La consécration

Durant le mois nous publions une série en 9 parties sur un joueur né il y a 120 ans au Portugal, Antonio Roquete. Premier gardien de but star du pays mais aussi policier au service de la dictature pendant plus de 20 ans. 3/9 La consécration.

Europe Histoire Portrait

Chapitre 3: La consécration – 1928

Dès le début de l’année 1928, António Roquete est convoqué avec la sélection nationale à Estoril entre le 5 et le 8 janvier, en vue du match disputé au stade du Lumiar[1]. Photographié avec les autres Portugais avant le coup d’envoi, il assiste au match nul (2-2) contre l’Espagne. José Manuel Martins et João dos Santos parviennent à battre le mythique gardien Ricardo Zamora lors de cette rencontre, marquée également par les débuts internationaux de Carlos Alves, Valdemar Mota et Vítor Silva. Pour la première fois, la sélection de la FPFA ne s’incline pas face à l’Espagne, un résultat qui enthousiasme les 30 000 spectateurs présents, parmi lesquels le président de la République Óscar Carmona et plusieurs ministres. Ce match nul, ainsi que les importantes recettes de billetterie, se révèlent déterminants pour la décision prise par la FPFA, lors de sa réunion du 28 août précédent, de financer la participation du Portugal au tournoi de football des Jeux olympiques de 1928 à Amsterdam. Menée en collaboration avec le Comité Olympique Portugais, cette initiative avait d’abord suscité des réserves dans la presse en raison des résultats jusque-là décevants de la sélection. La rencontre rapporte toutefois plus de 200 contos[2] à la Fédération, une somme suffisante pour financer le voyage aux Pays-bas, tandis que le score de 2-2 apaise les craintes d’une humiliation dans ce qui constitue alors la principale compétition internationale de football.

Une vidéo du match entre Portugal et Espagne de 1928

Parallèlement, la mauvaise dynamique que connaissait Roquete depuis son retour de Madère commence à s’inverser le 15 janvier, lors du match entre l’Império et le Casa Pia. Malgré la défaite (3-1) des « oies », la première de leur histoire face à cet adversaire, le gardien est jugé «comme ayant fait preuve d’une grande habileté ». La semaine suivante, au Campo do Restelo, le Casa Pia s’incline lourdement (4-0) face au Belenenses, qui exploite les faiblesses de l’équipe. Néanmoins, les 22 arrêts réalisés par Roquete en 90 minutes impressionnent les observateurs et lui valent de nombreux éloges, notamment pour « son placement, son blocage parfait des balles, son audace dans la prise de décision et ses plongeons aussi stylés qu’efficaces ». En dehors de Roquete et de Gustavo Teixeira, principaux éléments de l’équipe, le Casa Pia apparaît toutefois trop jeune et physiquement limité pour rivaliser durablement en championnat.

Malgré des résultats encore fragiles avec le Casa Pia, la popularité d’António Roquete ne cesse de croître. Le 22 février 1928, sa seule présence à Benavente[3], à l’occasion d’un match amical opposant deux clubs de sa région d’origine, suffit à attirer une affluence inhabituelle au Campo da Coitadinha. D’abord surpris par un terrain sablonneux qui provoque l’ouverture du score adverse, le gardien ribatejano se ressaisit rapidement et multiplie les interventions décisives, arrachant un match nul (1-1) sous les applaudissements d’un public conquis. À l’issue de la rencontre, le responsable local, le Dr Barreiros, salue avec emphase « l’un des fils les plus remarquables » de Salvaterra de Magos. Visiblement ému, Roquete répond par un toast dans lequel il réaffirme son attachement à sa terre natale. Entre hommages symboliques — bouquet de fleurs artificielles, étui de bureau — et reconnaissance locale, le gardien profite surtout de ces passages pour encourager l’essor du football dans la région, encadrant notamment les entraînements de l’Estrela Futebol Clube et prodiguant ses conseils aux joueurs de Benavente.

Ce capital de popularité et de prestige sportif se reflète également sur la scène militaire. Roquete est ainsi retenu pour le septième affrontement entre les sélections militaires de Lisbonne et de Madrid, dirigées cette fois par Ribeiro dos Reis. Le déplacement, organisé sous l’égide d’une mission officielle conduite par le colonel Francisco Bernardo do Canto, accompagné notamment du major Fontes Pereira de Melo et du capitaine Humberto Luna de Oliveira, témoigne de l’importance accordée à la rencontre. À bord du train quittant Lisbonne le 16 mars, le journaliste Alberto Freitas relève d’ailleurs la bonne entente générale du groupe, tout en soulignant les contrastes de tempérament : à la jovialité de Raul Figueiredo répond «l’esprit plus solitaire » d’un Roquete déjà à part. À l’Estadio Metropolitano de Madrid, où Alphonse XIII salua Jorge Vieira, l’équipe de Lisbonne aligne certains des meilleurs joueurs portugais de l’époque. En plus de Roquete on retrouve Carlos Alves, Jorge Vieira, Augusto Silva, César de Matos ou Pepe. L’égalité (2-2) au terme du temps réglementaire conduit à une prolongation de trente minutes, durant laquelle les Madrilènes portent le score à 4-2, malgré les protestations des visiteurs contre des erreurs arbitrales à l’origine du but décisif. Les chroniques du match mentionnent de nombreux arrêts de Roquete, souvent effectués à coups de poing. Considéré comme « notre meilleur joueur à Madrid », le gardien du Casa Pia éblouit à la fois la critique — « jamais un gardien portugais n’a joué comme Roquete lundi » — et le public. Au début de la seconde période de la prolongation, les spectateurs placés derrière son but lui offrent une longue ovation spontanée. Roquete, « embarrassé, ne sachant que faire », attend qu’un joueur adverse lui fasse signe de remercier les applaudissements pour que la rencontre puisse reprendre.

Équipe portugaise en cette année 1928

Pendant ce temps, à Lisbonne, sur la Praça dos Restauradores, une foule se rassemble pour découvrir la nouveauté introduite par le Diário de Notícias : un tableau électronique simulant le terrain de jeu, sur lequel des lumières s’allument pour reproduire les mouvements du ballon à partir des informations transmises depuis Madrid par radio, grâce à la collaboration de la Companhia Portuguesa Rádio Marconi. Le dispositif, accompagné de commentaires diffusés par haut-parleurs, rencontre un vif succès et devient un nouvel outil de popularisation du football, attirant des milliers de personnes désireuses de dépasser la distance qui les sépare des matchs en cours. Un dispositif similaire est installé par le journal à Porto pour informer le public du match suivant de la sélection nationale, disputé le 1er avril contre l’Argentine, première confrontation de l’équipe portugaise avec un adversaire non européen.

Carlos Alves, un protagoniste récurrent dans notre histoire, surnommé « Luvas Pretas« (les gants noirs) car il portait toujours des gants. Défenseur rugueux du club de Carcavelinhos et spécialiste de l’utilisation des mains pour défendre (en poussant ou touchant le ballon) il est aussi un des meilleurs joueurs de ce Portugal en 1928. Son petit-fils João Alves, lui aussi international, jouera au PSG ou au Benfica, et portera des gants noirs en hommage à son grand-père.

