Il était une fois en Belgique – Mise au point

Europe

Dans l’imaginaire collectif, français en particulier, l’Anderlecht de Robby Rensenbrink bénéficie d’un statut privilégié. C’est totalement mérité. Le groupe cornaqué par Hans Croon, et Raymond Goethals par la suite, est une ode au beau jeu où se côtoient la finesse de Robby, la force de frappe de Haan et la fougueuse jeunesse des Ludo Coeck et Frank Vercauteren. Le Parc des Princes résonne encore du triomphe de 1978 face à l’Austria et ce n’est certainement pas le Bayern de Beckenbauer qui pourrait minimiser le talent de la bande de Rensenbrink. Cet Anderlecht est un des grands de son temps et la dynastie la plus emblématique de la défunte Coupe des Vainqueurs de Coupe.

Néanmoins, si l’histoire est écrite par les vainqueurs, alimenter le caractère quasi-hégémonique de cette génération dans les débats sur foot belge serait une faute de goût. Car aussi portés aux nues furent ses exploits européens, aussi langoureusement narrées furent ses mises à mort, elle n’en demeure jamais qu’un second choix dans son pays d’origine. Un prétendant flamboyant et valeureux certes mais qui mordit la poussière plus qu’à son tour lorsqu’il affrontait le Club Bruges d’Ernst Happel. C’est cette histoire que je vais vous conter aujourd’hui. Quand la Venise du Nord débarquait en ville le couteau entre les dents, quand le Continent redoutait le plus infime passage dans le Jan Breydelstadion.

Bruges-la-morte

« Mélancolie de ce gris des rues de Bruges où tous les jours ont de l’air de Toussaint ! Ce gris comme fait avec le blanc des coiffes de religieuses et le noir des soutanes des prêtres, d’un passage incessant ici et contagieux. Mystère de ce gris, d’un demi-deuil éternel ! » Georges Rodenbach

L’arrivée du Wiener Weltmeister, en janvier 1974, ébranle Bruges, la belle endormie. Sacrifiant impitoyablement les anciennes gloires, Pierre Carteus, Luc Sanders, Johnny Thio et Erwin Vandendaele à ses iconoclastes desseins, Happel escorte la Flandre vers des mondes inconnus où il est question de tempo, de permutations constantes sur un rythme effréné à filer la nausée. Adroit avec les mots, bien que peu loquace et d’un ton souvent martial, l’Autrichien, sentimental pudique, ne supporte pas les hiérarchies et instaure des schémas tactiques souples où chaque acteur est responsable de ses actes. Le mouvement, maxime tatoué dans les veines, quintessence de sa philosophie. Contre-attaques rapides sur les ailes initiées par les latéraux Fons Bastijns et Jos Volders, libero audacieux, maitre de l’art du hors-jeu, en la personne d’Edi Krieger, engagement à la limite des Georges Mac-the-Knife Leekens et René Vandereycken afin d’apprivoiser chaque faille physique ou mental de l’adversaire, l’asphyxier cliniquement jusqu’aux coups de griffes mortels des Julien Cools, Raoul Lambert ou autre Roger Van Gool. Comme le souligne son gardien Birger Jensen, cette génération brillante est entièrement son œuvre, fruit de la réflexion de ce joueur d’échecs aux nuits sans sommeil, partagées autour d’un verre auprès d’hommes de confiance, tel Leekens : « Happel était un dictateur, un vrai monstre. Tout le monde avait peur de lui… même moi. Il était très dominant. Il avait instauré une discipline de fer et imposait des préparations physiques militaires. Ce qu’il pouvait être dur… Mais en match, on mangeait tout le monde. Mais il n’y avait aucun passe-droit pour quiconque : si un taulier ne faisait pas son travail, il volait sur le banc ! Au niveau tactique, Happel prônait un football mobile et vertical, basée sur les duels et l’offensive, avec beaucoup de jeu sans ballon : tout droit devant, comme un train. L’Autrichien n’avait peur de rien : il nous disait d’attaquer tout le monde et nous motivait comme personne. « Laufen ! Schneller ! » il nous disait. Ses causeries duraient 10 petites minutes maximum : des mots simples et logiques, pas de bla-bla pendant deux heures comme certains ! Il avait aussi l’art de nous responsabiliser et on se sentait investis. »

Le staff d’Happel ne comporte pas d’entraîneur de gardiens et se résume à un seul adjoint, Mathieu Bollen, un ancien joueur de Waterschei. Ce dernier, originaire du Limbourg, a un excellent sens du jeu et soutient son patron sans réserve. Pendant les stages, Bollen exige que les joueurs arrivent à sept heures du matin, afin de commencer à jouer aux cartes trois heures plus tard et boire son premier cognac de la journée. La saison 1976 est menée tambour battant. Après la domination initiale de Lokeren, le Club Bruges prend l’ascendant et s’empare de la tête du championnat pour ne plus jamais la lâcher. Anderlecht est loin dans le rétroviseur, ce qui permet aux ouailles de l’Autrichien de consacrer leurs forces dans la compétition européenne. Cela s’annonce plutôt mal…

Le résultat du match aller du second tour de la Coupe de l’UEFA ne laisse que peu d’espoirs. Vaincu 3-0 par l’Ipswich de Bobby Robson, Bruges peut maudire la malchance de Raoul Lambert qui touche deux fois les montants. Toutefois, galvanisés par la ferveur de son public, les Belges mettent une pression d’enfer aux visiteurs dès l’entame du retour et refont leur retard dès la pause ! Tout semble indiquer que l’on se dirige vers les prolongations lorsqu’un centre d’Ulrik Lefèvre atterrit dans les pieds de René Vandereycken qui libère le peuple Blauw en Zwart. Bruges a eu chaud, très chaud et salue augustement la réalisation de son marathon man Julien Cools à Rome, synonyme de quart de finale. Son prochain client est un nom clinquant dans un football en totale décrépitude. Ultime rescapé de Serie A dans les joutes continentales, le Milan AC joue prudemment, plie sous le physique flamand et perd son tueur à gage, Romeo Benetti. Scénario identique au tour suivant, à Hambourg, où Manfred Kaltz préfère se saboter plutôt qu’admettre la supériorité tactique des Belges.

