Les réflexions d’un philosophe rêveur et d’un journaliste curieux

Dans ce Lectures 2 foot, les digressions d'un idéaliste rêvant d'un football apuré et l'enquête contrariée d'un jeune journaliste sur l'évolution de la FIFA.

Présentation Reste du monde

Daniel Tourret, Changer le foot pour changer le monde – Quand la philo joue sur le terrain du foot, Editions Edilivre, 11 €

Avouons-le, grande était la tentation de brocarder Daniel Tourret et son ambition de changer le monde à travers de nouvelles règles appliquées au football. Nous n’y avons pas cédé, peut-être pour ne pas faire preuve de déloyauté, précisément un des fléaux que pourfend son bouquin. Admettons toutefois que sa démarche est pour le moins tortueuse puisqu’« il s’agirait en quelque sorte de philosopher – ce n’est pas un gros mot – autour de la question de savoir en quoi le foot aurait sur le monde une telle influence qu’en changeant ce sport pour tant qu’à faire, le rendre meilleur, le monde en serait changé lui aussi, et bien sûr, pour le meilleur… des mondes. » 

Au cours des dix premiers chapitres aux intitulés déroutants et difficiles à corréler avec le thème qu’il développe dans les pages suivantes, Daniel Tourret ratiocine dans un style discursif proche de l’essai, médite sur les rapports du football à la société, se perd dans des digressions frôlant le hors sujet, se contredit parfois et agrémente le tout d’exemples alambiqués ou de citations empruntées à des personnalités déréférencées (les Chevaliers du fiel, Jean-Marie Bigard, Chevallier et Laspalès, Bernard Chevalet pour les plus baroques). Bref, c’est laborieux et « capillotracté ». Alors, que faut-il retenir ?

  • L’avènement du sport, et donc du foot, résulte d’un trop-plein d’énergie (cela vaut pour l’activité sexuelle, hors procréation),
  • La médiocrité de la nature humaine explique la transgression des règles par les joueurs, notamment leur propension à simuler,
  • Le spectateur et le monde en général ont fini par assimiler ces subterfuges et ne s’en indignent plus,
  • Les règles sont définies par les acteurs du foot dont les décisions sont orientées par des intérêts, des habitudes, des opinions… qui font obstacle à de profonds changements,
  • Les philosophes, sociologues, psychiatres, anthropologues, paléontologues, humoristes, artistes (liste non exhaustive) sont bien plus à même de faire évoluer les règles du foot afin que les grands joueurs soient également de « grands bonhommes » et des exemples positifs.

Dans les derniers chapitres, Tourret illustre les dommages causés par les simulations via un cas concret : Juninho et l’Olympique lyonnais des années 2000. Selon ses observations, 70% des coups francs obtenus par le milieu brésilien étaient indus. Compte tenu du taux de réussite de Juninho sur coup franc direct (25%), des matchs ont basculé en faveur de l’OL à la suite de fautes inexistantes, des actes de tricherie. Et plus grave encore, deux des sept titres lyonnais proviennent de ces simulacres mal arbitrés. Une démonstration non documentée, donc fragile, mais là n’est pas l’objet : les règles favorisent les comportements déviants d’une population admirée et prise en modèle par beaucoup, il est donc indispensable de se pencher sur les lois du jeu pour le bien du sport et de l’humanité.

Oui mais comment faire ? Notre philosophe amateur (ce n’est pas péjoratif) suggère une batterie d’évolutions que nous ne dévoilerons pas ici afin que le lecteur prenne plaisir à les découvrir. Notons toutefois que dans un premier temps, cela s’apparente à une liste de mesures coercitives (des cartons rouges, jaunes et blancs à foison) que le réformateur-humaniste pondère ensuite par une réforme de la hiérarchie des peines. Un exemple ? Le penalty serait tiré depuis un point situé à 13 mètres du but et non plus 11 mètres comme actuellement. 

Evidemment interrogatif quant à l’audience dont pourraient bénéficier ses propositions, l’auteur rappelle opportunément une citation attribuée à Goethe, « le but, c’est le chemin ». Il nous vient alors à l’esprit qu’il serait probablement agréable de deviser avec Daniel Tourret, accoudés au zinc, sous un écran de télé diffusant un match de foot, avec pour seul objectif de refaire le monde.

