Top 10 – Flamengo (2/2)

La suite, avec les deux plus grands joueurs du Brésil d’avant Pelé, un numéro 10 éclipsé par Pelé, le « Pelé blanc » et un fidèle parmi les fidèles de Flamengo.

Photo d’en-tête: Flamengo champion du tournoi Rio-São Paulo de 1961. Debouts, de gauche à droite: Joubert, Ary, Jadir, Bolero, Carlinhos, Jordan. Accroupis, de gauche à droite : Luiz Luz (masseur), Joel, Gerson, Henrique Frade, Dida, Germano.

5. Leônidas

« Le Diamant noir » fut un pionnier du football brésilien, sa première star. Son arrivée à Flamengo a permis de populariser le club auprès des masses, en même temps que le football prenait de plus en plus d’importance grâce à la retransmission radio des matchs qui s’étendait dans le pays. Il a contribué également au retour au premier plan de Flamengo qui était en retrait depuis une douzaine d’années. Si Flamengo est O Mais Querido, il le doit pour beaucoup à son « Diamante Negro ».

Avant sa venue, la première idole du club était sans doute Nonô, le grand (près de deux mètres) buteur des années 1920, qui fut le premier à passer la barre des 100 buts avec le club. Il mourut tragiquement dans la pauvreté à 32 ans d’une tuberculose un an après son dernier match avec le maillot de Flamengo en 1931. Leônidas est lui recruté en 1936 en provenance de Botafogo. Son arrivée inaugure une ambition nouvelle pour les Rubro-Negros concomitante avec le passage au professionnalisme (instauré en 1933, mais réellement effectif en 1936). Cette évolution leur permet de signer des joueurs d’envergure tels que l’immense défenseur Domingos Da Guia ou la « Maravilha Negra » Fausto, qui lui aussi meurt prématurément d’une tuberculose en 1939. Flamengo veut former une grande équipe, car il court après le titre de champion de Rio depuis 1925.

Les trois premières saisons de Leônidas à Flamengo se terminent toutes à la deuxième place du Championnat d’État. L’attaquant est fidèle à sa réputation de génie et de buteur. Il est également surnommé « L’Homme en caoutchouc » pour son élasticité et ses actions spectaculaires, notamment ses retournés acrobatiques dont il est reconnu pour être un précurseur et spécialiste du geste. Il ne déçoit donc pas sur le plan individuel et accroît sa popularité tout autant que celle de Flamengo. Très populaire, il transforme l’image d’un club de quartier huppé et qui était, comme beaucoup d’autres clubs brésiliens, lié aux classes aisées et blanches, en club populaire. Leônidas joue également un rôle dans l’intégration croissante des joueurs noirs dans les années 1930. Sa popularité atteint des sommets à la suite de la Coupe du monde 1938, dont il termine meilleur buteur. Il devient le joueur de Flamengo qui est adulé dans tout le Brésil. Car, ce Mondial a eu un retentissement inédit, étant le premier à être diffusé en direct à la radio. Leônidas a bénéficié d’une visibilité exceptionnelle et fut le premier joueur brésilien à acquérir une renommée internationale.

Ce n’est qu’en 1939 que Flamengo remet la main sur le titre carioca, sous la houlette de son maître technicien Flávio Costa. Le onze du club champion est celui-ci : Yustrich dans les buts (rien à voir avec le gardien argentin homonyme), une défense parfaitement complémentaire avec l’icône Domingos Da Guia flanqué de son acolyte Newton Canegal ; le milieu argentin relayeur Volante qui crée son propre poste, accompagné du défensif Médio Da Guia (frère de Domingos). Devant, l’attaque avec à droite Sá en ailier et l’Argentin Valido, Leônidas en avant-centre donc, à sa gauche Alfredo González, et en ailier gauche Jarbas. Ce dernier était surnommé la « Flèche noire », un ailier très rapide et technique, qui a brillé pendant plusieurs saisons sur son aile, titulaire indiscutable et joueur majeur du club dans les années 1930, il est même considéré comme la première idole noire du club avant l’arrivé de Leônidas (Nonô était considéré comme métis). Au sommet de son art, Leônidas devient un pionnier de la publicité : il apparaît dans de nombreuses campagnes publicitaires pour des marques célèbres de cigarettes, de barres chocolatées, etc.

Malgré des buts à gogo, 153 en 149 matchs, Leônidas quitte Flamengo en 1942. Son départ est précipité par un faisceau de facteurs : une vie tourmentée et de fêtard qui lui est reproché dans la baisse de performances; les supporteurs l’accusaient de se relâcher et de préférer prendre son cachet publicitaire ; un genou en vrac et des blessures qui se répétaient ; un conflit avec son président pour le refus de participer à une tournée en Argentine… Mais surtout, il fut emprisonné huit mois pour s’être soustrait à ses obligations militaires. Enfin, l’émergence de Zizinho conforte la direction que c’est le moment de s’en séparer et elle aura raison puisque Flamengo remporte le titre carioca 1942, sans Leônidas mais avec son nouveau phénomène. Direction le Saõ Paulo FC pour le buteur laissant derrière lui des milliers de supporteurs, bien plus nombreux qu’à son arrivée à Gávea. São Paulo était un club sans éclat au début des années 1940, Leônidas fut recruté précisément pour changer la donne, devenant la star des Tricolores, avec l’Argentin Antonio Sastre. Comme un air de déjà-vu quelques années plus tôt et pour le même résultat, car il contribuera à populariser São Paulo FC et à lui faire gagner des titres.

4. Dida

Félicité par Angela Maria, surnommée la « maior voz do Brasil« , l’une des plus grandes chanteuses du Brésil et qui était extrêmement populaire dans les années 1950 et 1960. La « Reine de la Radio » se déclarait supportrice pour Flamengo à Rio et pour Corinthians à São Paulo

Dida n’est pas le footballeur brésilien le plus connu de sa génération, mais l’un des plus talentueux qui aura réussi à devenir une véritable icône à Flamengo. Dida a été la star du club Urubu entre 1955 et 1963. Avant Zico, dont il était l’idole et le modèle grâce au récits du père au jeune Arthur qui ne l’a pas vu jouer, c’était lui et Zizinho qui avaient le plus marqué l’histoire du club. Il est toujours, à ce jour, le deuxième meilleur buteur avec 264 buts (en 358 matchs).

