Top 20 : footballeurs des Alpes françaises (2)

Ils descendent la montagne en crampons. Issus d’un monde où l’on n’existe pas sans skis aux pieds, ils ont bien souvent quitté leur(s) refuge(s) alpin(s) pour jouer au football. Voici un top garanti sans crétins. Aujourd’hui, les joueurs offensifs.

Europe Les Tops

Jean-Philippe Séchet – milieu offensif

Né à La Tronche, à deux pas de Grenoble, il a fait ses premiers pas sur un terrain de football à Echirolles, avant de rejoindre le FC Grenoble en 1983. Il y évoluera jusqu’à la fin de la décennie, facturant près de 150 matchs au total. Il poursuit sa carrière dans les années 90, passant notamment par Metz, le PSG (où il remporte la Coupe de France et la Coupe de la Ligue en 1995) ou l’AS Saint-Etienne. Le tout avant une pige à Sarrebruck.

René Gardien – ailier

Formé à Chambéry, il découvre le monde professionnel à Sochaux en 1947. C’est avec les Lionceaux qu’il vit les meilleurs moments de sa carrière, atteignant la finale de la Coupe de France en 1959. Il dispute plus de 400 matchs en jaune et bleu (372 matchs de Division 1) en 12 années passées au club. Une longévité qui le fait figurer parmi les légendes du club et qui lui permet de se hisser à la deuxième place des meilleurs buteurs de l’histoire du FC Sochaux, derrière l’intouchable Roger Courtois.

Les belles performances de Gardien à Sochaux lui entrouvrent même les portes de l’équipe de France. Entrouvrent seulement, car elles se refermeront malheureusement bien vite. S’il marque dès sa première sélection en 1953, lors d’un match amical contre le Pays de Galles (victoire 6-1), sa deuxième sélection quelques semaines plus tard (un autre amical, perdu 1-0 contre la Suède) sera la dernière. Il laisse Kopa et les siens disputer les qualifications pour la Coupe du monde 1954 et n’enfilera plus jamais le maillot bleu.

Frédéric Fouret – attaquant

Né à Thonon-les-Bains, il achève sa formation à l’Olympique Lyonnais. Ses débuts sont prometteurs, mais il est bien vite barré par une autre étoile montante, Florian Maurice. Dans ces années qui précèdent la Coupe du monde 1998, l’OL monte peu à peu en puissance et les places en attaque se font rares. Fouret termine la décennie en enchaînant les prêts (Châteauroux, Nîmes), avant de prendre le large et de rejoindre Nancy.

Il y passe quatre saisons, porte parfois le brassard de capitaine, puis poursuit sa carrière dans un tour de France un peu précipité, entre Ligue 2 et National. Valence, Clermont, Le Havre, Gueugnon, puis Cannes l’accueillent tour à tour, jamais plus d’une saison.

Fabrice Fiorèse – attaquant

Tout le monde se souvient de son retour au Parc des Princes, le maillot de l’OM sur le dos. Fiorèse, fraîchement transféré de la capitale où son transfert a du mal à passer auprès des supporters. Il faut dire que prolonger son contrat trois semaines avant de signer chez un rival… Un transfert qu’il sera le premier à regretter, étant mal accueilli par les supporters marseillais. Le reste de sa carrière sera en dent de scie, avec plus de bas que de hauts, comme cet exil d’une saison à Al-Rayyan (Qatar), où il ne dispute pas le moindre match. Une triste fin pour un joueur formé à Lyon et révélé à Guingamp.

Michel Lafranceschina – attaquant

Lui aussi a débuté à Grenoble, dans les années 50. Mais, après deux saisons, il est recruté par le RC Lens, avec lequel il remporte la Coupe Drago en 1959 et 1960. Après quatre saisons chez les Sang et Or, il reste dans le Nord et rejoint Lille en Division 2, avec lequel il sera promu en 1964. Il est ensuite transféré à Sochaux, où il inscrit 22 buts en championnat. Malgré ces prouesses, il part l’hiver suivant à Toulon puis, quelques mois plus tard, à Limoges, où il évolue jusqu’en 1970 et une dernière danse à Bourges. Il revient à Grenoble en 1980, avec la casquette d’entraîneur de l’équipe première pour une saison. Il entraîne ensuite l’équipe réserve et effectue un dernier intérim avec les pros en 1986, sans parvenir à éviter une relégation en troisième division.

René Alpsteg – attaquant et Léon Alpsteg – ailier

Dans la famille Alpsteg, je demande les fils. René, l’aîné, a débuté sa carrière à Saint-Etienne en 1944. Trop tôt pour écrire la légende des Verts, mais tout de même : en neuf ans au club, il dispute 262 matchs et inscrit 104 buts. Une efficacité qui lui ouvre les portes de l’équipe de France, avec laquelle il dispute 12 rencontres (pour 4 buts) entre 1947 et 1952. En 1953, il rejoint Besançon, où évolue son frère Léon.

