Hier soir, la finale de la Coupe de France entre le RC Lens et l'OGC Nice a mobilisé l'attention des amoureux de ballon rond. C'est l'occasion de faire un retour arrière, en 2019, quand le Stade Rennais avait fait tomber l'ogre parisien.
Monter à Paris affronter le club de la capitale revêt toujours un caractère spécial. On rêve de faire tomber le grand Paris Saint-Germain mais les plus pragmatiques se souviennent que les Rennais restent sur trois revers consécutifs au Stade de France. Ceux-là craignent une nouvelle humiliation. Qu’importe, tout l’après-midi durant, les bars de Saint-Denis sont blindés de supporters Rouge et Noir prêts à célébrer leur venue quoiqu’il en coûte. Fidèles à leur réputation, la fête finit par l’emporter sur le stress et des inquiétudes pourtant bien légitimes. On croise des potes de 15 ans qu’on a plus revu depuis belle lurette. La bière aidant, on oublie l’enjeu et on chante à tue-tête sur le parvis de l’enceinte dyonisienne. La pluie d’orage qui s’abat annonce-t-elle un grand chambardement ?
En réalité, le pire est à craindre, le PSG a écrasé le championnat et reste sur quatre finales de Coupe de France victorieuses. Les chances bretonnes paraissent infimes. Alors qui pour parier sur le SRFC lorsque Neymar double la mise d’un joli piqué à la 21ème minute ? Contre toute logique, on ressent dans le virage rennais une forme d’espoir inconsidéré. Les Rouge et Noir répondent présents, mettent les ingrédients nécessaires. Si le score est sévère, les signaux sont positifs.
Kimpembe se rate, le suspense renaît dès la 40ème minute. 1-2. Au milieu de la seconde période, Rennes pousse et fait plier l’ogre parisien. Sur un corner de Grenier, Mexer envoie la boule au fond des filets d’Areola. Les 30 mille rennais massés dans leur virage sont en extase. 2-2, tout est permis. En prolongation, Tuchel abat la carte Cavani mais rien n’y fait, l’étau Rennais se referme sur sa victime. Da Silva toise Mbappé qu’on découvre plus nerveux que jamais au point de ne pas finir la rencontre. Lors de l’irrespirable séance de tirs au but, les bretons sont intraitables. Nkunku envoie son tir dans le maigre kop parisien.
Koubek se lance dans un sprint frénétique, le virage Nord pleure de joie, incrédule, quasi sonné. Le capitaine André soulève la Coupe, une prouesse inimaginable quelques heures plus tôt. 48 années de lose comme évaporées en un claquement de doigts. Quasi deux générations de supporters sauvées des eaux à qui la bande à Stéphan offre, in extremis, un ticket pour les étoiles. Qui dit mieux ?
