Après le succès international du top des défenseurs, P2F se lance dans un top des… gardiens de but ! Toutes les deux semaines, vous retrouverez les portraits des plus fameux derniers remparts classés des années 1920 aux années 2010. Une façon de mettre en lumière un poste trop souvent mal-aimé, trop souvent ringardisé dans les cours de récré. Cette semaine, retour sur cette décennie qui inaugurait un nouveau siècle, un nouveau millénaire et surtout un nouveau football. Ce Top 2000, c’est celui de la transition entre les gardiens des années 1990, leurs tenues flashy et leur jeu au pied souvent hasardeux, et une nouvelle génération de gardiens, nouveaux libéros, premiers relanceurs et prépondérants dans le jeu de leur équipe, que nous découvrirons dans deux semaines. Bonne lecture!
10. Rüştü

Le regard noir, les muscles saillants, la gueule carrée et cabossée, l’air déterminé : il trace deux gros traits noirs sous ses paupières et part au combat. Non, nous ne parlons pas de Schwarzy allant occire une centaine de mercenaires pour délivrer Alyssa Milano des griffes d’un Freddy Mercury sous stéroïdes. Non, nous parlons de Rüştü Reçber avant un match de la Turquie. Le natif d’Antalya doit surtout sa présence dans notre classement à ses prouesses sous le maillot de la sélection turque. Il est en effet l’un des héros de la plus grande période du football turc. Si c’est Taffarel qui gardera les cages lors de l’unique titre européen d’un club du Bosphore, avec le Galatasaray de Fatih Terim, Rüştü sera celui d’une mémorable — mais inutile — victoire à Old Trafford.
Cependant, ce n’est ni lors de ses 13 saisons à Fenerbahçe, ni même lors de sa saison ratée au FC Barcelone que le charismatique gardien va marquer les esprits, mais bien en sélection. Lui qui connaît sa première cape en 1994, à seulement 21 ans, alors qu’il est encore remplaçant au Fener, explose aux yeux du grand public lors de l’Euro 2000. Son style spectaculaire, ses grands moulinets après chaque but encaissé, ses pommettes noircies en font rapidement un gardien à part. Il écœure les Belges chez eux avant de s’incliner face au Portugal. Lorsqu’il revient avec la Turquie en 2002, ses cheveux ont poussé, à la manière de ceux de Nuno Gomes, son bourreau de 2000, et il réalise une compétition incroyable. Son pays termine à une inespérée troisième place, et Rüştü est élu meilleur gardien du tournoi (alors même que le meilleur joueur du tournoi est Oliver Kahn…). Il enchaîne les arrêts spectaculaires, notamment lors des deux confrontations face au Brésil et est un des symboles de cette Turquie qui brille en Asie.
Celui qui avait subi de graves violences de la part de supporters de Fenerbahçe en 1999 — frappé au visage à coups de poing et de pied alors qu’il tentait de quitter le stade en voiture, et sauvé in extremis par l’intervention d’un dirigeant du club — est désormais un héros national. Les années passant, il perd toutefois sa place au profit de Volkan Demirel, en club comme en sélection. Mais le destin est magnanime : l’expulsion de ce dernier lors du dernier match de poule de l’Euro 2008 lui offre une ultime danse. Et quelle danse. Un quart de finale face à une Croatie brillante, qui a battu l’Allemagne en phase de groupes. Rüştü réalise un énorme match face aux coéquipiers du jeune Modrić, avant de commettre l’une de ses fameuses boulettes à la 118e minute : une sortie mal maîtrisée, et le futur Ballon d’or centre pour Klasnić, qui marque dans un but où Reçber revient en catastrophe. Tout le stade croit la Turquie éliminée, mais à la dernière seconde, Semih Şentürk égalise.
La séance de tirs au but débute, et Rüştü bouge, intimide les jeunes Croates. Modrić et Rakitić envoient leur tentative en tribune, avant que Petrić ne voie son tir repoussé par le commando turc. Il s’offre alors un dernier grand match avec la sélection, face à l’Allemagne, à Bâle dans un stade bouillant. Il ne peut empêcher la défaite (3-2 pour les Allemands), mais il a une fois encore écrit une page de sa légende.

