Week-end d’Euskal derbia à Bilbao. L’Athletic reçoit la Real dans des circonstances sportives moroses : les Lions sont édentés alors que les Txuri-urdin sortent tout juste du marasme. San Mamés fera malgré tout le plein, les supporters de Bilbao communieront avec ceux venus de Donostia et la fête sera belle quoi qu’il arrive (enfin, nous l’espérons). En attendant, Pinte2foot vous propose de revenir sur quelques-uns des 192 derbys ayant opposé les géants du football basque[1].
« Un derby basque commence sur le terrain, mais il s’étend à d’autres aspects de la culture basque. J’aime la façon dont les Basques vivent les derbys, car il n’y a pas de tension, juste de la rivalité, et la rivalité n’est pas une mauvaise chose. » Voilà comment Michael Robinson, ex-joueur irlandais d’Osasuna reconverti en commentateur star en Espagne, envisageait l’Euskal derbia. Chaque retrouvaille entre l’Athletic et la Real donne raison à Robinson, ce depuis le tournant des années 1910 à de rares exceptions près.
A ce stade du récit, un peu d’histoire s’impose. Honneur au doyen, l’Athletic Club. Fondé par des lycéens bilbaínos en 1898, son existence institutionnelle débute en 1901. Le club biscayen conquiert un premier titre d’envergure dès l’année suivante dans une compétition préfigurant la Copa del Rey[2]. Plus à l’Est, à San Sebastián, des formations apparaissent à partir de 1903 sous diverses appellations. La future Real Sociedad réalise un premier exploit alors que le club est encore en gestation : il gagne la Copa del Rey en avril 1909, cinq mois avant l’obtention de son acte de naissance, grâce à un tour de passe-passe. Faute d’existence officielle, le San Sebastián Foot-Ball Club utilise la licence d’un club cycliste et s’offre le trophée sous le nom de l’éphémère Ciclista Foot-Ball Club. Dans les mois suivants, le San Sebastián Foot-Ball Club change d’appellation : lié à Donostia par ses fréquentes villégiatures au palais de Miramar, en surplomb de la baie de la Concha, Alfonso XIII concède la particule royale au club guipuscoan et la dénomination Real Sociedad de Fútbol apparaît à partir de février 1910.

2 juin et 30 juin 1912, matchs amicaux au Campo de Ondarreta à San Sebastián et au Campo de Jolaseta de Getxo
« Nos derbys opposaient onze Basques à onze Basques » déclare régulièrement José Ángel Iribar. On sent dans le propos de l’ancienne icône de l’Athletic une pointe de regret car depuis la fin des années 1980, la Real Sociedad s’est ouverte aux étrangers. Sous pression avec les départs de Luis López Rekarte, Aitor Beguiristáin et José Mari Bakero pour le FC Barcelone, la direction donostiarra renonce à un principe que l’on pensait intangible et à propos duquel s’était noué un conflit avec l’Athletic au début des années 1910.
Tout commence lors de la Copa 1910 remportée par Bilbao[3] devant le Vasconia Sporting Club qui n’est rien d’autre que la Real Sociedad encore obligée de recourir à un subterfuge administratif pour contourner les statuts de la compétition[4]. Dans les rangs bilbaínos figure un Anglais, ce qui manifestement ne choque personne. La saison suivante, l’Athletic accueille l’épreuve au Campo de Jolaseta, à Getxo. La popularité croissante du football et l’intensification de la concurrence (12 clubs s’inscrivent pour l’édition 1911, un record) incitent les dirigeants de l’Athletic à se renforcer en Angleterre. Dans l’effectif des Rojiblancos se glissent cinq Britanniques, dont deux inscrits sous des pseudonymes basques bidons. La Real Sociedad s’insurge contre ce qu’elle qualifie de pratique déloyale, conteste la légalité de ces renforts et se retire de la compétition. Faute de décision de la Fédération et dans un souci d’apaisement, l’Athletic ne recourt qu’à un seul Anglais, celui déjà présent la saison précédente, et conserve son titre. Un succès prestigieux mais accessoire au regard des conséquences du différend entre Basques.