Des gladiateurs au Stade Olympique

En ce printemps 1976, la Belgique a rendez-vous avec son destin. Et quand Anderlecht remporte le premier trophée européen du Plat Pays aux dépens du West Ham de Trevor Brooking, les fans neutres se mettent à rêver à un formidable doublé. Un rêve loin d’être illusoire puisque Bruges a mené 2-0 sous les terres d’Anfield, avant de succomber aux coups de buttoir de la bande de Keegan. Un unique but à remonter, dans son antre insubmersible de l’Olympiastadion, tous les espoirs sont permis. Les Belges s’offrent le sésame tant attendu à la 11ème minute, sur un penalty de Raoul Lambert. Joie de courte durée puisque Keegan égalise aussitôt. N’ayant plus le choix, la troupe d’Happel harcèle la défense de Liverpool, joue des coudes et s’arrache les cheveux sur la frappe sur le poteau de Lambert. Le hold-up était presque parfait : « Nous menions 0-2 après moins d’un quart d’heure à Liverpool, frôlant de peu le 0-3. Les Anglais ont mis toute la gomme à la reprise, sous la pression du public. Revenus à notre hauteur, ils ont alors hérité d’un penalty pas très évident pour une prétendue faute de Bastyns sur Heighway. Au retour, on ouvre le score grâce à un penalty de Raoul Lambert mais Keegan égalise aussitôt sur coup franc suite à un jeu dangereux de Krieger. Le score n’évoluera plus. Ce n’était pas notre jour mais il faut reconnaître que notre adversaire était très fort. »

Birger than life !

Comme c’est généralement le cas, le second opus de notre trilogie est moins réussi mais non exempt de moments de grâce. L’intersaison voit le départ de Roger van Gool pour Cologne, en échange d’une somme astronomique, et son remplacement par l’anglais Roger Davies incite Happel à privilégier un système à deux attaquants et un milieu de terrain plus robuste. Ainsi que l’arrivée de Paul Courant, brillant joueur du RFC Liège, qui va se rendre indispensable malgré des problèmes récurrents de blessure. Mais une chose ne change pas au sein du vestiaire, le gardien Birger Jensen est la star du groupe, le seul à oser défier l’autorité du technicien. D’une âme indomptable à une autre, la relation est parfois électrique, le respect mutuel jamais éteint : « Ernst Happel était un homme paradoxal, d’apparence dure et peu bavard. Un visage impassible qui dissimulait sa propre souffrance. Et pourtant, fondamentalement sensible, il ne savait pas toujours comment gérer son isolement social et noyait ses émotions dans la vie nocturne. Malgré cela, les habitués du club savaient : on pouvait toujours compter sur lui. Sa devise : Je veux être mon propre patron. Ne dépendre de personne. Si je n’étais plus libre, il ne me resterait plus de vie. »

Les entraînements sont si intenses qu’il n’est pas rare que les mandales pleuvent. Happel n’intervient jamais car il sait que la camaraderie naît de la réconciliation, de ces moments partagés au comptoir où la parole se libère, où la tension des corps n’est plus qu’un lointain souvenir. Entre cognac offert et coup de règle sur les doigts, les Blauw-Zwart sont intraitables à domicile et conservent leur titre national sur un triplé exceptionnel du milieu de terrain René Vandereycken à Beringen. Bruges se défait avec difficultés du Steaua Bucarest de Marcel Raducanu, avant d’affronter le Real Madrid de Breitner et Netzer au second tour de la Coupe des Clubs Champions. Les Merengues n’en mènent pas large, malgré les millions de pesetas dépensés, et reçoivent leurs hôtes à Malaga en raison d’une suspension du Santiago Bernabéu, pour un pauvre nul vierge. Le retour est un récital du Danois volant du club, Ulrik le Fevre. Vraisemblablement motivé par les retrouvailles avec Netzer, il ouvre le score à l’issue à trois gestes exceptionnels en l’espace de sept secondes. À l’entrée de la surface, il contrôle un ballon aérien, met son défenseur à l’amende, avant d’expédier une sublime frappe au ras de la barre transversale. Bruges rejoint les quarts de finale où l’attend un autre monstre sacré de la décennie, le Borussia Mönchengladbach.