Toujours le joueur turc le plus capé, Rüştü Reçber reste l’un des symboles des plus belles années de la sélection turque et un gardien aux arrêts — et parfois aux bourdes — spectaculaires.
9. Vítor Baía

Lorsque l’on évoque Vítor Baía, la première image qui vient à l’esprit est celle de son incroyable palmarès : dix titres de champion du Portugal, cinq Coupes nationales, une Coupe de l’UEFA, une Ligue des champions et la dernière Coupe intercontinentale remportée avec le FC Porto ; un titre de champion d’Espagne, deux Coupes du Roi et une Coupe des vainqueurs de coupe avec le Barça ; près de 600 matchs disputés et 20 ans de carrière au plus haut niveau. Et encore, nous passons sous silence les Supercoupes… Le CV est vertigineux, au point d’avoir fait de Baía le joueur le plus titré au monde, avant d’être dépassé par Dani Alves.
Au-delà d’un palmarès qu’aucun autre gardien n’a atteint, Baía est souvent considéré comme le meilleur portier portugais de l’histoire. Alors comment expliquer qu’il ne figure qu’à la neuvième place de ce classement ? Puisque l’expertise et la probité de notre rédaction ne sauraient être mises en cause, c’est sans doute que, derrière ces trophées accumulés, Baía a aussi montré des faiblesses qui expliquent ce rang relativement bas. Une autre explication tient à la longévité exceptionnelle de sa carrière : lancé en 1988 en reléguant Józef Młynarczyk sur le banc, il se retrouve encore mis à l’honneur plus de 20 ans plus tard. Comme pour Van der Sar et d’autres gardiens de ce classement, une grande longévité éparpille les votes. Alors pourquoi est-il mis à l’honneur dans cette décennie alors qu’il a déjà plus de 10 ans de carrière en 2000?
Car ses plus grands succès interviennent sous les ordres de José Mourinho, au sein du Porto conquérant du début des années 2000, avec deux titres européens consécutifs, dont cette victoire incroyable en Ligue des champions en 2004. Un exploit unique en près de 30 ans pour un club ne faisant pas partie du gotha financier européen[1]. Baía est aussi le gardien du Portugal flamboyant de l’Euro 2000, finalement battu par l’équipe de France au terme d’un match qui nécessitera un arbitrage pour le moins bienveillant[2]. Mais il devient également l’un des symboles du naufrage portugais au Mondial 2002, notamment lors de cette demi-heure catastrophique face aux États-Unis, où la sélection encaisse trois buts en enchaînant les erreurs. Malgré un réveil et une domination lors de la dernière heure, la défaite scelle une élimination qui sera suivie d’un nouvel échec face à la Corée du Sud.
Deux ans plus tard, fort de deux sacres européens, Baía s’attend logiquement, à 35 ans, à garder les buts du Portugal lors de l’Euro organisé à domicile. Mais le nouveau sélectionneur, le Brésilien Luiz Felipe Scolari, en décide autrement : Baía n’est même pas convoqué. La polémique est immense. Comment se passer du lauréat du trophée de meilleur gardien de l’UEFA ? Scolari assume et fait confiance à Ricardo, héros d’une séance de tirs au but mythique face à l’Angleterre, mais impuissant lors de la défaite cruelle en finale contre la surprenante Grèce[3].
Si la carrière de Baía au FC Porto est glorieuse, son relatif échec au FC Barcelone — où Louis van Gaal n’hésite pas à le remplacer par Ruud Hesp — et son parcours en sélection, où il ne parvient jamais vraiment à marquer les esprits, ternissent son image. Un épisode illustre parfaitement cette trajectoire : en 1989, il refuse de participer à la Coupe du monde U20 afin de conserver sa place dans les cages portistes. Il brillera en championnat, mais manquera le premier titre mondial d’une sélection portugaise.

Vítor Baía restera comme un gardien capable de se maintenir très longtemps au plus haut niveau. À l’image de Rüştü, il était charismatique et spectaculaire, mais aussi sujet à des bourdes et à des difficultés dans le jeu au pied. Au Portugal, ce beau gosse, dont le visage ornait les murs des chambres d’adolescentes, devient l’un des hommes de confiance de Pinto da Costa, au point d’en faire son numéro deux. Un soutien indéfectible qui lui coûtera sa place lors de l’élection d’André Villas-Boas, malgré ses 35 années passées au service du club du Nord du pays, il est prié de quitter les bureaux du Stade du Dragon.
