Première Ligue des Champions, Première Coupe du Monde, Premier titre du RC Lens, le football français était au sommet malgré France-Bulgarie, Bernard Tapie et Footix (encore lui !). Revenons à notre sujet : le football français s’était trouvé enfin des gardiens, malgré Lionel Letizi à Moscou. Ne quittez pas, vous êtes toujours dans les années 1990.
(Première partie disponible ici)
5. Fabien Barthez

Après Bernard Lama qui clôturait la première partie, la seconde s’ouvre comme en miroir par Fabien Barthez. Les années 1990 marquent un tournant pour le football français et au poste de gardien, elle a deux pointures internationales. Barthez vient du Sud-Ouest, d’une terre de rugby. Il s’essaie lui-même dans les deux sports dans son adolescence. Au poste de gardien, il trouvera un compromis entre les pieds et les mains.
Car Fabien Barthez c’est en grande partie les Bleus. Dans l’ombre de Bernard Lama jusqu’en 1997, il fait ses preuves sur et en dehors du terrain aux yeux d’Aimé Jacquet et de l’entraîneur des gardiens Philippe Bergeroo. Ces deux derniers finissent par faire leur choix : leur confiance se porte sur Barthez plutôt que Lama qui était plus expérimenté, mais moins souverain depuis un an. Entre 1998 et 2002 le « Divin Chauve » fait le bonheur du pays. Barthez c’était un gabarit réduit, moins d’1 mètre 80, mais rapide dans ses sorties et explosif sur sa ligne, un sens de l’anticipation et de bons réflexes. Un style agrémenté de sorties acrobatiques et d’une personnalité quelque peu excentrique. Il avait surtout un bon pied gauche, une excellente relance et pouvait lancer le jeu de son équipe rapidement. Enfin, son charisme et son âme de leader lui assuraient autorité sur sa défense et au sein du vestiaire.
Il rejoint le centre de formation de Toulouse avec lequel il débute en Première Division. Espoir au poste, il est recruté par l’Olympique de Marseille en 1992 à 21 ans. Malgré la présence de Pascal Olmeta, le jeune Barthez, qui avait encore des cheveux, s’impose au fur et à mesure, malgré quelques passages à vide où resurgit la menace du Corse. Une blessure d’Olmeta laisse définitivement le champ libre pour le jeune gardien. Une première saison de feu dans le club devenu la place forte du football hexagonal depuis quelques saisons. L’apothéose des années Tapie survient le 26 mai 1993, l’Ohème remporte la première C1 de France. Et c’est le jeune Barthez qui garde la cage olympienne pour la finale de la Ligue des champions face au Milan AC. Mais l’affaire VA-OM éclate et les magouilles de Bernard Tapie dévoilées noircissent les belles années du club et l’entraînent dans la tourmente. Barthez continue d’assurer dans les buts, même en D2 après la relégation administrative du club. En 1995, le gardien, qui a fêté sa première cape internationale un an après son sacre européen, reste sur les rivages méditerranéens et prend la direction du paradis fiscal monégasque. À l’AS Monaco, ses débuts sont compliqués par les blessures et un contrôle positif au cannabis qui entraîne une suspension. Mais ayant la confiance de Jean Tigana et de Jean-Luc Ettori, il revient en grâce et en grande forme avec Monaco. Il devient Champion de France en 1997 avec le brassard de capitaine. Avec le club du Rocher, il remporte un second titre national en 2000, mais sa relation avec l’entraîneur Claude Puel se dégrade sur la fin, et il file à Manchester United. A ce moment-là, Barthez est au sommet de sa carrière, parmi ce qui se fait de mieux à son poste. Avec Monaco, il conclut son cycle avec deux titres en D1 et de beaux parcours en Coupe d’Europe. Surtout, il est le gardien titulaire et imperturbable de la sélection championne du Monde et d’Europe en titre.
Lors du Mondial 1998, Barthez est impeccable derrière une défense imperméable seulement trompée par la Croatie dans le jeu et auparavant sur un penalty des Danois au premier tour. Le gardien français se montre décisif en quart avec l’arrêt du tir au but d’Albertini, quelques parades spectaculaires pendant la compétition et une sortie kamikaze face à Ronaldo en finale. Champion du monde 1998, il est propulsé dans une nouvelle dimension. Avec son crâne embrassé par Laurent Blanc, qui devient l’une des images de cette France 98, il réhabilite les chauves et rend classe les « boules à Z ». Populaire et décontracté, il fait la une de la presse people et des pubs télé, une Barthez mania de quelques mois. Les Bleus enchaînent avec l’Euro 2000. Une nouvelle fois, Barthez répond présent dans les moments chauds et rend une copie parfaite contre le Portugal et l’Italie.
Alors que l’Equipe de France est grande favorite pour le Mondial asiatique, l’aventure tourne court. La Bérézina totale. Trop de confiance et une deuxième étoile fêtée et chantée trop vite par Johnny, ont masqué les véritables problèmes de fond d’une équipe qui s’essouffle et est au bord de la rupture après quatre ans de tournée mondiale. L’« EdF » s’écroule, même si le gardien des Bleus n’aura pas grand-chose à se reprocher sur le terrain, il maintient même la France « en vie » face à l’Uruguay au second match. Mais il n’y aura aucun miracle au troisième face au Danemark, malgré le retour tant espéré de Zizou.
Une saison auparavant, Barthez avait traversé la Manche pour devenir Fabulous Fab’. Mais son passage restera contrasté avec Manchester United. Le club mancunien cherchait le successeur de Peter Schmeichel, n’avait sous la main que Mark Bosnich et Raimond van der Gouw, et s’était fait arnaquer avec Massimo Taibi. Le recrutement de Barthez, considéré comme l’un des tous meilleurs gardiens du monde à ce moment-là, devait mettre fin à cette année d’errance au poste. Il se montre irrégulier et ne fait pas l’unanimité, ses bonnes performances sont trop aléatoires. Les critiques s’élèvent, Barthez est coupable de boulettes et d’erreurs évitables, indignes de son standing. Au point que Sir Alex Ferguson le met sur le banc à l’issue de la saison 2002-2003. Devenu remplaçant, il cherche une porte de sortie.
Il décide de rentrer à Marseille. Après des revirements administratifs de l’UEFA et plusieurs mois sans jouer, il renfile les gants avec le club phocéen. Sa demi-saison olympienne est marquée par le parcours de l’OM en Coupe de l’UEFA emmené par Didier Drogba. Mais Barthez craque en finale contre le FC Valence et se fera expulser par un compère chauve. Impulsif, il dérape quelques mois plus tard, en crachant sur un arbitre lors d’un amical contre le WAC Casablanca. Finalement, Barthez s’offre un dernier baroud chez les Bleus. Après sa suspension, il revient en équipe de France et supplante Gregory Coupet pour être titulaire au Mondial 2006. Il devient un pilier de la résurrection française entamée à Hanovre contre l’Espagne et qui s’achève quelques jours plus tard à Berlin conte l’Italie.
4. Michel Preud’homme

Quel goalkeeper fut élu « Meilleur gardien de la Coupe du Monde 1994 » ? Pagliuca, Taffarel, Ravelli, Illgner ou De Goey ? Eh bien non, aucun de ceux qui atteignirent à minima les quarts de finale. C’est le Belge Michel Preud’Homme qui remporta le premier « Trophée Lev Yachine ». Ce dernier avait déjà 35 ans et avait bien roulé sa bosse dans la décennie précédente.
