Ligue 3 : chez les pros, jamais deux sans trois !

Après l’Angleterre, l’Allemagne, et une poignée d’autres, la France (re)tente à son tour l’aventure de la D3 professionnelle avec la Ligue 3 qui débute ce soir. Rapide tour d’horizon des forces en présence et pronostic vital qui n’engage que nous.

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Pour le grand public, la création d’une troisième division professionnelle en France n’avait rien d’une évidence. Une première expérience en 1936 n’avait duré qu’un an. À notre siècle, et malgré les succès des Bleus, l’Hexagone n’a toujours pas la réputation d’être un pays de football au même titre que l’Italie, l’Allemagne, ou surtout l’Angleterre. Les affluences en Ligue 1 sont certes honorables, mais le tableau se gâte dès qu’on regarde plus bas.

Ce sont plutôt les acteurs de feu le Championnat National (dernièrement nommé National 1) qui étaient demandeurs. Celui-ci voyait en effet des clubs professionnels et amateurs s’affronter dans des conditions très inégales. La saison passée, par exemple, l’écart de budget entre Aubagne Air Bel (1,5 M€) et le Stade Malherbe Caen (12 M€) était d’un facteur 8, plus qu’en Ligue 2 (facteur 6,5 environ). Les différences de structures étaient à l’avenant, entre clubs récemment tombés des sphères de la Ligue 1 avec centres d’entraînement au top, analystes spécialisés, etc., et certains promus de National 2 avec leurs stades champêtres et leur fonctionnement au système D.

La FFF a donc pris le projet en main et semble avoir travaillé intelligemment. Elle a commencé ses consultations dès l’automne 2024 et a officiellement lancé le projet le 16 janvier 2025 avec la création d’un groupe de travail, dirigé par l’ancien international Marc Keller, pour définir les modalités de la nouvelle Ligue 3. Celles-ci (nombre de clubs, budget, appellation, principes financiers, etc.) ont été fixées le 12 mai suivant. Les acteurs ont ainsi bénéficié de plus d’un an de visibilité pour peaufiner les détails de fonctionnement et négocier des accords commerciaux, en particulier les droits TV. Tout semble s’être passé sans incident – sans incident public, en tout cas – et la Ligue 3 démarre donc aujourd’hui 7 août, à l’heure.

Le changement dans la continuité

Sur le plan sportif, on retrouve nombre de choses connues. La L3 comporte 18 clubs comme ses deux grandes sœurs. Le format de promotion est fortement inspiré de celui de la Ligue 2 : les deux premiers montent directement, les quatre suivants s’affrontent en barrages sur un match, puis le vainqueur dispute un barrage aller-retour contre le seizième de L2. Pour la relégation, en revanche, il n’y a pas de barrage : les trois derniers descendent directement dans les trois groupes de l’ancien National 2, fraîchement renommé National 1 pour l’occasion (et aussi, sans doute, pour mieux confondre un observateur distrait).

Comme les saisons précédentes, les équipes réserves ne sont pas autorisées à disputer la L3. Elles sont limitées au National 1 (désormais D4) si le club dispose d’un centre de formation ou au National 2 (D5) s’il n’en a pas. La règle des deux divisions d’écart entre équipes d’un même club est reconduite ; un relégué de L2 dont la réserve évolue en N1 voit donc celle-ci descendre en N2 sur tapis vert.

La grande nouveauté est l’apparition en France du FVS (Football Video Support, en globish dans le texte). Chaque entraîneur dispose de deux challenges par match pour utiliser la vidéo (celle de la TV et non de caméras spécifiques) sur une action qui entrerait dans le champ d’application de la VAR en L1. L’examen est fait au bord du terrain par le quatrième arbitre, qui devient en conséquence obligatoire en L3, plutôt que par un bureau VAR séparé. Cette « VAR allégée », moins coûteuse, n’est cependant pas à terme destinée à apparaître en L2. Celle-ci est en effet gérée non pas par la FFF, mais par la Ligue de football professionnel qui préfère étendre la « vraie » VAR à la L2 dès que les finances des clubs le permettront.