L’histoire retiendra ce numéro 99 gardant les cages d’un FC Porto au sommet de l’Europe, ce gardien qui fut, le temps d’un transfert au FC Barcelone, le plus cher du monde, et ce joueur qui remporta les trois Coupes d’Europe, mais aucun titre majeur avec sa sélection, malgré une génération dorée. Un gardien que tout le monde cite lorsqu’il faut évoquer les grands gardiens de la période mais que personne ne mettra aux première places.
[1] Depuis l’ajax en 95, hormis Porto, seuls des grands clubs espagnols (Real et Barça), anglais (Chelsea, United, City, Liverpool), allemands (Bayern, Dortmund), italiens (Milan, Juventus et Inter) ou un PSG dopé financièrement ont remporté la C1. Aucun club autre que ceux des pays cités n’a même atteint une finale hormis l’Ajax et Porto depuis 30 ans.
[2] Notez que l’avis du rédacteur sur ce match est subjectif et que la main d’Abel Xavier n’est pas toujours digérée !
[3] Notez que l’avis du rédacteur sur ce match est subjectif et que rien que d’évoquer Grèce et football lui crée de l’urticaire !
8. Akinfeev

18 mai 2005. Nous sommes une semaine avant l’une des finales de C1 les plus légendaires, celle où Liverpool allait remonter trois buts face à un grand Milan AC. Mais ce n’est pas le sujet de ce portrait, ni Dida ni Dudek n’étant dans ce top gardiens. Le match dont nous allons parler est moins resté dans les mémoires : la finale de l’autre Coupe d’Europe. Ce 18 mai, le Sporting Portugal joue dans son stade d’Alvalade contre le CSKA Moscou.
Les Russes ont été reversés de la C1 après avoir terminé troisièmes d’un groupe difficile, composé du Chelsea boosté aux avoirs… russes d’Abramovich, du tenant du titre portugais, le FC Porto et du PSG pas encore dopé aux devises qatariennes, dernier de ce groupe après une défaite mémorable à domicile face à un Drogba en feu. Le club russe n’a pas Abramovich mais il a aussi changé de dimension et, sous la présidence d’Evgeniy Giner, nourrit de grandes ambitions. Entraîné par le Portugais moustachu Artur Jorge la saison précédente (Portugal et Russie reviendront souvent dans ce portrait), le CSKA termine deuxième du championnat avec une équipe renforcée par les Brésiliens Daniel Carvalho et Vágner Love, le Croate Olic, le Bosnien Rahimić, et une solide base russe dont nous reparlerons ultérieurement. Lors de cette saison 2004-2005, c’est l’expérimenté Valeri Gazzaev qui fait son retour au club.
Le CSKA atteint la finale en ayant été impérial « à domicile » : 2-0 contre Benfica (encore un Portugais), 2-0 contre le Partizan, 4-0 contre un surprenant Auxerre, puis 3-0 contre Parme. Onze buts marqués et aucun encaissé dans leur stade… enfin, pas vraiment, car le CSKA ne possède pas de stade attitré : deux de ces matchs se joueront à Krasnodar, dans le stade du Kuban, et deux autres dans celui du Lokomotiv. Peu importe qu’à l’extérieur ils ne gagnent aucun match, cela suffit à les qualifier pour la finale. Problème, celle-ci se joue donc à l’extérieur et elle commence mal : le Sporting ouvre le score. Pour tous les observateurs, la partie semble alors terminée. Mais en seconde mi-temps, les Russes marquent trois fois et offrent le premier titre européen à un club russe (seul le Zénith les imitera quatre ans plus tard), et le seul obtenu par un club de Moscou encore aujourd’hui.
Pourquoi ce résumé d’une finale de C3 dans un top gardien ? Tout simplement parce que le portier de ce CSKA, celui qui n’a encaissé aucun but à domicile, Igor Akinfeev, est le huitième de notre classement. Connu de tous les joueurs de Football Manager pour sa précocité au plus haut niveau, il est aussi le seul gardien de ce top années 2000 à être encore en activité. De ses débuts à 16 ans en 2002 jusqu’à aujourd’hui, il n’aura connu qu’un seul club : le CSKA Moscou, avec lequel il remportera donc ce premier titre européen pour un club russe.