Preud’Homme est né sur les rives de la Meuse, dans la banlieue de la Cité Ardente. Tout naturellement, il fait ses débuts avec le Standard de Liège. Dans les buts liégeois, il prend la suite de l’emblématique Christian Piot. Le début de la décennie des années 1980 est marquée par des succès pour les Rouches, sous les ordres successifs de deux immenses entraîneurs, Ernst Happel et Raymond Goethals. Le club wallon gagne deux titres nationaux, mais perd douloureusement une finale de C2 contre le FC Barcelone en 1982. Mais les affaires rattrapent le club, le scandale « Standard-Waterschei » éclate. Preud’Homme fait partie des condamnés et doit purger une suspension. À son retour, il ne récupère pas sa place, se faisant déloger par Gilbert Bodart qui se montra tout autant décisif et plus sûr. Preud’Homme rejoint donc le FC Malines en 1986. Là-bas, il enchaîne trois premières saisons fastes autant pour lui que pour le Malinwa : une Coupe des vainqueurs de coupe (1988) en battant l’Ajax Amsterdam et un titre de Champion l’année suivante (1989) devant les habituels mastodontes du foot belge. Le club malinois n’avait plus été champion depuis plus de 40 ans et se paye même une Supercoupe d’Europe devant le PSV Eindhoven.
Une fin de décennie 1980 radieuse pour le portier qui s’affirme comme l’un des meilleurs gardiens de ces années-là et qui accumule les récompenses individuelles : plusieurs fois élu meilleur gardien de son pays, deux fois Soulier d’Or (1987 et 1989) et des nominations au Ballon d’Or. Sur le terrain, Preud’Homme est solide sur sa ligne, souvent bien placé et rapide dans ses mouvements pour réaliser des arrêts réflexes décisifs, et fait le spectacle avec des parades spectaculaires. Un de ces atouts était ses longs et puissants dégagements au pied qui pouvaient se transformer en passes décisives. Preud’Homme était aussi un redoutable compétiteur avec son tempérament de combattant et de gagneur. Sa personnalité fantasque et son style ne passaient pas inaperçu non plus, avec sa longue crinière chevelue, son sourire télégénique et ses tenues flashy.
Il avait débuté chez les Diables Rouges en 1979, mais était resté derrière Jean-Marie Pfaff une bonne partie de la décennie 1980. Devenu titulaire en équipe nationale au moment où il connaît la gloire au FC Malines, sa première compétition internationale en tant que numéro un avec la Belgique est la Coupe du Monde 1990. Mais c’est aux États-Unis qu’il réalise un tournoi mémorable pour de nombreux observateurs, primé par une récompense individuelle. Ce qui reste assez discutable. Non pas que Michel ait été mauvais, même très bon, mais il la doit surtout à un match : sa grande performance en poule contre les Pays-Bas. Preud’Homme réalise un festival d’arrêts, avec la chance de son côté, permettant aux Belges de l’emporter sur leur voisin 1-0. La Belgique s’arrêtera dès les huitièmes, battue par les Allemands (3-2), avec un bon match de Preud’Homme malgré l’élimination. Bien souvent, il suffit de claquer une performance mémorable pour obtenir un trophée individuel et on peut dire que le jury de P2F a lui aussi été un peu abusé par le Mondial 94 pour le hisser au pied du podium. Après ce Mondial, le gardien belge a poursuivi sa carrière au Portugal et réalisa cinq saisons au Benfica Lisbonne. Là-bas, il continua d’enchaîner les prouesses et devint pour les fidèles des Águias « Saint Michel ».
3. Bodo Illgner

La carrière de Bodo Illgner a commencé comme une success story. Grand espoir à son poste, il s’installe comme portier titulaire à 20 ans au FC Cologne en 1987. Il a la lourde mission d’assurer la succession du légendaire Harald Schumacher. Produit du centre de formation, il se montre fiable et performant dans les buts des Boucs. À la fin des années 1980, le club rhénan monte sur le podium trois fois de suite avec le jeune Illgner dans ses cages, 3e à l’issue de cette saison 1987-1988, et deux fois vice-champion d’Allemagne en 1989 et 1990, derrière l’ogre bavarois, le Bayern Munich. Ses bonnes performances avec Cologne amènent rapidement le tout jeune gardien en sélection nationale où il impressionne pour son âge. Il devient le numéro un de l’Allemagne réunifiée à l’entame du Mondial italien, à 23 ans et avec toute la confiance du Kaiser Franz Beckenbauer.
Bodo Illgner tiendra toutes ses promesses lors de ce Mondial. Bien aidé par une défense solide, il fait le job et se met en évidence notamment en demi-finale contre l’Angleterre. En sortant le tir au but de Stuart Peace, qui balança un parpaing plein centre sur Illgner, il donne l’avantage à son équipe, avant que Chris Waddle expédie le sien au-dessus du but, qualifiant l’Allemagne. Contre l’Argentine en finale, il passe une soirée assez tranquille, il est très peu inquiété. Le jeune Illgner a fait preuve d’une grande maturité à ce niveau, il a été impeccable tout au long du Mondial. Dans un tournoi défensif et fermé, où la moindre erreur était fatale, il ne fallait surtout pas faire de fautes, rester concentré et être maître de sa défense : alignement, placement et marquage, il commanda sa ligne défensive avec autorité. Pendant 10 ans, il va être le gardien de Cologne. Aucun trophée remporté malgré des places honorables en Bundesliga et une finale perdue en Coupe d’Allemagne en 1991 contre le Werder Brême. Reconnu comme le meilleur gardien allemand de sa génération et du championnat au tournant des décennies 1980-1990, il est élu 4 fois consécutivement meilleur gardien allemand de 1989 à 1992. Il est même nommé meilleur gardien européen en 1991. En sélection, l’Allemagne perd une finale contre toute attente à l’Euro 1992 face à la surprise danoise. Un nouvel échec lors du Mondial 1994 et l’élimination par la surprenante, et excellente, Bulgarie en quart de finale. A la suite de quoi, Bodo Illgner met un terme à sa carrière internationale à seulement 27 ans.
Après avoir joué le maintien avec Cologne, quelque peu critiqué et en perte de vitesse, il file en Espagne. Il rejoint le Real Madrid en 1997. Il s’y refait la cerise et est capital dans la Liga remportée en 1997 par le club merengue. Sa seconde saison est plus irrégulière et clairsemée, car il est mis en concurrence avec Santiago Cañizares et perd sa place une bonne partie de la saison. Mais Illgner retrouve un statut de titulaire pour la fin de saison et remporte la Ligue des champions 1998. Titulaire en finale contre la Juventus Turin, et sous les ordres de son compatriote Jupp Heynckes, le Real Madrid regagne la « Coupe aux grandes oreilles » plus de 30 ans après son dernier sacre. La saison suivante sera décevante pour Illgner ainsi que pour le club madrilène qui prend l’eau défensivement. C’est le jeune Iker Casillas qui le relègue définitivement sur le banc au passage du nouveau millénaire. D’autant que les blessures de Bodo le poussent vers la retraite. Après une dernière saison blanche, il ne se fait pas de vieux os et met un terme à sa carrière en 2001.
