Un ferry pour Luleå – La promesse

Statue, à Norrköping.

« Beaucoup de divorces

Sont nés d’un malentendu.

Beaucoup de mariages aussi. »

(Tristan Bernard, Les petites curieuses)

« J’aurais pu arriver beaucoup plus tôt », se rappellera-t-il des années plus tard, du temps où la démence ne l’avait encore rattrapé.

Et de fait le moins qu’on puisse dire, de cet homme qui en apprendrait la langue et qui tint toujours à dire le plus grand bien de ses amis néerlandais, est que ses premiers contacts avec les Pays-Bas auront longtemps été des plus contrastés.

Tout avait bien commencé pourtant quand, en Intertoto le 6 août 1963, il avait inscrit le seul but de la rencontre opposant son club de Norrköping à l’Ajax d’Amsterdam. Et que dire deux ans plus tard, le 10 juillet 1965, quand dans cette même compétition il s’était fendu d’un sensationnel triplé sur la pelouse du PSV…

Fin observateur, déjà, des déboires rencontrés par ses rivaux domestiques, et accompagné comme de coutume par son inséparable Cees Prins, le Directeur Général du Feyenoord Guus Brox embarquait donc le 22 octobre, pour Norrköping… La destination était peu commune, dans le chef d’un board rotterdammois qui, jusqu’alors, n’avait jamais recruté le moindre footballeur étranger, et au menu duquel ne se profilait pas même le moindre adversaire suédois. Aussi, passablement intrigué, Het Vrije Volk se ferait trois jours plus tard l’écho de cette surprenante visite : « Ils ont assisté au match Hammersby-Norrköping, et se sont particulièrement intéressés à l’avant-centre de Norrköping, Ove Kindvall. »

Suède – Italie, Coupe du Monde 1970. De haut en bas et de gauche à droite : Ronnie Hellström, Claes Cronqvist, Björn Nordqvist, Bruno Grip, Jan Olsson et Kurt Axelsson ; Ove Grahn, Ove Kindvall, Tomas Svensson, Bo Larsson et Leif Erksson.

« La Suède », poursuivait ce quotidien d’Eindhoven, « est assurément sous les feux des projecteurs ces temps-ci. Des recruteurs issus d’Allemagne de l’Ouest, d’Écosse et de Suisse s’y sont mis en quête de la perle rare, et ont même pris contact avec Larsson, Kindvall, Grahn et Karlsson, tous membres de l’équipe nationale suédoise – lesquels ont d’ailleurs tous reçu des offres, pour évoluer comme professionnels à l’étranger. »

Pour autant, et bien qu’il finirait par éventer l’objet de leur légation, Brox ne savait pas encore vraiment ce qu’il prévoyait : « Si nous recrutons un footballeur étranger, nous devons être sûrs qu’il s’agit d’une véritable star. Car si le joueur n’est pas performant, ce n’est agréable ni pour lui, ni pour nous. Hier par exemple, contre Hammersby, j’ai vu que Kindvall a le potentiel pour devenir un grand footballeur. Mais son problème, c’est qu’il manque de robustesse. Il n’a que 21 ans, et devrait encore s’acclimater… Mais s’il y a bien une chose à retenir de la rencontre de la veille : c’est qu’il sait jouer au football. »

Répondant aux questions des journalistes, comme souvent dans le plus simple appareil, après une victoire contre la France.

Les hésitations, on le voit, restaient d’évidence palpables, dans le chef d’une direction qui n’avait jamais recouru qu’à des footballeurs néerlandais… Aussi Brox et son acolyte obtinrent-ils de prolonger leur séjour d’une semaine, dans la perspective du Suède-Norvège que devait disputer Kindvall, en l’antre historique du Rasunda Fotbollstadion

« Fin octobre 1965″, confirmerait des années plus tard le véloce et racé Suédois, « ils avaient envoyé une délégation pour m’observer, dont sous le maillot de l’équipe nationale, contre la Norvège. Mais le match se solda sur un score nul, et apparemment ma prestation les avait déçus… » Déçus? A dire vrai, le brin naturiste Ove n’avait dû qu’à son bain d’après-match, comme toujours prolongé et livré aux photographes, d’avoir échappé aux foudres publiques de ces dirigeants hollandais, furieux d’avoir perdu de leur temps – et probablement plus encore de leur argent. Aussi ne revinrent-ils plus jamais le visionner, mais puisqu’il était hors de question de rentrer les mains vides au pays, Brox et Prins se rabattirent-ils sur l’un de ses équipiers en équipe nationale : sur le joueur de Zurich Harry Bild, qui devint donc en 1965 la première recrue étrangère du prestigieux Feyenoord de Rotterdam.

Suède – Brésil, 30/06/1966 : le très élégant libéro du FC Bruges Kurt Axelsson s’interpose devant Pelé.

De loin et sans mesquinerie aucune, tant prévaudrait toujours l’admiration dans ses rapports avec son aîné, c’est donc par la presse de son pays que le jeune Ove suivrait les fantasmatiques exploits de Harry Bild, aux Pays-Bas… Pour autant, Ove n’avait pas à se plaindre non plus, car c’est alors le FC Nuremberg, club alors le plus titré d’Allemagne, qui parmi d’autres allait également l’approcher. Mais pour qu’il fît du football son métier, et qu’il daignât renoncer à l’équipe nationale en ces ultimes années d’amateurismes scandinaves, il fallait à Kindvall une rémunération à la hauteur de son talent et du sacrifice consenti – et l’offre des Allemands restait encore insuffisante.

