Il n’y a rien de plus triste que le spectacle d’un lion en cage. Avachi, esclave de son sort, dont les rugissements ne provoquent plus que des frémissements polis. Ce 15 juin 1980, face à la Belgique, Dani Ruiz est sur le banc, sa prestation face à l’Italie en ouverture de l’Euro 1980 n’a pas convaincu son sélectionneur László Kubala. Comme son but face à l’Autriche, deux ans auparavant en Argentine, ne lui avait pas offert l’opportunité de fouler une seconde fois la pelouse d’un Mondial. L’Espagne d’alors ne manque pas d’attaquants de qualité. Quini, Carlos Santillana, Dani, des cadors célébrés sous leurs couleurs du quotidien, sûrs de leurs forces mais qui se liquéfient soudainement lorsqu’ils revêtent la tunique de la Roja. Problème de gestion de la pression certainement, de choix techniques douteux assurément. Qui peut croire que le trio Satrústegui-Quini-Dani, aligné face aux Italiens, était complémentaire ? L’ouverture du score de Gerets n’augure rien de bon, l’Espagne est éliminée dès la deuxième rencontre de la phase finale.
Ce rendez-vous raté avec la sélection, Dani, gloire de l’Athletic Bilbao, le porte en lui, comme d’autres footballeurs espagnols de renom de l’époque. Néanmoins, à l’instar des Quini ou Santillana, il est l’incarnation d’un état d’esprit battant, d’une humilité sans faille, d’une personnalité forte que les hourras de la foule n’auront jamais réussi à modifier génétiquement. Des mecs que l’on aurait pu croiser par hasard dans la plus modeste bodega du coin. A partager sa vision du Monde autour d’un verre, jusqu’à tard le soir, quitte à s’engueuler franchement. A se nourrir de leurs mots et boire leurs échecs, quitte à en oublier tout le reste…

Expressif, bavard, infatigable, Dani l’est toujours. Combatif et déterminé, les deux adjectifs qui reviennent le plus souvent lorsque l’on parle de son parcours. Dani est bien plus que ça. Il avait le sens inné du timing, du flair pour s’engouffrer dans les brèches, lui l’ailier de formation. Sinon, comment expliquer qu’il ait marqué la moitié de ses innombrables buts de la tête, du haut de son mètre 71 ? « C’est surtout une question d’attitude, d’anticipation et de puissance dans les jambes. Ce dixième de seconde où l’on sent où l’ailier va placer le ballon. » Elevé sur les rives du fleuve Kadagua, le fils de Guardia Civil, en service en pleine vague d’attentats de ETA, rêve secrètement de devenir le prochain Fidel Uriarte et collectionne les cartes à l’effigie de Txetxu Rojo et Iribar. Sans réelle ambition dans le football, il évolue dans les rangs de Sodupe, avant que son don ne suscite le soi-disant intérêt de Saragosse. Dani a 16 ans : « Il y avait un dirigeant du club de Sodupe, nommé Pozas qui travaillait à Saragosse. Il a dit à un journaliste d’El Hierro (quotidien de Bilbao) que Saragosse s’intéressait à moi. C’était un mensonge. Quarante-huit heures plus tard, l’Athletic Bilbao m’appelait. Venancio et Julio Lamana m’attendaient au restaurant du père du journaliste Jon Uriarte, un restaurant avec une mezzanine. Il n’y a eu ni négociation, ni discussion, rien. Ils m’ont présenté le contrat standard pour les joueurs de l’Athletic Bilbao : cent mille pesetas la première année et 125 000 la deuxième. »