Note : 2/5


Simon Bolle, FIFA Connection, enquête sur le système Infantino, Editions Flammarion, 21€

Dans son désir de nous révéler qui est véritablement Gianni Infantino, Simon Bolle (journaliste de L’Equipe) annonce la couleur dès le prologue puisque Le Parrain pourrait avoir inspiré le président de la FIFA, « tant la vie et l’œuvre de ce dernier empruntent au personnage et à l’imaginaire d’Al Pacino. » Peut-être, mais autant vous prévenir, ne lisez pas ce livre en pensant au roman de Mario Puzo, vous seriez déçus.

Ce qui transpire à travers les pages, ce sont les efforts de Simon Bolle pour constituer une analyse la plus documentée possible : deux ans d’enquête sur plusieurs continents et 110 sources pour la plupart anonymes. Enorme. Dommage que Gianni Infantino ait refusé de s’exprimer, tout comme son entourage actuel.

Les deux premières parties relatent l’enfance d’un modeste fils d’immigré italien, l’immixtion d’un jeune juriste opiniâtre dans un système déjà vicié et les rencontres décisives d’un homme bien installé que le destin et l’intrigue vont porter à la présidence de la FIFA quand Sepp Blatter doit se retirer et que Michel Platini, son boss à la naïveté confondante, se trouve empêché. Bolle relate précisément les manœuvres en coulisses, les promesses publiques et les trahisons ayant précédé l’intronisation d’Infantino. Ni plus, ni moins que le comportement d’un politicien profitant d’une succession d’événements improbables et de coups de pouce du destin (vraiment ?) pour s’élever, un peu comme Emmanuel Macron en 2017.

La troisième partie s’attaque aux dysfonctionnements de la FIFA, en particulier à l’opacité de ses actions et au défaut d’indépendance des commissions (ce que corrobore l’affaire Balogun) et des organes de contrôle interne. Sur le premier point, il relève en particulier l’absence de vérification du bon usage des fonds versés par la FIFA aux fédérations affiliés pour le développement du football. Cela vaut également pour les financements adressés à des ONG par la Fondation FIFA dirigée de manière approximative par Youri Djorkaeff. « Mon interlocuteur (anonyme, NDLR) dresse un constat terrible :  » Des ballons, on en a envoyé des centaines de milliers. Mais la FIFA sera incapable de dire s’ils ont atterri dans des écoles, s’ils ont été vendus au marché du coin ou s’ils sont encore dans un container en train de prendre la poussière. » Je n’ai pas trop su comment réagir, sur le moment, à l’annonce de cette phrase choc. » Pourquoi, toutes candeur et surprise passées, Simon Bolle n’a-t-il pas effectué quelques vérifications auprès des destinataires finaux des 139 ONG ayant bénéficié de la générosité de la fondation ?

Enfin, la dernière partie décrit la folie des grandeurs du président de la FIFA : l’exercice d’un pouvoir de plus en plus autocratique, une proximité décomplexée avec les puissants de ce monde – même les moins recommandables sous nos latitudes – le tout au service d’une course effrénée à la croissance. Toujours plus de compétitions, de matchs, de recettes et de redistribution pour s’assurer les faveurs d’un système électoral assis sur le clientélisme, puisque la FIFA fait ruisseler ses recettes vers les fédérations nationales, ces dernières étant chargées d’élire le président de la FIFA (90% des 13 milliards d’euros de recettes sont redistribués).

Avant de conclure son enquête, Simon Bolle prend la peine de citer les principales réalisations de la FIFA sous le règne d’Infantino. Elles ne sont pas négligeables et auraient mérité un coup de projecteur. Mais puisqu’elles ne servent pas le propos, exclusivement à charge, elles sont expédiées sur une demi-page. Une démonstration accusatoire qui souffre d’une utilisation abusive des témoignages anonymes et, à l’inverse, de la faiblesse des pièces compromettantes ou accablantes. En clair, les soupçons de collusion ou de corruption de l’ère Infantino ne sont pas suffisamment étayés. Parce que les matières probantes n’existent pas ou parce que le système est bien verrouillé ? Nous ne le saurons pas, du moins, pas encore.

