Top 10 – Vélez Sarsfield (2e partie)

Pinte2foot vous propose un Top 10 all-time de Vélez Sarsfield totalement subjectif et qui n’est qu’un prétexte à la découverte d’un club considéré comme le « 6e grand » d’Argentine.

Amérique Les Tops

Ça vous dit des histoires de duc, de requin, de vice-roi, de Cholito etc… ? Si oui, c’est à Liniers que ça se passe, dans le fief de Vélez Sarsfield.

5- Juan José Ferraro

La moustache y fait beaucoup…

Ferraro… / Bien que tu ne sois pas de La Boca / La chance, pas toujours folle / T’a amené sur les berges du fleuve / Tu y as jeté l’ancre… / Là, un après-midi ordinaire / Avec classe et enthousiasme / Tu as conquis la Bombonera (…) /

Aristocrate du football, grand festin du dimanche / La tenue de foot ne te sied pas vraiment / Car, fidèle à ton style, à cette qualité si particulière / Tu dois fouler la pelouse en haut-de-forme et redingote.

Ce sont les paroles d’un tango composé en l’honneur de Juan José Ferraro au début des années 1950 par Jorge Moreira, chanteur en vogue et hincha xeneize admiratif d’El Duque, attaquant de Boca Juniors.

S’il porte les couleurs boquenses de 1949 à 1953, c’est bien à Vélez que Ferraro naît au football. Il apparaît sous le maillot de la V azulada en 1941 alors que le club vient de sombrer en seconde division pour la première fois depuis 20 ans. Pire, Vélez a dû renoncer à son stade de Villa Luro, dans l’incapacité d’honorer le loyer. L’espoir de le retrouver un jour disparaît quand le propriétaire vend le terrain à la découpe, une quarantaine de parcelles étant créées sur l’emplacement d’El Fortín

Le président José Amalfitani refuse le défaitisme ambiant et lance un ambitieux projet de reconstruction. Il obtient de la compagnie Ferrocarril Oeste de Buenos Aires la concession d’un terrain marécageux dans le quartier de Liniers, limitrophe de Villa Luro, où est édifié un nouveau Fortín avec les matériaux récupérés lors du démontage des anciennes installations[1]. En avril 1943, Juan José Ferraro inscrit le premier but de l’histoire à Liniers, dans le stade rebaptisé par la suite José Amalfitani et où se produit aujourd’hui encore Vélez. 

En sus des installations, 1943 confirme la renaissance sportive de Vélez, auteur d’un cavalier seul en seconde division sous les ordres de l’ancien maître à jouer Victorio Spinetto, à l’aune d’une longue carrière de technicien. D’un effectif anonyme émergent deux personnalités : le gardien Miguel Ángel Rugilo, futur Lion de Wembley[2], et le jeune avant-centre, Juan José Ferraro. Des éléments clés aux deux extrémités de l’équipe et des physiques à l’opposé l’un de l’autre. Massif, pour ne pas dire replet, Rugilo mise sur son courage pour compenser une maîtrise approximative des fondamentaux du poste. A l’opposé, Ferraro épouse les canons de beauté du goleador, un idéal de classicisme et de noblesse lui valant le titre de Duque. Dirigeant et plume officielle de Vélez, Osvaldo Gorga se souvient en 2016 de Ferraro : « pour de nombreuses raisons, Ferraro fut une idole inoubliable de Vélez Sarsfield, mais ce qui lui survivra, c’est le souvenir de son élégance naturelle, de sa manière incomparable de contrôler le ballon dans les airs, de la précision et de la puissance de ses têtes, de la justesse et de la visée de ses tirs, de son placement toujours judicieux, et de cette aristocratie luxueuse dans ses actions face aux défenseurs les plus coriaces et les plus véhéments qu’il a dû affronter. » De telles qualités lui valent d’être appelé avec la sélection vainqueur du Sudaméricano 1945, une première pour un Velezano (il dispute trois rencontres et inscrit deux buts en tant que suppléant du buteur René Pontoni, aux côtés d’une pléiade de cracks, Mario Boyé, Capote de la Mata, Rinaldo Martino, Tucho Méndez)[3].

Comment ne pas tomber amoureux ou amoureuse ?

De retour à Vélez en 1953 après quatre saisons inégales à Boca, El Duque prend possession d’un Fortín modernisé et agrandi. Trentenaire confirmé, il apporte son leadership et son expérience à un effectif modelé selon les désirs de Spinetto. Autour de lui, les défenseurs Oscar Huss et Chupete Allegri donnent le meilleur d’eux-mêmes, Osvaldo Zubeldía dicte le tempo en métronome et le fantaisiste Beto Conde démontre déjà l’étendue de son talent. Second du championnat 1953 derrière River Plate, cette équipe est longtemps considérée comme la plus équilibrée de l’histoire velezana et porte la marque de Juan José Ferraro.

