Les images ne sont pas racoleuses. L’aire de jeu ressemble à un champ de courses de province qu’aurait martyrisé un peloton compact de purs-sangs lancés à l’assaut du poteau d’arrivée. Ce soir humide de février 2000, le San Paolo s’est délesté de ses atours des jours de fête pour accueillir Napoli – Atalanta, le choc de la 23e journée de Serie B. Programmé un lundi pour les besoins de la télé, le sommet se déroule dans une enceinte dépeuplée. La feuille de match traduit la paupérisation des deux società alors qu’en Serie A, les clubs croulent sous l’argent facile. Un nom saute malgré tout aux yeux, tout en bas de la liste, parmi les remplaçants de la Dea : Claudio Caniggia. De retour à Bergame au cours de l’été précédent, l’expérience tourne au fiasco. Ses longs cheveux blonds filasses l’identifient toujours, peut-être les ultimes vestiges d’un très ancien vœu naziréen devenu inopérant. Ceux qui pensaient qu’il y puisait sa force déchantent.

Remontons le temps. A quelques semaines de l’ouverture du Mondiale 1990, Carlos Bilardo demeure irrésolu : qui pour accompagner Diego Maradona en pointe ? Depuis le sacre mexicain, ses équipes font peine à voir, les matchs dignes d’un champion du monde se comptent sur les doigts d’une main et aucun attaquant ne trouve grâce à ses yeux, que ce soit José Percudani, Carlos Alfaro Moreno, Pedro Pasculli, Búfalo Funes, Abel Balbo, Mauro Airez ou Gustavo Dezotti. Ramón Díaz pourrait être la solution mais une obscure fâcherie avec Maradona l’exclut d’office. Claudio Caniggia, rare satisfaction de la Copa 1989, déplait à Narigón. Il le trouve inconstant, indiscipliné et pour tout dire, trop préoccupé par l’élastique supposé dompter sa crinière. Alors, au cours de l’été 1989, Bilardo entreprend de relancer Jorge Valdano après l’avoir observé à l’occasion d’une rencontre de gala entre journalistes. Retiré depuis deux ans, Valdano se libère de ses engagements médiatiques en Espagne – El País, Cadena SER, Canal+ – pour s’investir corps et âme dans une intense préparation solitaire. Il revêt la tunique albiceleste au début de l’année 1990[1] et tout porte à croire qu’il sera le point de fixation argentin durant le tournoi mondial. Au dernier moment, l’indéchiffrable Bilardo l’écarte au profit d’Abel Balbo et de Gustavo Dezotti, les goleadores de l’Udinese et de la Cremonese relégués en Serie B. Quant à Caniggia, attaquant de rupture véloce et dribbleur de l’Atalanta, il figure bien parmi les 22 élus, une faveur accordée au Pibe en réponse à une menace, « si la liste sort et que Cani n’est pas là, Italia 90 se jouera sans Maradona ».
Caniggia doit ses débuts à Bambino Veira, coach de River Plate aux mœurs incertaines, peut-être séduit par sa plastique d’éphèbe. Il se murmure alors qu’une partie du vestiaire des Millonarios fraie avec des dealers de la barra brava. Caniggia baigne deux années pleines dans une atmosphère viciée puis s’envole pour Vérone en 1988 alors qu’il n’a que 21 ans. Les difficultés financières de l’Hellas et son incompatibilité avec l’exigeant Osvaldo Bagnoli justifient son départ pour Bergame dès l’été suivant. Ça, ce sont les motifs officiels car il en existe un autre : Caniggia est cocaïnomane. Convoqué par le procureur de Vérone dans le cadre du démantèlement d’un réseau, il nie toute implication. L’affaire en reste là mais il ne dupe pas ses dirigeants qui s’empressent de s’en débarrasser.


Ignorant des addictions de Cani, le public bergamasque s’entiche immédiatement de ce setter efflanqué, chien de race à poils longs furetant sans fin dans les brouillards lombards. Comme avec le jeune Vialli à la Cremonese, Emiliano Mondonico le dirige à l’aide d’une longe suffisamment lâche pour qu’il puisse s’exprimer. Sans bride sur le cou, el Hijo del viento court à satiété autour du numéro 9, en l’occurrence le puissant brésilien Evair. Ailier de débordement ou second attaquant mobile, personne n’imagine Caniggia seul en pointe.
