Glasgow 1976, la légende du demi-siècle

Où le cinquantième anniversaire de la plus célèbre des finales perdues incite à l'envolée lyrique.

Europe Histoire

C’était un printemps gris, c’était un printemps vert.
Dans l’esprit des Français, le temps était couvert.
Le pétrole était cher. Adieu, années radieuses,
Belles pages d’espoir, belles Trente Glorieuses.
Depuis deux ans déjà, une inquiète nation
Voyait s’enraciner chômage et inflation.
Sur ses terrains aussi le malheur faisait rage
Et ses sportifs erraient de défaite en naufrage.

Mais sur ce peuple amer, par l’échec endurci,
Une étoile était née dans le ciel obscurci.
Sur l’herbe du Forez, une jeune phalange,
Emmenée par celui que l’on surnommait l’Ange,
Talentueuse et soudée derrière un sorcier roux,
Semblait avoir des dieux évité le courroux.
Du ballon rond français elle était la maîtresse
Et partait pour l’Europe empreinte d’allégresse.

Ses anciens, jusque-là, s’étaient bien essayés
À trouver le succès hors des terres de France.
Mais par manque d’envie, de talent ou de chance,
Tous avaient su leur peine et fini balayés.
Marqués par les douleurs de cette époque noire,
Les suiveurs du football, méfiants et peu diserts,
Se réveillaient soudain au cri d’“Allez les Verts !”
Car ils sentaient venir un tournant de l’histoire.

À Lisbonne ou à Kiev, à Split ou à Chorzow,
Ces joueurs avaient vaincu les démons de leurs pères.
Adroits, parfois rugueux, endurants et célères,
Ils étaient même allés l’emporter à Glasgow.
C’est là qu’ils revenaient, six mois plus tard à peine,
Tenter ce que jamais club français n’avait fait.
Après que par deux fois Reims eut été défait,
Ils pouvaient ce soir-là gagner l’épreuve reine.

Devant eux se dressait l’ogre dominateur,
Déjà du continent double triomphateur.
Arrogant Bavarois à la forme insolente,
Vainqueur de nos héros la saison précédente,
Il entrait sur le pré comme en terrain conquis,
Les yeux sur ce trophée qui lui semblait acquis.
Avec tout son argent et ses champions du monde,
On le donnait gagnant sans calcul ni faconde.

Le sifflet retentit, le combat commença.
Deux minutes après, l’ogre hurlait “Comment ça ?”
Le drapeau droit levé d’un hors-jeu discutable
Avait privé Müller d’un but pourtant valable.
Cette frayeur passée, les Verts s’étaient repris
Et tenaient en respect des Allemands surpris.
Partout dans l’entrejeu la bataille était rude
Et l’horloge déjà pointait vers l’interlude.

Dans l’axe du terrain, Bathenay s’avançait,
Lui qui si volontiers faisait parler la poudre.
Le but se rapprochait, la frappe s’annonçait ;
Arrivé à portée, il déclencha la foudre.
Mais le chêne écossais, carré plutôt que rond,
Laissa en jeu un tir qui eût fini au fond.
Revelli reprit bien, mais sa tête trop molle
Échoua sur le gardien comme fleur sur la colle.

Cinq minutes plus tard, l’histoire bégaya.
Sarramagna centra une balle précise
À l’endroit où régnait une lutte indécise ;
Un Vert au cœur du duel une tête essaya.
Santini – c’était lui – y mit toute sa force
Et se voyait marquer entre l’arbre et l’écorce.
La fortune hésita, la fortune dit “non”,
Et la barre à nouveau repoussa le ballon.

Entretemps, on l’oublie de la Corse à l’Artois,
L’Allemand, lui aussi, avait touché du bois.
Au moment du repos, nul n’osait s’épancher
À prédire vers qui le sort allait pencher.
Surprise à la reprise : un Bayern en confiance 
Imposait son emprise à nos champions de France.
Ceux-ci tenaient pourtant sans rien devoir changer ;
Rarement sur leur but il y avait danger.

