(Première partie disponible ici)
5) Strange cat

“En fin de compte,
C’est par le degré d’authenticité
De notre sourire
Que nous signifions au monde
(à commencer par nos enfants)
Notre degré d’évolution.”
(André Pronovost, Les Marins d’eau douce)
(Tûût, tûut… Tûût, tûut… Tûût, CLAC!)
« Service après-vente Pinte2Foot, bonjour. »
– Oui, bonjour Monsieur, c’est Monsieur Khiadiatouline à l’appareil.
– (Vindjeû qu’est-ce que c’est ça pour un nom de médicament, dis…) Bonjour Monsieur Khiadiaspirine, enchanté. Que puis-je faire pour vous?
– Eh bien je me permets de vous appeler car je reste sans réponse, suite à ma demande de ce 19 novembre 2025, à 18h43.
– (« A 18h43?? » Oufti il va être chiant, celui-là…) Euh, oui… Et quelle était votre question, Monsieur?
– Attendez, je vais retrouver ça… (musique de Francis Cabrel en arrière-fond) Ah, ça y est. Je me cite si vous permettez : « Triple G. Le cas Southall est intéressant. L’aurais-tu mis dans un top 10 à l’époque ou est-ce une construction a posteriori ? Parce que des rencontres de Southall dans les années 80, tu as pas dû en voir des masses. Les Gallois, absents des grandes compétitions, quelques matchs d’Everton en 85. La demi-finale face au Bayern, pas sûr… »

– (Nondidjou de nondidjou, un vieux gardien moustachu, il fallait que ça me tombe dessus… Une parade, vite, mon Royaume pour une parade… Ah, c’est bon : j’ai trouvé!) Comment disiez-vous? « Triple G »? Malheureusement, Monsieur Triple G est en voyage, mais il devrait être de retour dans cinq ans.
– Dans cinq ans? Ce n’est pas comme ça que vous allez garder vos clients!
– Ah, malheureusement, nous avons tous un travail, Monsieur Kikitouline. Je pourrais à la rigueur vous mettre en communication avec notre mémoire vivante, lui a le temps mais, à juger de sa production, le mieux me paraît vraiment d’attendre le retour de Triple G.
– Vous avez quand même bien un autre spécialiste du football gallois, non?
– Euuuh, attendez… « Welsh », « welsh »… Ah, effectivement j’ai un truc qui ressemble à ça! Un spécialiste du football « guesh », qu’est-ce que vous dites de ça? Et je vous promets qu’il vous dira le plus grand bien de ses poulains! Vous m’entendez?
– Euh, oui : la ligne est mauvaise mais ça va. Et je ne dis pas non! Et s’il pouvait me toucher un mot de l’engagement sociétal de Southall, ce ne serait pas de refus!
– L’engagement sociétal de…? Alors là, Monsieur Hémoglobine : je vous garantis que vous n’allez pas être déçu! Je vous ai dégoté l’homme de la situation : un sociologue complètement déconstruit! Surtout restez bien en ligne : je vous le passe!
(Tûût, tûût… Tûût, tûût…)
« Oï, como vaï? »
– (Oufti on dirait un mec bourré qui parle en wallon, je ne m’y ferai jamais…) Euh, Rui : c’est toi? C’est le Belge.

– Aaaah, mon ami liégeois! Je disais justement, aujourd’hui encore à mes élèves, combien chez vous en Wallonie l’extrême-droite ne passera pas… Dans mes bras!
– Oui, bon… En fait, c’est juste que les nôtres sont encore plus cons que chez vous, sais-tu, mais je ne t’appelais pas pour ça. J’ai une espèce de Bordure en attente, le genre qui se pose des questions, l’horreur comme qui dirait l’autre… En plus, il me pose des questions sur l’engagement sociétal d’une espèce de gardien à moustache ; tu te doutes bien que j’ai directement pensé à toi… Je peux te le passer?
– Ah oui, bien sûr meu amigo! Tu peux me donner son nom : je m’en occupe! La conscience de classe vaincra!
(Tûût, tûût… Tûût, tûût…)
– Monsieur Kyatildanmakikine?
– Euh… Oui, bonjour Monsieur. C’est Khiadiatouline, enchanté. En fait j’aurais aimé qu’on m’en dise plus sur le gardien gallois Neville Southall, et sur son engagement sociétal.
– Aaaaaaah, Neville Southall… Vous ne voulez pas plutôt que je vous parle de Costa Pereira, non? Bon, tant pis! Mais alors je vous demanderai juste de bien vouloir attendre encore un peu, car j’ai justement évoqué ce Gallois dans mon cours portant sur les interactions post-identitaires et les dynamiques interspécifiques poly-inclusives en milieu agro-urbain excédentaire, alors attendez un peu, voyons voyons, Cantona, non… Rapinoe, Rashford… Socrates… Ah, j’y suis : Neville Southall! Et, oulala : il y a beaucoup, Meu Deus! Ah, il est intéressant ce Monsieur! Et quelle belle moustache… Mais le plus simple, je crois bien que c’est encore de le citer, ça vous convient?

– Oh oui, je vous en prie, s’il vous plaît.
– Alors c’est parti. Morceaux choisis, Monsieur Goûtemapraline :
« Je m’intéresse à ce qui motive les gens. Il m’arrive par exemple de m’interroger sur la force mentale qu’il faut, à ces femmes, pour travailler dans l’industrie du sexe. Même si on aime ce métier, on finit forcément par souffrir. Je pensais que ce n’étaient que des personnes coincées au coin des rues. Mais quand on leur parle, elles deviennent réelles. Si on les blesse, elles saignent. Si on leur raconte une blague, elles rient parfois. Elles souffrent, elles pleurent. Finalement, elles meurent comme vous et moi. On les perçoit comme des statistiques ou des problèmes, mais elles peuvent provenir de notre famille ou appartenir à notre cercle d’amis. »
« Si nous pouvions unir tous les travailleurs et travailleuses du sexe, cela changerait leur vie à jamais. Le gouvernement serait obligé de les écouter. Si l’on unit tous les membres de la communauté LGBT – qui sont des millions –, on pourrait faire de même avec les personnes souffrant de troubles mentaux, et si toutes les associations caritatives se mobilisaient, l’impact serait considérable. Croyez-vous que Theresa May pourrait encore les ignorer ? »
« Alors, qu’en dites-vous Monsieur KylianMbappine? Un footballeur formidable, vous ne trouvez pas? »
– Oui c’est intéressant, merci. Mais le footballeur, justement, il jouait comm…?
– Hop hop hop hop hop!!! Désolé, je vous coupe déjà, mais : voilà que je retrouve justement une action ma-gni-fi-que de Southall, écoutez-moi ça!
« J’ai fait un truc pour les Rainbow Toffees, le groupe de supporters LGBT d’Everton. C’était génial et ça m’a fait penser que la FA se moque de nous avec sa journée des relations LGBT. Pourquoi ne pas porter des lacets arc-en-ciel un jour ? Y a-t-il quelqu’un dans l’équipe de commentateurs qui fait partie de la communauté LGBT ? Non. Avez-vous parlé à des joueurs ? Non. Y a-t-il des personnes LGBT sur le terrain ? Non. J’ai dit aux Rainbow Toffees que j’aimerais qu’Everton soit le premier club à faire entrer ses joueurs LGBT à la mi-temps pour un match de foot à cinq. Arsenal veut nous affronter. On risque de se faire chambrer. Mais j’espère que les supporters d’Everton seront raisonnables et que les gens s’y habitueront. »
« Alala je ne m’en lasse pas, Monsieur Mèkelbellepine, si seulement notre Ronaldo pouvait en dire autant, Meu Deus… Mais ce n’est pas tout : il a même fait une sortie sur les transitions de genre! Vous vous rendez compte? Allo… Allo? »

Trois semaines plus tard…
(Tûût, tûût… Tûût, tûût…)
« Eh, G-G-G : ça va, mon grand? »
« Oh, moi ça va très, très bien, le Belge. Mais dis-moi, c’est pas toi qui aurais rencardé Viagrapoutine vers ce communiste de Rui Costa, pour répondre en mon nom sur un… euh… un inverti à moustache? Ca a fini dans le bouquin cette histoire, et il y a tout le monde qui me prend pour un woke maintenant. Alors évidemment, c’est vrai que je suis très, très, très beau, merci beaucoup everybody, mais je n’aime pas beaucoup comment Brigitte me regarde maintenant, so : je vais imposer des droits de douane de 1000% sur ta foutue bière et ton sirop d’Aubel. Et Viagrapoutine n’a qu’à se faire lui-même sa propre idée sur ce gardien portugais. »
4) Le chat noir