Achevons ce portrait d’El Duque sur les mots d’Osvaldo Gorga. « C’est généralement à l’adolescence, dans une phase indéfinie de confusion des sentiments et des idées, que les êtres humains commencent à réfléchir à leurs choix de vie futurs et, entre autres, à choisir ce qu’ils perçoivent comme le modèle de leurs rêves et de leurs ambitions. En 1943, à l’âge de 14 ans, tous mes amis et moi rêvions de ressembler à Gardel, d’avoir un cheval comme celui de Lone Ranger, une petite amie comme Ginger Rogers, de nous habiller comme Divito pour aller danser avec Pugliese[4] et bien d’autres choses encore, mais ce dont nous rêvions le plus, c’était de jouer comme Ferraro. Je n’ai pas honte de le dire, même au risque de susciter des doutes sur ma virilité : j’étais amoureux de Ferraro ! »

4-Victorio Spinetto

Spinetto avec la V azulada.

Qu’aurait été la destinée de Vélez sans deux hommes clés, le président Amalfitani et Victorio Spinetto ? Le premier en qualité de dirigeant, le second en tant qu’entraineur et formateur, ils façonnent Vélez Sarsfield durant de longues années, s’attachant à renforcer le club brique par brique pour l’un, joueur par joueur pour l’autre.

Elément majeur de l’effectif velezano quand débute l’ère professionnelle, Spinetto s’impose comme un technicien fondamental d’El Fortín, que ce soit à la tête de l’équipe première (il dirige la V Azulada durant environ 20 ans discontinus) ou des équipes de jeunes dont il s’occupe de 1976 à sa mort en 1990. Il inspire des générations de techniciens passés sous ses ordres en tant que joueurs, au premier rang desquels figurent Osvaldo Zubeldía, son fils spirituel, Carlos Timoteo Griguol et Carlos Bianchi. Même Diego Simeone revendique une filiation avec Spinetto. Après l’avoir observé avec la cantera de Vélez en 1985, Spinetto se prend d’affection pour lui et le surnomme Cholito en souvenir de Carmelo Simeone, le Cholo original, un défenseur féroce ayant fait rugir El Fortín à la fin des années 1950.

La une de Crítica parlant pour la première fois d’El Fortín.

En provenance de Platense, Victorio Spinetto effectue ses débuts avec Vélez en août 1932 alors que le nom du stade de Villa Luro s’efface déjà derrière l’appellation El Fortín, une métaphore imaginée par Hugo Marini dans le journal populiste Crítica pour témoigner de l’inexpugnabilité du fief velezano. Une initiative saluée par El Gráfico en 1933. « Nous devons reconnaître que l’un des derniers succès en termes de définition est d’avoir baptisé la pelouse de Vélez Sarsfield du nom de Forteresse. Peu de stades sont aussi bien gardés que celui-ci par les hommes chargés de sa défense (…). À moitié caché dans un dédale de ruelles non pavées, le terrain de Vélez Sarsfield oblige l’étranger qui s’y rend à emprunter la rue Rivadavia, en traversant une double rangée de modestes maisons depuis lesquelles toutes les familles montent la garde, présentant les armes de leurs regards acérés (…). À l’intérieur, les commandants y ont placé une demi-douzaine de garçons, des soldats corpulents et courageux. Je ne réponds pas de ce qu’ils pourraient faire sur les terrains des autres équipes, mais là, sur leur propre terrain, Curti, Forrester, De Sáa, Maggiolo, Victorio Spinetto et De Filippo sont tous des patriotes qui se battent sans relâche pour le prestige du quartier. »  L’apparition d’El Fortín coïncide avec la période durant laquelle Vélez abandonne son maillot rayé vert, blanc, rouge au profit de la tunique blanche ornée d’un V bleu. L’origine de ce changement demeure incertaine, peut-être le don d’un commerçant ne sachant que faire d’un lot de tuniques commandé et jamais retiré par une équipe de rugby du quartier.

Soldat courageux, guerrier infatigable, Spinetto l’est incontestablement mais il représente bien plus que cela. Avec pour modèles Luisito Monti et José Luis Boffi, l’entraineur et ancien capitaine de Vélez, on pourrait le qualifier de joueur de tempérament mais cela ne traduirait qu’imparfaitement l’intensité de son engagement. On pourrait également souligner son aisance face au but adverse mais cela ne rendrait pas hommage à la complétude de son jeu, servie par une technique supérieure à la moyenne pour un milieu axial dépannant parfois en défense. Avec le goleador Agustín Cosso, meilleur buteur du championnat 1935, Spinetto représente le principal atout d’une équipe capable de se hisser et se maintenir parmi le top 5 argentin durant plusieurs saisons.

Quand Vélez évoluait encore en vert, blanc, rouge. Spinetto est debout, à gauche.

Un quadruplé inscrit face à Chacarita Juniors en octobre 1937 incite probablement Independiente à l’accueillir dans ses rangs, aux côtés d’Arsenio Erico, Antonio Sastre, Capote de la Mata. Suppléant de Raúl Leguizamón, Spinetto participe épisodiquement à la conquête du titre 1938 et retrouve Vélez dès l’année suivante.