Et donc, il n’y aurait plus de nouvelles de Feyenoord… Du moins jusqu’à ce que, par le plus pur fruit du hasard, les images de ses deux buts contre le Brésil soient diffusées à la télévision néerlandaise… Le lendemain, le patron de Harry Bild l’appelait. Vingt-quatre heures encore, et Ove était dans le premier avion pour Rotterdam, par la grâce de ces quelques images en noir et blanc qu’avait faute de mieux diffusées la télévision néerlandaise, après que le programme initial eut dû être annulé.

L’arrivée

Porté en triomphe par ses équipiers de Norrköping, après avoir inscrit quatre des six buts de leur club, le 8 septembre 1966 contre l’AIK Solna.

« Je connaissais peu les Pays-Bas. Certes, je connaissais le PSV et l’Ajax, et je savais que le Feyenoord attirait des foules immenses et était le club le plus riche. Quand j’arrivai, ils m’attendaient déjà à l’aéroport de Schiphol, et furent d’abord très accueillants…avant de se montrer beaucoup plus stricts sur les questions financières. Cependant, après quelques heures de discussions, nous avions déjà trouvé un accord. Et je pus donc retourner en Suède pour y disputer le dernier match de la saison. C’était un moment très spécial : une finale importante contre l’AIK de Stockholm… Nous avons gagné 6-0, j’ai marqué quatre buts, puis j’ai été porté en triomphe hors du terrain. Mes adieux avaient été magnifiques, mais désormais j’étais surtout impatient de découvrir ce qui m’attendait aux Pays-Bas, où je comptais bien m’amuser. Car autant j’étais convaincu de l’importance du football, et autant j’ai toujours pensé qu’il ne valait rien si ses à côtés ne restent a minima amusants. »

Les inséparables Ove Kindvall et Harry Bild, sous le maillot de Feyenoord.

Loin ces vœux pieux, cependant, la découverte du football néerlandais serait tout sauf plaisante, pour le meilleur joueur et buteur en titre du championnat suédois : « Mon premier match le fut lors du derby contre le Sparta, en attaque avec Harry Bild. J’étais opposé à Theo Laseroms, une expérience en tous points inédite pour moi… Heureusement qu’il est devenu mon coéquipier par la suite : un vrai dur à cuire! Je ne m’étais entraîné que deux fois, et je n’avais aucune idée de la façon dont on jouait ici. J’aimais jouer bas et multiplier les une-deux, mais aux Pays-Bas c’était un tout autre football qui prédominait, avec un jeu de construction qui procédait exclusivement par les ailes. »

« De surcroît je ne comprenais personne, et la seule chose que Bild m’eût dite, ç’avait été de ne surtout pas oublier de saluer poliment Coen Moulijn le jour où je me présenterais, car c’était un joueur très important, constamment au centre de l’attention. Et c’est donc ce que je fis. Et cependant les débuts furent difficiles – quoique exaltants aussi : tant de monde dans les tribunes, et ces terrains détrempés alors qu’en Suède on jouait en été… Aussi, quand je restai muet devant le but pendant cinq matchs d’affilée, au début de l’hiver, la presse s’empressa d’interroger le directeur sportif pour savoir pourquoi il avait fait un si mauvais recrutement. Puis, dans la foulée, c’est le public qui commença à me prendre en grippe, et je me suis alors retrouvé à plusieurs reprises sur le banc. »

15/12/1968, Telstar – Feyenoord. A gauche : Kindvall. A droite : Ruud Geels.

« Dans quelles circonstances est-on normalement appelé à jouer devant cinquante ou soixante mille personnes ? Même le fanatisme du début était… comment dire… quand quelque chose inspire la peur… Oui : effrayant. Les gens étaient tellement impliqués qu’on ne savait plus où s’arrêtait l’émotion, et il y avait même des sifflets dans les tribunes, dès l’instant où quelque chose tournait mal… Savez-vous ce que m’inspirèrent le Kuip et ses supporters, durant ces premiers mois? Je me disais : ce n’est pas du football, c’est un cirque. Sans compter qu’il s’agissait de mes premiers mois dans un nouveau pays, et au sein d’un nouveau club où tout était différent… Mais les tribunes n’ont que faire de cela : elles vous jugent. Et si vous n’y prenez pas garde, leur rumeur peut vous monter à la tête, et vous faire douter de choses que jusqu’alors vous faisiez machinalement. »

26/05/1969, Kindvall inscrit le but du titre, sur la pelouse de Twente.

