Gloire à Bourgaud

Europe Portrait

Il n’est pas le plus connu des joueurs français. Loin s’en faut. Et pourtant dans mon panthéon des footeux, Emmanuel Bourgaud occupe une place singulière. Celle d’un joueur que j’ai vu naître sportivement parlant et qui vingt ans plus tard boucle la boucle là où je vis. Hasard ou coïncidence ?

Tu es de cette équipe du SCO alors en National qui remonte enfin en Ligue 2. On est en 2007, j’ai seize ans, et suis dans les gradins le soir de l’accession. Jean Bouin exulte, la bande à Do Marcolino retrouve la lumière. A dix neuf ans tu grattes quelques feuilles de matchs et marques à deux reprises. S’en suivent quatre années de L2 durant lesquelles tu peines à devenir titulaire. C’est alors que nos chemins s’éloignent. Tu pars jouer à Créteil puis au Poiré-sur-Vie en National. Tu traverses la France et atterris à Colmar. Le troisième échelon français n’a plus aucun secret pour toi.

Finalement ce n’est qu’à l’aube de la trentaine que tu retrouves la L2. Un passage express d’une saison irrémédiablement associé à ton fait d’arme en carrière. A la dernière minute du dernier match de la saison, tu envois Amiens au septième ciel. Sur un coup franc lointain, le ballon traverse une forêt de joueurs avant d’atterrir dans tes pieds. D’une demi volée puissante, tu envoies la gonfle dans le petit filet opposé. Le parcage visiteur explose, ivre de joie. Ta patte vient d’envoyer les Picards en Ligue 1 pour la première fois de leur histoire. Un moment suspendu. De fait, tu goûtes à la Ligue 1 mais retournes vite à tes premières amours.

La L2 au Red Star puis Les Herbiers en quatrième division. La Vendée étant semble-t-il encore trop éloignée de ta terre d’origine, tu signes finalement à Saumur en 2022. La belle idée. Avec ton copain Bouhoutt, vous devenez la terreur des terrains de National 2. D’Angoulême à Granville en passant par St Malo, tous se méfient du danger N°1. Orphelin de ton binôme de choc, tu prends seul le lead d’une équipe sans grands moyens mais avec beaucoup d’idées. Brassard au bras, tu dictes le rythme des rencontres, cadres et recadres tes jeunes coéquipiers et quand l’occasion se présente, nettoies les lucarnes adverses d’un malicieux coup franc ou d’une frappe soudaine. Te voilà dans ta trente neuvième année au sommet de ton art, habité par le foot, certes moins fringant qu’à une certaine époque mais toujours plus influent. Pourvu que la retraite n’arrive jamais, que l’Olympique de Saumur profite encore un peu de ta passion pour le jeu et moi avec.

10 commentaires pour "Gloire à Bourgaud"

  1. Khiadiatoulin dit :

    Bel hommage pour un joueur que je ne connaissais pas. Merci Seb.

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  2. Khiadiatoulin dit :

    Tu l’as déjà côtoyé ? En y réfléchissant, je crois n’avoir discuté rapidement qu’avec un seul joueur pro dans ma vie. Cañas, sorte de Puel du Betis des années 90, qui est le cousin d’un copain en Andalousie. J’ai régulièrement croisé des Rugbymen à Toulouse. Brennan tenait un pub ou Bouilhou, chez qui j’étais allé boire un café parce que sa sœur était partie avec nous au Burkina, mais les footeux, ils sont invisibles. Haha

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    1. delhommeaudetete dit :

      Négatif mais je ne doute pas que ce soit quelqu’un de très accessible.
      Il n’est pas rare de le croiser dans la petite cité qu’est Saumur 😀

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    2. modrobily dit :

      C’est vrai que c’est rare de parler à un footeux. Les croiser c’est jouable, mais après il faut encore avoir des trucs à leur dire…
      Mais, en vrac : j’avais un pote qui avait David Linarès pour voisin, j’ai un autre pote Bordelais qui a déjà bavardé avec Jaroslav Plašil pendant 1 heure d’avion, et j’ai moi-même pissé à côté de Milan Baroš dans les toilettes d’un restaurant.

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      1. Alexandre dit :

        T’en dis trop ou pas assez avec Milan Baros.

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      2. Khiadiatoulin dit :

        Disons que si il visait aussi bien que pendant sa période lyonnaise, Modro a du en avoir plein les pompes…

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      3. modrobily dit :

        Héhé, j’étais sûr que j’éveillerais l’intérêt des lecteurs avec cette anecdote !

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      4. bobbyschanno dit :

        A Nancy, quand j’étais étudiant, on en croisait pas mal au centre commercial au centre dont j’ai oublié le nom : Zerka, Diakhaté…
        Mon cousin avait son appart à côté de celui de Chris Malonga. L’enfoiré se tapait une de ces blondes… J’en ai encore des frissons !
        J’ai eu une collègue prof de français qui donnait des cours au centre de formation de l’ASNL. Et mon ex-femme avait le 06 de Pablo Correa. Elle donnait des cours de danse à sa fille et il l’avait contactée pour qu’elle fasse des trucs de sophro avec les joueurs. Mais on a déménagé.

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  3. Pig Benis dit :

    Hommage sympa ! Tu as joué au foot en club ? Saumur, petite ville où mon père y a passé une partie de sa jeunesse lorsqu’il était adolescent. J’y suis allé une fois mais c’était il y a fort longtemps (je suis Tourangeau d’origine) 🌝

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