« Quand la main a,
La bouche se réjouit. »
(Proverbe camerounais, 1989)
C’est peu dire que le quatrième à ce classement ne manque ici d’admirateurs, et que l’Europe aura durablement succombé à son style félin et insolite. Mais l’Afrique, quant à elle : que pensait-elle de Thomas Nkono? Au travers des mots du Youtuber Alimou Syli, ce ne seront cette fois les émois d’un vieux beau quercynois, mais bien plutôt le regard de l’un de ses voisins continentaux, qu’avec gratitude pour son auteur nous vous proposons.
« Le 16 juillet 1950, finale de la Coupe du Monde. Le Maracana n’est pas un stade : c’est une cathédrale. 200 000 âmes fiévreuses, persuadées d’assister au sacre du Brésil. Une Seleçao flamboyante, irrésistible face à un Uruguay que tout le monde croit condamné. Mais ce jour-là, l’Histoire du football bascule. Sur une frappe de Ghiggia, Moacir Barbosa, gardien noir du Brésil, ne peut rien. Le ballon file au fond, et le silence tombe. Le Maracanazo est né. Gardien noir du Brésil, Barbosa ne sera jamais pardonné. »
« Comme si la défaite d’un peuple tout entier devait peser sur ses épaules, on lui interdira de s’approcher de la Seleçao. On l’humiliera jusqu’à sa mort. Et de cette tragédie naîtra une malédiction silencieuse : celle du gardien noir. Pendant plus d’un demi-siècle, le Brésil s’interdira d’aligner un gardien noir. Il faudra attendre Dida, en 2006, pour briser ce tabou. Telle une pandémie, les pelouses européennes aussi semblaient bannir les gardiens noirs du rôle suprême. Les gardiens noirs étaient enfermés dans un préjugé terrible, on les croyait incapables d’être des remparts sûrs. Comme s’ils représentaient un risque, une faille, pour leur propre équipe. »
« Et puis, au coeur des années 1980, surgit une silhouette. Des cages camerounaises surgit un homme qui n’avait rien d’ordinaire : Thomas Nkono. On l’appelait « le chat noir ». Ce n’était pas seulement un surnom, c’était une manière d’habiter ses cages. Bondissant, félin, il réinventait le rôle de gardien par son audace, par sa manière d’occuper l’espace, par ce goût du spectaculaire qui n’était jamais gratuit, mais toujours nécessaire. Il défie l’injustice de l’Histoire. Chaque parade est un manifeste, chaque envolée un démenti à la malédiction. Et dans ses gants, il portait bien plus qu’une équipe : il portait la dignité de tout un continent, une couleur de peau. Au point même d’inspirer, bien au-delà de l’Afrique, un enfant italien qui allait devenir le plus grand gardien de son époque : Gian Luigi Buffon. »

« 1972, Thomas Nkono a 16 ans. Originaire de Lisonge, c’est à Edea qu’il passe le plus clair de son temps à jouer au football. Pour s’entraîner, il n’hésite pas à parcourir 25 kilomètres. La distance entre son village et Edea. Nkono n’était pas destiné à être gardien. Dans les matchs de rue, il marque, défend, court partout. Mais son grand-frère détecte autre chose : un potentiel énorme entre les poteaux. Il insiste jusqu’à ce que Thomas s’installe définitivement dans les cages. Après avoir déménagé à Douala, il est rapidement repéré et y rejoint l’Eclair, pensionnaire de deuxième division. Ses qualités sautent aux yeux : réflexes, envergure, charisme. En 1974, à seulement 18 ans, il franchit une étape majeure en signant au Canon de Yaoundé, le club-phare du pays. »
« En parallèle d’un emploi à la Compagnie des Eaux, il s’impose immédiatement, devient capitaine et gagne un surnom qui colle à sa silhouette : après « le chat noir » à Douala, place à « l’araignée noire » à Yaoundé – un sobriquet qui l’accompagnera, toute sa carrière durant. »

« C’est également à cette époque que se dessine l’une des plus grandes rivalités du football africain, car pendant que Nkono s’impose dans les cages du Canon de Yaoundé, un autre gardien tout aussi prometteur fait déjà parler de lui à quelques centaines de kilomètres, du côté de l’Union de Douala. Son nom : Joseph Antoine Bell. Leur opposition est nette. Nkono impressionne par son explosivité, ses réflexes hors-normes et son côté spectaculaire. Bell, lui, compense par un placement impeccable, une souplesse remarquable et une qualité de main exceptionnelle. »
« Deux styles différents, deux personnalités fortes. Le Cameroun découvre alors qu’il ne possède pas un, mais deux gardiens de très haut niveau. En 1975, Thomas Nkono sera prêté au deuxième club de la ville, le Tonnerre Yaoundé. Depuis longtemps, dirigeants et supporters en quête d’une première consécration continentale n’hésitent pas à mobiliser toutes les forces disponibles. Et la stratégie porte ses fruits : le Tonnerre Yaoundé s’adjuge son premier trophée, en battant le Stella Club d’Adjamé. »

« Les Ivoiriens dénoncent un scandale, rappelant que ce prêt était alors interdit. Mais qu’importe : à seulement vingt ans, Thomas Nkono soulève déjà son premier trophée continental. En revenant au Canon Yaoundé, Thomas Nkono franchit un cap décisif : il est convoqué pour la première fois avec les Lions Indomptables. Et c’est là qu’il croise un homme qui va changer sa vie : Vladimir Beara. L’ancien gardien yougoslave, une légende. Beara, devenu entraîneur du Cameroun, sera son premier vrai maître. Et le seul qui ose, en janvier 1976, le mettre en réserve. Non pas pour le sanctionner, mais pour l’aider à simplifier et mûrir son jeu. Un geste rare, presque paternel, qui marquera à jamais Nkono. »
« A partir de ce moment-là, Thomas Nkono change de dimension. En 1978, le Canon de Yaoundé s’avance vers l’Histoire : le club camerounais atteint la finale de la Coupe des Clubs Champions, l’ancêtre de la Ligue des Champions africaine. Mais pour soulever le trophée, il faudra renverser un monument : le Hafia Football Club de Conakry. Ogre guinéen, champion en titre, et surtout première équipe du continent à réaliser le triplé. »
« Le Canon débarque donc à Conakry pour la finale aller. Un voyage en terres hostiles, dans le chaudron bouillant du Stade du 28 Septembre. Mais ce soir-là, un seul homme va crever l’écran. Plongeons félins, réflexes déconcertants, autorité dans les airs… Le grand Hafia paraissait soudain petit face à ce colosse vêtu de noir. Le héros de Conakry avait un nom : Nkono. Score final : 0-0. L’exploit est tel que l’envoyé spécial du mensuel français Mondial s’enflamme : « Thomas Nkono est dans la lignée des plus grands : Yachine, Banks, Shilton. » Des mots lourds de sens, qui placent le Camerounais dans la cour des géants. »

« Une semaine plus tard, à Yaoundé, le Canon parachève son œuvre : victoire 2-0. Et dans la capitale, Thomas Nkono est porté en triomphe. Héros d’un peuple. A 23 ans, il s’impose comme le Roi de l’Afrique, prenant une avance considérable sur son éternel rival Joseph Antoine Bell. Et comme si le destin voulait graver cette saison dans le marbre, l’année suivante, en 1979, Thomas Nkono devient le premier, et à ce jour le dernier, gardien à décrocher le Ballon d’Or africain. Une consécration unique, à seulement 24 ans. Qui récompense son talent hors-normes, son audace et son caractère spectaculaire. L’Afrique tenait enfin son « araignée noire ». Mais Thomas Nkono et le Canon Yaoundé ne comptaient pas s’arrêter en si bon chemin. »
« Deux ans après l’exploit de Conakry, en 1980, les Camerounais inscrivent une nouvelle ligne à leur palmarès, en s’imposant en finale de la Ligue des Champions face aux Zaïrois de l’AS Dragons Bilima. Un deuxième sacre continental, confirmation éclatante de la suprématie du Canon. »

« Le Cameroun semble enfin prendre la mesure de son talent. Mais le véritable tournant arrivera en novembre 1981. Face au Maroc, immense favori guidé par l’élégant Aziz Bouderbala, personne n’imaginait le Cameroun triompher. Et pourtant, en aller-retour, la nouvelle vague camerounaise fera tomber les Lions de l’Atlas, et décroche à la stupeur générale la toute première qualification du pays pour une Coupe du Monde. L’Histoire venait de basculer. »
« Le match-aller de Kénitra restera à jamais dans la légende de Thomas Nkono. Il sera exceptionnel, enraiera toutes les offensives marocaines, et arrêtera même un pénalty. Victoire 2-0, et un nouveau surnom pour Thomas Nkono : « Monsieur 70% ». L’homme qui représente à lui tout seul 70% de l’équipe. »
(La suite est à lire ici et ici…ou à écouter ici)
3) Lectures 2 Foot (épisode 18) : Le confessé

« Pardon
Ne guérit pas la bosse. »
(Proverbe guadeloupéen)
Près d’un demi-siècle déjà, et cependant tout le monde se souvient encore de Schumacher pour l’attentat commis sur Battiston, lors de la Coupe du monde 1982 en Espagne. Mais d’autres, ainsi que l’illustre le cas d’espèce, se souviennent aussi qu’il pouvait être un gardien d’une efficacité agaçante…et même un polémiste de talent, comme à l’occasion de la sortie de son « Coup d’envoi », en 1987 : « Livre de sport le plus populaire de tous les temps » (ainsi que le proclamera sa quatrième de couverture), non moins que source de maints scandales et même de sa suspension de l’équipe nationale…bien que le contenu de ce livre s’avérât en définitive ne contenir aucun mensonge, et au plus grand soulagement de Pays-Bas qui, lors de l’Euro 1988, n’eurent dès lors à composer qu’avec le brin inoffensif Immel.
Pourquoi cette histoire fit-elle autant sensation ? Nombre de biographies de footballeurs se caractérisent par leur manque de profondeur, puisque voilà sans doute ce qui réjouit les faiseurs d’opinion. En Angleterre, de jeunes stars de vingt ans publient même déjà leurs mémoires… De quoi meubler les rayons des librairies, saturer la littérature footballistique par un flot ininterrompu de merde, et entretenir le cercle vicieux de l’abrutissement collectif. Ce qui n’était, loin s’en faut, absolument pas le cas d’« Anpfiff » : livre écrit par le joueur lui-même, sans recours à quelque nègre littéraire, et qui proposait la vérité…telle du moins qu’elle apparut à Toni, sans la moindre forme de détour, et comme en une photographie fidèle de tout ce que le football professionnel lui avait inspiré.

Et le miracle opère : non content d’être excellent, le livre parvient même à rendre attachant ce si décrié gardien de but. L’histoire du petit Harald, issu d’une famille ouvrière, et qui renoncera à sa formation de chaudronnier pour devenir le grand Toni du FC Cologne, est certes une histoire comme il y en eut déjà tant d’autres. Mais la sincérité avec laquelle il confesse ses erreurs, la franchise avec laquelle il parle de football et le choix de ses mots ont de quoi laisser perplexe. Comment? Cette grande gueule, ce boucher compulsif qu’on eût mieux fait d’enchaîner à sa cage : un être humain? Eh bien oui, cela fonctionne! Car fût-ce en creux, l’histoire qu’il nous propose est d’abord et avant tout une déclaration d’amour pour le jeu.
Par ce livre et si besoin, Toni ajoutera même deux flèches à l’arc déjà copieusement garni de ses polémiques. La première l’y voit décrire la vie d’un footballeur, durant un stage de préparation à un grand tournoi. Et si cela peut aujourd’hui sembler banal ou éculé, il importe pourtant de réaliser que, pour plupart des nations, et très certainement pour l’Allemagne de l’Ouest, rien de tel n’avait jamais filtré jusqu’à ce que Toni se décidât à en parler…or c’est qu’il y balance, le bougre!