Après cette Copa, les dirigeants de l’Athletic se résignent à ne faire appel qu’à des joueurs locaux, une règle que leurs successeurs appliquent aujourd’hui encore modulo quelques assouplissements. Mais cela ne suffit pas à aplanir les dissensions touchant à l’honneur des deux clubs, l’un étant accusé d’avoir voulu tricher, l’autre d’avoir fait preuve de lâcheté. Des personnalités de Bilbao et de Donostia s’efforcent de restaurer les relations. La première proposition, un match amical sur terrain neutre à Gasteiz, se heurte au refus de la Real Sociedad. Les deux clubs acceptent la seconde idée : un match à Donostia puis un autre à Bilbao avec une majorité de jeunes joueurs.
Le 2 juin à 16h30, l’Athletic Club se rend à San Sebastián, au Campo de Ondarreta, tout près de la plage éponyme, pour y affronter la Real Sociedad. Le programme mentionne une opposition entre Vasconia et Bilbao sans référence à la Real Sociedad et à l’Athletic Club. La pirouette ne trompe pas la presse présente pour relater l’événement et la réconciliation. Sous les yeux d’un public donostiarra étonnamment chaleureux, l’Athletic s’impose 3-0 en bénéficiant notamment de la puissance du colosse José María Belauste que ne peut contenir Mariano Arrate, défenseur des Txurin-urdin. Tous deux seront de l’épopée espagnole aux Jeux olympiques d’Anvers en 1920[5].


Le 30 juin, la Real fait le chemin inverse jusqu’en Biscaye. La rencontre s’achève sur un match nul 1-1, Rafael Aranzadi, alias Pichichi, étant le buteur de Bilbao. La presse relève avant tout la qualité de l’accueil des joueurs venus de Guipuscoa. La paix est scellée et les deux clubs phares du Pays basque nouent des relations d’amitié durables qui perdurent un siècle plus tard en dépit de petites contrariétés momentanées et d’intérêts parfois divergents.
4 mars 1951, 23e journée de Liga à San Mamés
Au début des années 1950, après une décennie d’allers et retours entre l’élite et la seconde division, la Real bénéficie du retour des enfants du pays, Ignacio Eizaguirre, Silvestre Igoa et Epi, tous internationaux et triplement couronnés avec Valencia. Portée par ses trentenaires, la Real Sociedad se hisse au troisième rang de la Liga à la fin de l’hiver 1951, à deux points du leader et futur champion, l’Atlético de Madrid et sa delantera de cristal[6]. De son côté, l’Athletic Club – l’Atlético de Bilbao durant le franquisme – fait preuve d’irrégularité malgré la prodigalité de son goleador Telmo Zarra, auteur d’un sextuplé face à Lerida (victoire 10-0). Balayés 3-0 à Atocha à l’aller, los Leones sont évidemment revanchards dans un San Mamés bourré jusqu’au cintre.

Malheureusement pour la Real, l’Athletic peut compter sur sa segunda delantera histórica au complet. Iriondo, Venancio, Zarra, Panizo et Gainza réalisent probablement leur meilleure prestation collective depuis plusieurs saisons. 3-0 à la mi-temps, 7-1 à la fin du match dont un quintuplé de Telmo Zarra, un record dans le derby basque, un de plus pour le fantastique buteur des Leones. Le journaliste d’El Mundo Deportivo décrit ainsi la démonstration de l’Athletic : « on peut dire que l’équipe de Bilbao a joué avec la Real Sociedad comme une souris avec un chat. » Un coup d’arrêt pour une Real finalement cinquième de Liga. La saison aurait pu néanmoins être merveilleuse sans une défaite en finale de Copa del Generalísimo contre le FC Barcelone, le quatrième échec consécutif depuis le titre de 1909.
