Bordeaux – Le Mans
Dimanche 30 avril 2006, 16h30
Stade Jacques Chaban-Delmas
36ème journée de Ligue 1
27.374 spectateurs
Un match à l’heure du goûter comme une promesse de friandises, de petits bonbons, de sucreries en tous genres. Pour vous servir, Denilson, champion du monde en titre, Bordeaux c’est le Brésil. Sous un soleil quasi estival, l’esthète devrait se plaire. Chaban n’attend que ça.
En face, le MUC72, traduction, Le Mans. La Sarthe Hautcoeur, époque Bonnart. Vingtième minute, Romaric, d’une passe lumineuse, lance Bangoura. L’attaquant prend Jemmali de vitesse et s’en va battre Ramé. 0-1. C’est la douche froide.
Pour renverser la vapeur, rien de tel que la puissance phénoménale de Jean-Claude Darcheville. Seul, il résiste à un premier adversaire, puis un second, s’infiltre dans la surface, sa première victime revient à la charge, Marko Basa s’y met lui aussi, faute, pénalty. Quel buffle. Chamakh ne se fait pas prier et envoie la chique en pleine lucarne. 1-1.

Denilson le magicien sort de sa boite. Plein axe, il dribble, virevolte, passe toute la défense en revue. Bute sur Roche, ça revient sur Chamakh. Altruiste, le marocain décale Darcheville, crochet, but du guyanais. La régalade. 2-1.
Oui mais voilà, Le Mans c’est le Brésil. A dix minutes du terme, d’une subtile touche, Matsui envoie Grafite à dame. 2-2. La fête est gâchée. Ça fait 20 ans, c’était hier.
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Denilson, me remets pas de ce choix au Betis…
Manuel Ruiz de Lopera.
Un ego gros comme ça.
Le stade du Betis portait quand même son nom de son vivant…
Un culte de la personnalité auquel Donald Trump n’a pas grand-chose à envier.
Lopera avait une sublime maison dans mon bled familial en Andalousie, Chipiona. Et on passait forcément devant quand on sortait en soirée. Dans mon groupe de potes, on trouvait des mecs du Betis mais aussi du Sevilla FC. Qui ne manquaient jamais de hurler » Lopera, maricon ! » quand on passait devant la baraque. Jusqu’au jour où un prit une mandale par un des molosses de Lopera. Ce bordel. Haha
Tous les fans de Seville, et il y en avait un paquet pendant l’été, faisaient ça. Je comprends qu’à un moment ils en ont eu marre. Haha
J’aimais bien Darcheville. Il aura eu une carrière sympa jusqu’à la finale de Ligue Europa avec les Rangers.
Le joueur préféré de Pascal Obispo.
La réciproque est-elle vraie ?
A-t-on les supporteurs qu’on mérite ?
Grand fan de tuning le Jean-Claude, les grands esprits se rencontrent.
Le seul match que j’ai vu à Bordeaux était aussi contre Le Mans mais un an plus tard. Très belle affiche avec d’un côté un Laurent Blanc en train de prendre ses marques en Gironde et construire sa future très belle équipe autour de Chamakh, Diarra, Trémoulinas et de l’autre le Mans de Rudi Garcia, épouvantail de la ligue 1 avec toutes ces trouvailles Pelé, Romaric, Basa, Gervihno, etc…
De passage au Mans pendant les dernières vacances scolaires, j’ai croisé énormément de jeunes avec des maillots mais à ma grande surprise… aucun du MUC alors que la montée en L1 n’a jamais été aussi proche.
Cet épisode de la fin des 00’s est un épiphénomène qui ne parle pas aux jeunes. Intense mais trop court pour avoir marqué durablement les esprits, à la différence de Laval où l’attachement au club n’a jamais disparu alors que la descente date de quasi 40 ans.
Au Mans, le club a aussi brisé l’histoire et le patrimoine en quittant le stade Léon Bollée. Le MMArena était froid et dépersonnalisé, ça n’a jamais pris. Alors qu’à Bollée, il y avait de l’ambiance. C’est resté une friche jusqu’à récemment, il est détruit pour construire des logements à la place.
Si je ne me trompe pas…
Léon Bollée jamais mis les pieds. En revanche je passe parfois devant le MMArena, à ma connaissance seul exemple de dé-naming puisque la marque a retiré son nom et qu’on lui affublé le nom d’une aviatrice… qui a surement jamais foutu les pieds au Mans.
La chute du MUC après la construction du MMArena poursuit la malédiction du nouveau stade connu précédemment par Istres et Grenoble, voire Sedan à un degré moindre.
À Laval, il n’y a que le foot, non ? Alors que les 24h et le basket avec le MSB font la fierté des Manceaux depuis toujours. Le foot vient loin derrière et suscite de la méfiance depuis la folie des grandeurs durant la présidence de Lagarda, avec la « complicité » du maire Boulard, matérialisée par le MMArena, un stade trop grand et livré au moment où le club coulait sportivement et financièrement. Avec Gomez et Le Foll, retour à une approche plus réaliste même si le stade Marie Marvingt coûte très cher à une ville d’essence populaire, surtout depuis la fin du contrat de naming.
C’est un département rural et une terre de vélo. Les frères Madiot, Jacky Durand, grande tradition de courses de plus ou moins haut niveau.