Gabriel Dubois prépare actuellement une biographie du footballeur Yvan Beck. Il livre à P2F quelques indications sur le parcours extraordinaire de cet homme venu d'Europe du Sud-Est, mais dont le cœur s'était finalement fixé à Sète.
Il y a des hommes qui s’efforcent de rentrer dans l’Histoire et sa grande fabrique, des hommes dont la vie n’est que narration, les actes que calculs. Il y en a d’autres qui glissent entre ces mailles, non par l’absence de leurs actes ou par leurs anonymats relatifs. Simplement par désintéressement et par une conjoncture qui semble bien relever d’une injustice. Yvan Beck est de ceux-là.

Il naît en 1909 en plein cœur du quartier bohème de Belgrade et est élevé par sa mère d’origine tchèque, Ana-Lija, après la guerre. Car son père, d’origine allemande, ainsi que son grand frère tombent lors de la Première Guerre mondiale, dans les rangs serbes. Beck découvre le football dans son quartier grâce à des amis insistants. Très vite, ses prédispositions physiques, morales, techniques, son bagout et sa témérité le transforment en un élément indispensable du football de la toute jeune Yougoslavie.
Il débute à 16 ans, en 1925, au BSK où il performe en tant qu’ailier droit. Dès cet âge-là, il se fait remarquer dans la presse locale et Politika l’annonce déjà comme « un joueur du futur » en soulignant son intelligence de jeu. Durant ses trois saisons dans un football yougoslave organisé en championnats régionaux, dont les vainqueurs accèdent au dernier carré national, Beck s’impose comme un joueur majeur et marque autant qu’il joue.
Le rival du BSK, le Jugoslavija vient tout juste de construire un stade de 25 000 places et domine le football serbe et national. Les performances d’Yvan, remarquées, lui permettent d’endosser le maillot de la sélection nationale et de disputer les JO d’Amsterdam en 1928. La toute jeune Yougoslavie, éliminée par le Portugal, se donnera rendez-vous avec l’Histoire quelques années plus tard. Pour l’heure, son vivier de footballeurs de talent est exploité par les clubs français.

Alors que Beck vient de rejoindre le Mačva Šabac pour finir ses études, un proche du Football Club de Sète, impressionné par ses qualités lui conseille de rejoindre l’École de Commerce de Montpellier pour finalement intégrer le club des Dauphins. Dans ce football officiellement amateur, officieusement tout autre, Beck embarque en train et arrive fin avril 1928 dans l’Hérault. Il loge avec Milorad Mitrovic, son ancien coéquipier au BSK et en sélection, désormais joueur au Stade Olympique Montpelliérain. Ces deux-là préféreront les bars en zinc aux bancs de l’école et entonneront des chœurs slaves dans quelques bars, dansant accompagnés de compatriotes exilés. Le temps est au bon temps.
Les Dauphins du FC Sète, les protégés de Georges Bayrou, s’imposent très vite comme la figure de tête du football français. Au stade des Métairies, au Buffalo ou ailleurs, on admire le jeu qualifié de « scientifique » des Sétois, fait de passes courtes et de mouvements novateurs. Yvan Beck, repositionné inter droit dans le système hégémonique du WM, devient l’organisateur, le déclencheur et le finisseur du jeu sétois. La presse française ne tarit pas d’éloges à son propos. Bien qu’intermittent (Beck ne s’entraîne pas vraiment), il est de ces joueurs dont les éclats laissent entrevoir, dans la France de cette époque, une autre dimension au jeu. Il fait partie des quelques fuoriclasse de l’Hexagone. Quelques années plus tard, on osera même le rapprocher d’Alex James, l’artiste d’Arsenal, référence absolue au poste.
De 1929 à 1930, Beck connaît l’un des pics de sa carrière et de sa vie, faites d’amplitudes vertigineuses. Après avoir perdu en finale de Coupe de France, en 1929, contre les voisins Montpelliérains, Beck et les Sétois remportent l’épreuve qui leur échappe avec malice depuis tant d’années, le 27 avril 1930. La victoire face au Racing 3 buts à 1 en prolongation enchante la belle Sète. Beck plante un doublé en prolongation. Les Cazal, Dubus, Stevanovitch, Lucibello, Chardar et Skiller empoignent le trophée et l’amènent à Georges Bayrou, qui, pris de panique, demeura aux vestiaires durant tout le match. L’histoire de Beck et du Football Club de Sète est lancée.