15 mars 1970, 24e journée de Liga à Atocha
A sept journées du terme de la Liga 1969-70, l’Athletic compte trois points d’avance sur son dauphin, l’Atlético de Madrid, et vogue vers le titre grâce à une série de onze matchs sans défaite. Il s’appuie alors sur des cracks tels que José Angel Iribar, Koldo Etxeberria, Txetxu Rojo ou Arieta II. Pleins de confiance, los Leones se rendent à Atocha (Atotxa en basque) où les attendent les traditionnels bourbiers de fin d’hiver. Un traquenard, quoi ! Les deux clubs et leurs hinchadas respectives entretiennent des relations cordiales sur fond de nationalisme basque – une solidarité d’opprimés par le franquisme – mais sur les pelouses les matchs ressemblent à des boucheries dans le sillage de joueurs comme Ormaetxea (Real) ou Zorriqueta (Athletic). A la fin des années 1960, lorsque les limites de l’acceptable sont dépassées, les joueurs des deux équipes se réunissent pour partager des dîners, échanger, chanter dans l’espoir d’adoucir leurs retrouvailles en compétition.
Quand l’Athletic et la Real pénètrent dans le sanctuaire donostarria, le dernier repas est digéré et oublié depuis longtemps. Sous la pluie et dans le froid, les Txurin-urdin tordent physiquement leurs adversaires et s’assurent de la victoire à la pause (2-0, score final). En seconde période, aussi génial que caractériel, Txetxu Rojo frappe Francisco Gorriti et est exclu. Peu après, Urreisti est évacué sur une civière à la suite d’un attentat d’Arieta II, lui aussi renvoyé au vestiaire. Défaits, Rojo et Arieta II suspendus plusieurs matchs, los Leones se liquéfient dans le sprint final et laissent échapper une Liga qui leur semblait promise au profit de l’Atlético. L’immense Iribar ne sera jamais champion d’Espagne.
5 décembre 1976, 13e journée de Liga à Atocha

Une date entrée dans l’histoire de la Liga et du football basque à propos de laquelle tout a été dit et écrit. Franco est mort l’année précédente, Iribar vient de révéler incidemment son militantisme lors d’une émission radio alors que débute le processus de transition démocratique. Ce dimanche après-midi-là, les capitaines Inaxio Kortabarria et José Ángel Iribar pénètrent sur la pelouse en brandissant une ikurriña, le drapeau basque encore interdit en Espagne. A l’origine de l’initiative se trouve Uranga, dit Trotski, un joueur de la Real Sociedad dont la sœur a cousu des morceaux de tissu pour réaliser une bannière. Il se débrouille pour faire entrer l’ikurriña dans le stade et la suite, Iribar la raconte : « ils (les joueurs de la Real) nous l’ont proposé une heure et demie avant le match. Nous en avons discuté pour voir si c’était le bon moment, il y avait effectivement un certain tabou à ce sujet. S’il quelqu’un avait été en désaccord, nous ne l’aurions pas fait, mais nous avons tous décidé de tenter le coup. Nous avons débattu de la façon de sortir le drapeau sans qu’ils nous le prennent, parce qu’à Atocha, dans le tunnel menant aux vestiaires, il faut descendre des escaliers (…) et c’était plein de policiers. Ce jour-là, il y avait un hommage à Gaztelu avec des majorettes et une fanfare. Nous avions peur qu’ils essaient de nous le prendre à notre sortie, alors Uranga, qui était blessé, l’a attrapé et est monté dans les tribunes. Quand nous sommes apparus, il a sauté, nous l’a donné, et les capitaines sont sortis avec. La réaction du public fut incroyable. »

Ne sachant trop comment relater l’événement, la presse nationale le mentionne sans emphase et s’attarde sur le match en lui-même, un festival de la Real Sociedad 5-0. L’Athletic pratique un football de qualité mais se heurte à Luis Arconada. En contre, il se fait transpercer par le jeu de tête de Jesús María Satrústegui et la classe du juvénile Roberto López Ufarte. Cette victoire demeure à ce jour la plus large de la Real dans un derby à égalité avec celle de 1995. Une rencontre dont le théâtre est Anoeta et dont le héros s’appelle Meho Kodro, un Bosnien. Une autre époque…
25 avril 1982, 34e journée de Liga à Atocha
Une fête et un sommet pour une génération exceptionnelle emmenée par Luis Arconada, Periko Alonso, Jesús María Zamora, Jesús María Satrústegui, Peio Uralde, Roberto López Ufarte, tous sélectionnés dans le groupe espagnol pour le Mundial 1982.
