Dop’ Ajax (2/4) – Le dealer

Suite et pas fin de notre série consacrée à l'anniversaire de la mort du footballeur Nico Rijnders, au dopage qui sévissait alors dans le sport néerlandais...et aux activités plus particulièrement du dealer d'Ajax, le médecin du sport John D Rolink.

Continent Europe Histoire Médical Rétrospective

Oui, je sais qu’on m’appelle « La Seringue ».

(Docteur John D Rolink, 1977)

Loin d’être un inconnu, John Rolink avait été au coeur du premier grand cas de dopage survenu dans l’Histoire des Pays-Bas : l’« Affaire Posthumus », du nom d’une nageuse néerlandaise engagée aux Jeux Olympiques de 1960, et que la presse de son pays diaboliserait après qu’elle eut remis, au médecin de sa fédération, deux colis jetés à la poubelle par sa compatriote Marianne Heemskerk…

Du premier, et grâce au concours du journaliste Arie Kleijwegt, il s’avérerait qu’il avait contenu des doses massives d’un produit interdit – en l’espèce de la méthyltestostérone, qui reste aujourd’hui l’un des dopants les plus puissants du marché. Quant au second, il en recelait encore de minutieux schémas d’administration, et même un reçu sur lequel, ainsi que le confirmerait un médecin de la Fédération néerlandaise de natation, figurait déjà le nom de l’obscur Docteur J. Rolink…

C’est qu’avant de se mêler de football, et plus singulièrement aux stupéfiants succès ajacides des années 1960 et 1970, Rolink s’était de fait forgé un nom au contact du judo, des échecs, de la natation et surtout du cyclisme – une discipline qu’il quitterait toutefois provisoirement à la fin des années 1960, quand l’Union néerlandaise entreprit de procéder à de premiers contrôles anti-dopage parmi ses rangs… Justification, alors, de l’intéressé : « Les contrôles sont menés d’une manière qui n’a absolument rien d’approprié ».

Cette déclaration ne prendrait tout son sel que quelques années plus tard, parmi les pages du magazine Voetbal International, quand Rolink y expliquera qu’il n’était « absolument pas question que la direction ajacide procède elle-même à des contrôles anti-dopage », car cette responsabilité incombait « exclusivement à la Fédération néerlandaise de football ». Avant d’affirmer en 1977, dans un ultime tour de passe-passe, que quand bien même la Fédération néerlandaise de football mettrait en place des contrôles antidopage, l’Ajax refuserait radicalement de s’y plier.

Pour qui en doutait encore, l’univers du cyclisme est combien moins hypocrite – et donc combien plus évocateur! – que ne l’est celui du ballon rond… Et ainsi, proche de ce Tom Simpson tombé sur les pentes du Mont Ventoux le 23 juillet 1967, son ancien équipier Jan Janssen, par ailleurs fort surprenant vainqueur du Tour de France 1968, et passablement courroucé par les empressantes questions nées, dans la presse néerlandaise, de la disparition plus que suspecte du coureur britannique, de défendre aussitôt la mémoire de son ami anglais, dans une déclaration mâtinée d’énervement assumé, de franchise décomplexée, et d’un indubitable et louable esprit de camaraderie :

« Il me manque tant… C’était un grand sportif, doublé d’un collègue formidable. S’il était dopé? Ce n’est pas prouvé! Et c’est ce que l’on entend dire à chaque fois!… et d’ailleurs j’en ai ras la casquette qu’un homme comme Anquetil, qui doit tant et tant au sport cycliste, se permette aujourd’hui de cracher sur l’ensemble du peloton, dans la foulée de la mort de mon ami Tommy! (…) Je ne vous cacherai d’ailleurs pas une seconde, et je vous le dis le plus tranquillement du monde, que moi aussi je reçois des piqûres… Oui, parfaitement : mes docteurs m’administrent des injections!… Rolink aux Pays-Bas, et Duhamel en France! »

Interview de Sieta Posthumus, à son retour des Jeux Olympiques de Rome : « La sportivité n’existe pas. » Accablée par la presse de son pays, la lanceuse d’alerte prendrait aussitôt sa retraite sportive, âgée d’à peine 24 ans.
24/07/1977 : « Le Docteur John Rolink ne collaborera pas à l’enquête scientifique sur le dopage, que le Comité médical de la Fédération compte entreprendre la saison prochaine. Il s’y refuse car, selon lui, l’enquête qu’envisage ledit Comité médical constituerait une atteinte à la liberté, à la dignité et à la vie privée de la personne humaine. »
Vainement affairé sur le corps inerte du cycliste Tom Simpson, victime d’un cocktail détonnant d’amphétamines et qu’il vient de placer sous une tente à oxygène, le Docteur Pierre Dumas deviendrait, avec le temps, l’un des pionniers de la lutte anti-dopage en France. Médecin officiel du Tour de France depuis 1951, il jouera un rôle décisif dans l’adoption en 1965 de la loi Herzog – première loi antidopage française, quoique postérieure de quelque dix ans aux règlementations qui, en Belgique puis en Italie et en Autriche, régulaient déjà la médecine sportive.