Entraînée par Udo Lattek, la redoutable équipe des Poulains compte dans ses rangs des internationaux ouest-allemands tels que Berti Vogts, Uli Stielike, Rainer Bonhof et Jupp Heynckes, ainsi que le Danois Allan Simonsen, futur lauréat du Ballon d’Or. Le match aller se déroule au Rheinstadion de Düsseldorf, où le Borussia a ses habitudes, et tout débute merveilleusement pour les Belges. A la 23ème minute, une longue passe de Birger Jensen se transforme en un rapide échange de passes, conclu par une subtile déviation de Julien Cools qui trompe le gardien Wolfgang Kneib. Un peu plus tard, c’est au tour de Courant d’éliminer Berti Vogts et Kneib dans un même élan. Les 65 000 supporters ouest-allemands sont dépités. Néanmoins, à l’instar de l’épisode d’Anfield quelques mois auparavant, des Blauw-Zwart friables reculent et dilapident leur avantage jusqu’à l’égalisation cruelle de Simonsen. Et sombrent corps et bien sur une inhabituelle érreur de Birgen Jensen à domicile. Une tâche dans une saison qui promettait d’être parfaite, comme le suggère le doublé en Coupe face au rival anderlechtois : « Près de 60 000 personnes au Heysel. Le 4-3 contre Anderlecht ne reflétait pas la réalité du match. En termes de talent, Anderlecht était loin derrière nous. C’était grâce à notre entraîneur. Après le match, une euphorie sans précédent nous a envahis. Nous n’avions jamais rien vu de pareil. Nous avons attrapé Ernst Happel par le pantalon. Il ne pouvait pas s’échapper. Il avait encore sa cigarette à la bouche. Nous lui avons mis la coupe dans les mains et l’avons hissé sur nos épaules. Et lui de hurler : Lâchez-moi, lâchez-moi ! Fichez le camp, merde ! »

Messieurs, continuez comme ça…

À 31 ans, Ulrik le Fevre décide de retourner au Danemark, à Vejle, son remplaçant est un autre Danois, Jan Sørensen. Le Club Bruges remporte son troisième titre de champion consécutif, malgré quelques revers cinglants. Lors de la cinquième journée, l’équipe subit une lourde défaite (6-1) face à Anderlecht et voit le Standard débouler à toute berzingue lors du sprint final. Le 23 avril 1978, le but de Simoen dans le temps additionnel, contre La Louvière assure la mainmise de l’institution sur son football domestique, les yeux sont désormais rivés sur le Continent.

Cherchant à effacer le traumatisme de Düsseldorf, le Club s’extirpe du guêpier du Panathinaikos sans trop de bosses, avant d’affronter le rugueux Atletico Madrid, vainqueur du FC Nantes. Une confrontation âpre, torride, dans un Vicente Calderón incandescent, dont les Belges se sortent aux forceps, endeuillés qu’ils étaient par le décès récent de la fille de Cools dans un accident de voiture. A nouveau dans le dernier carré de la compétition la plus prestigieuse, son adversaire est une Juventus regaillardie par son triomphe en Coupe de l’UEFA la saison précédente. Et visiblement satisfaite par le tirage au sort :« C’est mieux Bruges que Mönchengladbach ou Liverpool. » L’aller à Turin est un traquenard selon Leekens : « Je souviens de tout : Paul Courant avait rejoint Turin en train car il avait peur de l’avion mais le reste de notre délégation était placée sous haute sécurité. L’Italie vivait dans la terreur des Brigades Rouges et le Premier Ministre avait été pris en otage deux semaines plus tôt. Dans le bus, nous les joueurs, on avait préparé une blague un peu sordide. L’un de nous a gonflé un sac plastique et l’a fait éclater: tout le monde s’est jeté au sol, faisant croire à une explosion. Je peux vous dire que le responsable de notre sécurité Roger De Bree n’avait que très peu apprécié notre farce… Le match avait donc lieu sous haute tension et on n’avait été battu que sur un but de Roberto Bettega tout à la fin du match. » Au retour, Happel tente un coup de poker et aligne son groupe en 4-2-4 ! Krieger, Bastijns et Volders montent en permanence, l’obstination paie lorsque, pendant les prolongations, Vandereycken se trouve à la réception d’un centre de Sörensen. Bruges est en finale face à Liverpool, comme deux auparavant mais les Blauw-Zwart boitent bas.

Leekens revient du Piémont le pied dans le plâtre, souvenir du doux Benetti, Courant sur les rotules et Lambert est sorti à la pause. Ce sont les dernières minutes de son illustre carrière… Vingt mille supporters belges (la plupart par la liaison Ostende-Douvres) débarquent à Londres, envahissent Piccadilly Circus avant de rallier le Temple. En dépit d’une farouche résistance, un Bruges amoindri ne peut empêcher Liverpool de conserver sa couronne. Après l’ouverture du score de Dalglish, Simoen a une inespérée balle d’égalisation mais Thompson sauve sur la ligne. Les 39 marches à gravir pour récupérer la médaille en chocolat dure une éternité, Happel, conscient que sa troupe est au bout du rouleau, tente de la réconforter comme il le peut : « L’ambiance dans le vestiaire était au deuil. Avec autant de blessés, nous ne pouvions pas imposer notre jeu habituel. Nous le savions d’avance, car nous avions à peine onze joueurs valides. Happel le comprenait mieux que quiconque. Apparemment, pour cette raison, il ne se faisait aucune illusion sur Wembley. Il était beaucoup plus détendu. Nous étions déjà à Londres le lundi, mais nous ne l’avons revu que le mercredi matin. À ce moment-là, nous avions compris. Après le match, il m’a donné une tape amicale sur la tête. J’ai alors compris qu’il était satisfait de moi, mais que la défaite le tracassait. Il a juste grommelé. Nous avions vécu des moments inoubliables ensemble et fait connaître le Club Bruges sur la scène européenne. C’était comme une expédition. J’ai allumé une cigarette pour me calmer. Il n’en a pas fait toute une histoire. »