Sans doute est-ce également l’avis de Carlos Bilardo lorsque débute le Mondiale à Giuseppe-Meazza. Face au Cameroun, il reconduit le schéma avec lequel l’Argentine a conquis le titre quatre ans plus tôt, une disposition en 3-5-2 ou 3-5-1-1 au sein de laquelle Abel Balbo remplace Valdano. Face à des Lions invraisemblablement féroces et un public misérablement hostile, Narigón lance Caniggia sur le flanc droit en seconde période en remplacement du taulier de la défense Oscar Ruggeri, blessé. Dépassés par les courses de Cani, les défenseurs camerounais vont crescendo dans le dépeçage de la proie argentine sans que cela ne le ralentisse. André Kana-Biyik à l’heure de jeu puis Benjamin Massing dans les derniers instants sont exclus à la suite d’attentats sur le numéro 8 argentin[2]. Entretemps, François Omam-Biyik s’est élevé dans le ciel milanais et a propulsé le ballon dans les filets avec la bienveillante balourdise de Nery Pumpido, scellant la victoire du Cameroun 1-0.

A l’issue du premier tour, l’Argentine compte une défaite, un succès (2-0 contre l’URSS, buts de Troglio et Burruchaga), un nul (1-1 face à la Roumanie, but de Monzón). Ces deux derniers résultats sont obtenus à Naples, dans un environnement bienveillant, et lui permettent d’arracher sa qualification pour les huitièmes de finale en qualité de meilleure troisième de poule. Désormais, Caniggia évolue à proximité de Diego (exit Balbo) et l’obscur Sergio Goycochea a remplacé Pumpido, jambe brisée dans un choc avec el Vasco Olarticoechea. Bilardo et le destin ont choisi de nouveaux protagonistes aux deux extrémités de l’équipe, ceux qui vont changer le cours d’une histoire que l’on pense déjà écrite tant les choses partent à vau-l’eau. Le camp de Trigoria où séjourne l’Albiceleste est une pétaudière, il grouille d’épouses, d’enfants, d’agents et de personnes n’ayant rien à faire là, Maradona souffre d’une cheville martyrisée par trop de coups et dans la presse, la diatribe s’est substituée à l’analyse journalistique.
Avant le Superclásico de las Américas programmé en huitième de finale à Turin, Carlos Bilardo tente de rassurer le patron d’El Gráfico Aldo Proietto, « je vais trouver une solution, ne t’inquiète pas, je vais trouver une solution contre le Brésil. » De quelle solution s’agit-il ? Le visionnage de la rencontre 36 ans après les faits n’apporte aucune réponse définitive tant le résultat défie la logique la plus élémentaire. Inquiétant sur chaque ballon aérien, douteux dans ses prises de balle, Goycochea est sauvé à trois reprises par ses montants. La défense tangue sous l’effet des déferlantes brésiliennes mais refuse de couler. Maltraité et ciblé, Maradona met de plus en plus de temps à se relever au fur et à mesure qu’avance le match. Et puis survient la 81e minute. Lancé au cœur du jeu, cerné par trois Brésiliens aimantés par son magnétisme, Diego trouve Caniggia d’une passe croisée en déséquilibre. Ce dernier efface Taffarel sorti au-devant de lui, pousse le ballon au fond des filets et propulse les siens en quart[3]. La démonstration argentine manque de panache mais seul le résultat compte : Bilardo a bien trouvé la solution en isolant Caniggia à la pointe de l’attaque, fut-ce avec l’assistance de rituels cagots et cryptiques ou, moins drôle, le recours à la contamination d’une bouteille d’eau tendue à un adversaire, en l’occurrence Branco. Quant à Caniggia, il vit le premier sommet de sa jeune carrière : « C’est le moment le plus important de ma vie. Je ne peux le dédier à personne en particulier, je veux le partager avec l’équipe. Aujourd’hui, Carlos m’a demandé de me sacrifier, de jouer seul en pointe. Je l’ai fait. Diego a pu reculer un peu. Je sais que nous avons eu de la chance, que la chance a joué un rôle. »

Au tour suivant, la Yougoslavie, apprêtée comme quand on se rend à un enterrement, décide d’accélérer sa fin. Réduite à dix, elle refuse le jeu et mise sur les tirs au but. Une funeste erreur car elle découvre que Goycochea dispose d’insoupçonnables dons pour les duels à 11 mètres de distance.
