En 1991, à l’occasion du centenaire de la création du basket-ball par James Naismith, la FIBA regroupe des experts chevronnés afin d’élire les 50 légendes de ses compétitions. Si on retrouve sans surprise les Sabonis, Oscar Schmidt, Dražen Petrović ou Sergueï Belov, un nom attire particulièrement l’attention, celui de Willy Steveniers. Un Belge. Un Belge, parmi les cadors des nations traditionnelles ? Et quand on se penche un peu sur la carrière du sieur Steveniers, on découvre qu’il prit la relève de Radivoj Korać au Standard. L’icône Korać à Liège ? Deuxième stupéfaction… Car nul besoin d’être un spécialiste pour savoir que le Plat Pays n’est pas un poids lourd de la discipline et qu’il ait eu dans ses filets la plus formidable arme offensive des années 1960 a de quoi surprendre. C’est cette histoire que je vais tenter de vous narrer aujourd’hui, ce passage de relais entre celui qui enfilait les paniers aussi vite que les constats et l’homme qui fit d’Anvers, sa ville de naissance, un immense playground..
« C’était une star du rock’n’roll avant même que le rock’n’roll n’arrive en Yougoslavie. » Gordan Matic, réalisateur du film Korać
Korać est réputé pour détenir la plus belle collection de vinyles de Belgrade de son temps, souvenirs de ses nombreux voyages, on lui attribue fréquemment la découverte des Beatles dans l’ancienne République Socialiste. Žućko, le roux, est un homme cultivé et lettré, biberonné à la prose des James Joyce, Norman Mailer et William Faulkner, qui ne raterait pour rien au monde les premières au théâtre national. Il est surtout un formidable joueur de basket, un pionner sur cette terre balkanique à qui il va transmettre cette passion dévorante qui ne la quittera jamais plus. Avant lui, la Yougoslavie vivotait dans un relatif anonymat, à la suite de son éclosion, elle va tutoyer les sommets. J’ai bien dit tutoyer… Car si Korać finit quasiment systématiquement meilleur scoreur des compétitions auxquelles il participe, il ne remporte jamais le graal. Breloques en argent à l’Eurobasket, au Mondial ou aux Jeux olympiques, Žućko est un roi sans couronne, lui l’incontestable ténor du Continent.

Žućko, malgré une taille modeste, est un tueur, capable des plus grands exploits, comme lorsqu’il inscrit 99 points en Coupe d’Europe, face au pauvre Alvik BK Stockholm. A une époque où la ligne à trois points n’existe pas encore… Ses entraîneurs et coéquipiers aiment à raconter qu’il parait lent et maladroit au premier abord, comme indifférent au monde alentour. Il est tout le contraire. Rapide, puissant, gaucher et doté d’une excellente détente. Outre son incroyable capacité à marquer de n’importe quel endroit du terrain, son arme principale est le rebond, Korać, modèle d’humilité et d’abnégation, est un ovni en Europe et devient immensément populaire. Et pas uniquement auprès des passionnés de la balle orange. C’est pourquoi son arrivée en Belgique, en 1967, est totalement inattendue.
Inattendue pour notre regard contemporain, certainement. Pas pour celui des années 1960. Le basket connaît alors un essor extraordinaire outre-Quiévrain qui incite les habitués des stades à fréquenter les gymnases les plus miteux. Malines et l’Antwerpse dominent les débats, les fans d’Anderlecht soutiennent le Royal IV tandis que les Rouches s’enthousiasment pour la section basket. Albert Tilkin, son président, est à Cointe, ce qu’est Roger Petit pour Sclessin, un visionnaire. Riche homme d’affaires, subtil, intelligent et audacieux, il a de grands projets pour son Standard et use de ses excellentes relations avec le président de l’OKK Belgrade, Miša Trgovčević, afin de le convaincre de lui prêter son joyau pendant deux saisons. C’est ainsi que la perle Žućko rejoint la colonie d’athlètes yougoslaves de Liège, les footeux Milan Galić, Veljko Naumović et Miša Smailović avec qui il censé suivre les cours de langue de Madame Benoit. Cours qu’il est le seul à suivre assidûment, Korać maîtrise le français en quelques mois.