Malgré le prix élevé des billets, de nombreux Lisboètes se rendent au Lumiar de Lisbonne pour voir évoluer la célèbre équipe albiceleste, qui compte des joueurs de renom comme Orsi, Paternoster, Bidoglio, Perinetti ou Tarasconi. Privée d’Augusto Silva et de Raul Figueiredo, tous deux malades, la sélection portugaise livre une prestation médiocre, particulièrement en attaque, tandis que l’Argentine, sans être à la hauteur de sa réputation, domine nettement les débats. Le score reste néanmoins vierge (0-0) grâce à « une prestation impeccable » de Roquete, auteur de l’un des meilleurs matchs de sa carrière.

À dix minutes du terme, l’arbitre Lorenzo Martinez — pourtant membre de la délégation argentine, mais salué par les Portugais pour son impartialité — signale un penalty pour une main de Carlos Alves. Orsi se charge de le tirer. Roquete racontera quelques années plus tard : « J’ai eu une intuition claire de la direction du tir et, sur la pointe des pieds, je n’ai eu que le temps de m’étirer pour toucher le ballon du poing et le repousser. Je me suis relevé immédiatement et ai arrêté de nouveau le tir de reprise, effectué par le même joueur. » Le Diário de Notícias décrit ainsi la réaction du public : « Le public est en délire, applaudissant de façon apothéotique l’exploit du joueur casapien. Les applaudissements résonnent dans tout le stade. Vingt mille personnes rendent à Roquete l’hommage mérité pour la valeur du gardien portugais. »

Après le coup de sifflet final, les spectateurs envahissent la pelouse et, dans l’enthousiasme général, des étudiants universitaires recouvrent le héros du jour de leurs capes. Une photographie du cliché de Serra Ribeiro immortalise António Roquete, souriant, porté en triomphe par la foule. Dans les tribunes, le représentant diplomatique argentin à Lisbonne, présent aux côtés de Carmona, n’hésite pas à qualifier le gardien portugais de « meilleur portier qu’il n’ait jamais vu évoluer ». Dans les jours qui suivent, la presse multiplie les éloges pour ce gardien casapien « beau, splendide, magistral », désormais considéré comme supérieur à tous ceux ayant représenté le Portugal depuis 1921. L’arrêt du penalty — une première dans l’histoire de la sélection nationale — s’impose rapidement comme un symbole de ses qualités exceptionnelles et demeure, encore aujourd’hui, régulièrement mentionné dans les publications consacrées au joueur de Salvaterra.

Roquete en action face à l’offensive argentine

La popularité de Roquete se manifeste de nouveau dans la nuit du 2 avril, lorsqu’il dirige l’équipe de tir à la corde du Casa Pia lors d’un tournoi organisé au Coliseu dos Recreios, à Lisbonne, dans le cadre d’un festival sportif remporté par le Benfica. Les recettes de l’événement — qui comprend également des combats de boxe et des démonstrations de gymnastique — sont destinées à financer la construction d’un monument en hommage au professeur d’éducation physique Luís da Costa Monteiro. L’entrée de l’équipe casapienne sur la piste déclenche une « manifestation chaleureuse et imposante » d’applaudissements pour Roquete, qui s’avance pour remercier le public « de cette preuve de sympathie et d’appréciation aussi sincère que juste », sous les regards de nombreux dirigeants sportifs et de ses coéquipiers en sélection.

Au lendemain du Portugal-Argentine, la rumeur d’une offre de 6 000 pesetas mensuelles pour rejoindre l’un des « principaux clubs d’Espagne » circule dans la presse. Elle aurait été refusée par Roquete, jugée « attentatoire à son orgueil de Portugais ». Plus tard, le gardien affirmera que le Real Madrid était à l’origine de cette proposition. Faute de sources précises, les contours de cette tentative de recrutement demeurent incertains. Néanmoins, Roquete ayant disputé plusieurs rencontres remarquées à Madrid, où ses prestations n’ont jamais laissé indifférent, l’hypothèse apparaît crédible, tout en appelant à une certaine prudence. Il n’en demeure pas moins tentant d’imaginer quelle aurait été la trajectoire du gardien s’il avait choisi d’embrasser le professionnalisme sous les couleurs du club madrilène, à une époque où les footballeurs portugais évoluant à l’étranger restent encore extrêmement rares. Admirateur de Ricardo Zamora, qu’il considérait comme la « personnification d’un grand sportif », Roquete aurait pu être gardien du Real à sa place. Un tel transfert aurait, à n’en pas douter, profondément modifié le cours de sa carrière, et peut-être même son empreinte dans l’histoire du football européen.

Quoiqu’il en soit, deux semaines après le nul face à l’Argentine, la sélection portugaise se rend dans le nord du Portugal pour affronter l’Italie à l’Ameal, terrain alors utilisé par le FC Porto. Roquete retrouve la « ville invaincue » pour la première fois depuis la lourde défaite concédée à Noël, souvenir encore vif chez les journalistes portuenses, qui regardent avec scepticisme « l’enthousiasme soudain » de la presse lisboète à son égard. Pourtant, sous la direction de Cândido de Oliveira, le onze portugais gagne en cohésion et en stabilité. Alignant Roquete, Carlos Alves, Jorge Vieira, Martinho de Oliveira, Augusto Silva, César de Matos, Valdemar Mota, Alfredo Ramos, Vítor Silva, Armando Martins et José Manuel Martins, l’équipe domine la rencontre, portée par une ligne offensive enfin inspirée.

Trois images de ce match entre Portugal et Italie, les italiens à leur arrivée à la gare de Lisbonne, les capitaines Baloncieri et Jorge Vieira qui s’échangent les fanions et l’entrée sur le terrain.

Valdemar Mota enchante le public en inscrivant trois buts — premier triplé de l’histoire de la sélection — auxquels s’ajoute une réalisation de Vítor Silva. L’Italie, inférieure à son niveau habituel, ne parvient à tromper Roquete qu’à une seule reprise. Peu sollicité, le gardien se montre néanmoins sûr dans ses interventions. Au-delà de l’exploit individuel de Mota, c’est bien la performance collective du Portugal qui permet d’obtenir un succès retentissant (4-1), lequel surprend le monde footballistique européen. Des années plus tard, Roquete évoquera encore l’image du capitaine italien Baloncieri, « presque en pleurs à l’idée des excuses qu’il devrait présenter à Mussolini ».

Dans la première image Roquete réalise une parade spectaculaire tandis que dans la deuxième les Italiens quittent le stade l’air plus soucieux que sur la première photo.

De retour à Lisbonne, Roquete prend part à une sélection représentative de Lisbonne opposée à l’équipe civile de Madrid. Le match, terne, s’achève sur un nul (2-2) qui déçoit un public devenu plus exigeant. Cet épisode contraste avec l’enthousiasme entourant la sélection nationale au moment de son départ pour Paris, où elle doit disputer une nouvelle rencontre le 29 avril. Durant le voyage en train, les joueurs se distraient en jouant aux cartes, parfois pour de l’argent, jusqu’à ce qu’un incident administratif — l’absence de visa sur le passeport collectif — bloque la délégation à la frontière franco-espagnole. L’intervention de Louis Labédens, « grand ami des Portugais et ancien combattant de la Grande Guerre », permet finalement de débloquer la situation auprès des autorités françaises, suscitant la reconnaissance de la FPFA. Avant le match, les joueurs réclament une revalorisation de leur prime en francs ; un accord est trouvé, mais l’épisode met en lumière la nécessité de fixer à l’avance les conditions financières, notamment en vue des Jeux d’Amsterdam.