2. José Luis Chilavert

Sous un soleil de plomb ce dimanche 28 juin 1998, la France affronte le Paraguay au stade Félix Bollaert à Lens. En plein cagnard, la France étouffe et les Bleus se cassent les dents sur la défense paraguayenne et un véritable mur, José Luis Chilavert. Pendant 113 minutes, le gardien est impérial avec sa muraille Arce-Ayala-Gamarra dressée devant lui. Le Paraguay annihile l’équipe de France. Le match est suffocant et la France retient son souffle, la peur au ventre d’être éliminée prématurément de son Mondial. Chilavert repousse toutes les tentatives, lit bien toutes les trajectoires du ballon, concentré durant tout le match. Il réalisait un sans-faute qui mettait au supplice le supporter français. Il était en route pour endosser jusqu’au bout le rôle du bourreau, d’un joueur qui aurait été honni dans toute la France si le rêve des Bleus avait été brisé en ce dimanche. Bref, le 28 juin 1998 aurait pu devenir un nouveau jour terrible pour le football français.
Le Paraguay s’était qualifié au Mondial en finissant second de la zone sudaméricaine, en s’appuyant sur leur robuste défense et leur gardien star. Chilavert était l’un des meilleurs du monde, peut-être même le meilleur tout court. C’est en Argentine qu’il s’était fait connaître au début de sa carrière. D’abord à San Lorenzo dans les années 1980, avant de devenir une icône avec Vélez Sarsfield. Il avait rejoint le Fort de Liniers, après un passage plutôt réussi au Real Zaragoza en Espagne. C’est avec Vélez qu’il s’impose comme l’un des meilleurs gardiens du monde dans la décennie, en même temps que le club devient dominant en Argentine, champion à quatre reprises, et en Amérique du Sud avec la Libertadores 1994, puis la Coupe Intercontinentale la même année. Chilavert est couvert de récompenses individuelles, systématiquement élu gardien sudaméricain N°1 de 1994 à 1999 par le journal uruguayen El País, qui établissait un onze idéal du sous-continent chaque année, et qui faisait autorité dans le milieu. Dominant au poste de gardien, véritable mur et leader sur le terrain, le portier au mental d’acier était aussi bouillant et avait le sang chaud. Personnalité charismatique sur et en dehors du terrain, il multipliait provocations, déclarations fracassantes et altercations avec les joueurs adverses. Enfin, il se faisait aussi remarquer pour ses buts ! Le gardien buteur était un spécialiste des coups francs et pénaltys, ses buts alimentaient les images insolites de Téléfoot. Durant sa carrière, Chilavert est l’auteur de 67 buts.
La France tombait donc sur le meilleur gardien des dernières années. Le Paraguay s’était qualifié en se montrant solide au premier tour, mais sans vraiment briller offensivement et dans le jeu. Les Guaranis se reposaient sur leur défense fermée à double tour, deux 0-0 contre la Bulgarie et l’Espagne. Un exploit tout de même, car les deux équipes étaient favorites sur le papier face au Paraguay. L’Albirroja obtient sa qualification grâce à une victoire 3-1 contre le Nigéria. Les Super Eagles étaient déjà qualifiés et assurés de terminer premier. Dans ce huitième de finale, les Bleus, privés de Zidane, sont pris dans le piège paraguayen. La France domine mais se heurte à un mur. Et en contre, elle peut recevoir un coup de grâce fatal, à l’image de ce face-à-face gagné par Barthez sur l’avant-centre Cardozo. Les minutes défilent et les Paraguayens tiennent bon, les tirs au but se profilent et la France a peur de Chilavert. On imagine déjà le scénario final, le gardien paraguayen terrasse les tireurs français, et rideau, Footix peut rentrer chez lui. Finalement, le miracle se produit et Laurent Blanc délivre tout un peuple. Les Guaranis sont à terre et Chilavert relève ses valeureux guerriers tombés au combat.
Finalement n’étant pas devenu le cauchemar des Bleus, José Luis reviendra même en France à Strasbourg. Avec le club alsacien il remporte la Coupe de France 2001 face à Amiens, où il se charge de transformer le dernier tir au but qui donne la Coupe au club. Mais il n’a pu empêcher le Racing de descendre en Ligue 2 quelques jours avant. Chilavert reste le leader de sa sélection, avec plusieurs kilos en trop et en étant nettement moins dominant. Un dernier Mondial en 2002 de nouveau éliminé en huitième, cette fois-ci par l’Allemagne future finaliste. Il arrête peu de temps après sa carrière sportive, mais toujours aussi grande gueule et provocateur, il continue à faire parler de lui. Son après carrière football est pathétique, que ce soit en tant que commentateur foot ou aspirant homme politique … il va jusqu’à se présenter à l’élection présidentielle de son pays, ayant sombré totalement dans l’outrance et le caniveau politico-médiatique, comme quoi la muraille, une fois percée, s’effondre et laisse tout passer.
1. Peter Schmeichel

Le numéro un des années 1990 est donc le Danois Peter Schmeichel. Un nom de famille que beaucoup de commentateurs sportifs et d’écoliers des cours d’écoles ont eu du mal à prononcer. Son empreinte est intimement liée à l’exploit des vacanciers Danois en 1992 et au renouveau de Manchester United dans le football anglais et européen durant cette décennie.
La carrière de Peter décolle quand il rejoint le nouveau club à la mode de son pays, le Brondby IF, en 1987, ce qui le lance définitivement dans le grand bain du football professionnel à 23 ans. Avec ce club, il remporte 4 championnats nationaux en 5 ans et se montre à son avantage, considéré comme le meilleur gardien de son pays. Il se fait remarquer au-delà des frontières danoises en réalisant une excellente campagne européenne en 1990-1991, atteignant les demi-finales de la Coupe de l’UEFA, éliminé par l’AS Roma. Le gardien danois a effectivement tapé dans l’œil de Manchester United, qui le recrute à l’été 1991. Acheté un demi-million de livres, avec le recul, Alex Ferguson et MU réalisent peut-être l’affaire du siècle pour le club mancunien. Mais avant de s’imposer comme le meilleur gardien de l’histoire du club anglais, Schmeichel va se faire connaître dans tout l’Eurofoot avec la sélection danoise. L’histoire est connue, le Danemark participe à la dernière minute à l’Euro 1992, repêché après l’exclusion de la Yougoslavie… Chez le voisin Suédois, sans préparation, la sélection danoise va réaliser l’exploit. Schmeichel multiplie les prouesses et les arrêts, écœurant notamment les Néerlandais et les Allemands dans le dernier carré, pour mener le Danemark à la victoire finale. Le grand gardien blond est définitivement entré dans le gotha des meilleurs gardiens européens et mondiaux.