Sa patrie ne l’a pas oublié pour autant et les reportages narrant son quotidien se multiplient. On y apprend que Korać apprécie la vie nocturne locale, qu’il lorgne sur le téléviseur promis au meilleur joueur du championnat et que Albert Tilkin lui a offert une Volkswagen rutilante en guise de bienvenue. Un cadeau empoisonné selon eux : « Nous sommes tous d’accord pour affirmer que Korać est devenu un véritable Belge, qu’il maîtrise déjà parfaitement le français, mais vous partagerez certainement notre avis sur le fait qu’il est le dernier conducteur du pays, quand nous vous raconterons ce qui suit… Lorsqu’il est venu nous chercher pour nous emmener au match dans sa Volkswagen, il y avait deux grosses bosses sur chaque portière. On s’est dit : C’est la faute des conducteurs belges imprudents ! Mais on a vite changé d’avis après les cent premiers mètres, quand le moteur de notre Žućko a calé. Il a voulu faire marche arrière et a percuté la voiture devant lui, immobilisant derrière lui une file d’une cinquantaine de voitures. À notre question sur la façon dont il avait obtenu son permis, Žućko a répondu timidement : En Belgique, on peut avoir le permis sans passer d’examen ! Après le match, nous sommes rentrés à l’hôtel en bus… »
Si il n’est pas le successeur désigné de Jacky Ickx, la personnalité de Korać plaît et il est invité à la télévision belge. Entre anecdotes sur sa carrière et discussion courtoise, on lui dévoile un panier de fortune et le présentateur lui demande combien il mettrait de lancers francs sur 100 tentatives. Žućko répond modestement 80, le présentateur le prend au mot et notre Serbe s’exécute. Sur les 100 lancers francs, grâce sa technique hideuse mais diablement efficace de tir en cloche des deux mains, il n’en rate pas un seul… Comme prévu, le Standard remporte son premier titre en 1968 et débute son âge d’or. Et comme de coutume, Korać échoue en finale des Jeux Olympiques de Mexico, avant de signer en Italie, à Padoue, afin de préparer au mieux le prochain Mondial qui se tiendra en Yougoslavie. Inutile de souligner qu’il finit meilleur scoreur du championnat… À l’été 1969, à la suite d’un amical de sa sélection, il quitte Sarajevo, le cœur léger, au volant de cette fameuse Volkswagen offerte par Tilkin. Il est suivi par un autre véhicule conduit par l’entraîneur Ranko Zeravica et où trouve place sa deuxième épouse Zaga. À quelques kilomètres à peine de Sarajevo, près de Kamenica, Korać souhaite doubler une voiture en montée. Le conducteur devant lui refuse d’obtempérer. Il s’énerve et tente le passage en force lorsqu’un camion surgit sur la voie opposée. A 30 ans, Žućko, le plus grand basketteur européen enfanté jusqu’à alors, décède tragiquement, victime de son inconscience. Sans se douter de la gloire qui attend son ami Ivo Daneu, quelques mois plus tard. Une consécration mondiale qui s’est obstinément refusée à lui mais qui porte néanmoins son sceau…

« J’ai toujours été arrogant. » Willy Steveniers
Lorsqu’il a fallu trouver un remplaçant à Korać, parti découvrir les plaisirs de l’Italie, Tilkin et le Standard n’ont pas eu à réfléchir longtemps. Ils ont pris l’étoile du basket belge, Willy Steveniers, et ont épousé son caractère pour le moins bordeline. Steveniers vient de se faire lourder du Racing Malines pour indiscipline, malgré ses multiples faits d’arme, et n’a aucune intention de changer de comportement. Il fume comme un pompier, boit, court les jupons et réalise des gestes inconnus sous ses latitudes…
Résumer l’existence de Steveniers ressemble à une tempête en haute mer. Gamin du quartier interlope de Schipperskwartier, à Anvers, Willy se fraie un chemin entre prostitution et dockers. Il n’a quasiment aucun contact avec sa mère, son frère et sa sœur, son paternel est un dur. Un boxeur qui n’a de cesse d’humilier ce gringalet qui lui fait honte auprès de ses compagnons de ring. Willy est pourtant tout sauf une mauviette. Doué pour tous les sports, il excelle aussi bien en boxe qu’en cyclisme et se permet un jour de devancer le grand Rik Van Steenbergen sur un tour de piste. Mais c’est sur la petite place du Veemarkt, entre les cafés, au grand dam des riverains, qu’il donne la pleine mesure de son talent. En autodidacte du basket, individualiste, frondeur et imaginatif :« Je m’entraînais seul toute la journée, sans entraîneur, cinq ou six heures d’affilée. Jouer en équipe ne m’intéressait pas. À mes débuts, j’étais pauvre techniquement, mais physiquement, j’étais exceptionnel. »
L’ado Steveniers est convaincu d’être à part. Et la foule qui s’entasse religieusement sur la place Veemarkt pour assister à ses exploits lui donne raison. Sa vie n’en demeure pas moins chaotique. Il se fait virer quelques temps du ZaZiKo pour un vol qu’il n’a pas commis et découvre que son père couche avec sa copine du moment. Willy quitte le domicile familial, il a 15 ans, erre dans les rues d’Anvers, avant de trouver refuge chez une bénévole du ZaZiKo chez qui il restera jusqu’à sa majorité. Le sport lui offre son unique bol d’air, son aisance alimente les brèves de comptoir : « C’était la seule chose que j’avais. C’est ce qui me différencie de Rik Coppens. Rik venait d’une bonne famille, moi de la rue. Pour lui, ce n’était pas une nécessité, mais pour moi, si. Je n’avais pas le choix. »