Le joueur originaire du Nordeste débarque à Flamengo en 1954. Ses talents footballistiques se répandirent au-delà des frontières régionales et arrivèrent jusqu’aux oreilles des dirigeants de Flamengo séduits par sa vitesse, sa technique, son intelligence, son placement et ses passes millimétrées. Le joueur était petit par la taille, d’apparence chétive et d’une personnalité très timide, et comme un nombre important de la population Nordestine, il avait souffert de malnutrition chronique qui affecta son développement physique. Le joueur éclot en plein triplé carioca pour les Rubro-Negros. C’est El Brujo Manuel Fleitas Solich qui le lance en équipe première. Il participe au triplé, en remportant les deux derniers titres sans en avoir été un titulaire.

En 1954 sa première saison, il joue très peu. Sur la suivante, il joue la moitié des matchs en tant que remplaçant numéro un des attaquants titulaires Joel, Indio, Evaristo et Zagallo qu’il supplée merveilleusement bien. Il se montre à son avantage (13 buts en 16 matchs) et est décisif sur deux moments forts de ce troisième titre d’affilée : la victoire retentissante 6-1 dans le derby contre Fluminense, au cours duquel Dida marque deux buts et domine la défense adverse tout au long du match. Et lors de la finale contre América, au 3e match décisif, après que chaque équipe a remporté une manche, il est le sauveur de Flamengo en inscrivant trois buts lors de la victoire écrasante 4-1 qui assura le titre (certaines sources lui attribuent même les 4 buts).

Dida possédait une excellente technique, fin dribbleur et rapide comme l’éclair. Il avait également un sens du but hors du commun, un talent de buteur bien qu’il ne jouait pas naturellement avant-centre. Il était connu pour sa prise de risque, il tentait souvent un dribble ou une action pour essayer par tous les moyens de marquer, là où d’autres auraient préférer une passe ou un choix plus sûr. Souvent, cela s’avérait payant et il écœurait ses adversaires par l’apparente facilité de son jeu. Après une saison 1957 remarquable, 20 buts en 22 matchs lors du Championnat d’État dans lequel il est considéré comme le meilleur joueur de Rio par la presse, le crack intègre la sélection brésilienne. Il porte le numéro 10 et devient même le titulaire jusqu’à la Coupe du monde 1958.

En Suède, il est aligné lors du premier match contre l’Autriche. Blessé à la cheville, une blessure qu’il traîne depuis les matchs de préparation et qu’il a aggravée, il sera relégué sur le banc et perdit sa place au profit du duo Vavá-Pelé. Les deux attaquants n’étaient pas titulaires sur le premier match, mais ce fut le duo privilégié au centre de l’attaque pour la suite de la compétition. Dida fut même injustement critiqué, pendant le Mondial et après, par la presse de São Paulo par pure rivalité interrégionale, notamment par l’ex-légende du club rouge et noire Leônidas devenu consultant et provocateur en chef qui avait gardé une dent contre son ancien club. Ce fut le « point noir » de la carrière de Dida, qui explique qu’il est souvent oublié ou sous-estimé : il sera éclipsé par Pelé au niveau national et en sélection. Car s’il est devenu Champion du Monde, il ne bénéficia plus jamais d’une réelle opportunité de jouer avec la Seleção.

C’est donc avec Flamengo que Dida continue d’émerveiller les supporteurs et le football brésilien. Alors que le club traverse une période de transition, et que Botafogo domine la scène carioca, le Paraguayen Solich est rappelé en 1960. L’année 1961 sera marquée par deux victoires très prestigieuses. La première lors d’un tournoi octogonal international disputé durant l’été, soit en janvier à ces latitudes, qui regroupait des équipes des 3 géants du football sudaméricain : Vasco da Gama, São Paulo, Corinthians, Boca Juniors, River Plate, Nacional et Cerro. Flamengo remporte le tournoi avec 5 victoires en 7 matchs.

La seconde a lieu lors du Tournoi Rio-São Paulo de 1961. Flamengo s’impose face à Corinthians, la seule et unique fois que le club remporta ce tournoi inter-étatique organisé conjointement par les fédérations de Rio de Janeiro et de São Paulo. C’était le retour du Rolo Compressor du Flamengo de Solich. Dida, qui inscrit 8 buts en 12 matchs sur ce tournoi, est l’élément majeur de cette équipe. À ses côtés, l’avant-centre Henrique Frade (le 3e meilleur buteur de l’histoire du club) avec qui il s’entendait très bien ; l’ailier gauche et nouvelle pépite du club Germano ; le vétéran Joel à droite, une pièce maîtresse du triplé des années 1950 et de retour au Brésil. Au milieu, deux jeunes phénomènes prennent le pouvoir : Carlinhos Violino, élégant demi qui fera toute sa carrière à Flamengo et Gérson futur crack du Brésil 1970. Derrière, une défense solide et expérimentée avec les piliers Jadir, Jordan et Joubert.

Dida remportera un nouveau titre de champion de l’État de Rio en 1963, huit ans après le dernier. Dans une équipe totalement renouvelée après de nombreux départs et joueurs mis à l’écart, où le seul et fidèle Carlinhos est encore là. Moins décisif qu’à son apogée, Dida commence à décliner et joue moins. Il est même un temps exilé sur l’aile gauche puis se retrouve sur le banc. Triste et mécontent de sa nouvelle situation, Dida quitte Flamengo l’année suivante pour le Portuguesa de São Paulo.