Pourquoi fallut-il donc, presque à l’heure de jeu,
Que le noble Piazza, vrai dieu vert de la guerre,
Effacé par Müller, et l’ayant mis à terre,
Offrît à l’adversaire un coup franc lourd d’enjeu ?
Roth allait s’en charger. Déjà, dans deux finales,
Il était par ses buts entré dans les annales.
Le décalage fait, son tir précis et pur
S’engouffra dans la cage en contournant le mur.

L’essentiel était là. Avec cet avantage,
L’heure était à attendre et à laisser venir
Pour un double tenant qui saurait bien tenir
Et contrer sans merci le plus mince ratage.
Face à l’acier trempé du rideau bavarois,
Une attaque émoussée ne montrait qu’impuissance.
Il restait à jouer une dernière chance
Et l’on s’y décida sur le banc stéphanois.

Des tribunes monta une clameur étrange.
Le peuple vert criait : “Là-bas ! C’est lui, c’est l’Ange !”
Rocheteau à la cuisse abîmée par l’effort
Entrait pour un final de victoire ou de mort.
En quelques chevauchées et pointes de vitesse,
Il révéla en face un semblant de faiblesse.
Mais c’était bien trop peu, trop tard, en ce long soir :
La triste issue survint, sifflée par l’homme en noir.

Au retour à Paris, sur les Champs-Élysées,
Plus de vingt mille voix, par l’exploit attisées,
Accordèrent aux Verts la joie et la chaleur
Que plutôt qu’au vaincu on réserve au vainqueur.
À nos yeux d’aujourd’hui, la chose peut surprendre.
Il ne faut pas juger ; il suffit de comprendre.
Il faut se souvenir qu’en ces temps malheureux,
Toute finale était un fait miraculeux.

Plus tard vinrent enfin les trophées et les titres.
À Munich, à Moscou, au Parc, à Saint-Denys,
Clubs et sélections aux couleurs du pays
Écrivirent pour lui de glorieux chapitres.
Mais ce fut Saint-Étienne, il y a cinquante ans,
Véritable pionnier à l’époque moderne,
Qui sortit notre sport d’une période terne
Et prouva qu’il pouvait égaler les plus grands.

45 commentaires pour "Glasgow 1976, la légende du demi-siècle"

  1. bobbyschanno dit :

    Il est fou, ce mec !

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  2. Verano82 dit :

    C’est notre Gégégé Depardieu…

    Enfin voilà un homme, enfin voilà un homme,
    Voulez vous du blanc ou voulez vous du rhum.

    Magnifique exercice de style, Léopold (tu remarqueras que je n’ai pas choisi Rochard, alias Daniel Prévost).

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    1. Khiadiatoulin dit :

      Me souvenais plus d’où c’était sorti. Uranus

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      1. bobbyschanno dit :

        Vilain film.

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      2. Verano82 dit :

        Parce qu’il renvoie dos à dos communistes et pétainistes ?

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      3. bobbyschanno dit :

        Les pétainistes y sont bien plus sympathiques que les communistes.

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      4. bobbyschanno dit :

        Claude Berri, Uranus, 1990 : Un détestable téléfilm.

        Rien ne va dans cette adaptation du roman de Marcel Aymé.

        D’abord, il y a la mise en scène molle et académique de Claude Berri. On a vraiment l’impression d’être devant un téléfilm du lundi soir sur France 3 !

        Ensuite, il y a les acteurs dont chacun fait son numéro de cabotin – la palme revenant à Gérard Depardieu, qui en fait des tonnes ! En dépit du clinquant de la distribution (Depardieu, Marielle, Noiret, Blanc, Galabru, Luchini, Prévost…), tout cela manque d’unité et, sans doute, d’une forte direction.

