Oyez oyez, amoureux du ballon rond, la CAN est de retour avec son cortège d’évènements insolites (Eto’o qui choisit les joueurs du Cameroun !) et d’anecdotes folkloriques (primes de qualification non payées, moyens de transport défaillants, féticheurs, grigris, interrogations sur l’âge réel des joueurs, double voire triple nationalité, etc.). Tout le charme de l’insoutenable légèreté du football africain sera encore présent dans un Maroc qui a construit des terrains futuristes et qui entend, cette fois-ci, imposer sa loi.
Pour cette édition, le Maroc bien sûr, part grand favori. Mais l’excès de confiance et la très grosse pression des fans risquent (encore) de jouer un sale tour aux locaux.
Villes hôtes : Rabat-Casablanca-Tanger-Agadir-Fès-Marrakech
Les surnoms de chaque pays sont indiqués. Parfois imaginés par des journalistes inspirés et passionnés, parfois adoptés par les Fédérations à la suite de consultations publiques, ils illustrent à quel point le football reste un véritable reflet des cultures et des traditions du continent. À travers eux, chaque équipe nationale affirme son identité, son histoire et ses symboles, contribuant ainsi à la création d’une épopée collective où le sport se mêle à la culture. La CAN 2025 au Maroc s’inscrira dans cette continuité, perpétuant une tradition profondément ancrée dans l’imaginaire africain.
Groupe A

Avec l’avantage du terrain et d’une grande expérience des tournois internationaux ces dix dernières années, le Maroc est le favori logique du groupe et devra surtout bien équilibrer ses efforts en vue des joutes autrement plus importantes lors de la phase à élimination directe. Le Mali, solide défensivement pourrait finir 2ème. Derrière, lutte à mort entre les Comores et la Zambie pour la 3e place (à suivre leur face à face dès le second match du groupe).
Maroc
Surnom : les Lions de l’Atlas (le dernier lion vu vivant dans l’Atlas marocain date de 1936).
Palmarès en Coupe d’Afrique : 20ème participation. Un titre (1976). Une finale (2004). 1 fois troisième (1980) et 2 fois quatrième (1986 et 1988).
Mali
Surnom : les Aigles.
Palmarès en Coupe d’Afrique : 12ème participation. 1 finale (1972). 2 fois troisième (2012 et 2013). 3 fois quatrième (1994, 2002 et 2004).
Zambie
Surnom : les Chipolopolos (boulets de cuivre car le sous-sol du pays regorge de cuivre).
Palmarès en Coupe d’Afrique : 19ème participation. 1 titre (2012). 2 finales (1974, 1994). 3 fois troisième (1982, 1990 et 1996).
Comores
Surnom : les Cœlacanthes (poisson préhistorique à nageoires charnues).
Palmarès en Coupe d’Afrique : 2ème participation.
Groupe B

Un beau groupe composé de sélections expérimentées et d’outsiders ambitieux. Pour la 3ème place, j’ai un petit faible pour les Antilopes angolaises, malgré une inconstance chronique. Le Zimbabwe au « kick and rush » primaire semble être le maillon faible de cette poule.
Égypte
Surnom : les Pharaons.
Palmarès en Coupe d’Afrique : 27ème participation. 7 titres (1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008, 2010). 3 fois finaliste (1962, 2017, 2022).
Afrique du Sud
Surnom : les « Bafana Bafana » (garçons, garçons en Zulu).
Palmarès en Coupe d’Afrique : 12ème participation. 1 titre (1996). 1 finale (1998). 2 fois troisième (2000, 2024). Quart de finaliste en 2002, 2013 et 2019.
Angola
Surnom : les Antilopes noires (Os Palancas Negras).
Palmarès en Coupe d’Afrique : 10ème participation. Quart de finaliste en 2008 et 2010.
Zimbabwe
Surnom : The Warriors (les Guerriers).
Palmarès en Coupe d’Afrique : 6ème participation.
Groupe C

Groupe assez déséquilibré avec deux grandes nations du football africain et deux « underdogs » capables mordre à tout moment.
Globalement, ce groupe pourrait générer une grosse surprise avec un Nigeria capricieux, versatile et instable. La Tanzanie, avec l’attaquant Samatta rappelé et composé des grands joueurs du Simba SC et des Young Africans, est capable de créer la sensation.
Nigeria
Surnom : The Super Eagles.
Palmarès en Coupe d’Afrique : 21ème participation. 3 titres (1980, 1994, 2013). 5 fois finaliste (1984, 1988, 1990, 2000, 2024), 7 fois troisième.
Tunisie
Surnom : les Aigles de Carthage.
Palmarès en Coupe d’Afrique : 22ème participation. 1 titre (2004). 2 finales (1965 et 1996). 1 fois troisième (1962). 3 fois quatrième (1978, 2000 et 2019). Quart de finaliste en 1998, 2006, 2008, 2012, 2015, 2017 et 2021.