Au Parc des Princes, l’équipe portugaise doit composer avec des conditions défavorables : mauvais temps, pelouse humide, soutien bruyant et envahissant du public. A cela s’ajoute un arbitrage de l’Anglais Stanley Rous jugé favorable aux locaux. Malgré cela, Armando Martins ouvre le score à la 20e minute avec l’aide du dos de Thépot, avant que Paul Nicolas n’égalise juste avant la mi-temps. Dans les dernières secondes, Nicolas est tout près de donner la victoire aux Français, mais Roquete s’interpose avec un « plongeon formidable ». Ces interventions spectaculaires, parmi d’autres, lui valent l’adhésion du public parisien. À l’issue de la rencontre, joueurs et spectateurs se précipitent vers lui et le portent en triomphe jusqu’aux vestiaires. Parmi les témoins de cette scène figurent de nombreux ouvriers portugais installés dans la région parisienne, venus assister au match — parfois sans en maîtriser toutes les règles. Le ministre portugais à Paris, Armando da Gama Ochoa, salue personnellement les joueurs avant de prendre la parole lors du dîner officiel offert par la Fédération française de football aux deux sélections.

Roquete en couverture du Miroir des sports

Au Parque Eduardo VII, à Lisbonne, des dizaines de milliers de personnes se rassemblent pour suivre France-Portugal grâce au tableau électronique du Diário de Notícias (une sorte d’ancêtre des matchs sur Football Manager). Dans la foule se trouve Carlos Fernandes, élève de la CPL et joueur du CPAC, qui observe que « le ballon allait entrer dans le but du Portugal et était sur le point de franchir la ligne, lorsqu’il revint au milieu du terrain », sauvé par un arrêt de Roquete aussitôt acclamé par le public lisboète. Dans la ville natale de son père, António reçoit ainsi les signes d’une consécration internationale, confirmée par les échos de la presse sportive française. L’Écho des Sports décrit un gardien « droitier, agile, léger, mais fantasque et aventurier ». Au Portugal, O Notícias Ilustrado lui consacre sa quatrième de couverture, accompagnée d’une légende enthousiaste : « Roquette (sic) – Le glorieux “as” qui a attiré l’attention du monde sur le football portugais, et que Paris vient d’élever en triomphe ! »

Roquete et Villaplane mis en avant en plein coeur de l’article du Miroir des sports, une coïncidence pour leur dernière rencontre sur un terrain de foot.

Après quatre matchs consécutifs sans défaite face à certaines des sélections les plus prestigieuses du moment, la cote internationale du Portugal passe en quelques mois de l’anonymat à un « superbe actif, que bien d’autres nations nous envient ». Cette progression s’appuie sur une génération de joueurs talentueux, parmi lesquels António Roquete occupe une place centrale. À seulement 21 ans, celui que la critique considère déjà comme le meilleur gardien portugais de tous les temps devient l’un des grands « héros sportifs » du pays, incarnation d’un football en pleine mutation médiatique dont la sélection nationale est le principal moteur. Après sept années de simples rencontres amicales, la participation au tournoi olympique d’Amsterdam marque la première apparition officielle du Portugal dans une grande compétition internationale. Aux Jeux de 1928, António Roquete change de dimension. Parti de Lisbonne au sein d’une délégation mêlant dirigeants, journalistes — tel António Ferro — et figures populaires comme l’actrice Laura Costa, le gardien du Casa Pia s’impose rapidement comme l’un des visages de l’équipe.

Nous avons déjà décrit en détail ces Jeux Olympiques dans un précédent article. Nous nous contenterons ici de mettre une loupe sur la performance de Roquete. Dès le premier match contre le Chili, il se distingue par un arrêt spectaculaire qui relance une équipe menée 2-0 et contribue à une victoire historique (4-2), la première du Portugal à l’étranger. De nouveau décisif face à la Yougoslavie, avec plusieurs parades déterminantes, il participe à un succès arraché dans les derniers instants, vécu comme un véritable exploit national. Son quart de finale contre l’Égypte se révèle en revanche plus contrasté : impliqué sur les deux buts encaissés et se sentant victime d’un arbitrage contesté, il quitte la compétition profondément affecté. « J’étais moralement abattu, dominé par une grande tristesse », confiera-t-il. Ricardo Ornelas évoque un gardien « naïvement trompé » sur les deux réalisations adverses, tandis que Cândido de Oliveira attribue l’échec à la « malchance » du Ribatejano.

Des images du match contre la Yougoslavie

Malgré cette sortie frustrante, le bilan demeure largement positif. Salué par la presse portugaise et étrangère, comparé à Ricardo Zamora et considéré comme l’une des révélations du tournoi, Roquete s’impose comme un gardien audacieux et spectaculaire. À son retour, accueilli en héros avec ses coéquipiers, il incarne une figure centrale du football portugais naissant, dont les Jeux d’Amsterdam constituent un moment fondateur. Des journaux étrangers, comme l’espagnol Informaciones ou le français L’Auto, où le critique Maurice Pefferkorn le classe, avec Jorge Vieira, « parmi les meilleurs joueurs du tournoi », soulignent sa performance.

Roquete s’incline face à Mokhtar et rate une chance d’offrir au Portugal un match pour une médaille.
Des images du match contre l’Égypte pour les plus courageux!
O Notícias Ilustrado du 10 juin 1928 consacre ses pages centrales à un montage photographique des joueurs : Roquete y apparaît seul en pied, au centre, symboliquement « couronné » de lauriers. Preuve de l’importance du gardien portugais dans cette équipe.
Le retour des joueurs à Lisbonne avec une foule impressionnante venue fêter ses héros.

Quelques semaines après son retour des Pays-Bas, alors que l’enthousiasme autour des « héros d’Amsterdam » commence à retomber, Roquete repart à l’étranger pour une nouvelle aventure sportive. Il rejoint le Sporting Clube de Portugal comme renfort pour une tournée au Brésil, organisée à l’invitation du Clube de Regatas Vasco da Gama, fondé par des émigrants portugais à Rio de Janeiro. L’initiative suscite des inquiétudes dans la presse, qui redoute un échec susceptible d’entacher le prestige de la communauté portugaise locale. Le Sporting sollicite plusieurs clubs lisboètes pour renforcer son effectif. Benfica et Belenenses refusent, mais la Casa Pia accepte de libérer Roquete et Gustavo Teixeira. Ils rejoignent notamment Carlos Alves, Liberto dos Santos, João dos Santos et Armando Martins au sein d’un groupe de 19 joueurs, encadré par le président António Nunes Soares Júnior, le médecin José Salazar Carreira, l’entraîneur Charles Bell et le journaliste Cândido de Oliveira.