Qualifiée pour la demi-finale, l’Argentine retrouve l’Italie à Naples. Un combat incestueux puisque les Italiens sont dans les deux camps. La Nazionale s’est forgé un palmarès avec les Oriundi, l’Albiceleste bénéficie depuis toujours de l’apport des Tanos. Ce 3 juillet, la famille se déchire, l’ingratitude est à son comble et le San Paolo se transforme en tribunal. Les élégants italiens contre les gueux argentins, le procès devrait être une formalité. Le providentiel Totò Schillaci enfonce un premier coin dans la défense albiceleste (1-0) mais les condamnés de l’histoire refusent de se rendre. Admirables de volonté, Maradona, Olarticoechea et surtout Caniggia font valoir de solides arguments et décrédibilisent Walter Zenga, témoin hésitant sur la scène de crime (1-1). Goycochea produit les derniers éléments probants lors des tirs au but et fait basculer l’opinion publique en faveur des Sudaméricains. Au moment du verdict, les Italiens sont déboutés, les Argentins sont partiellement réhabilités. Partiellement, car el Gringo Giusti, Checho Batista, el Vasco Olarticoechea et el Pibe Caniggia sont arbitrairement suspendus. La justice rendue par Michel Vautrot autorise l’Albiceleste à se rendre à Rome mais elle la désarme. « Jamais je ne pardonnerai à ce Français de me priver du match de dimanche. À cause d’une simple main, qui m’a échappée presque instinctivement, il me prive de quelque chose dont j’ai rêvé toute ma vie. » En finale, Maradona ressemble à un chasseur sans son chien et tourne en rond, sans solution en l’absence de Cani. Traquée de toute part, à bout de forces, l’Argentine s’incline enfin face à la RFA. Sans pitié, le public et la presse italienne se réjouissent de cette issue pour « les gitans de Bilardo » selon un chroniqueur de La Stampa.

Dès lors, Claudio Caniggia s’installe statutairement parmi les patrons de l’Albiceleste du nouveau sélectionneur, Alfio Basile. Parfait complément de Gabriel Batistuta, il confirme son leadership lors de la Copa América 1991 et figure incontestablement parmi les joueurs les plus excitants du moment. L’Atalanta imagine réaliser une grosse opération financière en le cédant au plus offrant. Il est annoncé un peu partout en Italie, tout le monde le veut mais personne ne le prend. Trop cher, dit-on alors. Peut-être car sa vie s’apparente à celle d’une rock star. Les rumeurs sur ses liaisons, les escapades à Milan et Monte-Carlo, les chambres d’hôtel dévastées inquiètent les potentiels investisseurs. Il est également desservi par sa proximité avec Maradona, l’ange déchu auquel il est reproché d’avoir un peu trop mis le nez dans la poudre. Déjà pénalisée par les absences pour dopage d’Andrea Carnevale et Angelo Peruzzi, l’AS Roma se précipite dans un traquenard en le recrutant à prix d’or en 1992, peu avant qu’il ne soit déclaré positif à la cocaïne.
Après 13 mois de pénitence, le Fils du vent réapparaît lors de la World Cup 1994. Maradona renaît contre la Grèce, puis c’est au tour de Caniggia, auteur d’un doublé contre le Nigéria. Sur le second but, el Diez effectue la passe, Cani marque. Une résurrection. Une illusion. Maradona tombe dans les mailles des filets de la FIFA, Caniggia se blesse et l’Argentine sombre face à la Roumanie[4].


Persona non grata à Rome, il rebondit à Benfica, à Boca Juniors où s’éteint Maradona puis il disparaît des radars encore une fois, une année entière sans jouer à la suite d’un pénible conflit avec le président Macri. On le retrouve sous les couleurs de l’Atalanta à la fin du millénaire sur les traces du Fils du vent qu’il n’est plus vraiment, relégué la plupart du temps parmi les remplaçants d’un club de Serie B. Comme ce 21 février 2000 au San Paolo. Fané physiquement, immobilisé sur le banc, il n’entre même pas en jeu face à ce Napoli décati. Dix ans plus tôt, dans cette arène historiquement si généreuse avec les Argentins, il avait été le héros ailé d’une Albiceleste boiteuse, la solution que Bilardo avait fini par trouver après tant de tâtonnements et qui avait dramatiquement manqué en finale.
[1] Deux rencontres non officielles en janvier contre Monaco (défaite 0-2) et le Guatemala (0-0) puis un match amical en Ecosse en mars (défaite 0-1).
[2] Caniggia est également à l’origine de l’expulsion du Soviétique Vladimir Bessonov lors de la rencontre suivante.
