Coupe du monde de toutes les contestations, symbole de l'injustice et du trucage des résultats, la Coupe du monde 1934 méritait un autre dénouement...
Imaginons. Imaginons que, peu avant la Coupe du monde 1934, la FIFA interdît à un joueur de jouer pour une autre équipe nationale que celle avec laquelle il avait déjà été sélectionné. Ainsi les Sud-Américains ne se firent pas piller, notamment par l’Italie, et acceptèrent d’envoyer sur le Vieux Continent leurs meilleurs joueurs. Imaginons donc Luis MONTI, Raimundo ORSI, Enrique GUAITA, Atilio DEMARIA sous le maillot argentin, Filo GUARISI sous celui du Brésil… Imaginons encore que, après maintes hésitations, les fédérations britanniques se fussent réconciliées avec la FIFA et acceptassent de participer. Imaginons.
Organisée en Italie, cette Coupe du monde idéale verrait donc se rencontrer les 16 meilleurs équipes du monde à cette époque : ITALIE, TCHECOSLOVAQUIE, ECOSSE, ANGLETERRE, ESPAGNE, AUTRICHE, HONGRIE, ALLEMAGNE, BRESIL, PAYS-BAS, BELGIQUE, FRANCE, SUISSE, URUGUAY, SUEDE, ARGENTINE.
Le format choisi resterait celui par élimination directe, 8èmes de finale, quarts de finale, demi-finales et finale. Le tirage au sort désignerait dès lors les oppositions suivantes : ITALIE-PAYS-BAS ; TCHECOSLOVAQUIE-ECOSSE ; ALLEMAGNE-BELGIQUE ; AUTRICHE-FRANCE ; ESPAGNE-BRESIL ; SUISSE-URUGUAY ; SUEDE-ARGENTINE ; HONGRIE-ANGLETERRE.
Le sélectionneur Vittorio POZZO, orphelin de ses oriundi, dut donc recomposer son équipe de départ : Luis MONTI, joueur très technique et bien trop romantique, fut remplacé par Fulvio BERNARDINI alors que Carlo REGUZZONI de Bologne, où il avait l’habitude jouer avec Angelo SCHIAVIO, pallia l’absence de Raimundo ORSI. REGUZZONI était alors un des meilleurs ailiers gauches du football italien, mais il avait été suspendu car soupçonné d’antifascisme. La nécessité faisant loi…
L’Italie se présentait donc ainsi : 1) Gianpiero COMBI ; 2) Eraldo MONZEGLIO ; 3) Luigi ALLEMANDI ; 4) Mario PIZZIOLO ; 5) Fulvio BERNARDINI ; 6) Luigi BERTOLINI ; 7) Raffaele COSTANTINO ; 8) Giuseppe MEAZZA ; 9) Angelo SCHIAVIO ; 10) Giovanni FERRARI ; 11) Carlo REGUZZONI.
En face, les Pays-Bas alignaient : 1) Gejus VAN DER MEULEN ; 2) Mauk WEBER ; 3) Sjef VAN RUN ; 4) Henk PELLIKAAN ; 5) Wim ANDERIESEN ; 6) Puck VAN HEEL ; 7) Frank WELS ; 8) Leen VENTE ; 9) Bep BAKHUYS ; 10) Kick SMIT ; 11) Joop VAN NELLEN
Si l’équipe d’Italie est largement favorite, les Pays-Bas possèdent de grands joueurs comme le capitaine VAN HEEL au milieu, ou les avants SMIT et BAKHUYS. Dès le début du match, l’Italie prend le dessus grâce à son demi BERNARDINI qui organise le jeu avec MEAZZA et FERRARI. L’Italie marque rapidement par SCHIAVIO, suite à un centre millimétré de REGUZZONI sur son aile.
L’Italie domine nettement et marque trois autres buts, par MEAZZA sur une reprise de volée, un autre par REGUZZONI d’un tir fracassant sous la barre et le dernier de nouveau par SCHIAVIO. Résultat du match : 4 à 0 pour l’Italie, il n’y a pas eu match. L’Italie a été séduisante grâce à son entrejeu très technique, surtout BERNARDINI et MEAZZA qui furent les maîtres du terrain. Cela promettait pour la suite. Et nous ne fûmes pas déçus…

Ce fut un match très indécis avec deux belles équipes. Les Tchécoslovaques s’appuyaient notamment sur le talent d’Oldrich NEJEDLY, Antonin PUC ou Frantisek SVOBODA. Côté écossais, Hughie GALACHER, Jimmy McGRORY et Bob McPHAIL pouvaient espérer emporter la décision.
L’Ecosse domina le début du match et marqua très rapidement par GALACHER sur une passe en profondeur de McPHAIL. Mais la Tchécoslovaquie réagit et égalisa par NEJEDLY. Le match resta très serré, chaque équipe attaquant à tour de rôle.
Finalement, à la 88ème minute, une attaque de PUC sur son aile gauche prit tout le monde de vitesse et l’attaquant adressa un centre précis sur la tête de SVOBODA qui marqua. La Tchécoslovaquie acquit ainsi la victoire de justesse, tant le match fut âpre et indécis jusqu’à la fin.
A côté d’Otto SIFFLING, Fritz SZEPAN et Paul JANES, Otto NERZ s’était enfin décidé à sélectionner Ernst KUZORRA pour cette Coupe du monde. En face, la Belgique disposait de son meilleur joueur Raymond BRAINE, ainsi que Jean CAPELLE et Bernard VOORHOOF.