L’expérience

Quoique officiellement rangé des pelotons, le nom de John Rolink ressurgirait pourtant dans le cadre d’une petite expérience menée par les journalistes Trino Flothuis et Jean Nelissen, du temps où ce dernier était toujours coureur amateur, et n’avait encore vendu son âme au cruyffisme. Et le moins qu’on puisse dire, de cette plongée en eaux troubles que Flothuis rapporterait ensuite parmi les pages du Haagsche Post, est qu’elle produisit un effet détonnant dans la société néerlandaise – morceaux choisis :

« Bien que les stimulants aux Pays-Bas ne soient disponibles que sur prescription médicale, je suis parvenu à me faire injecter des produits dopants. Et cela grâce au médecin du sport Jessen, lequel, avec une gentillesse toute limbourgeoise, a daigné m’apporter son concours pour un test des plus sérieux, qu’il supervisa avec une extrême diligence sur le circuit d’Adsteeg – là même où, pour la sixième fois consécutive, viennent de se dérouler les épreuves du championnat national de cyclisme sur route. Avec son collègue John Rolink, le Docteur Jessen passe pour le plus célèbre expert ès dopage des Pays-Bas, et s’est incontestablement gagné l’estime unanime des athlètes et des soigneurs. Parmi les sportifs entrés dans sa clientèle, l’on pourrait par exemple citer le footballeur Willy Dullens ou le cycliste Eddy Beugels. »

« De sorte de bien marquer le coup, le Docteur Jessen nous conseilla d’effectuer d’abord le parcours, abrupt et long de 9,5 km, sans recourir au moindre dopant. Puis de nous ménager trois heures de repos avant de retenter l’expérience, mais cette fois après s’être fait injecter une potion dont Jessen, Nelissen et moi-même avions de conserve convenu : 7,5 milligrammes de Pervitine, soit une prise bien plus modeste, que ce que les coureurs utilisent habituellement. Je partis le premier : 15 minutes 6 secondes. Puis ce fut au tour de Nelissen, gros fumeur déjà à l’époque, et qui boucla le circuit en 17 minutes et 14 secondes. »

« Nous nous restaurâmes ensuite dans une auberge des environs, puis nous fîmes masser les jambes avec de la pommade chauffante Midalgan. Vers cinq heures enfin, nous étions de retour sur le circuit, pour nous soumettre à l’épreuve de vérité. Mais Nelissen n’ayant de toute évidence toujours pas récupéré, malgré ces quatre heures de repos que nous venions d’observer, c’est sur moi que le Docteur Jessen injecta d’abord le dopant, qui provoqua aussitôt une légère douleur. Puis il m’exhorta à partir sans délai tant, à l’en croire, ne tarderait à se faire ressentir l’action de la Pervitine. »

« C’est alors que survint un incident technique, qui donnera meilleure idée encore de la puissance de ce produit : tandis que la chaîne de mon vélo restait malgré moi bloquée sur le grand pignon, et me contraignait donc à devoir mobiliser des développements beaucoup trop durs (en l’espèce : le 52/14 et le 49/14), (…) une force étonnante étouffa pourtant mon désagrément ; je ne sentais rien. En temps normal, tout vous gêne quand vous êtes sur un vélo : le vent, la selle, les côtes… mais là, tout était d’une facilité déconcertante. J’éprouvais même du plaisir à tout donner, et mon enthousiasme et mon coup de pédale étaient d’ailleurs tels, que je remarquai à peine le virage au bout de la première ligne droite. »

« En semblables circonstances, cette seconde ascension eût dû être des plus pénibles. Et cependant, malgré ce saut de chaîne que je traînai comme un boulet de bout en bout, j’améliorai mon temps de quelque vingt secondes. Autant dire que, sans mes ennuis mécaniques, j’aurais certainement gagné une minute de plus. Mais le plus étrange était que mon pouls et ma tension étaient beaucoup plus élevés qu’à mon premier passage, et que je ne ressentais toutefois aucune fatigue. Plus tard, des témoins me rapporteront que j’étais inhabituellement loquace et vif, et que j’avais même les pupilles dilatées. Mais c’étaient là des signes que j’avais déjà remarqué à la descente de vélo de Nelissen, lequel, après avoir amélioré son temps d’une minute trente, semblait avoir gagné en agressivité ce qu’il avait perdu en self-control, et dont l’état d’extrême agitation perdura d’ailleurs à tel point que, le soir venu, cet homme d’habitude si placide se disputa sans raison avec le gardien de l’équipe de football du Fortuna-GVAV. »

« Nelissen, après cette deuxième course, avait de surcroît de la bave aux lèvres, que le Docteur Jessen rapporterait à une dépense énergétique excessive avant de préciser que, « étant donné sa condition, il n’aurait jamais été capable de boucler ce second tour sans recourir au dopage. »

Et pourtant Nelissen et moi ne ressentions toujours aucune fatigue, ce à quoi le docteur ne voyait pas la moindre malice : « Selon moi, si le dopage sportif s’effectue sous un contrôle médical permanent, il n’est pas plus dangereux que ne serait la prise d’un médicament. Tout médicament, que ce soit de l’opium ou de l’aspirine, est en soi toxique. Et cependant l’on y recourt à chaque fois qu’il y a lieu de soulager les gens. Pour maigrir, des centaines de femmes prennent chaque jour cinq milligrammes de Dexédrine, sans que quiconque n’y objecte quoi que ce soit. Aussi, je trouve que les sportifs devraient avoir accès à certains produits pour se débarrasser de l’inhibition du stress précompétitif, pour gagner en lucidité, pour ne plus ressentir la douleur, et ce faisant voire surtout pour repousser les limites de la fatigue. »

