Disons le tout de suite, je ne suis pas un spécialiste de la bande dessinée. Ma culture se borne, à quelques exceptions près, aux classiques humoristiques du genre franco-belge. D’ailleurs, je me remets difficilement du retour dans les librairies de Gaston Lagaffe sans Franquin… La série Éric Castel, je ne la connais que de nom. Je sais vaguement qu’elle narre les exploits d’un footeux français, qu’il affronte le FC Nantes d’Henri Michel dans un tome et qu’il finit sous les couleurs du Barça, accompagné d’étranges personnages surnommés les Pablitos. Los Pablitos, hahaha…
Un album m’a néanmoins toujours intrigué. Un hors-série consacré aux éliminatoires du Mondial 1982 de la sélection belge et sobrement intitulé Allez les Diables Rouges ! Sacré programme ! Car oui, ce groupe de qualification, resté célèbre en France grâce au coup franc de Platini face aux Pays-Bas, est un sujet en or. L’Irlande des Brady et Stapleton, les Néerlandais, finalistes des derniers Mondiaux, la France d’Hidalgo, la Belgique de Thys, n’en jetez plus ! Des combats âpres et indécis, où chaque déplacement est un traquenard. C’est cet hors-série que je vous invite à découvrir avec moi, reprenant la bâton de pèlerin de notre plus illustre critique gastronomique béarnais, j’ai nommé l’inénarrable Bobbyschanno ! C’est parti !

Pour commencer, la couverture de l’album. Elle est superbe. Wilfried Van Moer est reconnaissable entre mille, ce sera le cas pour la plupart des autres belligérants, et on ne peut que saluer le choix du vétéran pour initier le début de l’aventure. Van Moer est l’icône du football belge de l’époque et le dernier survivant du Mondial mexicain 12 ans auparavant. On comprend mieux les desseins des auteurs. Il s’agit de célébrer le retour en grâce des Diables Rouges et d’offrir le plus d’authenticité possible aux événements, qui d’autre que Wilfried, que l’on croyait perdu pour le haut niveau, pour l’incarner ?
Les premières bulles nous plongent dans l’hystérie de l’aéroport de Zaventem où les joueurs sont accueillis par les fans. Nous sommes en juin 1980, la Belgique vient de jouer la finale de l’Euro italien face à la RFA et un des narrateurs de l’intrigue, le journaliste sportif Jean Duriau, auteur d’envolées lyriques qui font désormais partie du patrimoine belge, témoigne de cet accueil délirant, teinté de fierté et d’incrédulité. Toutefois la trame de l’histoire se déroule deux ans plus tard et bien plus au sud, à Barcelone où Duriau rencontre fortuitement un Éric Castel en civil, suivi comme son ombre par le jeune Pablito. Pablito, hihi… Le Nou Camp nous apparaît alors en arrière-plan, magnifiquement dessiné. Le Mondial 1982 va bientôt débuter et chacun y va de son pronostic sur les finalistes. Éric Castel, qui hésite entre le Brésil, la RFA et la Belgique, se lance alors, pour justifier son dernier choix audacieux, dans une grande rétrospective de la campagne des Diables Rouges. Rencontre par rencontre.
