C’est l’histoire d’un menuisier sénégalais, né sportivement dans les Vosges, qui un soir de décembre 2015, gâche la dernière sortie des Gones à Gerland. Kamoulox. On rembobine.
Le musculeux Cheikh Ndoye débarque en France en 2009, il a vingt-trois ans et des rêves plein la tête. Son physique, mais aussi ses facultés techniques, détonnent en quatrième division. À Epinal, il découvre la rudesse du climat et du championnat français. Sur le terrain tout roule, dans son sillage les Spinaliens montent en National. Après trois saisons pleines, il migre en banlieue parisienne, à Créteil. Là encore, il se rend vite incontournable. Là encore, il est l’un des grands artisans d’une nouvelle accession, en Ligue 2 cette fois-ci. Titulaire inamovible durant trois ans, il est temps d’aller voir plus haut.
Les trajectoires du SCO et du Sénégalais se télescopent à l’été 2015. Après avoir tourné autour du pot quelques temps, Angers retrouve la Ligue 1. Sans grands moyens mais avec plein d’idées, le board scoïste chasse les bons coups. Mangani, Traoré, Ketkeophomphone, Saïss et bien sûr Ndoye, les bonnes pioches sont légion. Sous la houlette de coach Moulin, la saison démarre en fanfare, victoire à Montpellier, nul face à Nantes, victoire à Ajaccio, contre toute attente le maintien sera une formalité.
Le sommet de cette saison ? OL-SCO, 5 décembre 2015. Dans le mythique stade Gerland, théâtre de toutes les plus grandes victoires lyonnaises, Angers sort le match parfait. Et qui d’autre que capitaine Ndoye pour enfiler la cape de héros ? Double buteur de la tête, il sabote à lui seul la dernière des Lyonnais dans leur stade historique. Un premier coup de casque gagnant sur un délicieux coup franc distillé par Mangani, il remet ça sur corner en dominant Koné. Lopes ne peut rien, la fête est gâchée.
En 2017, il file en Angleterre, puis revient au SCO, se blesse grièvement, retrouve des couleurs au Red Star où il se mue en attaquant la trentaine bien tassée. Un parcours semé d’embûches, preuve d’une force de caractère bien supérieure à la moyenne. Un leader énergique qui court toujours en 2026, à quarante ans, sous les couleurs de l’AS Cannes. Un modèle de résilience à la gnaque contagieuse, un joueur devenu une figure de la Ligue 1 en à peine deux saisons. Chapeau l’artiste !
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
Merci Séb. Cheikh Ndoye, le symbole du retour du SCO parmi l’élite.
Un pur joueur de Ligue 1 à mes yeux. Grosse présence physique, mais pas que.
Par contre ce n’était pas le dernier match de l’OL à Gerland. C’était le dernier en Ligue 1, quelques jours plus tard il y a eu Lyon-Tours en Coupe de France, un match complètement nul gagné au forceps en jouant mal contre un faible adversaire, avec un doublé de Claudio Beauvue si ma mémoire est bonne.
Purée ! Claudio Beauvue…
Ouais, se dire qu’il a été titulaire à l’OL ça fait mal. A un moment c’était le meilleur attaquant qu’on avait sous la main… Mais ça a tourné court quand il a commencé à faire son kéké après avoir marqué. On était contents pour lui, mais de là à se la péter comme un candidat au Ballon d’Or…
En tout cas son passage à Lyon ça a été le sommet de sa carrière. Derrière il ne fait pas grand-chose au Celta Vigo et il redescend doucement les échelons du niveau pro.
D’ailleurs, si on ne devait qu’un mec d’Angers, ce serait qui ? Guillou ?
Kopa, non ?
Le choix de Kopa comme nom du stade d’Angers, est malheureux. Kopa, c’est Reims. C’est comme si on décidait de renommer le Stadium, stade Fabien Barthez parce qu’il a commencé sa carrière pro à Toulouse.
Je comprends bien que Kopa est plus lié à Reims, mais comme il a commencé à Angers, c’est le plus grand joueur formé là-bas et peut-être aussi le plus grand joueur passé par le club. Difficile de l’enlever quand même.