A l’avant-plan et paré de lunettes noires : le médecin du sport Thei Jessen, issu comme Rolink du monde du cyclisme, et tenu alors pour membre le plus éminent de la direction du Fortuna Sittard – qui baptiserait d’ailleurs une tribune à son nom, après qu’il eut succombé à une crise cardiaque à l’âge de 64 ans.
Cette puissante méthamphétamine, produite par les usines Temmler, disponible en vente libre à compter de 1938, et distribuée à hauteur de 35 millions de cachets parmi les troupes allemandes mobilisées sur le front de l’Ouest en 1940, permettait de se passer de sommeil durant deux jours et deux nuits – et, surtout, de ne pas ressentir la peur. Mais après avoir marché sans répit et combattu avec une stupéfiante agressivité, et préfigurant les troubles que rapporteraient une génération plus tard des dizaines de footballeurs néerlandais, les soldats seraient victimes de moult effets secondaires : crises d’angoisse, douleurs abdominales voire thoraciques, peur de ne pas retrouver le sommeil, impulsivité, convulsions, troubles graves du rythme cardiaque… voire insuffisance rénale ou hépatique, crise cardiaque et accident vasculaire cérébral, hyperthermie… et même décès dans certains cas.
Publicité des années 1940, promouvant la prise d’amphétamines par des femmes au foyer. Parmi les plus célèbres de ces comprimés amaigrissants, les substances actives les plus fréquemment mobilisées par l’industrie pharmaceutique consistaient au mieux en de la glande thyroïde séchée, de la phénolphtaléine (interdite en Occident dans les années 1990), et/ou de la benzocaïne… et sinon, au pire, en des cocktails d’amphétamines semblables au coupe-faim Fenfluramine, qui lui aussi serait interdit dans les années 1990 au regard de ses risques cardio-vasculaires particulièrement prononcés.
Liste des risques sanitaires induits par la prise régulière d’amphétamines. A raison d’a minima une pilule par jour pendant des années, et s’étant de surcroît agi de cocktails de pilules broyées et surdosées qu’il reconditionnait ensuite, c’est en définitive à des surdosages particulièrement sévères qu’auront été exposés les patients du Docteur John Rolink.

« Docteur Seringue »

Tour à tour conseiller des judokas Geesink et Ruska, des cyclistes Peter Post, Jan Janssen, Eddy Beugels (frappé d’Alzheimer à 60 ans), Joop Zoetemelk et Bert Oosterbosch (qui décédera d’une crise cardiaque à 32 ans), de moult nageurs et même du Grand maître échiquéen Jan Timman, c’est en 1964 et après une première expérience footballistique qu’écourtèrent les prudents dirigeants des Stormvogels, que le Docteur John Rolink répondit à l’offre de Jaap van Praag, fraîchement désigné à la présidence ajacide.

Savant-fou qu’on pût croire tout droit sorti d’un film d’horreur de série Z, qui comme Jessen mourra d’un arrêt cardiaque vers 65 ans après qu’une hémorragie cérébrale l’eut plongé dans un interminable état végétatif, Rolink se ferait non moins le chantre des vertus mélioratives de ces psychotropes interdits, qui dans un documentaire racontera d’ailleurs s’administrer de puissants cocktails d’amphétamines, quand lui venait de devoir raccourcir, pour le travail, le grand cycle obscur de ses nuits.

Les joueurs d’Ajax, pour leur part et à défaut parfois d’injections, se devaient-ils systématiquement, à chaque repas, d’ingérer de petites pilules mêlées à leur viande hâchée… mais dont les effets pouvaient être si puissants, que le pourtant robuste Barry Hulshof se plaindrait publiquement des conséquences nées de l’inconfortable digestion d’une infime pilule blanche, administrée un soir de match 1967, en vue d’un déplacement continental à Madrid… Mais ainsi qu’il ponctuerait son inquiète doléance : « Ca vaut le coup de passer par là, si tu veux devenir Champion du monde! »

Dix ans plus tard quand il daigna enfin s’entraîner et jouer pour Bastia, qui avait traîné à honorer sa prime de signature, c’est Johnny Rep qui, au gré d’un aller-retour express pour Amsterdam, solliciterait de John Rolink un « complément alimentaire » susceptible de pallier sa préparation physique tronquée d’avant-saison…

« L’Ajax », écrira Salo Muller dans une biographie parue il y a tout juste vingt ans, « était si performant physiquement que des rumeurs de dopage avaient commencé à circuler. Les joueurs étaient toujours si bons… Comment expliquiez-vous cela ? Avais-je une explication à ce phénomène ? Que faisait le docteur John Rolink avec les joueurs ? Leur donnait-il quelque chose avant le match ? Y avait-il une méthode particulière ? »

A dire vrai, et ainsi qu’il le confirmerait dès la saison 1967-1968 au micro du journaliste de Voetbal International Joop Niezen, cela faisait des années que Rolink ne cachait pas avoir recours à des substances interdites et traquées alors par l’Union Cycliste Internationale :

« J’assume mes responsabilités (…) : s’il y avait des contrôles antidopage, mes joueurs seraient positifs. (…) Mais je pense qu’il serait préférable d’autoriser les substances améliorant la performance sous la supervision d’une équipe médicale (…) ; je ne vois rien de mal à tester le potentiel de la science par ces moyens. Aussi, si l’on décidait d’introduire des contrôles antidopage dans le football néerlandais, je m’y opposerais catégoriquement. J’en ai d’ailleurs discuté avec la direction de l’Ajax : si un contrôle inopiné était effectué, je le trouverais tellement aberrant que je le refuserais. Quoi qu’il arrive ! »

Ajax, saison 1975-1976. En bonne place aux côtés du Président Jaap van Praag, qui en avait fait son premier transfert en 1964, John Rolink s’apprête à accueillir son ancien faire-valoir Rinus Michels, que l’on voit arriver parmi les journalistes Evert ten Napel et Matty Verkamman.
Bon client du Docteur Rolink, l’insoupçonnable Johnny Rep serait victime d’une très sérieuse alerte cardiaque, en 1987.
Rolink, debout à droite. Qui juge avec hauteur de l’état de santé de l’Ouest-Allemand Horst Blankenburg, à une époque où était encore habituel d’affirmer, dans le microcosme du football néerlandais, que « l’Ajax est devenu champion du monde sur prescription médicale. »

Le journaliste poursuivait : « Quand vous parlez de « responsabilité », faut-il entendre que vous administrez à vos footballeurs des produits qui, parmi d’autres pays, sont probablement déjà interdits en Belgique? »

Je ne sais pas exactement ce qui est interdit en Belgique, mais j’assume la responsabilité de tout mon suivi médical et de tout ce que je fais.