Rien n’est néanmoins acquis pour notre petit taureau. L’ascension de Dani jusqu’aux cimes professionnelles est lente. Successivement prêté au Getxo CF, à Villosa de Llodio et au Bilbao Athletic, il franchit un étape importante en portant le maillot de Barakaldo en deuxième division pendant deux saisons. Barakaldo, chez qui l’Athletic aime faire ses emplettes ou laisser mûrir ses promesses depuis toujours. Un apprentissage à la dure : « Je suis passé par Getxo, Barakaldo, Villosa… C’est en jouant pour Villosa, l’équipe d’une verrerie de Llodio, que j’ai rencontré ma future femme, Anabel. Quand j’étais à Villosa, notre entraîneur était Martín Susilla Párraga, un phénomène. Sur ses cartes de visite, il était écrit : entraîneur de football, major de sa promotion. À la fin de chaque entraînement, il disait : Dani, reste. Et il demandait au troisième gardien de but d’en faire autant. Il envoyait des centres depuis la droite, une centaine de fois. Puis, depuis la gauche, une autre centaine. Imaginez le ballon de 1970 et le terrain de Villosa, qui était sablonneux, le ballon s’y collait. Deux cents impacts à la tête. Je prenais ma douche avec le cerveau en miettes. Mais j’ai appris. »
Entre arcades ouvertes et abandon de son poste à la Banco Guipuzcoano, Dani se fait connaître de certains fans de San Mamés, habitués de l’Estadio de Lasesarre, et éblouit Ronnie Allen, le coach de l’Athletic venu le superviser, d’un superbe retourné acrobatique. Il intègre enfin los Leones en 1974. L’Athletic, désormais dirigé par Javier Iriondo, est en plein renouvellement. José María Núñez, Andoni Goikoetxea et Dani sont les bizuts que son public apprend à apprécier, tandis que la recrue phare est Javier Irureta, milieu de terrain expérimenté en provenance de l’Atlético de Madrid. Réunion entre vétérans et jeunesse, le club accède à l’Europe en 1976, Dani fait immédiatement l’étalage des qualités qui feront sa renommée. Jeu de tête impeccable, efficacité stupéfiante devant le but pour un ailier et une grinta à toute épreuve. Le gamin de Sopuerto n’a pas froid aux yeux, n’hésitant jamais à roder dans la surface et distillant sa hargne sur chacune de ses frappes. Un leader est né…

« L’une des qualités d’Iribar est l’humilité. Chopo reste l’un des hommes qui ont marqué une époque à l’Athletic Bilbao, en équipe nationale et dans bien d’autres domaines, précisément grâce à cette humilité, à sa simplicité. C’était un homme aux qualités innées exceptionnelles. De loin le meilleur gardien que j’aie jamais connu. Je l’ai vu réaliser les arrêts les plus difficiles, des arrêts incroyables qui vous laissaient perplexe. Mais, outre ces qualités, il était un travailleur acharné sur le terrain et toujours formidable dans les vestiaires, prêt à aider tous ceux qui arrivaient. » Dani sur José Ángel Iribar
A l’été 1976, l’Athletic met l’ancien joueur Koldo Aguirre sur le banc, récupère le défenseur Alexanko et recrute l’attaquant Ignacio Churruca du Sporting de Gijón. L’effectif est profond, la saison 1977 promet d’être passionnante. L’Újpest Dózsa, le FC Bâle, le Milan AC, abandonné sur la route sur un splendide doublé de Dani à San Mamés, l’Athletic fait la leçon au Barça de Johan Cruyff, avant de bénir la règle du but inscrit à l’extérieur qu’il lui permet de sortir des griffes du surprenant RWD Molenbeek en demi-finale de Coupe de l’UEFA. Son adversaire final a tout de la Squadra Azzurra. Dino Zoff, Claudio Gentile , Gaetano Scirea, Franco Causio, Marco Tardelli ou Roberto Bettega, une armada en quête du premier sacre continental de la Vieille Dame qui va dominer les débats à Turin, avant de climatiser San Mamés grâce à l’ouverture du score précoce de Bettega. Nullement découragé, l’Athletic réalise une prestation splendide, reprenant l’avantage sur des buts d’Irureta et de Carlos mais doit s’avouer vaincu face à cette maudite règle du but à l’extérieur qui lui avait souri en Belgique. Une place de dauphin douloureuse à laquelle Dani prend malheureusement goût lorsqu’il échoue, quelques semaines plus tard, des onze mètres face à José Ramón Esnoala en finale de Copa del Rey. La jambe tremblante, le pouls brisé par l’enjeu. Lui qui est unanimement reconnu comme le plus grand spécialiste de la discipline de la Péninsule.