Schmeichel va s’imposer comme une référence absolue à son poste durant ses 8 saisons chez les Red Devils. Indétrônable là-bas, il participe activement au retour au premier plan de Manchester United : 5 Premier League et 3 FA Cup, et surtout le triplé historique de 1999 avec la victoire incroyable contre le Bayern Munich en Ligue des Champions. Old Trafford ayant trouvé au cours de ces années un nouveau chouchou et le club son titulaire indiscutable dans les buts et artisan de nombreux succès. Physiquement imposant dans les cages (1m93 et 98 kg d’après sa carte découpée dans je-ne-sais-plus-quel-magazine), The Great Dane restait néanmoins très athlétique, vif et extrêmement mobile sur sa ligne et dans ses sorties. Il était l’auteur d’arrêts réflexes décisifs, notamment à la manière des gardiens de handball, une inspiration de nombreux gardiens nordiques qui usent de tout leur corps et de leurs pieds. À l’instar de son « star jump », son move typique en écartant bras et jambes pour couvrir au maximum les angles sur les tentatives adverses. Schmeichel c’était aussi un formidable compétiteur et une forte mentalité de gagneur, il pouvait prendre le dessus psychologiquement sur les attaquants adverses et les intimider par son physique, son regard, sa gestuelle et sa grande gueule sur le terrain. Et il aimait mettre la pression chez son collègue adverse avec son physique de viking quand il fallait arracher un but. Il n’hésitait pas à monter sur les corners de la dernière chance. Comme sur l’égalisation de Teddy Sheringham en 1999, il avait mis la pression sur la défense adverse ; ou même finir en but, comme en Coupe de l’UEFA contre le Rotor Volgograd en 1995, un match dans lequel Schmeichel est buteur de la tête.
Il choisit de partir en 1999 sur une victoire en Ligue des Champions, avec une prestation décisive au Camp Nou, bien aidé par ses montants, synonyme d’un triplé historique. Il part pour Lisbonne et remporte le Championnat avec le Sporting CP. Il finira par deux piges en Angleterre, l’une à Birmingham à Aston Villa et une autre beaucoup plus polémique chez les rivaux Skyblues, qui sera mal vécue par quelques uns de ses anciens coéquipiers. D’ailleurs son fils Kasper sera formé par City et commencera sa carrière avec le club de Maine Road. Incontournable et très complet, Peter Schmeichel a marqué sa décennie. Dans les années 1990, il a été couvert d’éloges et de récompenses individuelles à plusieurs reprises, que ce soit comme meilleur gardien du Danemark, de Premier League, d’Europe, du Monde.
Le classement complet
- Peter Schmeichel
2. José Luis Chilavert
3. Bodo Illgner
4. Michel Preud’homme
5. Fabien Barthez
6. Bernard Lama
7. Andreas Köpke
8. Gianluca Pagliuca
9. Oscar Cordoba
10. Claudio Taffarel et Edwin Van der Sar
12. Vitor Baia
13. Thomas Ravelli
14. René Higuita
15. Sebastiano Rossi et Sergio Goycochea
17. Bogdan Stelea et Oliver Kahn
19. Dida et Jorge Campos

Peu à redire sur le classement dans son ensemble. On espère tout de même voir van der Sar, qui mérite mieux sur l’ensemble de son œuvre, dans le Top des années 2000. En ce qui concerne Bodo Illgner, beaucoup de ses choix ont été influencés, voire davantage (je n’ai pas étudié la question de près), par sa femme Bianca qui gérait sa carrière avec un sens des affaires digne de J.R. Ewing.
Ah, malgré les réserves que j’ai déjà exprimées sur lui, je le trouve à sa place, Preud’Homme.
C’est quand même un meilleur gardien qu’un Barthez ou qu’un Pagliuca. Mais, oui : bien que ce fût la grande promesse belge de son temps (bien plus qu’un Pfaff!!! et que dire de Bodart jusqu’à ce qu’il fût jeté dans le grand bain, il venait d’encore plus loin celui-là!), il aura mis dix ans à s’affirmer vraiment comme un grand, gommer certains points faibles, il fallut le temps..et surtout il aura bien été aidé par la défense de mammouth cornaquée devant lui par l’excellentissime libéro Clijsters (Emmers, Versavel quand il joua wing-back, Albert, Rutjes.. ==> Sur les qualités défensives pures, c’était du très très lourd).
Oui, c’est sur ce match face aux Pays-Bas qu’il remporte ce prix à la con (je n’en reviens pas que Zenga l’ait si souvent remporté), alors que, regardez le match, la Belgique n’a pas moins d’occasions franches que les Pays-Bas, c’est vraiment de la narrative journalistique tout ça, avec des images d’Epinal [Belgique défensive] Vs [Pays-Bas offensifs] qui ce jour-là ne matchaient toutefois pas vraiment avec le réel : match ouvert des deux côtés, mais bon.. c’est plus vendeur de présenter ça comme un affrontement binaire Preud’Homme Vs Bergkamp, hein.
Dans un coin de ma tête, je garderai toujours à l’esprit que ce prix fut aussi une façon d’éteindre la colère bien légitime (et officielle!!!, car la fédération belge déposa ses réserves..avant de les retirer curieusement) des Belges après l’entubage subi en 1/8èmes face à l’Allemagne : un but allemand entaché d’une faute grossière.. un rouge allemand non-sifflé.. un péno non-accordé aux Belges.. ==> Ca fait beaucoup dans une rencontre qui se termine sur le score de 3-2, et pour un arbitre……….suspendu à vie quelques années plus tard pour faits de corruption..
Je n’aime vraiment pas Schmeichel mais, oui : très fort, rien à redire. Pas sûr d’avoir le tiercé dans le désordre, mais ces trois premiers (et je dirais même quatre) me paraissent difficilement contestables.
Waddle vient de fêter ses 65 ans, l’occasion de se remémorer ce geste face à Illgner..dont le reste des interventions vaut plus encore le détour, sa réactivité (en particulier sur les balles basses) était quand même hors-normes.
https://youtu.be/24nLYPJA6g0?t=70
J’aime pas le style Van der Sar, je ne trouve pas le gardien aussi extraordinaire que certains classements ne l’affirment. Mais il était bon quand même, et alors ce morphotype, le jeu au pied aussi.. ==> Il avait a minima sa place comme jalon, non? Ceci dit : je crois bien ne pas lui avoir donné le moindre point.. 🙂
Pas plus que parmi ceux des 80’s, il n’y a 4-5 gardiens des 90’s que j’aurais placés dans les 10 des années 1970, là-dessus je rejoins G-G-G. Mais perso, c’est les gardiens des années 60 qui m’intriguent, je vais essayer d’en voir davantage de ceux-là.
Pourquoi tu n’aimes pas Schmeichel ?
Schmeichel? Je n’aime vraiment pas les joueurs en mode mâle-alpha, c’est rédhibitoire pour bibi. Des Lehmann, Kahn, Koeman………. ==> J’ai le plus grand mal avec ces types qui traduisent une forme d’écrasement de la concurrence.
J’avais ceci dit apprécier sa réaction quand il se fit lober par Suker dans je ne sais plus quel tournoi, me rappelle m’être dit l’avoir peut-être mal jugé.
Mais c’est vraiment pas mon kif, même visuellement, l’esthétique…………..
Bon.. Je l’ai quand même placé en 1 voire (sais plus) 2 derrière Illgner, hein.
NB : Un cousin que je n’aimais pas avait exactement la même tête toute carrée que lui, je n’excluerais que cela jouât aussi 😉
Croatie – Danemark Euro 96.
Suker tente un lob fou du milieu de terrain, ça passe de peu à côté ou c’est dévié par Schmeichel. Lequel salue l’audace du croate par un pouce levé.
Peu de temps après, second lob…. et bingo.
96 et 98 Suker est irrésistible !
Yep, c’est ça, merci!
T’as un bon disque dur dans la boîte crânienne, toi 😉
Un disque quoi ? Ça existe encore, ces machins qui tournent dans des boîtes ?
J’ai l’impression que ça revient à la mode, quoique peut-être en mode hipster??