Méconnaissable, le jeune Kindvall se cacha-t-il par trop derrière Bild, à l’attention duquel il redoublerait de passes aussi prudentes qu’inoffensives? A moins qu’il ne se desservît à vouloir trop forcer, quand précisément ses véritables atouts avaient toujours tenu dans le timing, la finition et la spontanéité? « Heureusement, j’avais suffisamment confiance en moi. Aussi, à chaque fois que l’arbitre sifflait le terme d’une rencontre, je me disais que je marquerais la prochaine fois. Mais il me fallut quatre mois pour trouver enfin le bon équilibre. »

Par bonheur, Kindvall avait suivi le conseil de son prédécesseur Harry Bild. Et puisqu’il n’était pas insensible à la flagornerie, Moulijn avait défendu la cause de Kindvall, qu’il trouvait de toute façon bien moins individualiste que ne l’était son aîné suédois. Et c’est alors que la machine se mit en branle, enfin, et que Kindvall devint une célébrité : meilleur buteur de saison en saison, et auteur des buts décisifs lors des titres domestiques de 1969 et 1971, ainsi que lors des sacres européen puis mondial de 1970.

Première véritable star étrangère du Championnat des Pays-Bas, Kindvall finirait même par apprécier la vie aux Pays-Bas : l’atmosphère détendue, les virées en BMW d’entre ces villes qui semblaient toutes si proches… Avec son épouse Sylvia, il en apprendrait même la langue pragmatique et gutturale, en lisant le journal et en cherchant au dictionnaire la définition des mots inconnus.

Le printemps 1971, cependant, mettrait un terme abrupt à cette idylle, alors même que le club venait de renouer avec le titre, que Kindvall n’avait que 27 ans, et qu’il venait d’être sacré meilleur buteur du championnat pour la troisième fois en quatre saisons… Feyenoord, club alors des plus riches, aurait pu le pérenniser depuis longtemps, et d’ailleurs Kindvall n’avait eu de cesse de marquer son intérêt pour un contrat de plus longue durée. Mais il espérait aussi gagner davantage, au lieu de quoi le club n’avait accepté, dans la foulée de son sacre européen, que de le prolonger pour un an, convaincu qu’il n’y avait rien à craindre tant Kindvall semblait désormais épanoui aux Pays-Bas.

But de Kindvall contre Ajax, le 21 janvier 1968.

Pendant tout ce temps, du printemps 1970 à celui de 1971, Kindvall demeura donc sans nouvelle – exactement comme il l’avait été cinq ans plus tôt, après que Brox et Prins se furent en vain déplacés pour lui jusqu’en Suède. Et c’est alors que l’idée germa, au sein du couple particulièrement uni que formaient Ove et Sylvia, d’un retour définitif à Norrköping…

Progressivement gagné à ce projet, qui entendait rapprocher ses enfants de leurs grands-parents, et qu’ils puissent bénéficier d’une éducation suédoise, Kindvall disputerait donc déjà, le 6 juin 1971, son tout dernier match pour le Feyenoord. En cette occasion, contre Haarlem, il inscrirait même les deux buts du titre – qui seraient donc aussi ses deux derniers, parmi les quelque 150 inscrits en un peu plus de 180 matchs sous le maillot rotterdamois. Puis il fit ses valises, et partit travailler dans une papeterie de Norrköping.

San Siro, 06/05/1970. Kindvall inscrit le but décisif, dans les ultimes instants de la finale de la Coupe des Champions.

Un an après son triomphe européen, Kindvall tournait donc le dos au Kuip… Certes son épouse goûtait-elle peu le crachin néerlandais, et certes s’était-il publiquement plaint de ce salaire trop peu valorisé. Et cependant le doute l’envahirait quand, la veille de la rencontre contre Haarlem, et informée des projets mûrement réfléchis de son goleador, Feyenoord lui formula une offre extravagante de 500.000 florins sur trois ans, soit près du double de ce que Cruyff venait d’obtenir après des années de chantage auprès de la direction ajacide…

L’effort consenti par Guus Brox était-il excessif? Meilleur buteur et joueur de Suède en 1966, sportif suédois de l’année 1969, meilleur buteur du Championnat des Pays-Bas en 1968, 1969 et 1971, champion des Pays-Bas en 1969 et 1971, vainqueur de la Coupe des Champions et de l’Intercontinentale 1970, systématiquement décisif en chacune de ces occasions, et acteur majeur de la révolution aboutie à Feyenoord par Happel : il y avait en vérité bel et bien matière, en ce tournant décennal qui venait de bouleverser le football néerlandais, à tenir l’enfant de Norrköping pour meilleur joueur du Championnat de football des Pays-Bas – et même, possiblement, pour meilleur attaquant du football européen.

Le départ

Avec son fils, Niclas.

Bien que Kindvall ne voulût pas entendre parler de cette offre, son meilleur ami aux Pays-Bas, l’entraîneur-adjoint Jan Mastenbroek, se souvient encore des atermoiements qui avaient pollué le départ du Suédois : « C’était après le match contre Haarlem. Il avait déjà quitté le vestiaire depuis un moment, quand soudain il est revenu vers moi, ahuri : « Bon sang, Jan… Mais merde! Mais comment une situation pareille est-elle possible : c’est maintenant qu’ils me font une offre en or, maintenant que j’ai promis à ma femme… » Et puis il est reparti, sans un mot. Ove était vraiment un homme de parole ; et il était très direct. »