        Enfin, il y a l’ambiance et le propos du film (hérités du roman ?). La dénonciation de l’hypocrisie et de la lâcheté des uns et des autres, au moment de la Libération, est faite sans grande subtilité. L’auteur – notamment à travers le personnage interprété par Philippe Noiret – se place dans une position de moraliste, affectant une posture supérieure, en surplomb, distribuant les bons et les mauvais points. Bref, c’est assez détestable. De plus, il renvoie tout le monde dos à dos, dans une sorte de grisaille où tout se vaut : les Américains ne valent pas mieux que les Allemands, les communistes ne valent pas mieux que les fascistes, les résistants ne valent pas mieux que les collabos… Ni héros, ni salauds, tous sont des lâches et des hypocrites. Tous ? Pas si sûr : les personnages les plus intègres et les plus dignes sont d’anciens maréchalistes ou pétainistes, quand les communistes – à l’exception du personnage joué par Michel Blanc – sont des profiteurs, des manipulateurs, des menteurs…

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      5. Verano82 dit :

        Claude Berri fut accusé d’attiser l’anticommunisme et de railler la résistance (sans doute les mêmes qui ont critiqué Malle à la sortie de Lacombe Lucien). La critique serait acceptable s’il n’avait pas brossé en parallèle le portrait accablant de la collaboration. Qui peut prétendre que Galabru est plus sympa que Prévost dans ce film ? Il est l’archétype de l’ordure. Desarthe, en rat fuyant, plus respectable que Blanc et ses petites faiblesses ? Faux procès !

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      6. bobbyschanno dit :

        Ce qui me dérange le plus, c’est justement la posture de moraliste. Le personnage de Noiret. Il n’y a pas ça chez Malle (et Modiano). Il faut dire que ce n’est pas le même tonneau que Berri (et Aymé). Ce côté jugeant à dire « ce sont tous des ordures, moi je suis un mec bien, au-dessus de la mêlée »…

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    2. bobbyschanno dit :

      Franchement, l’aspect politique n’est pas ce qui m’a le plus navré dans ce film. C’est pour ça que je le note à la fin, introduit par un simple « de plus ».

      Les numéros de solistes des acteurs, le manque de nerf de la réal… et donc ce côté détestable à se dire meilleur que les autres ! Brrrrr…

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      1. bobbyschanno dit :

        L’Occupation est trop souvent regardée avec une espèce de condescendance… En mode : « c’était tous des collabos ou ils s’en fichaient, des fainéants, moi j’aurais été résistant ! » De là vient le mythe des millions de lettres de délation, des corbeaux, etc.
        Laurent Joly a consacré un important livre à cette question.

        Laurent Joly, Dénoncer les juifs sous l’Occupation (Paris, 1940-1944), 2017 : Un vrai bon livre d’historien.
        En s’attaquant au problème de la délation antijuive pendant l’Occupation, Laurent Joly n’ambitionnait aucunement d’épuiser le sujet. Au contraire, cet aspect de la persécution des juifs étant peu abordé et largement fantasmé, il était important de poser des jalons et de provoquer l’envie des chercheurs.
        L’historien choisit donc de limiter son enquête au département de la Seine – largement représentatif (environ la moitié des juifs de France y résidait, et environ la moitié des déportés habitaient ce département). Ainsi, si la délation antijuive fut un « phénomène marginal » – « on est loin des milliers voire des millions de missives délatrices que l’on se représente communément… » –, on se gardera néanmoins d’en minimiser l’importance et la nocivité, surtout à partir de 1942 lorsque les juifs (surtout les étrangers ou ceux parlant mal le français) entrèrent en clandestinité : « instrument de la politique génocidaire des nazis, systématiquement exploitée par des brigades spécialisées, elle a eu des effets dévastateurs, plus particulièrement en 1943-1944 : parmi les 32 000 déportés des vingt derniers mois de l’Occupation, plusieurs milliers ont été arrêtés à la suite de dénonciations. »
        En effet, comment ne pas se révolter – ou verser une larme – pour Raymond Holeman, 7 mois, assassiné après la dénonciation d’un photographe à l’honnêteté douteuse ? Comment ne pas approuver la condamnation à mort de Virginie Guiroux – première femme condamnée à la peine capitale dans le département de la Seine – en apprenant qu’elle le fut pour la dénonciation de Chaja Ryterska, enceinte de 5 mois, et afin de… lui dérober son mobilier ? Nos repères moraux se brouillent. Ils se brouillent encore plus en apprenant l’étonnante histoire de Solange Ponchon, « condamnée à un an de prison (janvier 1946) pour avoir dénoncé à la Gestapo son beau-frère, Paul Karpel (déporté le 10 février 1944 et non revenu d’Auschwitz), dont toute l’enquête démontre qu’il la battait et lui faisait subir les pires brimades. » Pour ne rien arranger, en avril 1945 la famille de Paul Karpel exerce sur Solange Ponchon une vengeance privée : « la jeune femme est assaillie par deux garçons au visage masqué ; ligotée, bâillonnée, elle est tondue ; on lui dérobe 10 000 francs. » Allez juger, après ça !
        Et puis – parce qu’il lui faut un paragraphe entier, comme Laurent Joly lui réserve un chapitre –, il faut évoquer le cas d’Annette Zelman. Que dire ? Qu’elle fut dénoncée – et mourut à Auschwitz – parce qu’elle déplaisait à sa belle-famille. Cela suffit-il ? A vomir ? Assurément, oui.
        Faible quantitativement, la délation antijuive n’en fut pas moins un phénomène moralement abject et tellement innommable qu’il suscita le mythe des 3, des 5 millions de dénonciations. En fait, c’était beaucoup moins. Mais c’était déjà trop.