Du haut de son mètre 80, Steveniers allie technique, force et vitesse. Capable de démarrage en trombe, il est le maître des airs, n’utilisant que sa main gauche depuis une chute malheureuse du deuxième étage, ayant ôté toute sensibilité à la droite. Sa notoriété dépasse le cadre du port marchand et le journaliste Bob Geuens lui arrange un essai avec les Knicks de New York en 1961. Événement inenvisageable à l’époque. Willy refuse toutefois l’invitation et le regrettera amèrement, lui qui est persuadé d’avoir refilé quelques tours de passe-passe au fameux meneur, d’origine française, des Boston Celtics, Bob Cousy : « J’étais la star ici à Anvers, je pouvais me permettre n’importe quoi. Pourquoi aurais-je renoncé à ça pour quelque chose que je ne connaissais pas ? Je trouvais ça trop risqué. Personne ne traversait l’Atlantique… Je suis néanmoins convaincu que j’étais le meilleur joueur du monde dans ma catégorie. J’ai même fait un entraînement ici à Anvers contre celui qui était censé être le meilleur petit de l’époque, Bob Cousy , la star des Boston Celtics… Allons donc ! Quelle vaste blague. J’étais tellement rapide et techniquement fort que je jouais déjà comme ils ont commencé à jouer au basket bien plus tard. J’ai inventé ce mouvement de dribble avec le ballon dans le dos, par hasard, lors d’un match international contre la Suisse. L’arbitre a sifflé une faute de déplacement car il ne comprenait pas ce qu’il voyait. Ce n’est qu’après coup qu’on a découvert que Bob Cousy le faisait aussi, et on a commencé à donner son nom au mouvement. »
Désormais sous les couleurs du Racing Malines, avec qui il accumule les titres, Steveniers, passablement éméché, se permet de demander au Roi Baudouin si « sa camisole protocolaire n’est pas lourde à porter » et fait son trou chez les diamantaires de sa ville natale depuis qu’il a pris la défense du fils Ferstenberg lors d’une rixe de pochtrons. Un milieu fermé qui lui enseigne comment se vestir et penser, Willy prend goût à l’argent et accepte avec joie la proposition d’Albert Tilkin en 1968. Pendant trois saisons à Liège, il régale les fans du Country Hall, nouvelle enceinte du Standard ayant remplacé le vétuste gymnase de Cointe, de ses prouesses et anecdotes. Comme celle de son pari gagné de réduire le superbe Nino Buscato de Badalone à moins de 10 points ou d’enlever son plâtre à son poignet pour en coller 35 à l’adversaire. Le Standard ne fait rire personne, accède au dernier carré européen et croise le fer avec le Real Madrid de Saporta qui concède à Willy qu’il est certainement le meilleur joueur européen du moment mais que son attitude est incompatible avec le dress code exigé par la Maison Blanche. Ce qu’admet piteusement Steveniers…

A 33 ans, la flamboyance parfois agaçante de Willy disparaît subitement. Il boit plus que de raison et assiste sans recours à la toxicomanie de son fils aîné. Cette impuissance le tue. Toujours le même rituel. Deux ou trois apéritifs à chaque repas, puis une ou deux bouteilles de vin, dix Irish Coffees, avant de se finir à la tequila. Une longue descente aux enfers, à vider Anvers de ses bouteilles, jusqu’à la rencontre miraculeuse de sa deuxième compagne. Une résurrection, qui fait sa fierté, non sans conséquence, Steveniers s’éloigne peu à peu de ses autres rejetons, reproduisant bien malgré lui l’héritage paternel. Bon pied, bon œil, à 87 ans passés, il est une mine d’or sur le basket de son temps et conserve l’assurance et la gouaille de ses vertes années. C’est un pur régal de lire ses entretiens. Car avant d’être le plus fabuleux joueur de basket de son petit pays, Steveniers est un Sinjoor. Un vrai de vrai…
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Vais animer la section. Je sens que je vais être seul. Haha
La liste des 50 de la FIBA en 91.
https://en.wikipedia.org/wiki/FIBA%27s_50_Greatest_Players_(1991)
Alors elle est intéressante car elle a été faite avant la folie NBA qui débute avec la Dream Team et que très peu de joueurs FIBA ont joué dans la Ligue. Liste plutôt bien faite.
Pour les Français, on retrouve Beugnot et Gilles. Logique. Le joueur de l’ASVEL est encore à cette époque le meilleur joueur de l’histoire et Beugnot était un pivot dominant des années 50. Dans les mentions, on doit sûrement avoir Jacques Cachemire qui était l’idole des années 70.
Le Brésil est bien représenté, c’est complètement mérité. Le pays a été 2 champion du Monde en 59 et 63, comme au foot, et les Ubiratan, Amaury Pasos ou Wlamir Marques sont une grande génération. Schmidt est au moment du vote l’une des star du basket FIBA.
Drew Gaze? Pourquoi pas. En 91, ça me paraît un peu tôt mais il est du dernier carré 88, 96 et 2000 aux J.O. Mine de rien, l’Australie existait avant la génération Patty Mills.
Atanas Golomeev, seul bulgare, 2 fois meilleur marqueur de l’Eurobasket. Uniquement dépassé de nos jours par Sacha Vezenkov.
Pour l’Espagne, les deux hispano-américains, Luyk et Branbender, gloires du Real et membres de l’équipe finaliste de l’EuroBasket 73. C’est le début de 50 ans du bon niveau, voire d’excellence pour la Péninsule. Buscato qui faisait parti du groupe est également présent. On retrouve ensuite la meilleure génération avant celle de Gasol, celle des années 80. Finaliste en Europe en 83, à Los Angeles l’année suivante. Les Epi, Fernando Martin, un des premiers européens en NBA, à Portland, le meilleur espagnol jusqu’à Gasol, Corbalan, le meneur du Real. Plutôt que Corbalan, j’aurais pris Sibilio de la même génération. Un Dominicain qui jouait pour la Roja et qui a permis, avec Epi, au Barça de devenir une grosse puissance. Pour Villacampa, 91, c’était certainement trop tôt.