Dans la grande surface où je vais, il y a désormais tout un mur de grands classiques en « »-tours, genre Led Zep, Bowie……..et y a même Orgasmatron 😉
@Alex : Le vinyle, oui, mais les disques durs « classiques » d’ordis (Hard Disk Drives, ou HDDs), on n’en voit plus beaucoup. On trouve plutôt des SSD (Solid State Drives), sortes de cartes mémoire géantes au même format physique que les anciens HDD mais sans aucune pièce mobile, donc beaucoup plus fiables. L’accès aux données est de plus beaucoup plus rapide sur un SSD, avec des besoins de refroidissement (ventilation) bien moindres qu’avec un HDD.
Et sinon le match face à l’Allemagne est plus scandaleux que celui face au Brésil en 2002 ?
Comment objectiver un truc pareil?? Je ne peux parler que pour moi, allez..
Le plus scandaleux, objectivement : c’est l’Allemagne en 94 ; rayon (non-)décisions scandaleuses c’est belote, rebelote et dix de der. Mais la Belgique n’était pas au-dessus, trop de problèmes en interne (Degryse et Nilis s’échinaient à saboter ce pauvre Weber) pour aller bien loin, je vois mal cette Belgique sapée de l’intérieur faire mieux que l’Allemagne face au bel état d’esprit de ces Bulgares-là…………
Brésil 2002 est pour moi le pire : l’asymétrie des talents est dingue, y a trois fois rien côté belge, et cependant : quel chef-d’oeuvre collectif, quel équilibre, quelle solidarité……………. ==> Waseige avait about une alchimie extraordinaire en composant avec des joueurs comme Jacky Peeters, Gert Vereyhen, Yves VanderHaeghe……………et c’est les yeux dans les yeux qu’ils affrontèrent ce Brésil..c’est méritoirement qu’ils inscrivirent ce but d’un Wilmots en mode warrior aussi intenable que décousu……et c’est le gardien qui fait le meilleur match côté brésilien, c’est contre le cours du jeu qu’ils marquent sur une frappe déviée, et c’est parce que les Belges poussent en espérant qu’on ne leur annulera pas un autre but que Ronaldo met le deuxième ; la meilleure équipe dans un contexte où la Belgique était qualitativement dans le trou : c’est la Belgique ce soir-là!
Mais l’arbitre en décida autrement, soit..
Surtout : Bob Waseige était un gentleman, vrai mec bien, zéro doopage avec lui, tout miser sur la cohésion, la camaraderie, l’équilibre…………et un football positif dont ce Brésil eût parfois bien fait de s’inspirer, bref : pour moi c’est Brésil 2002 le pire!
(dans l’absolu, c’est évidemment la spoliation de notre génération dorée en 73, le pire de tout)
Personne n’a voté pour Rüstü? Dans mes souvenirs ça a bien bien foiré à Barcelone, mais c’était quand même un vrai bon gardien je trouve.
Peut-être plus la décennie suivante Rustu, non ? Le gardien de la 3ème place en 2002 et encore présent lors de la demi-finale de 2008. Elle était bien sympa cette équipe turque en 2008. On s’ennuyait jamais avec elle.
On en parlait déjà pas mal en Belgique dans les 90’s, en bien et, rares fois (certes) où j’en vis des images : toujours à niveau, ce n’était pas usurpé.
C’était la sensation turque du moment avec Hakan Sukur et mon chouchou du championnat turc : Abdullah Ercan! Lui, j’aimais vraiment, vraiment beaucoup.
Pour ma part perdu de vue après son passage-éclair au Barca – qui à sa décharge était devenu un sacré traquenard pour les gardiens.
Je me souviens d’un Rüstü lobé 3 fois dans le même match face aux bleus (Pires, Blanc, Pedros). Après ça, il pouvait aller se démaquiller…..
A force d’aller au stade, toutes les images se mélangent et on ne se souvient de pas grand-chose mais j’ai encore en tête le jeune Barthez, encore chevelu, qui déclenche une parade exceptionnelle sur une reprise de volée de Calderaro. J’étais ado mais je voyais bien que l’on était en face d’un talent à part, surtout à Toulouse. La suite le prouvera.
Le père de Barthez était joueur de rugby à Narbonne.
Et sa période à Monaco, j’aimais beaucoup. Le titre 97, l’élimination de United sur une patate de Trezeguet, le titre 2000. Une fantastique équipe. Barthez, Sagnol, Marquez, Lamouchi, Giuly, Gallardo, Simone, Trezeguet. Quel dommage de ne pas avoir gardé ce groupe. Y avait plus de talents qu’en 2004 par exemple.
J‘abonde volontiers sur Barthez. Peut –être qu’il doit sa 5ème place à son palmarès et parce qu’il a bénéficié de la protection de la meilleure défense d’Europe en fin de décennie. C’est tout à fait recevable.
Néanmoins, je rappelle qu’il faisait partie intégrante de cette défense (ce n’est pas 4+1 mais bien 5 joueurs, dont Barthez). S’agissant du palmarès, il est également un des principaux protagonistes grâce à sa capacité à ne pas être « écrasé par la pression ».
C’est vraiment ce qui le singularise….. Ce mental lui permettra de ne pas hésiter dans les sorties, de ne pas cogiter après une boulette et de subir un minimum de duels. Une qualité rare dans les matchs clés (en cela Casillas et Barhez se rejoignent)
Bon, je concède que son tempérament lui a aussi couté beaucoup d’étourderies.
Enfin, un second « cocorico » pour Lama. 100 % Ok avec toutes les louanges qui lui ont été faites précédemment ! Le classement reflète bien mon ressenti, les deux se tiennent en une place.
Barthez sa plus grande force c’était le mental et la capacité de saisir la moindre occasion pour s’imposer titulaire. Première saison à Toulouse, le gardien (Huc?) se blesse, le second aussi et boum titulaire à 20 ans (rarissime pour un gardien dans la D1 de l’époque) et Tapie fonce dessus. Année suivante, au tour d’Olmeta de se blesser. Baptême du feu à Ibrox Park, même pas peur. Finale de C1 à 22 ans face à Van Basten, pas un problème. En bleu, je me souviens plus trop mais il a dû profiter du moindre faux pas de Lama pour s’imposer aussi, au meilleur moment juste avant 98.
Contre les Rangers, Barthez s’était sacrément fait bouger par les carcasses de Hateley et McCoist. Un bon match européen !
Et oui, c’était bien Huc. Et le deuxième gardien devait être Pedemas. Barthez avait également l’avantage d’avoir grandi avec les Zidane, Thuram, Dugarry… Des mecs qu’il connaissait depuis les espoirs. Je ne dis pas qu’ils avaient de mauvaises relations avec Lama mais l’Ariegeois a toujours eu la cote auprès des tauliers du groupe. Un avantage certain.
Barthez a profité de circonstances favorables pour arriver numéro 1 aussi bien à Toulouse, l’OM ou chez les bleus. j’en parlais sur la 1ere partie de Lama qui avait connu une baisse de forme et son contrôle avant 98. Mais Barthez, les opportunités il les a prises. Et il a pas lâcher. Il a imposé son autorité sur sa défense également. un leader. Je me souviens pas d’une erreur de sa part lors des tournois mondial et euro, même ceux où la France a contre-performé, c’est pas Barthez dans les fautifs en premier, loin de là. J’en oublie une peut être ? Mais la France avait 2 gardiens exceptionnels, chose jamais vu. Les 2 c’est parmi le top sur la décennie. Et j’ai mis Lama devant car je préférais son style.
