Karl Odermatt et les chemins de Saint-Jacques

Europe Portrait

« Si nous ne réorganisons pas notre football de haut niveau immédiatement, nous pourrons gagner de temps à autre un match par chance, sorte de miracle du football suisse, mais à long terme, nous n’aurons absolument rien à offrir sur la scène internationale. » Karl Rappan, 1962

Tel le Victor Frankenstein de Mary Shelley, Karl Rappan, le Prométhée du foot helvétique depuis 30 ans, ne peut plus voir en peinture sa créature. Lui, l’instigateur du fameux verrou suisse, cette stratégie iconoclaste qui permit au pays enclavé de s’opposer aux puissants, constate amèrement les dégâts. La Suisse a fait pâle figure au Chili et elle n’a plus dans ses bagages les armes offensives que symbolisaient les Jacques Fatton, Robert Ballaman ou Alfred Bickel. Le fossé est désormais profond entre la partie alémanique où prédomine un style de jeu athlétique et défensif et la région romande, plus axée sur les passes courtes et le contrôle du tempo. Mais au-delà de cette question d’approches, c’est le système en entier qui est à revoir. Le refus du professionnalisme et de la commercialisation de ce sport, cet esthétisme noble mais désuet, à l’heure où l’argent-roi et le dopage ont fait leur nid, ne peuvent mener qu’au désastre. Rappan, homme lucide et en avance sur son temps, a vu juste. La Nati va bientôt disparaître des radars internationaux.

1962 est également la fin d’une époque à Bâle. Son buteur patenté, Josef Hügi, le phare du sacre en 1953, raccroche pour de bon. Mais la nature ayant horreur du vide, le club vient d’acquérir le jeune Karl Odermatt qui va conduire les RotBlau vers leur premier âge d’or. Odermatt est à un carrefour d’influences. Technique sûre mais capable de survivre à la pression, belle frappe en étant cérébral, sa classe naturelle saute immédiatement aux yeux. A l’image d’un Paul Van Himst quand on pioche dans les archives. Enfant chéri et choyé de la ville aux 40 musées, Karli quittera néanmoins son cocon en 1975, avec pertes et fracas. Le séisme est immense à l’époque mais le peuple du Stadion St. Jakob finira par lui pardonner. Comme l’on pardonne à un fils frondeur qui veut s’affranchir de la tutelle familiale. Un Odermatt qui, de nos jours, est incapable de dire si c’est la présence de son père ou son absence par la suite qui lui aura été le plus préjudiciable dans la vie…

Josef Hügi harcèle l’arrière-garde autrichienne en 1954

Est résilient qui le peut

« Mon père était très dur. Il y avait des coups fréquents. » Karl Odermatt

On est souvent troublé par les sentiments ambivalents qui polluent l’esprit des enfants maltraités. Ces colères face à la crasse humaine et aux cicatrices larvées, cette impossibilité de tourner définitivement la page, bien que tout accable le bourreau. Ce processus prend des années, parfois toute une vie ou ne vient jamais. On ne guérit pas de son enfance. On s’en accommode ou on la laisse vous consumer à petit feu. Octogénaire, Odermatt avoue, sans honte, avoir la larme à l’œil quand il voit un paternel rabrouer trop virilement son gamin dans la rue. Il a pourtant réussi mais l’ombre du rejeton qu’il fut n’est jamais loin. Ressurgit aussitôt le souvenir d’un père travailleur, strict à l’extrême que Karl ne revit plus après son départ du foyer. Il avait 13 ans. Ayant la décence de ne pas réapparaître lorsque son fils faisait la une des journaux, Odermartt apprit son décès par une lettre du fisc.