Avec le temps pourtant, et avant que sa mémoire puis son corps pour de bon ne le trahissent, Kindvall avait fini par prendre le parti d’en rire : « Désormais que tant d’années se sont écoulées, il m’est enfin plus facile d’en parler : oui, j’ai fait une promesse à ma femme, pareille à celle que je m’étais déjà faite, de ne plus jamais me plaindre du salaire que l’on m’accordait. Et donc j’ai maintenu ma décision, mais n’allez pas croire que ce fut facile, même après toutes ces années… Le Feyenoord a toujours fait partie de ma vie, mais moi je suis comme je suis. Si le Feyenoord m’avait fait cette offre dans le courant de la saison, il ne fait aucun doute que je serais resté. Mais c’était trop tard quand ils me la formulèrent, et quand je prends une décision ou que je fais une promesse, je m’y tiens. Et puis, de toute façon : je privilégie toujours ma famille. »

Un an après avoir remporté la Coupe d’Europe puis du Monde des Clubs, en pleine gloire, Ove Kindvall repartait donc travailler à huit heures du matin, avec son déjeuner et sa gourde dans son sac, pour ne rentrer chez lui qu’à 17 heures, puis ne reprendre qu’à 18 l’entraînement avec les semi-professionnels de sa ville. Certes, quand l’épuisement le gagnait, lui arriva-t-il souvent de songer à sa vie de star bien rémunérée aux Pays-Bas, et à ce contrat qui aurait mis les siens à l’abri du besoin. Mais selon ses propres mots, se retourner sur le passé n’avait aucun sens, et il n’en avait de toute façon plus l’envie.

A son arrivée à Göteborg, en 1975 : le deuxième accroupi à partir de la droite.

« Pour moi, les principes comptent plus que l’argent », ajouterait celui qui, peu avant sa retraite et avec le concours de Björn Nordqvist, parviendrait à faire remonter l’IFK Göteborg en Première Division, avant d’y participer comme dirigeant du développement footballistique des futures terreurs européennes Strömberg et Torbjörn Nilsson. Un succès encore, qui parfois même draina plus de 50.000 spectateurs quand bien même l’IFK végétait encore en deuxième division. Mais illusoires toujours de Rotterdam et de son Kuip, à côté duquel « même les grands matchs internationaux de la Suède paraissaient pour de bon insignifiants ».

Pour autant, et bien que sa vie restât par la suite résolument ancrée en Suède, le gros demi-siècle qui s’écoulerait jusqu’à son progressif effacement, le 5 août 2025, verrait jusqu’à nos jours des dizaines de bambins être affublés chaque année de son nom, en cet hôtel de ville d’où il avait jadis brandi la Coupe d’Europe des Clubs Champions – tandis que son numéro 9, devenu synonyme de désillusion tant son départ précipita la fin du « Grand Feyenoord », ne serait plus porté que par des joueurs tous impuissants à le faire oublier, faute que Brox parvînt à convaincre Pelé, Rensenbrink ou Gerd Müller de daigner lui succéder.

Avec son fils, vingt ans plus tard.

Au printemps 1970, et d’entre Kindvall et le spectaculaire Ruud Geels, ce sont pourtant deux des meilleurs attaquants d’Europe qu’avait possédés Feyenoord en ses rangs. Mais un an plus tard, il n’y avait déjà plus que Ladinszky et Posthumus, pour répondre au jeu long de van Hanegem ou aux infiltrations de Hasil puis de Schoenmaker… Certes, sous Peeters et Happel, Feyenoord était-il parvenu à bâtir la meilleure équipe du monde avec trois fois rien. Mais à compter du passage de Kindvall et malgré tout l’or du Rhin, il n’y avait plus matière qu’à attirer de moins bons attaquants, tandis que les meilleurs poursuivaient au loin leur quête d’une vie plus simple – et qui ressemblât à la félicité.

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38 réflexions sur « Un ferry pour Luleå – La promesse »

  1. Khiadiatouline, loué sois-tu d’avoir proposé de m’associer à ce triptyque suédois : il n’y avait pas meilleur sujet pour clôturer ma séquence Feyenoord!

    Et voilà donc une bonne chose de faite. Reste un dernier tour de vis à donner au cas Ajax, et puis j’en aurai assez dit de ces deux clubs-là, passer à autre chose.

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      1. Raccord avec le nom du triptyque, ca le faisait bien.

        A Feyenoord existe un concept auquel je ne vois pas fissa d’equivalent : « le syndrome Kindvall », par quoi l’on y designe aujourd’hui encore la durable irreparabilité du depart d’un maillon, en somme : c’est l’antithese du « nul n’est irremplacable »…….Ben Kindvall l’aura ete, lui..

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      2. Ah, c’est marrant ce syndrome. J’en connais un fameux au Mexique, ‘síndrome del Jamaicón. En gros, un défenseur international Villegas, pris de mélancolie et nostalgie à chaque fois qu’il quittait la mère patrie. Jamaicón était son surnom. Ça a commencé lors de sa participation au Mondial 58 et l’expression s’est ensuite popularisée.
        ¿Qué es el famoso ‘síndrome del Jamaicón’? – ESPN https://share.google/NyjOyHA4X3NsvX0sT

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  2. Thanks Alex. Je n’ai pas vu beaucoup d’extraits de match avec Kindvall mais j’ai de lui l’image d’un avant-centre pas très puissant mais bien placé et habile à placer le ballon hors de portée du gardien adverse. En gros, un joueur que tu ne remarques pas au premier coup d’œil. Je me trompe ?