Après tout ce qu’il avait apporté à Flamengo, Dida garda beaucoup d’amertume envers son ancien club dans la manière dont il avait été jeté. Il était parti en conflit avec son entraîneur, l’intransigeant Flávio Costa qui était revenu aux affaires, et avec son président qui voulait se débarrasser de lui. Il se plaignit de contrats au rabais, n’ayant au final que peu reçu alors qu’il avait refusé une offre financière alléchante de l’Italie pour rester par amour du maillot. Enfin, au début des années 1970, il déclara que tous le monde l’avait déjà oublié… C’est son successeur Zico qui remit son nom au goût du jour. L’ancien fan battit les records de Dida, c’était l’occasion de reparler de l’idole de Flamengo qui les détenait avant lui, et les deux hommes se rencontrèrent à plusieurs reprises. Dida était à nouveau dans les mémoires. Il reviendra même à Flamengo occuper des postes de recruteur et d’entraîneur des jeunes dans les années 1980, avant de mourir fauché et sans un sou à l’âge de 68 ans en 2002 des suites d’une maladie respiratoire.

3. Júnior

En juillet 1992, Flamengo est à nouveau champion du Brésil, en se débarrassant de Botafogo en finale. Le leader de cette équipe en reconstruction, qui sera récipiendaire du Bola de Ouro pour son œuvre, est un joueur de 38 ans. Buteur à l’aller, puis au retour, il mène techniquement son équipe, distribue les caviars et rythme le jeu. Cheveux grisonnants, dégaine de vétéran, quasi 20 années de carrière, on parle bien de Júnior, l’emblématique arrière gauche de Flamengo et du Brésil, qui a vieilli comme du bon vin et qui est désormais El Maestro.

Déjà légende du Mengão, il est de retour au Brésil en 1989 au sein de son club rouge et noir. Son second passage à Flamengo, s’apparente à un retour aux origines, aux sources brésiliennes, une cure de jouvence à s’éclater au milieu et à encadrer les jeunes du club. Le patron c’était lui, accompagné de Zinho pour faire le jeu lors du sacre de 1992. Júnior fut repositionné au milieu de terrain depuis ses années italiennes. À son arrivée au Torino, Léo Júnior, comme on l’appelle en Italie, avait demandé à évoluer au milieu afin de préserver sa condition physique à un poste moins usant. Ce changement fut payant, l’ex-latéral put allier sa vitesse, sa technique et sa vision du jeu. Avec sa nouvelle recrue, le Torino termine 2e de Série A en 1985 et Júnior s’impose à son nouveau poste avec une facilité déconcertante grâce à son talent.

Celui qu’on surnommait auparavant Capacete (« casque »), pour sa coupe afro, était déjà au panthéon des arrières latéraux. Tout commence en 1974 quand il devient professionnel. Issu d’un milieu bourgeois, d’une famille originaire du Nordeste qui avait émigré à Rio de Janeiro, le jeune homme préférait surtout le futsal et le beach soccer. Venant d’un milieu social plus aisé, où les études étaient aussi importantes, il envisageait le football comme un moyen de s’éclater et ne misait pas sur une carrière de footballeur. C’est seulement à 19 ans qu’il intègre l’équipe des moins de 20 ans de Flamengo en qualité de milieu défensif. Très vite, on le fit reculer au poste d’arrière latéral droit – Júnior était naturellement droitier – et après une année seulement, il a fait ses débuts en équipe première. Sur la fin de saison, Flamengo remporte le championnat carioca 1974 avec Júnior dans le onze, devenu le titulaire depuis un mois.

Deux ans après, suite à l’arrivée de Toninho Baiano au poste d’arrière droit à Flamengo, l’entraîneur Carlos Fröner repositionne Júnior à gauche. Ce sera son poste de prédilection et là où il deviendra le meilleur du monde. Il devient plus qu’un latéral. Júnior est un atout majeur de son équipe. Le jeu passe également par lui sur le côté gauche, sa technique au-dessus de la moyenne et ses qualités offensives font de lui un moteur pour l’équipe. Ambidextre, il excelle dans les centres précis des deux pieds, les coups francs et devient un passeur décisif redoutable. Au sommet de son art, maître de son couloir gauche, Júnior enchaîne les excellentes performances dans ces saisons de gloire pour Flamengo. Il gagne tout: triple champion carioca en 1978 et 1979 (deux titres exceptionnellement cette année-là), champion du Brésil en 1980, vainqueur de la Copa Libertadores et de la Coupe intercontinentale en 1981, où son entente sur le côté gauche avec Lico fait des merveilles.

Le brillant et talentueux Júnior devient une référence mondiale au poste de latéral gauche, grandement aidé par ses performances mondiales avec la sélection brésilienne qui ont laissé une trace indélébile. International dès 1976, il ne fut pas retenu par Cláudio Coutinho pour la Coupe du monde 1978. Mais l’année d’après, Júnior est un titulaire indiscutable en équipe nationale. Dans la Seleção solaire de Telê Santana, il rayonne. Passionné de musique et de samba, Júnior a même sorti un CD qui reflète cette décontraction et plénitude d’un Brésil tropical alliant football et musique. Sa plus fameuse chanson est Povo Feliz, « peuple heureux », plus connu sous le nom de Voa Canarinho, « vole, petit canari ». Mais comme chacun sait la Coupe du Monde 1982 fut un rêve brisé pour les Brésiliens et non pas l’apothéose annoncée.

Plus de dix ans plus tard, en 1993, Júnior met un terme à sa carrière, toujours sous le maillot du club de Gávea avec lequel il fut exemplaire. Il est d’ailleurs encore le recordman d’apparition avec la tunique rouge et noire, 876 matchs.

2. Zizinho

Unanimement considéré comme le meilleur joueur brésilien de la première partie du 20e siècle, ou pour faire plus simple : le meilleur avant la consécration du Roi Pelé, qui le tenait pour idole et modèle. Thomaz Soares da Silva, dit Zizinho était un génie offensif et un footballeur extraordinaire, d’après tous les récits d’époque. Né en 1921, il débute sa carrière en 1940 à Flamengo. Très rapidement, il s’affirme comme la star montante du club. Il remplace sur le terrain et dans les cœurs des supporteurs, l’icône déclinante Leônidas, qui se voit mettre doucement mais sûrement à la porte. A 23 ans, Zizinho est déjà l’idole des Rouges et Noirs, l’élément majeur du club qui réalise le triplé carioca.