Puisqu’il s’adresse à un jeune lectorat, Castel débute son récit par une description du prestigieux Trinity Collège de Dublin et des enluminures du livre de Kells. Prends des notes Pablito, au lieu de te goinfrer de chips ! Et comme Guy Thys dans la réalité, il décrit une sélection belge inquiète de la hauteur de la pelouse de Lansdowne Road. Le Trèfle doit recevoir la Roumanie au rugby dans quelques jours (ndlr : match nul, 13 partout) et après l’épisode de la grève à l’aéroport de Bruxelles, qui a obligé l’équipe à embarquer de Lille, ça commence à faire beaucoup ! Certainement férus de football gaélique, les auteurs soulignent la complémentarité du trio Brady-Grealish-Daly qui répond à un Ludo Coeck solaire, manifestement soulagé d’être revenu en sélection. Si le coup de crayon illustre parfaitement la violence des tacles et la percée plein centre de Cluytens pour l’ouverture du score, on peut néanmoins trouver superflu la volonté de signifier les centres par une longue traînée blanche. La pluie est diluvienne, la figure de Renquin est mise en avant, nous sommes prisonniers d’une météo typiquement celtique ! Toujours lucide, Castel insiste sur le fait que les Belges jouent avec le feu avec le piège du hors-jeu, qui aboutit inexorablement à l’égalisation méritée de Grealish sur un éclair de génie de Brady dans le dos de la défense, mais omet de mentionner que les Irlandais auraient dû obtenir un penalty provoqué par Pfaff, quelques minutes auparavant, refusé pour un off-side totalement lunaire en début d’action. Comme dirait Didier Drogba, it’s a fucking disgrace ! La Belgique s’en sort très bien…

Si la rencontre face à l’Irlande est virile mais dans l’esprit, ce n’est pas le cas du derby face au voisin. Raymond Reding et Jacques Hugues nous offrent à nouveau une belle vue aérienne d’un Heysel rafraîchi, doté d’une deuxième tribune (c’est la dernière fois que je le précise, tous les stades de cet album sont réussis) et Pablito découvre ébahi la rivalité entre les deux nations qui n’a rien à envier à celle du Clasíco ! Dès l’entame de la rencontre, le ton est donné. Hovenkamp découpe Gerets, Krol et Renquin jouent des coudes et l’arbitre Azim Zade, azerbaïdjanais ayant officié lors de la finale des Jeux Olympiques de Moscou, sort la boîte à cartons. En tribune, la haine est palpable entre supporters sous méthamphétamine, lorsque Van de Kherkof ceinture dans la surface Vandereycken qui joue bien le coup. Le buteur Erwin Vandenbergh punit le gardien néerlandais. Belgique 1- Football 0… Le deuxième acte est du même tonneau et Reding, certainement écœuré par ce déluge d’hémoglobine, préfère taire l’attentat de Jan Peters sur Coeck ou l’échange d’amabilités entre Meeuws et Van de Kerkhof, décidément dans tous les bons coups. Même Van Moer met des taquets, vivement la fin.. La Belgique réalise un grand pas vers l’Espagne, Duriau insiste, avec un plaisir non dissimulé, sur le fait que les Pays-Bas sont responsables de l’ambiance délétère sur la pelouse mais comme le suggère Jan Mulder dans une bulle, il aurait fallu autant d’arbitres que de joueurs.

« C’est quoi des formalités ? » Il a raison Pablito, Éric, c’est quoi une formalité dans le sport ? Une rencontre jouée d’avance, gros bêta. Ah oui, suis con… Après sa guerre fratricide avec les Pays-Bas, la Belgique met le cap sur la Méditerranée, direction Chypre. Et l’ambiance au sein du groupe est, selon Duriau, pour le moins décontractée. Faut dire que les Diables Rouges logent au Cyprus Hilton, qui a l’air tout à fait sympathique, et si ces nullos de Français ont gagné 7-0 à Nicosie, franchement ça devrait passer les doigts dans le nez. L’année a été dense et fastueuse pour les Diables, seul Thys a l’air concerné. Satané terrain vague ! Les Chypriotes garent le bus et il faut toute la vigilance de Pfaff pour éviter la catastrophe. Heureusement, Edwin Vandenbergh est en pleine forme. Au milieu de la mêlée, il contrôle de la poitrine et envoie une sacoche du gauche qui troue les filets de Konstantinou. Quelle classe ! On pense la machine lancée, makach walou… Chypre plie mais ne rompt pas jusqu’à la tête libératrice de Jan Ceulemans. Les Belges gagnent piteusement et Thys ne se gêne pas pour leurs dire qu’ils ont été mauvais. La délégation, fatiguée par trop de baignades, quitte la ville séparée par un mur de la honte, comme à Berlin… « Éric, c’est quoi un mur de la honte ?