Léon, donc, le cadet, a lui aussi commencé à Saint-Etienne, quatre ans après son frangin. Moins talentueux, il a quitté les Verts plus tôt et baroudé d’Alès à Toulon, en passant par Montpellier. Après leur pige jurassienne, les deux frères se suivent chez les amateurs à Annemasse pour boucler la boucle, avec René dans un rôle d’entraîneur-joueur.

Philippe Fargeon – attaquant

Voici un joueur qui aurait aussi bien pu être Suisse. Né à Ambilly, à un jet de skis de la frontière suisse, il est formé à l’Etoile Carouge, en Helvétie. Repéré par Guy Roux, il intègre l’AJ Auxerre mais est barré par la concurrence après une saison. Il brille à Bellinzone, en deuxième division suisse, et traverse de nouveau la frontière la saison suivante pour poser ses valises à Bordeaux. Là, il réalise le doublé Coupe-championnat en 1987 en marquant le but du titre et surtout 15 buts en 18 matchs.

Pas conservé chez les Girondins, il retourne en Suisse, au Servette de Genève, et sa carrière entame une pente descendante. Il rejoint ensuite Toulon pour une saison, puis revient à Genève avant de retourner à Bordeaux, sans jamais marquer les esprits. Il termine dans l’anonymat du FC Chiasso, promu en D1 suisse et aussitôt relégué.

Olivier Giroud – attaquant

Faut-il encore présenter l’un des meilleurs buteurs de l’histoire de l’équipe de France ? Son parcours est connu et reconnu, de Tours en Ligue 2 au Montpellier de René Girard champion de France en 2012 puis à Arsenal, en passant par une présence presque indispensable dans le 11 de départ de l’équipe de France sous Didier Deschamps.

Tour de contrôle, pas maladroit devant le but, il débute à Grenoble. Ses premiers pas avec le GF38 n’ont rien de fulgurant et, après avoir disputé des bouts de match et inscrit deux buts en deux saisons, il est prêté à Istres en Ligue 2, puis transféré à Tours la saison d’après avant d’exploser, assez tardivement. Le parcours inverse de son frère, sélectionné avec la France en équipes de jeunes et qui a abandonné sa carrière avant de devenir professionnel.

Stéphane Paille – attaquant

Tout semble avoir été dit sur Stéphane Paille. Sur ses débuts à Sochaux et ses exploits à Bonal, sur ses débuts prometteurs en équipe de France avec les Espoirs aux côtés de Cantona, puis avec les A. Un duo avec Cantona qui sera aussi source de handicap lorsque les dirigeants de Montpellier décident de le reformer, attirant un Stéphane Paille en pleine forme à Sochaux. L’expérience tourne court, Paille ne reste même pas une saison complète dans le Sud et est transféré à Bordeaux, où il ne parvient pas à retrouver sa forme.

Une pige à Porto lui permet de découvrir la coupe d’Europe, avant un départ pour Caen et un retour à Bordeaux, avec plus de réussite cette fois. Le reste de sa carrière est anecdotique et une addiction à l’alcool vient miner son après-carrière. Il se reconvertit toutefois comme entraîneur, sans grand succès hormis un titre en National avec Besançon, qu’il ne parvient pas à maintenir en Ligue 2. Il fera aussi une pige à Evian-Thonon-Gaillard.

Pascal Dupraz – attaquant

Ce n’est pas le plus talentueux mais c’est sans aucun doute le plus emblématique. Si sa carrière de joueur n’est pas la plus connue (plusieurs saisons en Division 1 avec Brest et Toulon), c’est son parcours d’entraîneur qui fait de lui l’une des personnalités les plus importantes du football alpin en France. Quand il arrive au FC Gaillard en 1991, il est retraité du football professionnel. Deux ans plus tard, il est entraîneur-joueur et le club est en DH.

Il continue de jouer jusqu’en 2000, puis se consacre uniquement à ses fonctions d’entraîneur. En 2003, le club est en CFA. Selon Dupraz, son équilibre financier est précaire et il est indispensable de s’allier avec le rival local, le FC Ville-la-Grand. Après des mois de négociations, le Football Croix de Savoie 74 naît et remporte le CFA, avec Dupraz sur le banc de touche. Les difficultés financières se multiplient, Dupraz prend du recul et devient directeur sportif, puis le club devient Évian Thonon Gaillard Football Club en 2009, avant d’atteindre la Ligue 1 en 2011, plaçant (enfin) un club savoyard sur le plus grand échelon du football français.

15 commentaires pour "Top 20 : footballeurs des Alpes françaises (2)"

  1. ajde59 dit :

    désolé Modro, mais tout ça, c’est une équipe qui a le niveau pour jouer en ligue 2 ! haha

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    1. modrobily dit :

      En trichant on pourrait ajouter Djorkaeff ou Thauvin, formés à Grenoble.
      Mais ouais on ne va pas se mentir, s’il y avait une sélection des mecs nés dans les Alpes, elle aurait du mal à exister face à beaucoup d’autres régions françaises.