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    1. Il ne degage de fait absolument aucune puissance, son jeu est meme aux antipodes de ca.

      Les points forts de Kindvall, dont le style etait vierge de tout chichi, c’est vitesse, activité, finition et participation à la construction (il decrochait et combinait deja enormement en Suede). Ce qui m’a le plus marqué : l’alliage parfait, et bio (il etait deja de cette veine en Suede), d’entre vitesse et endurance, c’est un athlete naturel, exceptionnellement doué..et qui d’ailleurs s’etait illustré aussi dans d’autres sports.

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    2. Globalement, sur Kindvall : il a sa place parmi les (très, très) grands attaquants européens tombés dans l’oubli, on se demande bien pourquoi…….. Jusqu’à son départ prématuré de Feyenoord, il est fondamental du logiciel de Happel, et même injouable : clinique et dans tous les bons coups, quel que soit l’adversaire………. Le jeu ne paie pas de mine, ça va à l’essentiel…mais joueur l’air de rien vraiment dominant, hyper-complet : il construit, ouvre des brèches, marque à n’en plus finir, des buts tous plus décisifs les uns que les autres…….. ==> Un crack!!

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      1. Me souviens vaguement de lui en 70, la Suède ne fait pas un tournoi marquant, mais j’avais zappé qu’il jouait en 74 tant l’attaque tourne autour du superbe duo Edstrom-Sandberg. Ce dernier, vraiment pas mauvais.

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      2. 74, je ne me rappelle même pas qu’il ait joué le moindre match?? Pourtant il est du groupe, il me semble.

        (pas en mesure de vérifier)

        En 74, pas oublier : semi-pro depuis trois ans..

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      3. Il est titulaire contre la Bulgarie et l’Uruguay mais disparaît à partir du second tour.

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      4. Génial ton sujet! Je ne connaissais rien de Feyenoord à part le nom du stade et le fait que ce club a gagné la Coupe d’Europe des clubs champions avant l’Ajax. J’ai donc appris plein de trucs et j’ai adoré.
        Par ailleurs, je ne prétends pas un bible du foot européen des années 70, mais c’est vrai que je n’avais jamais, au grand jamais, entendu prononcer le nom de Kindvall. Et au vu de son pedigree, c’est assez fou.
        Un Top 10 de « ces attaquants majeurs tombés dans l’oubli » serait sans doute une jolie série à faire. Encore faudrait-il définir la période choisie. Ou élargir le spectre à un Top 20, 30, 40 ou 50.

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      5. Merci, c’est sympa 😉

        Sujet « imposé » par l’excellent Khiadiatouline!

        Et qui clôture opportunément ma saga Foot total / Feyenoord, pour les 100 ans de la naissance de Happel.

        Globalement, au-delà de Kindvall, c’est tout de ce (très) grand Feyenoord du tournant des 70’s qui est tombé dans l’oubli, alors qu’ils eurent un temps d’avance sur Ajax en matière de foot total néerlandais, et ce de surcroît dans une version plus cérébrale et ma foi (goûts et couleurs) plus suave – je reviendrai en mars sur la nature profonde de la variante, d’un caractère plus athlétique, à quoi aura ensuite abouti à Amsterdam le fort laborieux Michels, après qu’il se fut inspiré de Happel et de Feyenoord pour le pattern, les principes et la dynamique.

        Si intéressé ça commençait ici, y a 5 volets et je crois bien que 99% du fond de l’affaire ( = genèse du foot total NL) y est :

        https://www.pinte2foot.com/article/ernst-henk-ben-theoet-les-autres-1-4-le-formateur

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      6. Et je ne suis pas amateur de tops, je m’y plie (quand même de bonne grâce, allez 😉 ) par esprit collégial ou pour l’ironie, mais ton idée est franchement pas mal, je relaie si besoin (j’en doute) dans l’arrière-cuisine, il y a effectivement un truc bien à faire en la matière, thx.

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      7. Fasozi, c’est adjugé : 15 portraits de géants offensifs (les coupures de presse d’époque en témoigneront!) de l’Histoire du foot qui, pour diverses raisons, ont tous fini par sombrer complètement dans l’oubli ; ce sera pour la rentrée à l’automne, et merci pour l’idée, on va essayer d’en être digne.

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      8. Je sais pas comment répondre directement aux messages concerné… Donc je le fais ici.
        Alors oui, j’avais déjà lu les premiers chapitres de ta saga foot total. Globalement, je lis tout et le plus souvent avec grand plaisir.

        Je suis heureux de vous avoir soufflé une bonne idée. Et je me réjouis par avance de déguster ce Top 15 automnal. Je n’ai aucun doute sur le fait que vous allez assurer.
        Merci en tout cas!

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      9. Oui oui, c’est ici qu’il fallait répondre, tu as bien fait : c’est pour éviter que les réponses en cascade n’aboutissent, à force, à restreindre jusqu’à l’absurde l’espace disponible pour les textes, c’est voulu.