Il arrive au CSKA à l’âge de 5 ans et est rapidement propulsé en équipe première de ce club ambitieux. Il rejoint alors les frères Berezutski, Vassili et Alexeï, ainsi que Sergueï Ignashevitch, trois joueurs avec lesquels il évoluera pendant quinze ans et qui formeront l’ossature du CSKA. Ensemble, ils remporteront six titres entre 2003 et 2016. Ces quatre hommes seront aussi la base solide d’une Russie renaissante lors de l’Euro 2008, où les Russes atteindront les demi-finales après avoir brillamment éliminé les Pays-Bas. Malgré le score sévère subi face à l’Espagne, ce tournoi, ainsi que les titres européens du CSKA et du Zénith, permettront à la Russie de revenir au premier plan.

La décennie suivante sera plus compliquée pour Akinfeev et le football russe. Le gardien connaît une phase de groupes difficile lors du Mondial 2014 : fautif sur un but sud-coréen, puis « gêné par un laser » sur celui de l’Algérie, son équipe ne sort pas des poules. Il aura toutefois droit à un dernier baroud d’honneur en 2018, lors de la Coupe du monde disputée en Russie. Il arrête deux tirs au but face à l’un des favoris, l’Espagne, championne du monde 2010, et contribue à son élimination. Malheureusement, il ne rééditera pas l’exploit face à la Croatie au tour suivant. Il prend sa retraite internationale à l’issue de la compétition, mais continue avec le CSKA, club avec lequel il atteindra la barre des 800 matchs, un record en Russie.
7. Toldo

Il y a des joueurs qu’on associe à une carrière, à un club, parfois à une époque. Et puis il y a Francesco Toldo, que l’on associe presqu’instinctivement à un soir précis, à un match unique, à une compétition entière. Un gardien qui, en l’espace de 120 minutes et d’une séance de tirs au but, a marqué l’histoire du football européen.
Juin 2000, Amsterdam Arena. L’Italie joue sa demi-finale de l’Euro contre les Pays-Bas, à domicile, face à une équipe flamboyante. Très vite, tout tourne au cauchemar : carton rouge, infériorité numérique, domination intense de Bataves en quête de succès à domicile. Et pourtant, dans le but italien, Toldo commence à bâtir sa légende. Il arrête un premier penalty en cours de match, puis un second finit sur le poteau. À chaque intervention, il semble plus grand, plus calme, presque insolent de sérénité. Lors de la séance de tirs au but, il en repousse encore. L’Italie gagne à 10 contre 11. Dans un pays hanté par trois éliminations consécutives aux penaltys, Toldo devient, en une soirée, un porte-bonheur national.
Ce qui rend l’histoire encore plus savoureuse, c’est que Toldo n’était pas censé être là. À l’origine, le titulaire devait être Gianluigi Buffon, blessé juste avant le tournoi. Toldo arrive sans bruit, sans aura médiatique particulière. Il repart en héros. Tout au long de l’Euro, il est irréprochable. À quelques secondes près, il aurait même pu être élu joueur du tournoi. Mais le football est cruel : en finale, Sylvain Wiltord surgit dans les dernières secondes, profite de la taille de Toldo — en tirant à ses pieds — pour égaliser. La prolongation sera fatale aux Italiens qui subiront le but en or, cette spécialité française dans cet Euro 2000. Ce but efface un titre, pas le souvenir. Cet euro et cette demi-finale ayant marqué toute personne devant sa TV ce mois de Juin 2000.
Avant cela, Toldo s’était construit loin des projecteurs. À la Fiorentina, il avait tout connu : la Serie B, la remontée, les soirées européennes, la Ligue des champions. Un club qu’il avait porté dans les moments difficiles, au point de devenir une figure quasi institutionnelle à Florence. À tel point qu’il refuse un temps de partir, malgré l’intérêt de grands clubs européens. Le FC Barcelone s’y intéresse sérieusement, comme il l’avait fait pour Rüştü ou Vítor Baía, mais le transfert ne se fait jamais.