      Tiens d’ailleurs on pourrait faire des 11 régionaux, ce serait marrant.

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      1. Verano82 dit :

        Ah non, Flotov, c’est la région Centre-Val de Loire, Saint-Jean de la Ruelle à côté d’Orléans, puis Châteauroux. Entre régions déshéritées, on ne se pique pas ses rares bons joueurs eh eh

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      2. Khiadiatoulin dit :

        T’as pas vu la sélection qu’aurait feu Midi-Pyrenees… Très peu de joueurs de bons niveaux sont sortis de cette région. Faudrait y ajouter Matuidi qui est né à Toulouse mais qui n’y pas grandi.

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      3. Khiadiatoulin dit :

        Allez, il y aurait Barthez, Carrière, Mexes, Bravo, Clichy, Passi, Jean Petit, Matuidi pour ratisser large et après…

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      4. Cebolinha dit :

        En Normandie il y a Mandanda, Samba, Costil, Upamecano, Franck Dumas, Souley Diawara, Patrice Rio, Roger Lemerre, Pallois, Sorbon, Heurtaux, Point, Bernard Mendy, Reynald Denoueix, Hengbart, Manu Petit, Claude Le Roy, Prince Oniangué, Bodmer, Robert Accard, Yvon Lebourgeois, Gueida Fofana, Dhorasoo, Douis, Roger Rio, Benzia, Deroin, Ous Dembelé, Bernard Antoinette, Faubert, Mamad Niang, Jean Nicolas, René Bihel, El Arabi, Fabrice Divert, Fred Née, … Je dois en oublier.

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  2. Verano82 dit :

    Fargeon, c’est une météorite comme on en voit de temps en temps. Il arrive aux Girondins en hiver, marque d’emblée, répète ça à chaque match durant la demi-saison. Aucune allure, physique de poussin et opportunisme incroyable. Je crois qu’il est sélectionné en EdF, marque encore quelques buts puis retrouve son vrai niveau : très très moyen !

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    1. Alexandre dit :

      J’allais demander pourquoi les Girondins ne l’avaient pas conservé, supputais faute de mieux un pont d’or des Suisses, qui multipliaient alors les recrutements somptuaires. Mais je comprends mieux maintenant.

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  3. Verano82 dit :

    Pascal Dupraz, c’était un personnage de la commedia dell’arte. A chaque conférence de presse, il était en représentation, tenant le rôle de Matamore, héros fort en gueule, prompt à s’attribuer des faits d’armes glorieux y compris lorsqu’il était piteusement défait.
    C’était un joueur moyen (il me semble que Courbis qui l’a entrainé à Toulon n’était pas très élogieux), il n’a pas laissé un souvenir impérissable. Entraineur, il a su mettre à profit les subsides de Danone, Zidane et Cie pour faire connaître l’improbable Evian-Thonon-Gaillard. Quand la baudruche s’est dégonflée, il a su entretenir sa popularité en profitant de son aisance naturelle face à des journalistes bons publics. Mais à l’image de Matamore, il émanait de lui quelque chose de caricatural, un aplomb bravache dans le propos que ses actes contredisaient parfois. Que penser d’un leader effrayé par l’attaque d’un avion en papier ? Comment interpréter ses bégaiements face à un Kombouaré menaçant ?
    Puisqu’il avait besoin de joutes orales où son rôle de fier-à-bras pouvait s’exprimer, Dupraz avait enfourché le combat de la Ligue savoisienne, à la recherche d’une indépendance chimérique. Engagé dans un conflit fictif, sa forfanterie pouvait s’exprimer sans péril, renforçant ainsi cette image de Matamore des Alpes. Reconnaissons-lui un mérite : il apportait un peu de fantaisie au morne théâtre du football français.

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  4. Alexandre dit :

    Ces belles surfaces planes avec juste du gazon au milieu des montagnes, ça doit rendre dingues plus d’un promoteurs immobiliers dans les Alpes.

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  5. Khiadiatoulin dit :

    Jean-Philippe Séchet… M’en souviens pour ses vignettes Panini.

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  6. Khiadiatoulin dit :

    Ça valait quoi Philippe Fargeon ? Je l’ai vu après sa saison 87

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  7. belo_dedici dit :

    Et Patrick Delamontagne ? Il sera dans le Top ?

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  8. belo_dedici dit :

    Dans ses jeunes années Paille était impressionnant. Je me souviens d’un doublé qu’il va mettre en Italie lors de la campagne avec les espoirs en 88. Il prenait même certains coups francs devant Sauzee.

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  9. belo_dedici dit :

    Pour rester dans les Alpes, Annecy s’impose au GF38… 3 clubs de l’Est en tête de la ligue 2…
    Il y aurait-il du nouveau à l’Est?

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