Il y a quelque chose des grands cervidés dans l’allure de Michel Vautrot. La foulée, ample et métronomique. Le dos, large et voûté. L’impression générale de lourdeur bonasse d’un élan qui se serait délesté de ses andouillers. Ce soir de juillet 1990, l’orignal se déplace inlassablement d’un camp à l’autre, sanctionnant sans émotion apparente d’innombrables positions de hors-jeu et d’incessants gestes déloyaux argentins ou italiens[1]. Durant la prolongation, les mouvements des Roberto – Baggio et Donadoni – créent des vagues continues que leurs adversaires brisent plus ou moins licitement. Ballotés par le mascaret, les Argentins s’accrochent à tout ce qui passe à portée de main ou de pied. Hors du champ des caméras, Baggio s’écroule une nouvelle fois au contact de Ricardo Giusti. Comme le réalisateur, Vautrot n’a rien vu de la scène. Son assistant danois Peter Mikkelsen le hèle et lui signale une faute du cinco argentin justifiant un avertissement. Il s’agit du second à l’encontre de Giusti, synonyme d’exclusion[2]. Rien de remarquable en soi. A un détail près : le châtiment intervient à la 21e minute d’une première partie de prolongation supposée ne durer que 15 minutes. Encerclé par une meute d’Argentins agressifs, l’arbitre-élan se défait de l’étreinte et relance le jeu au petit trot. Il siffle finalement la mi-temps après 23m22s ! Dans un entretien accordé l’an passé à France 3 Bourgogne-Franche Comté, il avoue avoir perdu la notion du temps. « Le match était difficile dans une ambiance particulière, il y a eu des prolongations et je ne sais pas ce qui m’est arrivé, je ne le sais encore pas aujourd’hui, j’ai fait jouer pendant une prolongation huit minutes de plus. C’est impensable. Je dirais même plus : c’est inacceptable. Imaginez si une équipe avait marqué un but pendant ces huit minutes. J’en ai encore des frissons et je me dis qu’il existe un dieu des arbitres qui m’a protégé. » L’Argentine se qualifie pour la finale après la séance de tirs au but et l’erreur de Vautrot se range dans la catégorie des péripéties oubliables, La Stampa relevant sobrement « une performance normale compte tenu de ses qualités, avec une certaine tolérance pour la rudesse des Argentins. »

Né dans l’immédiat après-guerre, Michel Vautrot est un enfant solitaire et souffreteux. Alité durant de longs mois, interdit d’activité sportive, il voyage à travers sa collection de timbres et en écoutant les matchs de football à la radio. A l’adolescence, il commence à fréquenter les tribunes du stade de la Gibelotte (Léo Lagrange désormais) dans le sillage de sa sœur, pimpante Miss Foot du Racing Club Franc-Comtois. Il rédige des articles pour le journal « Allez Besançon », s’investit dans la vie de l’association de supporters et apprend à côtoyer les notables à la tête du Racing, alors en seconde division. Ce sont les sempiternelles pleurnicheries des dirigeants vis à vis des hommes en noir qui l’incitent à se lancer dans l’arbitrage. Il n’a pas 18 ans quand il officie pour la première fois. En dépit d’une santé supposément fragile et d’une condition physique approximative, il franchit allègrement les étapes, accède aux Divisions interrégionales (Divisions 2 et 3) au tout début des années 1970 et à l’élite nationale à partir de 1971. A la fin du mois de novembre 1972, il se trouve à Londres en tant que juge de ligne pour une rencontre de Coupe de l’UEFA opposant Tottenham à l’Etoile Rouge (photo ci-dessous). Une ascension fulgurante pour cet enseignant en lycée professionnel et un destin surprenant pour celui qui aurait probablement vécu au cul des vaches si sa mère n’avait pas quitté son géniteur, un maquignon enraciné dans sa Franche-Comté.

White Hart Lane, Tottenham-Etoile Rouge de Belgrade en novembre 1972, match aller des 8e de finale de Coupe de l’UEFA. Victoire des Anglais 2-0. Michel Vautrot accompagne l’arbitre principal Robert Héliès.