En conclusion de la Liga, la Real Sociedad reçoit l’Athletic Club avec l’objectif de conserver une couronne conquise pour la première fois de son histoire la saison précédente. Des ikurriñas, des cuivres, des klaxons et toutes sortes d’instruments accueillent bruyamment les deux équipes lorsqu’elles font leur entrée en chœur sur le terrain. L’événement est tel que TVE 2 diffuse la rencontre au Pays basque.

La rugosité des Biscayens et les parades d’Andoni Zubizarreta sèment le doute dans le camp guipuscoan. Alberto Ormaetxea, ancien défenseur et entraîneur de la Real, l’explique ainsi : « nous avions une énorme responsabilité, et la nervosité s’est fait sentir en première mi-temps ». Jesús María Zamora, déjà auteur du but du titre à Gijón un an plus tôt, renfile le costume de sauveur et ouvre le score en seconde période, bientôt suivi par López Ufarte (score final 2-1). L’entraineur de l’Athletic, Javier Clemente, se montre beau joueur, « j’aurais préféré que l’Athletic soit champion, mais cela me plaît que la Real soit sacrée. Je pense qu’en tant qu’équipe, elle est supérieure à Barcelone (le dauphin). » Le tout jeune technicien bilbaíno n’a pas à patienter longtemps pour connaître les joies d’une victoire en Liga puisque l’Athletic succède à la Real dès la saison suivante.
29 avril 1984, 34e journée de Liga à San Mamés
Champion en titre, l’Athletic reçoit la Real Sociedad pour la dernière journée de Liga. Talonné par le Real Madrid et le FC Barcelone, Bilbao doit absolument prendre les deux points. Ce dimanche après-midi, le public de San Mamés connaît toutes les émotions. Il est rapidement acquis que le Barça va s’imposer contre l’Atlético alors que le Real Madrid ferraille contre l’Espanyol. A la pause, l’Athletic est virtuellement champion en menant 1-0 grâce au défenseur central Rocky Liceranzu. Mais l’égalisation de Peio Uralde dans un silence de cathédrale rebat les cartes et offre le titre au Barça. Paralysés par la peur, Andoni Goikoetxea, Manolo Sarabia, Dani ou encore Patxi Salinas s’en remettent aux coups de pied arrêtés. Sur un corner, Liceranzu s’arrache à nouveau et propulse le ballon de la tête dans les filets d’Arconada (2-1). La fin de rencontre est étouffante mais le score n’évolue plus, l’Athletic reste au sommet de la Liga. Comme le mentionne Alberto Ormatxea après avoir félicité Clemente, « quiconque a été témoin de ce match écartera toute suspicion de tricherie. ».

Cette quatrième Liga conquise consécutivement par les clubs basques symbolise l’apogée d’un football physique, combatif jusqu’aux frontières du tolérable. L’Athletic réalise certes le doublé en 1984 mais la scandaleuse finale de Copa del Rey contre le FC Barcelone de Maradona marque un point de rupture dans l’acceptation de la violence et signifie le déclin progressif de la Real et de l’Athletic confrontés à la puissance financière du Real Madrid et du FC Barcelone, les Catalans dépouillant les Basques de quelques-uns de leurs meilleurs éléments.
28 janvier 2007, 20e journée de Liga à Anoeta
Quelle morosité à Anoeta[7] ce dimanche de janvier 2007. La météo hivernale, la piste d’athlétisme ceignant la pelouse d’Anoeta, le public clairsemé, tout évoque la froidure. Avant-dernière à plusieurs longueurs d’un Athletic Club lui-même aux portes de la zone de relégation, les deux équipes évoluent sous pression. L’actuel technicien de Bournemouth Andoni Iraola ouvre le score, Daniel Aranzubía détourne un pénalty de Xabi Prieto et le même Iraola assomme définitivement le club de Donostia en seconde mi-temps (0-2 score final).