        Et merci du sujet, je n’y aurais pas pensé…………d’autant que, plus encore que les noms jadis prestigieux (auxquels vaut déjà de rendre justice), le pourquoi de leur oubli progressif est un sujet connexe en or, il y a vraiment de tout……… Kindvall avait toute sa place là-dedans (pas grave : je développerai le cas d’un autre joueur suédois), lui c’est en pleine gloire qu’il opte pour une voie qui le diluera dans l’oubli, pour une histoire absurde de contrat qui traîna tant il semblait parfaitement intégré et peu susceptible de quitter le navire, pour le brin de lassitude que cette période instigua, et in fine pour la promesse subséquente faite à son épouse…………….alors qu’on parle d’un des tout meilleurs attaquants de son temps, et maillon fondamental du grand-oeuvre tactique de son temps, incroyable………..mais il y a des cas encore plus incroyables, on y reviendra.

        A propos, Khiadia m’a enlevé une épine hors du pied : il me restait de longue date un portrait à aborder, à ma rubrique des footballeurs « divergents » : un objecteur de conscience, une espèce de bobo vaguement post-punk, un docker et activiste social, je sais plus quoi………… Pour le dernier profil j’hésitais justement avec des figures qui plaquent soudain tout, en pleine gloire ou ascension, je pensais particulièrement à un joueur anglais des 60’s promis au plus grand destin………….mais aussi à un autre type de profil…..pour lequel je peux désormais opter, d’une certaine manière c’est désormais fait, bonne chose de réglée.

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  3. Kindvall est le premier étranger de l’histoire du club ? Dans les années 60 ? Ça paraît fou. Je connais l’histoire du Sud-africain Steve Mokone dans la décennie précédente mais il n’y avait quasiment aucun étranger dans le championnat à l’époque ?

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    1. Le premier..apres son mentor Harry Bild donc, sur qui Brox se rabattit après la prestation pâlote du jeune Kindvall face à la Norvege.

      Bref : Kindvall fut le second. Et le troisieme, de tete ce dut etre un Yougo dont le nom m’echappe.

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    2. Je mets de côté les prévisibles joueurs anglais des temps disons « obscurs », les pionniers : éh bien je ne vois décidément quiconque avant Mokone.

      Et longtemps pas même le moindre Belge, alors qu’ils étaient de (très) longue date (remember Six) nombreux en France.

      Le premier Belge, je présume que ce fut une figure déjà évoquée ici : le légendaire Popeye Piters, l’acolyte du fameux pénalty en..trois! temps de Coppens en 57. Lui est du Fortuna Sittard en mode all-star de fin-50’s début-60’s.

      Mais avant lui je n’en vois aucun.

      Oui, tout cela m’étonne aussi ; ta question est excellente.

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    1. Oui oui, ils ont essayé de l’attirer pour pallier le depart soudain de Kindvall, j’en avais certainement deja parlé en commentaires je ne sais où. Feyenoord offrit un pont d’or, mais c’en resta là.

      Par contre, le truc que j’ai appris en me rafraichissant la memoire pour les besoins de cet article : c’est qu’ils essayerent aussi de transferer Gerd Muller donc, toujours à l’ete 71..ce qui eut ete un veritable seisme, vu l’envergure deja du gaillard!

      Les offres pour Rensenbrink, deja brillantissime bien avant qu’on ne le decouvre enfin hors-Belgique via la WC74, c’est venu un peu plus tard.

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  4. Sur la photo de l’IFK, je vois la tête de Torbjörn Nilsson qui est très fréquemment considéré comme le plus talentueux de sa génération. Pourtant il a raté son passage au PSV et celui à K’Lautern est correct mais loin de ce qu’il aurait du produire. Lui l’explique par sa timidité maladive qu’il l’a empêché de s’épanouir à l’étranger.

    Je mets un paragraphe que l’on peut trouver sur lui en suédois sur Wiki.

    Le talent de Nilsson sur le terrain est incontestable. Son manque de confiance en lui, surtout lorsqu’il était jeune professionnel étranger, était tout aussi notoire ; il avait parfois « peur du ballon » et préférait rester sur le banc . Lors des périodes de sa carrière où il était en forme, Nilsson était capable de performances brillantes et de dominer les matchs. On peut citer son retour en sélection après des années de boycott, lors du difficile match à l’extérieur contre le Portugal , où il mena la Suède à la victoire grâce à deux buts. Autre match où son talent fut mis en lumière : la demi-finale de la Coupe d’Europe des clubs champions à domicile contre le FC Barcelone en 1986, où il inscrivit deux buts et réalisa une prestation étincelante. Au match retour, il fut bien moins en vue et, lors de la séance de tirs au but décisive, malgré toute son expérience, il refusa d’en tirer un ; selon lui, il ne croyait tout simplement pas en ses chances de marquer.

    À d’autres moments de sa carrière, notamment lorsqu’il évoluait comme joueur professionnel à l’étranger, Nilsson n’était pas un atout pour son équipe lors de certains matchs. Parfois, il refusait même de toucher le ballon et préférait rester sur le banc (ou dans les tribunes) plutôt que de jouer. La situation était si grave que Nilsson a sollicité et obtenu une aide psychologique , notamment auprès du psychologue du sport norvégien Willi Railo, auprès duquel il a développé sa capacité à « être le meilleur dans les moments décisifs ». Cette aide, conjuguée à celle d’un entraîneur ( Sven-Göran Eriksson ) qui croyait en lui et lui laissait le temps de progresser, a permis à Nilsson d’apprendre à « penser correctement ». Nilsson a commencé à décomposer ses tâches en petits sous-objectifs : les « matchs internationaux » sont devenus la « réception du ballon », le « tir au but » et le « tir ». Nilsson utilise (et utilise encore) ces expériences de sa carrière de joueur en tant qu’entraîneur et/ou conférencier sur l’importance du mental et de la motivation pour qu’un athlète réussisse – et se sente bien en même temps.