Finalement, en usant de méthodes contestables et en faisant montre d’un cynisme décomplexé, Gianni Infantino n’est-il pas engagé dans la pérennisation d’un phénomène propre aux grandes instances internationales (cela vaut pour le CIO) ? D’une part, elles exercent leur propre pouvoir d’influence via la diplomatie sportive ou la définition des règles de marché (droits TV par exemple). D’autre part, elles nourrissent le softpower d’états soucieux de façonner ou restaurer leur image via l’attribution de grandes compétitions. Dans FIFA Connection, Simon Bolle ne fait que décrire un système existant depuis plus d’un siècle, qu’Infantino a réorienté au profit des USA et ses affidés, en le démultipliant de manière exponentielle grâce à un contexte géopolitique particulièrement favorable.

Note : 3/5

46 commentaires pour "Les réflexions d’un philosophe rêveur et d’un journaliste curieux"

  1. Khiadiatoulin dit :

    Youri, c’est impressionnant le nombre de fois où les caméras se sont arrêtées sur lui depuis le début de la Coupe du Monde. Je ne le savais pas aussi proche de la FIFA.

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    1. Verano82 dit :

      Yep, il dirige la fondation. C’est la vitrine de la FIFA auprès des ONG. Il a manifestement eu du mal à comprendre au début qu’il y avait des procédures à respecter en matière de notes de frais eh eh.

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      1. Khiadiatoulin dit :

        Je me disais qu’il était présent pour y représenter la France. Ayant joué aux USA. Peut-être qu’il y vit…

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    2. ajde59 dit :

      Y’a Mauricio MAcri qui baigne dans la Fondation FIFA aussi, je pensais que c’était lui le président, ce nid de vipères (pour rester poli).

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      1. Verano82 dit :

        Macri est président de la fondation, Djorkaeff, DG.

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  2. bobbyschanno dit :

    Ahahah, pauvre Daniel Tourret, le voilà bien habillé pour l’hiver.
    Prétérition, litote, tout l’arsenal stylistique pour détruire le fragile édifice d’un mec de PMU qui semble se prendre pour un penseur au motif qu’il a lu un peu de Elias, un peu de Nietzsche, un peu de Debord, un peu de Bourdieu et sans doute un peu de McLuhan…
    Merci !
    Je suis néanmoins d’accord sur un point avec lui : les titres de l’OL ont été volés. Et allez les Verts ! (ceux du Forez et ceux d’Algérie, et même ceux d’écologie…)

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    1. Alexandre dit :

      C’est bien possible, mais à sa décharge (et sans l’avoir lu) : nous sommes quand même beaucoup à regretter ce qu’est (de longue date!) advenu du football, ce qui se donne à voir (et pas seulement sur les pelouses d’élite) est particulièrement vérolé et mériterait bien de sacrés réajustements.

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    2. Verano82 dit :

      Pas du tout, je ne détruis rien du tout sur le fond, je ne juge pas ses propositions, je critique la forme.

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      1. bobbyschanno dit :

        Y a-t-il un fond

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      2. bobbyschanno dit :

        ?

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      3. Verano82 dit :

        Bien sûr : les changements de règles qu’il propose. Toutes ne sont pas à jeter.

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      4. bobbyschanno dit :

        J’imagine.
        Dans le flot…

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  3. bobbyschanno dit :

    « Mon interlocuteur (anonyme, NDLR) »

    Il a réellement écrit ça dans son bouquin ?

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    1. Verano82 dit :

      C’est un des gros points faibles du bouquin : l’auteur n’a trouvé que très peu d’interlocuteurs acceptant de parler à visage découvert sauf ceux dont on sait qu’ils sont hostiles à Gianni, comme Blatter, ou qui ont engagé des procédures contre la FIFA. La plupart du temps, les témoins sont anonymes, on ne sait rien d’eux, ils exposent des griefs sans les étayer.
      Bref, Bolle aurait probablement aimé découvrir des preuves de corruption mais fait chou blanc. Il critique un système, en recense les faiblesses mais ne démontre rien. C’est sans doute pourquoi, malgré le soutien de L’Equipe et pas mal de relais médiatiques, le bouquin n’a pas généré de vagues lors de sa parution. Bref, du journalisme d’investigation qui n’atteint pas son but.