A la fin de l’année 1940, le championnat s’achève dans l’amertume : contre toute vraisemblance, Atlanta s’impose 6-4 contre Independiente, après avoir mené 6-0 à la mi-temps, et condamne Vélez à la seconde division. Une rencontre auréolée d’un fort soupçon de corruption, une déviance courante à l’époque. Mais pour ce match, aucune preuve n’est jamais produite. La relégation exacerbe les difficultés financières de Vélez, incapable de faire face à ses engagements, en particulier vis-à-vis de la star mexicaine El Pirata Luis de la Fuente y Hoyos et du propriétaire du terrain sur lequel se trouve El Fortín. Victorio Spinetto, l’âme de Vélez, stoppe sa carrière peu après, rongé physiquement et moralement par les blessures et l’issue de ce championnat. Il s’agit de la fin d’un cycle et le début d’une nouvelle ère. José Amalfitani se réinstalle à la présidence, se met en quête d’une parcelle où édifier le futur stade velezano et désigne un nouvel entraineur, le néo-retraité Spinetto[5]

Pour achever ce portrait sommaire et rendre compte de l’attachement de Spinetto à son club, peut-être faut-il rapporter les souvenirs d’un très ancien hincha velezano. C’était en 2006 et le vieillard s’était souvenu d’une nuit d’été, en décembre 1940 : « j’avais huit ans quand j’ai croisé Don Victorio Spinetto le soir de la relégation. Je me suis aperçu qu’il pleurait. »

 3- Carlos Bianchi

Après la victoire contre le Racing Club offrant le titre à Vélez en 1968.

Savez-vous que Jacques de Liniers, le personnage ayant donné son nom au quartier dominé par le stade José Amalfitani, est un militaire français devenu officier de la Marine espagnole, gratifié par Carlos IV du titre de vice-roi du Rio de la Plata en 1807 après avoir défait les Britanniques[6] ? Deux siècles plus tard, impressionné par les succès de Vélez Sarsfield, le volubile commentateur Víctor Hugo Morales élève à son tour Carlos Bianchi au rang de vice-roi (virrey), lui dont la vie et la carrière ne peuvent être dissociées du club et du quartier de Liniers.

Carlos grandit à Villa Real, à 15 minutes à pied d’El Fortín, un endroit décrit par Osvaldo Ardizzone dans El Gráfico. « Un chemin de terre. Toujours des arbres, des herbes folles et un fossé, comme dans les quartiers de Manzi… Une maison basse, la façade marquée par les années et les cicatrices… À l’intérieur, la même tranquillité que dans la rue. La sincérité des habitudes simples. L’heure du maté. Doña Nélida, la mère, arrange un ouvrage de tricot… La grand-mère est assise dans l’ombre, comme si elle ne voulait pas trahir sa présence. »  Amor fait vivre la famille en vendant des journaux sur un vélo triporteur et Carlitos l’aide parfois, quand il ne joue pas au football. Ses premières frappes ont lieu sur un terrain vague de Versalles, limitrophe de Liniers, puis il intègre successivement Unión y Paz et le Ciclón de Jonte, un club formateur situé dans la zone d’attraction de Vélez Sarsfield. Fortinero à l’adolescence, Victorio Spinetto le propulse en première division alors qu’il a tout juste 18 ans et l’ajoute à la longue liste de ceux qu’il a lancés sous les couleurs de la V azulada, Allegri, Zubeldía, Conde, Willington…

Carlos compte ses cheveux.

Bianchi se forge un nom en juillet 1968 en mettant fin à une série de huit matchs et 770 minutes d’invincibilité de l’indémodable Amadeo Carrizo (41 ans), un record à l’époque. Sacré dans le Nacional 1968 en tant que goleador de substitut à Omar Wehbe ou en remplaçant de Lorenzo Mario Nogara sur l’aile gauche, Carlitos demeure un espoir à la destinée incertaine. Ardizzone, lui-même, ne cache pas son scepticisme. « Je ne sais pas ce que l’avenir réserve au jeune Bianchi. Dans le football, les horoscopes et les prédictions ne valent rien… Comme ce vieux dicton sur le gamin qui deviendra une star. Combien de fois avons-nous entendu cette même affirmation de la part du retraité du quartier qui ne rate jamais un entraînement de jeunes ? Et combien de rêves s’effilochent dans l’anonymat d’un atelier ou d’un bureau ! Mais le retraité n’est pas le seul à se tromper. Le président du club, le secrétaire, et même l’entraîneur se trompent. Et après, bien souvent, il ne reste que le souvenir. »

Si Ardizzone écrit cela, c’est en raison de l’irrégularité et des carences techniques de Carlitos. Quand El Turco Wehbe se blesse, Bianchi s’approprie la pointe de l’attaque mais souffle le chaud et le froid. C’est à partir du second semestre 1970 qu’il trouve la cadence, goleador numéro 1 deux championnats consécutifs. Sa conduite de balle approximative et ses frappes imparfaites sont dès lors excusées par un opportunisme rare et une détermination sans faille, des qualités suffisantes pour lui permettre de porter le maillot de l’Albiceleste.