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  5. Ton titre pour la série est bon, Khiadia, mais question : pourquoi « Un ferry pour Luleaa »?? T’as pris un bateau là-bas? Une référence qui m’échappe?

    J’y suis passé en train pour aller à Kiruna, mais aucun souvenir : voyage de nuit interminable, nuit polaire et mort saoul.. Ca a peut-être été les 2-3 heures où je me suis endormi d’ailleurs, peu importe : pourquoi diable Luleaa??

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    1. Je voulais un port le plus haut au nord possible et j’ai trouvé le nom doux. Pas plus compliqué que ça. Haha
      J’ai pas en tête la sonorité du suédois mais me souviens avoir trouvé l’estonien très agréable à l’oreille.

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    2. Après un voyage à bord du Conte Verde, le Ferry pour Lulea n’est pas mal non plus. J’ai longtemps cherché une référence culturelle pour comprendre le titre jusqu’à voir qu’il ne fallait pas trop se casser la tête…
      Merci à vous deux, c’est un foot que je connais très peu. Dans des registres différents, ils sont tous assez attachants. Intéressant de lire que les footeux qui quittaient la scène domestique, pouvaient réduire leurs chances avec la sélection.
      Magnusson a décidemment une bonne tête ! On a envie d’aller prendre une chope avec lui.

      A travers le portrait d’Hysén, j’ai revu les résultats des qualifs Euro 84 et me souvenais plus que l’Italie s’était vautrée à ce point. D’autant plus qu’elle était championne du monde. La Suède est sans doute une de leurs bêtes noires.

      Kindvall complète bien la saga sur le foot total, en effet. Les photos sont chouettes (jamais vu le Feyenoord en bleu, on dirait Ipswich). La première fois où j’ai entendu le nom de Norrköping c’était à la faveur du parcours en C2 de l’ASM 92. Ce nom m’apparaissait délicieusement nordique. D’ailleurs lors de cette épopée Monaco fait un bon nul à De Kuip. Bref good job !

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      1. « Intéressant de lire que les footeux qui quittaient la scène domestique, pouvaient réduire leurs chances avec la sélection. »

        Pendant fort longtemps, notamment dans des pays qui sanctifiaient l’amateurisme (comme la Suède ou le Danemark), ce fut même absolument rédhibitoire. Ce n’est qu’à partir des années 1970 que cela devient un atout.

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      2. C’est la dérégulation de l’Eurofoot surtout qui a changé le regard porté sur cette question ; même au sein de scènes footballistiques officiellement gagnées au professionnalisme, cela resta longtemps un frein. Parce que loin des yeux loin du coeur..mais aussi parce qu’il y avait des équilibres internes à respecter, que les places étaient chères, et/ou qu’un joueur passé international voyait son aura et sa valeur marchande exploser et que les clubs au pays (représentés au sein de leur fédération) souhaitaient conséquemment que la sélection privilégie des joueurs non-expatriés, bref, rien que pour cela déjà, professionnalisme ou non : il ne faisait pas bon partir sous d’autres latitudes.

        Puis la dérégulation a réglé la question en stimulant l’exode massif des meilleurs joueurs vers les marchés les plus riches – ne laissant d’autre choix, aux fédérations de la sorte pillées, que de devoir considérer aussi voire surtout leurs talents expatriés……………..au risque sinon de voir leur cote sportive sombrer pour de bon à l’international, partant l’attractivité de leurs poulains chuter..et in fine idem quant aux rentrées financières de leurs clubs formateurs.

        La question du passage à statut professionnel, si l’on se borne à elle, est évidemment bien souvent centrale. Mais le spectre embrassé par cette question est beaucoup trop restreint dans les débats, c’est plus complexe et plus riche que cela, car pour bien des fédérations il n’était pas même nécessaire d’avoir signé un contrat professionnel pour être rédhibitoirement tenu pour « professionnel » – j’y reviendrai à l’automne.

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    1. Ça avait l’air assez coton de rejoindre la sélection. Un Magnusson, alors qu’il débute sa meilleure période, n’a plus connu une sélection à partir de 69. Il rate le Mondial 70 parce que le championnat français n’est pas fini mais n’est jamais rappelé par la suite alors qu’il brille à Marseille. Mais tu as raison avec Bo Larsson

      Le sélectionneur de l’équipe nationale masculine de Suède, Georg « Åby » Ericson, avait coutume de dire : « Quand on compose l’équipe nationale suédoise, on commence par choisir Bosse Larsson, et ensuite on réfléchit aux autres joueurs.

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    2. Aucune idée!

      M’en étais pas posé la question (pertinente 😉 ), et fissa je ne vois rien qui permette de hasarder une réponse, je ne sais vraiment pas.

      Le foot suédois avait entre-temps adopté le plein professionnalisme, certes il y avait des réflexes têtus, mieux valait (comme ça a changé…………) jouer au pays, question de visibilité (mais il n’en manquait pas, lui..), à part ça..

