné.

        0
        0
      2. Alors je sais pas pour le bord politique des Indians mais les BL, même s’ils sont apolitiques de façade, je pense qu’en privé ils sont pas franchement du bord que tu imagines.

        0
        0
      3. Par contre, il n’existe aucune rivalité entre Nantes et Angers. Le « derby » à Raymond Kopa est le match le plus animé en tribunes de la saison. Le parcage jaune est blindé. Ca craque des fumigènes des deux côtés. Mais aucune provocation, insulte ou autre. Le SCO a conscience de son poids historique et celui de son voisin (d’ailleurs je soupçonne beaucoup d’angevins d’avoir trainé à la Beaujoire dans le passé). Donc les deux ont conscience de pas boxer dans la même division (même si sportivement depuis 10 ans…) et s’ignorent cordialement. Par contre on trouve des stickers FCK Laval / Tours un peu partout dans Angers…
        Je me souviens plus des relations entre Nantes et Rennes avant le rachat de Pinault mais ça devait être de l’indifférence aussi.

        0
        0
    2. C’est une rivalité bidon, purement motivée par des bastons qui date de fin 80 / début 90 entre les Urban Service (le groupe un peu énervé de la Beaujoire – en comparaison avec les gentils Young Boys) et un groupe pseudo hools toulousain (qui étaient potes avec des Boulogne à l’époque). Ca a pris une dimension supérieure quand des toulousains ont été gravement blessés dans un accident de car, les Urban ont fait une banderole assez dégueulasse. Ensuite les Urban ont disparu, certains ont été à l’origine de la Brigade Loire pour qui Toulouse est restée sur la liste des ennemis (quand bien même le groupe hools en question a disparu aussi).
      Les rivaux historiques de Nantes, au delà des délires d’ultras, c’est St Etienne et Bordeaux bien sûr. Même Rennes c’est une rivalité surfaite et récente.

      0
      0
    1. Et que dire des premières de Suaudeau ? Qu’est ce que ça jouait bien…
      Je ne me souviens plus des raisons qui avaient conduit la présidence de l’époque à aller chercher Blazević à la fin des années 80 ? Premier coup de canif au jeu à la nantaise avant le retour de Coco puis l’intronisation de Denoueix. Il y en a eu bien d’autres par la suite eh eh

      0
      0
      1. C’est Max Bouyer, il arrive en 1986 et déjà il veut révolutionner l’héritage de Fonteneau. Il veut du clinquant de l’international Mo Johnstone, Vercauteren et donc Blazevic. Ce dirigeant (paix à son âme) a failli couler le club. Scherrer revient ensuite au jeu à la nantaise et rappelle Suaudeau d’abord parce que c’est la solution qu’ils peuvent se payer,

        1
        0
  2. En parlant de Suaudeau ou de jeu à la nantaise, c’est fou qu’il n’en existe rien ou presque chez les entraîneurs français. Il y a quelques années, beaucoup se sont extasiés sur Bielsa à l’OM mais c’est ce que proposait le FCN 30 ou 35 ans plus tôt.

    0
    0
    1. le giron fédéral a homogénéiser les entraîneurs, les systèmes de jeu et les manières de jouer. il y a quasiment plus aucune approche de jeu différente qui sort du moule monolithique de la 3F.

      3
      0
      1. Après des victoires en coupe dont celle contre Calais, 2001 est bien dans l’ADN du club. Avec un milieu de terrain parmi les plus légers de l’histoire. J’étais content pour Denouiex. Dans un autre monde, je l’aurais bien vu DTN…

        Ce titre clôture aussi une chouette période où il y avait un champion différent chaque année. Entre l’OM de Tapie et l’OL d’Aulas.

        Da Rocha, me souvenais plus qu’il finit à Boulogne (de belles années pour ce club). La présence de Guyot a du aider.

        0
        0
  3. Nantes champion en 2001, le dernier match était à Bollaert. On a pris une rouste. La saison avait été catastrophique pour les sang et or .Courbis avait foutu la merde, on a joué le maintien avec seconde partie de saison apocalyptique: 2 victoires a peine sur la phase retour si je me souviens bien avec une serie de 4 mois sans gagner en D1…
    Sur ce dernier match, Da Rocha avait marqué, Nantes a deroulé 3-0, ça doit finir a 1-4 si mes souvenirs de tribunes ne me joue pas des tours. Monterrubio avait ete excellent. Sacre duo nantais. Et les Carrière, Olembe, Yepes. Armand, Fabbri… Belle equipe de Denoueix.

    1
    0

Laisser un commentaire