Deux mois plus tard, Yvan Beck fait partie des dix-sept élus amenés sous les couleurs yougoslaves à la Coupe du monde 1930 en Uruguay. Ces derniers surprennent maints observateurs en battant le Brésil 2-1 dès leur premier match. Beck est buteur. Quelques jours plus tard, après une victoire fluide 4 buts à zéro face à la Bolivie (il plante un doublé), les Yougos se retrouvent en demi-finale face à l’Uruguay, terre d’accueil de tant de leurs compatriotes devenus gauchos, ouvriers, commerçants. Face au plus de 60 000 supporters uruguayens du stade du Centenario, Vujadinovic transforme la ferveur en marbre en ouvrant le score dès la quatrième minute. La Celeste finit par dérouler, dans un match très litigieux, et s’imposer 6 buts à 1.
Rentrés en France pour préparer la nouvelle saison, Beck et Stevanovitch ne profitent pas de l’accueil populaire de la délégation à la gare de Belgrade. Les affaires reprennent vite. Les deux compères, inséparables, sont sanctionnés par le FC Sète et la Fédé en juin 1931 pour indiscipline. Après une escale à Saint-Raphaël, ils s’en vont à Annemasse pour rejoindre la Suisse, son football professionnel, l’Urania Genève et ses juteux contrats. Leur saison 1931-1932, mitigée à cause d’imbroglios, leur permet néanmoins d’enfin goûter à un statut de travailleur reconnu. Yvan Beck, est, pour la première fois de sa vie, un joueur de football professionnel. Finis les enveloppes cachées et les arrangements passés en arrière-cuisine.
En France, ce changement de paradigme s’accélère aussi et la saison 1932-1933 sera celle du premier championnat national professionnel. Du côté des dirigeants sétois, on passe l’éponge et on gratte les rancunes. Beck retourne dans son port d’attache, en mars 1932 : « De très bon matin, dimanche, un grand diable à l’allure sportive, descendait sur le quai à la gare de Sète (…) Yvan Beck – car vous l’avez reconnu – est de retour à Sète, et les dirigeants de l’équipe languedocienne sont actuellement les plus heureux des hommes » (Football, 10 mars 1932).

Désormais, il logera rue de Tunis en plein cœur du quartier marin. Du haut de ses 23 ans, il fait office de vieux briscard. Sa verve, son entrain, son caractère entier, entêté presque autoritaire en font le meneur naturel de cette génération sétoise qui s’apprête à devenir immortelle. Après une saison 1932-1933 frustrante, quatrième d’une poule de dix et éliminé en demi-finale de Coupe de France, les Verts et Blancs vont réaliser une saison au final inespéré et historique. La dream team sétoise remporte la Coupe de France 1934 en battant l’Olympique de Marseille 2 à 1 en toute fin de match. Beck, héros et capitaine de l’équipe s’en va presque arracher la coupe des mains d’Albert Lebrun, trop pressé de partager la joie avec ses coéquipiers. Il a 24 ans et un statut de star de cinéma. Il vit son rêve de gosse.
Quelques semaines plus tard, attablés à la taverne du « Roi de la bière » à Casablanca, les joueurs sétois apprennent l’effondrement de l’OM synonyme de victoire en championnat de France. Les Phocéens ont perdu leurs trois matchs en retard et n’ont pu franchir le gouffre qui les séparait des Sétois. Le gouffre d’un seul petit point… Les Dauphins viennent de réaliser le premier doublé Coupe-Championnat de l’histoire du football français.
Lors de ce mois de mai 1934, Yvan Beck est Français depuis quelques mois. La Coupe du monde en Italie approche à grands pas et Jules Rimet, président du football français et mondial déclare dans L’Intransigeant du 8 mai : « Mais pourquoi, dites, pourquoi ne pas sélectionner Beck dans l’Équipe de France ? Est-ce que vous croyez que nous ayons beaucoup d’intérieurs qui le vaillent ? … Je comprendrais qu’on ne le sélectionnât point si l’on joue contre la Yougoslavie, sa patrie … Mais contre l’Autriche ? … ».

Il patientera encore près d’un an avant de connaître la première de ses cinq capes en bleu, donc, contre l’Italie en février 1935. Beck ne le sait pas, on ne le sait jamais, mais il touche probablement là l’apogée de sa carrière de footballeur et sûrement de sa vie. Il trône tout en haut d’une cime qui le désintéresse probablement, mais qui lui offre tous les privilèges que son hédonisme viscéral avale sans une once de satiété.