– Tu me fatigues Pablito, mange tes chips… »

A force de bouffer des chips, Pablito a soif et sort du frigo trois bouteilles de Coca-Cola, une des multiples publicités déguisées de l’album. Faut bien vivre, ma tite dame… A domicile, les Belges doivent une revanche à leurs fans et tout commence formidablement bien lorsque Plessers, que je ne connaissais pas, ouvre le score (sur un centre-tir mal évalué par le portier chypriote et non à bout portant, comme le suggère Reding), avant que l’inévitable Vandenbergh n’augmente l’écart. 2-0 à la 18ème, la raclée est proche. Oui mais non… Renquin se déchire avant la mi-temps et Lisandrou réduit le score. Au retour des vestiaires, Renquin, encore lui, joue mal le hors-jeu pour une égalisation qui déclenche la bronca du Heysel ! Comme le dit Castel, où sont passés les vice-champions d’Europe ? Heureusement pour Thys, le duo magique Vandenbergh-Ceulemans combine dans la surface pour une catapulte du gauche de Jan. 3-2, le tableau d’affichage n’évoluera plus, malgré les rentrées de Vercauteren et de Voordeckers, que je découvre également. Le bilan est pour le moment quasi-parfait. La Belgique sent déjà l’odeur des chipirones fritos lui titiller les narines. Miam !

Finie la rigolade… Après son double-grec avarié, la Belgique reçoit l’Irlande qui n’a pas oublié le penalty refusé à l’aller. Brady, un des chouchous des auteurs, a le droit à un beau portrait lorsque Luc Millecamps descend un adversaire à l’entrée de sa surface. Surgit alors le premier bémol de l’album… Car si l’Irlande se voit annuler un but pour hors-jeu sur une déviation d’un centre de Brady, ce n’est pas Grealish mais Stapleton qui en est l’auteur. Et surtout, le hors-jeu est litigieux, voire une nouvelle fois inexistant. Et cela, Reding semble complètement le zapper. Or, pour l’Irlande, c’est un vol manifeste et l’arbitre portugais Raul Nazare va devenir ce qu’est monsieur Foote pour le football français. On constate que le juge de ligne ne lève son drapeau qu’après la décision de Nazare et que, si ce dernier percute un défenseur belge lors de l’action, c’est bien après la reprise victorieuse de Stapleton. Pour Dublin, c’est un scandale pur et simple et Mickey Walsh, qui joue pour le FC Porto, n’aura de cesse d’exhumer les cadavres cachés de Nazare au Portugal ou la réputation de corruption endémique du foot belge pendant la décennie… Dans le deuxième acte, Michel Preud’homme et ses gants orange font l’étalage de leur classe en repoussant une frappe du futur consultant de Canal + Espagne, Michael Robinson, son alter ego Mc Donagh multiplie les parades jusqu’au coup de casque libérateur de Ceulemans. Quel homme ! Thys pousse un soupir de soulagement dans les vestiaires. L’Irlande, quant-elle, fait de cet épisode sa plus flagrante injustice. Thierry Henry n’avait alors que quatre ans…

Et les Bleus dans tout ça ? La bande d’Hidalgo vient de perdre à Rotterdam et bien qu’ayant joué deux matchs de moins que les Diables, elle n’a pas intérêt à se rater au Parc. Les Belges prennent le TEE (Trans-Europ-Express) pour rejoindre Paris et sont logés à Saint Germain-en-Laye. Décidément, on se refuse rien à la Fédération… Reding s’amuse à dessiner l’Arc de Triomphe aux couleurs de son pays, Platini et Larios sont absents. Dropsy la bouclette est pris à défaut dès la 5ème minute par Vandenbergh (et non Vercauteren comme écrit dans l’album, premier couac…). Genghini expédie un superbe coup franc sur la barre, qui lobe Preud’homme, offrant l’égalisation de la tête de Soler (et non du pied, deuxième erreur de Reding). Si le but de Six est conforme à la réalité, celui du 3-1 de Soler, que Reding illustre par une patate dans la lucarne, n’a rien à voir avec la choucroute, Preud’homme se foirant complètement sur une frappe au ras du sol… Visiblement fatigué et peu inspiré par la rencontre, Reding se permet un petit plaisir personnel et nous largue Henri Michel sur la pelouse ! On sait depuis la couverture de l’album Droit au but que Michel est l’un de ses joueurs préférés mais ressusciter l’ancien nantais qui n’a plus joué chez les Bleus depuis plus d’un an, alors là, chapeau ! Au coup de sifflet final, Rocheteau exulte, la France est totalement relancée. Le problème est qu’il ressemble étrangement à Osvaldo Piazza…

