Top 10 – Vélez Sarsfield (1ère partie)

Pinte2foot vous propose un Top 10 all-time de Vélez Sarsfield totalement subjectif et qui n’est qu’un prétexte pour découvrir l’histoire d’un club considéré comme le « 6e grand » d’Argentine.

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Pourquoi un Top 10 Vélez Sarsfield ? Parce que le club de Liniers a conquis plus de titres nationaux dans l’ère professionnelle et autant de Copa Libertadores qu’une institution comme le Racing Club. Parce qu’il s’agit de la maison de Carlos Bianchi, n’en déplaise aux Xeneizes. Parce que, ce nom, Vélez Sarsfield, est le plus classieux d’Argentine. Alors plongeons-nous dans l’histoire des Fortineros à travers les portraits de ceux qui ont porté haut les couleurs de la V azulada.

10- Los Turcos : Omar Wehbe, Julio Asad, Omar Asad et les frères Husaín

Omar Wehbe et Daniel Willington en décembre 1968.

Wehbe, Asad, Mehmed[1], Husaín… des noms qui traduisent les origines arabes d’idoles velezanas ayant en commun un même surnom, Turco. Ils sont les descendants de Syriens, Palestiniens, Libanais arrivés en Argentine lors des vagues migratoires de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, quand le Levant était encore sous domination turque. Détenteurs de passeports ottomans à leur descente du bateau, ils avaient été administrativement recensés comme Turcs, une désignation générique qui s’est transmise à leurs enfants, petits-enfants etc… sans distinction quant à la diversité de leurs origines.

Le premier fameux Turco de Vélez s’appelle Omar Wehbe, un avant-centre filiforme formé au club dont la morphologie paraît inadaptée à la fréquentation des assommeurs peuplant les défenses argentines durant les années 1960. Goleador[2] d’une équipe montant en puissance depuis plusieurs saisons, Wehbe se montre décisif lors de la conquête du premier titre majeur de la V azulada, le Nacional 1968. Receveur principal des offrandes du meneur Daniel Willington, il réalise un triplé contre le Racing Club (victoire 4-2) sur des actions initiées par le maestro et assure le sacre velezano. Un genou récalcitrant le contraint à raccrocher à 27 ans seulement alors que la hinchada de Vélez se console déjà avec Carlos Bianchi.

Julio Asad et Miguel Ángel Puppo.
Avec l’Albiceleste de Menotti, devant le capitaine Carrascosa en 1975.

Un second Turco prend le relai de Wehbe dès 1971, Julio Asad. Inlassable milieu de terrain, aussi fort défensivement qu’offensivement, il incarne la quintessence du cinco argentin. Velezano depuis l’âge de 12 ans, une anecdote décrit ce qu’il est : « On jouait notre petit match pendant la première mi-temps d’un Vélez-River dans un stade plein à craquer quand, sur une action, je suis tombé et j’ai vu un autre gamin arriver pour tirer ; alors, toujours au sol, j’ai fait une tête et j’ai dégagé le ballon de justesse, mais j’ai reçu un coup de pied en pleine tête. J’avais terriblement mal, mais j’ai continué à jouer malgré tout. » Chien fou à ses débuts, pénalisé par un sang trop chaud, il évolue par intermittence et assiste depuis le banc à l’effondrement fortino dans le final du Metropolitano 1971. Le jeune Turco trouve son mentor en Osvaldo Zubeldía, coach de Vélez en 1972 et 1973. El Zorro lui enseigne la discipline tactique, le calme, la maitrise de ses émotions, des qualités qui lui ouvrent les portes de la sélection en 1975. Handicapé par les blessures durant les deux saisons suivantes, l’espoir de disputer la Coupe du monde 1978 s’envole. Son genou ne le laisse jamais plus en paix et l’oblige à renoncer au football à 27 ans, le même âge qu’Omar Wehbe.

Deux avant-centres, deux styles différents.