Qui dresserait de l’idole Rummenigge le portrait indicible mais réaliste d’un paranoïaque pathétique et obsédé par son pouvoir, mais perpétuellement blessé. Qui rapporterait comment Breitner, coupable déjà de l’alcoolisme naguère de Müller, y pervertit et enivre chaque nuit les plus jeunes. Et qui dessinerait enfin la toile d’araignée de tous ces joueurs mécontents, et de leurs clans et de leurs conjurations. L’un dans l’autre, le livre donne presque l’impression que Schumacher était le seul véritable athlète de haut niveau au sein de l’équipe ouest-allemande, lors de la Coupe du monde mexicaine. Et même quand ils perdent la finale, où d’ailleurs Toni se trouera lamentablement, c’est encore lui qui remporte la palme, car certes il a commis l’une ou l’autre erreurs, mais il sait aussi que, s’il avait joué à son meilleur niveau, l’Allemagne l’aurait emporté.

L’autre chapitre sulfureux traite évidemment du dopage, en l’espèce institutionnel, et qui incline Schumacher à prendre la défense de joueurs qu’il se garde toutefois bien de nommer. Lui-même n’en sort pas indemne, qui dans le détail rapporte ses propres expériences de dopage à l’entraînement, avec franchise et transparence…mais en tenant à préciser qu’il ne s’y est en rien amélioré.
Enfin, bien sûr, il y a l’affaire Battiston… Vous l’aurez compris : c’est le bon rôle, que Schumacher se donne constamment au gré de ces pages. Aussi, et bien que le Français appuyât plus tard la version de Toni : comment ne pas se défier, ne fût-ce qu’un peu, d’un si tardif plaidoyer? Mais Toni a écrit un bon livre, et l’Allemand qui s’y révèle paraît si peu antipathique, qu’on regretterait presque de ne pas l’avoir laissé dans son emballage.
Note : 4/5…mais 5/5 si je n’avais pas aimé Battiston.
2) Le Sympathique

« Autrefois, dit une vieille dame,
On était toujours caché dans les buissons.
On n’avait pas de bonne vie.
Aujourd’hui, on reconnaît qu’on est apprivoisés,
Comme tout le monde
On a la parole facile
Comme tout le monde… »
(Patrick Williams, Nous on n’en parle pas, 1987)
Ils vivaient dans des roulottes et s’arrêtaient au bord des rivières. Ils auraient pu servir de modèles pour les bohémiens des livres d’enfants. Les automobilistes qui roulaient sur les routes voisines les apercevaient-ils? Ils étaient si forts pour trouver le faux chemin qui les mettrait à l’abri… Parfois, cependant, une fumée derrière un bosquet attirait l’attention. Ou alors c’était au sortir d’un pont quand, tout à coup, une douzaine de roulottes éclataient dans le paysage, comme jetées aux bords de rivières aux noms gutturaux. Les hommes assis dans l’herbe y croisaient l’osier, tandis que les femmes allaient d’un feu à l’autre, que les chiens aboyaient, et que les enfants désignaient en criant tout intrus du doigt.

Dès l’aube, son père Honoré ramenait les chevaux des prés, où ils avaient été mis à paître la nuit à l’insu des paysans, tandis que sa mère, la Néerlandaise Gerdina, ranimait le feu pour le café du matin, et que l’odeur du bois humide pénétrait déjà les vêtements. Plus tard sous le soleil, quand il partait couper l’osier sauvage parmi les marécages du Molsbroek, ou traquer le lapin avec ses frères et leurs chiens dans la Forêt Perdue, laissée à l’abandon depuis le passage vingt ans plus tôt de leurs lointains aïeux allemands, ce sont alors les femmes que Jean-Marie croisait, qui rentrant de tournée ramenaient au campement les œufs, le jambon et la volaille, qu’elles étaient parvenues à troquer à la ferme contre des napperons.
C’était aux femmes que revenait de quémander, car la voix grave des hommes n’avait pas appris à parler à l’intérieur des maisons : ils criaient en permanence, comme s’ils n’avaient jamais vécu dans le tambour d’un logement. Il y avait des infirmes parmi eux, des estropiés, des boiteux, des innocents… Mais contrairement aux Gadjés ils ne les cachaient pas, puisque tout comme ces paysans dont ils usurpaient les prés et la pitance, ces gens du voyage étaient incapables eux aussi du moindre scrupule pour leur corps.
En ce mitan des années 1960, tous ne possédaient encore une roulotte : les jeunes mariés par exemple, puisque c’était encore la tradition et qu’il eût été honteux de dormir dans le foyer de l’un ou l’autre des parents, faisaient bien souvent leur lit dans l’herbe ou sous une roulotte par temps de pluie, guettant le retour du jour pour que leur dénuement fût enfin toléré. Dans ce coin du Waasland où ils s’étaient peu à peu sédentarisés, la pluie plus encore que le deuil restait le moyen le plus sûr pour se rassembler – comme en cette veille d’Assomption qui les vit tous se réunir, reclus par la fraîcheur et par l’humidité, dans l’itinérant logis du patriarche…

Des six fils, quatre des cinq footballeurs sont là. Le libéro Danny d’abord, le plus jeune et pas le moins doué des quatre, dont le moindre froncement de sourcil laisse déjà deviner le mélange de dureté et de tristesse contenues, et que Jean-Marie initia à la chasse au lapin avant de consumer, vingt ans plus tard et pour lui, ses ultimes cartouches auprès de Guy Thys et de l’opinion publique. Puis à babord l’on devine l’ailier gauche Louis, qui avec l’aîné et surdoué Jean-Baptiste fut le premier à se faire accepter d’un club : à l’Eendracht Alost, du nom de cette ville où la famille posât longtemps sa première caravane, et non loin de laquelle Jean-Marie fut mis au monde par Gerdina. Toon enfin est là lui aussi, premier « Supersub » de l’Histoire de leur cher SK Beveren, quelque dix ans avant que n’y débarquât à son tour un célèbre rouquin des bords de la Mersey…

Ce n’était pas rien de se faire accepter, quand on était enfant des gens du voyage. Et Dieu seul sait combien de moqueries, de rejets, de coups de poings et de larmes, le jeune Jean-Marie aura essuyés jadis – et essuie encore quand, parmi ses plus proches, d’aucuns lui reprochent publiquement d’avoir renié les siens, et de s’être perdu.
Dans la famille, lorsqu’un frère troquait le cheval et la roulotte pour une auto ou un camion et une caravane, il n’avait plus besoin d’atteler tout le convoi pour s’en aller chiner dans un village distant de vingt kilomètres, ou pour prendre des nouvelles de cousins signalés dans les parages. Il se moquait même qu’il y eût ou non des pâtures à proximité du lieu de halte, et d’ailleurs il préférait le plus souvent s’arrêter sur une place goudronnée, de sorte de s’épargner que l’herbe du pré ne muât fatalement sous lui en un champ de boue. Mais Jean-Marie ferait bien plus, que de troquer son cheval pour une voiture…
Certes, au début, chacun des frères continua à fréquenter les « petits pays ». Puis bien vite la césure s’opéra d’entre ceux qui y restaient, et ceux qui sautaient de place en place presque instantanément, comme le publiciste Jean-Marie quand advenait qu’il se posât en hélicoptère sur le parking d’un supermarché, pour y vendre des pâtes ou des céréales. Ceux-là ne disposaient soudain plus du même temps, et n’employaient plus même ce temps aux mêmes choses… Aussi : comment rester frères, désormais ? Dans sa précipitation à retrouver l’harmonie d’une vie où tous vont au même rythme, et quand il fut devenu vieux, Jean-Marie voulut vendre le maillot de Diego chez Sotheby’s, pour financer l’achat d’un bus qu’il prétendra lui-même piloter : « On m’appelle même pour conduire à une fête de la moule ; bien sûr que ça m’intéresse! »

On n’échappe pas au train du monde. Et l’on n’échappe pas à son destin, comme cette nonne qu’il tua malgré lui au volant de son véhicule, à l’été 1994. Ou comme cet accident de moto, qui en Bavière avait failli lui coûter la vie. Aujourd’hui encore, d’aucuns qu’on voyait croiser l’osier assis dans l’herbe, tel son Wallon de père Honoré, amassent et cassent la ferraille dans la poussière, et le chaos de lieux où l’on ne jette rien. Jean-Marie, lui aussi, n’a fait que troquer un monde ancien contre un monde nouveau, fait de publicités épousant le moindre centimètre carré de sa peau, et de projets saisonniers moins pérennes que les frises peroxydées de sa permanente. Prospectant comme eux ces endroits où il fit jadis affaire, visitant les parents proches avec lesquels il ne s’est encore fâché, et inventant comme eux d’autres voies pour se faire de l’argent, ou rester nomade au milieu des Gadjés.
Parfois, au milieu des Gadjés, Jean-Marie aura donné l’impression qu’il n’en revenait pas – comme celui qui ne parvient pas à se remettre d’une révélation trop violente. Ou comme le guerrier Droctulft, « blanc, gai, innocent, cruel, loyal à son chef et à sa tribu », lequel, selon Borges, vit toutefois à Ravenne ce qu’il n’avait « jamais vu avant : un ensemble multiple et sans désordre, une ville, une machine complexe dont nous ignorons la destination, mais dans le dessin de laquelle on devine une intelligence immortelle (…). Il sait que, dans ses murs, il sera un chien ou un enfant, et qu’il n’arrivera même pas à la comprendre, mais il sait aussi qu’elle vaut mieux que ses dieux et la foi jurée et toutes les fondrières de la Germanie. »
Amok