C’est finalement l’Inter qui passe à l’action, déboursant environ 20 millions d’euros, une somme importante pour un gardien à l’époque. Formé à l’AC Milan, Toldo s’installe chez le rival sans faire de bruit, fidèle à son caractère. À Milan, il gagne cinq titres de champion d’Italie, dont un attribué a posteriori, et une Ligue des champions en tant que doublure. Même lorsqu’il n’est plus titulaire, son rôle dans le vestiaire est unanimement salué. Sérieux, professionnel, jamais une plainte.
Sur le terrain, Toldo n’avait rien du gardien spectaculaire. Pas de gestes inutiles, pas de provocations. Il était l’antithèse de Rüştü ou de Baía : moins charismatique, moins démonstratif, mais infiniment plus fiable. Une lecture du jeu exceptionnelle, des sorties propres, une autorité naturelle. Les entraîneurs lui faisaient confiance. Les défenseurs aussi.

En sélection, pourtant, il restera dans l’ombre. Barré successivement par Peruzzi puis par un certain Buffon, il n’aura jamais la carrière internationale qu’il méritait. Francesco Toldo, ce n’est pas le joueur qui a brillé sur plusieurs années, ce n’est pas celui que l’on retrouvait chaque saison dans les soirées mondaines où l’on attribue des récompenses individuelles à un sport collectif. Non c’est un gardien qui, un soir de juin 2000, a tenu un pays entier debout. Et parfois, ça suffit pour entrer dans l’histoire, du moins pour entrer dans un top 10!
6. Julio César

Comme un symbole, il est classé juste devant Francesco Toldo, un gardien avec lequel il partage de nombreux points communs. D’abord le club de l’Inter Milan, où les deux portiers ont évolué et où le Brésilien a fini par prendre la place de titulaire à l’Italien. Mais aussi une exposition médiatique forte aux extrémités de deux décennies différentes : 2000 pour Toldo, 2010 pour Julio César.
En effet cette dernière saison de la décennie 2000 représente sans doute l’apogée de la carrière du portier brésilien. Sous les ordres de José Mourinho, Julio César devient le dernier rempart d’un Inter Milan surprenant mais impérial, qui remporte la Ligue des champions en 2010. Ses performances lors de cette campagne européenne sont probablement déterminantes dans sa place au sein de notre classement. En demi-finale face au FC Barcelone, il se montre décisif à de nombreuses reprises, réalisant des arrêts spectaculaires mais surtout cruciaux, notamment sur une frappe soudaine et masquée de Lionel Messi qu’il parvient à détourner du bout des doigts.

Julio César brille très tôt dans les cages. Son style, fait de souplesse, de réflexes et d’une grande rapidité de plongeon, lui permet d’attirer rapidement l’attention de Flamengo. S’il passe trois saisons comme remplaçant de Clémer, il commence néanmoins à jouer à partir de l’an 2000, à seulement 21 ans. Comme plus tard à l’Inter, quelques titularisations réussies suffisent à l’installer durablement comme numéro un. Il se fait connaître du grand public lors d’un derby face à Fluminense. Exaspéré de voir son équipe sombrer, alors que le score est déjà de 4-0, il décide de sortir de ses cages. Après un une-deux avec un coéquipier, le voilà débordant côté gauche, avant que le latéral droite de Fluminense ne lui subtilise le ballon. Furieux, l’entraîneur Evaristo de Macedo le traite de « burro » (âne) depuis le banc de touche. Julio César réplique après le match en interview : « L’âne, c’est lui, de nous faire jouer comme ça. »
Si le coach quitte Flamengo quelques semaines plus tard, Julio César, lui, s’impose définitivement comme titulaire et devient l’un des meilleurs joueurs du Mengão. Après 285 matchs disputés sous le maillot rouge et noir, il quitte le Brésil et, sur les conseils de son coéquipier « l’imperador » Adriano, rejoint la terre italienne de son homonyme imperator et l’Inter Milan. Comme à ses débuts à Flamengo ou plus tard en sélection, son arrivée en Italie est compliquée. Il doit se contenter du banc des remplaçants et connaît même un prêt infructueux au Chievo Vérone. Mais, fidèle à ce qu’il a toujours fait au cours de sa carrière, Julio César profite de chaque opportunité pour aligner des performances de très haut niveau. Francesco Toldo, moins performant, finit par perdre sa place, et le Brésilien devient le titulaire indiscutable. À la suite du scandale du Calciopoli, l’Inter Milan écrase la concurrence en Serie A et enchaîne cinq titres consécutifs de champion d’Italie avec Julio César dans les cages, jusqu’à l’apothéose européenne de 2010 et ce sacre en Ligue des champions.