Lui succède à partir de 1992 El Turquito Asad, le neveu de Julio. Son histoire est celle d’un joueur de quartier quelconque devenu professionnel à force d’obstination. Vélez Sarsfield lui donne sa chance en 1990, Roberto Mariani le lance en équipe première fin 1992 mais ce sont Carlos Bianchi et son préparateur Julio Santella qui vont changer sa destinée. Avec El Turu Flores, un enfant de Vélez court sur pattes à la gestuelle remarquable, ils composent le duo d’attaque de tous les triomphes nationaux et internationaux. Bien sûr, El Turquito n’a pas les qualités techniques de Flores mais sa silhouette trapue, compacte, et son goût pour le combat épuisent les défenses adverses. Buteur peu prolifique, il se signale par des réalisations essentielles dans la conquête de la Copa Libertadores 1994 arrachée au grand São Paulo FC de Telê Santana et dans la victoire en Coupe Intercontinentale face à l’AC Milan de Fabio Capello. Puis la malédiction des Turcos de Vélez le rattrape : ligaments du genou rompus dans un choc avec le gardien de Ferro Carril Oeste en 1995, il met fin à sa carrière deux ans plus tard alors qu’il n’a que 26 ans.

Claudio Husain dans Top chef.

Quand Omar Asad s’efface, Claudio et Darío Husaín prolongent la tradition des Turcos de Vélez. L’ainé, Claudio, participe en pointillé au succès en Libertadores 1994 avant de s’imposer au milieu de terrain (parfois en défense centrale). Dans un rôle de volante hyperactif au look d’Indien, il poursuit la moisson de titre internationaux de Vélez (notamment la Supercopa sudamericana) alors qu’Osvaldo Piazza a succédé à Bianchi en juin 1996. Son frère Darío profite du départ de Turu Flores et de la blessure d’Omar Asad pour grapiller du temps de jeu en pointe. Ensemble, et sous la direction de Marcelo Bielsa[3], ils s’imposent dans le Championnat Clausura 1998, le quatrième titre national de la décennie dorée de Vélez.

9- José Luis Boffi

Maillot de Vélez avec un V qui n’est pas celui le plus utilisé à l’époque. Le club joue fréquemment avec un maillot rayé vert, blanc, rouge, et ce jusque dans les années 1930 et l’apparition de la V azulada.

Le Club Atlético Argentino Vélez Sarsfield voit le jour en 1910[4], quelques années après celui qui va devenir son adversaire endémique dans le Clásico del Oeste, le Club Ferro Carril Oeste, La référence identitaire témoigne d’une volonté de rompre avec la prééminence anglaise qu’incarne Ferro – fondé par des cheminots britanniques – tout en inscrivant le club dans son quartier d’origine, Vélez Sarsfield[5] désignant la principale gare de la compagnie Ferrocarril Oeste de Buenos Aires.

La gare de Vélez Sarsfield où fut fondé le club.

Né à la fin du 19e siècle à Villa Luro, à proximité immédiate de la station Vélez Sarsfield, José Luis Boffi apparaît en équipe première en 1917 alors que le club évolue en seconde division. Il se fait immédiatement remarquer en contribuant à l’écrasante domination de Vélez dans sa poule. Battus sur le fil lors du barrage d’accession, les Velezanos font irruption en première division en 1919 grâce à la création d’une ligue dissidente résolument attachée à l’amateurisme. Independiente, Racing Club, River Plate, San Lorenzo, Vélez Sarsfield et d’autres encore adhèrent à l’Asociación Amateurs de Football (AAM) organisatrice d’un championnat parallèle jusqu’en 1926, année de la réunification avec l’Asociación Argentina de Football (AAF et future AFA) à laquelle sont affiliés Boca Juniors, Huracán ou Estudiantes. Second derrière le Racing en 1919, Vélez se singularise par l’imperméabilité de sa défense, surnommée la Gran Muralla, dont José Luis Boffi est la pièce maitresse. Milieu axial, il tient un rôle de pivot entre la défense et l’attaque, ce que l’on appelle alors un centrojás, le futur cinco ou volante aux fonctions élargies en Amérique du Sud.

Caractériel, combatif, fidèle, Boffi rassemble sur sa seule personne toute l’imagerie véhiculée par Vélez au fil du temps. Sa participation à des rixes et ses excès d’engagement lui valent de fréquentes exclusions et un statut d’idole auprès des supporters. En mars 1924, il foule en tant que capitaine la pelouse du tout nouveau stade de Villa Luro – le futur Fortín dans sa version initiale – édifié sur un terrain loué par le très jeune président José Amalfitani.

Villa Luro en 1924.

