Après 17 journées disputées et alors que le championnat fait place à la Coupe de France le temps d’un week-end, il est temps de jeter un œil dans le rétro sur les cinq premiers mois de compétition. Et de vérifier si nos pronostics initiaux tiennent encore la route…
Qui l’eut cru ? Comment imaginer sérieusement que le PSG n’aurait pas déjà un petit matelas d’avance en tête du championnat ? En août, nous évoquions la possibilité que la Coupe du monde des clubs, conjuguée à une préparation tronquée, pourrait handicaper les Parisiens. Le champion en titre s’en sort tout de même bien malgré les nombreuses blessures, Luis Enrique ayant instauré une rotation régulière de son effectif. Avec l’arrivée des matchs couperets en Ligue des Champions et avec la Coupe du monde qui s’approche à grands pas, l’état physique et la fraîcheur mentale des joueurs seront déterminants que jamais.
La vraie belle surprise de cette première partie de saison, c’est évidemment le parcours du RC Lens. Les hommes de Pierre Sage ne se contentent pas d’avoir pris les rênes de la Ligue 1 : ils font presque l’unanimité en leur faveur. Avec un jeu résolument tourné vers l’avant sans se ruer à l’attaque (quatrième meilleure attaque, meilleure défense), une jeunesse insouciante et un effectif quasiment dépourvu de stars à l’exception de Florian Thauvin, les Sang et Or ont tout pour plaire. Et nous qui les voyions limités en début de saison, nous serions ravis de manger notre chapeau en fin de saison.
L’Olympique de Marseille, pour sa part, tient globalement son rang. Les Phocéens savent mettre les bons ingrédients pour enflammer les matchs (deuxième meilleure attaque), mais sont aussi capables du pire et sont, comme souvent, sur le fil du rasoir. Reste à savoir de quel côté la pièce va tomber d’ici à mai. Leur principal concurrent avant le coup d’envoi de la saison, l’AS Monaco, avoir tout faux : un mercato fait de paris osés (Fati, Pogba) qui n’ont pas encore montré grand-chose et c’est tout le Rocher qui sombre peu à peu (neuvième) et qui s’éloigne des places européennes.
Les bonnes surprises… et les autres
Des places qui sont toujours aussi chères, comme nous l’avions anticipé l’été dernier. Si Lille tient son rang après un été agité, Rennes n’est pas à négliger non plus malgré un trou d’air à l’automne, une période pendant laquelle Habib Beye a failli être débarqué. La surprise du haut de tableau, une fois n’est pas coutume, est l’Olympique Lyonnais. Malgré un mercato au rabais, les Gones sont cinquièmes et pourront voir plus haut si leur recrue de l’hiver, Endrick, arrivée en prêt du Real Madrid, répond aux attentes.
D’autres clubs, en revanche, ont montré en quelques mois les limites de leur modèle de fonctionnement. Après un départ canon, le RC Strasbourg a fini par perdre de sa superbe avant de perdre son entraîneur tout court, juste après la 17e journée. Si le départ de Liam Rosenior pour Chelsea était inéluctable depuis que les Alsaciens sont devenus les vassaux des Blues, la méthode n’est pas passée et le nouvel entraîneur Gary O’Neil aura fort à faire pour motiver ses joueurs et limiter la fronde des supporters. Pour se consoler, les Strasbourgeois pourront toujours regarder la panade dans laquelle s’est mis l’OGC Nice. Humiliés en Ligue Europa (derniers, six défaites en six rencontres), les Aiglons ne font peur à personne et le remplacement de Franck Haise par Claude Puel sur le banc risque de ne pas suffire à résoudre tous les problèmes. La qualification européenne est loin, l’objectif est désormais le maintien en Ligue 1.
Parmi les clubs les plus menacés par une relégation, on retrouve comme souvent le FC Nantes. La stratégie illisible de Waldemar Kita à la tête du club fait craindre le pire aux supporters, pourtant habitués à ce genre de montagnes russes. Les Canaris peuvent toutefois espérer que l’arrivée d’Ahmed Kantari leur remette la tête à l’endroit. Le FC Metz et l’AJ Auxerre semblent, eux, mieux gérés, mais restent en grande difficulté. Cela va un peu mieux pour Le Havre, qui a encore du travail pour se maintenir mais paraît sur la bonne voie. Quant au Paris FC, son adaptation à la Ligue 1 se fait dans la douleur. Promu inclassable en début de saison, il n’a pas réussi à créer la surprise et paraît parti pour jouer la peur au ventre jusqu’à la fin de la saison.
