Ils descendent la montagne en crampons. Issus d’un monde où l’on n’existe pas sans skis aux pieds, ils ont bien souvent quitté leur(s) refuge(s) alpin(s) pour jouer au football. Voici un top garanti sans crétins. Aujourd’hui, les joueurs défensifs.
Il est malheureusement principalement connu pour une bourde avec l’équipe de France, qui lui a valu de perdre définitivement sa place chez les Bleus. Mais l’ancien gardien de la Fiorentina, né à Thonon-les-Bains, a été une valeur sûre du championnat italien pendant de nombreuses années. C’est à Cannes qu’il est formé et qu’il fait ses premiers pas chez les professionnels, avant de quitter définitivement la France un an plus tard.
Il s’impose assez rapidement de l’autre côté des Alpes, chiffrant plus de 150 apparitions avec Parme et plus de 200 avec la Fiorentina. Sa carrière se termine à Bursaspor, avant un retour raté en France. Si son aventure avec les Bleus reste associée à une cagade contre l’Ukraine, il a ensuite eu la chance d’évoluer avec le maillot de la sélection dans ses Alpes natales, lors d’un amical à Grenoble contre l’Equateur, pour ce qui sera sa deuxième et dernière sélection.
Il est principalement connu en France pour avoir été la doublure de Joël Bats puis de Bernard Lama au PSG. Un peu court comme CV, et surtout une concurrence bien trop grande au poste de gardien de but, qui a forcé le Thononais de naissance à s’exiler loin de Paris. A Caen dans un premier temps pour deux saisons pleines en Ligue 1, puis en Espagne de manière définitive. Celui qui a fait ses classes dans toutes les catégories de jeune à Thonon-les-Bains devient l’une des pièces maîtresses de Celta Vigo à la fin des années 90.
Il y est si performant qu’il est débauché en 2000 par le FC Barcelone. Mais la marche catalane est trop haute et, après une première saison honnête, il cire le banc blaugrana. Après une saison au Deportivo Alavés et un retour en France, à Strasbourg, il conclut sa carrière en 2005 sur une nouvelle saison blanche. Dutruel aura tout de même connu les Bleus, en 2000, en remplaçant Lionel Letizi, blessé, lors d’un match amical contre le Cameroun. Il compte donc deux fois moins de sélections que Sébastien Frey.
Il n’a pas le passé international des deux autres gardiens cités, mais il a toute sa place au sommet des Alpes. Formé à Grenoble, il a marqué le club de son empreinte en l’accompagnant lors de sa remontée dans le football français. Il débute sa carrière pendant la saison 2009-2010 et fait deux apparitions en Ligue 1… qui resteront les seules de sa carrière. La relégation du club, suivie d’une deuxième relégation et d’un dépôt de bilan, envoie le GF38 au cinquième niveau, en CFA2. Brice Maubleu y est titulaire, avant d’être recruté par Tours.
Ses deux saisons en Indre ne seront qu’une courte parenthèse. Maubleu revient à Grenoble, qui est entre-temps remonté en CFA. Il y restera 10 ans, le temps de retrouver la Ligue 2 et de s’y installer confortablement. Le temps, aussi, de disputer 342 rencontres avec son club professionnel, ce qui le classe au deuxième rang des joueurs grenoblois les plus capés, derrière le défenseur Louis Desgranges (403 matchs) qui, étant né à Saint-Etienne, ne figure pas dans ce top alpin.
Avant d’être ce mâle alpha en chemise blanche qui amène la Zambie à une victoire à la CAN ou l’Arabie saoudite à battre l’Argentine en Coupe du monde, figurez-vous que Hervé Renard a été joueur de football. Né à Aix-les-Bains, le défenseur débute sur le pré à Cannes, où il évolue dans les années 80 sans jamais réellement s’imposer. Sept saisons et 87 matchs plus tard (dont un match de Division 1), il déménage au Stade de Vallauris, club de la banlieue cannoise qui s’est hissé jusqu’en National dans les années 90.
Après une dernière danse au SC Draguignan, Hervé Renard passe bien vite ses diplômes d’entraîneur et, après une saison d’absence, retrouve son club depuis le banc de touche. Il se forme au poste pendant les années 2000, suivant son modèle Claude Le Roy et enchaînant les expériences mitigées : Cambridge United (quatrième division anglaise), Nam Định FC (Vietnam), Cherbourg (National), adjoint de Le Roy avec la sélection du Ghana… Il mène ensuite la Zambie en quart de finale de la CAN 2010, puis retrouve la sélection en 2012 pour atteindre le sommet de l’Afrique et se révéler au grand public.
Lui aussi Thononais de naissance, c’est à Alès qu’il effectue ses débuts en championnat, à tout juste 16 ans. Il est ensuite transféré à Sochaux, où un emploi de dessinateur chez Peugeot lui est proposé en parallèle de son contrat de footballeur, qui deviendra bien vite un vrai contrat professionnel. Homme de la remontée des Lionceaux en Division 1, le défenseur poursuit ensuite sa carrière à Saint-Etienne. Les Verts sont en pleine bourre et ont trouvé le patron de leur défense, avec lequel ils écrasent alors le championnat.
Avec son très bon jeu de tête, Bosquier se fait aussi un trou en équipe de France et est l’un des joueurs-clés de la Coupe du monde 1966. En 1971, il commet l’outrage de quitter le club en compagnie de Georges Carnus et de signer avec l’Olympique de Marseille, un départ qui ne lui sera jamais vraiment pardonné dans le Forez. Et ce d’autant plus que l’OM remporte la Coupe et le championnat dès 1972. Une fois les crampons raccrochés, il poursuit une carrière de directeur sportif à l’OM puis à l’ASSE.