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      2. bobbyschanno dit :

        Je rebondis encore, désolé : Modiano arrive après la chape de plomb gaullienne qui avait diffusé le mythe d’une France unanimement résistante (résistancialisme). Il ne dénonce pas, il ne juge pas, il montre la grisaille des engagements, des convictions, des actes, l’ambivalence (et non l’ambiguïté) des uns et des autres…

        Ophüls, et dans une moindre mesure (peut-être involontairement) Paxton, et même des films comme « Mr. Klein », ne se contentent plus de montrer : ils dénoncent, ils jugent. On passe de l’ambivalence à l’ambiguïté. Sous l’Occupation, les gens ne pensaient qu’à bouffer, ils étaient pétainistes, résistants de la 25ème heure, etc. (on revient presque au résistantialisme).

        Et « Uranus » s’inscrit dans cette dynamique : il juge, il dit ce qui était bien et mauvais, il montre les gens avant tout comme des ordures. Il donne une image extrêmement négative de cette période.

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      3. bobbyschanno dit :

        Ça me fait encore penser à des bouquins.

        Sacha Guitry, 60 jours de prison, 1949 : Le témoignage d’un fameux interné.
        Après avoir raconté ses « occupations » de 1940 à 1944, Sacha Guitry livre ici le récit de son arrestation et de son internement (23 août-24 octobre 1944). Pour renforcer l’aspect authentique de son témoignage, il choisit de publier le fac-similé du manuscrit qu’il tint au jour le jour (y compris les ratures). C’est donc l’écriture ample – et parfois illisible – de l’Auteur qu’il faut déchiffrer !
        Comme pour le précédent volume, l’œuvre est essentiellement justificatrice : Guitry a été victime d’une immense injustice. Ses amis l’ont abandonné, le livrant à la vindicte publique ; l’Etat et ses représentants ont été veules, sinon complices ; mais l’auteur dramatique a su rester digne, voire même glorieux dans l’adversité.
        Fustigeant l’hypocrisie et l’opportunisme de trop nombreux Français, Guitry oppose systématiquement les épurateurs « imposteurs » – qui cherchent à se venger ou à masquer leurs propres compromissions – aux libérateurs américains et de l’armée Leclerc – magnanimes, patriotes et, bien souvent, admirateurs de Guitry… C’est déjà la dénonciation du « résistantialisme » qui est en marche : dès lors, faut-il s’étonner de trouver – parmi le catalogue des éditions de l’Elan, qui publient le livre de Guitry – Les crimes masqués du Résistantialisme de l’abbé Desgranges ?
        Néanmoins, grâce à la faconde et à l’élégance du verbe guitryesque, ce gros volume de plus de 600 pages est très agréable à lire. Un troisième tome devait permettre à Guitry de régler ses comptes avec ceux qui le lâchèrent ou le vilipendèrent publiquement pendant la période où il fut accusé d’avoir collaboré avec l’occupant. Ce dernier tome ne vit malheureusement pas le jour…