Quelques mois plus tard, à l’été 1935, sans qu’il n’ait véritablement son mot à dire, Beck est transféré à Sainté, en D2, pour la bagatelle de 75 000 francs. Record de l’époque. La presse s’affole et s’offusque. Il poursuit sa carrière avec brio et sa vie sans retenue. Autant que faire se peut. Il demeure un meneur d’hommes hors pair, un créateur, un champion marquant les grands évènements. Un de ceux à qui l’on pardonne tout. L’ASSE, le jeune poulain de la famille Guichard, bute deux saisons de suite sur un obstacle à peine trop haut : l’accession en D1. L’objectif est rempli en 1937-1938 lorsque les tout verts terminent deuxième derrière Le Havre. Son genou grince et fuit, Beck ne rejouera que quelques matchs en première division. Il demeure, à ce jour, le cinquième meilleur buteur de l’histoire du club en ayant offert 104 buts en 107 matchs en à peine quatre saisons.
De Saint-Étienne à Nîmes en deuxième division, survient la Seconde Guerre mondiale et le régime de Vichy. Forcé de devenir entraîneur, Yvan atterrit à Sisteron en 1943 et est de ceux qui apportent un élan décisif à la Résistance dans les Basses-Alpes. D’obédience communiste comme son ancien capitaine en sélection yougoslave, Milutin Ivković, Beck devient un commandant remarqué, particulièrement lors de l’été 1944. Ses responsabilités s’étendent d’un secteur recouvrant le tiers à plus de la moitié du département.

Organisateur de la libération des 47 prisonniers de la Citadelle de Sisteron, il est aussi incriminé suite à l’épisode du massacre de Bayons le 25 juillet 1944. Or, seule une vision simpliste et tronquée de la réalité peut le désigner comme seul et unique responsable. Qu’importe pour l’État-Major et les habitants du coin. Continuant le combat jusque dans l’Ubaye à la tête de cent hommes, Beck sort de la guerre irrémédiablement meurtri. Lors de cet été de Libération et des quelques mois qui suivirent, il y laissa sa fougue et sa verve.
Après guerre, il a 36 ans, son genou en vrac et son portefeuille bien fin. Il part entraîner des clubs amateurs du Sud de la France et en Algérie jusqu’en 1958. Il ne demande aucune des aides et des reconnaissances officielles mises en place pour les combattants de la Résistance. Il demeure seul, vagabond, appliqué dans son purgatoire. En 1958, il retourne à Sète, se fait loger dans un bar et travaille comme livreur-mareyeur. Ses journées débutent avant le soleil. Lors de l’une d’elles, celle du 12 juin 1963, à l’aube, une crise cardiaque le fauche. Il avait 53 ans. Sans famille connue, sans héritage, ce sont des centaines de Sétois et des dizaines de ses anciens coéquipiers, marqués par sa force, son génie, ses failles, qui l’accompagnent à sa dernière demeure. Yvan Beck repose au cimetière Le Py, en bordure de l’étang de Thau. À la portée des embruns.
Gabriel Dubois pour Pinte 2 foot
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Ok, je crois comprendre ce qui lui fut reproché, et pourquoi sans doute tu l’exonères ici : le plan consistait à tenir les deux portes d’entrée de la vallée, d’une part une clue vers Sisteron, et d’autre part ces « Tourniquets » que j’avais évoqués, dans la direction de Gap. Qui tous deux donnent à cette vallée son caractère « fermé », hors du monde.
Un plan d’une logique implacable……sauf que les maquisards postés à la clue faillirent pour une raison ou une autre à donner l’alerte, et que ceux qui attendaient sur les hauteurs du village furent par conséquent cueillis à froid par les Allemands venus les châtier (dont acte : un massacre) ; c’est ça?
Je n’ai pas toutes les infos avec moi mais oui, c’est cela. Les Vigie postés à La Clue ont été dupées par les Allemands qui ont imité les signaux de permission de passage (à partir des phares des camions). De fait, il y aura de forte suspicion autour d’une taupe en interne. Cela ne sera jamais pleinement éclairci. Parmis les prisonniers quelques-uns retournent leurs vestes et servent les Allemands après le massacre de Bayons. À la libération, le principal suspect, qui parlait Allemand, est abattu avant un véritable interrogatoire. Certains pensent qu’il a tourné se veste après sa capture, d’autres qu’il renseignait déjà les allemands avant. Mystère.