Malgré ce succès et quelques valeurs sures – Fernando Llorente, Aritz Aduriz ou Ismael Urzaiz – l’Athletic souffre jusqu’au terme de la Liga pour arracher le maintien. Avec un misérable point d’avance sur le premier relégable, l’Athletic se préserve des affres d’une seconde division qu’il n’a jamais fréquentée (privilège partagé avec le Real Madrid et le FC Barcelone). La Real Sociedad ne connaît pas cette chance en dépit d’une fin de championnat bien meilleure. Après 40 exercices ininterrompus en Liga, les Txuri-urdin redécouvrent les joutes de la Segunda. Ils s’y reconstruisent et retrouvent l’élite en 2010 dans le sillage d’un jeune français, Antoine Griezmann.
3 avril 2021, finale de la Copa del Rey 2019-20 à la Cartuja de Séville
En raison de l’épidémie de coronavirus, il faut attendre 13 mois pour déterminer le vainqueur de la Copa del Rey 2020. La Real et l’Athletic, qualifiées en mars 2020, foulent enfin la pelouse de la Cartuja à Séville le 3 avril 2021. Les mesures sanitaires imposent encore un huis-clos pour cette finale entre les deux géants basques, la première depuis le match décisif de Copa 1910 (il s’agissait alors d’une formule en mini-championnat).

Pour le défenseur des Leones Iñigo Martínez, il s’agit de prouver la pertinence sportive de son transfert de la Real Sociedad à l’Athletic. Plus onéreuse acquisition de l’histoire de Bilbao durant l’hiver 2018 (32 millions d’euros), il a nourri la polémique et froissé son club formateur en prétendant avoir rejoint « une grande équipe ». Hélas pour lui, l’Athletic entrainé par Marcelino réalise une performance décevante et la Real d’Imanol Alguacil l’emporte 1-0 (pénalty de Mikel Oyarzabal), ornant son palmarès d’une troisième Copa. Selon certains, le sort du match s’est décidé au moment de l’échauffement : en touchant le trophée, un geste tabou, le capitaine bilbaíno Iker Muniain aurait attiré le mauvais œil.
Deux semaines plus tard au même endroit, pour la finale 2021, l’Athletic échoue encore face au Barça (0-4). Frustré depuis 1984 dans cette compétition, il lui faut patienter jusqu’en 2024 pour soulever le trophée, le 24e en 113 participations.


[1] 80 victoires de l’Athletic, 62 de la Real Sociedad et 50 nuls.
[2] Le Campeonato Copa Coronación Alfonso XIII en 1902. Par la suite, la Copa change de nom au gré des changements de régime politique en Espagne.
[3] Le FC Barcelone figure également au palmarès, une seconde Copa ayant été organisée en 1910 après un schisme fédéral à l’initiative de clubs mécontents d’une compétition organisée à Madrid et favorisant les clubs locaux.
[4] Seuls les clubs ayant plus d’un an d’existence officielle pouvaient concourir.
[5] Mariano Arrate est le capitaine de la Roja aux Jeux olympiques 1920.
[6] Juncosa, Ben Barek, Pérez Paya, Carlsson et Escudero.
[7] La Real abandonne l’exigu Atocha en 1993. L’Athletic en fait de même avec l’ancien San Mamés en 2013.

Où j’apprends que la particule « Real » est accordée selon le bon vouloir du Roi! Ca peut paraître couler de source, sauf qu’en Belgique (où les clubs « royaux » sont très, très, très nombreux) ce titre est mécaniquement donné au terme de 50 années d’existence.
Ah, je pensais qu’ils devaient en faire la demande au palais.
Oui, tout de même. Et pour cause : tout le monde n’est pas monarchiste en Belgique, ce n’est pas obligatoire de se voir accoler cet épithète dès que les conditions sont remplies.