Tanzanie
Surnom : les Taifa Stars (Taifa signifie « nation » en Swahili).
Palmarès en Coupe d’Afrique : 4ème participation. N’a jamais franchi le premier tour.
Ouganda
Surnom : The Cranes (les grues, grand oiseau de la famille des gruidés)
Palmarès : 8ème participation. Finaliste en 1978.
Groupe D

Le groupe des gros félins : un costaud impitoyable, le lion sénégalais ; un stratège hors-pair, le léopard congolais et un très rapide guépard béninois se feront un plaisir de déchiqueter le pauvre zèbre botswanais. Le Sénégal avec une attaque de feu Mané, N’diaye, Dia et Jackson, entre autres, est le grand favori du groupe (et du tournoi). Longtemps moqués, pour un surnom gentillet « les écureuils », le Bénin l’a transformé en « guépard » pour jouer dans la cour des grands. Malgré un tirage difficile, la 3ème place n’est pas impossible. En progression constante, comme en témoigne les exploits de Jwaneng Galaxy en Ligue des champions de la CAF, le Botswana est malheureusement tombé dans un groupe très relevé et prendre un ou deux points relèverait du miracle.
République démocratique du Congo
Surnom : les Léopards.
Palmarès en Coupe d’Afrique : 21ème participation. 2 titres (1968 et 1974). 2 fois troisième (1995 et 2015) et 2 fois quatrième (1972, 2024).
Sénégal
Surnom : les Lions de la Teranga (en Wolof, hospitalité ).
Palmarès en Coupe d’Afrique : 18ème participation. 1 titre (2021). 2 fois finaliste (2002, 2019).
Bénin
Surnom : les Guépards
Palmarès en Coupe d’Afrique : 5ème participation. Quart de finaliste (2019).
Botswana
Surnom : les Zèbres
Palmarès en Coupe d’Afrique : 2ème participation.
Groupe E

L’Algérie, le Burkina Faso et la Guinée Équatoriale ne se quittent plus ! L’Algérie, malgré un effectif monstrueux, a encore tout à prouver (elle a été sortie dès le premier tour lors des éditions 2022 et 2024). L’étalon Burkinabè, solide et rugueux avec de très bonnes individualités (Tapsoba, Ouattara, Bertrand Traoré ou le gardien Toffi) visera les deux premières places qualificatives directes. Sélection frisson de la dernière CAN (sortie première du groupe A devant le Nigeria), avec un incroyable 4 à 0 face au pays hôte, la Côte d’Ivoire), la Guinée Équatoriale est rentrée dans le rang depuis et semble en net déclin. Le Soudan, dans un pays en guerre civile et perturbé dans sa préparation, essaiera de grappiller un ou deux points, malgré un dernier match de poule difficile contre le Burkina Faso.
Algérie
Surnom : les Fennecs (un petit chasseur nocturne véloce proche du renard, malin et bondissant).
Palmarès en Coupe d’Afrique : 20ème participation. 2 titres (1990 et 2019). Finaliste en 1980. 3ème en 1984 et 1988.
Burkina Faso
Surnom : les Étalons.
Palmarès en Coupe d’Afrique : 14ème participation. Finaliste en 2013. 3ème en 2017. Deux fois 4ème en 1998 et 2021
Soudan
Surnom : les Faucons de Jediane ou les Crocodiles du Nil.
Palmarès en Coupe d’Afrique : 10ème participation. 1 titre (1970). 2 fois finaliste (1959 et 1963). 1 fois demi-finaliste (1957). 1 fois quart de finaliste (2012).
Guinée Équatoriale
Surnom : Nzalang Nacional (l’Éclair national).
Palmarès en Coupe d’Afrique : 5ème participation. 4ème en 2015.
Groupe F

« Groupe de la mort » avec les surnoms des animaux les plus dangereux de la savane africaine ! Le vieux lion camerounais a perdu de sa superbe depuis une dizaine d’années. La Côte d’Ivoire, vainqueur miraculeux en 2024, voudrait bien défendre son titre. Un exploit qu’aucune sélection n’a réalisé depuis l’Égypte en 2010. En embuscade, la panthère gabonaise peut créer la surprise avec un Aubameyang en forme olympique. Le petit poucet mozambicain a encore peu de chances de sortir du premier tour pour sa 6ème participation.
Côte d’Ivoire
Surnom : les Éléphants.
Palmarès en Coupe d’Afrique : 26ème participation. 3 titres (1992, 2015 et 2024). Finaliste en 2006 et 2012, 4 fois troisième.
Cameroun
Surnom : les Lions indomptables.