Devant travailler pour soutenir financièrement sa mère, Karl officie en tant que journalier, avant de nettoyer les rouleaux à imprimerie jusqu’à tard le soir. Il suit par la suite une formation d’imprimeur qu’il ne met en jamais réellement en pratique à cause de sa passion. Repéré par Georges Gröflin, entraîneur des jeunes du FC Concordia Bâle, lors d’une rencontre sauvage, Odermatt rejoint le club en 1954, y fait peu à peu son trou, avant de signer chez la belle endormie rivale du FC Bâle en 1962. Un club, qui à l’époque, rameute moins de spectateurs que le EHC en hockey sur glace. S’il se sent seul à devoir mener sa barque et qu’il regrette alors amèrement de ne pouvoir s’appuyer sur les conseils avisés d’un père, ce choix se révèle judicieux. Il remporte la Coupe de Suisse l’année suivante, dernières heures de bonheur pour son capitaine emblématique, Hans Weber, qui succombe à un cancer quelques mois plus tard. Le FC Bâle n’est pas encore la pointure que nous connaissons aujourd’hui mais sa direction fourmille de projets ambitieux. L’un d’eux va conduire Odermatt à l’autre bout du Monde…

La victoire en Coupe 1963, face au Grasshopper Club Zurich

Remplaçant au pied levé le FC Zurich, Odermatt et Bâle s’embarquent pour une tournée d’un mois en Asie du Sud-Est et en Océanie, en janvier 1964. Pour nombre d’entre eux, c’est la première fois qu’ils prennent l’avion. Istanbul, Karachi, Calcutta et Bangkok, le voyage se passe sans encombre lorsqu’à son arrivée en Thaïlande, le président du FC Bâle, Lucien Schmidlin, se rend compte de la disparition de la valise contenant les 250 000 francs suisses pour le séjour. Tête en l’air, Schmidlin l’avait oubliée chez lui ! Karli en prend plein les mirettes. Marchés flottants le long du Mekong et serpents en tous genres côtoient les coupures d’eau à Hong Kong et la rencontre avec la noblesse de Kuala Lumpur. Potaches, les joueurs s’amusent à échanger leurs noms devant le roi de Malaisie, Roberto Frigerio pille la moindre boutique quand il n’est pas question de pari avec l’équipe de Singapour ou de yodel assourdissant d’expatriés, perchés dans les tribunes australiennes. Enchanté par ce voyage que n’aurait pas renié James Cook, Odermatt conserve au creux de l’oreille les danses tahitiennes et leur doux parfum et se prend d’affection pour la Nouvelle-Zélande, « ce pays identique à la Suisse, sauf qu’il y a la mer et des fraises qui poussent en hiver. »

Le temps des vendanges

A l’été 1965, Helmut Benthaus, ancien international allemand, rejoint le FC Bâle. C’est la signature la plus importante de son histoire. Benthaus, nommé joueur-entraîneur, va régner pendant 17 longues saisons sur le Stadion St. Jakob, insufflant rigueur collective, discipline tactique et mentale et condition physique irréprochable. La fin de la récréation selon Odermatt : « Nous travaillions tous à temps plein. Ma journée ressemblait à cela : levé à 6 h, au travail à 7 h 30, fin de journée à 18 h. Puis je rangeais mes affaires, filais à St. Jakob, m’entraînais pendant deux heures, rentrais chez moi vers 20 h ou 21 h, sans avoir pris un vrai repas. Je me couchais complètement épuisé… Un jour, je suis allé voir l’entraîneur, Helmut Benthaus, et je lui ai dit que j’étais fatigué après des semaines à enchaîner les matchs. Il m’a invité chez lui à Riehen un dimanche. Je me suis dit : « Super, un petit déjeuner ! » Mais non, il m’a fait courir sur la piste d’athlétisme pour évacuer la fatigue, comme il disait. »

Conduit par le trio complémentaire Odermatt-Benthaus-Sundermann au milieu et son duo d’attaquants Frigerio-Helmut Hauser, Bâle s’offre le titre 1967, au nez et à la barbe du FC Zurich de Köbi Kuhn. Et bientôt un superbe doublé, après que Lausanne a quitté le théâtre de la finale de la Coupe, afin contester les décisions arbitrales. A nouveau sacrés en 1969 et 1970, les RotBlau patinent néanmoins en Europe. Cédant face au modeste Hvidovre ou plus glorieux Bologne, tenant la dragée haute face au Celtic, avant de sombrer corps et biens à Glasgow. L’élégant Odermatt, que tout le monde surnomme Karli désormais, fait grimper les pulsations de la gente féminine, alimente les conversations et devient le fils préféré. Personne n’inspire autant de chansons satiriques que lui pendant les Trois plus beaux jours, le Carnaval de Bâle. Une popularité telle que son club produit un vinyle à sa gloire qui se vend comme des petits pains, Karli, none Gool !