Grand (1m87) et lourd, Michel Vautrot rompt avec les gringalets que produit traditionnellement l’arbitrage français, de Georges Capdeville à Clément Turpin en passant par Maurice Guigue, Robert Wurtz et Joël Quiniou. Quand son ainé alsacien Wurtz soigne sa popularité par une gestuelle extravagante, Vautrot opte pour la sobriété sans que cela ne nuise à sa progression. La codification de l’arbitrage et l’apparition de tests physiques dans les années 1970 pourraient le condamner. C’est tout l’inverse qui se produit : le style Vautrot s’impose à tous, un dosage combinant écoute et poigne, souplesse et intransigeance, proximité (il tutoie les joueurs) et distance. Au despotisme solitaire des uns ou à la direction visqueuse des autres, il privilégie une forme d’altruisme sincère propice à la bonne tenue des rencontres, même quand il commet des erreurs, car il en commet !
L’avènement de Vautrot coïncide avec l’embellie du football français dans le sillage de l’AS Saint-Etienne et de l’Equipe de France. Les médias s’intéressent aux artisans du renouveau, Fernand Sastre, (président de la FFF), Michel Hidalgo, Roger Rocher (président de l’ASSE), Robert Herbin, Michel Platini et Robert Wurtz, choisi pour officier lors de la Coupe du monde 1978. Les années 1980 accélèrent encore le phénomène. La France atteint les demi-finales du Mundial en Espagne (où Vautrot représente la France[3]), conquiert l’Euro à domicile alors que Canal+ diffuse les rencontres de première division en offrant à ses abonnés un service premium. Le football spectacle requiert des visages et celui débonnaire de Michel Vautrot fait partie des élus. A l’aise à l’écrit (dans France Football) et d’un babil agréable face aux micros, pédagogue et défenseur de sa corporation[4], il s’installe dans les foyers français en convoquant le bon sens franc-comtois alors que monte une autre incarnation du football des campagnes, Guy Roux.


Malgré sa non-sélection pour la Coupe du monde 1986 (Joël Quiniou s’y illustre en expulsant l’Uruguayen José Batista après 56 secondes de jeu), Vautrot appartient désormais au gotha de l’arbitrage mondial. A son « palmarès » figurent 5 finales de Coupe de France, la Coupe Intercontinentale 1983, le match aller de la finale de Coupe de l’UEFA 1985, la finale de la Coupe des clubs champions européens 1986, les finales de l’Euro et de la Coupe d’Asie 1988. Pas mal pour un arbitre incapable de réaliser le test de Cooper. La FIFA l’envoie sur les théâtres les plus difficiles, à Damas en 1985 pour Syrie–Irak ou à Barranquilla en 1989 pour Colombie-Israël. Rien n’assombrit son bilan, pas même cette tentative de corruption lors d’AS Roma-Dundee United en demi-finale de Coupe des clubs champions européens 1985. Après plusieurs mois d’investigations, le bureau d’enquête de la fédération italienne accable le président romanista Dino Viola et blanchit totalement le Français : les intermédiaires véreux ayant extorqué l’équivalent de 80 mille euros à la Roma n’ont jamais approché Vautrot. C’est donc en tant que « meilleur arbitre du monde » (titre décerné en 1988 et 1989 par l’IFFHS) que Michel Vautrot aborde le Mondiale en Italie, l’ultime tournoi international de sa carrière.