Identifié comme une valeur montante, la fédération argentine s’oppose à son transfert à Cruz Azul à la fin de l’année 1971. Il est à Mexico en compagnie de son coéquipier Miguel Marín, a déjà participé à une rencontre amicale avec les Cementeros sans que son contrat n’ait été enregistré, quand l’AFA publie une résolution prohibant la cession à l’étranger des joueurs de moins de 23 ans afin de protéger le devenir de la sélection nationale. Contraint et forcé, Carlitos retrouve Buenos Aires et prolonge son bail avec Vélez jusqu’en mai 1973, date à laquelle Robert Marion le choisit pour succéder à Delio Onnis à Reims. De retour à Liniers en 1980, il prouve que ses aptitudes de goleador demeurent intactes (meilleur buteur du Nacional 1981 et de l’histoire de Vélez) avant de reprendre un vol pour Reims en juillet 1984. Des adieux définitifs selon ses dires, « je n’entraînerai jamais Vélez parce que j’aime trop ce club, je connais tous ses supporters. Et je ne voudrais pas partir un dimanche, insulté sur cette pelouse où j’ai vécu les plus beaux moments de ma carrière. »  

Les adieux du goleador.

Installé en France, Carlos se renie et accepte la main tendue par Vélez à la fin de l’année 1992. « Si un autre club m’avait contacté, je ne serais certainement pas venu. Mais chacun sait ce que Vélez représente pour moi. Je me suis formé ici, j’ai grandi ici (…). Je n’avais aucune intention de revenir en Argentine, mais l’attrait du maillot est trop fort. » Le pari Bianchi s’avère un coup de maitre. Avec son adjoint Carlos Ischia et son préparateur physique Julio Santella, ils intensifient les entrainements et multiplient les séances de tableau noir. Cela se traduit par une discipline tactique de tous les instants autour d’un classique 4-4-2, des lignes de défenses basses, compactes et des contrattaques mortelles. Visuellement, rien ne distingue particulièrement le coach Bianchi de ses pairs. Sa force s’exprime ailleurs, dans l’intimité d’un bureau ou d’une chambre d’hôtel, là où il organise des entretiens en tête à tête durant lesquels le football passe au second plan. Carlitos lève les blocages des uns, active les ressorts intimes des autres et obtient la quintessence d’un effectif a priori limité. Selon Ischia, « les joueurs se sont abandonnés à Carlos parce qu’il les a convaincus et a conquis leur cœur. »

Carlitos et Daniel Willington.

Sollicitons El Negro Fontanarrosa pour comprendre le Vélez de Bianchi et « les facettes d’un entraîneur qui s’est toujours distingué par une grande maîtrise de ce que certains considèrent comme le moins commun des sens : le bon sens. Pragmatique, simple, logique, il ne se laisse pas éblouir par les philosophies orientales et ne s’enferme pas dans des concepts fondamentalistes. Si son équipe devait se cramponner à la barre transversale pour défendre un match nul vital (au Brésil, contre São Paulo, par exemple), elle le faisait sans rougir de honte ni déchirer ses vêtements. S’il fallait aller chercher la victoire, Vélez le faisait, en toute confiance, en prenant son temps, sans trop de désespoir, ni de folie. Et Bianchi a ainsi construit, à partir d’un effectif majoritairement issu du club, une saison mémorable qui a définitivement installé Vélez parmi les grands. »

Les résultats parlent d’eux-mêmes : trois championnats (le dernier partagé avec son ami Osvaldo Piazza), une Copa Libertadores et une Coupe Intercontinentale pour ne citer que les principaux trophées. El Virrey se substitue à Carlitos et rend au centuple tout ce que Vélez lui a donné. Il quitte Liniers en juillet 1996, tel un empereur appelé à conquérir Rome[7]. Des adieux définitifs, cette fois-ci. « Je ne serai plus entraîneur de l’équipe à l’avenir, sauf si les choses tournent mal. Mais cela n’arrivera pas. » Angoissé à l’idée de décevoir les siens, convaincu de ne jamais pouvoir mieux faire, il tient sa promesse et ses seules apparitions au stade José Amalfitani ne servent qu’à éprouver l’immensité de l’amour que lui vouent les Fortineros.

2- Daniel Willington

En 1962.

« C’était un ballon, messieurs, possédé par le diable. Croyez-moi, il est descendu du ciel en se convulsant, pris dans la contraction spasmodique provoquée par un dégagement raté ou un tir contré au dernier moment. De plus, ce ballon, chers amis du sport viril qu’est le football, avait deux ou trois effets simultanés : en arrière, en avant et sur les côtés. Et il gémissait, grinçait, haletait, émettait des gargouillis terrifiants. Bref, il piquait droit sur un homme nommé Daniel Willington, qui l’attendait, posté presque sur la ligne de touche, le scrutant du regard, l’air entendu. C’était sur le terrain de Rosario Central, et plusieurs de nos hommes entouraient Willington. Ils n’ont même pas tenté d’anticiper ou d’intervenir.