C’est donc en 1944, en remportant le championnat de l’État de Rio pour la 3e fois consécutive, contre Vasco da Gama, que Flamengo assoit sa domination. Un tri-campeão acquis par une victoire à l’arrachée contre l’Expresso da Vitória d’Ondino Viera qui n’en est qu’à son an I avant d’écraser le football carioca en 1945. De son côté, Flamengo, par la main de maître de son technicien Flávio Costa, avait opéré un tournant tactique : passant du WM à une variante plus diagonale. Dans un système qui entame sa mutation vers le 4-2-4, qui se généralisera dans les années 1950, Zizinho était descendu d’un cran plus bas sur le terrain. En résumé, Zizinho devient un véritable meneur de jeu, sans doute le premier de l’histoire du football brésilien pour plusieurs observateurs. Au centre du jeu, Zizinho fait étalage de son talent et de ses aptitudes : vision du jeu, contrôle de balle, dribbles, vitesse et précision. Il orchestre le jeu, met en avant sa capacité à créer des occasions et déploie son football « élégant et spectaculaire ». Mais c’était aussi un formidable guerrier sur le terrain, faisant preuve de courage et d’abnégation face à la violence et aux interventions musclées des défenseurs adverses. Quand il fallait batailler et mouiller le maillot, Zizinho répondait présent, il était là et ne reculait jamais dans les duels. Une attitude qui a toujours été fortement appréciée par les supporteurs du club.

Flamengo est à son apogée dans la décennie. Sa première grande équipe dominante. Sur le terrain, ça donne Jurandir dans les buts, protégés par l’immense Domingos da Guia présent sur les deux premiers sacres – il sera transféré au Corinthians en 1944 et remplacé par Quirino. Le second défenseur est Newton Canegal déjà là avec Domingos pour le titre de 1939. Au milieu, Biguá qui était dans une position plus reculée, quasiment arrière droit. Le Paraguayen Modesto Bria prit la place du milieu relayeur Carlos Volante en 1943, au côté de Jaime de Almeida demi gauche. Devant, le fantasque, trublion et talentueux Perácio (qui fut volontaire en 1944 au sein du Corps Expéditionnaire Brésilien aux côtés des Alliés en Italie, et fut remplacé par Tião) et Silvio Pirilo, un avant-centre puissant, excellent finisseur et buteur opportuniste. L’ailier gauche était l’agile Vevé qui usait de ses feintes et dribbles.

Cependant, le club entama un long déclin dans la seconde moitié des années 1940 après ce titre. Ses joueurs vedettes vieillirent, prenant leur retraite ou quittant le club sans que des remplaçants à la hauteur ne soient trouvés. Zizinho, toutefois, restait excellent en club et en sélection. Mais deux graves fractures à la jambe droite, quasi coup sur coup, l’écartèrent des terrains pendant près de deux championnats. L’absence de son génie au milieu de terrain se fit cruellement sentir. Avec Flamengo en relatif déclin, Zizinho brille plus avec la Seleção, ce qui lui permet d’être également populaire à l’échelle du pays, car il est la star de l’équipe nationale avec laquelle il a obtenu 53 sélections et marqué 30 buts. Il est toujours le co-meilleur buteur, avec l’Argentin Méndez, de la Copa América avec 17 buts, trophée qu’il a remporté en 1949. Son plus grand échec est évidemment la Coupe du Monde 1950, dont « Maître Ziza » fut élu meilleur joueur.

Peu avant la Coupe du monde de 1950, Zizinho avait quitté Flamengo dans la douleur, vendu par son président à Bangu, pour des motifs pas vraiment clairs d’influence et d’égos entre les présidents des deux clubs. Zizinho fut profondément blessé par le Président de Flamengo. Il n’avait jamais imaginé son transfert. « Difficile de dire ce qui m’a le plus blessé. La défaite en Coupe du monde [en 1950] ou mon départ de Flamengo ? Je crois que c’était mon départ. La façon dont les dirigeants de Flamengo ont géré la transaction m’a beaucoup affecté. Je ne l’ai jamais accepté », confia-t-il dans une interview en 1988. Avec Flamengo, il avait joué 328 matchs et marqué 145 buts. Un crève-cœur donc, pour celui qui « n’était peut-être pas meilleur que Pelé, mais il n’était pas pire » d’après Flávio Costa, et qui était une véritable idole à Flamengo, où il donnait des leçons de football et émerveillait les spectateurs, que ce soit à Gávea ou au Maracanã.

1.Zico

Sans surprise, Zico est premier de ce top Flamengo. Oui, certains chipoteront sur son cas. Mais, il y a des joueurs qui sont l’incarnation même de leur club, identifiés à tout jamais à celui-ci. Et entre Flamengo et Zico, c’est fusionnel. Zico c’est Flamengo tout simplement.

Arthur Antunes Coimbra est né à Rio de Janeiro en 1953. Issu d’une famille supportrice acharnée du Mengão, il intègre le centre de formation de Flamengo à 14 ans. Du fait de son frêle gabarit, l’adolescent pèse à peine plus de 40 kilos à 17 ans, on ne lui prédit pas une grande carrière. Alors le staff technique de Flamengo lui concocte un programme de développement pour qu’il prenne de la masse musculaire. En 1971, il fait ses débuts professionnels. Sa silhouette est encore fine, mais son agilité et son esprit combatif sur le terrain lui valent le surnom de Galinho, « le petit coq ». Pendant deux ans, les entraîneurs laissent le joyau se développer entre les équipes de jeunes et l’équipe première. Ce n’est qu’à partir de 1973 qu’il devient titulaire dans le onze rouge et noire. Le succès fut immédiat et Galinho est catalogué comme le nouveau phénomène du football brésilien.