Parce que cela fait partie du suivi médical?

Exactement.

L’on entend pourtant régulièrement que les stimulants seraient inopérants dans le football, car ce sport n’implique pas de mouvements répétitifs, au contraire du cyclisme ou de l’aviron.

Eh bien c’est une idée fausse, car ces produits sont bien au contraire des plus utiles aussi pour la pratique du football. On peut par exemple donner certaines substances qui aident à éliminer la fatigue plus rapidement : elles sont administrées avant le match, de sorte que les substances responsables de la fatigue soient aussitôt neutralisées, ce qui améliore la condition physique. Mais il existe aussi des substances qui favorisent la récupération, et que l’on administre elles aussi avant les rencontres. En somme et pour l’essentiel, voilà très précisément en quoi consiste mon travail quotidien : compléter l’alimentation habituelle des joueurs, car il s’agit d’un sport de haut niveau. Et puis il y a enfin la question des fins de saison, où je m’emploie alors à trouver les moyens par lesquels lutter contre la fatigue, qui s’installe inévitablement après tant de matchs et une longue saison.

Joop Niezen reprenait : « L’on a observé des cas de cyclistes qui avaient perdu connaissance. Une dose trop élevée ? »

C’est possible. Mais généralement cela survient lorsqu’il y a mélange de stimulants, ce qu’on appelle un « cocktail ». C’est un vrai fléau. Cinq substances mélangées, ça peut être fatal. Ça peut entraîner des dommages permanents. Des problèmes de foie, la jaunisse…

Vous rendez-vous compte qu’en faisant ces déclarations, vous vous aventurez peut-être sur un terrain glissant pour les autres médecins ?

Je ne le crois pas. J’ai l’impression que tous les jeunes médecins travaillent comme moi. Eux travaillent avec certaines substances en dehors du sport. Tandis que, moi, je travaille dans le sport. C’est ma responsabilité.

Autrement dit : on en fait tout un plat ?

C’est ce qu’il me semble, oui. Je crois bien qu’on en fait tout un plat.

(…à suivre…)

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43 commentaires pour "Dop’ Ajax (2/4) – Le dealer"

  1. Alexandre dit :

    La photo principale, vous aurez reconnu Cruyff à gauche, bien sûr. Au centre : Rolink. Et, à droite, une autre figure-culte d’Ajax, mais bien moins connu hors les frontières NL : l’assistant Bobby Harms.

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  2. Khiadiatoulin dit :

    Rolink a quelque chose à voir dans l’éclosion du judoka Anton Geesink ? Le premier à avoir maté les Japonais ?

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    1. Khiadiatoulin dit :

      Haha. J’allais te poser la même question pour Jan Janssen…

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      1. Alexandre dit :

        Alors celui-là, Janssen……. mais il avait de l’humour, fût-ce involontairement (individu peu subtil..) : interrogé sur son sacre au Tour en 68, il repondit constamment que c’etait le plus propre jamais vu, disputé « à l’eau claire »….et il en voulait pour preuve que le parcours passait par des villes d’eau, humour hollandais si ce n’est qu’il a vraiment fini par le croire.

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    2. Guybrush Threepwood dit :

      Tiens Khia, sans rapport avec le sujet de l’article, mais j’y pense parce que je sais que tu es amateur de sportifs eux ayant sévi dans diverses disciplines.
      Ajoute à ta liste (s’il n’y est pas déjà ) Verner Eklöf, international finlandais durant les 20’s, et qui a participé aux JO d’hiver à la compet’ de combiné nordique.
      On le retrouve aussi lors d’un match d’une sélection viennoise en Estonie avec ses compatriotes Harald Elevuo-Belewitz et Aarne Linna (selon Rsssf, il s’agirait plutôt de Aarne Tolonen).

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      1. Khiadiatoulin dit :

        Merci Polster. On retrouve beaucoup de sportifs qui excellaient dans plusieurs sports dans les pays nordiques. Hockey, bandy, évidemment…
        En Italie, on a Bud Spencer, champion de natation et de water polo ! Quand on se foutait sur la tronche avec mon frangin, après avoir vu un de ses films, on aurait jamais imaginé ça !

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  3. Alexandre dit :

    Yep. Boosté aux amphets, le Anton. Les stars du sport NL se bousculerent assez tôt chez Rolink, fin 50’s c’est deja une affaire qui roule.

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  4. Hincha dit :

    Quand je pense à Cruyff et ses apôtres (Guardiola entre autres /monsieur Nandrolone) qui passent ou passaient leur temps à donner des leçons de morale sur le jeu, sur l’éthique etc….

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    1. Alexandre dit :

      Partie 3, c’est prevu 😉

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      1. Alexandre dit :

        NB : ce sera en définitive dans la partie….4 ; j’ai ajouté une partie pour les 20 ans du livre de Muller 😉

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  5. Verano82 dit :

    Je connaissais grossièrement le rôle de Rolink mais j’ignorais qu’il le fît au grand jour. Bien plus tard, à l’ère de l’EPO, Conconi (à moins que ce soit Cecchini ou Ferrari, je ne sais plus trop) avait exposé dans une interview pour L’Equipe les bienfaits de l’EPO sans complexe, tout en prenant soin de ne pas avouer qu’il en prescrivait à ses athlètes.

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    1. bobbyschanno dit :

      Les Néerlandais furent aussi en pôle, en ce qui concerne le dopage massif à l’EPO.

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      1. Alexandre dit :

        Et pas seulement en cyclisme. Un acteur décisif du recours à l’EPO dans les affaires du football, c’est le docteur du PSV Cees-Rein van den Hoogenband, père de..

        Eh, oui : le PSV vainqueur de C1 88 tournait à l’EPO.

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    2. Alexandre dit :

      Ah, je vous avais annoncé la couleur : c’était complètement décomplexé, au grand jour – ce que la partie 3 illustrera encore si besoin.