En sélection nationale, ses débuts sont également difficiles. Longtemps dans l’ombre de Dida, Rogério Ceni et Marcos, il obtient une opportunité en 2007 lorsque les trois quittent la sélection internationale. Pourtant, il manque la Copa América 2007, seulement quatrième dans la hiérarchie derrière Hélton, Doni et Gomes. Les performances irrégulières de ses concurrents, combinées à son excellent niveau à l’Inter, poussent finalement le sélectionneur Dunga à en faire le titulaire. Lors de la Coupe du monde 2010, le Brésil est éliminé par les Pays-Bas de son coéquipier Wesley Sneijder. Cette élimination est marquée par une sortie mal maîtrisée de Julio César, gêné par Felipe Melo, ce qui permet aux Néerlandais d’égaliser après une première mi-temps pourtant largement dominée par la Seleção. Sa carrière internationale s’achèvera de manière particulièrement cruelle lors de la Coupe du monde 2014 à domicile, avec l’une des plus grandes humiliations de l’histoire du tournoi : la défaite 7-1 face à l’Allemagne.
Après son départ de l’Inter, Julio César signe aux Queens Park Rangers, un club qui descend immédiatement en deuxième division anglaise. Il y devient même remplaçant en Championship, avant de rebondir au Benfica Lisbonne. Au Portugal, il remporte deux titres de champion avant de vivre, à 35 ans, ce qu’il avait lui-même infligé à d’autres plus tôt dans sa carrière : voir un jeune gardien prometteur, Ederson Moraes — pour qui Julio César est un modèle — lui passer devant dans les cages benfiquistes. Il retourne finir sa carrière au Flamengo, 21 ans après y avoir débuté.

Les années 1970 avaient peut-être été la meilleure décennie de l’histoire pour les gardiens, les années 2000 sont en passe d’être la plus faible. Il y a sans doute au moins un titan à venir dans le haut du classement, mais voir un Rüştü ou un Vítor Baía intégrer le Top quand un Rudakov ou un Birger Jensen sont restés aux portes du leur, ça fait de la peine.
Ah je te trouve dur. Perso, je les appréciais même si ils ont ratés leur passage en Catalogne.
En te lisant au début je te trouvais dur, et puis j ai cherché dans mes vagues souvenirs, et c’est vrai que Rüstü (nan je ne ferais pas la blague) ben je le trouvais pas dingue à l époque.
Pareil pour Baïa effectivement.
Inconsciemment j m attendais à une décennie de patrons sur 2000. Pour l instant…
Abondance de matchs et d’images, on ne laisse plus rien passer aux gardiens, leurs moindres erreurs apparaissent aux yeux de tous. Même les meilleurs d’entre eux paraissent irréguliers. À se demander si la régression des prises d’initiative, notamment sur les sorties aériennes où le retour en arrière est très net, n’est pas la solution trouvée par les keepers pour éviter les boulettes.
Sur les prises de balle aussi ; les quelques-fois où je regarde encore du football contemporain, j’observe en tout cas beaucoup plus de gardiens qui privilégient l’opposition, l’écran, plutôt que la capture du cuir. L’impression que ça ressemble de plus en plus à Arkanoïd (z’avez connu, ça?). Back to the 50’s.
De manière générale, la prise d’initiatives (et de risques!) n’est plus guère encouragée, foot ou autre.
Peut-être qu’on leur en demande de trop aussi, les pieds, les mains.. Les fondamentaux s’en ressentent, peut-être.
J’ai eu du mal à m’enthousiasmer pour les gardiens de la décennie ci-visée, des suivantes aussi..même la précédente, en fait, lol.. Je n’excluerais qu’il y ait une dimension vieux con, mais je crois vraiment que c’est devenu trop standardisé pour moi.