Et est-ce là ce qui lui arriva quand, après avoir tant connu l’injustice, la barbarie et la marginalité, et qu’il fut cependant signé pour un montant-record au Bayern de Munich, il livrerait soudain au monde l’inconcevable mystère d’une âme devenue folle – d’une chose ni homme ni bête, mais affamée de toute la sauvagerie dont sont capables les deux?
Toute l’affaire, au fond, avait probablement débuté quinze mois plus tôt, quand le 11 mars 1981 le Lokeren de Lato et de Lubanski s’était qualifié contre le Beveren de Pfaff et de Janssens, pour une place en demi-finale de la Coupe de Belgique. Et quand bien même rien de particulier ne semblait avoir troublé le déroulement de ce derby, l’arbitre rédigerait bientôt un rapport à l’encontre de Jean-Marie Pfaff, accusé d’avoir porté un coup de genou à l’arbitre assistant Thirion, lors de la rentrée aux vestiaires… Prestement convoqué, Pfaff serait aussitôt suspendu pour six mois fermes. Une sanction d’autant plus sévère qu’avant lui, et déjà abusivement, seul le Standardman Roger Claessen avait été suspendu pour davantage de temps, et que de l’avis général le très candide Jean-Marie Pfaff n’avait rien eu à se reprocher :

« Après ce match, j’ai tout simplement refusé de serrer la main de cet homme, tellement j’étais irrité par l’arbitrage. L’accusation selon laquelle je lui aurais donné un coup de pied est absurde. J’ai quitté le terrain avec Raymond Mommens et Maurice De Schrijver, qui comme vous le savez jouent pour Lokeren : ils pourront en témoigner. »
Les témoins cependant étaient interdits, de même que le recours aux images télévisées, qui l’innocentaient mais que la chaîne publique flamande refuserait de livrer tant que Jean-Marie Pfaff n’eût pas purgé sa peine. « Le crime aurait pu se produire hors champ », se justifierait avec grandiloquence le lamentable directeur de la régie des sports Wim De Gruyter.
La suspension fut donc confirmée en appel, au terme d’une séance que les autorités s’échinèrent à leur tour à dramatiser, qui avaient déployé devant les bureaux de la fédération un dispositif policier d’autant plus absurde, que Jean-Marie avait toujours été un bon garçon, et que l’on n’avait jamais entendu parler de hooliganisme dans la région du Waasland.
Plus que de l’intransigeance, il y avait du racisme de classe, dans l’interdiction faite aussi à Pfaff de prendre part au maiden-match de ses équipiers et amis Freddy Buyl et Wilfried Van Moer, tandis que Thys se résignait à le snober suicidairement, dans une escalade informe qui dura le temps que la Belgique comprenne, enfin, qu’elle ne pouvait se priver plus longuement de son meilleur gardien, et qu’elle risquait aussi d’y perdre ses équipiers beverenois Bert Cluytens et Wilfried Van Moer, qui par solidarité menaçaient pour lui de prendre leur retraite internationale.
« Personne n’a rien vu ni n’a rien dit », affirmera toujours Van Moer. « Après le match, d’ailleurs, Thirion a fait la fête avec la direction de Beveren jusqu’à deux heures du matin, et n’a porté plainte que deux jours plus tard. Je soupçonne donc les Wallons d’avoir utilisé cette tactique pour évincer Pfaff de l’équipe nationale, au profit de joueurs francophones comme Preud’homme ou Munaron. » Peu soupçonnable de flamingantisme, le vieux Wilfried disait-il vrai? Bien qu’elle procédât plus vraisemblablement d’un coup monté anderlechtois, l’affaire prenait subrepticement une tournure communautaire ; il était temps d’en terminer.

Sa sanction consommée, il ne faisait en tout cas plus de doute que le très courtisé Jean-Marie finirait tôt ou tard par quitter ce pays, qui l’avait humilié et où sa place n’avait peut-être jamais été. Mais de là à ce qu’il perdît la raison? Ou fût frappé d’hubris après avoir signé au Bayern de Munich?
Après un premier match somptueux face à Diego, est-ce la réminiscence des torts vécus depuis l’enfance qui le vit démolir tour à tour, face à la Hongrie, son équipier Gerets puis l’attaquant de l’Antwerp Fazekas? Soudain hilare, et indemne bien qu’il prétextât une douleur à l’épaule, il s’engouffrerait dans l’ambulance missionnée pour Gerets, resté de longues secondes inconscient, et que d’aucuns croiront même mort. Mais le summum survint quand, parvenu dans la chambre d’hôpital qu’il avait usurpée, il multiplierait les séances de photos et de dédicaces avec le personnel médical, tandis que le Lion de Rekem ne laissait d’inquiéter dans l’attente de secours qui le prissent enfin en charge.
Plus tard, le verdict serait sans appel : l’on ne reverrait plus Gerets du tournoi…ni d’ailleurs Pfaff dont le reste du groupe ne voulait désormais plus, et qui quelques jours plus tôt s’était déjà signalé malgré lui par un double-psychodrame : d’abord quand, abusé par ses pudeurs de nomade, il n’avait pu s’imaginer que René Vereyhen fît venir sa belle dans sa chambre, et rameuta la Guardia Civil dans les couloirs de l’hôtel ; ensuite quand, poussé par un facétieux journaliste dans la piscine de l’hôtel, et à son plus grand embarras, sa panique puis sa colère avaient rappelé à tous qu’il avait grandi dans une roulotte, et que contrairement aux autres il n’avait probablement jamais appris à nager.
Voué malgré lui à l’isolement et à la différenciation, ce décalage était-il celui que les hommes du temps des chevaux, tel son vieux père Honoré, avaient essuyé puis essayé de maintenir, tandis que la marche du monde détruisait peu à peu leurs vies? Toute l’ivresse de ses ancêtres ; cette force féroce et dionysiaque qui parfois émergeait, et menaçait d’effacer jusqu’au souvenir de leur identité morale… Dans le maelstrom de sa vie, qui le verra livrer sa famille au public, avoir un geste désastreux envers un jardinier noir, être numéro 1 des charts allemands, essuyer les home-jackings et perquisitions, et même dit-on guérir en Turquie les cancers du cerveau – en somme, au milieu de toute cette folie : Jean-Marie n’oublia pourtant probablement jamais la grande roulotte verte, qu’ornait une frise de bois verni où s’entrelaçaient des feuillages sculptés en volutes, la fratrie, et les interminables déplacements avec ses frères footballeurs et leur père Honoré…

« Dans ma jeunesse », raconterait un jour l’aîné Jean-Baptiste, « nous vivions dans notre caravane, à l’ombre de l’église de Mijlbeek. Puis nous déménageâmes sur l’Astridplein, dans ce quartier de Lebbeke où naquit Jean-Marie, et alors ce fut Beveren. Nous n’y manquions de rien. Mais vu que notre père en était un fervent supporter, il ne fut pas surprenant que je rejoigne d’abord les Ajuinen de l’Eendracht Alost. »
« Alors, depuis Lebbeke puis Beveren, mais porté toujours par son cœur de supporter, mon père continua de conduire ses fils à l’entraînement, à Alost… Les cadets, Jean-Marie et Toon, y avaient en effet intégré l’équipe de jeunes. Puis un jour, lors d’un trajet en voiture, il y eut cet accident. A mi-chemin, entre Dendermonde et Hamme, quand nous dûmes faire un écart pour éviter un cycliste, et que nous percutâmes un arbre. Mon père fut grièvement blessé et décéda peu après, à peine âgé de 51 ans. Il était notre pilier, notre soutien indéfectible. Après sa disparition, et puisqu’il n’y avait plus personne pour nous conduire, j’ai été tenté par une offre du SK Beveren, qui n’était alors qu’une équipe ambitieuse de troisième division. Puis Jean-Marie et Toon m’ont suivi. » La suite appartient à l’Histoire. Et à l’intimité de Jean-Marie qui, sous le vernis de ses pitreries, dissimule encore un gouffre silencieux, où son âme meurtrie requiert chaque jour toujours plus d’amour et de témoins.
1) Un chat…qui avait plus d’un tours dans son sac

« Les rêves d’un chat
Sont peuplés de souris. »
(Proverbe libanais)
Si le numéro 4 de ce classement pouvait raisonnablement passer pour première star mondiale qui fût issue du continent noir, et témoigna en son temps de la mondialisation pleinement accomplie de ce jeu, c’est tout bonnement la première place que le comité de rédaction aura entendu réserver à ce pair issu de la sphère musulmane – mais d’une terre d’Islam insoupçonnable, car sise dans un ancien khanat tatar, au fin fond des steppes et à latitude égale de Stockholm ou de Calgary.
Né à Astrakhan, à cent kilomètres environ de la Mer Caspienne, Rinat Dassaev est en effet de ces quelque six millions de Turco-Mongols de Russie qui, dans le patchwork civilisationnel de cet insoupçonnable melting-pot humain, pratiquent comme lui leur foi musulmane, au gré des fluctuantes largesses puis tracasseries avec lesquelles, aux quatre coins de notre pauvre monde, se décline cycliquement de n’appartenir exclusivement à une masse, mais conjointement à celle-ci non moins qu’à une minorité religieuse, sexuelle et/ou ethnique.