[3] En première temps déjà, un hors-jeu mal apprécié par le juge de ligne prive Caniggia d’un face à face avec Taffarel.
[4] En 2022, sur la foi de belles saisons en Ecosse alors qu’il a 35 ans, Marcelo Bielsa retient Caniggia parmi les 22 pour la Coupe du monde au Japon et en Corée. Une surprise car tout le monde attendait Javier Saviola. Il reste sur le banc et se signale par un carton rouge reçu contre la Suède après avoir insulté l’arbitre, match actant l’élimination argentine.
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Citation de Valdano après sa non sélection pour le Mondial 90 : « j’ai traversé l’océan à la nage et je me suis noyé sur le rivage ».
Honnêtement, parmi les matchs de la coupe du monde 90 que j’ai pu regarder, il y a eu des rencontres extrêmement médiocres, dont ce Yougoslavie/Argentine. Je n’ai jamais compris les plans du sélectionneur, Ivica Osim, sur ce match… 🧐
Et la palme revient à ce Égypte/Irlande. Très certainement le match le plus mauvais qu’il m’ait été donné de voir.
Le commentaire de Jacky Charlton après le susdit Egypte-Irlande fut un « Egyptian football is shit » qui me fit bien marrer et fut la seule chose mémorable de ce match
Diaz, une carrière internationale qui se finit à 23 ans, un gâchis. J’aimais beaucoup son duo avec Weah en 90.
Et c’est vrai que mise à part Balbo, qui était encore un peu vert, y avait pas réellement de crack dans la liste que tu fournis en début de texte.
Valdano, c’était quand même sacrément ambitieux. Dès la saison 87, il perd de son influence au Real.
Jamais accroché avec Caniggia. Peut-être que ma déception argentine lors de ce Mondial italien a joué. C’était mon premier et j’ai tendance à penser que l’Argentine est le finaliste le plus cradingue de l’histoire. Par contre, sa participation au Mondial 2002, alors qu’il joue en Ecosse et que je l’avais complètement perdu de vue, était assez étonnante.
Ah oui sa selection en 2002, expulsé depuos le banc d ailleurs au dernier match. Un choix incomprehensible de Bielsa. Y avait evidemment tellement mieux a sa place.
Ne serait ce pas le Mondial 90 qui est en lui même le plus « cradingue » ? rien vu live, mais tout porte a croire a posteriori que ce fut le plis degeulasse dz tous.
Oui tout ce que j’ai lu rétrospectivement sur la coupe du monde 90 est assez unanime : plus faible moyenne de buts par match, record d’expulsions (à l’époque), tactiques très défensives, abus de la passe en retrait au gardien (n’est-ce pas Ahmed Shobeir), équipes attendant la loterie des tirs aux but…
Purée, les Coupes du monde organisées en Italie…
Elles n’ont pas bonne réputation !
C’est vrai que c’était pas folichon mais j’ai quand-même plus de souvenirs de 90 que de la dernière. Je peux te sortir sans me tromper toutes les affiches de la phase finale 90. Suis incapable de le faire pour le Qatar. En Italie, y a quand-même Toto et Milla qui étaient les héros des cours de récréation. Le parcours du Costa Rica, le match RFA YOUGOSLAVIE. Dragan qui sort l’Espagne. Un super Scifo…
Et une Angleterre qui monte en puissance (a contrario de l’Allemagne, qui avait commencé en force), tout n’en fut pas à jeter. Mais globalement ce fut vraiment tristounet, oui.
Pour autant, c’est probablement la Coupe du Monde dont je me rappelle le mieux.
Tout comme l’Euro 80, organisé en Italie : matchs défensifs, peu de buts, stades quasiment vides dès que ce n’était pas l’Italie qui jouait. Sans compter ce format bizarre sans demi-finales après la phase de groupes
90, un mondial tristoune en effet ! Mais j’ai beaucoup d’affection pour ce tournoi. Première fois où je faisais vraiment la connaissance des Pixie, Baggio, Hassler et Gazza. Je m’aperçois que mon regard était déjà très européocentré ….
Je ne connaissais pas l’addiction de Caniggia. Bien vu, c’est Le personnage à travers lequel raconter le long périple argentin dans cette Cdm. La brouille « Marado – Diaz » remonterait au titre de l’Inter que Diego aurait eu du mal à digérer ?… bizarre. Dommage, ils formaient un duo de gauchers déroutant.*
90, c’est aussi la dernière fois où j’ai vu les Camerounais jouer en jaune. Ils avaient pris une belle rouste contre les russes avec cette couleur, mais le match n’était pas déterminant. Pourquoi ont-ils banni ce maillot ?