      Je me suis permis une liberté dans un passage plus haut, au chapitre « L’expérience », car quand je retranscris ceci : « Avec son collègue John Rolink, le Docteur Jessen passe pour le plus célèbre expert ès dopage des Pays-Bas »..

      Eh bien, en vérité, le reportage de Flothuis précisait plutôt ceci : « Avec son collègue John Rolink, le Docteur Jessen passe pour le plus célèbre expert DE LA LUTTE ANTI-dopage AUX Pays-Bas »……….

      Mais au regard de ce que Flothuis rapporte, et surtout en le lisant avec les lunettes déformantes du présent, je redoutais que cela n’embrouille la lecture, que les gens s’y perdent………car Rolink et Jessen, experts de la « lutte anti-dopage »??

      C’était en tout cas leur ligne de défense (car d’aucuns les attaquèrent! – j’ai déjà évoqué Salo Muller…….mais il y eut aussi beaucoup plus fort que lui ==> 3ème partie) : en évoquant les repoussoirs du dopage artisanal et non-maîtrisé du passé, c’est en tant qu’acteurs d’un encadrement professionnel et donc d’un mieux, qu’affirmaient se percevoir les Rolink, Jessen et tous les autres (j’ai identifié une bonne quinzaine de docteurs-dealers dans le foot NL des années 60-70, dont d’aucuns ont déjà été cités dans d’autres articles, Cf. Ab Rozijn et Jimmy van Rompu dans ma série consacrée au Go Ahead).

      A ceci près que leurs expériences et leur soif de lucre occasionnèrent possiblement plus encore de dégâts ( ==> partie 3) ; il n’y a rien à sauver du bilan de ces « savants »-fous (dont d’aucuns relevaient surtout de la charlatanerie..)………

      J’évoque Rozijn, actif notamment pour le compte du Go Ahead.. Lui, c’est lors des JO de 72 qu’il fut rattrapé par une histoire accablante de dopage……. ==> Un puits sans fond, car la fin justifiait tous les moyens (ce qui est très hollandais).

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    3. Sacha Modolo et Matteo Trentin dit :

      Un de ses clients s’appelait d’ailleurs Miguel I de Pampelune.

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      1. Alexandre dit :

        Pas sûr de comprendre, Sacha : Indurain client de Rolink? Si c’est ce que tu entends, je n’en ai aucune idée. Mais alors ce dut être à ses tout, tout débuts, car Rolink meurt en 87. Et de mémoire il n’a plus jamais pu quitter son lit après une hémorragie cérébrale survenue au printemps 83.

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      2. Sacha Modolo et Matteo Trentin dit :

        Non de Conconi.

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  6. Guybrush Threepwood dit :

    Pour les historiens du dimanche, l’une des grandes figures de la lutte antidoping en Autriche comme au niveau international a été un certain Ludwig Prokop, frère du fameux Gunnar (et du moins connu Otto.

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    1. Alexandre dit :

      Ludwig Prokop, c’est loin d’être n’importe qui comme personnage, tu fais bien d’en parler.

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  7. Alexandre dit :

    Question aux cyclix de France et de Navarre : le nom de ce Docteur Duhamel, chez qui Jan Janssen allait se faire piquer en France, vous dit-il quelque chose??

    Dans les grandes lignes cette série d’articles a 20 ans, à l’époque de sa rédaction j’étais parvenu à l’identifier……….mais j’ai perdu les maigres infos que j’avais pu grapiller à l’époque, et je n’en ai rien retrouvé.. ==> Ce Français parle-t-il à quelqu’un??

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    1. Sacha Modolo et Matteo Trentin dit :

      Jamais entendu parler. Mais comme dit précédemment, il a le nom de famille qui se prête au méfait.
      Anquetil prenait des trucs mais beaucoup moins lourds que son grand rival en début de carrière, Roger Rivière dont la carrière s’arrête brutalement sur chute (possiblement provoqué par les effets secondaires) et qui sera encore plus shooté ensuite pour combattre ses douleurs (ce qui le tuera). J’avais lu un article qui parlait du docteur Mabuse oeuvrant en sous-main, faudrait que je retrouve le nom.
      Même le sympathique Poulidor a avoué avoir pris des amphets.
      Pour Bobet, on ne sait pas trop mais son modèle c’était Coppi dont il a copié les recettes (sachant que ça incluait notamment la bomba). En tout cas il est mort très jeune d’u cancer.

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      1. Alexandre dit :

        Ahah, tu ne les aimes pas, les Duhamel.. Et moi non plus, les népotistes, bbrrrr….

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  8. bobbyschanno dit :

    Édifiant.
    Excellent dossier.
    Merci.

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  9. goozigooze dit :

    C’est étonnant comme c’est décomplexé.
    Mais en même temps le rapport au dopage a dû beaucoup évoluer aussi.

    Hyper interessant, merci Alex.

    Ça date de quand le premier organisme de lutte contre le dopage? Tous sports confondus?

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    1. bobbyschanno dit :

      Longtemps, les mecs ont parlé de dopage sans aucun problème. Dans le vélo, les forçats de la route d’Albert Londres ou Anquetil ne se gênaient pas. Et que dire des prises de strychnine dans les milieux hippiques et l’athlétisme…

      C’était su. Pas de problème. Ferrari et le jus d’orange que Verano évoquait plus haut… Pas de prob, Bob ! Dans le vélo, et même au-delà, la vraie prise de conscience c’est l’affaire Festina. C’est à la suite de ça qu’est créée l’AMA.

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      1. goozigooze dit :

        Ptain oui c’est tard l’AMA.
        Comme dossiers qui semblent avoir fait du bruit avant festina j trouve:

        Thomas Hicks (1904) Athlétisme Strychnine, brandy ce que tu évoquais d ailleurs.