Les différents protagonistes de notre histoire ne se lasseront jamais de partager leurs anecdotes ni de mettre en avant le boulot titanesque de leur Autrichien préféré. Celui qui, par sa minutie, son extraordinaire expérience et son anticonformiste, aura placé la belle citadelle au centre des attentions pendant quelques années. Fidèle à sa réputation et certainement convaincu d’avoir fait le tour de la question, Happel ne s’attarde pas. En novembre 1978, une semaine après une victoire 3-0 contre Anderlecht, son sixième succès consécutifs à domicile dans le Klassieker depuis son arrivée, il quitte le Club Bruges. Sans tambour, ni trompette… Ses derniers mots aux joueurs furent : « Messieurs, continuez comme ça. Je m’en vais… »

40 commentaires pour "Il était une fois en Belgique – Mise au point"

  1. Alexandre dit :

    Mise au point est l’expression qui s’impose, pas photo entre ce Bruges et cet Anderlecht, combien glamour et efficace fût-il pourtant.

    J’ai toujours eu à l’esprit que c’était le Hongrois Kü qui avait manqué d’un cheveu d’arracher la prolongation lors de la finale de C1 78, son seul match pour le Club d’ailleurs. Et parce que l’équipe était décimée, comme tu le dis si bien.

    Tant de choses sont trompeuses, vues de loin.. Leur plus grande année? 77 sans conteste..et cependant c’est celle où ils vont le moins loin en CE, Cf. ce malentendu fatal d’entre Jensen et..Leekens?? (dans mes souvenirs, c’était lui) face au super Gladbach.

    Rensenbrink? L’on focalise toujours sur 76 et 78, car le Elftal et les sacres européens d’Anderlecht………..et cependant c’est en 75 qu’il donne l’absolue mesure de son talent – sur base duquel, et plus encore qu’en 76 ou 78 (saisons où je ne lui vois pourtant aucun équivalent en Europe), il aurait mérité le BO : intrinsèquement et plus que jamais au-dessus de la mêlée continentale en 75.

    Le détail qui tue concernant ce chapitre happelien, je l’avais écrit à l’occasion de la disparition de Birger Jensen : ce furent de très loin ses pires conditions de travail!, le Club était failli, incapable de payer le moindre salaire, régler la moindre facture……………et il avait fallu vendre les bijoux de famille, bref : le challenge était titanesque, et il n’est que d’autant plus extraordinaire qu’il parvînt aussitôt à porter ce club-là, et surtout à ce moment-là de son Histoire (de tous le pire!), au sommet du football européen.

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    1. Khiadiatoulin dit :

      Oui, cette génération de Bruges fait partie des oubliés de l’histoire. C’est que j’ai essayé d’exprimer en introduction. Quand j’ai commencé à m’intéresser au football belge, il n y en avait que pour le groupe de Rensenbrink. En France, c’est une référence. La finale de 78 joue évidemment. La présence de Robby, adulé comme tous les Néerlandais des années 70, idem. J’ai longtemps cru qu’ils avaient marché sur la Belgique à cette époque.

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    2. Khiadiatoulin dit :

      Et j’ai pensé un temps faire un truc sur Cools mais j’ai manqué de matière…

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  2. Verano82 dit :

    J’adore cet article, jefe !

    Quand il prend les rênes de Bruges, Happel rentre d’un séjour désastreux au Sevilla FC en seconde division. Max Merkel avait magnifiquement réussi, la présidence sévillane pensait que l’autre prestigieux coach autrichien en ferait autant. Mais avec un tel manteau de fourrure, impossible de s’acclimater à l’Andalousie eh eh.

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    1. Khiadiatoulin dit :

      Merci. Le parcours européen de Bruges pendant 3 saisons est vraiment impressionnant.

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    2. belo_dedici dit :

      La « fourrure cravate » de notre ami Ernst .. ça en jette…….

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  3. Verano82 dit :

    Leekens mélange un peu les dates, l’enlèvement d’Aldo Moro a lieu après le duel avec la Juventus. Mais ça ne change rien sur le fond, la tension en Italie était alors très forte.

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    1. Alexandre dit :

      La mort tragique de la fille de Cools en prélude à ce match face à l’Atletico. Mais aussi la disparition de leur « équipier » Nico Rijnders, interdit de football par l’ordre belge (les NL avaient préféré fermer les yeux pour le business..) des médecins, juste avant le match à Milan.

      Climat particulier lors du déplacement à la Juve? C’était vraiment une autre époque, des tensions un peu partout.. Le Standard et ses supporters avaient par exemple fait l’expérience, dans ces années-là, d’un attentat particulièrement sanglant dans le cadre d’un déplacement européen en Irlande du Nord, match qu’aujourd’hui l’on ne disputerait probablement pas..car c’est précisément parce qu’il y avait match, et moyen de faire un carton, que cet attentat s’était produit.

      J’ai bien connu l’un ou l’autre supporters rouches présents à une vingtaine de mètres de l’explosion, le sang partout, le chaos.. Une idée d’article parmi tant d’autres.

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  4. Khiadiatoulin dit :

    Vandereycken, c’est un des vicieux du foot belge, non ?

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    1. Alexandre dit :

      Yep. Il y en eut peu à l’aune de nos voisins, football dur mais pas vicelard, dans les grandes lignes ça reste (presque) toujours réglo. Mais lui était un vicelard – d’aucuns diraient un « winner », soit..