Oui, Modro mais deux saisons uniquement. Tu vois le stade de l’OL s’appeler stade Karim Benzema parce qu’il est le meilleur joueur sorti par le club ?
Je comprends tout à fait ton argument. Après on a un stade Sonny-Anderson à Lyon, un autre Grégory-Coupet je crois…
Pierrick Capelle évidemment !
Ça me dérange pas que l’on donne le nom de Kopa à un stade. Je trouve même ça bien. C’était la première grande star mondiale française, il l’a largement mérité mais c’est une façon de récrire son histoire qui me déplaît. Oui, Stade Raymond Kopa, ça claque mais on n’est pas dans un concours de celui qui a la plus grosse… C’est une façon de nier que l’on a été une écurie modeste la plupart du temps parce qu’on a honte de son histoire. Comme quand le Tef s’attribue la date de création ou la Coupe de France du premier TFC, alors que les deux entités sont différentes. Quête puérile des paillettes et du strass…
Un dernier truc et après j’arrête. Le SCO aurait du avoir la décence de ne pas choisir ce nom. Le seul qui a le droit de le faire au niveau pro, c’est Reims. Reims ne l’a pas fait, ça les regarde mais historiquement, il n y a que là-bas que ça a du sens. Angers n’est même pas sur le podium des équipes les plus importantes de la carrière de Raymond. Reims et France au choix, Real en troisième.
Purée, on a énervé notre Khia.
En plus, que devient Jean Bouin dans l’histoire, hein ? Qui s’en est préoccupé quand le stade a été renommé ?
Haha. Je vais lancer une pétition pour renommer le Stadium, stade Robby Rensenbrink puisqu’il est le joueur le plus illustre à avoir porté le maillot du TEF. Et tant pis si il était archi-cramé. En plus, il arrête sa carrière à Toulouse, ce serait un bel hommage !
C’est le club ou la ville qui a choisi le nom du stade ?
Jean Bouin, c’était quoi l’histoire avec Angers ?
Désolé j’arrive longtemps après la bataille!
Plusieurs choses. Le meilleur angevin passé par le SCO, pour moi c’est également Marc Berdoll (qui vient de Trélazé, la banlieue ouvrière). Autre international angevin qui démarre sa carrière au SCO mais dans l’anonymat: Steve Savidan. Formé à l’Intrépide un des meilleurs clubs de jeune de la ville.
Mais le meilleurs natif d’Angers n’a jamais au SCO et pour cause sa famille a déménagé à Rennes dans sa jeunesse: Désiré Doué.
En tant que rémois, ça ne me choque absolument pas qu’Angers choisisse le nom de Kopa. Au delà de son expérience de début de carrière certes courte (mais comme dit par ailleurs, il n’y a aucune légende dans l’histoire du SCO), Une fois sa carrière à Reims terminée, il a passé l’essentiel de sa vie à Angers d’où est originaire sa femme et où ont grandi ses enfants (ça me rappelle quelqu’un d’autre d’ailleurs^^). Il y est maintenant enterré (ça par contre je suis moins pressé).
Bien sûr il est davantage lié à l’histoire de Reims. Il a été question de renommer le stade mais Delaune est un nom trop ancré historiquement (quand bien même il s’agit d’un nom générique donnés aux stades des 4 coins de la France – tout comme Jean Bouin d’ailleurs).
Un nom de tribune a été évoqué aussi mais là encore qui déloger? La tribune présidentielle ne peut pas s’appeler autrement que Germain. La Meano (même reconstruite) porte ce nom depuis la disparition tragique du joueur il y a 70 ans! Quant à Batteux et Jonquet, indéboulonnables. On oublie.
Restait donc le lot de consolation: le centre d’entrainement (à Bétheny chez Caillot) et une statue devant Delaune (avec Fontaine qui lui aussi n’a laissé son nom à rien du tout).
Pour Verano, qu’il se rassure. Ce brave Jean Bouin n’a pas totalement été effacé des mémoires angevines puisqu’il s’agit d’un pôle sportif. Si le stade a été renommé, la piscine attenante elle, porte toujours le nom de l’athlète mort au front.
Marc Berdoll !
Marcel Loncle ?
C’est que ça se bousculent pas, les stars dans l’histoire du SCO d’Angers.
Peut être Christophe Lagrange ?