D’ailleurs, la vie des centaines de maquisards et d’auvent grâce notamment au retour des renforts venus de Gap qui ont été retardés par des accrochages par des patrouilles de résistants. Sans cela, la vallée aurait été en effet paralysée. Et les soldats Allemands auraient réalisé une battue qui aurait été encore plus immonde.
Désolé, j’ai écrit ça rapidement il y a de nombreuses fautes.
C’est bien les renforts allemands ce us de Gap qui sont accrochés sur la route par des patrouilles de résistants. Ce gain de temps empêchera l’étau.
On comprenait, pas grave.
Et, le cas échéant : une option « Modifier » a été ajoutée par le développeur il y a peu 😉
Mais surtout : merci pour ces confirmations et précisions, je ne verrai plus ce village si paisible de la même manière. Je me demandais si, comme à Sète, Yvan Beck avait à Bayons une rue, bon.. Y en a pas beaucoup, des rues là-bas 🙂 , c’était fort douteux et d’ailleurs y en a pas.
Par contre, l’image de carte postale de ce bourg perdu qui me convainquit très vite d’y passer une nuit, à savoir cette place donc avec l’église, la fontaine, l’insoupçonnable « château » et les montagnes enneigées derrière, éh bien : j’observe (je me rappelle avoir régulièrement et bêtement regardé cette plaque pendant une bonne heure en attendant mon pain, sans rien soupçonner ==> pas mécontent d’y mettre enfin une histoire!, c’est cool) qu’elle a été rebaptisée du nom d’une héroïne locale de ces faits, précisément, que tu rapportais plus haut. Et qui impliquèrent donc Yvan Beck. Et je te remercie donc!
Dans les Mondiaux des années 30, rares sont les sélections à convoquer des joueurs jouant à l’étranger. Exemple Braine n’est pas convoqué pour le Belgique. Ce n’est pas le cas de la Yougoslavie avec Bek, Branislav Sekulić, qui est une gloire yougo de l’époque qui joue au Stade Français et Ljubiša Stevanović de Sète également. C’est la seule sélection avec le Pérou à faire ça en 1930. J’ignore pourquoi…
Si je ne dis pas de bêtises, mais il faudrait revérifier, les Yougoslaves embarquent sur le Florida à Marseille. Facile d’y embarquer des mecs qui sont alors en France… C’est une supposition, bien sûr.
Et un mec comme Braine n’est-il pas, alors, blacklisté parce qu’officiellement professionnel ?
Pour faits de professionnalisme, tout à fait.
Alors que ce fut vraisemblablement le plus grand joueur belge du XXeme siecle, avis unanime des Goethals, Thys, Coppens.. Lui aussi, c’est du hors normes comme destin.
Comme de nombreux autres sélections, la Yougoslavie a eu des difficultés a convoqué tous ses joueurs. Difficile, à cette époque « amateur » de justifier une absence de 2 mois au travail. Ainsi quelques patrons ne l’ont pas accepté.
La raison principale est que, Andrejević (j’ai pas mes notes avec moi, je l’orthographie probablement mal et j’ai oublié son prénom), était à la fois dirigeant de la sélection et administrateur du BSK. De fait, il a avait organisé avant le départ en Uruguay, une série de matchs amicaux joués sous les couleurs du BSK après la CDM. Ils ont joué une sélection de Buenos Aires et de Rio, notamment. Cela pour une importante somme d’argent. C’est pour cela que l’on retrouve presque exclusivement des joueurs du BSK dans cette sélection. Aucun joueurs du Jugoslavija (un seul ex je crois) et aucuns des équipes de Split ou de Zagreb. De fait, cette sélection aurait sans doute pu être bien plus puissante. Le football croate étant d’un excellent niveau. Ce scandale éclatera dans la presse Yougoslave et Andrejević sera sanctionné, le président de la Fédé démissionnera.
Je tiens ça de Nebojša Jakovljević, historien spécialiste du football Yougoslave de l’entre-deux-guerres. Je suis actuellement en Serbie pour le rencontrer. Je n’ai pas vérifier de moi-même mais sa discipline scientifique est exemplaire. Ces informations apparaissent dans la presse nationale des années 1930.