Lors de la saison 1974, Flamengo remporte le championnat de l’État de Rio de Janeiro avec Zico, numéro 10 dans le dos. Il est déjà l’atout majeur et le meilleur buteur de son équipe. Pendant dix ans, il enchaîne les saisons en haut de l’affiche, émerveille le football brésilien de ses passes magistrales, de sa vision du jeu supersonique, de ses changements de rythme, dribbles et accélérations. Mais c’est surtout un buteur, il inscrit ses goles par dizaines, dont une flopée de coups francs à la précision chirurgicale, sa marque de fabrique. À 22 ans, il avait déjà inscrit plus de 100 buts avec le maillot rouge et noir. En 1976, inspiré par une nouvelle démonstration du numéro 10, Jorge Ben compose en l’honneur de Zico, Camisa 10 da Gávea, une ode au joueur véritable dieu vivant à Flamengo.

Si Zico a déjà remporté cinq championnats carioca, le championnat brésilien 1980 et une demi-douzaine de titres de meilleur buteur, c’est bien la saison 1981 qui va le consacrer définitivement. Sous la conduite magistrale de Zico, Flamengo décroche le titre tant attendu : la Copa Libertadores. Tout au long de la compétition, il guide son équipe, brille dans les moments importants et termine meilleur buteur avec 11 réalisations. Lors de la finale contre Cobreloa, il inscrit tous les buts de Flamengo : deux doublés, l’un à l’aller au Maracanã (victoire 2-1), le second au match d’appui (victoire 2-0). Zico a atteint son apogée à Flamengo et le propage au-delà, notamment avec un nouveau chef-d’œuvre lors de la Coupe Intercontinentale remportée en fin d’année contre les champions d’Europe, Liverpool. En 1981, Zico est au sommet de son art et du football mondial.

Hors de Rio, Zico est devenu incontournable avec la sélection brésilienne et plus encore sous l’impulsion de Telê Santana. Il avait participé à la Coupe du Monde 1978 qui avait laissé un goût amer, autant pour le Brésil que pour le joueur. La Seleção est éliminée au second tour à la suite du très soupçonneux Argentine-Pérou, et Zico a été mis sur le banc par Cláudio Coutinho au profit de Jorge Mendonça. En 1982, le Brésil est considéré comme le favori et impressionne depuis un an et demi. Sa dernière défaite remonte au Mundialito 1980, disputé en janvier 1981, battu en finale de ce tournoi par l’Uruguay. Depuis, c’est une invincibilité de 19 matchs (15 victoires et 4 nuls) et un joga bonito déployé aux yeux du monde. Pour ce mondial espagnol, l’équipe nationale brésilienne dispose d’un milieu de terrain exceptionnel avec Zico, Toninho Cerezo, Falcão et Sócrates. Une Seleção qui restera dans l’histoire, la perdante la plus magnifique. Car, le football est cruel. Le 5 juillet 1982, ce fut une tragédie au stade de Sarriá pour le Brésil et Zico.

Après la Coupe du monde, l’idole de Flamengo remporte à nouveau le championnat brésilien en 1983. Avant qu’elle ne s’envole pour le calcio. Le club de Gávea et sa star cède à l’offre financière d’Udinese. Un intermède italien mi-figue mi-raisin. Il démontra tout son talent lors de sa première saison, fut blessé lors de la seconde, et par-dessus tout, l’Udinese était un club moyen qui n’avait pas les armes pour être un protagoniste du haut de tableau. Zico fait son retour à Flamengo deux ans après. Mais quelques semaines plus tard, face à Bangu en championnat carioca, il fut victime d’un tacle violent qui l’éloignera durant des mois. Surtout, Zico subira plusieurs opérations au genou et ne retrouvera jamais son niveau d’antan.

Alors qu’on le pense finit, il fait son retour de manière magistrale le 16 février 1986. Lors d’un derby Fla-Flu en ouverture du championnat régional, Flamengo l’emporte 4-1 au Maracanã, grâce à un triplé de Zico. Ce match devait inaugurer une saison de feu avec le retour de Zico et l’arrivée de Sócrates. Ce sera pourtant leur seul match commun sous les couleurs de Flamengo. Même si le club remporte le championnat carioca, Zico est de nouveau éloigné des terrains avec son genou qui le fait souffrir et ne joue que quatre matchs, alors que Sócrates ne dispute que cette seule rencontre. Néanmoins, Telê Santana sélectionne les deux à la Coupe du Monde 1986. Affaibli par sa blessure, Zico n’est qu’intermittent sur ce Mondial qui est le chant du cygne de cette formidable génération brésilienne. Ayant tout gagné avec Flamengo, il ne lui manquera qu’un titre avec le Brésil. Après le Mondial, il passe un an sans jouer et ses toutes dernières saisons seront fortement rabotées par son déclin et ses douleurs articulaires. Jusqu’à ce que Zico mette un terme à sa carrière à la fin de l’année 1989, après 732 matchs et 513 buts avec la tunique rubro-negra.


Bonus – Le Onze des idoles absentes (en 4-2-4 évidemment)

Gardien : On vient de faire une saga d’un siècle de portiers, Sinforiano Garcia vous avez lu son portrait ? Bah voilà le numéro un à Flamengo. Sinon, Raul Plassmann ou Julio César … Ah dernière minute, le camarade Verano me souffle dans l’oreillette : Jurandir. Quoi vous ne le connaissez pas ?

Arrière droit : Biguá, le meilleur de l’histoire du club avant Leandro.

Défenseurs centraux : Domingos da Guia, le géant a déjà eu deux textes ici : sa carrière à Boca par votre serviteur et par notre Bobby dans sa saga des défenseurs, classé numéro 1 de sa décennie. Domingos à Flamengo ? C’est toujours pareil, une légende avec classe et avant-gardisme. L’élégant fait équipe avec le plus brutal Mozer. Devant les Jadir, Reyes, Rondinelli et Aldair.