A la suite du dernier épisode bâclé, Reding et Hugues reviennent à la base et réussissent à nous partager la ferveur du Heysel. Une victoire face à la France et le billet pour l’Espagne est validé. Un petit jeune va s’illustrer, Alex Czerniatynski. A l’issue d’une situation confuse dans la surface, Czernia ouvre le score. Le Heysel explose et l’on voit l’Atomium surplomber les tribunes, j’ignore si c’est réellement le cas. Van Moer, exténué, sort sous les vivats de la foule, lorsqu’une belle combinaison entre Czernia et Vandenbergh débouche sur une frappe terrible du dernier. Hors de portée du gardien français Hiard qui a la tronche de Dropsy. Pierrick qui ? La Belgique est qualifiée, la stade chante en cœur Que viva España ! On peut remarquer que la France change de couleur de maillot entre les deux périodes (mais depuis la Hongrie en 1978, plus rien ne m’étonne) et que Platini, à l’inverse de Brady, n’a pas le droit à un petit encart. On imagine la tête déconfite de Reding quand il découvrira dans quelques semaines que le Lorrain a piqué la place à la Juventus de son Irlandais chéri…

Le qualif déjà assurée, Duriau rappelle que les Néerlandais jouent leur va-tout, ayant concédé un nul face à l’Irlande quelques jours auparavant. Et Castel de célébrer la cuvette de Kuip qui va littéralement s’embraser lorsque John Metgod dégaine une reprise de volée sensationnelle de l’extérieur de la surface. Quel but et quel vacarne ! La soirée va être très longue pour la Belgique… Démunis, sans Ceulemans, Coeck, Vandenbergh et Van Moer, les Diables Rouges sont à la ramasse. Les tribunes hurlent Hup Holland Hup et le vieux Neeskens trouve Van Kooten pour un second but comme à la parade. Le soleil s’assombrit encore quand Meeuws récolte un carton rouge, synonyme de suspension pour le premier match du Mondial. Les officiels dans les loges en perdent l’appétit… Malgré le repositionnement de Vandereycken en libero, la Belgique recule et Pfaff cherche pour une troisième le ballon dans ses filets. Plessers est la seule satisfaction de la rencontre mais le sage Thys estime que son groupe a limité les dégâts.

Sans être un chef-d’œuvre, Allez les Diables Rouges de Reding et Hugues est une franche réussite. Passées quelques inexactitudes qui ne gâchent en rien l’authenticité globale du récit, les deux auteurs passionnés nous offrent une belle épopée où les stades sont superbes, l’ambiance et la pression contagieuses et qui honore pleinement le parcours des Belges. Les portraits sont fins et l’unique aspect esthétique décevant est la mécanique parfois robotique de certaines bulles. Mais faut-il y voir la difficulté à retranscrire ce sport sur papier ou pellicule. La somme de bouses que nous a pondue le 7ème art sur le sujet est un indice non négligeable…
En fin d’album, on en apprend plus sur Reding. On découvre qu’il rêvait de devenir le prochain Johnny Weissmuller, qu’il est fan de l’Union Saint-Gilloise, habitant gamin au pied de la Butte, et du duo Jacky Brichant-Philippe Washer au tennis. Guy Thys a le droit à un émouvant éditorial. Comment il a repris le lourd héritage de Raymond Goethals, comment il a su faire voler de leurs propres ailes les minots Ceulemans, Gerets ou Renquin. L’histoire se finit sur des photos d’Elche qui recevra la Belgique lors du premier tour. Et personnellement, j’admets qu’Eric Castel m’a convaincu. Oui, les Diables Rouges iront bien en finale du Mondial espagnol…

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Sympa ce petit article, une sorte de détox après une indigestion de foot.
Me suis amusé à vérifier les propos des auteurs. Quelques imprécisions mais ça tient la route. Ce groupe de qualification était vraiment équilibré.