La personnalité et le sens du jeu de Boffi lui valent la reconnaissance internationale en 1921. Avec une sélection de l’AAM, il affronte le Chili à Viña del Mar en compagnie de quelques cracks, dont Manuel Seoane, le probable meilleur joueur argentin de l’entre-deux guerres. Face à eux, quelques légendes de la Roja, tels Ulises Poirier ou Ramón Unzaga, auquel est attribuée la paternité de la chilena, le retourné acrobatique. La victoire 4-1 de l’Albiceleste n’a malheureusement aucune valeur officielle, l’AAM n’étant pas reconnue par la FIFA. Pour Boffi, il s’agit d’un premier contact avec le Chili où il construit par la suite une partie de sa renommée en tant que joueur d’Everton puis en qualité d’entraineur à partir des années 1940.

Mais durant toute les années 1930, c’est à la tête de Vélez qu’œuvre José Luis Boffi. Premier entraineur officiel du club, il a sous ses ordres son digne successeur, Victorio Spinetto, dont nous reparlerons immanquablement dans les portraits à venir.

8- Fabián Cubero

Monsieur…

Fabián Cubero doit-il sa renommée à ses conquêtes avec Vélez Sarsfield ou à un autre genre de trophée, en l’occurrence le mannequin Nicole Neumann, une poupée blonde omniprésente sur les plateaux TV argentins ? La question demeure sans réponse mais notons toutefois que le footballeur a montré plus d’attachement à Vélez – de 1996 à 2019, 633 matchs avec El Fortín, un record – qu’à Nicole, leur mariage ayant pris fin en 2018 après une douzaine d’années de vie commune.

Madame.

Milieu défensif du CA Kimberley de Mar del Plata – célèbre dans l’Hexagone depuis que l’Equipe de France a porté son maillot rayé vert et blanc lors du match France-Hongrie en 1978 – Cubero n’a que 16 ans quand il attire l’attention de José Pékerman alors en pleine préparation de la Coupe du monde des moins de 17 ans. Cette reconnaissance lui permet d’intégrer le Club Renato Cesarini de Rosario, une des meilleures écoles de football du pays. En 1997, toujours sous les ordres de Pékerman, il s’empare du titre mondial des moins de 20 ans en compagnie de Juan Román Riquelme, Esteban Cambiasso, Lionel Scaloni, Pablo Aimar, Walter Samuel…

Entretemps, Carlos Bianchi et son adjoint Julio Santella l’ont enrôlé pour préparer l’avenir d’une V azulada déjà résignée au prochain départ d’El Virrey. Poroto Cubero gagne définitivement ses galons de titulaire à l’arrivée de Marcelo Bielsa avec lequel il remporte le championnat clausura 1998 en tant que cinco. N’imaginez pas un profil à la Redondo, classieux et complet : Cubero excelle avant tout à la récupération et dispute chaque ballon comme si sa vie en dépendait, un style dont raffole le public d’El Fortín. Repositionné arrière ou milieu droit, il garnit son palmarès de cinq autres titres domestiques au tournant des années 2010, l’ère du coaching de Ricardo Gareca étant particulièrement faste. Un tableau que l’on qualifierait de parfait si Vélez avait réussi à s’imposer au-delà de ses frontières, l’échec sur pénalty de Santiago Silva lors du money time de la demi-finale de Copa Libertadores 2011 frustrant Cubero d’un trophée qu’il avait imaginé brandir comme Roberto Trotta en 1994.

Caravane du centenaire dans les rues menant de Vélez à Liniers.
Grande soirée du centenaire au stade Amalfitani.

Ces années de gloire coïncident avec les célébrations organisées pour le centenaire de Vélez. Le premier événement a lieu le 1er janvier 2010 avec la Caravana del centenario, un pèlerinage menant 70 mille Fortineros de la gare Floresta – l’ex-station Vélez Sarsfield où trois jeunes hommes avaient décidé de créer un nouveau club un siècle auparavant – au stade José Amalfitani. Et puis, en septembre, ceux ayant écrit l’histoire de Vélez reçoivent les honneurs de 40 mille spectateurs durant une nuit de fête. Toutes les générations sont là : El Negro Huss, fringant octogénaire vice-champion en 1953, El Turco Wehbe, un des défricheurs sacrés en 1968, José Luis Chilavert entouré des héros de 1994 et bien sûr les membres de l’équipe actuelle. Capitaine en exercice de Vélez, Fabián Cubero obtient une longue ovation qui se transforme en triomphe romain quand apparaissent à ses côtés sa fille et Nicole Neumann, vêtue du maillot doré du centenaire tendu par un joli ventre rond.

7- Norberto Conde

Petit Beto, grand Conde.