      Pour la WC 74, pas grand-chose à voir mais l’occasion d’en parler : il fut le premier consultant de l’Histoire du foot suédois, c’était une star absolue au pays..mais ça ne répond pas à ta question, c’est effectivement surprenant.

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  6. Un point de détail que j’ai trouvé intéressant, à lecture d’archives le concernant : 1) Il fut donc l’une des chevilles ouvrières du « Grand Göteborg » des 80’s (qu’il rejoignit alors que le club se morfondait en D2 – et sa présence contribua à attirer jusqu’à 50.000 spectateurs en D2, costaud..).. 2) Il y lança et/ou accompagna donc de futures vedettes de cette future grande formation..

    Mais, 3) : il ne croyait pas du tout en Sven-Göran Ericsson, et s’opposa même à sa nomination ; on ne peut pas avoir raison sur tout!

    L’IFK du début des 80’s, ce club donc qui s’apprête à déferler sur l’Europe : ben c’était un club au bord de la faillite, ne pas s’imaginer un club bien géré sauce orthodoxie social-démocrate scandinave : ce n’était absolument pas le cas! Criblé de dettes et au fond du trou sportif à l’arrivée de Kindvall………..et au bord encore de la banqueroute quand les Strömberg & Co débarquent en Europe, un miracle.. Un peu comme le Bruges de Happel d’ailleurs, deux clubs dont la plus belle période survint en dépit de difficultés économiques difficilement concevables.

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    1. C’était pas endémique la crise à Bruges ? Me souviens que tu m’en avais déjà parlé quand j’avais sorti le texte sur Balint et il me semble que les années 80 sont du même topo. Mais je me trompe peut-être…

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      1. J’oubliais de répondre à ceci, navré Khiadia.

        En vrac,

        Entre mid-60’s et mid-70’s, années marquées par un passage progressif au professionnalisme, les clubs belges font de plus en plus de folies (une exception : le Standard, géré au centime près), histoire de se positionner utilement.. La fiscalité est d’ailleurs adaptée en conséquence à l’époque, histoire de rendre le championnat de Belgique particulièrement aguichant – dont actes : stars européennes à gogo, le moindre club (ou à peu près) posséda soudain son mondialiste……….et le FC Bruges, club historique resté incompréhensiblement stérile pendant près d’un demi-siècle (j’avais abordé cela dans mon portrait consacré à Saeys), particulièrement sevré, se montrera l’un des plus aventureux et borderline, transférant des internationaux à tout-va..

        Après des échecs souvent invraisemblables fin 60’s, il décroche enfin la timbale en Coupe fin 60’s puis, surtout, le titre en 73………………..maiis à quel prix!!! Le Club est ruiné, virtuellement failli.. ==> J’invite à relire le portrait consacré à Birger Jensen ; quand Happel y débarqua, c’est à peine si les joueurs étaient encore payés..

        Son passage permit toutefois de remettre le navire à flots, les affluences du nouveau stade (c’est l’actuel en fait, vieux désormais d’un gros demi-siècle) aussi.. Voilà pour l’acte 1, qui tint donc à une espèce de crise de foie financière, ils avaient trop forcé sur le chocolat..

        L’acte 2 de ces crises que tu évoques, époque Balint, est sportif. L’installation de Gilbert Gress au manettes fait un four, ses remplaçants ne font guère mieux.. Parmi eux, une figure que vous connaissez désormais : Rik Coppens! Mais en bon anar, et bien que les joueurs en garderont un souvenir formidable (il est tut à fait banal de les lire évoquer des entraînements hilarants), il ne parvint jamais à remettre de l’ordre dans le bazar, que du contraire.. Globalement c’est la merde jusqu’en 83, en 82 ils manquent même de très très peu la relégation, une anus horribilis en plein, un point d’avance sur le dernier relégable.. ==> Crise sportive.

        Après quoi : une gestion particulièrement éclairée..et un club qui, pour ce-faire, dut énormément audit Antoine VanHove, recruteur de génie qui avec trois fois rien les fit grandir sportivement et renflouer les caisses ; j’avais évoqué ce colombophile dans mon portrait consacré au transfert rocambolesque de Romario au PSV.

        Depuis lors, certes l’un ou l’autre coups de moins bien çà et là, mais club particulièrement stable et sain.

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  7. J’ai pas mis beaucoup de vidéos cette fois-ci, alors en voici une..et tant pis si vous ne comprenez pas le néerlandais (mais au moins entendrez-vous sa voix – son néerlandais est impecc’!) : ça vaut le coup quand même, la célébration sur le balcon de l’hôtel de ville, la ferveur..et des images dont la définition rend enfin justice à la qualité de son but décisif face au Celtic en C1 70, c’est pas donné à tout le monde de marquer des buts pareils : une nano-seconde pour réagir à ce cuir qu’un défenseur écossais menaçait d’attraper à deux mains, le contrôle orienté de l’épaule, le lob en mouvement.. Un joueur qui ne payait pas de mine, style prosaïque et dépouillé………..mais ce geste-là est fort, très fort :

    https://nos.nl/video/2577637-feyenoord-icoon-kindvall-onsterfelijk-in-rotterdam-zuid-overleden

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