Si c’est déjà veni, vidi, vici en Serie C, le FVS va gagner la guerre des Gaules.

Parlons gros sous (enfin, gros, euh…)

Sur le plan financier, le professionnalisme est donc obligatoire. Il est soumis à une nouvelle « licence Ligue 3 » délivrée par la FFF, sur le modèle de celles des L1 et L2 délivrées par la LFP. Les nouveaux minima administratifs et infrastructurels (stade, TV, pré-requis techniques, etc.) représentent un saut qualitatif pour nombre de clubs, surtout les plus petits. La licence interdira aussi les pelouses 100% synthétiques à partir de 2027-28, une mesure qui ne concerne à l’heure actuelle que le Paris 13 Atlético.

Toujours à partir de la saison 2027-28, l’effectif pro sera limité à 20 joueurs, exception faite de ceux de moins de 21 ans et de ceux formés dans la ligue régionale où le club est inscrit (la Ligue Centre-Val-de-Loire pour l’US Orléans, par exemple). Le but de cette mesure est double : limiter la course aux armements et faire de la L3 un tremplin pour les jeunes. On peut toutefois craindre que l’exemption pour formation locale ne favorise les régions où les viviers sont très riches, en premier lieu l’Île-de-France.

Dans la meilleure tradition française, les contrats sont encadrés par un « statut du joueur fédéral » très détaillé, défini en accord entre la FFF et les deux principaux syndicats de joueurs. Le contrat lui-même peut être soit un contrat-type mis à disposition par la FFF, soit un document spécifique qui inclut au moins le contenu du contrat-type. Le salaire minimum d’un joueur varie de 1 950 à 4 050 euros mensuels environ selon le nombre de saisons précédemment passées en pro.

La masse salariale des clubs n’est pas formellement plafonnée, mais un dispositif modérateur est prévu avec un an de répit. En 2027-28, un club dont la masse salariale dépasse 60% de ses revenus devra verser une « contribution de solidarité » à la FFF, laquelle la réinjectera dans le soutien des autres clubs et la promotion de la L3. Le seuil d’application descendra à 50% des revenus en 2028-29 puis à 40% en 2029-30.

Toutes les rencontres seront retransmises sur Ligue1+, la chaîne de la LFP, au terme d’un accord conclu avec la FFF sans appel d’offres. Le montant n’en a pas encore été rendu public mais on peut supposer qu’il est modeste, vu la nouveauté du « produit » et l’objectif de la Fédération de favoriser à court terme l’exposition médiatique de celui-ci plutôt que les recettes.

En tout, la FFF a débloqué 12,3 M€ pour son soutien direct à la nouvelle Ligue 3 cette saison, soit plus du double de celui au National 1 l’an passé. 70% de cette somme ira aux clubs, dont une aide aux déplacements de 50 000 € chacun, des aides personnalisées pouvant atteindre 450 000 € par club, et des aides spécifiques aux relégués de L2 des deux dernières saisons. Les 30% restant iront aux frais généraux tels que l’accord Ligue1+, une nouvelle commission de discipline pro spécifique à la FFF (celle des L1 et L2 est à la LFP), le coût des quatrièmes arbitres, etc.

On ne va pas aussi loin qu’au Brésil, mais les bonnes intentions de déplacements « éco » en train vont vite atteindre leurs limites.

Les forces en présence

Ces clubs, justement, qui sont-ils, et quelles sont leurs perspectives ? Chaque saison apporte bien évidemment son lot de surprises et de déceptions, mais le peloton se partage en trois groupes à l’approche du coup d’envoi.