      Ceci dit, hormis cette dimension de jeu : joueur que je tiens en très haute estime, un regista extraordinaire, dont les blessures ont hélas pourri le passage en Italie.

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      1. Alexandre dit :

        Par « voisins » j’exclus la France. Vous, c’étaient des enfants de choeur!

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      2. Khiadiatoulin dit :

        Putain quand tu mates les Bleus ou les rencontres de Coupe d’Europe au début des années 70… La révolution des Verts dans cette decénnie se joue surtout sur l’intensité et la gnac.

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      3. AlphaBet17 dit :

        Je sais plus qui en avait parlé sous quel article (ou même sur le Discord ?) mais les Stéphanois étaient les seuls dans nos latitudes à pouvoir tenir la dragée haute aux Belges, Néerlandais, Anglais ou Ouest-Allemands, déjà grâce aux médicaments magiques de l’époque, mais aussi par la présence de Robert Herbin, qui mettait l’accent sur la préparation physique de ses joueurs.

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    2. Alexandre dit :

      L’autre dur du groupe brugeois c’était Leekens, aka « Long couteau », tout un programme.

      Durant les 15-20 primes années de sa carrière d’entraîneur, Happel a toujours eu ce genre de joueurs dans son équipe : un stoppeur un peu / bcp borderline (à ce registre, Leekens était toutefois loin de valoir Laseroms de Feyenoord, lequel était un sociopathe – je pèse mes mots), pour éteindre le buteur adverse..et kif-kif au milieu, y en avait toujours un aussi (VanderEycken était à tous égards le pendant brugeois de van Hanegem à Feyenoord – et pas beaucoup moins bon).

      Au Standard : Théo Poel derrière et Haan au milieu.

      Avec le temps on peut toutefois dire que Happel se sera assagi : entraînements de moins en moins intensifs (les joueurs du Standard s’en..plaignirent ; eux voulaient « se faire mal »), football de moins en moins physique, dureté de moins en moins marquée aussi.. Poel n’était pas un poète, mais bien moins méchant que ne l’avaient été Leekens et surtout Laseroms avant lui ; idem Haan par rapport aux VH et VDE..

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      1. Khiadiatoulin dit :

        Leekens, je ne connaissais pas. Peut-être parce qu’il n’a pas beaucoup de sélections.
        Mais il est souvent interrogé sur cette génération. Il a une carrière longue comme le bras en tant que coach. Pas de mal de sélections également. Mais jamais très longtemps. Ça donne quoi ?

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      2. Alexandre dit :

        Hormis pour ce Bruges pourtant énormissime, mais qu’à peu près tout le monde semble avoir choisi d’oublier, Leekens a joué pour le Crossing (club aussi sympathique que borderline et.. »anecdotique ») et pour des Diables en transition entre d’une part la fin brutale de notre véritable génération dorée en 75, et d’autre part l’arrivée à maturité des Gerets, Renquin, Ceulemans & Co, bref et à l’instar d’autres joueurs (Van Gool, par exemple) : il est dans un trou noir mémoriel.

        Pour le reste : un excellent client des médias, redoutablement intelligent..et notoirement sympathique nonobstant 2-3 trucs que d’aucuns ont tenu à lui reprocher.

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      3. Alexandre dit :

        Parmi les trucs reprochés à Leekens : s’être bien vendu à gauche et à droite (avis perso : tant mieux pour lui), et des passages à la tête de Diables qui n’auront rien eu de transcendant (en 98 c’est lui qui remplace Scifo – quand même fort en dedans – par un défensif alors que les Belges doivent encore en inscrire deux contre la Corée du Sud).

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  5. Khiadiatoulin dit :

    Jan Sørensen, c’était pas mal en ailier. On l’a déjà dit mais la génération danoise des années 70, c’est vraiment qualitif. Birger, Rontved, Henning Jensen, Simonsen, les Le Fevre, Sorensen ou Nygaard…

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    1. Alexandre dit :

      Et Morten Olsen, Benny Nielsen (une référence dans son pays, mais guère vu à l’international qu’en CE avec Anderlecht – où il fut formidable).. Ces deux-là avaient déjà/aussi l’envergure continentale, bref, oui : il y avait moyen de mieux faire, un vrai gâchis (comme souvent dans leur Histoire jusqu’aux 80’s)………..mais la fédé danoise restait peu soluble dans le foot professionnel, et ni Morten Olsen (qui leur ferait plus tard adopter le système d’Ivic à Anderlecht) ni autrui n’était alors en mesure de faire évoluer le logos-jeu des Danois.

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  6. AlphaBet17 dit :

    J’ai pas grand chose à dire car je passe après Alex qui sait tout, donc je dirais juste bravo pour cet article que je trouve particulièrement super !

    Et sinon, j’ai rien trouvé (bon j’ai cherché 30 secondes aussi hein) mais d’où ça sort ce blase pour un danois : Ulrik le Fevre ??

    Origine normande pour avoir un nom à telle consonance francophone ?

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    1. Alexandre dit :

      Des Huguenots, la famille Le Fevre était installée au Danemark dès à compter, au moins, du tout début du XVIIIème siècle.

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    2. Alexandre dit :

      Et c’était un putain de bon joueur (vulgarité pour marquer le coup 😉 ). Qui décida toutefois de mettre prématurément un terme à sa carrière pro pour devenir enseignant au Danemark, alors que Happel tenait absolument à ce qu’il reste, c’était un maillon essentiel du grand Bruges, et une authentique terreur des pelouses européennes.