Palmarès en Coupe d’Afrique : 22ème participation. 5 titres (1984, 1988, 2000, 2002, 2017). 2 fois finaliste (1986, 2008) et 2 fois troisième (1972, 2022).
Gabon
Surnom : les Panthères.
Palmarès en Coupe d’Afrique : 9ème participation. 2 quarts de finale (1996 et 2012).
Mozambique
Surnom : les Mambas (le serpent le plus dangereux d’Afrique : une morsure peut tuer un cheval en une demi-heure).


Quelques souvenirs de la CAN. La lecture des buts de Kunde et d’Oudjani en finale. La défaite malheureuse de Pele et Yeboah. Amunike superstar et Mark Fish. L’édition 98 ratée. Le peno annulé injustement d’Ikpeba et le doublé de Song. La tristesse de mon pote Karim lors de la finale 2004. La magnifique équipe égyptienne. Le sacre tant mérité de la Zambie et le parcours des Étalons en 2013. Yaya, Aboukar et le coup franc de Mahrez en demi. Le Sénégal enfîn et les Ivoriens revenus de l’enfer.
Allez les Étalons !
Mandela et son maillot de l’Afrique du Sud en 96. La frappe Mach 3 d’Okocha en finale en 2000. L’interminable séance de tirs au but entre Ivoiriens et Camerounais en 2006. Gabaski toujours par terre en 2022. L’arbitre zambien qui siffle la fin du match à la 85e minute durant la même édition. Les maillots sans manche des Camerounais en 2002. Hervé Renard qui porte son joueur zambien blessé jusqu’à ses coéquipiers qui célèbrent leur victoire en finale.
Toute aussi interminable, la séance de tirs au but entre Ivoiriens et Ghanéens en 92. Avec un Ghana injustement privé de Pelé.
Le sacre à domicile en 90 avec un Menad en feu (un titre quelque peu entaché avec l’absence des meilleurs joueurs des deux nations mondialistes, l’Egypte et le Cameroun) – la séance des TAB aussi palpitante qu’interminable en 92 – le parcours miraculeux d’une Zambie de Kalusha Bwalia (seul survivant d’une sélectiondécimée par un récent drame aérien) et qui s’incline dignement face au meilleur Nigéria de l’histoire (Keshi, Yekini, Amuniki, Amokachi, Oliseh, Okocha) en 94 – la Nation Arc-en-ciel dans toute sa splendeur qui s’impose face à une vaillante Tunisie sous les regards candides du regretté Madiba en 96 – le magnifique ciseau de Youcef Hadju face à l’Egypte en poules, la folle remontdada de la RDC dans le match pour la 3ème place et le diabolique Ahmad Hassan qui offre à l’Egypte son 4ème étoile avec une magnifique frappe lointaine – le niveau stratosphérique de l’édition 2000 (la meilleure à mes yeux) et sa finale d’anthologie qui se décide sur une injustice arbitrale, le duo infernal Eto’o/M’boma qui martyrisait les défenses – le maillot mythique des impressionnants et imbattables camerounais en 2002 et la séduisante sélection sénégalaise de Camara et Diouf qui perd les armes à la main – le but maradonesque d’Achiou face à l’Egypte en phase de poules et le sacre tant attendu de la Tunisie (grâce à un arbitrage maison, diront certains) dans un stade de Radès en ébullition en 2004 – la bagarre hallucinante en mondovision entre Mido et son entraineur Hassan Shahata en demi-finale et le début du règne égyptien en 2006 face à la Côte d’Ivoire de Drogba (arbitrage plus que douteux, encore une fois) – l’écrasante domination du rouleau compresseur égyptien (un sacre qui ne souffre cette fois-ci d’aucun contestation) qui domaine de la tête et des épaules l’édition de 2008 avec un Aboutrika au sommet de son art – le retour inespéré de l’Algérie face aux éléphants en quarts pour se faire laminer en demi par une Egypte revancharde (privée de mondial par les verts à la fameuse bataille d’Oum Darman), la dernière danse du légendaire Ahmed Hassan qui soulève sa 4ème CAN avec l’Egypte (la 3ème de suite) grâce notamment à un supersub nommé Djeddou qui marque 5 fois en sortant à chaque fois du banc (du jamais vu dans une seule compétition) – la magnifique Zambie d’Hervé Renard qui surprend des éléphants surpuissants en 2012 – le retour des Super Eagles au sommet de la hiérarchie face à des étalons séduisants et un Bante qui a gagné la sympathie du grand public en 2013 – une Guinée Equatoriale surprenante qui a failli se glisser en finale (retour de l’arbitrage maison) et des éléphants enfin récompensés sous la houlette du sorcier Renard en 2015 – 5ème sacre inattendu du Cameroun en 2017 face à une vaillante Egypte qui n’a pas perdu une finale depuis un demi-siècle – le ballon déposé par Mehrez au petit filet dans le Fergie time face au Nigéria et le sacre des fennecs sur les terres de son ennemi juré à l’été 2019 (une CAN en été, cette fausse bonne idée), le triomphe tant attendu des sénégalais en 2021 face à de roublards égyptiens et leur talisman Gabaski aux TAB – la surprise ivoirienne en 2023 malgré un début calamiteux à la suite de l’effondrement des grandes nations les unes après les autres.