        Et puis celui de Pierre Laborie : https://www.gallimard.fr/catalogue/le-chagrin-et-le-venin/9782070454563

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    3. g-g-g dit :

      Grands dieux. Un seul commentaire et tout bascule vers « le » sujet ? Ma parole, c’est le point Godwin à la française ! Le point Bonvin, en quelque sorte…

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  3. modrobily dit :

    L’alexandrin est carré (comme les poteaux).
    Il vise au but (pas comme Bathenay ou Santini).
    Je dirais même qu’il est marquant (pas comme les Verts ce jour-là).

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  4. Khiadiatoulin dit :

    Hehe. Merci Triple G ! Tu préfères la confrontation face à Kiev ou l’Hajduk ?

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    1. g-g-g dit :

      Kiev, parce que 1) j’étais trop jeune pour Hajduk et je ne m’en souviens pas, 2) il y avait tout dans cette confrontation : la défaite à l’aller, sur le terrain de Simferopol déneigé par des moteurs de chasseur MiG montés sur camions deux heures avant le coup d’envoi, et beaucoup plus lourde que ne l’indique le score de 2-0, le scénario incroyable du retour avec le coup de Blokhine suivi du but de Revelli, et la prolongation d’anthologie, tout ça avec le tenant de la C2 en face et le Ballon d’Or en titre sur le terrain.

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  5. Khiadiatoulin dit :

    Sur leur trilogie, ils sont quand-même bien vernis les Allemands. Bon, ils perdront en 82, une finale qu’ils auraient certainement du gagner.

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    1. Rui Costa dit :

      Même en 87 ils ne sont pas vernis et puis il y a 99 où ils payent cher leur chance passée!

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      1. Sacha Modolo et Matteo Trentin dit :

        Le pire reste 2012 avec la désillusion à domicile face à ce Chelsea en bout de course en plus.

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    2. g-g-g dit :

      1982 est la finale européenne que le Bayern a joué avec le gardien le plus faible. En 1967, 1974, 1975, et 1976, Sepp Maier était dans la cage : tout est dit. En 1987, c’était Pfaff. En 1996, 1999, et 2001, c’était Kahn. Là aussi, du très lourd. En 2012, 2013, et 2020, c’était Neuer : sans commentaire. En 2010, c’était Hans-Jörg Butt, un ton en dessous mais tout de même le niveau international. En 1982, en revanche, il y avait un problème de fond. Walter Junghans, le successeur désigné de Maier, n’arrivait pas à confirmer. Il avait même perdu sa place au profit de sa doublure, Manfred Müller, un honnête gardien de Bundesliga déjà vu en Coupe d’Europe avec l’inattendu Wuppertaler SV en 1973-74 et qui était dans le but pour la finale contre Aston Villa.

      En face, en revanche, le remplaçant Nigel Spink était touché par la grâce… il faudra bien que je lui consacre enfin un papier.

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  6. Rui Costa dit :

    Bravo! Quel talent! Modro m’a piqué ma vanne (carré comme les poteaux) donc je n’ai pas grand chose à ajouter!

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    1. modrobily dit :

      J’ai même écrit 3 vannes histoire de marquer la section commentaires de mon empreinte !

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  7. agawa dit :

    Une envolée lyrique quasi cornélienne qui sied parfaitement au mythe (un brin amplifié) des « poteaux carrés », on y voit presque le brave et téméraire mousquetaire de Sa Majesté reconnaissable à sa belle chevelure flottante et sa scintillante casaque verte décorée de fleurs de lys croiser le fer avec le vilain et cynique teuton tout de rouge vêtu.
    Mais hélas et comme disait si bien Sir Lineker, chevalier de la cour de la Perfide Albion : « …et à la fin, c’est les allemands qui gagent ».