Amiens, Bastia, Caen, Rouen, et Valenciennes sont les prétendants « naturels » à la montée. Les deux premiers arrivent de l’étage au-dessus et leurs budgets (12-15 M€) en font des cadors de L3. Caen bénéficie d’un « effet Mbappé » qui pourrait bien porter ses fruits cette saison après un premier exercice poussif. Rouen n’a manqué la L2 que de peu en barrage contre Laval. Valenciennes a raté sa saison l’an passé et ne devrait pas en rater une autre.

Cannes, La Roche-sur-Yon, Thionville Lusitanos, Aubagne Air Bel, et Le Puy-en-Velay risquent fort de passer leur saison au bord du gouffre, voire d’y tomber à la fin. Les trois premiers, même les Cannois qui semblent pourtant avoir bien recruté, (re)montent de D4 et vont devoir se faire une place. Les deux derniers, avec leurs budgets minuscules, ne pourront pas éternellement faire mentir les statistiques.

Les huit autres, présentés par ordre de leur classement 2025-26, ont des perspectives diverses : Fleury, Versailles, Orléans, Concarneau, Villefranche, Quevilly-Rouen-Métropole, Paris 13 Atlético, et Bourg-Péronnas. Le ventre mou les attend sans doute, agrémenté d’une pointe d’espoir ou de crainte selon capacités. L’auteur de ces lignes n’a été qu’un suiveur occasionnel du National ces dernières années, mais il mettrait bien une petite pièce sur Orléans et Versailles pour se mêler à la lutte pour les barrages.

À faire le tour d’horizon des stades, on comprend mieux pourquoi la FFF a l’argent si généreux. Entre les 25 000 places modernes du Stade du Hainaut à Valenciennes et les 1 000 franchement scolaires du stade de Lattre-de-Tassigny à Aubagne, le gouffre est abyssal. Le reste (les quatre autres « gros » mis à part), entre anciennes escales de L2 défraîchies et enceintes bucoliques de petites villes qui ne peuvent pas faire plus, n’est pas encore au niveau de ce que la Fédération espère de son nouveau produit. Pas de quoi encourager les curieux.

Il faut dire – voilà un joli cercle vicieux – que les chiffres d’affluence actuels ne justifient pas des investissements. Trois des 18 clubs de 2025-26 ont attiré moins de 1 000 spectateurs en moyenne par match, six autres moins de 2 000, trois autres moins de 5 000, et seulement deux plus de 10 000, avec une moyenne générale vers les 2 800. Dans ces conditions, on peut légitimement se poser la question du bien-fondé d’une L3 pro et de sa viabilité à long terme. Une comparaison avec celles des autres pays s’impose, et le tour d’horizon est vite fait. Il n’y en a que quatre : Allemagne, Angleterre, Brésil, Italie, le reste étant semi-pro au mieux même chez les autres poids lourds du ballon rond.

Il y a une différence entre jouer dans la même ligue et jouer dans la même cour.

À l’étranger, modèles à suivre ou à éviter ?

La Serie C italienne, professionnelle depuis 1978 après une première expérience de 1935 à 1959, est un cas à part. Elle compte 60 clubs dont certains noms connus en Serie A (Ascoli, Pérouse, Trieste…), répartis en trois groupes régionaux. On ne peut pas la comparer directement à une D3 nationale en poule unique. Ce qu’on peut en retenir, en tout cas, c’est une santé et une discipline financières en pointillés malgré les efforts de la Fédération à notre siècle.

La League One anglaise, elle, est carrément un monde à part. Plus de cent ans d’une existence professionnelle interrompue seulement par la deuxième guerre mondiale. Des décennies de présence pour nombre de ces piliers anonymes sur lesquels repose la grande tradition du football anglais : Swindon Town, Bristol Rovers, Plymouth Argyle… Des stades « dans leur jus » à faire saliver le plus blasé des groundhoppers, des tribunes mieux garnies (10 500 spectateurs de moyenne en 2025-26 !) que celles des L1 belge ou autrichienne, des armées de supporters pour la vie qui chantent pendant 90 minutes, tout cela malgré le bombardement médiatique d’une Premier League où trônent certains des meilleurs clubs du monde… Impossible de rivaliser, illusoire de s’y comparer.