Agawa,
Ça suffit, un article s’il vous plaît.
Dès que possible mon ami (faute de temps, à vrai dire je travaille quasiment 10 à 12 heures par jour, 6 jours sur 7 et parfois 7/7), ce serait avec grand plaisir bien que je n’aie ni talent ni suffisamment de connaissances footballistiques pour avoir la prétention de faire partie de votre brillante rédaction (vos articles sont une réelle bouffée d’air frais).
Eheh, alors dans ce cas prends ton temps effectivement.
Mais tu seras le bienvenu, acclamé même, par la foule des rédacteurs en délire.
T’as une mémoire d’éléphant (ivoirien ?) 🤗
Pourquoi Aboutrika n’a jamais été testé en Europe ?
À un moment 2012 / 2013, il fut accusé de financer la confrérie des « Freres
À un moment 2012 / 2013, il fut accusé de financer la Confrérie des « Frères musulmans ».
Ses avoirs ont été saisis et il devint persona non grata en Égypte. Il dut fuire au Qatar pour sa sécurité.
Ok, merci. Mais avant cette affaire ? Entre 2006-2010 ?
Aboutrika s’est révélé sur le tard vers les 28 ans durant la CAN 2006, et puis les joueurs égyptiens ne cherchaient aucunement à s’exiler dans le championnat européen à quelques exceptions près (Magdi Abdelghani, Hani Ramzi, Hossam Hassan, Ahmed Hassan, Mido) jusqu’au début des années 2010. De un ils étaient très à l’aise dans les deux mastodontes que sont Al Ahly et Zamalek (deux clubs très bien structurés qui prennent bien soin de leurs joueurs) où ils ont le statut de demi-dieux, et puis c’était une politique délibérée de la fédération qui s’appuie en sélection sur une ossature de joueurs issus exclusivement de ces deux clubs et qui assimilent parfaitement le système de jeu caractéristiques des égyptiens. La performance de la sélection égyptien a justement baissé dès le sacre de 2010, y a t’il un lien direct avec le départ des joueurs vers les championnats européens (Salah, El Nenny, Trezguet, El Mohammady, Hegazy…) et ceux des monarchies du golfe ? Fort possible.
Mourinho était intéressé par Aboutrika entre 2004 et 2007 et le voulait le recruter parmi le contingent africain de Chelsea.
« Aboutrika était très talentueux. C’était évident pour tout le monde à travers ses réalisations avec Al Ahly et l’Égypte. Il avait l’avantage d’un physique et d’une technique solides. Il aurait certainement réussi à s’adapter au football européen. Je suis sûr que s’il était actif en ce moment, il ne resterait sans doute pas en Égypte et aurait joué en Europe », avait confié le technicien portugais.
Mais Aboutrika était un demi-dieu chez lui et gagnait déjà beaucoup d’argent. D’où faible intérêt à s’exiler. Par ailleurs, l’Égypte était l’un des derniers pays à n’avoir pas cédé à l’exode de joueurs vers les championnats étrangers.
Comme l’a signalé Lindo à juste titre, Aboutrika a payé chèrement sa sympathie envers Les Frères Musulmans et du président déchu Ahmed Morsi, il est à ce jour exilé au Qatar et l’entrée en Egypte lui ai interdite (il fallait voir ses émouvantes retrouvailles sur un plateau télé avec son ex-coéquipier au Ahly et en sélection Mohamed Barakat, qu’il n’avait pas revu depuis plus de 10 ans). Les médias affiliés au régime égyptien l’ont lynché sans merci dès le retour violent de la junte militaire au pouvoir. Il a été accusé à tort d’avoir financé le terrorisme et de de ce fait, de terrorisme, lui l’exemple même du pacifisme et de la mesure sur et en dehors de terrains.
Son unique tort fut d’être un musulman pratiquant issu d’un milieu rural modeste et conservateur, d’être resté fidèle à des principes immuables en dénonçant les bombardements génocidaires sur Gaza en 2008 et le massacre de manifestants civiles au Caire en 2013. Mais paradoxalement, il reste largement le joueur et le personnage égyptien le plus apprécié et le plus respecté au monde arabe malgré les tentatives de désinformation dont il est victime. Il est aimé et respecté même en Algérie car il était l’un des rares égyptiens à ne pas avoir pris part à l’ignoble propagande mensongère qui suivi l’élimination de l’Egypte dans la course au Mondial 2010.