Arrière gauche : Jordan. Il a mis les meilleurs ailiers brésiliens dans sa poche avec style et technique, toujours debout et bien placé. Garrincha a déclaré que c’était le meilleur arrière gauche qu’il ait affronté et son adversaire le plus coriace. CQFD

Milieu défensif : Andrade, c’est le milieu défensif, le plus besogneux, vital à toute équipe pour abattre le travail, pour protéger Adilio et Zico. Option B, Carlinhos, celui qui a régné sur le milieu de terrain dans les années 1960, le chaînon d’une lignée entre Dequinha et Andrade.

Milieu relayeur : Rubens, le « Dr. Rubens », très populaire, qui enchaînait les clopes et les verres durant sa carrière. Un hypnotiseur de la balle, qui avait un élastique au pied pour garder le ballon. Spécialistes des coups francs. Adilio fut en quelque sorte son successeur. Mention au milieu gauche Petkovic, un serbe à Rio devenu idole.

Ailier droit : Joel. Remplaçant dans le Brésil qui domine le football en 1958. A Flamengo, l’ailier droit du triplé 53-54-55. La revue Placar, l’a mis deux fois dans son équipe type all-time de Flamengo en 1982 et 1992 à ce poste. C’est donc devant Tita, un numéro 10 reconverti ailier contre son gré durant l’âge d’or du club, mais qui a trahi en allant à Vasco en 1987 !

Ailier gauche : Vevé, le funambule du triplé 42-43-44. Pour les plus jeunes : Bruno Henrique, en feu en 2019.

Attaquants : Nunes l’homme des buts décisifs (Grêmio, Atlético Mineiro, Liverpool). Romario a mis une palanquée de buts, mais trop connoté Vasco, faut pas déconner non plus ! Avec évidemment Gabriel Barbosa. Ah je vous vois rire … un flop en Europe, une brêle assurément d’après les critères des réseaux sociaux. Et alors ? Il a foutu un doublé monumental contre River Plate, le plus grand buteur de Flamengo et du Brésil de ces dernières années. Vous pensez encore à Emperador Adriano ? On est pas sur PES ici. Fin de la blague et cœur sur Gabigol.

43 réflexions sur « Top 10 – Flamengo (2/2) »

    1. L’a-t-on vu jouer ? Avant lui, Friedenreich, Leônidas ou Domingos da Guia étaient venus se donner en représentation en Europe, ce qui avait permis de les dévoiler aux journalistes et spectateurs du Vieux Continent. Mais Zizinho ? Ses clubs firent-ils des tournées en Europe ? Il ne fut pas de la Coupe du monde en Suisse (pourquoi, d’ailleurs ?). Il était connu en Europe, mais les Européens ne l’ont peut-être pas assez vu…

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      1. Et puis bon, il reste le joueur majeur d’une équipe maudite, qui fut vouée aux gémonies…

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      2. Zizinho avait 33 ans, ce n’était pas l’amour fou avec Zezé Moreira qui lui préférait le jeune Didi, son élève à Fluminense.

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      3. Je ne crois pas dans l’idée de Roi maudit ; des joueurs majeurs d’équipes tenues pour maudites, il y en a beaucoup dont l’on se rappelle encore aujourd’hui – et parfois même surtout voire exclusivement pour ça ; c’est un excellent ferment pour raconter tout et n’importe quoi.

        Je crois plus prosaïquement que nos faiseurs d’opinion ne ressentirent tout bêtement pas le besoin de cultiver sa mémoire – quand ils s’y décident : ils y parviennent, toujours.

        De mon vivant, je ne me rappelle pas avoir déjà lu grand-chose sur lui. Or ce n’est pas faute qu’on trouva, dans la presse européenne….d’époque, des choses absolument élogieuses sur lui : « le meilleur footballeur de l’Histoire du Brésil », « Excellence »………. ==> Ca envoie!, mon grand-père ne m’en parla pas par hasard.

        Et puis? Et puis apparemment ça a fini par faire pshiiiittt.. Bon, il y en eut d’autres comme ça, sans avoir à chercher bien loin j’avais développé le cas Coppens.

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    2. ça se tient en effet.
      Leonidas avait charmé toute la presse française lors du Mondial 38 (qui usa de tous les poncifs de l’exotisme et de l’imaginaire colonial à son égard…)
      Alors que Zizinho l’Europe en pleine guerre ne le vit pas et n’en chanta pas les louanges. Le Mondial 50 il a eu quoi comme couverture et répercussion en Europe ? question, je en sais pas lus.

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      1. Une impression, à la grosse louche : l’Europe le découvre pour l’essentiel en 50………….mais après elle semble comme s’être fait une religion sur lui, jusqu’en 55 au moins tu trouves encore assez facilement des archives (BE et NL, c’est certain) où il occupe toute la place, un véritable dieu du foot.. ==> Possible d’en proposer par la porte arrière 😉

        Et puis, ben.. ça se dilue..

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  1. L’échec de Zico lors de la CM 1978 est un mystère… si l’arbitre avait accordé son but contre la Suède, cela aurait il changé son tournoi, est ce qu’il aurait pris confiance ? Il connaissait Coutinho qui était son coach à Flamengo, Rivellino, son concurrent pour le poste de numéro 10, était cramé… Zico lui même parlera de stress lié à l’événement, de sa difficulté à jouer dans le froid, ou encore de méconnaissance du foot européen pour tenter d’expliquer sa contre-performance. C’est finalement Jojo Mendonça qui mènera le jeu brésilien après le match contre l’Espagne.

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      1. D’ailleurs la famille Da Guia n’est-elle pas la plus importante du foot brésilien ? Domingos, un des cadors défensifs mondiaux. Ademir, la plus grande gloire de Palmeiras. Ladislau le plus grand buteur de Bangu.

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      2. Décidément.. On doit avoir eu les mêmes lectures, pour moi aussi Leonidas fut le premier nom marquant. Je trouve à ce nom de quoi aimanter un enfant, ça a peut-être joué dans mon cas.