Goycochea en dehors du top 10 ce qui n’est pas illogique. Dans d’autres décennies, avec ses performances sur les tab en Italie et les deux Copas durant lesquelles il performe, il aurait été mieux classé. Sauf qu’en effet, Goyco n’a jamais brillé en club et n’a pas laissé de grands souvenirs à Brest. Gardien de tournois, comme Barthez dans un style totalement différent.
Il en disait quoi Happel de son passage au Standard ? C’est pas forcément la première période qui vient à l’esprit…
Il ne disait jamais rien, communiquait peu avec ses joueurs, méprisait la presse (sur l’essentiel et là-dessus, je le comprends!) et laissait derrière lui peu de témoignages de son oeuvre, bref..bref c’est une colle.
Tout de même 2-3 choses que je puis te rapporter :
Il hérita d’une dream team : Sigurvinsson, Gerets, Renquin, Edstroem, Tahamata, Vandersmissen (très très fort jusqu’au Waterscheigate, qui malheureusement mit un frein à sa carrière), un Preud’Homme pas encore parvenu à maturité footballistique mais très prometteur……….et puis encore un paquet de joueurs qui avaient le niveau international : Önal, Plessers, Daerden, Graf, Wellens, Poel, le très sous-estimé « Tintin » Voordeckers……. ==> Très grosse équipe pour l’ère-pré-Bosman!………..et il en avait à tel point conscience qu’il déclara, à son arrivée : « si nous ne sommes pas champions avec une équipe pareille, il n’y aura plus qu’à vendre toute l’équipe », de fait le casting était royal..
..et cependant il n’y remporta pas le championnat!
Et en coupes d’Europe, l’équipe est mûre en 80-81……..mais tombe en 1/4 dans la dégueulasserie que j’avais évoquée ici :
https://www.pinte2foot.com/article/amalgames
Sans quoi ce qu’il avait abouti avait sans problème la dimension pour remporter la C3 81, ils avaient été bien supérieurs au FC Cologne de Michels..mais ce fut un traquenard..
Le gain de la Coupe 81 fut quand même un beau lot de consolation, parcours très impressionnant face à de belles équipes : Antwerp, Waterschei, Lokeren…… ==> De belles équipes du 3ème championnat d’Europe, des qualifs larges et spectaculaires.. ==> Formidable.
Voilà à décharge.
A charge, les joueurs évoquèrent des entraînements pas assez physiques – à pondérer par la culture de « durs au mal » propre alors à ce club.
L’un dans l’autre, revient souvent que ce fut peut-être l’équipe la plus spectaculaire de l’Histoire du Standard, de l’audace à gogo, l’un ou l’autre matchs furent par exemple disputés en alignant..deux défenseurs, comme un siècle plus tôt. Dans le plus pur esprit consistant à gagner 4-3 plutôt que 1-0, bref : un goût d’inachevé mais un souvenir cependant très, très positif.
A son départ le big boss du club vendit plusieurs stars : Renquin, Sigurvinsson, Edstroem……….., ça s’annonçait mal, saison de transition?? C’était sans compter sur Goethals qui, en comblant ces départs par du bricolage, réalisa en 81-82 l’un de ses plus grands exploits.
Malines 88, dans mes premiers souvenirs de lecture. Je n’ai pas vu la finale. Ohana, De Boer, Koeman. Finale à Strasbourg, il me semble…
Finale tout de même tronquée par l’expulsion (justifiée) du dernier homme Blind sur une infiltration plein axe de l’excellentissime Emmers, sans quoi??
Je l’avais abordé ici – j’adorais ce joueur, ses blessures étaient à pleurer tant il était bon, excellait en tout :
https://www.pinte2foot.com/article/11-du-siecle-le-malinwa-1-3
Bon.. J’ai quand même abordé pas mal de trucs, éhéh, tu comprends pourquoi je me plonge depuis un an ou deux dans les arcanes du foot suédois? Je finirai sinon par tourner en rond 😉
Le Real et Bosman… Le retour au premier plan des Merengues, c’est le mercato 97. Illgner, Panucci, Roberto Carlos, Suker, Mijatovic, Seedorf, Morientes…
Mercato 96 plutôt
Oui, Lolo Sanz qui dépense sans compter pour ramener le Real au sommet et contrer le Barça de Núñez. Et ça marche avec le retour de la C1 à Madrid, après plus de trois décennies d’attente.
Et la victoire en intercontinentale contre le Vasco de Pedrinho, Felipe, Juninho, Luizão, Donizete.
La Septima est sans doute la plus importante…
Chilavert a quelque chose de fascinant et repoussant à la fois. Le Vélez de Bianchi lui doit énormément, ses parades et ses buts sont des musts des 90es mais il y a également tous ces coups de pute, ces crachats à la gueule de ses adversaires et notamment Ruggeri qui manquera son attentat vengeur les deux pieds décollés du sol.
Avec lui, il faut faire le tri entre bassesses les plus crasses et sommets inoubliables. Son attitude après la défaite à Lens en 1998 est extraordinairement digne, celle d’un chef qui exige de la tenue de la part de ses hommes défaits. Immense ce jour là et c’est ce Chila que je veux garder en tête.
Chilavert, pour l’avoir vu en 98, vraiment une grosse influence sur son groupe. On espérait une victoire du Nigeria, pour que l’Espagne passe, mais étant déjà qualifiés, ils ont pris le match par dessus la jambe. Le Nigeria se pensait arrivé et prendra le bouillon face au Danemark par la suite.
Dans les places suivantes, Van der Sar sera dans la décennie prochaine ….
Alors Higuita, Rossi, ça fait pitié de les voir dans le classement haha
Goyco en dehors de quelques matchs avec l’Argentine (et un pic entre 90 et 93 uniquement en sélection), carrière club vraiment très très moyenne… pas du tout un gardien régulier au haut niveau. Baia , c’est le lobby portugais de Rui ça ? hehe idem il m’a laissé une grande impression quand on le voyait…
je sais pas ce que vous en pensez, mais pas fameux les années 90… Il semble avoir un gouffre entre 5-6 gardiens cités et le reste. Après à nuancer, car une partie des gardiens des années 2000 qui seront cités auront surement fait une partie de leur carrière dans les 90.
Dida aurait pu mérité mieux il est vraiment pas mal au Brésil dans les années 90 à Palmeiras notamment.
Et pas de Peruzzi ou de Toldo dans les votes ? Ils étaient meilleurs que les Higuita, Baia ou Rossi.
Ah oui, gros manque. Rossi étais un mauvais gardien.
Pas impressionné non plus. Fissa l’impression qu’entre le depart de Galli et l’installation de Dida ce ne fut pas fou-fou dans leur cage.
Peruzzi, chopé par la patrouille au début des 90es en même temps que Carnevale alors qu’il était à la Roma. Produits dopants qu’il avait justifié par son combat contre les kilos en trop. Une tâche dans sa carrière alors qu’il s’agissait d’un gardien sûr.
Je suis d’accord, au-delà des 10 premiers j’aurais aimé voir d’autres italiens que Séba Rossi ! Je pense à l’autorité de Peruzzi dans ses 5,50m et au « presque parfait » Euro 2000 de Toldo. Personne n’a voté pour Peruzzi?