Le sélectionneur Kubala ne peut plus ignorer le phénomène et convoque Dani face à la Suisse en 1977. Participant à la qualification pour le Mondial argentin et accumulant les réalisations lors des matchs amicaux de préparation, ce dernier s’attend à jouer un rôle de l’autre côté de l’Atlantique. La réalité sera bien différente. En concurrence avec Juanito qui a les faveurs de la presse madrilène, Dani ne joue que lors de la défaite inaugurale face à l’Autriche et, bien qu’ayant marqué l’unique but espagnol, n’est pas reconduit lors des deux rencontres suivantes. Une déception que l’acceuil désastreux en Argentine, mis en place par la Fédération et alimenté par la paranoïa de la junte au pouvoir, ne faisait que préfigurer : « La Fédération a envoyé quelqu’un repérer un camp d’entraînement, et ce type n’a jamais dépassé Buenos Aires. Ils lui ont montré de très belles photos, et il a réservé La Martona, une station balnéaire à 80 kilomètres de Buenos Aires. Pendant que les autres équipes logeaient au Sheraton, au Ritz et dans d’autres grands hôtels, ils nous ont emmenés à La Pampa. Il n’y avait rien autour de La Martona, juste un minuscule village à trois kilomètres avec six maisons. J’étais avec Arconada. Les chambres étaient gigantesques, d’énormes bungalows, construits pour l’été. Le problème, c’est que c’était le plein hiver et qu’il faisait un froid de canard. On dormait tout habillés. Arconada a dû déplacer son lit pour que le vent ne le fouette pas. Le téléphone passait par un standard, celui de la ville. On demandait une conférence téléphonique le matin, et le gardien nous prévenait le soir. On était complètement dépaysés, totalement isolés. À chaque fois qu’on déménageait, ils installaient ces horribles barrages de police. C’était un désastre. Et c’est un miracle que Quini et moi n’ayons pas été tués… Un jour, en discutant avec les policiers qui nous surveillaient, Quini leur a dit qu’il était chasseur, et l’un d’eux a promis de nous emmener tirer le lendemain. Le type est arrivé avec un fusil à pompe et un pistolet. On a quitté La Martona avec eux, et après environ deux kilomètres, on a commencé à tirer sur un bateau. Pan, pan. Pan, pan. Moi, avec le pistolet. Soudain, j’ai aperçu un nuage de poussière au loin. « Quelqu’un arrive », ai-je dit aux policiers. « Du calme, tout est sous contrôle », nous ont-ils répondu. Et on a continué, pan, pan. Et là, une camionnette est arrivée à toute vitesse, avec quatre types en gilets pare-balles. Ils ont bloqué le véhicule, tous les quatre en sont sortis comme les hommes d’Harrelson, et nous ont crié de lâcher nos armes. J’ai immédiatement jeté le pistolet, et Quini a jeté le fusil à pompe, heureusement sans faire feu. Parce qu’un fusil à pompe à recul aurait facilement pu partir. Et si on commence à tirer, ces types vont nous cribler de balles. Vous auriez dû voir comment ils ont traité les deux flics avant de réaliser qu’ils étaient leurs collègues. Le problème, c’est que lors de la relève de la garde, ils avaient oublié de prévenir qu’on allait s’exercer. »
Peu utilisé dans la course à l’Euro 1980, Dani fait donc les frais d’un nul vierge face à l’Italie, lors du premier match de la compétition, avant de réapparaître face à l’Angleterre. Déjà éliminée, la Roja subit la loi des Anglais, Dani marque l’unique but espagnol. Pas en odeur de sainteté auprès de José Santamaría, il est du triomphe en amical à Wembley en 1981, une première pour son pays mais voit le Mondial à domicile de son poste de télévision. Auteur de 10 buts en 25 capes, ratio plutôt correct pour un ailier, et ayant scoré la moitié des buts espagnols en Argentine et Italie, Dani ne peut s’empêcher d’avoir des regrets. N’ayant jamais ressenti une confiance aveugle à son égard de la part des sélectionneurs successifs, il est de ces générations anonymes, qui, si elles permirent à la Roja de retrouver la lumière, furent finalement assez avares en moment de communion. Un gâchis selon lui : « A mon avis, nous avions une très bonne équipe. Des joueurs capables de marquer des buts, comme Carlos Santillana, Quini, Juanito ou moi-même, qui traversions alors une période faste. Pourtant, pour une raison ou une autre, il nous manquait ce petit quelque chose pour concrétiser nos occasions et marquer davantage. Je me souviens que, lors du match Brésil-Espagne, Cardeñosa a eu une occasion en or sur la ligne de but. Il s’est jeté dessus, mais le ballon a rebondi bizarrement et notre chance s’est évanouie. S’il avait transformé cette action, nous aurions été qualifiés. Ce que j’essaie de dire, c’est que le football, comme tous les sports, est fait de série.. »