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    1. g-g-g dit :

      “Mousquetaire de Sa Majesté” évoque irrésistiblement l’Anglois. « Mousquetaire du Roy » ou, à défaut, « garde du cardinal » eût été mieux venu !

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      1. agawa dit :

        Veuillez excuser l’erreur d’un profane de la barbare rive sud de la méditerranée. « Mousquetaire du Roy » eût été nettement plus approprié, les mousquetaires étant viscéralement opposés à la garde du redoutable Cardinal (du moins si l’on croit le fabuleux récit, certes romancé, du grand Alexandre Dumas).

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      2. bobbyschanno dit :

        Putain de livre, ça, oui !
        Même si j’y préfère encore la suite : Vingt ans après.

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      3. agawa dit :

        La suite de la suite est également sublime, « Le Vicomte de Bragelonne » est tellement riche en rebondissements et ne m’a guère laissé indifférent notamment avec les fins aussi tragiques les unes que les autres du jeune fils d’Athos sur les côtes de Jijel, du naïf Porthos et du brave D’Artagnan alors qu’il tenait à peine son bâton de Maréchal après de très longues années de bons et loyaux services.
        Cette trilogie est l’une des meilleures œuvres qu’il m’était donné de lire, un chef d’œuvre de la littérature française et universelle.

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      4. bobbyschanno dit :

        Pour le coup, j’ai pas accroché.
        Idem, Le comte de Monte Cristo, je pense avoir tenu 100 pages et Les mystères de Paris, 200 max…

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      5. agawa dit :

        Je comprends ton point de vue Bobby, me concernant l’intérêt suscité par les récits historiques de ces épisodes si passionnants de l’histoire de France (l’essor du jeune Louis XIV et l’avènement de la Monarchie absolue dans « Le Vicomte de Bragelonne », le ballet incessant des retournements de vestes durant l’épopée des 100 jours et les deux Restaurations monarchiques) a su vaincre l’inévitable lassitude qui résulte de la lecture de ces œuvres marathoniennes.

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      6. belo_dedici dit :

        Il y a aussi un bouquin centré sur le personnage de Milady.
        «Je voulais vivre» A de Clermont Tonnerre. L’idée est bonne, la lecture est pas mal..

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  8. ajde59 dit :

    l’exemple ultime de la culture foot française: défilé des perdants aux champs, musique allez les verts qui cartonne, une équipe devenu nationale avec « tous un pays » derrière (chose qu’on ne verrai jamais ailleurs), les poteaux carrés, eh si eh si, et chaque année on remet une pièce dans le juke box nostalgie. Même à P2F hahaha

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    1. Khiadiatoulin dit :

      Il est pas romantique Ajde

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    2. g-g-g dit :

      La R5 verte sur la photo est mythique, aussi vintage que révélatrice. Une voiture pareille pour un événement pareil, là où l’Allemand aurait dégainé la Mercedes et même le Tour, incarnation de la France populaire, se dirigeait depuis des Peugeot 504…

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  9. Alexandre dit :

    Il fallait bien une ode après tant d’années où un haiku aurait comptablement fait l’affaire.

    Et c’est peut-être l’occasion pour évoquer la disparition d’un joueur qui, sur la scène européenne, participa de vos rares motifs de satisfaction quelque 15 ans durant : Fleury Di Nallo.

    A Saint-Etienne, c’est désormais entendu que l’on fit alors siennes les méthodes qui avaient fait les succès d’Ajax. Ceci dit ce n’est pas le seul club français de l’époque qui lorgna alors vers les Pays-Bas, : un très, très grand nom de leur football fut à l’époque à deux doigts de signer pour le seul club français qui pouvait alors le disputer financièrement avec Sainté – et la raison pour laquelle ce crack mondial refusa finalement ce transfert est assez croquignolesque..

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    1. Verano82 dit :

      Délivre nous de cette attente ! De qui s’agit-il ?

