L’Olympic, le bar qui résiste à tout, même à la mort

Hommage posthume au patron du QG du Red Star.

Europe Friandise

Si la banlieue rouge est un terme qui semble appartenir à une époque désormais révolue, certains bastions résistent. L’Olympic, tout au Nord de Paris, tenu pendant plus de vingt ans par Akli, est de ceux-là. Entre habitués et fans du Red Star, le club de foot voisin, l’ambiance y est unique.

Le QG des supporters du Red Star

Pour s’y rendre, empruntez l’interminable rue du Docteur Bauer. Le bar ne se signale pas. La devanture est désuète au point qu’on pourrait rater l’entrée.

Une fois le seuil franchi, c’est une toute autre histoire. D’innombrables stickers tapissent les murs en bois, à croire que tous les Ultras de France et d’ailleurs ont un jour bu une bière à l’Olympic, le QG mythique du Red Star. Tout autour du bar, des dizaines de photos de l’équipe de foot audonienne. On y trouve même parfois quelques autographes. L’occasion de se souvenir qu’ils sont un paquet de bons joueurs à avoir porté les couleurs du club de Saint-Ouen. On y reconnaît les tout jeunes Steve Marlet et Charles Itandje ou encore le solide Cyril Domoraud, pilier des soirées de D2. Seule exception à la règle, cette photo bleuie par le temps des champions du monde 1998 qui festoyent au milieu de la pelouse du Stade de France.

À la mémoire d’Akli

Akli (source : redstar.fr)

Nous sommes jeudi, au beau milieu de la matinée, quelques ouvriers reprennent des forces autour d’un café tandis que les retraités parcourent le journal. Derrière le bar trône une photo de la tribune Rino Della Negra recouverte d’un tifo magnifique à l’effigie du patron de toujours, Akli, parti en début d’année. En dessous de la bâche illustrée, des mots simples : « Ton souvenir à jamais gravé dans le zinc ». Si Akli n’est physiquement plus là, son âme, elle, n’a pas bougé. On sent sa présence partout, dans le moindre recoin de l’établissement. Peut être est-il il là au fond sur sa chaise en bois, entre la toute petite bibliothèque et la cible à fléchettes, à contempler son neveu désormais seul derrière le comptoir.

Les fidèles au rendez-vous

Un homme déboule, barbe grisonnante, lunettes rondes, boucle d’oreille et bonnet siglé d’un triskell breton. C’est un habitué, sa Super Bock ne devrait pas rester pleine bien longtemps. Il n’est pas d’humeur à parler. Je lui fiche la paix.

À mesure que la matinée défile, toujours plus de sachets de sucre usagés jonchent le sol, les allers-retours n’en finissent pas. Le postier salue les présents un à un avant de prendre son petit café. Il est catégorique, en 40 ans de vie dans le quartier dont la moitié à distribuer le courrier, « le meilleur café se boit à L’Olympic ». Difficile de lui donner tort, moi qui passe commande d’un deuxième expresso à peine le premier avalé. À mi-chemin entre le café turc et italien, celui d’Akli est sans égal.

1 seul commentaire pour "L’Olympic, le bar qui résiste à tout, même à la mort"

  1. AlphaBet17 dit :

    Très émouvant article, sur un de ses lieux qui sont l’âme d’un club, au même titre que le stade où les tribunes.

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