En l’espèce, comme bien souvent, les parents de Dassaev étaient des gens simples. Son père travaillait dans une usine de poisson, et sa mère dans un port fluvial. Et bien sûr la famille était musulmane, qui éleva ce fils dans le plus strict respect des traditions et de la religion de ses ancêtres.
« Ça a toujours été comme ça, et ça le sera toujours », se remémore aujourd’hui Rinat. « C’est-à-dire tel que mes parents et ma grand-mère me l’ont toujours appris. Un jour, ma mère a voulu frire du porc dans une poêle, ma grand-mère l’a découvert…et voulut frapper ma mère avec ce morceau de viande, avant de jeter la poêle au loin. Pour ma part, soyons clair, je n’ai jamais adhéré à ces interdits. Je mange du porc. Je bois. Mais je reconnais l’importance de la religion. A l’époque soviétique par exemple, et bien que ce fût mal vu, j’allais régulièrement à la mosquée, jusqu’à ce qu’un jour je sois convoqué par Beskov et Starostin : « Où étiez-vous, hier ? » Je n’étais pas sorti pourtant, et à l’époque je ne buvais pas d’alcool. Alors je répondis, candidement : « J’étais chez moi. » Mais ils insistèrent : « Et à la mosquée ? » « Oui, je suis allé à la mosquée aussi. » Et c’est ainsi que je dus comparaître devant le Comité central. »

« Si je fus traîné à la Loubianka? Pour des questions liées à la religion : jamais. Par contre, à chaque fois qu’on m’apercevait à la sortie de la mosquée, j’étais invité à me rendre immédiatement en leurs bureaux. Où je fus un jour reçu par un membre du comité particulièrement aimable et attentionné, avec lequel j’eus une conversation des plus amusantes : « Rinat, je comprends très bien que vous fassiez cela, mais vous ne pouvez pas vous montrer de la sorte à la mosquée, vous êtes bien trop connu! Vous devez comprendre que les correspondants occidentaux vont vous reconnaître, et que ce serait un scandale épouvantable si les radios ennemies diffusaient cette nouvelle dans le monde entier! »
« Mais vous », lui répondrait Rinat, « vous avez le droit d’aller à l’église ? »
« Si je peux? Evidemment que je peux, car personne ne me connaît. J’ai même fait baptiser mes enfants… »
Superstitions

A Tarasovka, sur la route menant de Moscou à Iaroslav, et dans un méandre de la rivière Kliazma, se dresse l’un des monuments les plus pittoresques de l’architecture religieuse moscovite : l’église de l’Intercession de la Sainte Vierge, datée d’un temps lointain où la Moscovie subissait encore le joug des Mongols. A l’instar de ce haut-fonctionnaire du KGB, qui dans un bureau de la Loubianka l’avait mollement sermonné, ce sont plusieurs générations de joueurs du Spartak qui s’y seront rendues secrètement, la veille des grands rendez-vous. Mais il n’était pas rare, entre deux entraînements, d’y apercevoir aussi Konstantin Beskov, homme respectueux des religions et qui, conséquent avec lui-même, autorisait donc Rinat à se rendre à la mosquée, pourvu que ce fût discrètement et pendant les jours de repos.
« A l’époque, il était de longue date prévu qu’on me remette la médaille de l’ordre de l’insigne d’honneur, mais à cause de cette histoire, la cérémonie fut finalement reportée de six mois. Et cependant je continuais à aller à la mosquée, si bien qu’ils finirent par comprendre qu’il était inutile de vouloir me combattre. Il est vrai que je n’ignorais pas que Beskov et Starostin ne me laisseraient pas tomber si facilement. Alors j’y allais tout le temps. Et je gardais le Coran avec mes gants de rechange, dans un sac que je déposais à l’entrée. »
« S’il est dès lors exact qu’il y eut en permanence un Coran dans ce sac, que je déposais à chaque fois dans le but avec mes gants de rechange? Oui, bien sûr. Toute ma famille est religieuse, et moi-même depuis l’enfance. Aussi y avait-il toujours un Coran à la maison. Et y en eut-il toujours un, aussi, dans le sac que je laissais dans mon but. »

« A dire vrai, on m’offrait souvent des Corans. Mais un jour, à la mosquée, un mollah m’a offert un livre saint et m’a dit : « Celui-ci, garde-le toujours sur toi. » Et c’est ainsi que, depuis ce jour, je ne m’en suis plus jamais séparé, pas même sur le terrain. Alors certes, je n’ignore pas qu’il est interdit de poser le Coran par terre, mais comment aurais-je pu procéder autrement? Je n’allais quand même pas l’attacher à la barre transversale ! Puis un jour survint cet incident, quand l’on m’a volé mon Coran… »
« C’était à Cadix, nous gagnions 5-0. Quand fut donné le coup de sifflet final, je courus jusqu’au milieu du terrain, pour m’en aller fêter cette belle victoire avec mes équipiers. Cela ne dura qu’une minute. Mais quand je voulus le récupérer, mon sac dans le but était vide. On m’avait volé mon Coran. »
« J’étais très contrarié, car ce Coran m’avait toujours réconforté. Et je me résignai donc à devoir en racheter un nouveau. »
Dieu merci, la très pieuse grand-mère de Rinat n’en sut jamais rien. Mais par la suite, même après le coup de sifflet final : ce petit-fils qu’elle avait tant grondé, souple comme un fauve, et doux comme un chaton, ne relâcha plus jamais l’étreinte de ses griffes sur sa sacoche blanche et sanctifiée.
Galerie