Les onze jours de traversée vers Rio sont rythmés par des séances de gymnastique et des jeux, comme le « cabeçalho ». Liberto dos Santos évoquera plus tard les « véritables banquets pantagruéliques » servis à bord de l’Alcântara, luxe inhabituel pour ces joueurs. À leur arrivée le 12 juillet, la délégation s’installe à l’hôtel Riachuelo, s’entraîne sur le terrain de Fluminense et visite plusieurs installations sportives de la ville. Sur le plan sportif, les résultats de la tournée (juillet-août 1928) se révèlent contrastés, mais António Roquete s’affirme comme l’une des grandes révélations de l’équipe. Après une lourde défaite initiale contre Fluminense (4-1), marquée par les erreurs du gardien habituel du Sporting Cipriano, Roquete est titularisé. Il impressionne immédiatement face au Vasco da Gama (1-1), multipliant les arrêts spectaculaires, malgré quelques critiques sur ses difficultés à capter le ballon. Il confirme ensuite contre Fluminense (défaite 3-2), où certains journaux le désignent comme le meilleur joueur sur le terrain, puis lors d’un match nocturne inédit contre une sélection de Rio, où il brille malgré les difficultés liées à l’éclairage artificiel.

L’équipe partie au Brésil (Roquete n’est pas sur le photo)

Au-delà des matchs, la tournée revêt une dimension sociale et médiatique considérable, entre réceptions, visites officielles et reportages. Roquete s’y distingue par son tempérament énergique et charismatique. Malgré un bilan sportif modeste — un nul pour trois défaites — l’entreprise constitue un succès financier et médiatique. Surtout, le gardien laisse au Brésil une impression durable : régulièrement loué aux côtés de Carlos Alves et Jorge Vieira, qualifié de « stupéfiant » par la presse, il reçoit même une proposition pour rester au Vasco da Gama, qu’il décline. Cette expérience confirme son statut grandissant, même si Cândido de Oliveira juge certains éloges excessifs. Quoi qu’il en soit, l’année 1928 consacre Roquete parmi les meilleurs gardiens du moment : la plupart des observateurs étrangers qui le voient à l’œuvre saluent ses qualités. Le Vasco da Gama comme le Real Madrid lui auraient ainsi proposé un contrat. À seulement 22 ans, en rejoignant un club où il aurait pu se consacrer pleinement au football, on peut légitimement s’interroger sur l’ampleur qu’aurait pu prendre sa trajectoire sportive.

Au-delà du football, l’année 1928 est également marquée par des évolutions politiques majeures au Portugal. Le 28 avril, à 39 ans, António de Oliveira Salazar accède au pouvoir en tant que « dictateur des finances », imposant un contrôle strict des dépenses publiques : aucun escudo ne peut être engagé sans son aval. Celui qui avait passé deux semaines à ce poste en 1926 revient en « sauveur » de la république militaire de Carmona. Il y restera 40 ans. Quelques mois plus tard, le décret n° 15 884 du 24 août 1928 institue une nouvelle force policière, la Police Internationale Portugaise (PIP), chargée de la surveillance des frontières et des étrangers résidant dans le pays. Si cette nouvelle police ne possède pas officiellement de prérogatives politiques, elle peut néanmoins refuser l’entrée sur le territoire à des étrangers jugés « indésirables ». Dans les faits, son activité reste mal connue pour cette période. Si son existence est brève, elle signe le début de l’utilisation de la prison de Aljube et de la torture sur les opposants au régime.

Salazar encore jeune professeur à Coïmbra

Cette année 1928 restera donc comme l’année charnière pour Roquete, celle de sa gloire internationale mais aussi celle de la bascule vers la dictature salazariste. Celle où tous les futurs s’offraient encore à lui et aux Portugais et où il est passé proche de marquer davantage l’histoire, avec ce match contre l’Égypte notamment.


[1] Stade déjà cité dans les articles précédents, il se trouve à Lisbonne dans la circonscription de Lumiar. D’une capacité de 20000 places il accueille les matchs de la sélection de 1922 à 1934.

[2] 1 conto = 1000 escudos

[3] Ville voisine de Salvaterra de Magos, la ville de naissance de Roquete dans le Ribatejo.

Photo mise en avant : Roquete face au Chili

40 commentaires pour "La consécration"

  1. bobbyschanno dit :

    Voilà qui répond à ma question posée sous l’article précédent : les terrains au Portugal étaient en terre, voire en sable. Pourquoi ?

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    1. Rui Costa dit :

      Désolé j’étais passé au travers ( de la question) . A mon avis c’est une question de coût. Un terrain en herbe c’est beaucoup d’entretien et au Portugal les 3-4 mois sans pluie en été est fatal à un terrain non arrosé.

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  2. bobbyschanno dit :

    C’est qui, ce Louis Labédens ? Le nom sonne comme celui d’un mec de l’Ariège…

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  3. bobbyschanno dit :

    L’Egypte était alors une forte équipe.
    Evidemment l’influence britannique, prégnante depuis le XIXe siècle, n’y est sans doute pas étrangère mais les joueurs étaient bien des locaux.
    Malheureusement, la presse d’époque en parle peu et le football égyptien a, à ma connaissance, été peu étudié.

    Parmi le « staff » égyptien lors de ces Jeux, il y avait un certain Valère, dont on ne sait pas très bien s’il était Hongrois, Roumain ou Russe, qui, comme Villaplane ou Roquete, fait partie « de ces individus brillantinés qui apparaissent souvent aux « époques troubles » » (Patrick Modiano, Les boulevards de ceinture, 1972). Il est notamment connu pour avoir été au coeur d’une affaire de corruption lorsqu’il entraînait Antibes en 1932-1933.

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    1. Alexandre dit :

      Dans les 1920’s c’est déjà un pays de foot – et pas un peu. Football dont les premiers pas officiels furent probants, dont on peut souvent lire du bien dans les archives.. ==> Ca mériterait en effet qu’on se penche davantage dessus en francophonie.

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  4. Alexandre dit :

    Il y a beaucoup de choses dont je ne peux juger, mais pour ce qui est de 1928 (tournoi de sa « consécration », donc) les archives NL ne manquent pas et sont d’intérêt : ils sont aux premières loges, et n’ont rien à perdre ou à gagner dans les rapports qu’ils font du Chili, de l’Egypte ou du Portugal.

    Et c’est là qu’un passage de ton récit me laisse perplexe : Roquete « victime d’un arbitrage contesté » lors du match contre l’Egypte.

    D’après ce que je me rappelle avoir lu il y a une bonne grosse année, la seule décision litigieuse notable de la rencontre est en fait une non-décision : le gardien égyptien aurait (conditionnel!) commis un autogoal, en rentrant (??) dans son propre but avec le ballon……………….mais la presse NL précisait aussi que c’était suite à une charge en apparence litigieuse d’un attaquant portugais! Et en définitive l’arbitre n’avait rien sifflé, probablement parce qu’il n’avait tout simplement rien vu (ni du ballon présumément au-delà de la ligne de but, ni de la faute présumée sur le keeper égyptien).

    Mais à part ça? Je n’ai pour ma part jamais rien lu d’autre en fait de phase contestée. Et celle-là ne semble pas avoir particulièrement nui à Roquete.