Ils savaient que la balle était incontrôlable et que le rebond, court ou long, leur serait favorable. Willington leva la jambe droite avec le mouvement lent et rythmé d’un héron, jusqu’à ce que son pied atteigne la hauteur de sa tête. Et la balle, imprévisible, furieuse, frénétique, se posa sur le bout de ce pied droit pour y rester, apprivoisée, calme, comme le faucon qui retrouve la main gantée de son maître. Ou, plus simplement, comme un perroquet retrouvant le doigt familier de son maître. Ainsi, accrochée au bout de sa chaussure, tantôt calme, tantôt exorcisée, Willington l’abaissa presque jusqu’au sol, mais avant qu’elle ne touche terre, il la tapota légèrement du cou-de-pied, puis une seconde fois, et la déposa sur la poitrine d’un coéquipier situé à une dizaine de mètres, au-dessus des têtes des joueurs de Central.

Je me souviens d’un bref silence dans le stade, suivi d’applaudissements respectueux et chaleureux, plus dignes d’un théâtre que d’un terrain de football. Je ne sais même plus comment nous avons joué ce jour-là. Je me souviens seulement de ce ballon que Willington a ramené au sol. »

Cette histoire intitulée L’Exorciste est de Roberto Fontanarrosa, écrivain, humoriste, dessinateur et hincha de Rosario Central[8].

Fontanarrosa ne nous contredirait pas : la technique de Daniel Willington n’a pas d’égal dans l’histoire de Vélez. Même la gestuelle parfaite de Juan José Ferraro passe après la grâce et la fantaisie d’un maestro ayant eu le malheur d’évoluer dans les années 1960, l’apogée du football économique, pour reprendre le terme de Toto Lorenzo, par opposition avec le football romantique. Ce style presqu’anachronique, sa fidélité à Vélez quand River le réclame et sa distance vis à vis des plus influents journalistes de son époque expliquent probablement une carrière internationale et une notoriété indignes de son talent. S’il fallait lui trouver un épigone argentin, ce serait probablement Juan Román Riquelme, le dernier Mohican.

Face au Racing et Roberto Perfumo.

Révélé sous les couleurs du CA Talleres en championnat régional – ce qui lui vaut d’être parfois appelé El Cordobés bien qu’il soit né à Santa Fe – et repéré par Victorio Spinetto, Willington prend ses quartiers à Liniers au début de l’année 1962. A 19 ans, il est prévu qu’il s’aguerrisse avec la réserve tout en achevant ses études, une exigence du président Amalfitani qui le couve comme un fils. Lors du dernier match amical d’avant-saison, Willington entre en jeu et inscrit un coup franc d’une quarantaine de mètres contre Boca Juniors. La valeur n’attend pas le nombre des années… Spinetto a peut-être lu Corneille et l’envoie au feu, contre Huracán. Les débuts à Parque Patricios tournent à la catastrophe (Vélez s’incline 0-4 et Daniel est exclu) mais la suite impose Willington comme une évidence, au point que Pipo Rossi le sélectionne en août 1962 pour affronter l’Uruguay.

Au sein d’un effectif chaque année un peu plus fort, Willington éclabousse la V azulada de sa classe, « un joueur de tango bohème » selon Jorge Valdano, un numéro 10 argentin par excellence dont les coups francs sont des bombes explosives et dont les dribbles ressemblent à des pas de danse. El Daniel déplace sa haute silhouette sans se préoccuper de la discipline tactique, bonifie les ballons qu’il réclame avant de les restituer sous forme de présents à ses attaquants, Juan Carlos Carone, Omar Wehbe, Carlos Bianchi. C’est exactement ce qu’il se passe en décembre 1968 lors du match décisif pour le sacre dans le Nacional. Face au Racing Club, il sert à deux reprises El Turco Wehbe et provoque une faute de main d’El Mariscal Perfumo pour le pénalty du 4-2. Joyau incontesté de ce Vélez entré dans l’histoire, il est statufié 50 ans plus tard, une panthéonisation rarissime chez les Fortineros et jusqu’alors réservée à Carlos Bianchi et José Luis Chilavert.

A l’occasion d’un match amical Vélez-Santos en 1969. Pelé sera particulièrement élogieux à propos de Daniel.
Fin de carrière, en 1978.