Chez les Grecs, Galis évidemment, la plus grosse machine à marquer du continent, uniquement dépassé par Giannis, et Kolokithas qui est le patriarche du basket local. La folie qui embrasé le pays vient de lui. Mais oublier le général Yannakis… En 87, quand la Grèce gagne son premier titre et que l’Aris devient une force continentale, c’est grâce à son duo Galis-Yannakis.
Je passe sur les membres hongrois et Tchèques que je ne connais que vaguement.
Miki Berkovich pour Israël, oui. Miki, c’est le Maccabi qui gagne ses premières Euroleagues et l’argent à l’Euro en 79. Pour moi, il est toujours numéro 1. On va voir ce que va faire Avdija qui est un super joueur actuellement.
Un American, n’ayant joué pour aucune sélection européenne, mais vital pour la domination de Varese et Meneghin dans les années 70, Bob Morse. Oui. Ils auraient pu mettre le meilleur mexicain de l’histoire, Manuel Raga, qui était de cette génération.
Gros bémol. Jānis Krūmiņš n’est pas présent. Incompréhensible. Jānis Krūmiņš, c’est le premier big men dominant du Continent. Riga a été plusieurs fois champion d’Europe grâce à lui. L’URSS idem. Je ne comprends pas…
Lituanie. Le patriarche du basket lituanien, c’est Paulauskas. Or à Munich. C’est l’exemple à suivre pour les Sabonis et Marciulionis qui sont évidemment présents. La Lituanie avait été championne d’Europe dans les années 30 mais son renouveau part de Paulauskas.
Slovénie. Daneu. Dont je parle dans l’article.
Pour moi, au-dessus d’un Dragic, donc le plus grand jusqu’à Doncic. Daneu, c’est l’âme des Yougos, avec Cosic, qui remporte enfin l’or au Mondial 70 et qui ne va plus jamais redescendre.
Chez les Russes, les deux Belov, Alexander et Sergei, Myshkin, superbe ailier des années 70. Sergueï est choisi comme le numéro 1 toutes catégories en 91 par la FIBA. C’est pas immérité à ce temps T mais Petrovic et Arvidas sont la révolution du basket européen.
Pour l’Ukraine, Sacha Volkov, oui. Il est la 3ème lame de l’or à Séoul mais comment ils ont pu oubliér Vladimir Tkatchenko ? Une montagne qui a dominé le continent, fin des années 70-debut des années 80, avec sa tête de méchants dans James Bond ? Une honte !
Bosnie. Delibasic dont j’avais fait un texte avec Susic sur leur année 79. Mirza, c’est la délicatesse. Un joyau dans cette immense génération yougo.
Croatie. Skansi, figure du titre mondial en 70 et surtout Cosic. Cosic, c’est le meilleur pivot européen avant l’éclosion de Sabonis. Des titres à la pelle avec la Yougoslavie. Un mec, chose rare, qui est parti joué en NCAA dans les années 70, et qui était chaque année dans le 5 majeur universitaire. Le premier qui aurait du jouer en NBA et qui s’y serait imposé, aucun doute.
Une place a été faite pour Kukoc et Radja évidemment. On est en pleine domination de la Jugoplastika. Et pour mon joueur préféré, Petrović. Aucun débat.
Enfin les Serbes. Korac, sujet de mon texte du jour. Que rajouter ? Divac, qui est gamin en 91, mais qui a déjà toute sa place. Et Des membres de la génération fantastique des années 70. Le petit meneur Slavnic, qui était une boite à invention. Et le duo letal moustachu Dalipagic-Kicanovic… Des machines. Des caractères. Des talentueux, Dalipagic aurait pu jouer à Boston. Des mecs immenses…
Oula, failli zapper l’Italie. Meneghin, un acteur de péplum. 7 Euroleague avec Varese et Milan. L’Euro en 83, l’argent en 80. Le meilleur italien de l’histoire, point.
Marzoratti et Riva, de cette génération 80, double champions d’Europe avec Cantu.
Enfin pour Puerto Rico, plus que Cruz, j’aurais pris Vicens. Meilleur joueur du Mondial 59. Si l’île est folle de basket, c’est grâce à lui.
Et une place méritée pour Steveniers donc !
Ah non : je vais repasser toute la semaine, ça c’est certain. Mais au compte-gouttes, aujourd’hui ça se met mal malheureusement.
Les lecteurs auraient tort de zapper cet article : Steveniers est un personnage de roman!
Tu déchires, Khiadia : inattendu et très réussi, bravo. Et vu que tu es modeste, une précision s’impose : ton article m’en a appris, c’est top.
Qu’ajouter dès lors? Ah y a pas mal de noms qui me parlent là-dedans, cette salle de Cointe où évolua Korac, et qui est désormais assez anachronique, j’y ai perdu un titre en déplacement par exemple (c’est moi qui ratai le tir à trois points décisif sur le buzz)! Mais j’y ai vu des matchs aussi : quand l’équipe de mon collège obtint la montée en D1 belge, dut quitter notre salle omnisports définitivement trop petite..et fit donc revivre la salle de Cointe, comme en ses plus belles années. Parmi ses joueurs : mon entraîneur au collège, des anciens de D1..mais aussi deux joueurs vus au plus haut niveau européen : Sergeï Tarakanov, indéboulonnable dans la grande équipe soviet des 80’s, ainsi qu’un type que tout le monde a oublié : l’Américain Avie Lester, qui peu avant avait été champion d’Europe avec Split (seul étranger à leur grande époque, aux côtés des Kukoc, Radja et compagnie) – et qui m’a marqué pour deux choses : sa détente de malade, rebondeur-contreur au top..mais aussi sa technique de shoot vraiment dégueulasse. Wikipedia semble ignorer tout de son année à Liège, mais l’une ou l’autre interview sur le web l’évoquent.