Field Mill, l’antre du Mansfield FC en League One, est le terrain en activité le plus ancien dans tout le football professionnel, sans interruption depuis 1861. Ça vous va, comme tradition ?

Le Campeonato Brasileiro Série C, fondé en 1981, est un exemple à méditer. Les 20 équipes qui le composent cette saison ne diront rien à personne, à part Guarani qui est le seul club d’une ville de l’intérieur du pays (Campinas) à avoir jamais été sacré champion de D1 (1978). Avec de maigres affluences (4 300 de moyenne en 2025), des droits TV à l’avenant (quelques millions d’euros, inégalement répartis), et de coûteux déplacements à travers un pays grand comme quinze fois la France, tous les clubs ou presque tirent la langue. Les retards de paiement et les redressements judiciaires sont monnaie courante.

La 3. Liga allemande, enfin, est l’exemple à suivre. Créée en 2009, elle est devenue un vrai succès populaire et financier. Les affluences sont en progression constante (+50% en cinq ans) et atteignent des niveaux « anglais » (plus de 10 000 en moyenne) depuis deux saisons. Les 26,4 M€ de droits TV ne sont pas loin des 40 de la L2 française. Comme outre-Manche, nombre de piliers des étages inférieurs (FC Sarrebruck, VfL Osnabrück, Waldhof Mannheim…), avec leurs bases de supporters fidèles, donnent à la ligue une identité forte. L’impitoyable système de licence garantit de très bonnes conditions sportives aux 20 participants et réduit au minimum (sans toujours l’éviter) le risque d’accident économique. C’est sans doute cette réussite, plus que toutes les autres, qui a poussé la FFF à franchir le pas elle aussi.

MSV Duisburg – Rot-Weiss Essen : un siècle de tradition pour un des innombrables derbies de la Ruhr, un duel incontournable de la 3. Liga, et des publics toujours très, très chauds. (Crédit photo : FIRO)

Pronostic : jouable, mais avec prudence

Que penser des chances de succès de la nouvelle Ligue 3 au vu de tout cela ? À notre sens, le bilan est légèrement favorable et la formule peut faire son trou, mais il faudra jouer serré.

Comme l’Allemagne, la France espère que le passage au professionnalisme forcera les clubs – mais aussi les municipalités qui les subventionnent souvent – à faire des choix forts : se satisfaire d’une présence durable dans une D4 moins coûteuse, en faire de même dans une L3 dont la meilleure qualité pourrait représenter une attraction à part entière, ou bien viser plus haut encore à long terme ? Outre-Rhin, clubs et municipalités ont en général fini par s’entendre sur ce qui leur était possible, et les erreurs d’investissement de part et d’autre sont devenues rares.

On peut s’attendre à la même évolution en France. La nouvelle licence L3 dissuadera nombre de petites villes de s’engager dans des dépenses trop grandes pour elles. Par effet contraire, édiles et clubs de celles des 50 plus grandes aires urbaines du pays qui ne figurent ni en L1, ni en L2 voudront monter des projets qui finiront bien par aboutir. On créera ainsi un solide plafond de verre pour les épopées glorieuses à la Luzenac, mais c’est un prix raisonnable à payer pour le renforcement d’une pyramide pro plus fragile qu’il n’y paraît.

L’encadrement aménagé des effectifs et des salaires décrété par la FFF va dans le bon sens, de même que le contrôle de la gestion de toute la ligue par la DNCG fédérale à partir de 2027-28. Celle-ci a prouvé sa compétence depuis trente ans et saura prendre des décisions lourdes, comme elle l’a fait par exemple avec les Girondins, pour prévenir les accidents industriels plutôt que les gérer. À terme, on devrait ainsi voir émerger un tissu de clubs modestes mais solides qui offriront une destination stable aux joueurs qui plafonnent et un tremplin plus assuré qu’aujourd’hui vers la L2 ou la L1 pour les autres.