    Pour le reste, je crois l’avoir déjà rapporté par un autre biais : les archives NL reconnaissent certes à Roquete d’avoir été décisif contre le Chili..mais contre l’Egypte c’est une autre chanson : victime/coupable d’une incompréhension sur le premier but, dépassé sur le second, et c’est ensuite sa transversale qui le sauve du 3-0 après une nouvelle erreur dans son chef.

    Tenu pour figure majeure de l’équipe portugaise sur ce tournoi, je l’ai lu aussi. Mais pour l’un des meilleurs joueurs du tournoi, les NL n’en disent jamais ça, eux.

    Et c’est un peu le sentiment global que j’ai quand même, concernant ce gardien : assurément important dans l’Histoire du foot portugais, à une époque où le Portugal peine encore durablement à s’imposer hors ses terres, mais de là à ce qu’il fût un cador international?? Quand même l’impression que les Portugais le virent plus beau qu’il n’était, au regard de ce qu’il représentait alors pour son pays – sans compter que la modération et le recul ne sont vraiment pas les vertus premières des presses sportives européennes à cette époque, ça tombe vite dans le roman national et le dithyrambe.

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    1. Rui Costa dit :

      Dans la presse portugaise ils admettent son mauvais match contre l’Égypte. Lui-même l’admet d’ailleurs. Après même dans la presse française ils disent que l’Égypte était inférieure aux portugais mais que ces derniers les ont pris de haut. Après pour l’arbitrage on est d’accord, je ne peux faire confiance à la presse locale.

      Pour le niveau réel de Roquete c’est bien ce que j’essaye de faire part ici. C’était le meilleur gardien portugais mais le définir au niveau mondial c’est plus compliqué. Aux JO il n’a même pas 22 ans. Il a produit quelques très beaux matchs, contre l’argentine en avril ou la Yougoslavie. Je suis assez d’accord c’était sûrement le meilleur portugais mais pas un des meilleurs joueurs.

      Par ailleurs de nombreux clubs vont essayer de le recruter au cours de sa carrière. Alors pour une bonne partie, comme le Real, on a aucune preuve donc c’est toujours douteux.
      Mais il faut aussi voir qu’il n’a jamais consacre tout son temps au foot, qu’il y ait joué 6-7 mois par an.
      En Espagne il était très respecté, et j’ai trouvé des articles où il le compare à Zamora (dans le sens « il pourrait devenir »).
      Je pense que s’il avait quitté le Portugal il aurait été un top gardien de l’époque.

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      1. Alexandre dit :

        Ta conclusion : peut-être, mais c’est souvent du putatif qui revient le concernant. Même s’il est évident qu’il avait quelque chose..mais à nuancer par la place médiatique singulière alors des gardiens, par sa distinction visuelle d’emblée avantageuse (il est grand, le blanc du maillot..) et par son assertivité manifeste sur les photos et vidéos, il dégage une grande assurance en lui à défaut d’une assurance tous risques (une des photos d’illustration évoque une situation où il se troue, ce qui était loin d’épargner grand-monde à l’époque (équipements frustres et de surcroît ça frottait!), mais qui revient quand même souvent dans ce que j’ai pu lire le concernant – bref :un point faible, peut-être).

        Du match contre les Yougos, qui est probablement la perf portugaise à retenir en 1928 (car dans quel état arriva le Chili aux Pays-Bas??), le joueur portugais à retenir selon les NL est le demi-centre (c’est ce que suggère la composition d’équipe que j’ai trouvée, je ne connais pas ce joueur) Silva. Match équilibré mais marqué par l’expulsion de deux joueurs : un Portugais pour un coup donné au gardien yougo alors qu’il était au sol, un Yougo pour sa colère subséquente. La presse NL salue un arrêt remarquable de Roquete.

        Pour le match contre le Chili, les NL rapportent ceci : un Chili plus accompli, un Portugal « à peine moins fort », une avance au score de 2-0 logique pour le Chili malgré une prestation « excellente » de Roquete. Mais vers la demi-heure le Chili s’éteint progressivement, le score passe à 3-2 pour le Portugal, puis à compter de la pause la presse NL pointe le nombre élevé d’arrêts de jeu, manifestement le Chili est sur les rotules physiquement et, pire : leur gardien boîte bas.

        Sur le quatrième but portugais, le juge de ligne signale un hors-jeu que l’arbitre ne daigne pas considérer.

        Portugal-Egypte : je ne vois pas grand-chose de plus à ajouter à ce que j’en rapportais plus haut, sinon que ce fut selon les NL un match beaucoup plus plaisant qu’Uruguay-Allemagne.

        Outre que le Portugal ne fit ni ne fera plus grand-chose après 1928, ça m’incline vraiment à garder des pincettes ; ceci dit ça reste intéressant : tranches d’Histoire(s) portugaise que je ne connais absolument pas.

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      2. Verano82 dit :

        Le Real Madrid n’a pas de gardien de qualité à l’époque, qu’il s’intéresse à Roquete est possible.

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      3. Rui Costa dit :

        Oui je suis globalement d’accord avec toi. C’est aussi le charme de ce foot, difficile de se faire une idée précise.

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  5. Alexandre dit :

    En regardant les vidéos d’Amsterdam 28, toujours cette même impression : le saut architectural qui se produit dans ces premières décennies du XXème siècle, waouw………. Les lignes de ces bâtiments et stades de 1928 pourraient presque être contemporaines, elles sont en tout cas infiniment plus proches de nous.. Sur les plans esthétique et conceptuel, c’est non avec nous, mais avec ce qui faisait encore autorité à la fin du XIXème, qu’il y a là comme un siècle d’écart ; c’est vraiment ce qui me saute aux yeux à chaque fois.

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  6. Khiadiatoulin dit :

    Valdemar Mota, c’est un nom qui compte dans l’histoire du FC Porto. C’est pas la première idole, avant l’éclosion de Pinga ?

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    1. Khiadiatoulin dit :

      « Valdemar Mota enchante le public en inscrivant trois buts — premier triplé de l’histoire de la sélection. » Bien l’image que j’avais de lui.

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    2. Rui Costa dit :

      Mota c’est leur premier international qui brille mais il va être éclipsé par Pinga qui arrive juste après.
      Mota il fait partie de ses joueurs un peu oubliés, le pire étant Augusto Silva de Belenenses qui à mon avis était le joueur le plus important d’avant guerre. La sélection sans lui perd toujours. Il sera d’ailleurs un entraîneur important.

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      1. Alexandre dit :

        C’est le Silva que j’évoque plus haut, et que les NL retiennent comme joueur portugais le plus marquant contre les Yougos en 28? Un demi-centre?

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      2. Rui Costa dit :

        Oui Victor Silva du Benfica. Lui, Mota et Pepe étaient tous âgés d’à peine 20 ans en 1928. Si on ajoute Pinga qui arrive en métropole en 1930, il y avait de la qualité devant.
        Augusto Silva c’était le métronome de l’équipe, un joueur toujours au niveau.
        César Matos au milieu c’était pas mal aussi.
        Jorge Ferreira le capitaine et Carlos Alves en défense c’était bon aussi.
        Il y avait un onze plein de promesses, avec beaucoup de jeunes. Mais en plus des soucis évoqués plus bas certains font mourir comme Pepe, se blesser gravement comme Vitor Silva.
        Un énorme gachis ce foot portugais, j’ai lu la presse française et ils louent pas mal leurs qualités.