Ils ne font pas de bruit mais ils travaillent bien
Au ratio investissement/résultats, c’est le SCO d’Angers qui s’en sort le mieux. Sans recrutement payant l’été dernier, les Angevins se sont hissés à la dixième place à mi-parcours et font des envieux avec leur jeu collectif et leur sérénité (a priori) à toute épreuve. Reste à passer le mercato d’hiver sans trop de turbulences et le maintien pourrait être acquis très tôt. Dans la même veine, Toulouse dépasse largement les attentes. La préparation estivale avait fait craindre le pire tout en laissant poindre une lueur d’espoir, le Téfécé est tombé côté pile et n’est qu’à un point d’une septième place qui sera peut-être qualificative pour la Ligue Conférence.
Brest et Lorient font eux aussi leur bonhomme de chemin sans trop de pression. Quasi intraitables à domicile (une seule défaite), les Merlus n’ont pas les moyens d’espérer mieux que le ventre mou mais semblent avoir les armes pour assurer leur maintien sans trop souffrir. A Brest, l’épopée en Ligue des Champions n’est plus qu’un souvenir, mais les Pirates restent à portée de tir d’une qualification en coupe d’Europe.
Les joueurs qui nous ont tapé dans l’œil
Sorti des principales têtes d’affiche du championnat (oui, le milieu Vitinha-Neves du PSG c’est du velours, mais est-ce que ça surprend quelqu’un ?), plusieurs joueurs ont retenu notre attention sur cette première moitié de saison. Pour la deuxième saison de sa carrière en Ligue 1, le milieu Ilan Kebbal porte presque à lui tout seul l’attaque du Paris FC. Il est l’un des joueurs qui crée le plus d’occasions en championnat cette saison et il sera précieux jusqu’au bout dans une équipe qui peine à faire son trou. Dans le registre offensif, le Marseillais Robinio Vaz a montré de très bonnes dispositions du haut de ses 18 ans pour sa découverte de la Ligue 1. Ses performances, très solides (six fois décisives en 13 apparitions), font de lui la nouvelle pépite de la Canebière.
Jeunesse toujours, le Lyonnais Tyler Morton, débarqué de Liverpool pendant l’été, s’est aussitôt imposé comme le métronome de l’entrejeu des Gones. Bon défensivement, précieux dans la conservation du ballon et précis à la relance, il enchaîne les prestations convaincantes. A un poste plus reculé, le latéral gauche lensois Matthieu Udol fait aussi beaucoup de bien. Solide derrière, il apporte aussi beaucoup en attaque, au point de figurer parmi les joueurs ayant créé le plus de grosses occasions. A Lens toujours, l’ailier Rayan Fofana montre de très bonnes dispositions, malgré une efficacité toute relative (deux buts en 14 matchs).
Et nos paris du début de saison ?
Au mois d’août, nous avions choisi cinq joueurs n’ayant jamais posé leurs crampons en Ligue 1 et qui devaient crever l’écran. Il est temps de faire un premier bilan. Félix Correia (Lille OSC) avait tout pour plaire et ses débuts sont plutôt satisfaisants, sans toutefois impressionner. Avec trois buts et quatre passes décisives en 17 apparitions, il s’est fait son trou dans le onze de départ de Bruno Génésio mais manque d’efficacité dans le dernier geste.
Au niveau offensif, Joaquín Panichelli (RC Strasbourg) a montré de meilleures dispositions. Faisant parler son physique et son sens du but, l’attaquant argentin a signé 10 réalisations. S’il semble marquer le pas depuis quelques semaines, il pâtit en partie d’une baisse de régime générale à Strasbourg. Pavel Šulc (Olympique Lyonnais), s’est quant à lui imposé comme le leader offensif d’un OL presque totalement déplumé en attaque. Sept fois buteur et deux fois passeur décisif, il profite de son jeu atypique pour créer des espaces pour ses coéquipiers.