Odermatt et son ami Köbi Kuhn

Maître en son royaume, Odermatt l’est beaucoup moins lorsqu’il s’éloigne de ses terres. Sa première cape internationale s’étant soldée par une cinglante défaite 8-1 face à l’Angleterre, en 1963, Karli peine à convaincre Alfredo Foni, le nouveau sélectionneur, mais intègre malgré tout le combiné helvétique pour le Mondial 1966. Au sein d’un groupe difficile, la RFA, l’Argentine et le champion d’Europe espagnol, la Suisse ne fait pas illusion et se fait surtout remarquer par la disparition de trois de ses joueurs. Une nuit à Sheffield, Köbi Kuhn, Léo Eichmann et Werner Leimgruber s’offrent une petite virée en auto-stop, de deux heures à peine. Pas de quoi fouetter un chat sauf pour l’intransigeant Foni qui punit les fugueurs pour le reste de la compétition, ni pour la Fédération qui les suspend pour une durée indéterminée. Affaire qui fait les choux gras de la presse et qui ne sera réglée à l’amiable que deux ans plus tard, et dont la rumeur fait d’Odermatt une victime collatérale, certainement rattrapé par sa réputation exagérée de noceur. En Angleterre, Karl ne joue que lors de la débâcle 5-0 face à la RFA.

La confiance est un luxe

Odermatt, dont la lecture du jeu, la justesse et la précision rendent indispensable la présence, a néanmoins besoin d’un cadre rassurant pour s’exprimer pleinement. Cette confiance que lui procure quotidiennement Helmut Benthaus à Bâle, il va enfin la retrouver auprès des différents sélectionneurs, les René Hüssy, Louis Maurer ou Bruno Michaud, son ancien coéquipier, qui en font le capitaine de la Nati. C’est sous la conduite de ce dernier que la Suisse sort quelques instants de sa torpeur. En lutte avec l’Angleterre, en qualifications pour l’Euro 1972, la troupe d’Odermatt, Kuhn et Rolf Blättler s’incline de justesse à domicile, malgré un splendide but de Daniel Jeandupeux, et joue crânement sa chance au retour, à Wembley. Un nul insuffisant, magnifié par la frappe de Karli. Courte éclaircie dans un océan de frustration, une ligne de plus dans l’infinie liste « des défaites honorables. »

Lors de la saison 1970-1971, Bâle se défait du Spartak, après avoir frôlé la catastrophe à Moscou, et tombe les armes à la main face à l’Ajax de Johan Cruyff. Un Cruyff qu’Odermatt remplacera lors d’une rencontre Europe-Amérique du Sud en 1973, à Barcelone, qui ne connaîtra pas de lendemains. Benthaus, uniquement sur le banc, la cible préférée de Karli s’appelle désormais Ottmar Hitzfeld. Sans rival lors des saisons 1972 et 1973, Bâle accueille le péruvien Teófilo Cubillas, star mondiale qui semblait inaccessible. Ce transfert étonnant découle de la rencontre improbable entre le Néné et un fan des RotBlau, un certain Ruedi Reisdorf, lors de la fameuse confrontation continentale du Nou Camp. Prenant au mot une boutade balancée par le Péruvien, Reisdorf remue ciel et terre et débarque à Lima en compagnie de la direction du FC Bâle et d’un pactole de 300 000 dollars ! Pris au dépourvu, Cubillas s’envole pour l’Europe, l’échec est inévitable. Froid, langue, cuisine, rien ne va… Passablement malheureux et amaigri, Teófilo s’épanche dans la presse de son pays et s’imagine sous la tunique merengue, il est muté à Porto six mois seulement après son arrivée en fanfare…