Ironie de l’histoire, Aboutrika a eu un sort semblable à celui du grand attaquant algérien Salah Assad (célèbre pour ses dribles virevoltants dont la virgule, sa grande spécialité) et qui a été emprisonné arbitrairement et sans le moindre jugement pendant plus de 4 ans au début des années 90, juste parce qu’il était sympathisant du FIS (Front Islamique du Salut) en toute naïveté comme des millions d’algériens ignorant les sombres desseins des cyniques dirigeants ce partie islamiste (pourtant agréé par les autorités algériennes) lourdement impliqué (au même titre que le pouvoir algérien) dans le déclenchement de la guerre civile surnommée à raison « la décennie noire ».
Il n’y avait que quelques clubs anglais de seconde zone sur lui… A mon avis il a préféré dominer son sujet avec Al Ahly sur son continent plutôt que de galérer dans un club anglais quelconque… Et perso je l’aurai plutôt vu en Espagne…
Tu sais agawa, ici, on offre la plume à tout le monde et ce peu importe le style d’écriture ou la fréquence de publication. Je suis un contributeur irrégulier mais à chaque fois que je propose un article à la rédaction, celui-ci est toujours bien reçu (on va croire que je me tresse des lauriers pour moi-même tel Samuel Eto’o).
Merci Pig Benis (je ne peux m’empêcher de réprimer un éclat de rire à chaque fous que je lis ton pseudo), au delà du contenu intéressant et instructif des articles proposés c’est cette organisation horizontale pleine de bonhomie et de bienveillance et cette liberté de ton qui font toute la particularité de votre rédaction et tout le charme de ce site.
Agawa. Fais nous un texte sur Menad. Il est trop souvent oublié quand on parle des grands joueurs algériens…
Pourquoi pas Khia, tu as parfaitement raison Menad n’a pas eu toute la reconnaissance qu’il méritait alors qu’il fut un attaquant très complet et l’un des grands artisans du règne de la Jumbo Jet sur le football algérien durant les années 80.
Merci de reparler de Hocine Achiou, une légende de l’USMA et un trauma pour les Egyptiens en 2004 !!!
Je demande des détails quant à l’arbitrage maison de 2004 🙂
C’est aux nigérians qu’il faudrait demander lol, le penalty de Jaziri en demi-finale était totalement imaginaire et l’arbitre a fini par céder à la pression en voulant compenser le penalty accordé aux Super Eagles (discutable, mais pas scandaleux).
Pour une vue des stades :
https://www.cafonline.com/fr/can2025/infos/votre-guide-complet-des-stades-de-la-can-totalenergies-maroc-2025/
https://www.bbc.com/afrique/articles/cp3d7jn9l73o
Celui de Tanger (mon préféré), on dirait l’Allianz Arena de Munich.
Pou un guide plus complet, l’Équipe a fait un gros effort pour couvrir l’événement :
https://www.lequipe.fr/serie/can-2025/
Le guide de la CAF (téléchargeable) :
https://www.cafonline.com/fr/can2025/infos/la-caf-lance-le-guide-ultime-de-la-totalenergies-caf-coupe-d-afrique-des-nations-maroc-2025/
Ils vont avoir de sacrés stades en Botola Pro.
@lindo, ça nous aurait fait un bel article dans le fil de ceux sur les stades des Euros.
Il y a un parallèle entre cette CAN et celle de 88. Elles sont précédées d’une superbe épopée en Coupe du monde et, portées par une génération cinq étoiles. En 88, la sélection avait été inhibée par la pression. Ce coup-ci, elle devra faire le jeu avec une tension encore plus forte….
Le Maroc a tout raflé en 2025 : Ballon d’or, CHAN, Mondial U20, Coupe Arabe…. Même les féminines ont un bon niveau. C’est le fruit de gros investissements dans les infrastructures et dans le staff (avec un travail important sur les binationaux). Evidement, c’est aussi du Softpower.
S’ils réussissent l’enchainement 22, 25, 30, ils prendront beaucoup de place…. Ça doit pas plaire à la fédé algérienne tout ça….
En 1988, 2 groupes seulement. Fallait être costaud pour se qualifier. Un niveau très relevé. Seule la Tunisie parmi les grandes nations avait loupé la qualification (avec le Ghana). Le niveau était tellement serré que la plupart des matchs finissaient en match nul ou victoire étriquée 1-0.
Lindo la Tunisie lors des éliminatoires de la CAN 1988 est tout sauf une grande nation…
Elle colle comme un sparadrap dont tu ne parviens pas à te débarrasser et est toute heureuse de ne concéder son élimination à l’Algérie que sur la plus petite des marges, mais ce sont les pires années de la sélection (à la grosse louche, de fin 1980 à fin 1987). Avec ça, elle va quand même au dernier tour des qualif de Mexico 86, mais c’est à la force du jarret plus qu’au talent et là elle subit une déculottée mémorable face à l’Algérie.