      Mais sa priorité n’était pas le football.

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    3. Khiadiatoulin dit :

      Salut Alpha. Ça va. Tu manques. Même plus un mec pour gueuler sur les magouilles du Stade Toulousain. Bon été l’ami.

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      1. AlphaBet17 dit :

        Merci Khia, ça va bien, j’ai reçu mon premier maillot du Stade rochelais, prélude à mon anniversaire demain.

        Et les magouilles du Stade toulousain lassent à force, c’est comme parler des arbitrages folkloriques du Milan de Berlusconi, on a déjà tout dit.

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      2. Khiadiatoulin dit :

        Bon anniversaire alors !

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  7. Alexandre dit :

    Un dernier mot avant le boulot : le club belge dominant des 70’s, sans conteste notre décennie la plus dense (la moindre de nos équipes était alors capable d’exploits invraisemblables en CE, genre des gros clubs de village éliminant le Super Leeds, Arsenal..)??

    Eh bien ce fut le FC Bruges bien sûr! Et sans doute plus qu’on ne croit..et Anderlecht moins encore qu’on ne pourrait l’avoir cru!

    Je pense par exemple au titre 72 des Anderlechtois, histoire encore bien peu glorieuse dans une Histoire anderlechtoise qui n’en manque pas………… Alors que la fin de saison se profile, Bruges garda longtemps jusqu’à 7 points d’avance, autant dire que le championnat était normalement plié à une époque où la victoire ne valait encore que deux points..

    Puis, curieusement : leurs adversaires témoignèrent soudain d’une férocité peu commune, tandis que l’une ou l’autre décisions arbitrales, inévitables.. Fin des fins, à égalité au nombre de points avec Bruges, Anderlecht sera sacré champion à la différence de buts, par la grâce notamment de deux matchs nuls brugeois lors des dernières journées……………

    Mais c’est l’ultime journée qui fut la plus intéressante : dans la foulée du nul fatalement concédé par Bruges contre le White Star, l’on apprendra qu’Anderlecht avait promis des primes d’incitation – dont au gardien Willy Tack, lequel fut archi-décisif de ce match nul, et donc du titre anderlechtois.

    Ainsi que le raconta l’attaquant du White Star Jacques Teugels, l’un des joueurs à avoir déballé l’affaire : « Anderlecht est devenu champion, et après le coup de sifflet final, le téléphone a sonné. Toute l’équipe était invitée à la fête du titre à l’Astridpark. J’ai pris de l’avance et la police nous a escortés jusqu’à nos places de parking. Champagne ! »

    Certes, il se raconta que Bruges, il est vrai échaudé par le finish zarbi de ce championnat (et préfigurant le Waterscheigate qui, pour les mêmes raisons et dans le même contexte, emporterait le Standard 12 ans plus tard), avait approché deux joueurs du White Star avant la rencontre………………lesquels avaient toutefois rejeté leur offre, tant celle des richissimes anderlechtois était absolument incomparable.

    Une question reste pendante : combien de clubs Anderlecht avait-il arrosés jusque là?? Il est un fait certain qu’ils avaient déjà montré être capable d’orienter de la sorte, par des primes à la victoire ou à la défaite selon leurs besoins, jusqu’aux 12 dernières journées d’un championnat, ainsi qu’ils l’avaient déjà fait dans les années 1950 – et comme ils continuèrent durant les décennies suivantes..

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    1. belo_dedici dit :

      En matant les résultats du championnat belge des 70’s, puis des 80’s…. j’ai été frappé par la domination du foot flamand sur le championnat belge. J’enfonce une porte ouverte mais, je ne m’étais pas rendue compte de cela avant cette série (très chouette d’ailleurs).
      En diagonale, hormis les clubs Liègois, puis les Zèbres de Charleroi (et épisodiquement La Louvière, Seraing etc.), il y a peu de représentants wallons.
      Entre deux, quelques clubs bruxellois (White Star, RWDM, RSCA , Racing Jet, etc. ). Mais globalement la proleague est copieusement dominée par les flamands.
      Démographiquement, les wallons sont moins nombreux (30% de la pop en 2025) mais, au niveau du foot, ils ne représentent que 12 % des clubs engagés dans le championnat la même année. Globalement, j’ai l’impression que les clubs wallons sont, un chouia, sous représentés. Quid des villes comme Namur , Mouscron, Tournai ou Mons qui n’ont pas de clubs dans l’élite ? …………Ce ne sont pas de grandes agglos non plus, en effet.
      Bref, je réfléchis en écrivant mais si on est malhonnête, on peut aussi constater une frontière footballistique en Belgique.

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      1. Alexandre dit :

        Toujours pertinent, Belo (à quand un article?.. 😉 ), je te reviens!

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      2. Alexandre dit :

        Il n’y a rien de malhonnête à constater comme une frontière linguistique dans le foot belge : elle existe bel et bien. Et c’est une vieille histoire, avec de vieux ressorts..dont je t’avoue ne pas tout maîtriser, sujet compliqué.