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      3. Surtout que je faisais pas le lien, enfant, avec le Spartiate ! Mais je reviens toujours à ce bouquin.
        Livrenpoche : Coupe du monde 1930-1990 – Maurice Vidal – Livre https://share.google/2qdyOEBudIIkGmVud
        La Coupe du Monde de 1930 à 86 qui m’a offert toutes les bases sur le compétition avant mon premier Mondial en Italie.
        Des superbes photos, un chouette récit pour un débutant.

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      4. Maurice Vidal — Wikipédia https://share.google/tklXcJIIHIDhGq6A2
        Me doutais pas à l’époque que ce dénommé Vidal avait eu une vie aussi remplie. Résistant, membre dirigeant du PC, Miroir Sprint, que Maurice Vidal dirige jusqu’à la fin des années 1970. Hebdomadaire omnisport, Miroir Sprint crée au tournant des années 1960 quatre magazines mensuels spécialisés, dont la direction lui incombe, Miroir du football, Miroir du rugby, Miroir de l’athlétisme et Miroir du cyclisme.

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  2. Leônidas, avant son histoire d’amour avec Fla, c’est un amant volage. Il débute dans des clubs de seconde zone à Rio, dont Bonsucesso où il croise le jeune coach Gentil Cardoso qui tente déjà d’imposer le WM, sans succès. Puis c’est Peñarol au moment où le foot uruguayen passe professionnel, retour à Rio quand c’est le tour du foot brésilien, Vasco, SC Brasil et Botafogo. Il aurait pu rester avec le Fogão dominant des années 1930 aux côtés de Carvalho Leite mais il trouve le moyen de dire à une radio de Porto Alegre que son cœur bat pour le Fla. La nouvelle parvient aux oreilles du président du Fogão qui rompt immédiatement. Il se stabilise enfin avec le Mengão jusqu’à la séparation douloureuse évoquée par Ajde.

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  3. Zizinho incarne en effet un virage dans le foot brésilien. Jusqu’alors, dans la pyramide inversée, celui qui dirige le jeu est le milieu central. Au Brésil, les références sont des joueurs comme Fausto ou Martim Silveira à Botafogo. Avec l’avènement du WM, les rôles évoluent : le milieu central du 2-3-5 disparaît en tant que tel. Un des milieux est sacrifié au profit d’un défenseur supplémentaire, voire deux dans le WM en diagonale, apparaissent des volantes, c-a-d des milieux défensifs avant tout. La mène appartient alors à un des deux inters, positionnés un peu plus bas que précédemment avec un rôle de lanceur de jeu ou de créateur. C’est le cas de Tim à Fluminense par exemple mais aussi de Zizinho qui naît au football professionnel dans ce système avec Flavio Costa. Avec le talent qui est le sien, il définit ce que doit être un meneur de jeu, un chef d’orchestre.

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  4. Jordan.
    C’est dit, c’était pour Garrincha son adversaire le plus difficile. Dans le derby, Jordan suivait Mané comme son ombre. Quand l’ailier évoqua plusieurs fois Jordan, c’était toujours avec respect et en termes élogieux pour souligner les qualités de l’arrière gauche de Flameng. Car, Jordan était loyal envers lui et ne lui mettait pas de coups violents (contrairement à beaucoup d’autres). Un latéral qui défendait très bien sur lui et proprement. Jordan soutenait la comparaison car il était rapide, restait debout pour défendre et ne se livrait pas naïvement ou n’était pas dépasser dès le premier dribble… Jordan déclarait qu’il avait étudier les pas de Garrincha et qu’il fallait rester à la bonen distance, pas trop loin pas trop près, et savoir au moment précis lui prendre la balle. Bon, ça a l’air facile mais pas grand monde n’a autant réussi à le marquer aussi bien que lui. Jordan, c’est un peu plus de 600 matchs avec Fla. Et comme beaucoup de ses coéquipiers rouge et noir, barré par d’autres en Seleçao, il ne porta jamais le maillot auriverde.

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      1. Parmi les leaders défensifs de cette période, on peut ajouter Pavão me semble-t-il. Il est là toute la décennie et il est un titulaire inamovible lors de la série de titres de Flamengo.

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      2. Pavao est décrit comme plus puissant, plus physique. Pas le même style, une armoire en défense, mais tu as raison il était titulaire indiscutable. Pavao (c’est un surnom, ça veut dire le paon), est allé renforcer le Santos de Lula, 59/60/61, il est de succès du club sur la scène brésilienne et lors de leur tournée européenne.

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  5. Rubens.
    Surnommé Docteur Rubens, Flamengo l’engagea alors qu’il était natif de Sao Paulo, mais les grands clubs paulistas l’ignore au début de sa carrière. Il est recruté pour remplacer Zizinho dans un rôle de milieu organisateur, où il mit en avant ses qualités de passes, son art de tirer les coups de pied arrêtés , ses dribbnles courts. Encore un qui subit la forte concurrence en sélection, sélectionné en 54, il est le remplaçant de Didi.

    Evaristo son coéquipier évoquait dans la première partie : « C’était un joueur incroyable, un véritable maître du football. Ses qualités étaient nombreuses. Il protégeait le ballon comme personne, dribblait avec aisance, faisait des passes précises et avait une frappe d’une précision exceptionnelle. À son poste à l’époque, peut-être même que Didi n’était pas meilleur, car Rubens pénétrait plus souvent dans la surface pour marquer des buts. C’était aussi un grand buteur. Je pense qu’il était même plus dynamique que Didi. Mais ils étaient tous deux phénoménaux. » Mario Filho, c’est lui qui dit que Rubens avait un élastique à son pied, que le ballon collait à ses pieds, qu’il pouvait l’envoyer où il voulait et qu’il revenait ensuite dans ses pieds.