Ca repart un peu mieux à la fin 1987, sans jamais se départir de cet aspect sparadrap 😉
L’énigme des échecs récurrents et inexplicables du Maroc à la CAN (alors qu’il performe souvent en Coupe du Monde) n’a d’équivalent que la non moins énigmatique fiasco de la sélection Egyptienne en qualifications et en phase finale de Coupe du Monde (alors qu’elle domine largement la CAN).
La sélection marocaine doit absolument briser le plafond de verre qu’est la CAN (une compétition qui ne luit réussit quasiment jamais depuis un demi-siècle malgré son habituel statut de grand favori ne serait ce qu’en 86, 88, 94, 98, 2012 et 2022) pour s’assoir définitivement dans la table des cadors africains (le Maroc est assurément une grande nation du football africain, mais il s’agit là uniquement de la CAN où son palmarès reste désespérément famélique comparativement à des nations telles que l’Egypte, le Cameroun, le Ghana, le Nigéria, la Côte d’Ivoire voire l’Algérie). Ca viendra tôt ou tard et j’espère de tout cœur que cette fois sera la bonne, se serait amplement mérité et une juste récompense de la réelle volonté politique des autorités marocaines qui ont investi dans la formation et les infrastructures et surtout de l’immense travail de fourmi de la fédération marocaine durant les 15 dernières année et qui a su trouver l’alliage parfait entre le talent pur des joueurs locaux et l’expérience du haut niveau des binationaux, résultats à l’appui en clubs comme en sélections.
Quant au voisin encombrant algérien, on ne peut simplement comparer les incomparables. La fédération algérienne est à l’image de son gouvernement populiste et incompétent, elle n’excelle que dans le bricolage et les accommodements de façade en optant exclusivement sur les binationaux (des joueurs moyens pour la plupart voire médiocres, qui se rabattent tardivement sur la sélection algérienne sachant qu’ils n’ont pratiquement aucun espoir d’intégrer la sélection française et d’y perdurer) sans le moindre travail de fond pour redresser le football national qui vit un profond marasme depuis 35 ans : formation quasi inexistante, sélections de jeunes absentes des rendez-vous internationaux, clubs très peu performants dans les compétitions continentales (une seule Ligue des Champions CAF en 35 ans), championnat médiocre entaché par une corruption à peine voilée, violence sur et en dehors des terrains (deux stades flambants neufs ont été vandalisés dès leur inauguration par leurs propres supporters), des infrastructures vétustes (des supporters y perdent souvent la vie)…etc. Et comme le résume si bien l’humoriste Mohamed Fellag : « Tous les peuples du monde, quand ils arrivent au fond du trou, ils essayent de remonter la pente pour en sortir. Quant à nous, on creuse « .
En Mondial 82, y avait déjà des gamins issus de la diaspora algérienne dans le groupe. Kourichi, Mansouri, Maroc. J’avais écouté récemment une très belle interview de Kourichi et j’avais beaucoup aimé son ton. Kourichi défendait son double héritage, n’eludant pas les difficultés en France mais ne mettant pas en retrait le fait qu’il avait grandi dans le Nord de la France. On sentait la fierté d’avoir représenté L’Algérie mais sans surjouer la fibre patriotique. Un mec réfléchi.
En 82 le championnat algérien produisait des joueurs d’une grande qualité (Belloumi, Assad, Madjer, Fergani, Benchikh, Bensaoula, Cerbah, Mrezkan) dont le niveau était au moins équivalent à celui des binationaux, ces derniers apportaient un touche supplémentaire mais l’ossature de l’équipe nationale était locale. Tu as raison concernant Kourichi, c’est un grand monsieur d’une incroyable humilité, comme la plupart des joueurs de cette génération dorée (enfin, sauf Benchikh et son égo surdimensionné lol).
Petite question du jour : Le Mali est un pays à vocation agro-pastorale où les animaux les plus répandus sont le singe rouge (pays), les gazelles, les ruminants (vaches, chèvres, moutons), quelques vautours, des éléphants…etc.
Mais alors, d’où vient ce surnom « Les Aigles » ?
Le Maroc qui entame solidement son tournoi avec une victoire 2-0 face aux Comores.
La Tunisie qui, à l’inverse, s’était inclinée 2-0 à domicile lors du match d’ouverture en 1994 face au Mali. À l’époque, les Maliens n’étaient pas considérés comme aujourd’hui, c’était leur première CAN depuis 1972.
Éliminés au premier tour après un nul face au Zaïre, ce tournoi fut un fiasco total pour les Aigles de Carthage.