Mise à part le masque, c’est tout à fait moi.
Entre ton texte et mon uchronie sur Everton 86, on aura traité bizarrement le cas Southall. Haha
Je ne goûte pas le genre, mais elle était très bonne ton uchronie.
Je vais revenir à Southall car tiens à lui rendre honneur, l’impression de l’avoir mis dans mes trois premiers votes pour cette décennie?? Il m’avait marqué à l’adolescence.
Eh beh, y a du lourd, va falloir relire tout ça avec attention.
Dassaev et son coran me font penser au gardien de l’Atlético Mineiro João Leite et ses bibles. À l’inverse du Soviétique, il n’avait pas à se cacher, au contraire puisqu’il a créé une sorte de secte appelée les Athlètes du Christ. Il entrait sur le terrain avec une bible et la remettait à un équipier à ou un joueur de l’équipe adverse. Ça a duré jusqu’à ce que la bible serve à frapper des adversaires un jour de match houleux !
Khidiatoulin a également des origines tatars, il me semble.
Je te le confirme, d’origine tatar, minorité assez présente dans le kraï de Perm dont il provient.
Lol, c’est quoi cette histoire
Je suppose qu’il s’agit de l’ « origuinalniy » Khidiatouline, sans premier « a ».
« Le libéro Danny d’abord, le plus jeune et pas le moins doué des quatre (…) et que Jean-Marie initia à la chasse au lapin avant de consumer, vingt ans plus tard et pour lui, ses ultimes cartouches auprès de Guy Thys et de l’opinion publique. » Que veux tu dire ?
C’aurait mérité une note de bas de page, tu as raison. Mais j’ai déjà abordé ce chapitre de nos 80’s, non?? Je sais plus.
En substance : dans cette famille nombreuse et de gens du voyage, vivant dans certaine promiscuité et vase-clos.. ==> C’était vite fusionnel, les aînés étaient chargés des plus jeunes..et Jean-Marie prit donc Danny sous son aile, l’initia, c’était son protégé. J’ai retrouvé une interview très touchante où il évoque cela, les moqueries que son cadet endurait aussi………et les coups que Jean-Marie donnait pour le venger ; voilà pour donner idée de leur relation.
Or Danny fut footballeur pro aussi, libéro et capitaine du Beveren de fin 80’s. Et il n’était pas mal du tout, une valeur sûre du championnat…………mais de là à être le libéro de l’équipe nationale??? Jean-Marie vécut comme une injustice de plus qu’il ne reçût sa chance, voulut l’imposer dans l’équipe, joua des médias et de sa popularité post-86 pour arriver à ses fins………………..mais ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, et Thys en profita pour se débarrasser de ce gardien plus populaire avec l’extérieur qu’en interne, et qui prenait beaucoup de place ==> On ne vit pas Danny dans la défense des Diables..et l’on n’y revit jamais non plus le trop protecteur Jean-Marie.
Ah oui, j’ai retrouvé, tu l’as mentionné brièvement dans un texte sur le Malinwa.
Ça ressemble un peu aux frères Ravelli. J’ignore le niveau d’Andreas. Il n’a jamais joué à l’étranger. Peut-être par manque de niveau. Ils sont rares dans les années 80 les internationaux suédois à ne pas avoir tenté leur chance.
La souplesse naturelle de Nkono au contact de la technique et de l’élasticité de Beara, ça a donné ce gardien extraordinaire apprécié en effet même dans le Quercy blanc eh eh.
Toujours fidèle à l’Espanyol, il était dans les tribunes du RCDE Stadium lors du match pour le maintien de mai dernier aux côtés de Solsona notamment. Je crois qu’il n’entraîne plus les gardiens – sa dernière pépite aura été Joan García désormais au Barça – et se contente d’un rôle d’ambassadeur du club.
Je ne vais pas trahir mes souvenirs, j’ai détesté Schumacher un soir de juillet 1982. Mais très vite j’ai compris que lui et l’arbitre servaient de pare feu à la défaite française et aux incroyables faiblesses mentales, tactiques et même techniques affichées par les Bleus alors que le score était de 3-1. Et je me suis mis à apprécier Schumacher, notamment lors de l’Euro 84 durant lequel il excelle en terres hostiles alors que la RFA de Derwall agonise.
Je suis assez d’accord avec cela.
À propos de la chasse aux infos sur Southall parmi la rédaction, je suis en mesure d’affirmer que les traits caractéristiques des rédacteurs relevés par Alex sont conformes à la réalité sans exagération aucune.
Toujours!
et sinon Southall il etait fort ou quoi ? hehe
Dommage qu on publie plus les accessits hors top 10 ça manquait pour les 70s aussi, de memoire j avais mis Badou Zaki dans les 80, et je sais plus qui. Ah si l autre belge j avais mis dans les 80. On le verra súrement dans quelques semaines.
Je n’en ai pas eu connaissance, je crois??? En tout cas tu as raison, ça manque.
Bobby doit savoir, c’est lui qui me transmit le top10 à développer.
Je me rappelle avoir mis Bento en bonne place. Et Bodart!, de 85 à 95 c’est classe mondiale comme gardien.
J’ai filé des voix à Grobelaar et Silviu Lung, quand la Roumanie et Craiova étaient encore des pénibles.
Lung était un bon gardien. Grande tige assez spectaculaire.
Zaki, comme Nkono, ont réussi à s’imposer en Liga à une époque où les Africains étaient absents de cette ligue. Mise à part un Timouni. C’est très fort, surtout à leur poste. Me demande si il est toujours le numéro 1 au Maroc. Bonou est allé plus haut en club et sélection et c’est également un super gardien. Difficile de choisir. Zaki, peut-être encore devant pour la symbolique du gardien pionnier en Europe et pour la surprise de 86 mais choisir Bonou est évidemment acceptable. Arf…
Ah ! ben, s’ils demandent rien, aussi…
Triple G m’avait demandé pour les seventies, c’est sûr.
Alex, je sais pas.
En exclu, tout le classement :
1) Dasaev
2) Pfaff
3) Schumacher
4) Nkono
5) Southall
6) Shilton
7) Zenga
8) Bats
9) Arconada
10) Mlynarczyk
11) Bell
12) Bento
13) Duckadam
14) Peudhomme / Jennings / Bodart
17) Zaki / Grobbelaar
19) Lung / Van Breukelen / Rodolfo Rodriguez
Rodolfo Rodriguez, je pourrais pas affirmer que c’était un cador mais il avait un sacré look. Dans cette génération, j’ai redecouvert récemment Fernando Alvez. Je le connaissais depuis l’album panini du Mondial 90 mais j’avais jamais fait attention à lui. Et bien, il était pas mal du tout. Vainqueur de la Copa America 95 en fin de carrière.
J’ai visionné les matchs du Mundialito et de larges extraits de la Libertadores 1980 mais je ne peux pas dire qu’il m’ait impressionné. Pas mauvais mais une gestuelle propre à lui, pas très esthétique, une sorte de grand échalas un peu gauche.
Le Canon Yaoundé, avec Hafia Conakry, est la grande force du foot africain des années. 3 c1 et 1 c2. Avec trois ballons d’or dans l’équipe. Nkono, Abega et Jean Manga Onguéné qui est peut-être sa figure la plus importante. Jean Manga Onguéné ne quittera jamais le Cameroun malgré les sollicitations.
Années 70, début 80
Elle est d’ailleurs sympa la photo entre Nkono et Abega.
En 90, le Cameroun a Nkono, Bell et Songo’o en gardien. La plus belle triplette africaine de l’histoire et de quoi être très bien placée dans l’histoire de la compétition. C’est mieux que France 2018 par exemple. Haha
Ta photo de Schumacher relevant Maradona me fait penser à celle-ci.
Toni SCHUMACHER/GER, Hugo SANCHEZ Photo d’actualité – Getty Images https://share.google/Nx1o64zkJ0Nu0d0YF
Toni aidant Hugo Sanchez à faire passer une crampe lors du quart. Il était visiblement dans une autre dynamique. Les deux s’étaient d’ailleurs affrontes en finale de l’UEFA quelques semaines auparavant.
Je l’ai déjà dit mais Pfaff pour moi, c’est le jubilé Platini que j’avais en vhs. La star de la soirée, c’est lui. Et pourtant il y a du beau monde. Quand Rinat le remplace en deuxième mi-temps, c’est la fin de la rigolade. Y a un moment anthologique. Platini laisse sa place à son fils, qui doit avoir 8, 9 ans, et l’ensemble de l’équipe mondiale le laisse passer pour qu’il inscrive un but. Je vois encore Boniek faire semblant de courir après. Il se présente devant Dassaev qui arrête sa frappe. Haha
Pas de passe-droit pour Rinat !
Il est très beau ton paragraphe sur Pfaff. J’ai revu récemment des images où il joue pour Trabzonspor tandis que Schumacher garde les cages de Fenerbahçe. Ce sont les deux premiers gros transferts de ce championnat.
Ce jubilé m’avait marqué aussi. Et je confirme, Pfaff multipliait les espiègleries. Une vrai « vedette » comme on dit chez moi.
Mon souvenir de ce jubilé: le maillot NO DRUG porté par Diego. Des barres…
Rinat premier, oui. Si son passage en Espagne n’a pas été une réussite, il y a rencontré sa deuxième femme. Une Sevillane avec qui il a eu plusieurs enfants.
Me disais bien que je connaissais Muntibila. C’est Santos Muntubile, une gloire congolaise
Il a joué à l’OM des minots et du maillot Zoo de Marseille, si je me souviens bien.
Nkono n°4, et donc 4 africains (je goûte peu ce qualificatif, censé embrasser 54 pays) dans le top 20 des eighties. Cela manquait dans les classements précédents, même si je crois en comprendre les raisons.
L’allégeance de Buffon à Nkono est un peu lourde quand elle devient le seul argument pour décrire les qualités de ce gardien. Heureusement que P2F est là. Avec Bell et Songo’o (vous l’avez dit), les gardiens camerounais sont bien représentés. J’ai cru un temps qu’Onana allait s’inscrire dans cette lignée…. Il y a t-il une école camerounaise particulière?
Dans le portrait, il est bien décrit l’apport de Vladimir Beara pour Nkono. Mais, de manière générale, je méfie un peu de la thèse d’un apport extérieur s’agissant des affaires de l’Afrique….
Bref bel article, j’ai appris pas mal de choses. Merci
Ps : Vous verrez quand Stromae confessera qu’il était fan de Francis Cabrel…
Ah, le chapitre Nkono n’est pas de moi, je suis toujours tres prudent avec des choses que je connais mal et que je redoute de desservir, trahir.. ==> lâchement (mais donc honnetement, aussi), ce que je propose donc ici est integralement….guinéen??? Je ne sais pas d’où provient ce youtuber, que j’ai evidemment prevenu de cet emprunt (et de cette pub! 🙂 ), il sait où nous trouver.
Perso, je me sens Iincompetent pour juger du parcours de Nkono, et ai donc botté en touche 😉
Je ne sais s’il s’abuse concernant la dimension, allez, « Africa-power », de Nkono?? Nkono vengeur de Barbosa, tu vois l’idee? Je n’ai pas d’opinion là-dessus, je n’avais meme pas imaginé qu’on puisse faire ce rapprochement aux accents de negritude. Mais rien que pour ca : je suis content d’avoir relayé comment lui ressent le cas Nkono.
L’accueil de Nkono en Espagne n’est pas des plus glorieux. Il suffit de relire les Mundo D de 1982 pour y trouver des références douteuses quant à ses origines et la confiance que l’on peut accorder à un gardien africain. Il met rapidement tout le monde d’accord sur ses qualités et ces références disparaissent même s’il est victime ici ou là du racisme ordinaire des ignorants (au Camp Nou notamment).