Parti chercher fortune au Mexique en 1971, El Daniel effectue son retour en Argentine dès la saison suivante, à Huracán d’abord, par amitié pour le boxeur Ringo Bonavena[9], puis à Córdoba avant de raccrocher à Liniers, en 1978. Plus tard, il dirige El Fortín, quand il faut reconstruire un groupe après la fin de la période de recrutement clinquante (Beto Alonso, José Luis Cucciuffo, Nery Pumpido durant la première moitié des années 1980). Il s’appuie sur le travail de formation de l’infatigable Spinetto et promeut plusieurs espoirs dont Diego Simone, empli de gratitude pour son mentor. Une gratitude éternelle. Le 4 novembre dernier, après la victoire de l’Atlético sur l’Union Saint-Gilloise, l’air grave, Cholo devance les questions de la presse : « je voudrais que nous ayons une pensée pour Daniel Willington décédé hier. Il a été mon premier entraîneur en Argentine, il est un souvenir précieux de mes débuts à Vélez Sársfield. Il m’a lancé à seulement 17 ans, et je lui en serai toujours reconnaissant. J’adresse mes plus sincères condoléances à toute sa famille. Je suis profondément touché. »   

1- José Luis Chilavert

Carlos n’a pas peur du bulldog.

Vélez et Chila, une histoire d’amour inextinguible dont les débuts furent tourmentés. En échec à Saragosse, il avait été choisi en 1991 pour succéder à l’enfant du quartier, Julio César Falcioni. Dans les faits, il avait dû se contenter du banc depuis lequel il observait les prestations fadasses de Juan Carlos Docabo. Quand Eduardo Manera avait consenti à le titulariser, une erreur d’appréciation contre le Racing Club avait éliminé Vélez dans la course au Clausura 1992 et l’avait fragilisé aux yeux de la hinchada. La venue de Carlos Bianchi, l’enfant prodigue, avait tout changé. Premier admirateur de son gardien, il en avait fait son relai privilégié et lui avait confié toujours plus de responsabilités. Les gammes de Chila face au but avaient convaincu El Pelado (le Chauve) qu’il devait frapper les pénaltys, et plus rare pour un portier, les coups francs (17 de ses 62 buts). « Dans l’histoire de Vélez, il n’y a pas eu de joueur plus important que José Luis Chilavert. Ce qu’il a fait à Vélez, personne d’autre ne l’a fait. Pour un entraîneur, c’est extraordinaire d’avoir quelqu’un comme lui, il arrivait toujours avant l’entraînement, il était formidable. Il était là 15 minutes avant tout le monde et en plus il te faisait gagner des matchs. » Des matchs et des titres, comme ce but inscrit contre Estudiantes offrant le Clausura 1993 aux siens, 25 ans après le premier sacre de Vélez, ou encore trois ans plus tard, lorsqu’il avait stoppé un pénalty d’Independiente frappé par Jorge Burruchaga.

Pour imager ce qu’était Chila, El Negro Fontanarrosa avait négligé le bulldog – un des surnoms de Chila, une gueule de chien ornant son maillot – sans renoncer à la métaphore animale. « Chilavert, le vigoureux Chilavert, a un tempérament proche des grands requins. Pour les requins, il n’y a aucun poisson dans leur environnement capable de les attaquer. Ainsi, ils n’ont peur de rien, ni de personne, et ils peuvent même percuter un porte-avions. Énorme, rond, mat, le Paraguayen a une carrure qui le relie vaguement à ce marin qui avait autrefois pris le dessus sur le bon vieux Popeye. Sa tête ronde et costaude, nichée dans un cou solide presque plus large que le crâne, semble petite par rapport au corps massif. Il est difficile de comprendre comment le Chila parvient à mettre autant de masse musculaire en l’air pour voler et éliminer certaines de ces balles qui se dirigent dans les lucarnes. Mais ce qui le transcende, ce qui l’auréole comme un champ magnétique, c’est l’esprit agressif, gagnant, confiant et arrogant du type qui n’a pas peur de la compétition, qui en jouit et qui s’illumine quand c’est difficile. » Requin et donc prédateur grâce à son pied gauche qu’il utilisait comme une arme de démolition, à de rares exceptions près, comme à l’occasion de ce Vélez – Boca barbare de juin 1996. Le match n’était qu’âpreté et sauvagerie – hormis un bisou de Maradona sur la bouche de Caniggia après l’ouverture du score xeneize – quand Chila avait décidé de faire preuve de douceur. Il avait caressé le ballon et l’avait logé dans la lucarne de Navarro Montoya. Un coup franc « maradonesque ». Dans les minutes suivantes, il avait inscrit un pénalty d’un tir précis à ras de terre. Ecœuré par l’arbitrage ou par le toucher de Chila, on ne sait trop, Maradona avait craqué et avait été exclu dans la foulée.

Auteur d’un but sur coup-franc contre l’Argentine en septembre 1996 avec la complicité du gardien German Burgos.

Le requin, qu’on imaginait solitaire, avait malgré tout tissé des liens sociaux avec ses partenaires velezanos. Oh, rien qui ne ressemblât à l’amitié, hormis peut-être avec Omar Asad. Ce qui unissait Chila à ses équipiers s’apparentait à un rapport de dominant à dominés, la subordination en conscience d’un effectif entier à sa seule personne. La présence d’El Guerrero guaraní décuplait la force de ses compagnons, José Oscar Flores et Omar Asad symbolisant ce Vélez surpuissant. Bâtis comme des lutteurs de foire, El Turu et El Turquito déménageaient les plus imposantes armoires à glace avec leurs bras, leurs cuisses et leurs culs. Comment auraient ils pu ne pas tout donner pour un tel leader, habile à conjurer les coups du sort, dont un célèbre attentat se voulant fatal, fomenté dans un instant d’égarement par un de ses ennemis intimes, Oscar Ruggeri ? 