Le but de Metgod face à la Belgique… Suis certain que ça a joué dans son transfert au Real.
https://www.youtube.com/watch?v=CQ1elLLx7Ug
Sur assist de van Kooten, cette victime du dopage NL des 70’s dont j’avais dressé le portrait je ne sais plus où, et qui fut tout bon durant ces éliminatoires.
Celui-là, s’il avait (pu) évoluer dans un plus grand club : on l’aurait vu à l’oeuvre quelques fois sous le maillot NL fin 70’s, c’était une injustice et je ne comprends toujours pas que Nanninga lui fût préféré pour 78 – peut-être van Kooten était-il blessé??
C’était ici, voilà : Le Tank!
Pivot typique, une caricature presque..mais tout bon!
https://www.pinte2foot.com/article/11-du-siecle-go-go-goahead-3-3
Seule explication que j’aie, en n’excluant toutefois pas une blessure : les deux buts de Nanninga, jusqu’alors jamais sélectionné, pour sa première sélection en amical face à la Tunisie, peu avant la WC78.
Je sais que Happel cherchait un pivot qui déménage et solide dans le jeu aérien, Nanninga fut le premier essayé..et ça s’est bien passé pour lui, Happel n’a probablement pas jugé utile de tester davantage.
C’est malheureux car, entre Nanninga et van Kooten.. Surtout dommage pour lui que les Go Ahead lui aient toujours refusé de signer au PSV ou à Ajax.
Original et vraiment excellent.
Je suis content que tu mettes par la bande Jean Duriau à l’honneur : un très grand de notre journalisme sportif, doublé paraît-il d’une très, très belle personnalité.
Fête nationale belge demain..et ton article vaut tous les feux d’artifices, discours et parades tagadatsouintsouin du monde, bravo.
Je repasserai!
Il est vraiment bien fait cet album. Pour un fan de foot belge, et les autres, il a toute sa place dans une bibliothèque. Je sais pas ce que valent les autres Éric Castel mais celui-là est chouette.
Bon ben j’ai encore un peu de temps.
Si si, dans sa configuration jadis, on distinguait parfaitement l’atomium depuis la pelouse et les gradins du Heysel.
https://cdn.imago-images.de/bild/sp/0016320233/w.jpg
Eh oui, il fallait qu’il soit haut, en plus, ce bidule..
Exact. La finale de l’Euro 72. Je la connaissais cette photo.
Lors d’une des deux manches de la finale de Coupes des clubs champions 74, on voit aussi de jolis clichés de Muller (injouable lors du 2ème match) en train de mettre une tête, avec l’Atomium en arrière plan.
Et je confirme, quand j’étais allé à Bruxelles avec mes parents y’a une dizaine d’années, qu’on a une très bonne vue du Stade Roi Baudouin depuis l’Atomium, encore de nos jours !
J’ai cherché un mec avec une bosse à l’entrejambe, mais j’ai pas trouvé…
Chouette texte, sur un sujet original.
La BD, c’est vraiment un truc qui me manque. J’y connais rien et ne sais pas où commencer : je sais ce que j’aime dans un roman, un essai, un film ou une peinture, je comprends à peu près ces arts et peux essayer de les évaluer, la BD non. Et ça me frustre. Il faudra que je me façonne un jour un goût dans cet art.
Chabouté, c’est pas mal. Le dernier que j’ai lu : « Plus loin qu’ailleurs ».
Tu as aussi l’adaptation de La Horde de Damasio, dans un autre style.
Je ne sais pas si il y a une bonne entrée pour la BD ?
Construire un feu ! Excellent petit livre de London et, paraît-il, le livre de chevet de Lénine.
Ils en ont plein de lui dans ma médiathèque. Faudra que je pense à les réserver.
Sinon, du France-Belgique ci-abordé..
Cluytens : déjà rencontré, on avait discuté, très gentil Monsieur, vraiment..mais c’est peu dire qu’il ne fallait pas lui parler de dopage, encore un pour qui ça n’existe pas en football, soit. Et pas faute pourtant d’y avoir été délicatement..mais tabou!