Moins connu, Arthur Avom (FC Lorient) sortait d’une saison pleine en Ligue 2. Devenu indéboulonnable au milieu de terrain et sélectionné pour la CAN, le jeune Camerounais a enchaîné les bonnes prestations, au point de se voir pisté par Rennes, Bruges, West Ham et plusieurs clubs turcs. Reste à voir si son club cherchera à le garder ou à renflouer ses caisses avec un transfert. Enfin, Saud Abdulhamid (RC Lens) avait tout du pari. Utilisé dans la rotation au poste de latéral droit, il a été titularisé deux fois un cran plus haut. L’international saoudien n’a pas encore percé, mais la saison haletante des Lensois pourrait lui donner d’autres occasions de se montrer.

Ajde doit regretter de ne pas avoir deux phases dans un championnat, comme en Amérique Latine.
non, le format apertura/clausura c’est d’la merde.
la dernière fois que Lens était champion d’automne, c’était en 2001-2002.
Lens aurait 2 titres de plus, quand même…
Si Toulouse finit en Europe, c’est que le championnat va mal.
C’est quoi le statut de Pavel Šulc avec la Tchequie ?
Jusqu’à présent, un joueur parmi d’autres. Assez lambda en sélection, dans une sélection qui ne fonctionne pas. Tout le monde en Tchéquie est persuadé que si Šulc n’est pas terrible avec la Repre c’est parce qu’il est mal utilisé. Et quand je vois ce qu’il fait à Lyon, je suis du même avis. C’est un joueur qui a besoin d’énormément de liberté dans son placement. Tolisso l’a comparé à Thomas Müller et c’est tout à fait ça. Mais avec les branques qui ont servi de sélectionneurs jusqu’à présent…
Udol je l’ai vu joué en Ligue 2 l’année dernière. Il finira peut être champion de france et, qui sait, dans le groupe des 26 pour la coupe du monde. Belle trajectoire!
Merah c’est pas mal aussi.
J’ai du mal à croire qu’Udol sera sélectionné. En tout cas, pas avec Deschamps, qui est très conservateur et ne jouera pas à intégrer des nouveaux joueurs juste avant la Coupe du monde s’il n’y est pas obligé.
C’est un arrière gauche c’est ça? (Enfin, je devrais un peu le connaitre puisque c’est lui qui nous envoit en L2…)
J’y crois pas du tout. Déjà que Digne arrête d’être le dindon de la farce et que DD le retienne enfin pour une grande compétition, lui qui a toujours été irréprochable en bleu; Et qu’on se débarrasse enfin des 2 frangins, surtout Théo (qui par dessus le marché tapine en AS)
Des contraintes, il en aura. Dans quelles proportions?
Quand on voit le onze qui perd contre la Tunisie… il n’y avait pas que du 1er choix.
A droite, on a du matos, d’autant que le retour de Gusto a été probant. Par contre à gauche, avec Théo et Digne, c’est pas folichon. Si on élargit à un Rabiot en perte de vitesse….
Udol n’a pas ce niveau, mais derrière les 2, la place pour un “au cas où” me semble ouverte.
Pour preuve, même le vieux Lucas est toujours là. Camaviga plus bas? Truffert?
J’ai une totale confiance en Deschamps pour bricoler une défense s’il le faut. Il avait été bon là dessus en 2016 et 2018. C’est devant que je l’attend
Moi aussi j’ai pas un bon souvenir avec Udol….
Tu pourrais nous dire comment se prononce Šulc modrobily!
Parce qu’on entend tout, et moi j aime la précision.
Et le red star !? Triple derby l année prochaine (@raphael de lloris eheh)
Šulc c’est comme Schultz. Et au final c’est le même nom, il n’y a que l’orthographe qui change.
Tu devrais nous faire un article la dessus chef.
Ils ont « tchéquisé » des noms allemands?
Ou bien les Allemands ont germanisé des noms tchèques… 🙂
Historiquement les Tchèques ont toujours été très proches des Allemands, la Bohême et la Moravie faisaient partie de l’empire germanique.