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      1. Alexandre dit :

        Allez, je vends la mèche : en 1972, l’OM proposa un pont d’or à van Hanegem, moyennant une indemnité de transfert sur laquelle les deux clubs étaient tombés d’accord, qui tournait autour du 1,5 million de florins – ce qui eût dopé de 50% le record NL absolu, qui restait alors d’environ 1 million lors du passage de van Beveren au PSV.

        Mais van Hanegem n’avait sportivement aucune raison de quitter Feyenoord, et il y eut donc des jours d’atermoiement, incapable de se décider..or Feyenoord commençait à s’impatienter…………

        Aussi, un jour et alors qu’il se baladait en famille sur une plage de sa ville natale de Breskens, il s’en remit à son..chien…..

        Si celui aboyait une fois : il s’engageait à l’OM.

        S’il aboyait deux fois : il restait aux Pays-Bas.

        ==> Médor aboya deux fois.

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      2. Verano82 dit :

        Il aurait fallu sacrifier Magnusson ou Skoblar, non ? L’OM recrute le Hongrois Antal Nagy qui au final ne joue presque pas.

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      3. Alexandre dit :

        J’avais oublié que Nagy joua (ou « joua », en effet) à l’OM. Je le connais bien lui, j’ai passé des soirées interminables avec lui dans un café un brin interlope où il avait ses habitudes, en face de la gare principale de Liège, quand je rentrais de Bruxelles : il était tout le temps là!

        Pas souriant pour un balle, chauve et un côté Dracula. Mais il avait plein de trucs à raconter (il est du groupe hongrois lors de la WC66).

        Footballistiquement parlant : spécialiste du corner direct.

        Sacrifier Magnusson ou Skoblar? Oui, probablement.

        Question du candide : Magnusson était encore un joueur d’élite en 72-73?

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      4. Alexandre dit :

        En me demandant ce qu’il devenait (toujours vivant, apparemment), j’apprends qu’il s’entraîna au Barca à la même époque, mais la Liga resta fermée un peu encore aux étrangers ==> C’en resta là.

        Grosse cote à son pic en Belgique et aux Pays-Bas (en l’espèce : à Twente, qui en était alors une équipe du top 3-4, et dont il fut meilleur buteur en jouant sur l’aile – puis c’est Twente qui le vendit à l’OM), joueur notoirement adoré des foules. Ce n’était pas un chat dans un sac.

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      5. g-g-g dit :

        Il aurait effectivement fallu sacrifier Magnusson ou Skoblar en raison du quota de deux étrangers au plus sur le terrain. Cette perspective ne faisait pas peur à l’ineffable Marcel Leclerc qui, ayant échoué à faire venir van Hanegem, a débauché le Malien Salif Keita (42 buts en 1970-71, la même saison que les 44 de Skoblar !) du rival stéphanois détesté. Comme on pouvait s’y attendre, la cohabitation n’a pas été facile avec Skoblar et Magnusson. Keita n’a joué qu’une vingtaine de matchs et n’est resté qu’une demi-saison car Leclerc le poussait à demander la nationalité française, ce qu’il ne voulait pas faire. Il est parti à Valence et l’OM est redescendu du sommet de son doublé de 1972 jusqu’à la relégation en 1980. (Voir P2F du 10/8/2023 sur le célèbre OM-ASSE de 1979.)

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    2. belo_dedici dit :

      « C’est désormais entendu » ? Tu veux dire qu’il y a des preuves tangibles de pratiques de doping dans le staff stéphanois ? Éprouvées, organisées et panifiées sur toute la saison ? Dès 76 ? (ça fait bcp de questions, oui)

      Je ne connais que les aveux de Larios concernant la prise de Captagon avant le match ASSE – PSV. De la fénétylline proposée par le staff (a priori, ce cachet été présent dans plusieurs vestiaires de D1 dans les années 80/90). Dans son cas, il y a eu des contres effets (crampé et azimuté) puisqu’il sort à l’heure de jeu.

      Il y avait –il d’autres dopants prescrits régulièrement ? Questions d’un candide. Je n’ai pas encore lu toute la série « Dop’Ajax ».