J’hésite toujours entre lui et Grobbelaar pour le titre honorifique de plus grand gardien africain de l’histoire. Grobbelaar a un vécu du haut niveau que Nkono n’a pas eu, mais c’est en partie parce qu’on lui a fait plus facilement confiance pour des raisons peu avouables. Il a certes fait de grosses boulettes, surtout à ses débuts en Europe, mais Nkono a dû avoir les siennes aussi sans la même exposition médiatique pour les amplifier. Et puis, après tout, les arguments peu avouables jouent dans les deux sens : pour certains, Grobbelaar n’est pas vraiment un Africain… Alors, avec lequel serais-je parti à la Coupe du monde si Nkono avait lui aussi joué dans un grand club ? Ça dépend de l’époque. En 1974 ou 1978, Grobbelaar : il fallait une personnalité comme celle-là à une ère physique. En 1982 ou 1986, Nkono… ce qui veut en fait dire match nul entre les deux.
@Belodedici, quelles sont ces raisons que tu crois comprendre?
Pour ma part, sans originalité aucune : un manque d’exposition médiatique?? Mais je dis cela en considération du nombre de choses que j’ai apprises ici ; perso, pré-80’s et hormis l’espace congolais, ben?? Je ne voudrais pas faire de mon ignorance du foot africain une généralité.
L’occasion fait le larron, il est manifeste que tu as des trucs à dire là-dessus : c’est open-bar ici, je dis ça je dis rien.. 😉
Oui je pensais principalement à ce football qui est invisibilisé. Et à nos regards un peu « eurocentrés », moi le premier.
Je n’ai pas plus d’arguments que cela.
D’ailleurs, je lis vos productions parce que si il y a bien des gens qui remettent en cause le récit officiel du foot, en proposant d’autres angles de compréhension, et en parlant de « l’autre football », c’est bien P2F.
Ce qui est certain, c’est que très peu de gardiens africains ont été testé en Europe avant le milieu des années 80. Même en France, alors que les joueurs de champs africains sont relativement nombreux depuis les années 50. Medhi Cerbah l’algérien est parti à Montréal. Hazzaz et Benkassou n’ont pas quitté le Maroc. Attouga idem pour la Tunisie. Les Anglais, aux contraire des Français, n’ont quasiment pas puisé dans les anciennes colonies. Pour Kazadi, je pense que c’est une histoire de tempo. Quand il est devenu incontournable au Congo, la mode d’aller jouer en Belgique était passée. Je pense que politiquement, ça devait également coincer. Mais avec 10 ans de moins, il aurait certainement été testé. Même en d2.
Pourquoi se méfier de la thèse d’un apport extérieur s’agissant d’affaires du foot africain des années 80 ? Pas besoin de pudibonderies post-colonialistes : l’apport extérieur, c’est la TV, et le foot de haut niveau qu’on y voit, c’est surtout celui d’Europe. Entre ça et les histoires de foot colportées par les anciens, surtout ceux qui ont vécu en Europe ou y ont même joué, on a des sources d’apport extérieur tout à fait plausibles.
Je me méfie de cette thèse de manière générale. L’apport extérieur est souvent présenté comme une facteur important d’un développement économique, par exemple. Je pense que c’est assez sain de s’interroger la dessus.
S’agissant du foot, je ne nie pas qu’il y a eu des apports qui ont été bénéfiques. Je ne connais pas assez bien le foot de ce continent pour m’aventurer sur ce terrain.
Mais je pensais, par exemple, à cette figure du « sourcier blanc » qui est assez souvent évoqué. Et qui m’agace un peu. Comme s’il n’y avait pas d’école de foot, de pensée footballistiques sans cette impulsion venue de l’extérieur (sans la TV européenne pour source d’inspiration? ). C’est un ressenti mais je pense qu’il y a du vrai.
Entre Dibu, Eder, Kostadinov et Domenech, je crois que Schumacher demeure le footeux le plus détesté du grand public….
Avec un accessit pour Materazzi (on a tous un salaud qu’on cherche à défendre, lui c’est le mien)
Je n’ai qu’un mot à dire : Wow c’est quoi cet article ?
Toujours un plaisir de prendre sa rasage de pinte de foot. Dassaev numéro 1, cela ne me surprendre guère. La précision de ses relances à la main m’ont marqué. Pour le reste, je suis un peu surpris que Zenga soit si loin au classement. J’étais très jeune à la fin des années 80 et j’avais l’impression que c’était un peu la référence à son poste et je le trouvais plutôt charismatique. Sa mise à l’écart post euro 92 était un peu surprenante d’un point de vue extérieur. Peut-être qu’il n’a pas voulu être numéro 2? Incompatibilité de caractère avec le staff? Bon, Pagliuca, c’était une bonne alternative. Par ailleurs, des suiveurs du foot batave pour expliquer que Van Breukelen soit si loin au classement? Il a eu une certaine longévité en sélection en tout cas.Je n’ai pas de souvenir marquant de ce gardien. Je me souviens davantage des portiers hollandais des années 90 ( le grand -par la taille- Ed de Goey ou Stanley Menzo passé par Bordeaux, un passage assez catastrophique de mémoire etc.)
Là où Van Breukelen (Coupe d’Europe 1988, et Coupe d’Europe des clubs champions, au même titre que Koeman, par exemple, avec le club de Philips)
C’était quand il avait laissé passer un CF indirect, tiré directement, en 1990, face à l’Angleterre, lors de la phase de poules
Là où Van Breukelen (Coupe d’Europe 1988, et Coupe d’Europe des clubs champions, au même titre que Koeman, par exemple, avec le club de Philips)
C’était quand il avait laissé passer un CF indirect, tiré directement, en 1990, face à l’Angleterre, lors de la phase de poules
Stanley Menzo … Qui avait gagné la Coupe des Coupes 1992 avec l’Ajax, face au Torino de Rafael Martin Vasquez
Et non, je ne suis pas un spécialiste du foot batave ^^
Je m’auto moinzunte pour ce doublon
Désolé
Putain Van, tu deconnes… J’espère que tu portes des vêtements colorés aujourd’hui.
Pagliuca, c’est plutôt les années 90. Tous les gardiens néerlandais cités ici, y compris van Breukelen… bof. Il est quand même étonnant qu’un pays qui sort des joueurs de champ de classe mondiale dans toutes les lignes à chaque génération n’arrive pas à le faire dans le but. À part van der Sar et van Beveren, aucun gardien NL ne mérite le label.
Ah les gardiens c’est pas leur truc, c’est clair.
Bart Verbruggen avait vraiment un truc, rare chez eux. Je ne sais pas du tout ce que ça donne en Angleterre, mais potentiel peu fréquent pour un gardien NL.
Van Breukelen, c’était vraiment pas terrible. Passé l’intimidation, bof.. Menzo, son passage au Lierse fut sympa, mais dans un championnat qui partait en sucette, avant 1994 il n’aurait pas émargé au top 5 des gardiens du championnat belge.
Oui, Pagliuca, ce sont les années 90. Je parlais de bonne alternative pour évoquer le remplacement de Zenga par Pagliuca en 1992.
Pour les Pays-Bas, je me fais la même réflexion. Voilà un petit pays qui sort – ou sortait- des joueurs fabuleux mais s’agissant du poste de gardien… Disons que ça ne marque pas les esprits. Donc Van Breukelen bof, pour ceux qui l’ont vu jouer. J’avais une interrogation à son sujet, compte tenu de sa longévité avec la sélection.
Deux petits détails sur Schumacher, d’ailleurs traité par l’auteur avec une mesure digne de compliments:
– Il a en fait terminé sa formation de chaudronnier avant de passer pro, ses parents l’avaient exigé « au cas où ».
– Il n’a pas tout à fait écrit « Anpfiff » tout seul : Michel Meyer, éternel correspondant en Allemagne de l’audiovisuel public des années 70 à 90 et parfaitement bilingue, lui a prêté sa plume.
Tu fais bien de me corriger, merci!
Au début, paresseusement……..et surtout pressé par le temps!, je m’étais dit que je retranscrirais bêtement sa ligne de défense concernant Battiston, genre « la parole est à l’accusé », vu que j’ai l’ouvrage chez moi c’était l’occasion………..sauf que je n’ai pas réussi à remettre la main dessus!!!, bref j’ai écrit de tête, tes précisions sont vraiment les bienvenues, thx.
Michel Meyer, tu me l’apprends.. C’est précisé sur le bouquin?? Et est-ce un Michel Meyer français, ou un philosophe belge………ou même un scandinavologue que j’ai pratiqué il y a bien longtemps???
Le Meyer en question est un journaliste de l’audiovisuel public français, d’abord à Radio France puis sur Antenne 2 pré-France 2. On le trouve facilement dans une recherche en ligne. Je n’ai pas lu le livre depuis longtemps et il est dans un carton quelque part à Paris, mais il me semble me souvenir que l’auteur fait référence à lui soit dans les remerciements en fin d’ouvrage, soit quelque part dans le texte.
Oufti bonne mémoire, meilleure que la mienne.
J’y regarde dès que je retombe dessus, c’est juste une question de statistique, au gré du mouvement perpétuel de mon bordel domestique.
Haaa le Tatarstan… Kazan, cette perle cachée des Occidentaux que les Russes gardent jalousement, souvent surnommée localement « Troisième capitale de Russie ». Si un jour j’ai la chance de retourner en Russie, j’y emmènerai mon épouse qui n’a pas encore eu l’opportunité d’y aller. Et Kazan fait partie des destinations prévues.
Incroyable l’histoire de son Coran qu’il gardait avec lui dans ses cages…
Aaaaaaaaaaaaaah, destination qui me branche depuis loooongtemps, Kazan…. Tu connais? C’est vraiment si beau que c’en a l’air?
Désolé je me suis mal exprimé : je suis déjà allé en Russie mais je n’ai jamais mis les pieds à Kazan (et ma femme n’a jamais été en Russie)
La Russie dit déjà être la Troisième Rome, et elle a une troisième capitale en plus ? Mon troisième œil flaire un complot kabbalistique digne d’Umberto Eco !
Le musée Pfaff………. C’est assez grand en fait, vraie caverne d’Ali Baba.. Au début je me suis dit : il est devenu fou le Kadhafi de Beveren, il a encore pété une durite égotique – égotique mais gentille, s’entend (Pfaff n’a jamais fait de mal à personne, sauf quand il a tué cette nonne et failli tuer Gerets et Fazekas, bon..)
Il y a, dans sa propension à tout garder, à tout collectionner, un reliquat de ce monde qui avait été le sien, et qui disparaît peu à peu (ils furent les premiers ciblés, en Belgique, par la crise du Covid)…….et que j’ai pratiqué : les forains, les ferrailleurs……. C’est compliqué de pénétrer ce monde (ma première fois, c’était en espérant – ce fut extrêmement illusoire!!! 🙂 – récupérer la petite fortune dont une employée s’était faite arnaquer), l’entre-soi est puissant, il est légitime..et il est même compréhensible! Mais quand on y rentre, y est toléré : quels brics à brac!!! Des vieilles bagnoles, des pneus, des icônes de toutes tailles bricolées à l’imprimante 3D, des bidules encore plus improbables, des bimbos géantes et, bien souvent, le rêve/fantasme américain (c’est pour @g-g-g, ça 😉 )……. C’est toujours, à peu près partout où qu’on aille, le même tralalas, j’aime bien et je peux comprendre qu’on en ait la nostalgie, le réflexe.. Moi je n’y ai goûté que quatre ans, mais alors toute une vie..