Un mot sur Angers, plus petit budget de l’élite, équipe montée avec trois bouts de ficelle (l’annulation du transfert de Labeau-Lascary montre qu’ils avaient littéralement pas un kopeck à mettre dans le recrutement). Le début de saison a été compliqué mais Dujeux a vite trouvé la recette pour tirer le maximum de cet effectif. J’ai vu le derby contre Nantes, c’était de la folie, jamais vu ça à Raymond Kopa. Pas de stars mais dans ce collectifs, 3 noms à mettre en avant (qui hélas vont pas s’éterniser longtemps sur les bords de la Maine). Himad Abdelli le meneur, en fin de contrat en juin prochain, annoncé un temps à Lyon mais surtout de façon plus insistante à l’OM, peut-être même dès son retour de la CAN.
Sidiki Cherif, pur produit du centre de formation. Rapide, puissant, efficace, c’est un des attaquants U19 avec les meilleurs stats des « grands » (oui je sais…) championnats européens. Chabane a déjà refusé une offre du Paris FC à 23 M€ (mais pourrait accepter un départ immédiat si l’offre augmente, considérant le maintien presque acquis – ce qui est une connerie d’ailleurs, c’est le rémois qui parle). Enfin, le gardien Hervé Koffi qui cirait le banc à Lens. Il réalise pour l’instant la meilleure saison de sa carrière. Portier titulaire du Burkina, il revient hélas de la CAN blessé. Son cas est différent des deux autres car seulement prêté par Lens, aucune certitude sur la saison prochaine donc.
Au moins Koffi est sûr de rester jusqu’en fin de saison. J’espère qu’Abdelli et Cherif finiront la saison à Angers car même si le club récupère 30 millions sur ces deux ventes il y a peu de chances qu’ils trouvent des remplaçants idoines.
Ils toucheront pas un centime sur Abdelli. Ils parlent d’un « deal » avec Marseille pour les quelques mois restant mais j’imagine plutôt en prêt en contrepartie mais pas de l’argent.
Transition toute trouvée avec le Paris FC. Non pas pour dire tout le mal que je pense de ce club préfabriqué et son proprio véreux mais pour souligner la réussite de la colonie des anciens rémois. Outre Ilan Kebbal évoqué dans l’article, citons Moustapha Mbow, Thibault De Smet, Mathieu Cafaro, Nhoa Sangui et Hamari Traoré.
Hormis le dernier, bien vendu à Rennes à l’époque, tous ont quitté Reims dans un quasi anonymat alors qu’ils apportaient tous quelque chose. Ce sont pas les seuls, on retrouve des Locko à Brest ou Adeline à Troyes. Des joueurs partis à cause d’une supposée profusion dans l’effectif mais qui auraient été bien plus utiles pour éviter le naufrage que les bras cassés qui sont restés.
Parcours irrégulier pour l’instant pour Rennes, pas fan de Beye qui a bénéficié de mercatos bien plus opulents que ses prédécesseurs pour finalement pas grand chose, mais il a peut être trouvé enfin la bonne recette après être passé à deux pas de la porte.
Si le PFC a une filière rémoise, Rennes de son côté débauche chez ses voisins. Nantais (ou plutôt ancien nantais) d’abord. L’arrivée de Merlin et surtout Rongier qui ne se privait pas de chambrer ses rivaux à l’époque, ont beaucoup fait parlé. Ces joueurs retrouvant Blas arrivé un an plus tôt.
Angevins ensuite. Révélation de la saison dernière et valeur sûre de ce début de championnat, Esteban Lepaul a sauvé deux fois Angers, sur le terrain avec ses buts puis avec l’argent de son transfert en Bretagne. Là bas, il perpétue une tradition d’anciens angevins (Santamaria, Tait et bien d’autres dans le passé).
D’ailleurs on en parle peu, mais Angers arrive à être très performant alors qu’ils ont perdu Lepaul en fin de mercato, sans vraiment de possibilité (ni de moyens financiers) pour le remplacer.
Je découvre au passage qu’il est passé par le centre de formation de l’OL.