Oui mais c’est également le renouveau du foot tunisien, qui avait un peu disparu des radars depuis l’épopée 78. Club Africain gagne la c1 en 91, avec Rouissi et Sellimi et l’Esperance fait de même en 94 avec le Zambien Kenneth Malitoli. La Tunisie sera finaliste de la CAN 96, présente en France deux ans plus tard et demeure une valeur sûre du continent depuis. Ils ont su se relever après le fiasco de 94.
Oui c’est sûr qu’ils ont pu se relever derrière ça même si je pense qu’ils se seraient bien passés d’une telle « performance ». Un peu comme la France en fin 1993 🤡
À l’opposé, cela avait posé les bases pour le Mali, devenu depuis une valeur sûre d’Afrique, même s’ils déçoivent régulièrement lorsqu’on voit le potentiel qu’ils ont.
Le renouveau de la sélection tunisienne est essentiellement dû à Henry Kasperczak.
Il a récupéré une équipe en ruines, mis sur le terrain qui lui semblait mériter de jouer et non les favoris des uns ou chouchous des autres, obtenu le blanc-seing présidentiel pour envoyer bouler tous les dirigeants (notamment le gendre du président), envoyé bouler les journalistes, et la Tunisie qui en 16 ans n’avait obtenu sur le terrain qu’une maigre qualification aux JO de Séoul a réussi sous sa houlette à se qualifier à toutes les compétitions auxquelles elle participait.
Le gars a même conçu la sortie de l’amateurisme des footballeurs tunisiens.
Le Nigeria fait 16 podiums sur 27 participations…. C’est assez dingue.
Ils ont l’oscar du second rôle.
Oh, je viens de voir cet article
Merci aux échanges entre le grand khey Agawa
Et lindo
Aujourd’hui, on a les premières grosses affiches. Égypte-Afrique du Sud et Maroc-Mali. Je verrai pas la première mais je serai devant la deuxième.
Dans la première rencontre, on a retrouvé l’Egypte qu’on aime tant détester : un bloc solide et compact organisé en 3-5-2 (une organisation qui leur a historiquement réussi et qu’ils maitrisent à merveille) avec un libéro et deux stoppeurs à l’ancienne verrouillant le secteur central à double tours, un gardien en transe quasi infranchissable et qui s’impose dans sa surface avec autorité, un jeu direct et des transitions rapides et létales, des simulations grossières et des roulades exagérées au moindre contact (à la fin du match Salah a avoué au sélectionneur adverse qu’il n’y avait pas penalty), un harcèlement ininterrompu du corps arbitral par le staff technique et les jours à chaque action aussi insignifiante soit-elle, une gestion vicieuse du score qui hache le jeu adverse et casse le rythme de la rencontre. Par contre les sudafricains ont été assez décevants, ils ont complétement déjoué en seconde période en troquant leur jeu léché et fluide contre des chandelles inutiles dans la surface.
Je vais laisser un commentaire tout en subjectivité (assumée) : la seule confédération continentale dont le siège ne soit pas au Caire, c’est celle de basket.
Etonnamment, c’est également le seul sport collectif dans lequel l’Egypte soit une nation moyenne voire médiocre…
Vous avez là un des éléments essentiels (mais pas unique, je dois l’admettre) des succès de l’Egypte en CAN, à comparer avec leur insuccès relatif en CM : une organisation purement CAF contre une organisation supervisée par la FIFA (…ce qui en dit long sur le degré de corruption de la CAF).
Correction, celles de handball et de volley ont quitté Le Caire. Mais le raisonnement tient quand même 🙂
En tant que spectateur neutre, j’ai de bons souvenirs de la sélection égyptienne. Me souviens pas de l’édition 98 mais leur trilogie, c’était quelque chose. J’admets que l’équipe 2006 était hystérique, voire l’embrouille entre Shehata et Mido, mais les deux autres… Quel match face aux Ivoiriens en 2008, victoire 4-1 en demi-finale, le 4-0 face à L’Algérie, au même stade de la compétition en 2010.. Une sélection sans star estampillée Europe, même si Aboutrika et Ahmed Hassan étaient des cadors, une base de joueurs locaux. Personne n’a pu rivaliser. Ni les Ivoiriens de Drogba, roi sans couronne qui perd le titre aux penos deux fois, c’est vrai. Ni l’ego d’Eto’o ni le Ghana de Muntari.
Et en 2009, j’étais content du retour de L’Algérie au Mondial, pour les copains et vu les circonstances, mais l’Égypte était une bien meilleure équipe. Ça s’est vu à la CAN quelques semaines plus tard. C’est leur rendez-vous manqué. Cette génération aurait pu faire un truc sympa en Afrique du Sud.