Quitte à parler d’aire de jeu, je zappe maintenant sur ce phénomène de Steveniers : j’aurais bien du mal à identifier parfaitement celle que tu as choisie en une, le club mythique de quartier/copains du Zaziko évolua je crois sur au moins deux terrains de cet acabit………………..mais ça ressemble quand même furieusement au Veemarkt, auquel cas, et ça c’est le genre de truc que j’adore : éh bien ce terrain en plein air existe toujours, en plein centre-ville d’Anvers, à deux pas de la Grand-Place et de la cathédrale.. Et l’on y joue encore, quoique entre basketteurs du dimanche désormais :
https://www.courtsoftheworld.com/upload/courts/17984/0/COTW-veemarkt-1656167036.webp
Perso, enfant puis première partie de mon adolescence : il me semble bien avoir joué dans la plus vieille salle couverte entièrement vouée au basket en Belgique, un endroit délirant, perclus d’infiltrations, surface bosselée en ciment, et où voletaient des pigeons pendant les matchs et qui était à tel point exigüe qu’il avait fallu placer des matelas derrière les panneaux…………..au risque sinon de s’écraser contre le mur au moindre lay-up : les lignes de fond affleuraient les murs! Rien n’avait changé depuis les années 40, et aujourd’hui encore elle reste assez bien dans son jus.
Je repasserai, journée chargée.. mais le comment du pourquoi Anvers et Liège furent à la pointe du sport (basket, foot..) en Belgique a une explication évidemment.
Merci Alex. Elle est magnifique cette photo.
Et il y a des photos illustratives de la jeunesse de Steveniers!!
J’espère que celle-ci au moins passera.. Il porte le N°7, en 54-55 :
https://scontent.flgg1-1.fna.fbcdn.net/v/t1.6435-9/65763000_239703546986287_2711379426234335232_n.jpg?stp=dst-jpg_tt6&cstp=mx2048x1152&ctp=s2048x1152&_nc_cat=105&ccb=1-7&_nc_sid=536f4a&_nc_ohc=X-RnGVWujX8Q7kNvwGzLRCg&_nc_oc=Adp35hiSnPK5SA4CdGJpJeEeQR-qvJBWpxpKTfY_X76MVksLLe-iUaRGu9yQBS8qsvlrZBJKbu8ZFwrhDG74Sb5h&_nc_zt=23&_nc_ht=scontent.flgg1-1.fna&_nc_gid=UlFarBtn3Is0otEWdCbYdw&_nc_ss=7b2a8&oh=00_Af_A7ckWGMl8N12Vf_7T0Tx2tOKs6e49kntibABRxxPS5Q&oe=6A6872E0
Steveniers et Cousy, bon.. De loin, l’on pourrait penser que ce vrai « Sinjoor » anversois (en substance : des tempéraments sûrs d’eux-mêmes, débrouillards et forts en gueule) avait encore trop forcé sur la bouteille………………….mais moi je suis tenté de le croire, et pour plusieurs raisons.
D’abord parce que Steveniers était l’incarnation même du sport de rue : il y apprend tout en autodidacte.. Son club du Zaziko est créé entre copains de quartier et gravit de manière fulgurante tous les échelons du basket belge, jusqu’à l’élite et sans avoir été capable (et tant mieux!) de renier quoi que ce soit de son ADN de rue/quartier.. ; Steveniers, c’est la substantifique moëlle du basket de rue ouest-européen. Et comme au football : c’est la rue qui est la mère-nourricière du langage-jeu.
Mon bailleur à Kinshasa, vieil Anversois déjà évoqué, et qui s’y investissait personnellement pour que les jeunes de Kinshasa puissent disposer de terrains de basket, devait son amour du sport à son père, lequel avait été mécène d’un club de quartier à..Anvers donc, qu’il hébergea dans l’un de ses entrepôts (aménagé pour les choses du basket) et qu’il parvint à porter jusqu’en D1, le temps de réaliser que c’était financièrement invivable (et qui est le drame du basket belge). Eh bien : ce brave homme m’a montré à Kinshasa des photos de leur club des années 60, contemporain du Zaziko, m’a parlé de Steveniers…………..et c’était intéressant!
Le boom singulier du basket anversois, c’est aux GIs qu’on le doit, quand Anvers devint, à compter de 44 et après la destruction (et sinon l’occupation durable) de plupart de vos ports sur la façade atlantique, le hub logistique de l’armée alliée. C’est à cette époque-là, 44 et les années qui suivirent, que le basket explosa à Anvers (comme avait été le cas pour les choses du football, à Anvers déjà, avec les Anglais dans les années 1860-1870 – Anvers, aka ce pistolet anglais braqué sur l’Europe, comme qui disait l’autre).