En 1975, le FC Bâle brade son équipe. Ottmar Hitzfeld retourne en Allemagne, tandis que le gardien Marcel Kurz se dirige vers Nordstern. Mais à l’instar de ce qu’il se passe au même moment à Anderlecht, avec Paul Van Himst, il voit s’enfuir sa plus belle perle, Karl Odermatt. C’est un coup de massue pour les habitués du Stadion St. Jakob. Jamais auparavant, un transfert n’avait suscité un tel remous. Pas même le départ de Fritz Künzli du FC Zurich pour Winterthur, ni le transfert de Köbi Kuhn au Grasshopper Club Zurich… Odermatt s’est toujours défendu d’en être l’instigateur : « Helmut Benthaus estimait que je n’étais plus assez bon, et quand la rumeur s’est répandue, j’ai reçu des offres de Lausanne et des Young Boys. J’ai toujours bien aimé les Young Boys. » L’offre est difficile à refuser pour celui qui vend des vêtements XXL aux maisons de couture. Un argument que ne satisfait apparemment pas certains adeptes qui iront vandaliser sa voiture par dépit. Rebaptisé Käru à Berne et hué à son retour à Bâle, Odermatt joue quatre ans aux Young Boys, remportant une Coupe en 1977 et opérant en tant qu’adjoint de Timo Konietzka au crépuscule de sa carrière. Un temps bête noire des chansonniers du Carnaval, Karl serre les dents et se fait oublier, avant de rentrer dans sa ville de toujours et d’ouvrir un pub où ses anciens amants éconduits viennent faire amende honorable. Homme fier de sa famille, ouvert et profondément optimiste, il réapparaît dans l’organigramme du FC Bâle et assiste des tribunes à l’archi-domination des RotBlau au XXIème siècle. Des générations au parcours exceptionnel qui surpassent celle d’Odermatt en termes de palmarès mais pas de poésie…

20 commentaires pour "Karl Odermatt et les chemins de Saint-Jacques"

  1. Verano82 dit :

    Foot suisse années 60-70, un article de niche ! Merci pour la découverte.

    PS : un lien de parenté avec Marco qui écrase le ski alpin depuis quelques années ?

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    1. Khiadiatoulin dit :

      Haha. Je m’attends pas à énormément de commentaires mais sait-on jamais… Non, rien lu sur une parenté entre Karl et Marco. Je me demandais comment Cubillas était arrivé en Suisse. Bon, il l’a pas vraiment cherché…

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      1. Verano82 dit :

        Gros affront pour le Barça qui se fait griller par les Suisses et qui se rabat sur Sotil.

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      2. Khiadiatoulin dit :

        Le Barça leurs devait bien ça. Gamper, ancien joueur de Bâle, leurs avaient bien leurs couleurs.

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    2. Khiadiatoulin dit :

      Et sinon, si j’ai bien compris, Odermatt est un candidat très sérieux, voire un titulaire en puissance, dans un onze historique suisse.

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  2. Khiadiatoulin dit :

    Pour les mélomanes, la chanson dédiée à Odermatt !
    https://youtu.be/5K6uifpBvqY?si=xsFv853QYg0YaAiF

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  3. goozigooze dit :

    Très fort le jefe! Merci

    Tu serais malheureux à l équipe, d écrire sur CR7 et MBappe eheh.
    On te garde!

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    1. Khiadiatoulin dit :

      Haha. Ça risque pas d’arriver. Odermatt faisait un beau duo au milieu avec Kuhn. Si il y a des rencontres internationales à mater, je prendrais les deux matchs face à l’Angleterre en 71 et un amical face à l’Italie cette même année. D’ailleurs le grand rival de Bâle était le FC Zurich de Kuhn et du buteur Fritz Künzli. Le FC Zurich aura quelques belles épopées. 2 demi-finales de c1 en 64 et 77. Kuhn est présent à chaque fois.