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  7. Khiadiatoulin dit :

    Géniale l’anecdote des Alves.

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  8. Khiadiatoulin dit :

    Belle photo de Roquete face à l’Argentine. Tu réussis ton pari de reconsidérer le poids de sa carrière dans l’histoire du foot portugais.

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    1. Verano82 dit :

      Le mieux serait que tu insères les liens dans les articles, c’est plus pratique et selon Sebek, renforce le référencement.

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      1. Rui Costa dit :

        Oui c’est un oubli. Si quelqu’un peut le faire, je l’en remercie par avance.

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  9. Verano82 dit :

    J’aime beaucoup le film sur le Portugal-Espagne de 1928. Styles différents entre Roquete, qui semble très fougueux et mobile, et Zamora, plus âgé il est vrai (on le voit faire une sortie courageuse et encaisser un peno sans réaction, ce que n’aurait pas renié Ettori eh eh).

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    1. Rui Costa dit :

      Eheh être comparé à Zamora c’est déjà un compliment pour Ettori!
      Roquete était très tonique et mobile, ça avait l’air d’être sa qualité principale. Les sorties par contre il avait l’air de se trouer souvent.
      Sa fougue c’était une qualité mais un défaut aussi car il cartonnait souvent les attaquants.

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  10. Verano82 dit :

    J’ai jeté un œil à la presse italienne pour voir si Roquete était cité après le succès 4-1 des Portugais. Rien. Ce sont surtout Vieira et Mota qui impressionnent, ainsi que la tribune principale du stade de Porto.
    La presse mentionne l’extrême fatigue italienne après un voyage interminable (arrivée la veille du match, participation au protocole…), le vent violent dont profitent les Portugais en 1ere MT et le remplacement d’Armando Martins avant qu’il ne revienne sur le terrain après la MT à la place d’un autre joueur sans que l’arbitre ne s’en rende compte.
    La semaine suivante, l’Italie obtient le nul en Espagne (1-1).

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    1. Alexandre dit :

      Eh oui, la pénibilité des déplacements…………… C’est impossible d’apprécier les résultats de l’époque sans considérer cette donne.

      Un détail m’avait marqué dans de précédents débats : si j’ai bonne mémoire, et hormis une victoire contre l’Espagne à Vigo (officiellement en déplacement donc..mais pragmatiquement à domicile plutôt pour le Portugal), les Portugais n’ont jamais remporté le moindre match face à une nation-hôte avant..1947?? En Irlande, si je me rappelle bien.

      En 1928, c’est patent dans ce que j’ai lu côté NL : le Chili (la flemme de vérifier s’il y eut une délégation issue d’horizons plus lointains) est physiquement cuit après 30 minutes de domination. Ca ne pardonnait pas.

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      1. Rui Costa dit :

        Après c’est ce que je vais développer dès le prochain article, le foot portugais avait tout pour devenir grand en 1928 mais va vite se saborder. Des 1929… Comme beaucoup de pays le débat sur le professionnalisme , les tensions entre fédération mais surtout l’arrivée de la dictature. Il faudra attendre les années 50 pour avoir des clubs performants et les années 2000 pour avoir une fédération un minimum efficace.

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      2. Alexandre dit :

        Probablement la partie qui m’intrigue le plus, car c’est le point qui me laisse de prime abord le plus perplexe : ce que valait vraiment ce football portugais en 1928.

        Je suis vraiment d’avis que vous avez merdé en plaçant un Roquete (ton lobbying n’y fut pas étranger 😉 ) devant un Sigge Lindberg pour la série consacrée aux gardiens ; meilleur joueur suédois jusqu’aux années 40 (dixunt les intéressés), c’est tout sauf dispensable pour l’époque. Et cependant il est évident que Roquete a quelque chose et qu’il dut être un maillon fort du foot portugais de son temps, et pas seulement parce que de bonnes prédispositions naturelles (manifestes chez lui : grand, énergique, dominant..) pesaient encore d’un poids considérable dans ces footballs-là (bien plus qu’aujourd’hui) ; à côté de ses lacunes probables et de ses couacs attestés il y a aussi des gestes encensés, dont la presse témoigne.

        Bref ce qui me laisse le plus circonspect, ce n’est pas tant Roquete mais ce que valait vraiment le foot portugais à l’époque. En me replongeant là-dedans tantôt, observateurs live NL donc (et leurs analyses vont loin dans le détail) : outre de tenir à un effondrement physique de Chiliens un brin supérieurs dans le jeu (et qu’explique probablement l’interminable voyage qu’ils avaient effectué), et même en faisant l’impasse sur un quatrième but portugais entaché d’un hors-jeu selon le juge de ligne, la victoire portugaise sur le Chili est tenue pour une surprise ; apparemment personne ne l’avait vue venir.

        Face aux Yougos, j’évoquais une double-expulsion, de mémoire à 1-1.. Or le Yougo expulsé n’est pas n’importe qui : le capitaine, arrière et star de l’équipe Ivkovic, à une époque où le jeu est plus qu’aujourd’hui impacté par une poignée de figures (généralement : gardien, demi-centre, capitaine, arrière..), ce dut être une catastrophe pour eux : ils poursuivirent la rencontre avec un seul défenseur (l’expulsé côté portugais était l’ailier droit Mota Fonseca, jugé plutôt inoffensif jusqu’alors dans la rencontre) – bref : des circonstances quand même particulièrement favorables.

        A côté de ça, je vous épargne tous les détails mais, si le trio (sic) portugais à l’arrière est jugé globalement insuffisant, leur jeu est tenu pour agréable et plutôt offensif, la ligne médiane serait le point fort de l’équipe, et ils sont également tenus pour disposer d’une technique et (c’est plus inattendu) d’un physique globalement au point.

        Mais l’un dans l’autre?? Je ne vois pas trop ce qui permet de penser que cette équipe avait une envergure voire un potentiel particuliers. Verano avait parlé l’autre fois, pour ce Portugal, d’une espèce de « champion du monde des matchs amicaux », bon.. Il évoquait certaine France et moi ça me fait penser à la Belgique de 55 à 65 (elle avait la même réputation) : capable de perfs face à des cadors quand ça ne comptait pas vraiment, mais à part ça??

        Outre l’encadrement et puisque j’en parle, il faut cependant savoir reconnaître que ces joueurs belges de fin-50’s début-60’s étaient d’un niveau global tout bonnement..insuffisant (4-5 joueurs de niveau continental, mais pour le reste..)!!! Et pour en revenir aux perfs portugaises des décennies précédentes, ce n’est pas anodin qu’elles surviennent toujours à domicile, à une époque où les disparités amateurs-pros sont bcp moins marquées (le professionnalisme reste essentiellement l’affaire de..clubs brits ou issus de la Mitteleuropa), et face à des adversaires éprouvés donc par l’un des déplacements physiquement les plus fastidieux d’Europe, bref??