Au rayon coup de cœur, j’ajouterais la révélation Prosinecki (même si beaucoup le connaissais déjà) Et la Colombie. Leur hype interviendra aux USA, mais la génération 90 était déjà belle et les mecs avaient du flow. Les colombiens proposaient surtout un jeu différent, que personnellement je n’avais jamais vu. Les voir jouaient contre les allemands c’était génial. J’éprouve une réelle nostalgie des oppositions de styles.
Pour les gestes, il y a la main de Maradona contre l’URSS, l’équilibre de Platt, l’enroulé pied droit de Brehme, le but de Cayasso contre la Tartan Army , l’esthétisme des buts belges et l’arrêt de Goycochea sur Hadzibejic.
Belle manière de présenter le parcours argentin dans ce mondial.
Joueur effectivement quelque peu instable et énigmatique…
Cocasse la photo fraternelle entre joueurs du Verona et du Napoli quand on connait la haine profonde que se vouent ces deux clubs (bien plus tenace qu’entre équipes de la même ville).
« Naziréen », oufti.. T’es allé le chercher loin, celui-là!
J’apprends qu’un naziréen ne peut boire de vin, pauvres gens..
La ville-haute de Bergame, c’est super beau – Place du Dôme, si je ne m’abuse. J’avais beaucoup aimé (la basse est d’un moche, par contre).
C’est un beau portrait pour un joueur qui, sur cette compétition, le méritait amplement, bravo.
J’ai souvenir que tu m’avais livré l’un ou l’autre, voire tout des noms qui seront abordés, mais pas mécontent de les avoir oubliés (sauf un!) 😉 , ça ménage l’effet de surprise, tant mieux.
Les 7 que j’aurais probablement abordés : Platt (et pas tant pour son but face aux miens, nein : simplement parce que sa mobilisation, ainsi qu’un autre aménagement dans le chef de Robson, a « transfiguré » son équipe), Scifo qui est formidable durant tout le tournoi, Schilacci c’est compliqué de passer à côté, Buchwald avait été irréprochable dans mes souvenirs, le Costaricain Conejo, Jacky Charlton pour l’ironie de ses Irlandais de complaisance (et que je découvrais par la même occasion, avec les commentaires avisés de mon père qui l’avait vu joueur), et..et il y aurait probablement eu Caniggia ou Goycoetchea.
Puisse Roger Milla me pardonner : c’était émérite et formidable, mais on en fit des tonnes et des tonnes……….. ==> J’ai très vite saturé.
Pas besoin de réagir à ma liste, c’est juste pour me rappeler plus tard à quel point nos choix auront différé 😉
L’Irlande realise quand même l’exploit d’aller en quart sans gagner une seule rencontre.
Et avec 2 buts inscrits en 5 matchs 😗
Cascarino, j’ignore comment ce mec a pu jouer pour l’Irlande. Même lui se le demande.
octobre 2000, Cascarino fit la une des journaux nationaux suite à la publication d’extraits de son autobiographie à paraître dans le Sunday Mirror . Il y révélait que sa mère lui avait confié en 1996 qu’elle était adoptée et n’avait donc aucun lien de sang avec son grand-père irlandais. Cascarino déclarait dans son autobiographie : « Je n’étais pas éligible pour l’Irlande. J’étais un imposteur. Un faux Irlandais. » Le directeur général de la FAI, Bernard O’Byrne, se dit choqué par cette annonce et l’ancien sélectionneur de Cascarino, Jack Charlton, s’interrogea sur les raisons de ses révélations. Cascarino révéla que son coéquipier de l’équipe nationale d’Irlande, Andy Townsend, lui avait conseillé de garder le silence.
Quatre jours après la publication de l’article exclusif dans la presse, en novembre 2000, la Fédération irlandaise de football ( FAI) a publié un bref communiqué : « La FAI est convaincue que Tony Cascarino a toujours été éligible à la citoyenneté de la République d’Irlande et, par conséquent, toujours éligible à jouer pour l’Irlande. » L’Irish Independent a rapporté que Cascarino avait reçu un « passeport à validité restreinte » en 1985 et que le nom de sa mère, Theresa O’Malley, avait effectivement été inscrit au Registre des naissances à l’étranger du ministère des Affaires étrangères avant les débuts internationaux de Cascarino pour la République d’Irlande.