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      1. bobbyschanno dit :

        Nan mais NDLR ?

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      2. Verano82 dit :

        Non, c’est moi qui l’ai précisé ici.

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      3. bobbyschanno dit :

        Ok

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  4. ajde59 dit :

    Ah changer l’arbitrage pour changer le monde: toujours plus de sanctions, de cartons jaunes, rouges, oranges, blancs, verts, exclusions temporaires, de 10 minutes, de 20 minutes, de tel sport fait ceci, de tel sport fait cela. Après la vidéo et la solution technologique, le VAR, qui devait tout résoudre mais qui n’absolument rien résolu, voilà qu’il faut faire évoluer l’arbitrage par les sanctions. Tourret, qui a l’air d’avoir bien gaspillé du papier mais qui peut être recyclé en papier chiottes, n’est pas un cas isolé. La nouvelle mantra pour faire évoluer le football: toujours plus de cartons et de sanctions, les règles sont trop gentilles, les arbitres bardés de caméras et de micros, on est trop laxiste envers les joueurs scrutés par la moindre caméra pour leurs faits et gestes, on lit leur parole sur les lèvres et on sait si un micro-ieuch a touché le ballon. Mais ça ne suffit pas . Changer de sport, ça ira plus vite.

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    1. modrobily dit :

      On a bien un changement d’arbitrage pendant la Coupe du Monde, plutôt dans le sens de favoriser le jeu en réduisant les coups de sifflet. C’est une réussite à mon sens. De là à dire que ça change le monde… On sait bien qu’en Ligue 1 on va de nouveau avoir des arbitres qui serrent la vis en août-septembre…

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      1. AlphaBet17 dit :

        Une réussite l’arbitrage…

        Le jeu paraguayen ou argentin prouve que ça a surtout permis à quelques équipes de pourrir le jeu en se sachant protégé par un laxisme assez incroyable.

        Quand Messi laisse traîner son crampon sur le talon de je ne sais qui, même dans les années 90, a la belle époque de Di Méco et José Cobos, ça aurait fait faute et carton.

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      2. ajde59 dit :

        de ce que j’ai vu sur ce mondial , ça dans le sens de que tu dit modro, plutôt favoriser le jeu. j’ai pas vu non plus de mauvais gestes et de sales coups (le paraguay étant à la limite, certes), ni de scandales d’arbitrages manifestes, à part l’histoire du carton rouge annulé par trump. franchement, il y a pas eu d’erreurs flagrantes qui a condamné une équipe sur la phase finale, la croatie et son but refusé pour un micro-ieuch à la limite.

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      3. modrobily dit :

        @alpha l’arbitrage est allé dans le sens du jeu dans quasi tous les matchs. Le Paraguay a été particulièrement dégueulasse pendant une mi-temps, c’est insuffisant pour en tirer une généralité.

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  5. Alexandre dit :

    Les passages ci-contre se retrouvent littéralement dans le texte de Monsieur Tourret? Ou les as-tu toi-mêmes synthétisés?

    « L’avènement du sport, et donc du foot, résulte d’un trop-plein d’énergie (cela vaut pour l’activité sexuelle, hors procréation),
    La médiocrité de la nature humaine explique la transgression des règles par les joueurs, notamment leur propension à simuler,
    Le spectateur et le monde en général ont fini par assimiler ces subterfuges et ne s’en indignent plus,
    Les règles sont définies par les acteurs du foot dont les décisions sont orientées par des intérêts, des habitudes, des opinions… qui font obstacle à de profonds changements,
    Les philosophes, sociologues, psychiatres, anthropologues, paléontologues, humoristes, artistes (liste non exhaustive) sont bien plus à même de faire évoluer les règles du foot afin que les grands joueurs soient également de « grands bonhommes » et des exemples positifs. »

    Si oui, ils ne manquent pas de pertinence, je trouve. Et ne vont pas sans me rappeler la lecture de moralistes.

    Et je présume que c’est en particulier (et donc pas uniquement?) le caractère décousu de son livre qui lui vaut ce 2/5?