        Bref je trouve compliqué de leur prêter plus, pour l’époque, que d’avoir été une équipe quand même probablement limitée, qui aura bénéficié en 28 de circonstances favorables (Chili épuisé, Yougos privés de leur joueur-majeur et d’autant désorganisés, l’Egypte même était un tirage favorable en 1/4), une espèce de one-shoot sans rien vraiment de solide avant ni après, et longtemps encore bien..mais je demande à voir.

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      3. Rui Costa dit :

        Plus je lis de documents d’époque, français, portugais un peu espagnol, plus je me dis que le Portugal avait un beau potentiel en 1928. Je te le dis avant, une équipe jeune et pleine de promesses avec une grosse marge de progression. Le foot portugais avait à ce moment peu d’influence étrangère, peu de moyen, aucun terrain en herbe, un entraînement très amateur et malgré ça ils n’étaient pas si loin des meilleures nations européennes.
        Mais comme je te le dis précédemment (et ce sera le sujet du prochain article), après 1928 tout s’effondre. Il y aura plusieurs joueurs talentueux mais aucun moyen pour les faire progresser. Les clubs vont continuer leur progression mais sans qu’il y ait un effort collectif pour structurer quelque chose de durable.
        C’est con car en toute objectivité le foot portugais avait tout pour dominer l’Europe, surtout avec le renfort des colonies. C’était le seul pays hors Brésil, qui avait un réservoir pouvant mélanger les styles africain et européen. Même les joueurs de Madeira amenaient une touche différente. De Pinga à Ronaldo.

        La raison principale est la dictature qui aura eu le même impact sur le foot que sur tous les autres secteurs, artistiques, économiques… Un développement hors du temps, lent, et en décalage avec leur époque.

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      4. Alexandre dit :

        On verra, je lirai la suite. Mais ça me paraît un peu lusito-centré.

        Car n’oublie pas les autres empires coloniaux par exemple, France et Belgique aussi avaient du réservoir africain à valoriser. Et pour les anciennes colonies françaises je ne vais pas me mouiller, mais le Congo avait assurément et garda longtemps un gros temps d’avance sur les foots mozambicain ou angolais, c’était une référence pour l’Afrique noire.

        D’ailleurs, j’évoquais plus haut le temps faible belge fin-50’s début-60’s : y a pas mal de joueurs congolais qui faisaient alors un malheur en Belgique, reconnus à l’international (Bonga-Bonga est repris en sélection mondiale), et qui à l’époque auraient fait un bien fou à la sélection belge……………mais je crois qu’on peut dire que la fédé gardait l’un ou l’autre réflexes qu’on peut qualifier de racistes, on ne peut expliquer autrement que des Mokuna ou Bonga-Bonga (qui eût dû remporter un Soulier d’Or) ne purent jamais être convoqués en équipe A..

        Mokuna, tiens.. J’ai lu tout et son contraire concernant son passage au Sporting Portugal, dont des stats formidables (je ne sais pas ce qu’elles valent) en dépit d’un temps de jeu famélique (idem??), des problèmes d’intégration aussi?? Lui : c’était un crack par exemple.

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      5. Khiadiatoulin dit :

        Trouet Mokuna, c’est un mec qui serait oublié dans la plupart des top 100 africain alors qu’il a tout sa place. J’ai trouvé ça sur un site consacré au Sporting

        « Il fut découvert par le Sporting lors de la tournée africaine du club à l’été 1954, lorsque Léon Mokuna affronta les Lions avec la sélection de Léopoldville, un match remporté 3-1 par le Sporting .

        Il arriva à Lisbonne en octobre 1954, à seulement 19 ans, au milieu d’énormes attentes, à un moment où le Club était encore privé de grand buteur depuis Peyroteo , et Joseph Szabo déclara immédiatement que Mokuna était meilleur que le plus grand buteur de l’histoire du Sporting, lorsqu’il avait rejoint le club 18 ans plus tôt.

        En raison de problèmes bureaucratiques, il ne put commencer à jouer qu’au début de 1955, et ses performances lors des premiers mois au club ne peuvent être que considérées comme très positives, puisqu’il a marqué 19 buts en seulement 11 matchs.

        Cependant, il présentait certaines lacunes techniques, ce qui le rendait vulnérable aux critiques. La saison suivante, il ne joua que deux matchs supplémentaires avant de retourner au Congo. Peut-être manquait-on de patience pour l’aider à progresser, d’autant plus que, entre-temps, Joseph Szabo avait quitté le Sporting. »

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      6. Khiadiatoulin dit :

        Là, ça parle de problèmes administratifs mais dans d’autres textes, c’est son surpoids qui aurait retardé ses débuts avec le Sporting. Il perd 13 kilos et enchaîne les buts.

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      7. Alexandre dit :

        Mokuna dans un top 100 africain, c’est peu dire. Un vrai cador, il aurait dû être titulaire en équipe nationale belge les yeux fermés – et pas seulement parce qu’on était légers devant, non : vraiment la classe internationale.

        Par contre je n’ai jamais su que penser des stats qu’on lui prête, selon le statisticien-roi du foot belge (un fou qui a passé sa vie à tout recouper et compiler, oeuvre utile quoique en soi un peu vaine..mais qui quoi qu’il en soit garde en toute circonstance pour mérite de ne rien avancer sans l’avoir vérifié/sourcé au bas mot 10 fois – je le connais, un maniaque), c’est 10 buts en 6 matchs pour le Sporting Lisbonne – un ratio qu’il n’a d’ailleurs jamais approché en Belgique (sa meilleure saison à La Gantoise est la première : 16 buts en 22 matchs…………….avant une suspension d’un an!)

        J’en ai sûrement déjà parlé car c’est un de mes grands regrets : parmi nos employés congolais, quand je bossais à Kinshasa, il y avait une espèce de Karl Malone d’une moralité fort douteuse (plus fort que lui : il volait et combinait, un crack de l’embrouille, bref) qui ne se laissait pas marcher sur les pieds par la vieille matrone acariâtre et flamande de l’institution (j’avais moi aussi un mal fou avec cette salope..que d’ailleurs j’ai fait pleurer comme le vieux crocodile qu’elle était, bien fait)..

        Pour casser cet ingérable, que faisait-elle? Eh bien elle l’obligeait à rester assis dans un couloir sur une chaise, et à lire ET RECOPIER, ad nauseam pendant toute la journée, une petite bande dessinée mi-édifiante mi-naïve de l’époque coloniale en l’honneur du dénommé Père Raphaël « Tata » de la Kéthulle, un blanc old school et paternaliste…………….qui pour le reste était ma foi fort estimable : apôtre de la libération spirituelle des Congolais par le sport, c’est une figure vraiment remarquable dont, d’ailleurs, les Congolais réclamèrent la dépouille à sa mort, de sorte de pouvoir l’honorer (aujourd’hui encore, le stade historique, là où eut lieu le combat Ali-Foreman, porte son nom : le « stade Tata »!, devant lequel trône son buste, financé par..les Congolais!).

        Ce père joua un rôle décisif dans l’Histoire du foot congolais : le grand club du Daring, c’est lui qui l’a créé……………… Quant à son grand rival du Vita Club : il y avait aussi ses entrées……………et y fit d’ailleurs entrer son (turbulent) élève Mokuna, de sorte espérait-il de le canaliser par le sport.. Alors la dépouille de Mokuna garderait possiblement du mal à le concéder, mais, sans ce père de la Kéthulle (quel nom..), il filait assurément un mauvais coton ; à l’instar du foot congolais, il lui doit énormément!!!