La saison 1979-1980 est un tournant à Bilbao. Iribar, Churruca et Irureta tirent leur révérence, tandis qu’Alexanko est transféré au Barça pour la somme record de 100 millions de pesetas. Un exode catalan que la direction de l’Athletic refuse à Dani, adieu l’opportunité de multiplier par dix son salaire… En coulisses, un petit teigneux, dont la carrière fut écourtée par une blessure, fait peu à peu son nid. Il s’agit de Javier Clemente. Refusant les discours alarmistes, Clemente, désormais coach de l’emblème de la Biscaye, est convaincu d’avoir entre ses mains un effectif de valeur et insuffle une énergie que San Mamés n’avait pas connue depuis des lustres. Le véritable architecte du renouveau bilbaino selon Dani : « Il n’a qu’un an de plus que moi, il était donc l’un des nôtres, quelqu’un de très intelligent. Il était à nos repas, partageait nos blagues. Nous avions une amitié formidable avec lui, qui perdure encore aujourd’hui. Je pense qu’il a été essentiel. Un entraîneur peut mener une équipe au titre ou la plonger dans le gouffre. Pour beaucoup, c’est une personnalité aigrie, aimant le conflit, arrogante. Ce sont des adjectifs qu’on lui attribue fréquemment et qui n’ont rien à voir avec la réalité. Javi est un homme dur car il faut parfois répondre à certaines personnes comme elles le méritent. »
Cherchant à imiter le voisin de la Real Sociedad, détentrice des deux derniers titres en Liga, la horde de Clemente s’entraîne d’arrache-pied lors de la pretemporada 1982 et flirtent régulièrement avec les limites de l’acceptable. La saison 1983 est un duel acharné entre l’Athletic et le Real jusqu’à la dernière journée. Les Basques étrillent Las Palmas, tandis que les Merengues se noient à Valence, Dani, capitaine désormais épaulé par la patte gauche de Sarabia, soulève la Liga, 28 ans après l’immense Piru Gainza… Mais il était écrit qu’il ne pourrait paisiblement savourer le fruit de son dur labeur. Quelques mois plus tard, Dani se tord le genou, seul, lors du Trophée Teresa Herrera. Une blessure, injustement attribuée à Camacho, qui le laisse sur le carreau la moitié de la saison. Enfin rétabli dans le sprint final, Dani est radieux lors de la victoire face à la Real Sociedad qui permet à l’Athletic de conserver son titre et fait mine de ne pas entendre les sifflets qui conspuent l’intégralité des belligérants de la finale de Copa 1984. Cette fameuse finale de la honte où Diego Maradona exposa aux chalands ses talents de karatéka…

Abandonné par son corps, Dani gratte les minutes comme il le peut pendant deux ans et quitte définitivement l’arène le 21 août 1986. Impuissant face au cirque d’un Athletic déchiré entre partisans de Clemente ou de Sarabia, attristé par les départs lucratifs des canteranos Zubizarreta ou Julio Salinas vers d’autres cieux, eux qui devaient légitimement reprendre le flambeau. Autres temps, autres mœurs… Dauphin du grand Telmo Zarra, avec quasiment 200 réalisations pour l’institution, Dani est un titulaire en puissance d’un onze historique de ce club et peut-être le dernier grand capitaine des Leones. Un esprit terre à terre, ayant fait de l’incertitude son leitmotiv, refusant de se considérer indiscutable, offrant son cœur et ses tripes dans chacune de ses mêlées. Un art de vivre et une manière de l’écrire bien éloignés des valeurs actuelles du football. Où les bourreaux d’hier devenaient vos compagnons de vacances à Ibiza, comme Benito. Où des clubs uniquement composés de gamins du terroir déjouaient les pronostics pendant quatre saisons torrides…
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Merci Khia.
Des ailiers buteurs comme Dani, l’Athletic en a produit des quantités. Après Gorostiza, il y eut évidemment Gainza mais aussi Artexte puis Txetxu Rojo, Fidel Uriarte, Etxeberria, les Williams aujourd’hui et j’en oublie.
On pourrait ajouter Ernesto Valverde s’il avait été formé à Bilbao.
Oui, une très belle tradition. Dani n’aura finalement pas démérité en phase finale. 2 buts en 3 rencontres entre le Mondial 78 et l’Euro 80. La moitié des buts espagnols sur ces deux compétitions. Problème d’efficacité chronique pour la Roja.
Et sinon j’ai tendance à préférer l’Athletic 77 à celui des deux titres. La figure d’Iribar pèse lourd évidemment mais Txetxu Rojo, Alexanko, Irureta qui était un très bon milieu, Churruca, plus de créativité en 77 qu’en 83 à mon goût.