        Tom Simpson (1967) Cyclisme Amphétamines, alcool

        RDA (1970-1989) Multi-sports Stéroïdes institution

        Ben Johnson (1988) Athlétisme Stanozolol

        Y a eu quelques questionnement avant, mais effectivement pas de prise de conscience d’ampleur 1vant tard.
        En même temps on tisait de l absinthe au troquet tu vas me dire et on prenait de la morphine en soirée, bon j exagère.

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      2. Alexandre dit :

        Avant Festina, la mort de Simpson a quand même été un premier et fameux choc, dans la foulée c’est un peu partout qu’on commença à parler de contrôles anti-dopage – dont Anquetil, qui en profita pour vider son sac : oui je me dopais, oui j’ai acheté des concurrents…….. ==> Pour ça que Jan Janssen (notamment..car les organisateurs d’épreuves aussi!) était furieux.

        NB, j’en profite : Anquetil adopta çà et là l’un des mêmes argumentaires que Rolink, tiens, je lisais ceci de lui en relisant mes notes : « les contrôles antidopage sont une atteinte à la dignité, à l’individualité, blablabla.. » ==> On jurerait Rolink, c’était rôdé, éhéh..

        C’est d’ailleurs dans le timing de la mort de Simpson que l’on commença à interroger un peu sérieusement les pratiques de Rolink aux Pays-Bas : il n’était plus si commode pour les fédérations de cyclisme de se cacher, de fuir le problème…….ni pour les médecins du sport de défendre voire promouvoir leurs pratiques sous couvert de « progrès » et de pratiques supposément saines car enfin encadrées, non : il était désormais devenu bien trop manifeste que ces produits-miracle tuaient!

        Aussi, quand Rolink fut sommé par sa fédération, à l’été 67, de donner l’une ou l’autre explications et qu’il répondit sans honte aucune « oh oui, j’ai administré des stimulants à Gerrie Bruin, Jan Janssen et Wim Koopman, mais vous dire de quoi il s’agissait, alors ça… »… ==> Ben ça commença à faire jaser, tant de désinvolture après la mort télévisée d’un homme?? Pour d’aucuns, Rolink commença peu à peu à devenir synonyme de problème, de malaise – on va en reparler.

        Jusqu’alors et pour ce qui est du cyclisme, les efforts étaient inégaux et restèrent longtemps désordonnés. Je l’évoque : la Belgique fut pionnière, mais moins par vertu que parce que ses cyclistes (surtout flamands) faisaient vraiment n’importe quoi, dopages artisanaux à gogo (les plus dangereux!), et qu’il avait fallu corseter les dérives….. C’est parce que le problème y avait été particulièrement prononcé que mon pays fut pionnier.

        A compter de la mort en direct de Simpson : plus personne ne peut se cacher. Je vais dire un truc affreux mais, quitte à mourir si jeune, peut-être aurait-il fallu que Rijnders subît son arrêt cardiaque sur la pelouse de Wembley pour qu’en football aussi le franc tombât d’un peu.. On se rappellerait de lui, au moins…………………….et Rolink n’eût médiatiquement voire socialement survécu au commentaire misérable que je lui ai lu, dans une archive, concernant ce qui était arrivé à Rijnders ce jour-là dans le vestiaire ajacide (on y reviendra)..

        Simpson n’a évidemment pas tout voire rien réglé, euphémisme. Mais au moins l’abcès était-il à certains égards percé, plus possible de faire semblant.

        Alors qu’en football……………. Rien que dans le foot NL, il y aura certes eu des Simpson par dizaines (que d’infarcs fatidiques dans la quarantaine, mazette..), mais ce furent des décès à retardement, après-carrière, pas médiatisés voire étouffés, moins marquants, pas la même drama.. La mort en direct c’est autre chose.

        Aussi, en football : la dangerosité et le caractère déloyal de ces produits avaient beau être connus, établis…… La belle affaire! Si bien que, là où la Belgique par exemple les interdisait et traquait : ben aux Pays-Bas non, et ce n’est donc qu’au tournant 70’s-80’s (!!!) que le football NL daigna enfin s’aligner sur ses voisins en la matière……………….avant de recommencer les conneries de plus belle avec l’EPO……

        A ce propos, constat : le moindre pic de forme du foot NL au XXème siècle (valable aussi pour les années 20!) est intrinsèquement, systématiquement lié à une domination NL sur le terrain du dopage.

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      3. AlphaBet17 dit :

        Pour le dopage, les deux Allemagnes étaient sur un pied d’égalité, pas besoin de revenir sur la RDA, ça serait tirer sur l’ambulance, mais la RFA, dans le cadre de l’enchaînement JO 72-CDM 74, aura sacrément poussé dessus, souvenir d’un médecin qui était aussi le docteur principal d’un club de BuLi, mais alors lequel…

        On en avait causé Alex, y’a quelques temps de ça, je sais pas si t’as le nom du gonze/son club.

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      4. Alexandre dit :

        RFA et NL alors à la pointe du dopage en Europe de l’Ouest, oui. Tant en savoir-faire qu’en usages.

        Au-dela d’un medecin ou d’un club ouest-allemand en particulier, lesquels ne manquerent pas : l’epicentre du doping ouest-allemand etait à Freiburg, au centre national de la medecine du sport, c’etait surtout institutionnel, une affaire d’Etat – diptyque que tu evoques oblige.

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    2. Alexandre dit :

      Décomplexé, Goozy?

      Tempérament NL, assez cash..

      Ca gardait valeur de progrès (pour ça que je tenais à glisser au moins une pub pour coupe-faim amphétaminique – et il y avait bien pire : les enfants aussi étaient ciblés par ce marketing!!!)..

      Et si des types comme Jessen ou Rolink communiquaient si volontiers : ben c’était aussi pour défendre leur beefsteak, éh..

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  10. Sacha Modolo et Matteo Trentin dit :

    Ces Duhamel sont décidément dans tous les mauvais coups.