Bref : mon ami, lui-même basketteur à Anvers tout au long des années 50, avait grandi dans ce magma créatif peuplé de basketteurs GIs………..et de jeunes Anversois qui, en les imitant cahin-caha, finirent par s’inventer un langage propre, un peu comme ces enfants turbulents du Rio de la Plata inventant leur langage footballistique propre, il y a plus d’un siècle..
Il a vu les GIs…………….et il a vu Steveniers. Et il était formel : de tous ce fut lui le premier qu’il vît à pratiquer le jump-shoot, le dribble dans le dos, la passe dans le dos…………. ==> Un créatif!
Je connais très mal Cousy!!!, je tiens à le dire. Et de toute façon, ces gestes, je suis toujours porté à les rapporter au sport de rue (ça ne m’intéresse en rien de le rapporter à un Steveniers, ou..!), on est très rarement déçu en extrapolant de la sorte, c’est du bon sens même.. Mais ce que mon camarade me rapportait avoir vu chez Steveniers, il était catégorique pour dire qu’il ne l’avait jamais vu chez les GIs.
Et vu que Steveniers est sans concession aucune avec lui-même, regard lucide et parfois très dur sur sa personne…………………. Ce n’est pas quelqu’un qui requiert d’en rajouter, sa vie en soi est déjà tellement WTF.. Alors, oui : je suis enclin à le croire ; on n’est jamais déçu avec lui.
Cousy avait des parents français. Son père était de Belfort et sa mère de Dijon. On peut retrouver un reportage où, déjà un mythe à Boston, il vient en France voir sa famille. Sacré contraste entre la star américaine et la ruralité française de l’époque.
Pas le plus connu, tombé dans l’oubli……sauf, assez paradoxalement, dans l’une des plus grandes villes du basket FIBA!!..et voilà donc l’occasion de citer celui qui, avec Steveniers, était l’autre surdoué du basket anversois dans ces années-là : Kamiel Dierckx, par ailleurs meilleur ami d’enfance de ce vieil ami sus-évoqué de Kinshasa ; qu’est-ce qu’il m’en a parlé de son vieux copain…!!! (sans quoi : je n’aurais jamais entendu parler de lui)
Dierckx joua à Liège lui aussi..mais même et surtout une saison dans le championnat israélien, au Maccabi Ramat-Gan où il fut surnommé « le Magicien belge »! Il y fut d’ailleurs sacré Joueur de l’année en 1972. Son plus grand exploit : 43 points en finale de la Coupe, alors que son club n’avait rien d’un cador. Généralement tenu pour premier joueur étranger de l’Histoire du basket israélien, dont il fut donc la star de son temps.
C’était un crack, d’envergure continentale, remarqué lors de l’Euro..67??……….mais ingérable, encore un cas (quoique d’un profil moins « gitan » que Steveniers). Si bien que le sélectionneur belge préférait le snober..
Une photo s’impose :
https://scontent.flgg1-1.fna.fbcdn.net/v/t39.30808-6/611246565_25361603470177559_6935723580069866314_n.jpg?stp=dst-jpg_tt6&cstp=mx1080x1920&ctp=s1080x1920&_nc_cat=110&ccb=1-7&_nc_sid=aa7b47&_nc_ohc=rN_ZStJlJokQ7kNvwGjODIK&_nc_oc=AdpfvOVu49y7-XyzGSCeDKJFiIL74D5c3lwqlRuUWgbSNVYNcKCWgiM7RhOicDMKRFqnZ5qpsAcJh4MKJhOb0-pL&_nc_zt=23&_nc_ht=scontent.flgg1-1.fna&_nc_gid=7A1pnIvRTrFs1MhaPU4nGg&_nc_ss=7b2a8&oh=00_Af9ZcxiqZKqb0xESff8knCd6hjNDkbjUBQZw6JRjKxCnow&oe=6A46CFB0
Mon ami tenait Kamiel Dierckx pour un frère, et cependant, ça m’avait marqué : « Kamiel était vraiment un joueur génial, mais Steveniers avait un Dierckx dans chaque orteil », tenait-il toutefois à préciser……….
Devisant d’un type qui fut LA star, alors, du championnat israélien (que l’on peut raisonnablement tenir, il me semble, pour l’un des meilleurs d' »Europe » à l’époque).. ==> Ca situe la qualité de Steveniers, je crois.
Merci Alex. Et René Aerts ? C’est pas mal, il me semble.
Une grande figure de son temps et du basket belge en général, mais, éh, c’est comme pour Van Himst : nos élites valorisent toujours des mecs sociétalement dans les clous, jamais des hurluberlus, des « cas » ou des grandes gueules…… Donc, comme d’habitude, Aerts a une plus grande aura officielle au pays (sinon chez les puristes, pour qui Steveniers est intouchable) que le « gitan » Steveniers ou que le fantasque et non-dissolvable Dierckx, c’est malheureux mais mon pays aura toujours un problème avec ce qui sort du troupeau.
Actuellement, vous avez en Camara et Mitchell, deux talents que j’avais jamais vus pour votre pays. Pas suffisant pour en faire un outsider dans les grandes compétitions mais une base pour être bien plus consistant.
Sinon et tant qu’à parler de Aerts, la France voulut le naturaliser à une époque, donc, oui : il était évidemment bon. Mais les structures n’étaient pas au niveau du joueur, et ça n’a fait que s’aggraver je dirais..