J’ai regardé brièvement les Croates qui auraient du faire parti du voyage. Oui, de Split, des mecs comme Leo Lemešić, Vladimir Kragić ou Ljubo » Benčić auraient certainement du être convoqués. Pour le Građanski, je connais moins mais c’était un club dominant de l’époque.
Oui, c’est ça : Marseille.
Les Roumains partent de Gênes, sur le Conte Verde, rejoints par les Français à Villefranche-sur-Mer et les Belges à… Barcelone !
Merci John/Gabriel, super texte en attendant la bio complète.
Je viens de jeter un oeil, Beck est des premiers matchs de Mitropa en 1927, il joue bien avec le Beogradski SK contre Hungaria (défaite 2-8 sur le cumul des scores).
Bek/Beck, c’est un talent précoce… Il faut bien se rendre compte qu’en 1927, il a 17/18 ans. En 1930, à 20 ans, il est un des meilleurs joueurs yougoslaves. Mais il décline assez rapidement. Dès le milieu des années 1930, il n’est plus aussi brillant qu’auparavant. Blessures ? Usure ? Je ne sais pas.
Et puis il y avait son hygiène de vie… Gabriel en parle : alcool, fêtes à gogo… Pas bon pour le sport de haut niveau, tout ça ! Le talent ne suffit pas toujours…
Oui, il demeure décisif à Saint-Étienne tout de même mais en D2. En 1936-1937 il a déjà presque 10 ans de carrière dans un football bien plus violent et où les conditions d’exercice sont difficiles. On jouait énormément de matchs amicaux à cette époque, parfois des matchs tous les 3 jours avec des déplacements en train en troisième classe de plusieurs dizaines d’heures.
C’est bien son hygiène de vie qui l’use le plus.
Mais tout de même, dans ses meilleurs moments il a marqué les foules comme très peu de joueurs de l’époque l’ont fait. En Italie, chez les tifosi, on le reconnaît et on le demande. À Sète, aujourd’hui encore, certains Sétois s’appellent Yvan en son honneur. Certains de ses coéquipiers en parlent le mieux, allant jusqu’à le qualifier de « légendaire »…
En Mitropa, les clubs yougoslaves font généralement de la figuration. Dans les années 20, ils prennent des roustes pour disparaître, avant un retour discret vers la fin des années 30, sans les clubs Autrichiens évidemment.
Avec ce diptyque centré sur le personnage de Beck, Gabriel Dubois nous a gâtés.
Encore mille fois merci !
Il y a le camarade Guits qui est aussi passionné et qui a écrit un article sur le club sétois. Peut être que vous vous connaissez ou vous vous êtes croisés dans vos recherches.
J’ai l’impression qu’autour de ce club, il y a une « mystique », malgré des décennies éloignés de la D1 et du professionnalisme, des succès qui remontent aux années 1930, il y a un attrait pour nombre de passionnés à explorer l’histoire du club.
La ville est déjà mythique, son nom, son site, les hommes qui y naquirent et y vécurent.
Et puis, oui, il y a ce club fleuron du premier vingtième siècle, aujourd’hui complètement largué. Sète, c’est la meilleure équipe du Sud jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, à peine concurrencé par l’OM dans les années 1930.
Oui clairement ! À Sète, on est Sétois avant tout. L’histoire de la ville, c’est celle du grand large, de la pêche, des tonneliers, des joutes, de ces sportifs, de ces luttes, de ces travailleurs et travailleuses. Autant d’éléments, et j’en oublie, propices aux histoires qui prennent des allures de légendes. Sète, c’est un monde avant d’être une ville.
Monde qui s’estompe quelque-peu…
De ce que j’ai vu il y a un mois, même sans Brassens ou Valery, ou même sans le Mont Saint-Clair, je trouve que la ville garderait du chien, il y subsiste un beau caractère – en tout cas on a adoré.
Ce qui m’a semblé manifeste : on n’y apprécie guère Marseille, olala.. Même si Sète est désormais déclassé pour les choses du foot, c’est peu dire qu’il y subsiste je ne sais quel esprit de compèt’ voire litige avec les Phocéens!, c’était bien souvent rigolo même.
Me demande si Brassens est allé voir les belles équipes de Sète quand il était jeune…
En tout cas on ne l’a jamais entendu parler de foot, même furtivement.