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  11. Alexandre dit :

    Tonnerre de Brest : je devine à ces pouces baissés qu’un admirateur à l’identité maladivement confuse trépigne de recevoir enfin plus d’éléments quant aux rapports consanguins d’entre Caransa, van Praag, les frères van der Meijden….et même encore l’une ou l’autre figures des plus sympathiques.. ==> Erreur impardonnable que je vais donc m’empresser de réparer!

    Mais par où commencer, ça…………. Caransa et van Praag étaient juifs donc, mais contrairement à plupart des Juifs des Pays-Bas (dont 75% ne survécurent pas à la guerre – machinerie administrative NL oblige…..que d’ailleurs le très estimable Salo Muller s’employa à éreinter bien plus tard, j’y reviendrai) furent pour l’un (van Praag) cachés par des Néerlandais pendant toute la durée de l’Occupation, tandis que Caransa, marié à une Goy, accepta quant à lui de se faire stériliser pour échapper à la déportation. Puis, à la Libération, ils se refirent tous deux la cerise : Caransa officiellement dans l’immobilier quoique à dire vrai par des moyens complètement borderline (dont en s’entourant de brutes qui avaient collaboré), et van Praag en commençant par l’industrie du disque et du show-business.

    Je propose de commencer par van Praag, aka le Président et architecte de ce « Grand Ajax » pourri jusqu’à la moëlle.

    Sacha disait tout le mal que lui inspirait la dynastie Duhamel…….. ben ça tombe bien car van Praag c’est du même acabit, c’est un peu les Drucker des Pays-Bas, du népotisme pour ne pas dire du communautarisme à gogo : Beryl van Praag.. Chiel van Praag.. Marga van Praag.. Max van Praag.. J’en oublie!

    Une dynastie des médias à part entière, pour l’essentiel attachée au groupe audiovisuel VARA, lequel groupe avait été..collabo pendant la guerre, ça commence bien et c’est pas fini.

    Loin l’image d’Epinal de club-formateur, Ajax était alors, et de très loin, le club le plus dépensier des Pays-Bas, c’est à coups de millions de florins que l’équipe de Michels fut bâtie……….mais avec quel argent?? Le genre de questions qu’on ne pose jamais en matière de football, or c’est toujours intéressant.

    Officiellement, il venait du susmentionné Caransa. Sauf que van Praag lui-même a toujours préféré éluder la question ; les montants investis étaient tellement délirants qu’ils étaient en soi insoutenables, bref et de manière générale van Praag préférait ne pas communiquer là-dessus, l’anguille sous roche était trop manifeste.

    Ceci dit : Caransa avait-il vraiment les reins si solides?

    La vérité est que lui-même n’était rien plus qu’un voyou et un escroc qui, quoique juif, s’enrichit durant et grâce à la guerre avec le concours de collabos au grand jour parmi lesquels le…..beau-père de Cruyff Cor Coster!!! (sympathisant SS avec qui Caransa avait sympathisé, et avec qui Caransa s’enrichit en volant les Juifs et résistants en cours d’expulsion). Après-guerre, Caransa dut évidemment se reconvertir et sa fortune (bien réelle) tiendrait alors plutôt à un mix de combines et de délits d’initiés en tous genres – mais pas que (on va y revenir).. Le fait certain : l »immobilier n’était qu’une façade aux fins de blanchissement d’argent et, à dire vrai, pour ce qui était du financement d’Ajax : c’est Caransa lui-même qui était une façade.

    En fait les millions engloutis dans Ajax venaient en tout et pour tout de la cassette personnelle des frères van der Meijden, lesquels s’étaient reconvertis dans le bâtiment civil après s’être enrichis en collaborant avec l’occupant pour la construction du pan néerlandais du Mur de l’Atlantique – lui-même financé pour bonne partie (pas seulement) par aryanisation/spoliation des biens des………..Juifs (le circuit de l’argent avait été le suivant : ces mannes financières alimentaient le trésor de guerre nazi.. puis étaient affectées à l’effort/économie de guerre.. parmi lesquels projets la construction du Mur de l’Atlantique..et donc les rutilantes affaires des frères van der Meijden).

    Bref : la victime (sa famille fut décimée) juive du nazisme Jaap van Praag mobilisa la fortune d’un duo qui s’était enrichi par la spoliation (notamment) des Juifs………mais comme si ce n’était déjà assez lamentable ainsi, et puisque les supporters d’Ajax ne voulaient pas entendre parler de ces deux types, que fit van Praag?

    Eh bien il laissa croire que c’était bel et bien le juif Caransa qui finançait le club, quand bien même c’étaient les frères collabo van der Meijden………………mais le plus beau est encore à venir : en fait Caransa connaissait très bien ces deux frères!!!

    Dès la fin de la guerre, et à l’initiative de son comptable (juif, lui aussi), Caransa était entré en rapport avec les van de Meijden……….et c’est surtout ainsi, déjà, qu’il devint richissime : en leur servant de prête-nom! Grâce à l’argent sale des van der Meijden, Caransa put lancer de nombreux projets – dont put parfois être prouvé qu’ils procédaient de paiements occultes par les infréquentables frères collabos.

    C’était ça, l’activité réelle de Caransa : un blanchisseur. Ses associés les plus réguliers (non les seuls : diamantaires, banquiers..) étaient les van der Meijden……………..et le restèrent donc aussi du temps où il «  » »finança » » » Ajax ; plusieurs observateurs furent catégoriques : Caransa n’a jamais investi un florin de sa poche dans Ajax, TOUT provenait, via lui, des frères van der Meijden. Mais Caransa s’en gargarisait, c’était son rôle, il était payé pour ça…………..et van Praag laissait dire..