Ce problème d’efficacité est également celui de l’Athletic contemporain. Ça fait des années que les Leones n’ont pas d’avant-centre digne de ce nom pour conclure les différences que font les Williams (quand ils sont en forme, ce qui n’est pas le cas cette année).
C’est vrai. On cherche le successeur aux Urzaiz, Llorente ou Aduriz.
Enfin toujours ce paradoxe avec Benito. Fou dangereux sur la pelouse, adorable en dehors. Dani qui finit par partir en vacances avec lui malgré leurs luttes acharnées. Un discours que tient aussi Asensi.
Après je me demande comment Kubala a pu rester aussi longtemps sélectionneur de l’Espagne en ayant aussi peu de résultats. De 69 à 80. Il n’est pour rien dans l’échec pour le Mondial 70, prenant le train en route, mais il ne passe pas le premier tour en 72, vaincu par l’URSS, se fait éliminer en match d’appui en 74 par la Yougoslavie. Bon, l’Espagne ne peut rien en quart de l’Euro 76 face à la RFA mais quand il accède enfin à la phase finale en 78 et 80, c’est franchement décevant.
Sympa cette série, dommage qu’elle soit déjà finie. J’aime bien quand tu parles de Liga, on sent qu’il y a de l’affect, parfois des souvenirs. Tu donnes plus de toi même (enfin, il me semble).
Forcément, c’est ma base avec le foot français. En plus sur cette série, je parle de mecs et de clubs que j’apprécie. Le Betis forcement, l’Athletic qui est dans mon quintet depuis toujours et même le Sevilla FC. N’ayant pas grandi à Seville, je n’ai pas d’animosité pour ce club. Son histoire est belle et j’ai plaisir à aller au Sánchez Pizjuan quand le beau-père de mon frangin me cède amicalement son siège.
J’espère que l’Athletic se maintiendra encore longtemps dans l’élite. Il est unique ce club.
Merci khia !
C’est Goiko en photo avec Dani ? Copa 1984 ? Je me demande si je vais pas en faire un article un de ces jours.
Oui, c’est bien lui et derrière, on voit Manu Sarabia si je ne me trompe pas.
Me souviens plus de l’origine de la fâcherie entre Sarabia et Clemente ?
Clemente considérait que Sarabia n’était pas assez travailleur et ce dernier est convaincu d’avoir subi un harcèlement moral pendant des années.
« Pendant quatre saisons, j’ai été victime de harcèlement au travail. Un conflit qui m’a placé au cœur de la tourmente, a lié mon nom à la plus grande crise de l’histoire du club et a fait du mot « polémique » un synonyme de ma carrière de footballeur. J’ai subi des abus, du harcèlement, de la part de Javier Clemente. C’était une situation absurde qui, au fil des années, m’a causé un stress psychologique énorme qui aurait pu me briser, mais cela ne s’est pas produit grâce à ma force et au soutien de mes proches.
Il a tout essayé. Me faire transférer, me faire sortir du onze de départ, me provoquer pour que je me livre sur un plateau d’argent, demander une amende à mon encontre, monter mes coéquipiers contre moi, saper le soutien des supporters et des médias par ses accusations et insinuations… Sa stratégie reposait sur l’espoir que je réagirais à l’une de ses nombreuses provocations, ce qui lui faciliterait grandement la tâche. Mais je lui ai tenu tête, je ne me suis pas laissé abattre, je n’ai pas accepté ses décisions arbitraires ni ses abus de pouvoir , mais je ne lui ai jamais donné la moindre raison ; je savais que ce serait ma fin. Et ce que j’ai dû endurer a été terrible.
J’ai enfoui mes souvenirs au plus profond de moi . Pendant plus de 38 ans, j’ai scrupuleusement respecté la décision que j’avais prise à l’époque de ne pas parler de cette situation et, surtout, de ne pas répondre aux provocations incessantes de Clemente durant toutes ces années . Je ne m’épanouis pas dans les disputes et les polémiques ; ce n’est pas mon genre. Et puis, je ne voulais pas alimenter la polémique, même si je sais que ce silence m’a nui. »
Bravo jefe!
J’aimerais bien faire un truc un jour sur le Rayo, club que j’aime bien mais j’ai pas d’inspiration. Vais pas faire un truc sur Hugo Sánchez parce que j’ai déjà le sujet qui m’intéresse avec lui. Peut-être Wilfred Agbonavbare, le gardien nigerian des années 90 qui était à mon avis meilleur que Rufai. Onésimo Sánchez qui était un peu ce qu’était Quique Setien pour le Racing Santander. Un talentueux chez un modeste… Oui mais non. Verano avait déjà fait un truc sur le Rayo il me semble…
Fernando Morena.