        Mais pêle-mêle il y a : un sentiment identitaire flamand plus fort, et donc de décennie en décennie une solidarité non moins plus prononcée entre clubs flamands………. On peut franchement parler d’un communautarisme footballistique qui, concrètement, a chroniquement vu des clubs du Nord s’arranger entre eux pour que ce soit un club wallon, et non pas flamand, qui se retrouve rétrogradé. Un club comme Alost, identitairement très marqué, a par exemple beaucoup trempé dans ce genre de combines – lesquelles sont surtout spectaculaires dans les divisions inférieures, mais à l’oeuvre aussi dans notre foot d’élite.

        Tout le contraire de ce qu’on observait (et observe encore) au Sud du pays, où c’était (et reste) au mieux chacun pour sa gueule………et au pire se mettre des bâtons dans les roues.. A cet égard, le Standard n’a pas toujours été tout blanc dans l’affaire, c’était le grand club du Sud, incontesté et incontestable..et il entendait bien le rester. Alors certes, son hinterland naturel, pour des raisons historiques, était en fait l’Est du pays (le vivier limbourgeois, un des plus féconds du pays, était sa chasse-gardée)……..mais il ne voyait pas d’un mauvais oeil que la Wallonie aussi soit sa chasse-gardée, souvenir ainsi d’une fin de saison où, alors que le titre lui était déjà acquis, il se fendit d’une invraisemblable et spectaculaire erreur administrative pour perdre sur tapis vert..et assurer à son opposant flamand du jour les points nécessaires à son sauvetage..ce qui entraînait mécaniquement la descente en D2 du Sporting Charleroi (ce qui arrangeait bien les vues à long terme du Standard), bref : solidarité au Nord..et sabotages dans les rapports entre clubs du Sud, c’est typique et Charleroi n’aura pas été en reste (plutôt que de s’allier avec le Standard au niveau de la fédération, de sorte d’y faire vaille que vaille peser le foot wallon, Charleroi a toujours privilégié de rouler tantôt pour le FC Bruges, tantôt pour le Sporting Anderlecht).

        Au niveau de la fédération : cette durable impossibilité wallonne à faire front commun n’a fait que creuser le rapport de forces institutionnel à l’avantage du Nord. Ce qui se ressent parfois au niveau de l’arbitrage, c’est parfois criant, et ce sans compter que certains arbitres du Nord sont parfois ouvertement flamingands ( = identitaires +/- enragés).

        Mais ce n’est pas tout.

        Il y eut aussi davantage de ressources financières au Nord à compter des années 60, quand la dynamique économique opéra un revirement à 180° au bénéfice de cette région du pays. C’est à cette époque que bon nombre de clubs francophones historiques (pas seulement wallons, donc : francophones bruxellois et wallons) disparaissent pour de bon (Verviers, Tilleur, Olympique Charleroi..) ou durablement (Union Saint-Gilloise) du foot d’élite belge.

        Enfin et sans le moins du monde vouloir les idéaliser : la gestion est généralement plus carrée au Nord du pays.

        Voilà les 3-4 points que je mettrais en avant pour expliquer cette sous-représentation du football wallon que tu observes, et qui n’a rien de fantasmatique, tu as tapé dans le mille.

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      3. Alexandre dit :

        Quant aux ressorts que je ne maîtrise pas, ben ils sont en lien avec le premier point abordé plus haut, cette solidarité (pas toujours, hein) entre clubs flamands, et dont l’on trouverait bien peu d’équivalents (pour ne pas dire rien) côté francophone..

        En fait c’est la profondeur de cette solidarité flamande que je ne suis pas certain de bien cerner, rien qu’un exemple : de très nombreux clubs flamands cédèrent à l’identitarisme, au nationalisme..voire au collaborationnisme, durant les deux Occupations, beaucoup intégrèrent avec certaine bonne volonté des cadres de compétition parallèles, parrainés par l’occupant et les mouvements nationalistes flamands.. Puis la flamandisation des noms de clubs flamands se poursuivit après la/les Libérations.. ==> Tout ça a participé (et participe encore?? c’est fort probable chez certains, voire beaucoup..) de certains réflexes disons têtus, hier aujourd’hui et possiblement demain..

        Ce n’est pas qu’un calcul d’ordre « politique », genre se soutenir pour peser au sein de la fédération et y défendre les intérêts de son football régional, non : il y a comme une lame de fond aussi, en dépit de rivalités certaines (mais souvent surtout personnelles, d’entre Présidents de clubs) on retrouve encore cela chez pas mal d’acteurs du foot flamand, durablement habités par cet élan souterrain, comme dressés à faire front commun contre la désormais très vieille et fantasmagorique domination des élites francophones – lesquelles donnèrent longtemps le « la » concernant les choses aussi de notre football.

        Communautarisme me paraît le terme approprié. Et il est efficace!

        En Wallonie par contre……………………………. Je l’avais évoqué dans ma série consacrée au FC Malines, le Standard fit beaucoup pour soutenir ce club quand il était au bord de la faillite, mais je ne l’ai jamais vu oeuvrer de la sorte pour le moindre club wallon, que du contraire. La conscience communautaire est aux antipodes, selon que tu émarges au Nord ou au Sud du pays. Et les formes dans lesquelles cela se traduit ne sont pas toujours des plus fairplay, euphémisme.. Les Flamands se soutiennent, au pire se ménagent, souvent se mobilisent au détriment de clubs wallons..et les Wallons s’évertuent à se tirer dans les pattes.

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      4. Alexandre dit :

        Comme s’il fallait appuyer mon dernier commentaire, de la profondeur psychologique de ces réflexes dans le chef des clubs flamands : beaucoup au Nord du pays réclament actuellement la tête de Rudy Garcia, car ils ne veulent pas d’un sélectionneur fédéral..francophone..