Au niveau du top 10, cela me parait assez juste. Malgré tout, je suis surpris de voir Illgner sur le podium. En première approche, je le situe entre la 8ème et 12ème place et il n’est pas dans mon top 5 allemands. Manifestement, je l’ai mal évalué.
Pour pinailler, Preud’homme est un chouia trop haut à mon goût.
J’aimais vraiment bien Toldo, davantage que Peruzzi par exemple.
Je pense avoir voté pour lui dans la décennie suivante?? Sais plus.
Higuita, il parait que c’était pas mal avec l’Atlético Nacional. Ils prennent une Libertadores en plus, faudrait voir ses performances en club.
Dida, c’est à Vitoria et Cruzeiro qu’il brille dans les années 90. Il n’a jamais joué à Palmeiras.
Oui pour Dida et Palmeiras c est Marcos que je voulais citer. J ai ecris trop vite, j ai avalé la moitie de ma phrase.
Pour les années 2000 parce qu’il est doublure de Velloso dans les années 90.
Libertadores 99 et 2000, c’est bien Marcos dans les buts en finale. Il est au tournant sur les deux décennies
Sa carrière de titulaire était entre 1999 et 2011. Donc bon, on peut dire que c’est un gardien des années 90 si tu veux, mais ça me semble pas la décennie la mieux cadrée.
Il y a une belle ITW de Van der Sar dans le So foot. Il nous donne de bonnes infos pour supposer que l’AJAX était en avance sur les méthodes d’entrainement et la philosophie de jeu du gardien moderne.
Pareil. Peruzzi, Toldo oui. Rossi faut pas déconner.
Au Benfica, Preud’homme a été adoré. Dans une période de vaches maigres.
Heynckes a une relation proche avec l’Espagne. Outre le Real, il a entraîné l’Athletic, c’est d’ailleurs lui qui lance Julen Guerrero, il me semble, et Tenerife avec qu’il va en demi-finale de l’UEFA. Et si on devait faire un top carrière de joueur, plus entraîneur, il serait sacrément bien placé. C’était un super joueur Heynckes.
Baia, j’aimais beaucoup et j’avais été déçu par son échec au Barça. Comme pour Rustu d’ailleurs.
Enfin Campos, gardien spectaculaire, pas mauvais, mais que je mettrais parmi les seconds couteaux au Mexique. Derrière Ochoa, Carbajal et Calderon. Idem pour Oswaldo Sanchez mais au niveau d’un Oscar Perez, dont il partageait le petit gabarit.
En effet, un petit clin d’œil aux keppers présentés en photo de garde (Higuita et Campos).
Ce ne sont pas les meilleurs mais ils ont indéniablement apporté un côté « Fun » au poste et, pour sûr, ont contribué à susciter des vocations.
Heureusement que la deuxième partie du classement rééquilibre un peu le chauvinisme de la première (Lama est un bon gardien, mais de là à lui octroyer la 6ème place devant Köpke et Taffarel qui ont marqué respectivement l’Euro 96 et le Mondial 94 de leur empreinte, je trouve que c’est un brun exagéré), d’autant plus que Schmeichel fait quasiment l’unanimité.
Schmeichel fut de loin la première idole internationale de mon enfance, l’Euro 92 étant la première grande compétition dont j’ai à peu près le souvenir (plutôt les vagues réminiscences d’un gamin de 7 ans). Incapable de situer à l’époque le Danemark sur une carte et ignorant tout de son repêchage de dernière minute à la place de la Yougoslavie et de son parcours miraculeux, je me suis mis à supporter instinctivement les braves scandinaves par pure fascination devant son fantasque gardien et son style peu orthodoxe, ses sorties casse-cou et son caractère bien trompé notamment lors des demi-finales face aux surpuissants néerlandais volants.
Si ma passion pour le Danemark s’est subitement envolée en constant qu’il ne participait pas au Mondial USA 94 et si j’ai trahi perfidement la belle scandinave pour la tempétueuse et décevante Roja espagnole (pour qui j’ai versé tant de larmes et qui s’est faite désirer jusqu’en 2008), ma fascination pour Schmeichel était restée intacte. Je l’adorais au point de me faire gardien de but comme on se fait prêtre par amour du Christ, un poste maudit (le goal, bien évidemment) que tous mes copains fuyaient comme la peste, à juste titre. En plus de la solitude chronique et de la terrible ingratitude de ce poste si particulier (la brebis galeuse de l’équipe les jours de vaches maigres, et le grand oublié de l’histoire les soirs de victoires), il fallait affronter le ballon gelé à mains nus (les gants étant un luxe réservé aux équipes professionnelles) et plonger à même le bitume sans équipement adapté (mes hanches, mes coudes et mes genoux souvent meurtris s’en rappellent encore) pour garder sa cage inviolée (enfin, plutôt deux gros cailloux ou deux pauvres cartables posés des deux cotés de la route nationale, notre unique terrain de jeu). Mais tout ça en valait la chandelle pour gagner de temps en temps le droit au surnom éphémère mais si précieux de « Schmeichel » à la suite d’une bonne parade ou d’un penalty arrêté, ne serait ce que pour un jour.
Merci Agawa. C’est chouette d’avoir un avis extérieur. Mise à part les copains belges du groupe, on a été majoritairement été influencé par le discours français. Mais autant, je te laisse le bénéfice du doute sur Kopke, que je n’ai connu qu’en fin de carrière, autant je n’ai jamais vu Taffarel réaliser ce que faisait Lama. Une présence au haut ́niveau plus longue de Taffarel joue pour lui par contre.
Justement ami Khia, le talent brut à lui seul ne suffit pas il faut juger un gardien sur l’ensemble de son œuvre (n’est-ce pas à la fin du bal qu’on paye les musiciens?). Pour rester sur la comparaison entre Lama et Taffarel, le premier a eu à peine 5 à 6 années pleines où il a brillé au plus haut niveau tant le PSG qu’avec les bleus ( dont je garde un souvenir mitigé entre la piteuse élimination aux portes du Mondial 94 et une prestation transparente aux T.A.B face aux tchèques en 96), tandis que Taffarel a eu une carrière longue comme le bras (titulaire indiscutable 10 ans durant avec la sélection auriverde, un exploit et pas des moindres) et a répondu présent dans les grandes compétitions en 94, 98, et avec Galatasaray.
J’aurais souhaité voir un gardien africain ne serait ce que dans le top 20. Un Chokri El Ouaer à titre d’exemple qui a marqué la décennie avec son grand Espérance de Tunis et une CAN96 de haut vol avec les Aigles de Carthage, ou bien l’égyptien Nader El Sayed qui a brillé avec l’Egypte et le Zamalek tout au long de la décennie.
Et puis de grâce qu’on arrête de considérer le jeu au pied comme indicateur principal de performance d’un gardien de but, c’est une aberration sans nom. Autrement, Rogerio Ceni serait le meilleur de tous les temps.
El Ouaer mérite une mention, c’est vrai. Songo’o était également un gardien de valeur dans cette décennie.
Songo’o je le trouvais impressionnant quand j’étais gosse, mais j’ai jamais revu de matchs de sa part.
Faudrait faire un top des gardiens buteurs avec Ceni, Butt, Chilavert, Campos, Higuita, celui de l’Atlético Goias dont le nom m’échappe. Il doit y en avoir d’autres.