Et merde : mon commentaire est passé à l’as, ggrrrrrrr………. Je réessaierai plus tard, c’est un sujet inépuisable Steveniers!
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Je pense que Steveniers a encore toute sa place dans un top 100 européen. Malgré les 36 ans passés depuis 91. Voire dans un top 100 mondial. Faut que le fasse ce classement. Des tops 100 NBA, il n’y a que ça. International, je n’ai jamais vu…
Tu connais ma passion..toute relative, pour les tops 😉
Mais Steveniers dans un top 100 européen? D’un point de vue culturel, ben je crois bien que oui, quand même et a minima.
Après, c’est toujours tempéré (pour ne pas dire corrompu) par les palmarès. Il est déjà appréciable que ce top FIBA, malgré ces oublis assez coupables que tu as pointés plus haut, ait mis à l’honneur un Belge dont les équipes ne faisaient pas grand-chose pour xy raisons.
Tiens, question : Dubuisson n’est pas dedans? L’y aurais-tu mis plutôt que ces Beugnot et??
Le problème de Dubuisson est qu’il n’a aucune épopée avec la France. Beugnot si. C’était un géant pour le basket Fiba de l’époque, 2m7. Il est 3eme d’un Euro, 4ème d’un Mondial et des J.O. Après sa génération, malgré un niveau encore correct aux débuts des années 60, la France plonge au moins jusqu’en 91 ! Donc pendant la période Dubuisson.
Les J.O 84 des Bleus est une catastrophe. Et un club, si il vampirise le titre de meilleur marqueur francais du championnat, il n’a que 2 titres avec Le Mans, en tout début de carrière, alors qu’il n’est pas encore à son top. Et donc aucune épopée européenne. Si il avait fait parti des premières belles équipes de Limoges et Orthez, il aurait certainement été cité.
Le Dub à certainement reçu des citations lors de cette élection mais en termes d’accomplissement collectifs, c’était léger.
Ah, je vois que Kamiel Dierckx est mentionné avec emphase sur la page en hébreu de wikipedia consacrée à son club, mes souvenirs étaient bons!
https://he.wikipedia.org/wiki/%D7%9E%D7%9B%D7%91%D7%99_%D7%A2%D7%99%D7%A8%D7%95%D7%A0%D7%99_%D7%A8%D7%9E%D7%AA_%D7%92%D7%9F_(%D7%9B%D7%93%D7%95%D7%A8%D7%A1%D7%9C_%D7%92%D7%91%D7%A8%D7%99%D7%9D)
« Lors de ce match, leur star belge, Camille Dirks, se distingua en inscrivant 43 points, établissant un record de points marqués en finale de coupe qui n’a toujours pas été battu. Dirks, surnommé « le magicien belge », fut le premier joueur étranger à évoluer dans le championnat israélien. Il rejoignit Ramat Gan en 1970 et marqua durablement le championnat lors de ses saisons au sein du club »
Je ne lui connaissais qu’une seule saison?? Compliqué à suivre le gaillard, un aventurier..
Je connaissais pas ce club. Je vois que Doron Jamchi y a été formé. Grand scoreur des années, c’est incontestablement une des légendes israéliennes, passé par le Maccabi évidemment, plusieurs fois dans les sélections européennes dans les années 80 et meilleur marqueur historique de la ligue. Un client mais qui fait parti de cette génération qui allait en finale de l’Euroleague, sans jamais gagner. Défaite par le Tracer de McAdoo et Meneghin ou la Jugoplastika.
Je me rappelle bien de Jamchy, j’ai vu toutes ses finales 😉
J’ai retrouvé 2-3 trucs dans la presse israélienne sur Dierckx. Ce qui est dingue, en les lisant, c’est quand on sait à quel point il est absolument tombé dans l’oubli en Belgique!!!
« Dès que Kamil Dirks est arrivé, nous avons compris que nous avions affaire à un immense virtuose. Le ballon semblait collé à sa main. Sur le plan individuel, il était en avance sur son temps. On ne pouvait l’arrêter qu’en faisant faute. Il faisait exactement ce qu’il voulait sur le terrain. […] Il était un modèle pour nous et pour toute la ligue. Les gens se levaient pour l’applaudir. »
Efi Birnbaum, qui deviendra plus tard l’entraîneur du Maccabi Ramat Gan, était jeune joueur au sein du club à l’époque où Camille Dirks y évoluait. Birenboim a déclaré à propos de la star de Ramat Gan : « Avec le recul, je pense que Camille était l’un des plus grands joueurs ayant jamais évolué en Israël. Son athlétisme, son incroyable technique et sa compréhension du jeu faisaient de lui un joueur d’une génération en avance sur tous les autres. Camille m’a appris que le basket est un art. J’ai passé énormément de temps avec lui. J’habitais près du terrain, et il avait l’habitude de jeter une pierre par la fenêtre de ma chambre pour que j’aille le rejoindre. Je me souviens qu’il m’expliquait que pour améliorer son contrôle du ballon, il dribblait d’une main et se rasait de l’autre. »
Jamchy était de Ramat-Gan, comme Birnbaum..et il en intégra les équipes de jeunes alors même que cet Anversois en était la star, éh : ce fut fort possiblement l’un de ses modèles.
Deux épisodes, et ça parle toujours pas de bières. Quelle arnaque cette série belge.