En fait, la liste potentielle de ces clubs existe déjà. Il y a pour commencer ceux du noyau dur du National et des visiteurs occasionnels de la L2 ou de la D4 qui ont la taille urbaine pour la L3, les Amiens, Bastia, Créteil-Lusitanos, Laval, Orléans, Pau, Rouen (ou Quevilly, mais pas les deux), Valenciennes, ou encore Versailles. S’y ajouteront des villes (Ajaccio ? Angoulême ? Besançon ? Béziers ? Mulhouse ? Tours ?) qui voudront renouer avec leur passé footballistique et combler à moyen terme les vides sur la carte, là où un autre sport bien implanté (basket à Limoges, rugby à La Rochelle ou à Toulon) ne les étouffera pas.

Peut-être un Aix, un Istres, ou un Martigues ressurgira-t-il aussi de l’ombre de l’OM. On peut en revanche supposer que nombre des clubs de plus petites villes (Avranches, Concarneau, Le Puy-en-Velay, Villefranche, etc., et peut-être même Boulogne-sur-Mer ou Châteauroux malgré leur passé récent) ne pourront pas tenir le rythme et ne feront plus que des apparitions épisodiques. Quoi qu’il en soit, voilà une bonne base.

Le derby de Rouen en National 1 2025-26. Un bon début côté ambiance, mais les deux clubs resteront-ils ensemble longtemps en Ligue 3 ?

La Fédération espère aussi que la meilleure médiatisation de la nouvelle ligue fera augmenter les affluences et soulagera les clubs, mais nous avons nos doutes. Même la L2, avec ses 8 300 spectateurs de moyenne la saison passée, est en retrait des D3 anglaise et allemande. La faible densité de population de la France par rapport à ces deux pays, et les trajets moins commodes qui en résultent pour les matchs à domicile, n’aide pas. Il ne faut donc pas espérer de miracles en L3.

Passer des 2 800 de moyenne actuels à 4 000 est faisable, surtout si des bouche-trous géographiques viennent proposer une expérience de stade honnête à des populations jusque-là délaissées. Atteindre ou dépasser 5 000 sera difficile, même à moyen terme. Les droits TV n’atteindront jamais les hautes sphères eux non plus, et les budgets resteront donc serrés. On peut s’attendre à des mises sous surveillance en bas de tableau et à quelques dépôts de bilan, surtout dans les premières années, malgré la vigilance de la DNCG. Au moins les clubs n’auront-ils pas à se ruiner en billets d’avion comme au Brésil.

La Ligue 3 tricolore n’atteindra sans doute jamais la puissance de la League One anglaise ni même de la 3. Liga allemande. Elle paraît cependant mieux née que la Série C brésilienne et mieux structurée que la Serie C italienne. À égale distance qualitative de ces deux pôles, elle constitue une tentative intéressante de renforcer les racines du football professionnel dans notre pays et semble sur le papier avoir une réelle chance de survie. À tous les acteurs (Fédération, diffuseurs, clubs, et peut-être avant tout le public) de faire leur part pour soutenir un projet qui le mérite… à commencer par un petit tour au stade pour voir !

Quelques sources

https://www.fff.fr/article/16778-la-fff-officialise-la-ligue-3-professionnelle.html

https://media.fff.fr/uploads/documents/statut-du-joueur-federal.pdf

https://www.transfermarkt.com/ligue-3/startseite/wettbewerb/FR3

https://media.fff.fr/uploads/documents/annexe-10-reglement-ligue-3-betclic-2026-2027-licence.pdf

https://www.transfermarkt.fr/championnat-national/besucherzahlen/wettbewerb/FR3/saison_id/2025

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