Plus d’un milliard de téléspectateurs assistent au match d’ouverture, Cameroun-Argentine à San Siro. João Havelange et Sepp Blatter, les autocrates de la FIFA, le conditionnent avant la rencontre, « tu dois donner le la à la compétition. Il faut que les gens voient qu’il n’y aura pas de cadeau, que les arbitres appliqueront le règlement. Ce qui fait, très sincèrement, que je n’ai pas arbitré à la Vautrot. J’ai arbitré selon les 17 lois du jeu mais la 18e est la plus importante. C’est le bon sens, l’intelligence d’arbitrage. Mais là c’était impossible. Ce qui fait que j’arbitré avec un livre, avec le règlement appliqué bêtement pour montrer l’exemple. » Son témoignage se lit comme un aveu, la reconnaissance d’une faute pour laquelle il quémanderait une absolution tardive. Durant ce match, Vautrot siffle abondamment, distribue un premier carton jaune dès la neuvième minute, insiste pour que les murs soient à distance réglementaire et favorise l’instauration d’un faux rythme. Le schéma de jeu restrictif des deux équipes crée un nœud gordien qu’il emberlificote plus encore par ses interventions jugées, à l’époque, exagérément tatillonnes et sévères vis-à-vis des Camerounais qui ne cessent de se plaindre auprès de lui en tenant des discours misérabilistes. Cerné par les Lions, l’élaphe affiche un air plus fermé qu’à l’accoutumée et refuse le dialogue. Malgré deux exclusions, le Cameroun s’impose 1-0 et préserve Vautrot d’injustes polémiques. Il a certes aménagé son style aux exigences de ses supérieurs mais n’a commis aucune bévue notable. La Stampa apprécie sa prestation : « l’arbitre français a négligé quelques fautes mais dans l’ensemble, il nous a semblé à la hauteur, s’adaptant aux normes de la FIFA et protégeant, dans la limite du règlement, l’intégrité de Maradona et de Caniggia. »

Il officie une seconde fois à Palerme en clôture du premier tour dans le Groupe F, Pays Bas-Eire. Une rencontre ennuyeuse à la fin de laquelle il doit inciter les protagonistes à l’action alors qu’ils se satisfont ouvertement d’un score de parité (1-1) synonyme de qualification pour les deux nations. Sa désignation pour la demi-finale Argentine – Italie constitue une demi-surprise : pour un tel sommet, l’organisation ne peut s’en remettre qu’à une sommité aux états de service irréprochables. Mais ce faisant, elle entérine sa non-participation à l’apothéose romaine de ce Mondiale en tant qu’arbitre principal.
Ce duel fratricide entre Argentins et Italiens, Vautrot le conduit à sa manière. Il fait preuve de patience, ne brandit qu’avec parcimonie les cartons jusqu’à ce que la multiplication des fautes argentines ne l’oblige à sévir au grand désespoir des quatre malheureux suspendus pour la finale, huit joueurs de l’Albiceleste ayant une épée de Damoclès au-dessus de la tête au commencement du match. Durant la prolongation, il semonce les capitaines et les alerte des sanctions auxquelles leurs coéquipiers s’exposent si l’antijeu perdure. Giusti n’entend manifestement pas la mise en garde et doit abandonner les siens dans les instants suivants. Cohérent, graduel, son arbitrage pourrait être qualifié d’excellent s’il n’avait commis cet oubli dans la gestion du temps, heureusement sans conséquence.

Quand Goycochea stoppe le tir au but d’Aldo Serena, la joute latine prend fin brutalement. En plein désarroi, la réalisation passe de plan en plan sans fil directeur. Elle saisit la sortie d’Azeglio Vicini et de ses hommes, très dignes, alors que le San Paolo ne sait s’il doit se lamenter pour la Nazionale ou se réjouir pour Diego. Des ralentis attestent de la réalité du cauchemar italien : quelle que soit la prise de vue, Goycochea s’oppose à la frappe de Serena ! Puisque les Azzurri vivent leur détresse à huis-clos, la télévision s’attarde sur les abrazos argentins. Les vainqueurs se dirigent enfin vers l’escalier menant aux vestiaires, suivis du trio d’hommes en noir. Avant de s’engouffrer dans les entrailles du stade, Diego Maradona serre la main des arbitres. De dos, ballon sous le bras, Michel Vautrot fait ses adieux à la Coupe du monde. Il l’a déjà annoncé, il raccrochera en 1991 avant de ressembler à un vieil élan arthritique[5].
[1] 56 fautes (31 argentines) et environ 25 hors-jeux dont près de 20 pour l’Italie.