Mais pour peu qu’elles le soient et que tu le souhaites : c’est juste une formalité………si bien qu’il y en a désormais des centaines…au bas mot!
Les conditions, en gros : 50 ans d’activité ininterrompue. A compter de quoi : tu deviens Royal si tu le souhaites, c’est à peu de choses près aussi bête que ça.
En somme, ça n’a rien d’une faveur accordée par le Roi (comme fut manifestement le cas pour la Sociedad), nein : c’est plutôt un droit qu’avalise le Roi.
Le Roi, en Belgique : il n’a pas grand-chose à dire, hein 😉 ; euphémisme.. Une espèce de pot de fleur, au mieux un notaire, le reste..
Alphonse n’était pas chiche en remise de particule, dans ces années là on a le Betis, l’Espanyol, Santander, un peu plus tard Madrid, Oviedo…
La relation de l’Athletic à la la Coupe d’Espagne, c’est quelque chose.
« A Bilbao, ils ont creusé un métro. A Donostia, un téléphérique. C’est normal, tu montres le meilleur de la ville » 🙂
(dixit une amie originaire d’une des deux villes)
C’est chouette Bilbao. Autre style que Donostia mais ville agréable.
Excellent ! Et injuste eh eh
On se demande bien d’où elle vient.
Première fois que j’entends parler de « Donostia », j’ignorais.
C’est le nom de la ville dans leur langue barbare…
Bilbao, c’est Bilbo.
Oui, j’ai dû googler pour piger.
Jamais jamais jamais je n’ai vu ce nom être utilisé sous mes latitudes ; il me paraît douteux que son usage dépasse le cadre de la péninsule voire de l’Hexagone.
Au moins, c’est une véritable langue, pas un ersatz… hihi
Michael Robinson, l’équivalent de George Eddy en Espagne. Par son accent terrible dans la langue de Cervantes, mais également pour son travail sur Canal +. Et c’était un très bon joueur, les Bleus de 82 s’en souviennent.
En 1920, je pense que les 3/4 de la sélection espagnole est basque.
Ah l’arrivée de Aldridge à la Real. Un succès… Par contre, je n’ai jamais compris pourquoi ils avaient aligné Agne Simonsson en 62 et plus personne par la suite.
Je crois que Simonsson est venu en prêt en contrepartie d’Araquistain mais qu’une frange du club s’est montrée hostile à cette ouverture. Mais à l’inverse de l’Athletic, la Real n’a jamais été fermée aux Espagnols d’autres régions, peu nombreux mais bien présents.
Ok, merci. Pas franchement une réussite Simonsson à la Real. Le club descend cette année-là.
J’imagine que Toshack a joué un grand rôle dans cette ouverture aux étrangers.
Le nombre d’attaquants basque dominants dans les années 40… Epi, Gorostiza, Mundo, le plus grand buteur de Valence. Arza, qui est à mon sens le joueur le plus important de l’histoire de Seville, le quintet fantastique de l’Athletic… Arza, je finirai bien par le faire.
Txetxu Rojo, un des artistes oubliés du foot espagnol.
La génération Arkonada est plus forte que celle de Clemente à mon sens. Déjà, elle aurait pu faire un triplé en championnat et elle a un très beau parcours en c1, demi-finale face à Hambourg en 82, ce que l’Athletic n’a pas réussi à faire. Les plus vieux se souviendront certainement de l’affrontement avec les Girondins de Giresse.
Quelle tristesse cette finale de Copa sans public… Merci Verano. Énormément de tendresse pour ces deux entités. L’Athletic est après le quatuor TFC, Betis, Atletico, Lens, mon club préféré, c’est pas compliqué. Et la Real, c’est mon plus grand souvenir de foot amateur. J’avais participé à un tournoi international en pupilles, on avait perdu en demi-finale aux penos face à des Catalans mais chez les Juniors, ils avaient inventé ceux de Valence, de la Roma qui nous faisait halluciné avec leurs costards mais la finale avait été un festival des jeunes de la Real. Incroyable niveau. J’aime à penser que De Pedro faisait parti de l’équipe.