En décembre 1951 et en janvier 1952, Vélez Sarsfield effectue un long périple au Brésil, dans le Nordeste et à São Paulo. Au cours d’une tournée particulièrement réussie (huit succès, un nul), l’entraineur Spinetto lance un attaquant juvénile précédé par un nez long et aquilin : Norberto Beto Conde. Auteur du but victorieux contre le Palmeiras de Juvenal et Jair au Parque Antárctica, Conde entre dans le monde professionnel par la grande porte.

Ailier formé au club, Beto Conde met à profit sa légèreté et sa technique pour s’évader de la prison que constitue le couloir droit. Pour beaucoup, Conde incarne le football de la rue, qu’aucune école ne peut enseigner. Ceux qui l’ont vu évoluer s’accordent à dire qu’il est difficile de définir avec précision son poste préférentiel. Dans une vidéo de 1994, Conde lui-même reconnaît ne pas savoir : « je me suis senti à l’aise dans toutes les équipes et à tous les postes où j’ai joué, j’ai eu la chance de m’adapter avec beaucoup de facilité à tous les postes, 7, 8, 9 ou 10, ou 11, ou 5, ou 4. » Inter droit (numéro 8) la plupart du temps, il se projette avec aisance au cœur de la surface et inscrit de nombreux buts de la tête malgré sa taille modeste. Aux côtés d’El Duque Juan José Ferraro, El Negro Huss et Ernesto Sansone, il connait ses meilleures années en 1953 (Vélez vice-champion) et 1954 (meilleur goleador 1954 ex-aequo avec José Borello de Boca et Angel Berni de San Lorenzo). 

Oscar Huss, légende défensive de Vélez, et partenaire de Beto Conde.

International à partir de 1955, il fait partie de l’Albiceleste sacrée dans le Sudaméricano 1955 au cours duquel il fait une apparition expresse sur la pelouse du stade Nacional de Santiago de Chile. Alors que l’Argentine mène 5-1 contre l’Uruguay, il remplace Ángel Labruna blessé et ressort deux minutes plus tard. Un laps de temps durant lequel Conde s’approche du champion du monde Matías González, lui demande « alors, comment se passe le match ? » en ajustant son short, une funeste erreur puisqu’il ne voit pas venir le direct à la mâchoire qui l’allonge pour le compte. Conde connaît son heure de gloire l’année suivante au Monumental quand il trompe Giovanni Viola, le gardien de la Nazionale (victoire argentine 1-0), une rencontre n’ayant rien d’amicale contre les cousins italiens.

Le but victorieux contre l’Italie.

Souvent annoncé partant chez un des « cinq grands » du football argentin, Beto Conde demeure velezano jusqu’à la fin du championnat 1959 au cours duquel il inscrit encore 17 buts. Une saison à Huracán, trois à Atlanta et une à Ferro précèdent son retour à Vélez où il encadre la génération montante, celle qui fera mieux que lui et Ferraro en conquérant le Nacional 1968.

6- Miguel Marín

Gol de Vélez, Marin exulte face au public.

Le 6 juin 1981, sous une pluie battante, plus de 100 mille personnes investissent le majestueux stade Azteca de Mexico. Elles sont venues assister aux adieux de José Miguel Marín, gardien de Cruz Azul depuis 10 ans, vainqueur de cinq Championnats mexicains et une Coupe des champions de la Concacaf. La cérémonie idolâtre s’achève par un coup d’envoi fictif : du rond central, un joueur adresse le ballon à Superman Marín. Celui-ci s’en empare, trottine en direction de Ricardo Ferrero, son successeur, et lui remet la boule de cuir. Les deux gardiens argentins s’étreignent, les reporters se précipitent sur la pelouse détrempée pour figer l’instant avant que le héros du jour ne quitte l’aire de jeu. A ce moment, qui se souvient que l’immense carrière de Miguel Marín a débuté sous les couleurs de Vélez Sarsfield ?

Marín s’extrait d’une enfance miséreuse en étant repéré à 14 ans par un recruteur-placeur itinérant, un de ces intermédiaires free-lance misant sur son flair et son entregent pour gagner sa vie. Victorio Spinetto, jamais bien loin d’El Fortín, sent la bonne affaire et lui ouvre les portes de la cantera velezana en 1960. El Duque Ferraro titularise Marín en championnat en 1964, à 19 ans, à l’occasion d’une blessure de Rogelio Domínguez. Mis en concurrence, l’ancien gardien du Real Madrid s’incline face à la jeunesse de Marín dès la saison suivante. La souplesse et les réflexes naturels d’El Gato bonifient un jeu qualifié de moderne, fait de sorties kamikazes dans les pieds adverses, d’initiatives loin de sa surface et de relances aventureuses, suivant en cela les traces de son modèle Amadeo Carrizo.