    Voilà, je crois, qui devrait mériter un pouce levé cette fois-ci!.. 🙂

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    1. Alexandre dit :

      De la dynastie médiatique van Praag, j’oubliais par exemple que même la figure la plus populaire de la télé NL est liée à leur famille : Chantal Janzen. Mais elle c’est par alliance, on peut dire qu’elle a bien mené sa barque – même si les van Praag me semblent avoir perdu énormément d’influence (sur le plan médiatique ce n’est plus guère qu’une famille bien implantée dans le système, rien plus).

      S’il y a une famille à épingler, registre contrôle des médias aux Pays-Bas : les De Mol, du groupe Endemol, tiens : remember une illustration de ma série consacrée à van Beveren..

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    1. Alexandre dit :

      Ah ah, je ne m’en lasserai jamais, on dirait un sketch.. Tu as bien fait de repasser, les images valent tous les commentaires..

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      1. Dip dit :

        Salut Alex!
        Je savais que ça allait te plaire 😀

        Merci pour le papier, je l’avais lu dans le temps mais on ne s’en lasse jamais héhé

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  12. fred45160 dit :

    Bonjour !

    Merci pour cet excellent article qu’un ami m’a fait découvrir.

    C’est rigolo de voir, aussi, que c’est Maurice Herzog qui a donné son nom à la première loi française, en tant que premier Secrétaire d’Etat au Sport de De Gaulle. Herzog, l’Annapurna, et sans doute aussi, un petit coup de pouce du médecin alpiniste de l’équipe « nationale », Jacques Oudot :
    https://summit-day.com/dopage-litterature-alpine/
    Oudot avait d’ailleurs du « innover » pour prendre en charge dans des conditions catastrophiques les amputations d’Herzog et Lachenal : Raynal Cécile. Détournement d’indication de la Novocaïne sur l’Annapurna [Nouvelle question, XLI Pharmacie et alpinisme]. In: Revue d’histoire de la pharmacie, 91ᵉ année, n°338, 2003. pp. 349-352. http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_2003_num_91_338_5549

    On pense souvent que les médicaments répondent à une indication, mais c’est bien souvent l’inverse, quand on regarde la « biographie » d’une substance : elle « trouve » souvent ses indications plus tard une fois autorisée sur le marché, ce que l’on peut qualifier ensuite de « prescription hors-AMM » légalement, mais qui est aussi à la base des usages comme ceux du dopage.
    D’ailleurs, la fenfluramine, mentionnée dans le texte, est à la molécule à l’origine de l’Isoméride (interdit dans les 90s) et du Médiator, dont le détournement, hors-AMM, comme coupe-faim aura été le fond de commerce des laboratoires Servier au prix humain que l’on connait.
    Merci en tout cas !
    Fred

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    1. Alexandre dit :

      Merci pour ces commentaires, béquilles bienvenues pour ces limites médicales que je me confessais! (mon propos n’a pour toute ambition que de débusquer les hypocrisies – et on a l’embarras du choix en matière de football 🙂 ), tes compléments sont d’ailleurs d’autant bienvenus que, il faut aussi garder cela à l’esprit : il y a évidemment des zones grises (quand un produit devient-il un médicament? un dopant?), sans compter que serait trompeur de considérer le passé avec les lunettes du présent.

      Ceci dit, dans le cas d’espèce – et Rolink le clama d’ailleurs régulièrement : le caractère illicite de ses pratiques ne faisait pas un pli, c’était notoirement déloyal et frauduleux, ces produits étaient officiellement interdits par d’autres fédérations sportives néerlandaises, ou pour ce qui était du football dans plus d’un pays voisins……………. C’est un mix de cynisme et de complaisance institutionnelles qui permit à Rolink et ses acolytes de sévir de la sorte, au grand jour. Quant aux risques sanitaires : l’innocence avait pour de bon été perdue avec Simpson, mais ça ne pesait pas lourd face au chauvinisme des uns, et à la cupidité des autres..

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  13. fred45160 dit :

    ça éloigne un peu du foot, mais ça rappelle quand même aussi Les forçats de la route d’Albert Londres…
    (…)
    Les Pélissier n’ont pas que des jambes ils ont une tête et, dans cette tête, du jugement.

    -Vous n’avez pas idée de ce qu’est le Tour de France, dit Henri, c’est un calvaire. Et encore le chemin de croix n’avait que quatorze stations, tandis que le nôtre en
    compte quinze. Nous souffrons du départ à l’arrivée. Voulez-vous voir comment nous marchons ? Tenez….
    De son sac, il sort une fiole :
    -Ça, c’est de la cocaïne pour les yeux, ça c’est du chloroforme pour les gencives…
    -Ça, dit Ville, vidant aussi sa musette, c’est de la pommade pour me chauffer les genoux.
    -Et des pilules? Voulez-vous voir des pilules? Tenez, voilà des pilules.
    Ils en sortent trois boites chacun.
    -Bref ! dit Francis, nous marchons à la « dynamite »
    (…)
    [Albert Londres, « Les frères Pélissier et leur camarade Ville abandonnent, » Le Petit Parisien,
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k605794c/f1.item.zoom%5D

    Il y a un papier intéressant là :
    Patrick Mignon, « The Tour de France and the Doping Issue », International Journal of the History of Sport, juin 2003, vol. 20, n° 2, p. 227–245.
    https://insep.hal.science/hal-01697488

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    1. Khiadiatoulin dit :

      Salut Fred. Bienvenue ! Juste un petit truc. Tes posts sont partis en attente de modération parce que tu mettais plusieurs liens sur le même post. Word Press n’accepte qu’un seul par post et fait toujours ça. Petite astuce l’ami !

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      1. fred45160 dit :

        Merci ! Je suis un peu une buse, j’avoue, mais à l’eau claire !

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      2. Khiadiatoulin dit :

        Tu sais Fred, on a mis du temps à le comprendre. Donc bienvenue chez les buses ! Haha

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