[2] L’exclusion est sans conséquence pour Ricardo Giusti, déjà suspendu pour la finale après le premier carton jaune.
[3] Il arbitre Italie- Pologne (0-0) au premier tour, Belgique-URSS (0-1) au second tour.
[4] Il monte au créneau quand l’arbitre Jean Garcia perd un œil lors d’une rencontre de D4 à Bastia en 1981.
[5] Il raccroche à 45 ans alors que ’âge limite était alors fixé à 48 ans.
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Y a un tournant entre les Mondiaux 86 et 90, non ? L’Italien est moins violent que le Mexicain… Ne l’ayant pas vu en direct, me remets pas des nombreux attentats que prenait Maradona à chaque rencontre en 86…
Je trouve déjà, toutes compétitions confondues, les 80’s moins violentes que les 70’s.
Le Cameroun en 90, c’est quand même un peu particulier ; eux n’avaient pas été informés de la féminisation du jeu, on dirait 🙂
Ça ne m’a pas sauté aux yeux, il suffit de regarder le match d’ouverture 1990..,
Faut du cran pour être arbitre dans ce sport, à n’importe quel niveau malheureusement…
La rareté des points marqués (un panier n’a pas la valeur critique d’un but), et le souci paroxystique désormais porté au moindre détail, ne doit pas y être étranger.. Ca +, bien entendu, tout le poids symbolico-existentiel que les gogos prêtent à ce jeu, comme s’ils y jouaient leur vie.. Même chez les jeunes je vois parfois de ces pauvres crétins, qui hurlent sur l’arbitre………………….. Je n’ai pas souvenir de ça au basket.
Bon.. T’as quand même des arbitres qui aiment le goût du sang, la polémique, ce qui est frontal.. En Belgique j’ai été marqué par une espèce de petit chef comme ça, le dénommé Alphonse Costantin, olala……… A la fin de sa carrière d’arbitre, le mafieux D’Onofrio le nomma curieusement à la direction du Standard pour expurger ce club de son vieux logiciel amateur, et notamment de tous ces bénévoles qui le faisaient vivre depuis près d’un siècle……….et le moins qu’on puisse dire est qu’il s’acquitta de sa mission avec une très théâtrale implacabilité qui confinait au sadisme – pile-poil comme sur pelouse.
Des mecs comme ça : je ne vais pas les plaindre!
Mon arbitre préféré, je vais le relire cet article.
Aux Îles, il reste salement entaché par cette vraie-fausse histoire de corruption avec Dundee, et y incarne désormais quelque figure de la corruption continentale. C’est chroniquement qu’il s’en prend plein la tronche, ils ont la dent dure contre Vautrot.
Je présume qu’il fallait une victime expiatoire à la déception sportive et au climat délétère qu’instigua la Roma autour de cette rencontre (de mémoire : accusations romaines de dopage écossais pour l’aller, intimidations du staff et des supporters écossais au retour, les fameuses histoires impliquant McLean au retour au vestiaire….et donc cette corruption/arnaque à quoi voulut céder Viola).
Bref ces turpitudes romaines (je ne sais même plus s’ils furent sanctionnés d’une manière ou d’une autre?? ils ne l’auraient pas volé pour l’ensemble de leur oeuvre) auront quand même bien bien contribué à saloper l’image de ce type, que je me permets de croire au-dessus de tout soupçon.
Le personnage central de la tentative de corruption est Paolo Bergamo. Un arbitre italien dont il faut parler.
Bergamo, référence maudite dans l’imaginaire capitolin. Bergamo fait parler de lui dès le 10 mai 1981, date mémorable pour deux raisons : en France, Mitterand est élu président de la République et en Italie, la Roma perd le scudetto au Stadio Comunale de Turin. C’est le célèbre but de Ramon Turone refusé par l’arbitre Paolo Bergamo. Sur le coup, le président de la Roma, Dino Viola, réagit avec classe, sans protester : « je ne veux pas de doutes sur la Roma », sous-entendu je refuse de gagner dans le soupçon. Et puis il ajoute, « le destin nous est plus que jamais redevable ».