Ah ah, pourquoi se limiter à des joueurs ? Le 7e, c’est Alpha qui s’y colle, devine qui il a choisi eh eh
Platt, joueur que je ne sais pas qualifier, milieu mais pas vraiment, attaquant mais pas vraiment, hyper adroit devant le but. Dans un style différent, il me fait penser à Djorkaeff.
Je ne me rappelle avec certitude que de celui (l’un de ceux??) qui n’étaient pas joueur. Et que j’aime vraiment bien.
Platt savait tout faire : super jeu de tête, bon des deux pieds, travailleur, vif et, surtout..très intelligent, je trouvais. Globalement une très bonne pioche pour les clubs qui misèrent sur lui, il aurait sans doute mérité davantage de reconnaissance. Je le tiens bien volontiers pour joueur anglais dominant de la première moitié des années 90.
J’aurais vraiment aimé voir Platt et Gascoigne à la coupe du monde 98
En 98 j’ai l’impression qu’il est un peu cramé, il encourut pas mal de blessures dans la seconde moitié de la décennie.
94, c’est vraiment dommage que l’Angleterre ait été spoliée par les Pays-Bas – et doublement pour Platt, car à l’époque non seulement il est à son top..mais en plus il fut particulièrement malheureux lors des matchs décisifs contre les NL, une des victimes privilégiées d’un Ronald Koeman plus vicieux que jamais durant ces éliminatoires.
Platt, pas fan à l’époque. Il avait pas fini par jouer milieu défensif à Arsenal ou je l’invente ?
Tu ne rêves pas. Et leader du groupe durant les premières années Wenger.
Pas non plus un joueur que je goûte particulièrement, j’avoue avec honte que je crois que c’est physique, mais tu vas à la guerre avec, extrêmement fiable, toujours présent et très souvent décisif. Et profil indispensable pour l’équilibre d’une équipe, à cet égard y a vraiment un avant et un après-Platt en 90.
Le style paysan en moins, je lui trouve beaucoup de points communs avec notre Wilmots, joueurs offensifs mais tellement travailleurs et voués au collectif, que, comme qui disait Verano..?? Lequel Wilmots finira aussi médian défensif d’ailleurs (je me rappelle l’avoir vu dans ce rôle contre-nature à Bordeaux – et qu’il s’y plia bon gré mal gré).
Ah oui ce match contre les Pays-Bas où les Anglais perdent 2-0. Je crois que niveau scénario, on a rarement vu quelque chose de similaire. Cela signa la fin du mandat très compliqué de Graham Taylor, pris pour cible par le Sun et sa trogne incrustée dans un navet en une du tabloïd
Le finaliste le plus dégueulasse de l’histoire dans la Coupe du Monde la plus pourave de l’histoire…
Des matches à 38 minutes de jeu effectif (ressenti un quart d’heure), Rijkaard et Völler, la main de Maradona sous le nez de Fredriksson (…j’ai pas entendu Thierry Rolland tiens?), les anglais et les néerlandais qu’on parque en Sicile et en Sardaigne comme si le scénarion de ‘New-York 1997’ était une idée à suivre, le non-match Argentine-Roumanie, le traitement de Diego par le public italien, la Yougoslavie (le pays) qui amorce son suicide collectif, cette histoire de soporifique dans la flotte, Pays Bas + Uruguay + Suède + Irlande = 1 victoire en 16 matches, 20 matches qui se finissent avec un ou pas de but… Même l’album Panini était moins beau que les précédents !
Oh, et je n’ai jamais compris comment on a pu faire de Walter Zenga un grand gardien (quoique le moins médiocre dans la péninsule à l’époque). Il n’était bon que par sa défense, à l’Inter comme avec les azzuri.
Bon, allez, on a quand même eu le Cameroun, Conejo et le Costa-Rica, le regard de taré de Schillacci, Scifo, Gascoigne et Klinsmann.
Klinsmann, je pouvais pas le blairer à l’époque. Il m’énervait à en rajouter à chaque contact. Comme si on venait de lui tirer dans le dos… Mais bon, il a scoré au minimum un but dans chaque grosse compétition de 88 à 98. Et marquait souvent des buts spectaculaires. Je l’apprécie un peu plus. Mais arrête de voler les buts d’Ikpeba, Jurgen !
Spectaculaire, vraiment fort..mais alors, quel comédien.. Le roi du plongeon.