A quelques kilomètres près, Younès Kaboul aurait figuré dans un top suisse plutôt qu’ici. Né à Saint-Julien-en-Genevois, il fait ses classes dans des petits clubs de la région avant d’être recruté par l’AJ Auxerre, où il termine sa formation et est lancé dans le grand bain. Après trois saisons convaincantes, le défenseur central quitte l’Hexagone et traverse la Manche. Il débarque à Tottenham mais se voit petit à petit doublé par la concurrence au poste et file se requinquer à Portsmouth après une seule saison.
Deux ans plus tard, peut-être rongé par le remords, Tottenham rappelle Kaboul et l’installe dans la rotation de la charnière centrale. Parfois associé à William Gallas, il retrouve ce dernier avec l’équipe de France, avec laquelle il dispute cinq rencontres sous Laurent Blanc. Il a la chance de marquer dès sa première en Bleu, lors d’un amical contre l’Ukraine. Des problèmes physiques l’empêchent d’enchaîner et il n’est pas appelé pour l’Euro 2012. Il poursuit sa carrière à Sunderland, puis Watford.
Ce n’est pas le joueur le plus connu, mais les attaquants qui ont dû subir ses interventions agressives doivent encore s’en souvenir. Le Gaperon a percé en Division 1 à Monaco, où il évoluera pendant l’essentiel des années 90 et découvrira la coupe d’Europe. Mais c’est son transfert à Arsenal en compagnie d’Emmanuel Petit, en 1997, qui le fait changer de dimension. Capable d’évoluer aussi bien en défense centrale qu’à la récupération, il profite des pépins physiques réguliers de certains titulaires (notamment Patrick Vieira) pour obtenir du temps de jeu et s’imposer comme un joueur important de l’effectif.
Joueur de l’ombre, il n’aura connu presque qu’un seul entraîneur pendant sa carrière. Lancé en pro par Arsène Wenger à l’AS Monaco, il évolue trois saisons sous ses ordres avant que l’entraîneur français ne s’envole pour le Japon. Et, trois ans plus tard, Wenger étant à Arsenal, c’est lui qui insiste pour faire venir le défenseur, qui n’était pas vu comme un joueur important sur le Rocher. Après son passage à Londres, Grimandi tente l’aventure en MLS, aux Colorado Rapids, mais doit revenir sur sa décision pour raisons personnelles, après n’avoir joué qu’un match amical.
S’il faut choisir un homme de l’ombre qui incarne le football haut-savoyard, Didier Toffolo est le meilleur choix. Joueur d’Annecy en catégories de jeunes, il finit sa formation au PSG, où il débute chez les pros. Deux Coupes de France (1982, 1983) plus tard et sans être parvenu à s’imposer dans le club de la capitale, le défenseur atterrit au FC Mulhouse, où il s’impose comme titulaire en Division 2 et rate trois fois de suite la montée en Division 1 lors des barrages. Il poursuit ensuite sa carrière à Clermont puis à l’Olympique Saint-Quentin.
Dans le Nord, il est entraîneur-joueur, puis seulement entraîneur pendant l’essentiel des années 90. En 2004, il rejoint le Football Croix-de-Savoie 74, né de la fusion des clubs de Gaillard et de Ville-la-Grand. Le club deviendra l’Olympique Croix de Savoie 74 en 2007, puis l’Évian Thonon-Gaillard Football Club en 2009. Et pendant les années de fonctionnement des Croix de Savoie, entraînés par un Pascal Dupraz à l’origine de la fusion, c’est Didier Toffolo qui tient les rênes de la formation.
Né à Digne-les-Bains, le milieu de terrain n’est plus à présenter. Faisant partie des rares joueurs formés à l’OM et ayant percé au plus haut niveau, il profite de la relégation du club en 1994 pour quitter la France et découvrir la Serie A. Le choix est payant, puisque ses performances à Naples puis à la Sampdoria ne passent pas inaperçues et lui permettent d’intégrer l’équipe de France à partir de 1997. Un timing idéal qui le maintient dans le groupe pour atteindre le toit du monde un an plus tard, dans un rôle de joker au milieu de terrain qu’il remplit sans fioritures.
Sa carrière italienne se poursuit à Parme, où il soulève la Coupe de l’UEFA, mais les blessures s’en mêlent. Il rate l’Euro 2000, forfait, mais est bien présent lors de la Coupe du monde 2002, où il ne dispute pas la moindre minute. Il tente ensuite de se relancer à l’Espanyol Barcelone, sans réussite tant son corps est usé. Il reviendra au bord des terrains dans le rôle d’adjoint en équipe de France, auprès de Raymond Domenech puis de Laurent Blanc.
Il a été l’homme d’un seul club. Né à Annecy, il débute à l’Olympique Lyonnais en 1960 et ne quittera la ville qu’à la fin de sa carrière, 294 matchs plus tard. Elément essentiel chez les Gones, il est associé à Angel Rambert et évolue aux côtés de Marcel Aubour, Nestor Combin, ou encore Fleury Di Nallo. Il est de toutes les épopées de cet OL sauce années 60, irrégulier en championnat mais intéressant en coupe. Finaliste de la Coupe de France en 1963 puis vainqueur en 1964 et 1967, sans compter une demi-finale de Coupe des Coupes perdue contre le Sporting Portugal lors du match d’appui.
Avec son petit gabarit, il débute en même temps que Fleury Di Nallo et a l’honneur d’affronter le Santos de Pelé en 1961 lors d’un match amical à Gerland. Il poursuit ses études lors de ses années de footballeur et obtient un diplôme d’expert-comptable. Diplôme qui lui ouvrira par la suite les portes de la commission d’appel de la DNCG (à titre bénévole). Une reconversion assez logique pour celui qui a aussi été le représentant syndical des joueurs à l’époque des contrats longue durée.