Il est vrai qu’à son arrivée à la tête de la Roma en 1979, Dino Viola donne des gages de droiture en virant son conseiller Luciano Moggi, surpris (déjà !) avec les arbitres à la veille d’un match de la Louve. Mais par la suite, Viola semble impatient que le destin le rembourse de l’injustice du 10 mai 1981, le scudetto 1983 n’étant manifestement qu’un acompte. Pour cette fameuse demi-finale retour de C1 contre Dundee United, Dino Viola offre 100 millions de lires à un intermédiaire prénommé Paolo pour corrompre Michel Vautrot. Viola se fait flouer car le pot-de-vin ne parvient jamais jusqu’à Vautrot, manifestement pas informé de l’embrouille et blanchi par la justice sportive italienne par la suite. Si la Roma parvient à se qualifier pour la finale à domicile contre Liverpool, l’arbitrage de Vautrot n’est pas parfait mais ne peut être suspecté de favoritisme.
La tentative de corruptio fuite et prend d’énormes proportions. Qui est ce mystérieux Paolo ? Paolo Bergamo est rapidement soupçonné et en effet, il confirme avoir été approché tout en assurant avoir refusé la proposition de Viola. A l’issue d’une procédure alambiquée où la Roma et Viola font tout pour minorer leur responsabilité, Paolo est identifié et condamné : il s’agit de Paolo Cominato, un salarié du club au profil de victime idéale, désigné comme le véritable cerveau de l’affaire. Viola est condamné à une suspension de la part de l’UEFA, autant dire une peine bidon qui ne l’empêche en rien de diriger son club. Bergamo est suspendu 6 mois pour ne pas avoir dénoncé la tentative de corruption puisqu’il a reconnu avoir été sollicité. Des années plus tard, en 2011, le fils de Dino Viola révèle qui est le véritable suborneur : Paolo Bergamo…
La fin de carrière de Bergamo est entachée de quelques autres erreurs, dont un Hellas- Juventus en 1987 où ses décisions interpellent sur sa probité. Il se pose alors en victime du système, considérant que son militantisme communiste en fait une cible facile. Devenu dirigeant à la commission chargée de désigner les arbitres, il est emporté par le scandale du calciopoli 2006. Des années de procédures jusqu’à la prononciation d’un non-lieu en 2020 le blanchissant, issue quasi systématique de toute action en justice dans le domaine sportif italien.
Pourquoi a-t-il arrêté prématurément? C’est rare..
Il avait atteint le graal durant cette CM, ne pouvait prétendre à celle de 1994,il avait de plus en plus de difficultés physiques et il bénéficiait déjà de passe-droits en ne réalisant pas les tests imposés par l’UEFA et la FIFA. Et puis il avait une reconversion assurée à la direction technique de l’arbitrage français où cela se finira mal après qu’il dénonce une tentative de corruption (encore une gamelle pour le président de la FFF Claude Simonet).
C’est quoi cette histoire, ce Jean Garcia qui perdit un oeil??
Bah après l’agression dont il est victime de la part d’un joueur bastiais, il semble que l’arbitre en question n’ait que très peu été soutenu par les instances du foot, ni même dédommagé pour la perte de son œil. Cela fait suite à une multiplication des cas d’agression et les arbitres les plus médiatiques décident de se mobiliser, Vautrot étant parmi les leaders. C’est à peu près à cette période que Mocky réalise À mort l’arbitre.
Même époque, ça me rappelle mon camarade Francis Rion qui, dans la semaine même où il avait été officiellement nommé arbitre N°1 du royaume, risqua sa carrière en poussant (avec succès!) ses collègues-arbitres à partir en grève, pour dénoncer les coups qu’ils se prenaient régulièrement en toute impunité.
Ca et l’histoire que je rapportais impliquant Franchi : dans mes souvenirs, ça reste sa plus grande fierté! (parmi celles qu’il m’exprima, du moins)