Encore un joueur dont je n’imaginais le poids, merci Khiadia.
J’ai lu l’article hier, tu évoquais un Brésil-Espagne….WC78, c’est celui-là? Si oui : l’Espagne n’y est pas mal du tout dans mes souvenirs.
Vu de loin, le déclin de la Roja m’a toujours paru globalement concomitant de celui de leurs clubs sur la scène européenne ; alors la responsabilité d’un Kubala, certes, probablement. Mais ne serait-ce plus profond, plus global?
Le RWDM qu’ils éliminent : grosse équipe.
Oui, l’Espagne méritait certainement la victoire face au Brésil mais ce dernier était encore en rodage. Et l’Autriche était également au-dessus.
Allez, on va essayer de faire un onze de l’Athletic, en respectant les postes.
Iribar
Iraola Alkorta Garay Del Horno
Zubieta Belauste
Guerrero
Dani Zarra Gainza
Iribar, pas de surprise. Ensuite Cedrun plutôt que Lezema. Mais il peut avoir débat. Zubi et Simon en réserve
En remplaçant d’Iraola, Orue, fidèle parmi les fidèles
Del Horno ? Pas convaincu par ce choix mais son début de carrière était vraiment intéressant. Larrazabal en rempla.
Garay, peut-être le meilleur défenseur basque de l’histoire. Alkorta plus que Goikoetxea. Alkorta etait plus technique et aussi puissant. Laporte dans la seconde unité.
En milieu défensif remplaçant, Javi Martinez et Ander Herrera, si importants dans l’épopée 2012 mais Zubieta malgré son départ précoce de l’Athletic, c’est un autre niveau. Cilauren dans la seconde unité.
Yeste en rempla de Guerrero. Ou Oihan Sancet actuellement.
Derrière Dani à droite, plus Nico Williams qu’Etxeberria. Nico devrait aller plus haut même si j’adorais Joseba.
Après Zarra, y a du monde…. Dans l’ordre, Llorente, Aduriz, Sarabia, Uriarte et Urzaiz. Mais je comprends tout à fait que l’on puisse mettre autre chose. Llorente me semble plus complet.
Et à gauche, derrière Gainza, Gorostiza évidemment même si Txetxu Rojo n’est pas à négliger.
Et encore je ne peux pas placer Venancio à droite ou Panizo à gauche.
Ni Pichichi…
Perso, au milieu, je prends le duo Maguregui-Mauri.
T’es plus au point que moi. Il me semblait que je ne les connaissais pas avant de taper leurs noms et tomber sur un de tes articles. T’es premier sur Maguregui ! Haha
Alex, de 66 à 76 disons, y a quand-même du matos. Iribar, Pirri, Amancio, Asensi, Gallego, Garate… y a de quoi avoir une bonne colonne vertébrale. Si tu ajoutes Txetxu Rojo ou Tonono, c’est pas si mal. Mais l’Espagne cède à chaque fois contre des meilleures équipes. 68, l’Angleterre, 70 tes compatriotes, l’URSS, la Yougoslavie ou la RFA successivement jusqu’en 76, y a pas de gros regrets à avoir. M’étonne juste que Kubala ait été conservé aussi longtemps avant d’avoir un minimum de succès. Ça dit énormément de son prestige dans la péninsule.
Ah mais tu prêches un convaincu, le matos premier restait qualitatif, si problème il y a à l’échelle nationale (car les clubs aussi sont en dedans) il n’est probablement pas à chercher de ce côté-là.
Les oppositions sont solides, tu as raison de mettre cela en avant, pas de honte à être sorti par ces nations-là dans ces timings-là. Mais, vieille marotte personnelle : je me demande si la « préparation » était à la hauteur de ce qui avait cours ailleurs ; c’est là que je voulais en venir.
Je sais que l’arrivée de Miljan Miljanic au Real en 1974 a été considérée comme un tournant pour ce club au niveau de la préparation physique. C’est que disent tous les ténors. Rien à voir avec les méthodes de Miguel Mun̈oz depuis 1960. Donc oui certainement. Si le Real avec son prestige était à la ramasse à ce niveau, on peut penser que les autres clubs étaient également en retard.
J’avais fait un texte sur Miljan Miljanic.
Yep, je m’en rappelais – et je viens de le relire, très bien.