L’erreur dont s’y fend Preud’Homme, elle lui est typique pour ces années-là, il avait un vrai souci avec les frappes au sol – et le garda longtemps. Je maintiens, pour avoir vu les deux à l’oeuvre pendant des années, que Bodart lui aura toujours été supérieur, sauf à leurs extrêmes fins respectives. Preud’Homme fit certes des saisons extraordinaires sous le maillot malinois, mais..mais Bodart se troua l’une des rares fois où il reçut vraiment sa chance.. Ca + son caractère borderline et son monolinguisme : c’était mort pour lui.
Le second but belge de Ceulemans étaitt pas mal dans mes souvenirs, un bel enchaînement poitrine + tête + frappe dans le plafond du but.
L’engagement n’était toujours pas le même des deux côtés : très sec côté belge..et toujours aussi angéliste côté français.
Ce France-Belgique est l’épisode le plus bancal de l’album. Reding ne retranscrit pas la même intensité dans ces confrontations avec le voisin du sud que celle face au voisin du Nord. Il est pourtant né en France, en Normandie.
Techniquement parlant, le Derby des Plats Pays n’existait plus – entendre par là : ce double-affrontement annuel, et « amical ».
Ceci dit, NL et Belges sortaient d’une pleine décennie où ils n’avaient eu de cesse de s’affronter pour de vrais enjeux, avec pas mal de litiges à la clé (le climax étant les qualifs de la WC74), et les NL avaient fini par passer devant dans ces débats après 75 et une longue domination belge.. ==> Ca s’était « durci », les Belges avaient un oeuf à peler, les NL pratiquaient encore et toujours un football aux accents malsains assez prononcés.. ==> France et Irlande avaient beau être des adversaires de premier choix, et même la France être un rival historique : le momentum entendait plus que jamais que ces matchs opposant Pays-Bas et Belgique prennent toute la place, y avait de la revanche dans l’air. Et je crois bien que, à moins d’une hyper-fantasmagorique finale de WC remportée par les Belges sur les NL, Amsterdam 73 ne sera jamais vraiment lavé.
Alors qu’intransequement, les Pays-Bas sont la moins bonne équipe des 4. Irlande-France, c’est un chouette match à mater.
Yep, c’est pas des grands Pays-Bas, euphémisme.. Vieillissants, et la relève pas vraiment au niveau. Sans compter que les adjuvants dont ils avaient bénéficié durant les 70’s avaient été en partie digérés par la concurrence, et largement circonscrits au pays par l’adoption, toute récente (c’est vers 1980), d’une politique anti-dopage enfin +/- digne de ce nom…………..dont les effets se firent aussitôt ressentir en termes de résultats : à moins de remonter aux années 50, ce furent aussitôt leurs années les plus noires.
Sans compter que leur plus grand talent, Tahamata, était (et serait plus encore) régulièrement snobé (il joue quand même pas mal de matchs durant cette campagne).. Leur 3-0 était inespéré normalement, mais 4 absences majeures côté belge (qui firent du bricolage, vaille que vaille), Belges de toute façon déjà qualifiés.. ==> Pour le même prix, ç’aurait pu coûter cher aux Français, ce « semi »-match des Diables – mais Platoche était là, ouf..
Pas même avec cette tête de Georges Grün alors que le Kuip chantait déjà « Mexico »?
…. 74, 78 pour les Pays Bas / 82, 86 pour la Belgique.
Du baume au coeur, mais.. C’était un affrontement entre deux équipes malades (les NL en particulier, absolument en-dessous de tout et qui avaient spolié la place de l’Autriche dans ces play-offs, au terme d’un match décisif arrangé avec la fédération hongroise).
Alors que, pour 73-74 : ce sont deux équipes du top (quoique pas mal de réglages restaient à faire côté NL), la Belgique n’a plus jamais été aussi forte, sa plus belle génération.. C’est plus douloureux car elle avait un très, très très gros coup à jouer en Allemagne (déjà lors de l’Euro 72, c’est la seule équipe qui avait tenu tête à une RFA en mode colossal), et que ses joueurs avaient le fiasco de la WC70 à laver. Une désillusion/injustice sportive terrible.
Le duo Ceulemans-Vandenbergh, c’est quelque chose lors de ces qualifs…
Ceulemans, no comment.