T’as pas lu le texte. Steveniers était le roi pour lever le coude.
Chez les femmes, la Belgique est parmi les meilleures en ce moment. 25 ans avant, Il y avait Ann Wauters qui démenageait tous avec l’USVO grande époque.
Oui, elles sont très bonnes. Et cependant c’est relativement récent.
Le basket masculin en Belgique, c’est du gâchis. Chez ma vieille mère il doit rester une coupe (la tradition entendait qu’un joueur la garde plutôt que le club, cette fois-là ce fut mon tour), glanée chez les jeunes lors d’un grand tournoi international par chez vous, le meilleur joueur haut la main était un équipier.. Je n’ai jamais vu mon équipe être dominée lors de ce genre de tournois à l’étranger, les clubs belges n’étaient jamais ridicules d’ailleurs..mais ça, c’était jusqu’en 90 et chez les moins de 15 ans, c’est après que ça se corse chez nous : petit marché..et il est phagocyté par les affaires du foot et du cyclisme. De surcroît : le basket se prête mal au trading, ce sont les contrats courts qui y font la loi, bref : il est illusoire en Belgique d’espérer équilibrer les comptes par des plus-values à la revente, ça ne marche pas comme ça, et c’est même voire surtout (faute d’argent) une carrière qui paie mal, c’est bien simple : je ne connais aucun joueur qui délaissa une carrière lui permettant de devenir cadre, pour une carrière dans le basket ; c’est toujours l’inverse qui se produit. Cet équipier que j’évoquais, qui passait pour l’un des plus grands talents d’Europe, n’a par exemple jamais joué en D1 belge, il privilégia des divisions plus obscures et moins contraignantes dans son agenda..alors que d’autres équipiers, bien moins forts que lui : jouèrent des années en D1 et même en équipe nationale, c’est malheureux mais c’est comme ça que ça se passe chez nous ; le basket ne rapporte rien, il coûte!
Bref la Belgique a longtemps produit d’excellents joueurs de basket, là n’était pas le problème, c’est même un vivier formidable jusqu’aux années 70. Un nom que Khiadia ne cite pas, par exemple, le plus grand jusqu’à Steveniers : Eddy Terrace, meilleur scoreur lors de l’Euro 57, et même aujourd’hui encore, il me semble, recordman absolu du nombre de points inscrits en une seule rencontre d’Euro.
Dans tout ce marasme structurel du basket belge, le Standard (lié au Standard du foot, c’était alors un club omnisports qui brillait dans toutes les disciplines) fut une exception parmi quelques autres, mais une exception majeure – j’y reviendrai.
J’avais dit que j’avais pas fini!
Tu parlais plus haut de NBA, Khiadia : Mitchell, Camara……. Honnêtement, je crois bien que je n’en ai jamais rien vu, toujours été plus porté vers l’âpreté du basket-FIBA, bref.
Je sais qu’un des deux a été champion NBA, avec les Thunder?? Quoi qu’il en soit et avant l’intéressé, il y eut Didier DJ Mbenga……….lequel aura dû énormément à..Steveniers!
Mbenga état réfugié politique, vivotait dans des parcs, des gares.. Un jour un proche de Steveniers remarque ce physique imposant, en touche un mot à Steveniers..et celui-ci se mit en tête de transformer cet adulte et ce spécialiste des arts martiaux exfiltré du Congo en un basketteur, alors qu’il n’avait jamais touché un ballon de sa vie.. Et le miracle opéra : Steveniers en fit un joueur de NBA, champion avec les Lakers de surcroît, incroyable..
L’histoire a toutefois mal fini. Mbenga était supposé verser une commission à Steveniers mais y rechigna, prit un avocat et traîna l’Anversois dans la boue. Ca a laissé des traces mais, fin des fins, la justice rendit justice à Steveniers, pas sûr toutefois que Mbenga lui réglât un jour son dû, bref.
Et alors cette histoire impliquant un jeune juif, que Steveniers protégea contre des voyous.. ==> Il y gagna la confiance du milieu ultra-hermétique des diamantaires juifs anversois, un boulot même………………..mais plus encore l’amour, car il parvint à épouser une princesse juive (de surcroît superbe), ké mec………… C’est pas mal, hein, pour un type né dans le ruisseau, que personne ne conseilla, et qui se sera construit tout seul? Un sacré personnage. Et il a bonne réputation, un brave type dit-on. Avec une voix toute fluette, c’est assez rigolo de l’entendre parler.
Par acquit de conscience : le litige Mbenga-Steveniers n’en resta pas là, j’apprends que Steveniers dut payer un Euro symbolique?? J’avais loupé cet épisode.
Il existe çà et là des extraits de matchs de Steveniers, époque malinoise. Joueur moderne et spectaculaire, lui n’émargeait déjà plus au basket de papa. Et la signature du street basket (lequel est vieux comme le basket) est chez lui palpable.
Oui, je suis tombé sur cette affaire que j’ai survolée, je t’avoue. Mais c’est vrai que Steveniers en parle comme d’un couteau dans le dos. Je connais pas la version de Mbenga.
Un litige commercial, on va dire – mais un peu zarbi quand même : le contrat existait, mais Mbenga voulut établir son illégalité..à compter de quoi ça semble être parti dans tous les sens, la justice donna raison à l’un puis à l’autre, puis.. Drôle de truc.