Si même un psychopathe comme El Cabezón Ruggeri ne parvenait pas à le liquider, c’est qu’il était invincible. Habitué à subir les railleries des bruyantes et populeuses hinchadas de Boca, San Lorenzo ou River, le public d’El Fortín répondait en scandant Chi-la-vert, Chi-la-vert comme s’il s’agissait d’un totem protecteur, fascinant et effrayant. En trompant Navarro Montoya d’un coup franc délicieux, il leur avait offert une savoureuse revanche. Et que dire de ce but contre River Plate ? D’une soixantaine de mètres, il avait expédié un missile que Germán Burgos n’avait pu intercepter et dont la parabole s’était achevée au fond des filets millonarios. On pourrait ajouter ce triplé sur penalty dans le Clasíco del Oeste contre Ferro Carril Oeste. Club de quartier, trouble-fête parfois, faire-valoir la plupart du temps, Vélez était devenu dans son sillage une valeur sûre, supplantant les décadents Independiente, Racing Club et San Lorenzo. 

Salutations entre gordos.
Geste d’affection vis-à-vis de Gallardo.

Gardien exceptionnel, buteur providentiel, Chilavert avait en outre soigné son personnage de joueur sans scrupule, violent, déloyal, un primitif patibulaire honni de tous à l’exception des siens, les peuples velezano et guarani. « Agir en primitif et prévoir en stratège », écrivait René Char dans les Feuillets d’Hypnos. Stratège, José Luis Chilavert l’était à sa manière, celle d’un conducteur de défenses guidant les mouvements de ses soldats du geste et de la voix, un général respecté dont les ordres ne se discutaient pas. Primitif, il en était l’archétype, prompt à insulter, glavioter, frapper tous ceux qui contestaient ses attributs de mâle alpha. Le précepte de Char était précédé d’une formule explicative selon laquelle « on ne se bat bien que pour les causes qu’on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s’identifiant. » Chilavert avait tellement façonné Vélez Sarsfield qu’il en avait pris les traits, une allégorie d’El Fortín avec lequel il avait conquis le Monde.             

Bonus – José Amalfitani

Don Pepe au pied de l’oeuvre de sa vie, le stade de Vélez.

Au tout début de l’année1941, la sinistrose prospère parmi les socios de Vélez Sarsfield. Le club vient d’être relégué et les finances sont au plus mal. Elu président lors de l’Assemblée générale, José Amalfitani prend la parole : « Messieurs, je ne suis pas venu aux funérailles de Vélez (…). Tant qu’il y a 10 membres, le club tient toujours debout ! »  Ce discours acte le début de la résurrection de Vélez. Amalfitani se porte garant des dettes du club en engageant ses biens personnels et négocie l’usage d’une parcelle humide impropre à la construction auprès de la compagnie Ferro Carril de Buenos Aires. Situé dans le barrio de Liniers, le terrain doit se substituer à celui sur lequel trône le stade de Villa Luro, Vélez ne pouvant plus honorer le loyer. Des camionneurs affectés au tracé de l’avenue du Général Paz remblaient l’espace marécageux contre la promesse de billets gratuits à vie et les socios recyclent les matériaux de l’ancienne enceinte pour édifier les premières tribunes de bois, le nouveau Fortín étant inauguré en 1943 à l’occasion d’un match de prestige contre River Plate. Amalfitani prend alors les traits de l’homme providentiel, la figure tutélaire protégeant Vélez de tous les dangers, celui que la hinchada appelle Don Pepe en s’inclinant respectueusement.

Né en 1894, José Amalfitani grandit dans l’Ouest de Buenos Aires, à proximité de la gare de Vélez Sarsfield. Le Club Atlético Argentino Vélez Sarsfield vient d’apparaître quand il en devient membre, en 1912 ou 1913 alors qu’il se cherche professionnellement, tour à tour employé dans un commerce familial, acteur de théâtre et journaliste pour La Prensa. À 26 ans, il prend fugacement la présidence une première fois, puis une seconde en 1923-24, au moment où Vélez se dote du stade de Villa Luro. Amalfitani n’a pas 30 ans mais sa posture est déjà celle d’un bâtisseur. Dès l’implantation de Vélez à Liniers, en 1943 donc, il s’attache à agrandir et moderniser El Fortín en rappelant souvent que « le ciment est muet mais éloquent ». Il dote en outre le club d’une piscine et de plusieurs équipements sportifs afin que le nom de Vélez Sarsfield soit associé à la natation, au basket, au volley etc… mais aussi à des activités culturelles, en miroir de la politique menée par le voisin et rival, le Club Ferro Carril Oeste. À travers Vélez, Amalfitani s’affirme comme un acteur social majeur, une sorte d’autorité morale à laquelle se réfère le peuple laborieux de Liniers. 