Avec Luis Gregorio Gallo, son équipier, et Amadeo Carrizo.

Malgré les incessants changements de techniciens, Vélez monte en puissance au fur et à mesure que l’effectif gagne en maturité. Manuel Giúdice, un entraineur connaissant les recettes du succès, assemble les ingrédients un à un et, par on ne sait quelle alchimie, produit une équipe championne du Nacional 1968 : un coup de pouce arbitral lors du play-off décisif[6], une défense organisée autour d’un sosie de catcheur, Iselín Santos Ovejero, un maestro indolent à la direction du jeu, Daniel Willington, un goleador rachitique, Omar Wehbe, un espoir à la technique douteuse, Carlos Bianchi, et bien sûr un chat pour protéger les cages velezanas, Miguel Marín.

Dans El Gráfico, Carlos Fontanarrosa tombe sous le charme d’El Fortín : « qualifier Vélez Sarsfield de « petit club » est absurde. Il suffit d’y aller, de s’y promener, et de constater ce qu’est une véritable institution (avec un grand I), nichée au cœur du quartier populaire du même nom, dont l’influence s’étend bien au-delà, englobant, à une légère erreur de calcul près, Flores, Villa Luro, Devoto, Versalles, Liniers, Ciudadela, Ramos Mejía, et même Haedo. Le Club Atlético Vélez Sarsfield est l’une des plus grandes institutions sportives du pays. » Mésestimé jusqu’alors, El Fortín change de dimension et ses joueurs avec lui. Marín lutte avec Miguel Ángel Santoro et Agustín Cejas pour garder les filets de l’Albiceleste alors que Carlos Bianchi connait ses premières sélections[7]. Vélez et Marín auraient conquis un second championnat, le Metropolitano 1971, sans un invraisemblable effondrement lors des deux dernières journées.

Contre River en 1968.

Miguel Marín n’a pas l’occasion de se racheter. Venus observer Santoro avec Independiente, les émissaires de Cruz Azul jettent leur dévolu sur le gardien de Vélez mais aussi sur son avant-centre, Carlos Bianchi. Un an après Daniel Willington parti aux Tiburones Rojos de Veracruz, Marín s’envole pour Mexico en décembre 1971, un voyage sans retour[8]. El Gato y devient Superman, un héros aux superpouvoirs que beaucoup considèrent aujourd’hui encore comme le meilleur gardien ayant évolué au Mexique.  

A suivre…


[1] Le défenseur El Turco Omar Mehmed débute en 1975 à 18 ans aux côtés de Julio Asad. Il reste à Vélez jusqu’en 1981.

[2] Wehbe est le meilleur buteur du Nacional 1968.

[3] Marcelo Bielsa sélectionne Claudio Husaín pour la Coupe du monde 2002 sans lui offrir de temps de jeu.

[4] Le Club Atlético Vélez Sarsfield prend son nom définitif en 1914.

[5] La gare porte le nom de Dalmacio Vélez Sarsfield, auteur du Code civil argentin à la fin des années 1800.

[6] A égalités de points, River Plate, Racing et Vélez s’affrontent dans un tournoi à trois. Une victoire de River contre Vélez aurait offert le titre aux Millonarios mais l’arbitre oublie de siffler une main a priori évidente du défenseur Luis Gregorio Gallo (score final 1-1). En obtenant le nul suivi d’une victoire sur Racing, Vélez est sacré.

[7] Miguel Marín est le gardien de l’Argentine battue à domicile 3-4 par la France en janvier 1971. Carlos Bianchi entre en jeu en seconde mi-temps sans marquer.

[8] Miguel Marín meurt au Mexique d’une crise cardiaque en 1991 alors qu’il n’a que 46 ans.

21 commentaires pour "Top 10 – Vélez Sarsfield (1ère partie)"

  1. Khiadiatoulin dit :

    Miguel Marin… Un mec que je mettrais dans mon top 100 argentin. Comme tu le soulignes, c’est le meilleur gardien de l’histoire du championnat mexicain. Et sa génération de Cruz Azul des années 70 est la plus grande des Cementeros. Peu d’étrangers ont autant marqué le foot aztèque que lui.