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      1. Alexandre dit :

        Oh, je ne visais pas spécifiquement le dopage, c’est globalement qu’un Herbin ne jurait que par le modèle ajacide.

        Sinon, sur le dopage et en vrac :

        A ce lien, site de votre Docteur Mondenard, la dernière archive se passe de commentaires : « J’ai soigné les Verts avec des produits interdits » (Dr Poty, 1979)

        https://dopagedemondenard.com/tag/dr-poty/

        Ou ce passage que je retranscris (sinon ça va merder – un lien max à la fois), qui vois Eydelie évoquer un dopage manifeste des Stéphanois aux amphétamines à l’occasion d’un déplacement à Reims à l’automne 1973 :

        Dans son récent outrage « Sale temps pour le foot » (éd. Denoël), Jean-Jacques Eydelie prétend que Sainté a été un pionnier en matière de dopage. Morceaux choisis.

        « Le dopage existe dans le football depuis longtemps. A Saint-Etienne, le dopage était quasiment de notoriété publique. Mais l’ASSE, à cette époque, était un club intouchable. Son président, Roger Rocher, faisait régner la terreur. Il menaçait, il frappait à l’occasion. Il soudoyait aussi. En somme, il avait déjà tout compris sur la manière de diriger un club, Claude Bez à Bordeaux et Bernard Tapie à l’OM ont simplement industrialisé ses méthodes artisanales (…)

        Un joueur de l’A.S. Saint-Etienne, spécialiste de la reprise de volée, se chargeait des approvisionnements en produits fortifiants. Il partait en Allemagne de l’Est les mains dans les poches, il en revenait avec des valises bien pleines. Certains de ses anciens coéquipiers m’ont raconté que parfois les seringues étaient pratiquement prêtes à l’emploi. Les mélanges étaient faits, il suffisait d’appuyer pour injecter. Les adversaires des Stéphanois étaient peut-être des bonnes poires, ils n’étaient cependant pas aveugles et certains conçurent des doutes d’abord, des quasi-certitudes ensuite. L’entraîneur nantais José Arribas parla des « langues bleues » des Verts. Un arbitre, Robert Héliès, s’étonna de l’attitude de certains joueurs qui avaient « la bave aux lèvres ».

        Une fois on frôla le scandale. C’était le 13 septembre 1973, à l’occasion d’un match entre Reims et Saint-Etienne. La rencontre était entamée depuis à peine deux minutes et trois joueurs champenois gisaient déjà sur la pelouse. Pierre Repellini s’était chargé du premier, César-Augusto Laraignée. Alain Merchadier avait « soigné » le deuxième, Carlos Bianchi, alors l’une des meilleurs gâchettes du championnat. Le troisième, Georges Lech, avait été abattu par Christian Synaeghel. Les Foréziens étaient entrés dans la partie comme des dingues, courant et taclant sans crier gare.

        D’habitude on ne disait rien, certains techniciens et journalistes se laissaient même aller, au contraire, à louer leur engagement physique, leur « folle énergie » comme on disait pudiquement. Les Champenois refusèrent de se taire. Ils publièrent un communiqué pour dénoncer la violence des Stéphanois. Le président du Stade de Reims, Serge Bazelaire, un médecin, parla d’inconscience, de « joueurs dans un état second ». Pour la première fois dans le football français, le mot fut prononcé : dopage.

        Evidemment, les Stéphanois jouèrent les vierges effarouchées : « Au nom des six médecins du club, je tiens à affirmer qu’il n’y a jamais eu de dopage à l’ASSE pour des raisons évidentes de morales et d’honnêteté » proclama fièrement dans un communiqué le responsable du service médical, le docteur Pibarot. Quelqu’un lui fit pourtant remarquer que des laboratoires vendaient des produits un peu spéciaux à certains clubs. « C’est impossible, rétorqua-t-il, ce serait contraire à la loi. »

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    3. g-g-g dit :

      Des poteaux carrés,
      Le grand renouveau frustré,
      Et naît la légende.

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