Stade de Liniers en travaux.

Gérant Vélez comme le chef d’une entreprise familiale – qu’il est par ailleurs – Amalfitani se charge des infrastructures et délégue à Victorio Spinetto la construction de ses équipes en privilégiant les gamins des blocs limitrophes de Liniers ou en pariant sur des joueurs en marge, Daniel Willington étant probablement la plus belle prise du duo. Délaissé par les recruteurs des grands clubs porteños inquiets de son tempérament, la V Azulada mise sur El Cordobés. « Don Pepe connaissait mon caractère. Mais il m’a quand même emmené à Vélez et la seule chose qu’il m’a dite, c’est « je te fais confiance, ne me déçois pas. » A partir de ce moment-là, il m’a traité comme son fils. ». Le vieux président s’attache à Daniel et lui accorde des privilèges dont il est le seul à bénéficier. Quand River Plate propose un contrat mirifique à Willington, Don Pepe s’aligne, une folie a priori inconcevable pour ce gestionnaire marqué par la banqueroute de Vélez en 1941 et pour qui le domaine sportif s’efface derrière les équilibres financiers. 

José Amalfitani n’a jamais rêvé de titre, s’intéressant plus sincèrement au nombre d’abonnés ou au respect des budgets alloués à l’édification d’une nouvelle tribune qu’à une éventuelle victoire en compétition. Il existe une anecdote à ce propos. A un Fortinero lui demandant « moins de briques et plus de titres », il répond « si tu veux des championnats, fais-toi hincha de Boca. » Ses joueurs vont pourtant lui offrir le Nacional 1968 alors qu’il est déjà souffrant. Son petit-fils se remémore les instants ayant suivi le succès décisif de Vélez sur le Racing Club : « Quand mon père et moi sommes arrivés à la maison de Villa Luro, elle était pleine à craquer. Mon grand-père n’était pas allé au match car il ne se sentait pas bien. Je suis entré avec mon père, et je me souviens de l’étreinte qu’il a partagée avec mon grand-père. Submergé par l’émotion, en larmes, il lui a annoncé qu’ils avaient gagné le championnat, et mon grand-père, sérieux, a répondu : « Mais sais-tu combien d’argent cela nous rapporte ? » » 

Avec les champions 1968. A droite, l’entraineur Manuel Giúdice.

Quand le vieux président décède en mai 1969, El Fortín a déjà été rebaptisé José Amalfitani sur décision unanime des socios réunis en Assemblée générale. Ce stade[10], dont il a décidé et supervisé méticuleusement l’évolution, n’est que la partie matérielle d’un héritage dont la dimension morale se perpétue au fil du temps. Car l’homme le plus important de l’histoire de Vélez Sarsfield, c’est lui, José Don Pepe Amalfitani.

Décembre 1968, la hargne de Vélez l’emporte sur le Racing Club.

[1] Vélez évolue alors sur les installations de Ferro Carril Oeste, le voisin et grand rival, jusqu’à l’inauguration du nouveau Fortín, en 1943.

[2] Malgré un style peu orthodoxe, il réalise des prodiges dans les buts argentins à l’occasion d’une défaite 2-1 de l’Argentine contre l’Angleterre à Wembley qui lui valent ce surnom.

[3] Ferraro retrouve fugacement l’Albiceleste en 1956, plus de 11 ans après sa précédente sélection.

[4] Guillermo Divito était un humoriste et dessinateur alors qu’Osvaldo Pugliese était un maître du tango.

[5] Victorio Spinetto prend la suite de Guillermo Stábile à la tête de l’Albiceleste après la Coupe du monde 1958. Avec une équipe plus rigoureuse défensivement et tactiquement que ses devancières, l’Argentine s’impose dans le Sudaméricano 1959 organisé à Buenos Aires.

[6] La vice-royauté était une subdivision de l’empire colonial espagnol et couvrait des territoires situés essentiellement en Argentine, en Uruguay, au Paraguay et en Bolivie.

[7] Son passage à l’AS Rome est un échec total.

[8] Paru en 2000 dans son livre « No te vayas, campeón : Equipos memorables del fútbol argentino ».

[9] La rumeur prétend que son ami boxeur Ringo Bonavena, supporter de Huracán, rachète son contrat pour qu’il évolue avec El Globo, ce que niera Willington.

[10] Agrandi pour la Coupe du monde 1978, le stade José Amalfitani accueille trois rencontres du Groupe 3 (Brésil, Suède, Espagne, Autriche).

1 seul commentaire pour "Top 10 – Vélez Sarsfield (2e partie)"

  1. Alexandre dit :

    Et Chilavert à San Lorenzo, c’était déjà le même genre de joueur et de bonhomme?

    Et on aime bien René Char? Ben moi aussi!

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