        Il a atteint ses objectifs, livre un travail de qualité, rien de rien à redire……………….mais c’est un francophone, il y a aussi comme du traumatisme derrière tout cela, et pauvre Rudy..

        Edit : préciser qu’il y a déjà eu l’un ou l’autre sélectionneurs wallons acceptés au Nord du pays, je pense immédiatement à Robert Waseige…………………mais sa maîtrise de la langue néerlandaise était remarquable, ça compte vachement pour les Flamands, éh.. Ne pas s’imaginer que ce soient d’horribles fachos, que sais-je.. Non : simplement attachés à être culturellement respectés, vieux traumatisme et complexe obligent, que n’ont-ils il est vrai été longtemps tenus pour de dispensables bouseux………… Garcia est en train d’en faire les frais.

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      5. Alexandre dit :

        Sur le même sujet, la faiblesse de te suggérer ceci, Belo : ça dit pas mal de choses de leur psyché, pour le meilleur et pour le pire.

        https://www.pinte2foot.com/article/lectures-2-foot-episode-13-le-pere

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      6. belo_dedici dit :

        Merci Alex pour toutes ces infos ! Je ne connais pas assez bien l’histoire de la Belgique mais je peux comprendre le mouvement culturel et politique flamand. A la création du pays , ils (les bouseux et leur langue) ont pour le moins été mis de côté, puis la domination économique wallonne n’a pas aidé. … Cela n’excuse pas les dérives qu’il y a pu avoir autour du nationalisme flamand. La Belgique est complexe et je me garderais bien de porter un jugement sur l’un ou l’autre. Et, depuis la France, on peut avoir un regard biaisé.

        En tout cas, ça apporte du « sous texte » pour comprendre votre championnat. Pas inintéressant de voir les traductions spatiales de tout ça. Je pense à l’Italie, au Brésil, à l’Allemagne, etc, où on retrouve aussi des disparités géographiques.

        Me trouve en ce moment à Charleville et m’apprête à remonter la Meuse en vélo vers Dinant / Namur ou à descendre vers Arlon / LXB……je me tâte …. pas de risque de croiser une équipe de proleague.

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      7. Alexandre dit :

        Depuis Monthermé, j’ai fait les deux options à vélo : soit la Haute-Meuse jusqu’à Dinant, via Fumay, Givet, Hastière et ses châteaux ; petites villes qui valent bien de s’y attarder une heure ou deux, prendre son temps..soit remonter la Semois (ce qui serait plus rude, tu n’y longes pas toujours la rivière). Les deux valent le coup, un faible peut-être pour la première option personnellement?? Même pas sûr, c’était sympa des deux côtés, et bon périple en tout cas!

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      8. Alexandre dit :

        Si tu vas à Bouillon, attention que j’y ai croisé Francis Lalanne il n’y a pas bien longtemps, il avait un club de football dans le coin 😉

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      9. Alexandre dit :

        Ben voilà, Rudy Garcia ne sera pas reconduit alors qu’il avait atteint absolument tous ses objectifs et rendu du peps et une consistance à cette sélection, c’est lamentable..

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    2. belo_dedici dit :

      Bouillon c’est aussi le fief de Philippe Albert, je crois. Un de vos tout meilleurs…

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  8. Alexandre dit :

    Yep, Philippe Albert, Bouillon.. J’en avais parlé ici :

    https://www.pinte2foot.com/article/il-etait-un-stade-une-fois-3-3-la-wallonie

    Il était vraiment très fort Albert, l’un ou l’autre (non moi) lui avaient donné des points pour le top défenseurs, et de fait il méritait au moins une mention.

    Mais bref : où es-tu allé en définitive? La Semois vers Bouillon, ou la Haute-Meuse vers Dinant? 🙂

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  9. belo_dedici dit :

    Dinant. J’y suis encore. Très apaisant de pédaler dans cette partie de la Meuse ! Je verrai en fonction du vent pour la suite.
    J’aimerais faire les Ardennes à l’automne, ça doit être joli.

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    1. Alexandre dit :

      Y a de jolis coins..mais saturés, car c’est au final assez peu de surface pour absorber les flux de touristes belges, et surtout néerlandais, en manque de relief et de forêts. Les plus beaux coins sont la vallée de la Semois ou dans ma région, entre Spa et l’Allemagne (si tu es à vélo, la Vennbahn est vraiment bien).

      Pour tout dire : j’en vis aux portes..mais je préfère me taper une heure de route pour aller dans l’Eifel, juste à la frontière, une des plus belles régions d’Allemagne : plus joli et plus civilisé. Avec une culture-nature plus prononcée.

      Ceci dit, là où tu es c’est vraiment chouette, et l’arrière-pays de Dinant vaut le coup d’oeil aussi, un des plus beaux coins de Belgique. Mais alors surtout en rive droite (Vêves, vallée de la Lesse, Crupet, Spontin..). Rive gauche : la vallée du Viroin vaut le détour (Fondry des chiens, Nismes, Vierves-sur-Viroin.. ==> endroit préservé, jamais regretté d’y planter ma tente – en général sur des terrains de foot 😉 ).

      Je n’oublie pas le Nord du Luxembourg! : toute la ligne courant de Esch-sur-Sûre à la « petite Suisse » luxembourgeoise, via Bourscheid et Vianden, est formidable. Mais chéro, plutôt hermétique, et alors la bouffe pouillouille…………

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