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      1. Khiadiatoulin dit :

        Quant au transfert de Kuhn au Grasshopper, il ne fut jamais réellement effectif. Après une proposition de contrat du Milan AC en 66, bloquée par le désastre au Mondial des Italiens, Kuhn rejoignit les rivaux pour quelques jours avant que le président du FC Zurich ne le menace de suspension par le biais de la fédération suisse. Finalement il fera toute sa carrière au FC Zurich.

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  4. Alexandre dit :

    Enfin le temps de réagir!

    Merci pour ce texte, tu fais œuvre utile car il est intéressant ton (je ne le connaissais pas) Odermatt.

    Forcément, j’ai été troublé par ces rapprochements que tu tisses avec Van Himst..alors j’ai essayé d’en voir des images, m’en faire idée. Et c’est vrai qu’il y a quelque chose : grosse conservation du cuir, art du décalage, de la maîtrise.. Ce sont tous deux les points focaux de leur équipe aussi. Et il a de la prestance! Vraiment pas mal.

    Parmi les archives sur quoi je suis tombé, partager ce beau coup-franc :

    https://youtu.be/ApGJ8eyBGtQ?t=136

    J’en ai trouvé d’autres buts, tous symptomatiques d’une frappe plus sèche que chez mon compatriote, dont le style était plus léché, plus latin. Et qui usait plus volontiers de l’extérieur du pied. Pour le reste beaucoup de points communs, c’est bien vu.

    Première fois que je vois, par la bande, des images de Hitzfeld..joueur!

    Je ne connaissais pas Odermatt, par contre y a un paquet de noms familiers tout de même. Et de vrais bons joueurs. Ca me rappelle un numéro de 1972 de Miroir du Foot, faudra que je le ressorte un jour : il comportait un dossier complet sur les déboires du foot suisse à l’époque, de mémoire le marasme structurel était assez affolant.

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    1. Khiadiatoulin dit :

      Oui et il y ce départ commun en 75 où Van Himst et Odermatt quittent leur club de toujours. Après je ne connais pas les raisons du départ de Van Himst.
      Odermatt était plus un milieu offensif, organisateur même si il a un ratio de buts très correct pour un milieu. Et suis tombé sur de nombreux écrits qui le considéraient encore comme le meilleur à son poste en Suisse.

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      1. Khiadiatoulin dit :

        Hitzfeld a un super passage en Suisse et j’imagine que tu as reconnu Netzer sur la dernière photo avec le maillot du Grasshopper.

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      2. Alexandre dit :

        Yep!

        Souvent en mode vieux beaux, mais qu’est-ce qu’ils auront vu passer comme cracks dans les années 70 et 80 en Suisse..

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      3. Khiadiatoulin dit :

        Dont Chivers au Servette, mort récemment, même période que Netzer.

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      4. Alexandre dit :

        J’ai vu passer l’info, pas flashy pour un sou mais super joueur.

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      5. Alexandre dit :

        Van Himst? Je vais y revenir car une choucroute m’attend, mais on ne faisait pas de vieux os au Sporting, passé la trentaine ce fut le plus souvent « merci et au revoir ».. Gestion d’entreprise dans ce qu’elle a de plus impitoyable………ce qui, selon moi, explique d’ailleurs pourquoi leur public se raccrochât tant au moindre marqueur familial, « ah le gentil soigneur avec sa belle moustache.. », « ah la petite vieille qui repasse les maillots »………..

        Sinon pour éteindre des incendies, ce club a toujours manqué de la plus élémentaire humanité : business et pratiques politiciennes………….puis jouer du moindre marqueur sympa pour rendre le bazar tolérable..

        Idem à Ajax, d’ailleurs.

        Anderlecht, ça leur a joué de sales tours d’ailleurs, ce mépris ou cette défiance envers les p’tits vieux, le départ de Haan au Standard par exemple.. ==> Une de leurs plus grandes erreurs.

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    2. Khiadiatoulin dit :

      Rappan avait vu juste quand il disait que le foot suisse disparaîtrait prochainement.