Et San Mames, suis allé une fois pendant la Semana Grande. Stade magnifique mais un peu déçu par l’ambiance. Le 0-0 face à Getafe n’a pas aidé, faut dire…
J’aime bien cet extrait du match de 1970, ça donne une idée de ce qu’était Atotxa à la fin de l’hiver et l’âpreté des rencontres.
Quel bourbier, ahah..
J’ai connu ce genre de pelouse pas drainée et de match où l’emporte le plus batailleur, et je me rappelle n’avoir jamais goûté ce genre de bazar, enfant….. Mais maintenant je donnerais cher pour en revoir au plus haut niveau, voire même chez les amateurs (le terrain semi-abandonné à côté de chez moi est en toutes circonstances en meilleur état que ça), ça + le football sur la neige, ou les stades de bric et de broc…… : c’est tout un continent perdu, on peut se gratter pour retrouver pareilles dimensions épiques désormais..
Toujours eu une préférence pour les clubs basques et galiciens en Liga (Bilbao, Real Sociedad, Celta Vigo et Depor). Ce derby c’est un peu ennemis sur le terrain et frères en dehors, non ? La fraternité basque semble vraiment primer sur le reste, et les rivalités en dehors du terrain inexistantes, je veux dire que les supporteurs rivaux vont pas se bastonner ou s’insulter à longueur de journée, si ? En tous cas l’héritage et l’apport basque au football espagnol est quand même central.
Muniain, j’aimais bien ce joueur que j’avais vraiment découvert avec le Bilbao de Bielsa. Par contre sa fin de carrière à San Lorenzo, c’est pas glorieux, pas au même niveau que ces illustres ancêtres Zubieta et Langara.
Comment ça se passe pour Ander Herrera au Boca ?
Pour qu’il se passe quelque chose, faudrait déjà qu’il soit sur le terrain. Il a été quasi absent la saison passée, tout le temps blessé … Pour le moment c’est un gros flop. La saison a repris en Argentine, il est là sur le terrain, à voir ce que ça donne s’il est en capacité d’enchaîner les matchs, de retrouver un niveau qui a été de son standing et d’apporter à l’équipe…
Muniain n’a jamais atteint le niveau de Zubieta et Langara aussi. Haha
Langara, c’est un des plus grands attaquants espagnols de l’histoire. Tu peux ajouter Cilauren qui passera par River et Peñarol.
La comparaison s’arrêtait à ce que ces trois là étaient basques et avaient porté le maillot de San Lorenzo 🙂 D’ailleurs je suis toujours étonné qu’Oyarzabal (que je trouve meilleur que Muniain d’ailleurs) soit toujours à la Real… Pour le coup, je pense vraiment qu’il a le talent pour un club de niveau d’au dessus, mais les années passent pour lui (puis bon, s’il fait (presque) toute sa carrière à Donostia, comme Muniain à Bilbao que grand bien lui fasse, c’est tout admirable aussi.
Oyarzabal, c’est cinq fois plus fort que Munian. Munian, j’aimais bien mais pas certain qu’il soit dans les 30 meilleurs attaquants de l’Athletic. Haha
Suis perso content qu’Oyarzabal reste au club. Il peut désormais s’asseoir à la table des grands de la Real.
Je sais Ajde. Je te charrie un peu.
Y a quand-même eu parfois de la friture entre les deux. Quand l’Athletic vole le jeune prometteur Joseba Etxeberria, c’était très mal passé du côté de la Real Sociedad. Iñigo Martinez également, peut-être à un degré moindre mais avec quelques remous malgré tout. Bon, ça fait pas tant d’exemples que ça.
Joseba Etxeberria, j’aimais beaucoup ce mec. Guerrier, technique, vraiment représentatif du foot Basque.
Les derbys basques ont l’air de se passer bien plus tranquillement que feu nos derbys SCB-ACA…
Territoire plus grand, enjeux différents, et moins d’abrutis au km² je suppose !
Le Pays Basque est une région riche également. Ça change pas mal la donne, j’imagine.