Mais VDB on a fini par un peu bcp l’oublier, celui-là. Alors qu’il avait une classe dingue, c’était bien plus qu’un renard des surfaces, joueur très accompli et classieux.
Peut-être que s’il avait daigné signer au Barca, éh.. C’est le genre de ligne qui manque sur la carte de visite de pas mal de grands joueurs du passé, ça : avoir joué pour un club de milliardaires, ça joue hélas en termes d’aura..
Par contre je ne vois pas trop comment il s’en serait sorti dans le Foot de la Mort, ce n’était absolument pas un guerrier ce type..
Sur ce que j’ai vu des qualifs, je trouve que les gardiens sont pas au top. En plus de la boulette de Preud homme au Parc, Pfaff fait deux sorties hasardeuses en Irlande et surtout au Heysel contre Chypre (Renquin se foire aussi)…
En effet, heureusement que les jeunes devant font le boulot. VDB et Ceulemans (tous les 2 de Lierse ?) devaient garnir les effectifs du Milan et du Barça…. … « Casaniers » ça revient souvent.
Yep, Pfaff pas toujours top-top non plus.. Bon.. J’ai déjà exprimé mes réserves le concernant, jamais je ne le mettrais (ni Preud’Homme) dans le cercle étroit de nos plus grands gardiens historiques.. : ça se joue entre Piot, Courtois et Nicolay ; les autres auront été un cran en-dessous.
Casaniers? Grosse dizaine d’années en Afrique, et plusieurs autres encore en Europe centrale, Etats-Unis.. ==> Ca fait de moi un drôle d’oiseau ici, les Belges ne bougent pas beaucoup, la France ou l’Espagne à la rigueur, pour leurs vieux jours.. Il est vrai que nos institutions ne stimulent absolument pas cela, tu perds tout en t’expatriant (j’ai dû me bagarrer pour récupérer mes droits, en ayant de solides bases institutionnelles et juridiques..mais d’autres n’y arrivent bien souvent pas!), c’est pas comme chez vous hélas.. On peut même dire que c’est parfois mal vu, petit pays………
Et oui, tous deux du Lierse, club dit « flamingand » mais où j’eus un temps mes habitudes – et jamais le moindre problème.
Le plus grand de nos petits clubs, hélas disparu. Je l’aborderai de fond en comble un de ces 4, club d’une richesse folle.
NB : la ville de Lier, qu’il représentait (ach..), est particulièrement jolie..
D’ailleurs, me demande pourquoi Reding a choisi comme héros un footeux français… Castel commence sa carrière à l’Inter où il se blesse, il passe au Barça par la suite, influence Cruyff certainement, avant de rejoindre le PSG et finir au LOSC !
Parce que plus grand marché, peut-être? Aucune idée.
Sympa de parler foot autour d’une BD. C’est estival ! Je ne connaissais pas celle-ci. Me souviens d’avoir vu ici un papier sur « La patrie des frères Werner » que j’ai lue et, trouvé vraiment chouette. Et, peut être aussi une illustration de G. Lagaffe sur un autre article ?
Ah oui, faut que je le chope celui-là !
Puisqu’on parle du Trans Europ Express, ici une version plus ensoleillée….L’originale est indépassable.
https://www.youtube.com/watch?v=5pg4eNhRaQs&list=RD5pg4eNhRaQs&start_radio=1
L’Irlande de Brady, Stapleton, Lawrenson, etc, ça a de la gueule.
Les Pays-Bas sont sur la fin mais les noms restent sympas, la Belgique et la France, no comment.
Et malgré ça, deux qualifiés sur quatre seulement.
Et on vient m’expliquer que je suis un vieux con et que le foot était pas mieux avant…
Et dans les autres groupes, y’a des jolies oppositions aussi :
Les Gallois de Rush et Ratcliffe, la Tchécoslovaquie qui était toujours chiante à affronter, la Sbornaia qui se fait pardonner de ses qualifs infâmes en 78 et 80 dans le même groupe.
La Roumanie de Balaci et Camataru, l’Angleterre de Bryan Robson, les Hongrois qui étaient piégeux, etc…
Bref, ça avait de la gueule les qualifs à l’époque.