    Ultra populaire avec le triplé carioca, Rubens déclina quelques temps après … tactiquement, c’était un footballeur lent, mesuré, qui usait de sa technique individuelle, plus à posséder le ballon, alors que la transition tactique initiait sous Solich et poursuivit après s’opère vers un football plus rapide, intense, plus direct et planifié dans les mouvements entre joueurs … Et surtout sa vie en dehors: les femmes, les cigarettes (Rubens est mort à 59 ans d’un cancer du poumon) et l’alcool. Solich qui était rigide et conservateur sur ce plan là, ne supportait pas les mœurs de Rubens. Il le fout à la porte bien aidé par une blessure de son milieu, assez de le voir traînait dans les bars, de le voir arriver ivre ou fumer à chaque fois.

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  6. Parmi les gardiens de Fla, Amado peut être cité (Zezé Moreira le considérait comme ce qui s’est fait de mieux au Brésil au 20e siècle). Il aurait probablement été de la Seleção 1930 s’il n’avait pas été en conflit avec la fédération.
    Médecin par la suite et dénicheur de talents pour Fla, il aurait sollicité un jeune espoir nommé Oscar Niemeyer. Sans succès, ce dernier voyait manifestement plus grand…

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      1. Salut Ajde, merci pour la dédicasse héhé ^^
        Zico c’est le Dybala de la sélection brésilienne, on s’extasie un peu trop sur lui en Europe, pour…?
        « Pelé blanc » ah ah ah

        @Alex, sisi on l’a vu jouer 🙂 (Zizinho est le n°8)
        https://youtu.be/791M3gn-mos

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      2. Je savais que t’allais passer dire bonjour, j’ai tout fait pour t’achalander haha

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  7. Petkovic, c’est une carrière vraiment atypique. Me souviens de la surprise de son arrivée au Real alors que personne ne le connaissait. Et avant l’arrêt Bosman quand les gros clubs n’avaient pas une majorité de joueurs étrangers dans l’effectif. Il a superbement rebondi.

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    1. Petkovic il a une incroyable popularité au Brésil. Autant des gloires brésiliennes du passé que les supporteurs sont tombés sous le charme du fin technicien yougoslave. il est pas arrivé direct dans un gros club. Avant Flamengo, il a commencé par Vitoria (Salvador de Bahia), il fait un passage remarquable là bas. Et à Flamengo il fera plusieurs passages, des titres, des buts mémorables…

      Est ce que c’est le premier européen à avoir vraiment réussi au Brésil, à y être un joueur majeur ? J’en vois pas d’autres avant lui.

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      1. Pas des masses d’exemples. Ufarte dans les années 60 mais c’est un exil de jeunesse et on ne peut pas vraiment dire qu’il ait marqué une époque à Flamengo ou Corinthians. On parlera dans l’avenir de Rogerio Pipi qui est une légende de Benfica et qui aura un court passage à Botafogo en 47.

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      2. Ben, et les pionniers britanniques alors, pardi?

        Il y a par exemple ce joueur qui fit Fla et Flu, Henry Welfare. De ce que j’ai pu en lire : un tout bon du football brésilien de son temps.

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  8. Dans le portrait de Dida, j’évoque Henrique Frade. C’était le duo iconique de 10 et 9, ils sont toujours respectivement les 2e et 3 meilleur buteur du club, comme c’est précisé. Henrique s’est imposé à la suite des départs d’Evaristo et Indio. Attaquant plutôt physique, rapide. Le partenaire idéal de Dida. Il est pas sélectionné pour le Mondial 58, au contraire de ses partenaires d’attaques: Dida, Zagallo et Joel. Il aura malgré tout quelques sélections à la fin des années 50, notamment lors de la Copa América 1959 où il est aligné au côté de Pelé. Henrique rejoindra Portuguesa comme son ami Dida après Flamengo.

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  9. Enfin un dernier joueur cité, c’est Carlinhos. Surnommé « Violino », le violon, en référence à sa technique et sa virtuosité. Formé au club, il évolue au poste de milieu relayeur et règne sur le milieu de Flamengo durant plus de 500 matchs essentiellement dans la décennie 1960. Même si les succès du club sont moins au rdv, il aura marqué une génération avec l’équipe qui remporte le prestigieux tournoi Rio-SP. Une seule sélection avec le Brésil et son grand regret est de n’a pas avori été sélectionné en 1962, bien qu’il figurait dans la pré-liste, il était l’un des meilleurs brésiliens à son poste à ce moment là. Pour l’anecdote lors de son match d’adieu organisé par le club en 1970, il offre ses crampons à un jeune des espoirs, qui était évidemment Zico. Entraîneur avec succès du club par la suite.

    https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjJcRD-pT4ienMuqbcPExeoDg_ZViVbgvEHwQTjvYvlykGYlJFhcMso3kGuNFnVRQDrIVAjYxx1S7ayktmuO8t7WXeQikXlSxfoo1A6dXMnfE-2lCeilQojrQi9tLsxrA-QjZColUvYg8k/s400/Despedida+de+Carlinhos+1.png

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  10. Pour finir dans les plus récents évidemment depuis 5 ans et les trophées amassés, il y a une belle brochette de talents et de joueurs importants : outre De Arrascaeta qui a eu son portrait, évidemment Gabriel Barbosa, Everton Ribeiro et Bruno Henrique ont été excellents (saison 2019 le quatuor était sur le terrain impressionnant dans la qualité de jeu qu’il déployait, ils avaient rien à envier à personne) et ont jouer à très haut niveau. Et mention aussi, au plus connu en Europe, Diego, qui a fait son retour au Brésil à Flamengo et qui avait de très beaux restes.

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    1. Diego, une carrière très correcte qui n’aura malheureusement jamais réussi à franchir le plus haut palier. Il est vraiment prometteur dans le retour de Santos avec Robinho, classe au Werder, peut-être leur dernière véritable star, Triple G confirmera peut-être, j’aimais beaucoup. Mais lui qui devait prendre la suite de Deco à Porto, four. La Juve, après son superbe passage allemand, idem. Quant à l’Atletico, même si il gagne une C3 et offre la demi-finale de c1 en 2014 avec sa patate de l’espace face au Barça, il était avant tout un mec de complément. Anonyme avec la Seleçao. Donc pas du tout une carrière ratée mais loin des espoirs suscités à Santos.

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