Le fin mot de l’affaire de ces collectionnites aigües, en substance : c’est faire feu de tout bois.
Dassaev, j’aime beaucoup………….mais ses gants, crénom.. Il était un peu cheaté par rapport à d’autres!
Ray Clemence, mains nues sur le ballon Mitre d’une mine de Paul Mariner qu’il vient de bloquer, se relève, le toise, et lui dit « Ah, vous avez besoin de ça ? »
Ben.. Y a un peu de ça quand même, tu ne trouves pas? C’est à chaque fois le premier truc qui me revient à l’esprit quand je pense à Dassaev : ses gants! Démesurément grands.. Puis ses combinaisons : elles déchiraient!
J’ai vu ton commentaire sur Shilton, en partie 1. Tu lui connaissais beaucoup d’occurrences comme ça, où il joua à mains nues? Je n’ai pas souvenir du moindre match l’impliquant comme ça.
On voit beaucoup de gardiens anglais sans gants sur les photos des années 70. Une décennie plus tard, tous se sont rendus à l’évidence et jouent désormais gantés. Peut-être le revêtement des gants a-t-il progressé jusqu’à apporter un avantage décisif (un peu comme la boîte automatique en voiture, mais ceci est une autre histoire), peut-être aussi la possibilité de « blinder » les doigts par des coques semi-rigides dans les gants, donc de réduire le risque de blessure, a-t-elle séduit.
Oui, d’autres que lui, ça oui. Mais Shilton : jamais vu comme ça dans les 70’s.
Pfaff toujours, pallier l’absence de notes de bas de page :
« Forêt Perdue », c’est le nom d’un gros bois, à proximité du lieu où ils avaient leur campement. Il s’y trouvait une demeure dans un parc, réquisitionnée et occupée par l’occupant nazi durant la guerre…………puis mes recherches suggéraient que cela resta en ruines, à l’abandon.
« Aïeux allemands »? Du côté paternel, je me rappelle bien mes recherches généalogiques : le père Honoré était wallon, mais ses ascendants provenaient de la Sarre, du Palatinat……..voire de la région de Hambourg (à moins que ce ne fût la mère, certes néerlandaise, dont les origines fussent à Hambourg?? je ne sais plus).
J’ai parlé de 6 frères et soeurs, il y a un frère dont je ne cite nulle part le prénom, qu’il me pardonne : François! Mais je ne lui connais pas de parcours footballistique, éh??
Qu’est-ce que cet article est pompeux et d’une gaminerie incroyable. Et oublier des gardiens comme Jennings, Bonner, Zaki ou Koncilia s’apparente à une faute professionnelle.
Cher châtelain, Matthias Sammer va te rappeler à l’ordre comme il le fit dans le vestiaire au Mondiale 1990 (« Chroniques de l’Orankesee », 5ème partie) :
– Pat Jennings a figuré au Top des années 70, et nous nous sommes fixé comme règle de ne citer un gardien que dans une décennie.
– « Packie » Bonner était un gardien de très bon niveau international, un peu comme Shay Given une génération plus tard. De là à le mettre dans la même classe que ce Top 10, il y a une marge. Si personne n’est venu le débaucher du Celtic malgré l’arrêt Bosman, ce n’est sans doute pas par hasard.
– Zaki, jurisprudence Attouga. Pas mal du tout à la CM 1986, mais pas assez éprouvé au vrai plus haut niveau pour justifier une place dans le Top 10. Là aussi, malgré un brin de racisme sous-jacent chez les décideurs comme dans le cas Nkono, on peut supposer que les grands clubs n’ont pas passé leur chemin par hasard.
– Koncilia, clairement non. Bon au Wacker Innsbruck à la fin des années 70, bon mais pas transcendant à la CM 1978, échec complet à Anderlecht, alors au vrai haut niveau européen, puis honnête à l’Austria, au mieux deuxième couteau sur le continent. Dans les années 70 comme dans les années 80, il y a bien mieux, ne serait-ce que Birger Jensen et Silviu Lung, par exemple.
Pour le reste, l’article est largement « dans les clous » du style P2F : on a déjà fait plus pompeux, plus gamin, et parfois les deux à la fois… C’est ça aussi qui fait notre petit plus !
Dans une itw d’Ettori, j’ai entendu que l’ASM ne proposait pas d’entraineur de gardien à l’arrivée de Barhez au club, en 1995. Tonton était bien dans le staff mais il était missionné à la préparation des matchs européens… C’est Barthez qui a du demander à ce qu’il quitte les bureaux pour venir l’entrainer quotidiennement.
Je pensais que le staff pour les gardiens était systématisé dans tous les clubs, d’autant plus qu’il y eu l’INF et les centres de formations aux débuts des années 80.
Il y a t-il eu des clubs ou (des fédés) précurseurs, dès les 70/80’s, s’agissant de la prise en compte des gardiens ? Chez les Russes, les Basques, ou autre ? Ne serait que sur le fait d’avoir un entraineur dédié et des séances spécifiques plusieurs fois par semaines ?
Chez les NL et les Belges, j’en parlais pour les 70’s : dès les 60’s, ça oui.
Piot fut formé par son prédécesseur Nicolay, entraînements spécifiques..que le maître prodiguait à l’élève en sus de ses propres entraînements (car Nicolay était toujours actif sur pelouses). Une forme de compagnonnage mais structuré, qui a donné des résultats extraordinaires pendant 30 ans. Et qui créait des liens (pas sûr que la photo passera, mais qui n’essaie rien..?? )
https://cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/ipmgroup/PYDEJHLBF5CLVH2Y2EAMYHSGVI.jpg
A compter de la mise à bas de ce système artisanal/paternaliste, de sorte de le remplacer par du trading : plus rien……………
Aux Pays-Bas, je crois bien que van Beveren fut le premier à bénéficier d’entraînements spécifiques………….que lui délivrait le mage des entraînements, Wiel Coerver, bon……….mage dans tous les sens du terme, hein : un doping-docteur comme tant d’autres aux Pays-Bas à son époque..mais novateur en matière d’entraînements, on ne peut pas lui enlever ça.
Merci
Elle passe, et c’est une jolie illustration.
J’aime bien cette idée de compagnonnage.
Pfaff en hélicoptère…..
https://www.youtube.com/watch?v=LlJnYfZsEv8
Là, c’est pour une kermesse à la noix, quelque part entre Anvers et Eindhoven. Mais en fait c’était tout le temps comme ça, il faisait des sauts de puce promotionnels, une heure par ci, une heure par là..il n’y en avait que pour lui, d’un pénible.. J’ai eu du mal avec cette Pfaff-mania, d’autant que ce n’était pas mon style de gardien – aucun doute toutefois qu’il fût très, très fort. Assurément plus fort que Preud’Homme. Alors que Pfaff, je peux vous garantir qu’à peu près personne n’avait cru en lui à ses débuts.
S’il y a d’ailleurs un truc que j’aime bien chez Pfaff : peur de rien, pas même du ridicule, jamais. Il a toujours tout fait, tout essayé, tout osé et sans appréhension. C’aura été sa plus grande force, je crois bien.
Merde j’ai appuyé sur pouce en bas !😃
Pour ta pénitence, tu me feras le plaisir d’écouter I Muvrini en mangeant du fromage aux asticots.
Et si tu continues, tu auras droit aux devinettes de notre professeur d’éducation physique suprémato-schizophrénique.
Tout mais pas ça par pitié !
Il y a Gabelo Conejo dont j’ai entendu du bien concernant cette époque. Pablo Larios aussi.
Le Costa Rica doit énormément à Conejo en 90. Son absence face à la Tchecoslovaquie fera mal. Il est de l’aventure d’Albacete par la suite. Celui de Benito Flores et Jose Zalazar.
Quant à Flores Iwasaki, il est d’origine japonaise, c’est pas mal mais je ne le mettrais pas dans le haut du panier. C’est derrière Ochoa, Carbajal, Campos ou Ignacio Calderon. Idem vis à vis d’Oswaldo Sanchez ou Oscar Conejo Sanchez. Mais il est important sur la periode. Champion avec Puebla en 90, celui de Jorge Aravena, le genial chilien. Finaliste avec los Toros de Neza, un ami est de Neza, en compagnie de l’ exubérant Antonio Mohamed.
Sa vie fut très dure et il s’est bien camé. A la fin, il était complètement défiguré à cause de la drogue et des opérations foirées. El arquero de la selva.
Oscar Conejo Perez
D’ailleurs, si Navas débarque à Albacete, Conejo n’y est peut-être pas pour rien.
Larios, on l’a vu à la CM 1986. Typique des gardiens mexicains : réflexes de cobra, souplesse de ninja, mains à adhérence aléatoire, maîtrise des airs digne de l’armée de l’air locale (si, si, il y en a une). Quelque part entre Ettori et Bats, en un mot. Conejo, je l’ai vu à la TV à la CM 1990. Pas mal, effectivement, plus complet que Larios, mais il y a mieux dans les deux décennies adjacentes. Un prototype de Claudio Bravo que j’espère bien voir dans le top des années 2010.
Dasayev n°1, voilààààààà 😀
Super groupe , en effet!
https://www.youtube.com/watch?v=qXwZAYNfEIQ&list=RDqXwZAYNfEIQ&start_radio=1
Perso je préfère Vaudou Game…..
Bon, avec tout ça : personne n’a dit quoi que ce soit de Southall, au final?? Ma réponse à Monsieur Kikitouline, dès lors.
D’abord ce qui m’est acquis. A partir de 1985 très certainement, et pour une petite dizaine d’années peut-être : Southall a été le meilleur gardien britannique. C’est en tout cas un championnat dont je ne ratais rien de disponible à l’époque, et dans mon souvenir : il y était au-dessus de la mêlée………….ce qui n’était peut-être pas/plus si compliqué toutefois..??
Comme les Dupondt, je dirais même plus : je n’ai pas vu meilleur gardien britannique depuis lors. Seaman? Given?? Je n’en vois aucun qui ait boxé dans la même catégorie.
A l’international, par contre, éh.. Pas de Coupes d’Europe, pas de Wales en phases finales.. En fait-on trop avec ce gardien?? La question est légitime, d’autant que les insulaires………….. Ceci dit : il a montré des choses extraordinaires en CE, de mémoire sa prestation en demi face au Bayern vaut le détour, il tient la baraque..et puis surtout je l’ai beaucoup vu avec les Diables, l’impression qu’on n’arrêtait pas d’affronter son Pays de Galles à l’époque. Et il y eut l’un ou l’autre matchs où il fut vraiment écoeurant, pareil pour les Allemands. Vraiment un argument majeur.
Le gardien et l’homme n’ont rien de glamour, équitablement bizarres. Il a toujours paru gros et gras, style peu académique. Individu parfois un peu lunaire aussi, déjà à l’époque il se singularisait par ses positions voire son comportement. Mais du gardien, sinon le style, l’impression de lourdeur : je ne vois vraiment rien à redire.
J’oubliais de préciser, comportements lunaires.. : la photo illustrant cet article, c’est lors d’un match contre……Leeds??? Peu importe, vers 1990. Il arrêta soudain de jouer, et s’assit de la sorte contre son poteau, tandis que la rencontre se poursuivait.
De tête, ne pas s’imaginer une motivation qui le grandît particulièrement : c’était suite à une bisbille contractuelle ou commerciale avec ses dirigeants?? Quelque chose de cet ordre. Je n’ai pas pensé à en chercher de vidéos, je présume que ça existe. Je me souviens qu’il avait déclaré avoir ressenti un trop-plein, à cause de sa situation personnelle………….et donc il ne fit pas semblant : il s’arrêta.