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    1. Verano82 dit :

      J’ai fait une synthèse car c’est vraiment trop foutraque. En gros, j’ai viré les digressions futiles, les égarements borderlines et l’humour à la papa eh eh

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    2. bobbyschanno dit :

      Un peu de Elias, un peu de Nietzsche, un peu de Debord, un peu de Bourdieu, un peu de McLuhan. Je l’écris plus haut.

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    3. ajde59 dit :

      Mais du coup Verano, c’est quoi ses idées ? je le taille sur l’évolution des règles d’arbitrage: car c’est toujours plus de coercition et d’encadrement,
      mais quand je lis ton propos
      « Les philosophes, sociologues, psychiatres, anthropologues, paléontologues, humoristes, artistes (liste non exhaustive) sont bien plus à même de faire évoluer les règles du foot afin que les grands joueurs soient également de « grands bonhommes » et des exemples positifs. »,
      il verse aussi dans le côté hyper moralisateur et condescendant: les joueurs de foot doivent être des exemples et faut les éduquer aux règles, au cadre, sinon le peuple d’en bas va reproduire leurs attitudes, propos, etc… ??? c’est le foot prison qu’il propose ?

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      1. Verano82 dit :

        Comme je l’ai écrit, je ne voulais pas tout dire du bouquin, notamment les propositions d’évolutions des règles mais en voici quelques unes.

        Dans un 1er temps, il propose en effet de renforcer l’arsenal des sanctions et puis il se rend compte qu’il va passer par un adepte du tout sécuritaire ! Alors il pivote un peu et suggère d’autres évolutions. Par exemple, il est visionnaire sur le sujet des fausses blessures en réduisant le champ d’intervention des soigneurs, exactement ce qui se passe dans la CdM en cours. Sur les coups francs directs à proximité des buts adverses, il propose une vérification de la faute avec le VaR, ce qui est le cas depuis le début de la CdM etc…

        Ce qui ne va pas dans le bouquin, ce sont les digressions qui cherchent à lier le foot à des concepts plus ou moins philosophiques, plus ou moins assimilés, plus ou moins pertinents… Le picking hétéroclite qu’évoque Bobby. Des trucs sympas à partager en picolant, en ne se prenant pas au sérieux. A l’écrit, ça passe mal eh eh

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      2. bobbyschanno dit :

        En fait, c’est écrit au fil de l’eau ? Pas de structure, le mec laisse vagabonder sa pensée, accoudé au zinc ?

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      3. Verano82 dit :

        C’est un peu ça, ça digresse, ça s’égare, ça tente de reprendre le fil d’on ne sait trop quoi et puis enfin, on arrive aux nouvelles règles.

        Ah, j’oubliais le meilleur : un chapitre entier, parmi les plus longs, est la reprise d’un chapitre d’un de ses bouquins précédents. Bing, ça arrive comme ça.

        Bon, il m’est sympathique, Daniel. Et le mieux, parce que je sens qu’il vous interpelle, écoutez-le exposer son ambition !
        https://www.youtube.com/watch?v=uZDLkkQw7r4

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  6. ajde59 dit :

    Et l’enquête sur Gianni, y’a des révélations, où ça reste dans le vaseux: sous témoignage anonyme, on dit que, à enfiler les perles que tous le monde sait ? Ou ça reste sur il manque des ballons à la fédé du Bangla Desh et la fondation defiscale aux Bahamas. Bah ouais, rien de nouveau. quand j’étais licencié dans mon club toute la période post-98 on les a attendus aussi nos ballons, nos chasubles, nos plots, vous avez cru que la 3F a fait ruisselé le pognon de 98 ? de toutes les tournées et sponsors dans les clubs amateurs et pour les jeunes ? Fallait payer les billets classes affaires de Simonnet hein.

    ça me fait toujours rire ces livres enquêtes où ils pensent révéler les plus grands secrets dans l’ombre, tout en bossant dans un journal qui cire les pompes de la FIFA et de leurs produits, se pavane devant les sponsors et l’exonération des recettes, ainsi qu’à se palucher devant le spectacle.