Deux gardiens de clubs lisboètes dans le top 5! Bon Schmeichel au Sporting il est en toute fin de carrière mais ça ne va pas l’empêcher de rapporter un titre au Sporting qui venait de passer 18 ans sans en gagner un! Il y est encore vu comme un de plus grands gardiens du club!
Preud’Homme est plutôt bien vu au Benfica mais il était encore plus vieux que le danois, il s’arrête a 40 ans et il ne gagnera aucun titre de champion en 5 saisons. Et ce n’était plus le grand gardien de ses années belges.
J’ignore pourquoi les Benfiquistes l’ont nommé « le saint », en Belgique je ne lui ai jamais connu de surnom laudatif, c’etait plutot d’un registre « Michmiche », « crollé »..ou, en milieu plus introduits (c’est le cas de le dire) pour surfer sur sa libido bien trempée (oups).
En tout cas mes equipiers portugais (minifoot), tous supporters de Benfica, n’avaient que des louanges pour lui, à les en croire heureusement qu’il etait là, pas un grand Benfica.
Et c’est là qu’il a construit ensuite sa carriere de cadre du football.
Oui il est super bien vu mais cela ne l’empêchait d’être bien moins fort que dans ses meilleures années.
Il bénéficiait surtout de la nullité de sa défense, donc il avait de quoi se mettre en valeur.
Puis, l’âge et l’expérience aidant, il avait un charisme qu’il le faisait briller dans ce Benfica tout naze.
« Acheté un demi-million de livres, avec le recul, Alex Ferguson et MU réalisent peut-être l’affaire du siècle pour le club mancunien. »
Alors, selon l’écossais lui-même (dans son autobiographie que je m’étais acheté à Dublin y’a quelques années de cela) : le meilleur deal de sa carrière, c’est Denis Irwin pour 650.000 livres depuis Oldham !
Validé………….mais simplement informer, par ce biais et qui de droit..que je confirmerai vers 18h30 que c’est bon pour demain, voilà voilà
Pas de Warmuz dans les votes, un scandale. Il avait un Letizi dans le bras droit et un Charbonnier dans le bras gauche en 1998.
Plutot d’accord dans l’ensemble sur ce classement.
Ca fait au final un top 10 un peu léger à mon sens. Les décennies 80′ ou 2000′ m’ont l’air bien plus consistantes.
Mention spécial à Barthez pour son apport dans le jeu (longue relances à la main ou au pied, sorties lointaines). Aujourd’hui les gardiens sont bien meilleurs balle au pied (et parfois vivent un peu dessus, même si c’est des gardiens assez moyens, coucou Ederson), mais le Barthez de l’époque n’a rien à leur envier
Carrière absolument irréprochable en Bleu, très décisif dans les gros moments. En club, un peu moins régulier mais très solide quand même.
Sinon personne n’a cité Seaman… ceci dit, pas dit effectivement qu’il ait sa place dans son Top 20.
Une sacrée gueule, quelques arrêts légendaires… mais c’était un gardien franchement moyen au final.
Gardien titulaire de l’Angleterre une bonne partie de cette période, mais bon au royaume des aveugles…
Buffon… bon ok c’est vraiment la fin des années 90′, et sans doute une belle place dans le top des années 2000′.
Mais fin des 90′ à Parme il est déjà présent et excellent, international. Il devait être titu à l’Euro 2000, mais blessé.
J’aimais Perruzzi. Pagliuca, Perruzzi, Toldo, Buffon… grosse densité de très bons gardiens en Italie à l’époque
Peut être une place pour Songo’o aussi dans un top 20
Pour l’instant, la liste des dixièmes des Tops de chaque décennie est la suivante :
1920 : Ted Hufton
1930 : Gerrit Keizer
1940 : Aníbal Paz
1950 : José Castilho
1960 : Viliam Schrojf
1970 : Ray Clemence
1980 : Józef Młynarczyk
1990 : Claudio Taffarel
Ma prévision dans l’article des années 70, selon laquelle Ray Clemence mettrait à la raison tous les autres dixièmes à une ou deux exceptions près, est en voie de confirmation. À part Taffarel, je ne vois pas qui joue dans la même division que le légendaire gardien des Reds.
Y a des joueurs qui n’avaient rien à faire là-dedans, Gerrit Keizer est incompréhensible.
Ahah, Hufton aussi, c’était une belle tanche.
Au moins, Keizer, y a plein d’histoires sur lui…
Gare ! Je crois que Buffon est dixième dans les années 2000. Il va mettre tout le monde à l’amende !
Oui, Seaman est dans un autre ranking.
A sa décharge, il est « victime » de deux coups de génies en mondovision : Nayim et Ronnie.
Perso, j’ai toujours eu un doute sur l’intention de Ronnie….
Ronaldinho le fait exprès je pense
S’il voulait la mettre au deuxième poteau, il l’aurait mis à 8-10 mètres des buts.
Je vois pas Ronnie se louper de 10 mètres sur un ballon à 40 mètres, surtout sur un ballon sortant.
Surtout que c’est Ronaldinho quoi
Le seul truc qui me ferait douter, c’est que le ballon c’était un Fevernova. On a critiqué à juste titre le Jabulani (AfSud 2010) qui était pourri, mais le Fevernova 2002 c’était une belle daube aussi
C’est évidemment volontaire.
J’ai revu les images. Oui, c’est volontaire, il n’y a pas de doute.
Pourquoi je m’étais construit le souvenir d’un geste « trop parfait pour être vrai »…. j’en sais rien.
Bodo Illgner.
Ce sera tout.
Je suis plutôt de l’avis de Belo. Me souviens pas avoir été particulièrement impressionné par Illgner à l’époque. Il a toute sa place dans un top 10, même à une bonne place, mais je le vois pas dominér la décennie. C’est certain que son arrivée au Real est un saut qualitatif mais c’était passer après plus de 10 ans de Buyo…
J’ai confessé un gros faible pour Illgner, et ce n’est pas tant pour ses années avec la Mannschaft ni même pour celles au Real : c’est aussi voire surtout pour ses saisons à Cologne, il y fut exceptionnel.
Je crois que Schumacher y parle plus aux supporters car Schumacher y fut le gardien d’une équipe dominante, Cologne était alors un « grand » encore de Bundesliga, qui cassa régulièrement la tirelire d’ailleurs, c’était un club un peu beaucoup « champagne », en mettre plein la vue.. L’âge d’or. Ce-faisant, il est associé à l’une des meilleures périodes du club, singulièrement faste, et il n’y fut évidemment pas pour rien.
Mais c’est tout le contraire qu’y aura connu Illgner, le contre-coup même : club fauché, déclassé. Les entraîneurs Daum voire Olsen permirent de faire un peu illusion, mais sinon une poignée de jolis coups (Munteanu, par exemple), c’est un club qui avait dramatiquement perdu sa dimension puis même son attractivité – mid-90’s, plus grand-monde ne gardait conscience de ce qu’avait représenté ce club. Pourtant Illgner y fut vraiment extraordinaire, meilleur même que ne l’avait été Schumacher je dirais. Le patron.
Face aux Bulgares en 94, ce n’est pas souverain et c’est le motif de sa retraite internationale, une histoire d’un registre voisin à celle impliquant chez vous, même époque, Houillier et Ginola. Mais j’ai souvenir d’avoir vu bien plus accablant que cela parmi les prestations d’un Schumacher en Mannschaft, sa toile en finale de WC86 : c’est pire.