Malgré un très bon BRAINE, l’Allemagne domina nettement grâce à la classe de KUZORRA qui marqua trois buts. Le tandem SZEPAN-KUZORRA fit des merveilles tout le long du match, qui se termina sur le score de 3 à 0 pour l’Allemagne.
Ce fut un match déséquilibré car l’Autriche se présenta avec ses meilleurs joueurs, dont le fameux Matthias SINDELAR, le meilleur joueur du monde en 1934, le gardien Rudi HIDEN qui jouait alors en France mais revint pour la Coupe du monde, enfin Walter NAUSCH et Adi VOGL remis de leurs blessures.
L’Autriche domina nettement et l’emporta 4 à 0 contre la France. Il n’y a pas eu match, tant l’Autriche a eu une multitude d’occasions et aurait pu l’emporter encore plus largement.
L’Espagne avait une super défense, avec Ricardo ZAMORA, CIRIACO et Jacinto QUINCOCES, et de grands attaquants comme Pepe SAMITIER, Luis REGUEIRO, Isidro LANGARA et Guillermo GOROSTIZA.
Le Brésil vint avec ses meilleurs joueurs : Domingos DA GUIA, LEONIDAS, FEITICO, PETRONILHO, Romeu PELLICCIARI, FAUSTO. Les meilleurs clubs brésiliens avaient en effet accepté de libérer leurs meilleurs joueurs. PETRONILHO, la merveille noire alors en Argentine à San Lorenzo, était le meilleur buteur de cette sélection.
Le Brésil domina le match grâce à PELLICCIARI, LEONIDAS et PETRONILHO qui attaquèrent à tout va. Mais le gardien espagnol ZAMORA arrêta tout et CIRIACO et QUINCOCES en défense furent héroïques. Le score était toujours de 0 à 0 à l’issue des 90 minutes, et il fallut jouer les prolongations.
Malgré sa domination, le Brésil n’arriva pas à marquer et sur une contre-attaque de l’Espagne à la 120ème minute, SAMITIER lança GOROSTIZA sur son aile qui s’en alla battre le gardien brésilien. L’Espagne l’emporta par un but à zéro, même si le Brésil méritait de l’emporter mais ZAMORA fit encore des merveilles : il arrêta tout et c’est pour cela qu’il était un des meilleurs gardiens au monde.

L’Uruguay vint défendre son titre. Et si elle n’avait plus José ANDRADE et Hector SCARONE, elle avait un nouveau grand joueur en la personne de Anibal CIOCCA, le nouveau prince de l’équipe d’Uruguay. De plus, l’Uruguay avait conservé sa défense de 1930 : José NASAZZI, Ernesto MASCHERONI, Alvaro GESTIDO et Lorenzo FERNANDEZ.
Le onze complet de l’Uruguay : 1) Enrique BALLESTRERO ; 2) José NASAZZI ; 3) Ernesto MASCHERONI ; 4) Agenor MUNIZ ; 5) Lorenzo FERNANDEZ ; 6) Alvaro GESTIDO ; 7) Juan PIRIZ ; 8) Anibal CIOCCA ; 9) Hector CASTRO ; 10) Enrique FERNANDEZ ; 11) Braulio CASTRO.
De son côté, la Suisse comptait sur Trello ABEGGLEN pour faire la différence et sur son défenseur Severino MINELLI. Mais il n’y eut pas de match : l’Uruguay l’emporta par 5 à 0, deux buts de Hector CASTRO, deux de CIOCCA et un de Braulio CASTRO. L’avertissement était clair : il allait encore falloir compter sur l’Uruguay pour la suite de la compétition.
Pour cette Coupe du monde, l’Argentine avait pu récupérer Luis MONTI, Raimundo ORSI et Enrique GUAITA. Elle se présenta avec ses meilleurs joueurs et avait donc fière allure : 1) Fernando BELLO ; 2) Oscar TARRIO ; 3) Arturo SCARCELLA ; 4) José Maria MINELLA ; 5) Luis MONTI ; 6) Pedro SUAREZ ; 7) Carlos PEUCELLE ; 8) Francisco VARALLO ; 9) Bernabé FERREYRA ; 10) Antonio SASTRE ; 11) Raimundo ORSI.
En face, l’équipe de Suède ne disposait pas de grands joueurs. Elle fut donc battue par 6 à 0, il n’y eut pas de match. L’Argentine était bien trop forte, dans ce match il y eut quatre buts de Bernabé FERREYRA et deux de Raimundo ORSI. L’Argentine faisait donc figure de grande favorite pour cette Coupe du monde.
L’Angleterre se présenta avec tous ses grands joueurs : Dixie DEAN, Clliff BASTIN, Stanley MATTHEWS, Ted DRAKE, Tommy LAWTON, Wilf COPPING, Eddie HAPGOOD, Raich CARTER… La Hongrie se présentait avec Géza TOLDI, Istvan AVAR, Gyorgy SAROSI, Pal TITKOS, Gyula LAZAR…
Le match fut de toute beauté et l’Angleterre l’emporta par 3 buts à 2, avec trois buts de Dixie DEAN pour l’Angleterre et deux de Gyorgy SAROSI pour la Hongrie.
Les huit qualifiés pour les quarts de finale étant désormais connus, on procéda au tirage au sort qui donna les quatre confrontations suivantes : ALLEMAGNE-ARGENTINE ; AUTRICHE-ANGLETERRE ; ITALIE-ESPAGNE ; TCHECOSLOVAQUIE-URUGUAY.
RICHARD pour Pinte de foot