    Le problème n’est pas Gianni et la FIFA, que le naïf chauve tireur de boule a pris la place du roi et que tout est devenu pire. Tout était déjà là.

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    1. Verano82 dit :

      C’est difficile, le journalisme d’investigation. Tout le monde n’est pas Pierre Péan (et encore, même lui n’a pas tout réussi).

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  7. ajde59 dit :

    Pauvre Verano qui s’est infligé de lire ces bouquins. hehe

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    1. Verano82 dit :

      Ah ah, merci de ta commisération !

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  8. modrobily dit :

    Juninho qui simule, oui, on ne va pas nier l’évidence, sur la fin il cherchait surtout à gratter des coups-francs. Le chiffre de 70% sort de nulle part jusqu’à preuve du contraire, dire que 2 titres n’auraient pas dû être attribués à l’OL c’est de la science-fiction, d’autant plus que le taux de réussite de Juninho sur coup-franc n’a pas été le même chaque saison.
    Ce qui est certain c’est que si les équipes qui jouaient l’OL avaient passé moins de temps à garer le bus avec 10 joueurs dans leurs 30 derniers mètres, Juninho n’aurait pas pu gratter de coups-francs bien placés.

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    1. bobbyschanno dit :

      Allez les Verts !

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      1. modrobily dit :

        Les pauvres sont bien mal partis pour retrouver les sommets… Pour la montée ils ont loupé le coche cette saison en craquant au pire des moments alors qu’ils avaient toutes les cartes en main.
        Maintenant les joueurs clés veulent quitter le club puisque le deal c’était de rester une saison pour remonter aussitôt.
        A mon avis il leur faudra encore 3 ans avant de revenir en Ligue 1, le temps de mettre en place un nouveau projet.

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    2. Verano82 dit :

      Quelle mauvaise foi ! Daniel est philosophe – statisticien. Il a produit des vidéos dans lesquelles il lit son bouquin, chapitre par chapitre. Voici l’implacable démonstration des vols commis par Juninho : https://www.youtube.com/watch?v=em0rd_nQs0M

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      1. bobbyschanno dit :

        Il a une bonne bouille, il a l’air sympa.
        Effectivement, j’ai bien envie d’aller boire un coup avec lui.

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      2. Alexandre dit :

        J’ai regardé, et compliqué d’être convaincu par quoi que ce soit tant l’abord de ce Monsieur est pour xy raisons artisanal – ce qui, venant de moi, est insoupçonnable de raillerie quelconque. Ceci dit je vais me faire l’avocat du diable (expression que je trouve vraiment malheureuse en ce cas) : j’ai bien plus confiance en ce qu’il raconte (ce qui ne veut pas dire que je le prends pour argent comptant, y a une marge), qu’en la moindre fadaise pondue depuis des décennies par le discours marchand, lequel aura combien plus pollué (que ce Monsieur ne le pourra ni voudra jamais) l’appréciation et la nature de ce jeu.

        Et je ne dis pas ça parce qu’il sent bon je ne sais quel piémont auvergnat, je ne sais où vers le sud-ouest, que sais-je, nein.. mais bien plutôt et tout simplement parce que lui, c’est certain : il n’a absolument rien à gagner à ce qu’il raconte, et il a donc ma sympathie – et même un peu plus.

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  9. modrobily dit :

    Je pense que Daniel a trouvé l’inspiration dans ses longues discussions au comptoir avec Robert. On pourrait peut-être lui offrir un poste de consultant.

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    1. bobbyschanno dit :

      Un duo inoubliable, qui relèguera Thierry et Jean-Michel aux oubliettes : Daniel et Robert !
      Avec, en invité surprise, un litre de Suze.

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      1. ajde59 dit :

        L un tournerait au picon, l autre a la suze. Quel duo ce serait. On veut voir ça

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  10. AlphaBet17 dit :

    Le sujet du second livre me fait penser : Aucun bouquin de Romain Molina n’est passé à la casserole P2F ?

    Boycott ou manque d’intérêt ?

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    1. bobbyschanno dit :

      Lance-toi !

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      1. AlphaBet17 dit :

        J’ai pas le talent de Verano !

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    2. modrobily dit :

      Ou juste trop de bouquins dispo et pas le temps de s’occuper de tous ?

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