Les sorties dans les pieds sont devenues assez inutiles. Déjà il y a des gardiens qui restent sur leur ligne dans l’espoir de se faire tirer dessus, et le reste sort en faisant la croix, en espérant là aussi se faire tirer dessus. Alors qu’un bon plongeon dans les pieds, s’il est maîtrisé pour éviter l’attaquant, c’est le meilleur remède. Si le gardien rate le ballon, il a suffisamment fait flipper l’attaquant pour le restant du match.
Pareil, ces gardiens contemporains ne m’inspirent rien hormis Neuer. Je ne comprends pas que des gardiens de plus en plus grands ne sortent plus de leur rectangle sur les corners. Courtois par exemple, ou Oblak, qui ont les capacités pour s’imposer sans trop de risques. Donnarumma, c’est différent, il ne sort pas car il se sait mauvais sur les balles aériennes.
Même Neuer ses sorties dans les pieds… Pour moi c’est justement le premier (mondialement connu) qui ne sort pas et se laisse tirer dessus.
Je parle surtout de sorties aériennes.
Ah oui, les sorties aériennes c’est devenu sacrément rare. C’est d’ailleurs assez paradoxal de ne recruter (presque) que des gardiens d’au moins 1,90 m si c’est pour leur demander de rester sur leur ligne en permanence.
La décennie 2000, la plus belle en sport co pour la Turquie. 2002 et 2008 en foot. Je crois que je préfère l’édition 2008. Y avait toujours du mouvement dans leurs matchs.
Finaliste de l’Eurobasket 2001 et du Mondial 2010. La démonstration de Durant en finale…
Avec Turkoglou dans les deux périodes.
C’est vrai que Baia couvre une période qui va de Madjer, en passant par Domingos, pour finir en apothéose. Il était capable de belles prouesses mais n’a pas suffisamment pesé lors des compétitions internationales.
Akinfeev, choix étonnant. Il m’a toujours paru solide mais pas transcendant. La défaite du Sporting en finale, à domicile, sans qu’il n’y ait réellement débat. Carvalho avait dominé la rencontre. Et sa présence lors des uniques belles compétitions russes, 2008 surtout, avec cette claque infligée aux Pays Bas, et ce Mondial honorable à la maison. Le championnat russe a eu quelques années sérieuses. J’ignore quel est son niveau actuellement.
sa place n’est pas usurpée. je l’ai toujours trouvé solide Igor Akinfeev, loin d’être spectaculaire, mais sérieux et décisif sur des arrêts, avec le CSKA qui a connu de beaux parcours européens et la Russie 2008.
Zenga, Pagliuca, Toldo, Julio César, ils ont du goût du côté de l’Inter. J’ai pas vu la demi-finale face aux Pays-Bas donc je ne mesure pas l’intensité du combat mais Toldo, je l’aimais beaucoup depuis la Viola et cette guigne partagée avec Rui Costa et Batistuta.
Ce 7-1, quel malaise pour le Brésil. Une raclée millésimée. Pire que la tragédie de 1950 ?
Baia bof, je l’ai toujours trouvé douteux dans ses interventions, la boulette toujours proche d’arriver. Gardien moyen pour ma part. Pour les années 2000, en tous cas en sélection du Portugal, c’est bien Ricardo qui a joué et qui laissé meilleure impression que Baia, je me demande ce que fout Baia dans ce top 10 2000 honnêtement.
Tout pareil, jamais convaincu par ce gardien. Au final pourtant, quel palmarès..
Ricardo fut un bien meilleur gardien, y a pas photo et je pense l’avoir mis en bonne place. Baia, je ne l’ai pas envisagé une seconde.
En parlant de Baia, c’est contre Porto que Warmuz a sombré définitivement. Lui qui était plutôt régulier, il ne s’est jamais remis de cette prestation. J’ai rarement vu une chute aussi drastique.
Toldo. Son match contre les PB, il état béni des dieux. Il a tout arrêté et aidé de ses montants. En dehors de ça, je me rappelle plus vraiment de son tournoi, avait-il été bon durant toute la compétition ? Son état de grâce s’est envolé sur le but de Wiltord à quelques mm. Pour sa carrière en club, bon mais sans atteindre l’excellence sur plusieurs années.