        Re-bref : quel rapport avec cette BD? Eh bien plusieurs pages se focalisaient sur leur relation…………et sur les coups de pied au cul (dessins à l’appui!) que le vieux père belge adressait à l’insoumis Mokuna ; voilà pour le message subliminal que cette collègue flamande (une horreur..) entendait faire subir à notre trublion des Tropiques…..

        Puis un jour, évidemment : il s’est rebellé, il a jeté cette BD de rage (bien 100 fois qu’il devait la relire et la recopier, pauvre vieux..)…………………..et moi je l’aimais bien cette bédé, alors j’ai obtenu de la récupérer, à son plus grand soulagement…………..et puis, mais à mon plus grand regret, je l’ai donnée avant mon départ à un ami congolais en lui demandant d’en prendre bien soin..

        J’aime à croire que cet exemplaire existe encore, peut-être.. C’était une rareté!

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      8. Rui Costa dit :

        Pour répondre à Alex sur le réservoir portugais africain, celui-ci est incomparable avec n’importe quel empire colonial!
        Le Mozambique ou l’Angola avait un foot structuré autour des clubs portugais, principalement le Sporting et le Benfica.
        Les joueurs étaient , surtout après 45, automatiquement portugais et appelés à rejoindre le Portugal.
        Ils avaient pas mal d’atomes crochus avec le foot européen, ce qui était loin d’être le cas des congolais par exemple.
        Eusebio, Coluna, Matateu et son frère, Hilario et consorts avaient un niveau qu’aucun autre joueur africain n’avaient à l’époque (Et que peu ont atteint).
        Dans le top portugais que l’on fait avec Khia, il y a plein de ces joueurs aux meilleures places. Ce qui n’est le cas dans un aucun autre empire colonial.

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      9. Rui Costa dit :

        Et oui le texte est très luso-centré c’est le principe.
        L’important n’est pas réellement de placer Roquete sur l’échéquier mondial mais nationale.
        Le gâchis du foot portugais est plus un constat, et cet article permet d’en donner une explication.

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      10. Alexandre dit :

        Ce n’est pas pour le propos que je dis que ça me paraît luso-centré : c’est pour son abord.

        Les archives que j’ai trouvées, neutres et in situ, en témoignent : c’est un autre portrait de ces matchs et des circonstances qu’elles dessinent.

        Ou « devenir grand », « volontarisme ».. Comme Bobby disait : on peut le dire de tous les pays du monde, ça. Je ne doute pas que ce soit vrai pour le foot portugais, mais enfin : est-ce singulièrement pertinent quand ce fut vrai pour….tant d’autres footballs à l’époque? Il est évidemment intéressant de le pointer, mais de là à en faire comme une exclusivité portugaise dans sa gradation?? Bien d’autres pays traînaient leur boulet aussi.. Mais j’attends la suite, on verra bien.

        En somme, je pense que ça vaut vraiment le coup de considérer, aussi, ce qui avait cours ailleurs : ça permet de relativiser et de modérer.

        Pour ce qui est du débat Congo / Mozambique-Angola, rappeler que le Congo est indépendant en 60, à compter de cette date la question ne se pose tout bonnement..plus!, autant dire que Eusebio et Hilario.. ==> Ben ils sont hors de l’équation ces deux-là, ça embrasse deux réalités distinctes.

        Khiadia rapportait, du Mokuna que j’évoquais, que Szabo le jugeait « plus fort que la légende locale Peyroteo », éh.. ==> Ca dit quelque chose quand même, il n’y a pas que du Mozambique que sortaient de grands joueurs africains. Ils étaient davantage intégrés dans le football métropolitain, voilà tout.

        Par contre, a minima jusqu’alors (et qui est forcément ce que je visais, vu qu’à compter de 60 les Congolais ne sont..plus éligibles pour leur ex-Métropole), car c’était ça mon propos : le foot congolais est juste incomparable en termes de structures, de qualité, d’impact et même de résultats sub-continentaux par rapport aux mozambicain et angolais ; sur tous ces points et sans leur manquer de respect, c’est un géant par rapport à ces colonies portugaises (les diverses compétitions intra-africaines en témoignent), bref, non : le Portugal n’est certainement pas, je vais te citer, « le seul pays hors Brésil, qui avait un réservoir pouvant mélanger les styles africain et européen » ; c’est faux ça (et c’est là-dessus que je réagissais)! Et plus juste serait d’en dire que le Portugal fut, en fait, celui qui en tira (avec la France, déjà) le meilleur profit, ça oui.

        J’ai souvenir que tu m’avais demandé si je pouvais trouver quoi que ce soit en termes de rencontres intra-africaines impliquant des équipes mozambicaines voire angolaises ; les quelques données trouvées ne suggéraient quand même rien de sensass en termes de scènes domestiques, mais bon : je ne demande qu’à être détrompé.

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    2. Rui Costa dit :

      Oui même dans la presse portugaise c’est surtout le match de Mota qui est remarque.
      Le grand match de Roquete c’est contre l’argentine.

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  11. bobbyschanno dit :

    Disons que c’est extrêmement difficile d’évaluer le niveau de l’équipe nationale portugaise dans l’entre-deux-guerres dans la mesure où elle ne participe qu’à un seul tournoi international. C’est un indéniable mérite d’y battre les Chiliens et les Yougoslaves, mais c’est peu pour en faire un potentiel cador européen. Le Portugal c’est peut-être, à ce moment-là, du niveau de la France ou de la Yougoslavie, justement. Disons dans un second rang européen, derrière des cadors comme les Hongrois ou les Anglais, mais devant les Bulgares ou les Grecs.

    Gagner à domicile contre une équipe épuisée ou diminuée, c’est toujours faisable. Mais la vraie valeur internationale, surtout à cette époque, c’est de gagner à l’extérieur. Ou, a minima, d’y faire bonne figure.

    Le Portugal a réalisé un tournoi olympique tout à fait honorable à Amsterdam et il y avait effectivement de beaux joueurs. De là à en faire un rival sérieux des Tchécoslovaques ou des Italiens, je pense qu’il est raisonnable de ne pas exagérer. Mais bien sûr qu’avec une politique volontariste, comme par exemple en Italie, il y avait moyen de faire mieux. Mais ça, on peut le dire pour tous les pays du monde… L’Uruguay ou la Croatie ont suffisamment prouvé qu’il n’était pas besoin de disposer d’un réservoir impressionnant de joueurs pour bâtir une équipe dominante.

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    1. Rui Costa dit :

      Oui je suis d’accord avec cette analyse.
      J’ajouterais juste que le Portugal va longtemps avoir une politique opposée au volontarisme, et que finalement comparé aux pays de sa catégorie les résultats sont très honorables.

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  12. Telmo dit :

    Stanley Rous déjà dans les « bons » mauvais coups, dès sa carrière arbitrale, avant l’apothéose en 1966.
    Merci encore pour les articles Rui Costa.

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    1. Alexandre dit :

      Un serviteur zélé de son empire.

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