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      1. Alexandre dit :

        Je comprends qu’il l’ait vu venir de loin : le dossier de Miroir était accablant!

        Par contre c’est le souk mes archives-papier, ça va être compliqué de retomber dessus.

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  5. Alexandre dit :

    Tiens, Odermatt n’a jamais été approché par le moindre club étranger? J’ai googlé, comme ça..et a priori rien à se mettre sous la dent..?

    Ils ne sont vraiment pas bien nombreux à quitter son pays durant ses plus belles années, il semble sur la fin quand Jeandupeux part en France.. ==> Mauvais timing? Un Sochaux par exemple ne s’est jamais intéressé à lui? Bah : c’est peut-être le FC Bâle qui s’y opposa.

    Tu parlais de Van Himst, il aurait pu aller au Real, notamment….mais ce n’est que quand Anderlecht le jugea (à tort) cramé à 31 ans, et parce qu’émergeait dans un style différent Ludo Coeck, qu’ils lui accordèrent de quitter le club ; il y a peut-être de ça dans le cas Odermatt?

    Van Himst, j’y reviens : à peine transféré chez le rival héréditaire du RWDM, il y est rattrapé pour une histoire nébuleuse de dopage………….. C’est assez amusant car, pour mid-70’s et depuis déjà quelques années, il n’y a que pour Anderlecht qu’on ait trace en Belgique d’un dopage institutionnel, initié dans les 60’s par le futur manager Michel Verschueren (qui était prof d’éducation physique à la base)..et cependant, durant ses années anderlechtoises : Van Himst (ni quiconque) n’avait jamais eu le moindre problème! Par contre, sitôt quitté ce club……. Aucune preuve dans ce cas d’espèce!, mais la main invisible et les boules puantes d’Anderlecht : c’est quelque chose historiquement, on ne peut certainement pas l’exclure.

    Préciser que Van Himst n’était vraiment pas le type de joueur qui requérait ce type d’adjuvant. Pour tenir le coup : peut-être que ça lui fut utile, ça oui. Mais son jeu n’a jamais rien traduit qui s’apparentât à de la performance physique hors les clous, c’était et ce resta dans les grandes lignes un footballeur qui évoluait au trot en se fondant sur sa classe naturelle (immense). Rien à voir avec certains sprinteurs infatigables et comme possédés qui entreprennent à l’époque de faire fureur en Allemagne, Pays-Bas, Angleterre..

    Les années 70 de Van Himst, elles traduisent aussi une certaine lassitude parfois. Dix ans que le gaillard avait été mis à toutes les sauces malgré lui : gendre idéal, figure bourgeoise promue par le logos conservateur des structures consanguines du Sporting Anderlecht et de la fédé.. Ca + l’échec cuisant de la WC70, dont il fut tenu coupable par la presse alors que la faute tenait essentiellement à un mix d’amateurisme dans le chef de la fédé, d’un Goethals surcompensant en conséquence cet amateurisme, de favoritisme du Mexique, de blessures, de joueurs bons vivants qui se morfondaient soudain dans l’encadrement pro qu’essayait d’imputer Goethals……….. ==> C’était injuste de pointer le doigt sur Van Himst, qui le vécut donc très mal, et déclina d’ailleurs un temps toute convocation en équipe nationale ; quelque chose s’était cassé dans son ressort footballistique.

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    1. Khiadiatoulin dit :

      Yep. Merci. Pour Odermatt, au contraire de Kuhn et le Milan AC, je n’ai rien lu sur une proposition à l’étranger. Tu parles de Jeandupeux, d’ailleurs mate le but qu’il met à l’Angleterre en 71, mais il y aussi Gabet Chapuisat en France à la même époque. Pas du tout le même style que son fils. Un défenseur plus que rugueux qui est peut-être le premier joueur à avoir été jugé coupable par un tribunal. Il avait défoncé, Lucien Favre dans les années 80, un attentat et Favre était resté sur la touche pendant un moment, et ce dernier avait porté l’histoire devant les tribunaux.

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