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  2. bobbyschanno dit :

    Merci !
    Sans aucun doute le club argentin pour lequel j’ai le plus de sympathie, mais sans rien y connaître, à cause des trophées des années 90 : une équipe mystérieuse, au nom étrange, portée sur le toit d’un pays, d’un continent, du monde…
    Les noms de Claudio et Dario Husain m’évoquent quelque chose… Y a-t-il une tradition plus forte à Vélez Sarsfield que dans les autres clubs argentins à recruter des descendants de « Levantins » ?

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    1. Verano82 dit :

      Je n’ai rien trouvé justifiant ces lignées de Turcos à Liniers. Même le Turquito Asad arrive presque par hasard à Vélez malgré le passage de son oncle 20 avant lui.

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  3. Khiadiatoulin dit :

    Il était meneur Willington ? Toujours cru que c’était un 9.

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    1. Khiadiatoulin dit :

      Turu Flores participera aux belles années du Depor également.

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      1. ajde59 dit :

        Si, en lisant son nom j’ai pensé aussi au Depor.

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    2. Verano82 dit :

      Oui. Les 9 étaient Wehbe puis Bianchi.
      Et sinon, aucune idée sur le pourquoi du choix de l’Amalfitano pour les matchs de rugby.

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      1. Khiadiatoulin dit :

        C’était également le stade des Jaguares en Super rugby. Stade intermédiaire quoi.

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  4. Khiadiatoulin dit :

    Tu sais pourquoi le Fortin, comme le stade du Ferro en son temps, a été choisi par les Pumas ?

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  5. Khiadiatoulin dit :

    Angel Berni finira également meilleur buteur au Mexique.

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  6. Khiadiatoulin dit :

    De belles découvertes. Merci Verano.

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  7. modrobily dit :

    Bleu et blanc, scapulaire… c’est les Girondins de Bordeaux ! Chamakh sera-t-il dans le top ?

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    1. ajde59 dit :

      Vélez c’est pas trop la réputation de joueurs techniques, alors tous ces profils là ont une chance d’y être ! haha

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  8. ajde59 dit :

    Vélez, le « 6e grand », en terme de palmarès et supportérisme… et puis c’est vraiment le club de l’Ouest de BS AS. D’ailleurs j’ai déjà fait un passage dans le quartier de Liniers pour retrouver une amie bolivienne là bas, le barrio est devenu depuis des anénes le centre névralgique de la communauté bolivienne d’Argentine (la seconde en nombre après les Paraguayens), surtout des Boliviens des communautés andines quechuas et aymaras.

    Sinon perso, Vélez c’est un club que j’ai jamais aimé, nada ! Bianchi, Ferraro, Chilavert, Spinetto dans les 5 .. Il y a eu aussi Agustin Cosso au milieu des années 30, un excellent buteur et international qui s’est hissé parmi les meilleurs avant-centre du pays. Il ira passer une saison à Flamengo, à uen époque où les Argentins sont recrutés en masse au Brésil. Et Mauro Zarate, avant de flamber un peu à West Ham, avait conquis la hinchada de Liniers dans les années 2000

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  9. Dip dit :

    Vélez, ce club de bouseux

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  10. belo_dedici dit :

    Juste ce qu’il faut de sensualité, on reconnait la touche Verano………

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    1. Alexandre dit :

      Cubero, ce joueur qui avait moins d’arguments que sa madame, sacré Verano!

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  11. Alexandre dit :

    Plus sérieusement, avant que Velez n’explose durant ces 30 dernières années, parlait-on pour l’un ou l’autre d’un « 6ème » grand d’Argentine?

    Estudiantes, on ne leur a jamais rien prêté de tel, par exemple? Et Newell’s??

    Mais je présume que c’est récent, cette histoire.. Un gadget de l’ingénierie journalistique?

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    1. ajde59 dit :

      Des le depart de l usage de cette classification (les années 1930) ,Huracán se revendiquait le 6e. Ritournelle du football argentin que le « sexto grande »

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      1. Alexandre dit :

        Le foot argentin avait déjà décrété quelque quintette royal dès les années 30??

        Ceci dit, à te lire (merci!), je me demande si tu n’avais pas déjà expliqué cela – auquel cas mes excuses pour la redite.

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      2. ajde59 dit :

        oui j avais laissé un commentaire ou alors dans un article une mention sur l’origine des cinco grandes qui date du milieu des annnées 30, du pourquoi, mais retrouver ça dans les archives, bon.

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