Il en va d’eux comme du Nigéria : la logique, c’est qu’ils aient une équipe nationale balaise. C’est le contraire qui est anormal. Et c’est pour ça que j’ai énormément de mal à admettre qu’ils aient recours à des procédés assez lamentables pour s’imposer. Leur organisation de la CAN 1986 fut un exemple en la matière. Leur réception de l’Algérie (avec traitement particulier au merveilleux Lakhdar Belloumi qui se retrouva assigné en justice) fin 1989 aussi fut assez éloquente.
Après, c’est une équipe systématiquement hypercostaude, genre l’Allemagne : même au 36ème dessous il faut se la coltiner. Par ailleurs la génération qui a enchaîné trois titres de suite était superbe; mais elle remporte le premier chez elle, et de façon, disons, discutable… (je me souviens des Ivoiriens coincés 3 heures dans leur bus le jour de la finale). Et surtout, il y a cette retenue, cette nuance tout en finesse des médias (par exemple lors du succès à la coupe des confédérations en 2007 sur l’Italie, un titre fut « nous avons battus les champions du monde donc nous sommes les maîtres du monde ») ou des instances qui amena le rappel des ambassadeurs respectifs lors du barrage face à l’Algérie que tu mentionnais.
Après, ouais, ils sont bons, costauds, et ils ont aucun manque de confiance en eux donc c’est une équipe solide.
…qui a attendu 1986 pour parvenir à battre le Maroc et joue donc sur ls terres de sa bête noire 😀
Haha. Perso, dans cette équipe 86, suis fan de El Khatib et surtout de Taher Abouzeid. Quel artiste celui-là. D’ailleurs, c’est lui qui colle le coup franc à Zaki.
Ben justement, il se fait expulser juste après pour échanges de claques avec Dolmy, je crois, et, miracle, se voit tout de même absous de sa suspension automatique et peut participer à la finale 😉
@Khia : Cette Égypte de 1986, c’est à peu de choses près celle qui a affronté les Bleus olympiques sur la route de leur médaille d’or en quart de finale des Jeux de Los Angeles en 1984 (P2F du 31/07/24). Honnête, mais dominée sans trop de discussion (0-2) par ces Bleus A’ qu’étaient les Olympiques, et ce malgré les présences de Tahar Abouzeid et Mahmoud Al-Khatib sur le terrain. Les Bleus ce jour-là au Rose Bowl de Pasadena : Rust – Thouvenel, Sénac, Jeannol, Ayache – Lemoult, Bijotat, Touré, G. Lacombe – Xuereb, Brisson.
Je n’avais pas vu les nouveaux stades, ils font très bonne impression. De manière plus générale, on a l’impression que l’heure du Maroc est arrivée. Entre cette CAN, le TGV, la montée continue de l’université Mohammed VI dans les classements internationaux, et des progrès continus dans les infrastructures (routes, télécoms, hôpitaux, etc.), l’impression vue de l’extérieur est la même que celle de la Corée du Sud au moment des JO de 1988 : des décennies de travail de l’ombre qui finissent par payer. Si c’est effectivement plus qu’une impression, c’est une bonne nouvelle en provenance d’une région qui en est plutôt avare, et c’est tant mieux. À quand le Maroc dans le G20 ?
Malgré la réduction du score en fin de match, j’ai trouvé la Tunisie limitée. Et pour le Nigeria, si Osimhen se fait enfin valider ses buts, à la dernière CAN, c’était assez dingue, et si Lookman nous plante d’aussi beaux buts, comme il le fait depuis le départ, va falloir aller les chercher.
Le Nigéria m’a rappelé la France de Platini sélectionneur : un bloc homogène mais sans génie (une exception pour Iwobi) et devant, un duo exceptionnel.
La Tunisie doit arrêter de vouloir se contenter de défendre, jouer plus tôt qu’après la trentième de chaque mi-temps et titulariser Tounekti 🙂
Pour ceux qui run, je vous invite à écouter un audio de 10 ep dédié à l’histoire du foot marocain sur Radio Maarif : Lmountakhab
Il y a quelques imprécisions mais ce n’est pas inintéressant…
https://podcasts.apple.com/fr/podcast/286-lmountakhab-les-grands-d%C3%A9buts-1-10/id1399586536?i=1000615293970
Et sinon, pour les fans de la CAN, quelle équipe a fait la meilleure impression pour le moment ? J’avoue que j’ai été moins assidu que lors de la dernière édition mais j’ai bien aimé le petit Diallo ivoirien. Un peu triste pour l’Angola de Fredy. Le Nigeria semble sur une bonne dynamique mais il y a quand même pas mal de prétendants.
On risque d’avoir en quarts de finale les 8 meilleures sélections du continent niveau palmarès/potentiel/réputation hormis le Ghana, ce qui serait assez rare
Bon, des demi-finalistes de la CAN plutôt logiques. Pas évident de ressortir des favoris. Beaucoup aimé la performance du Nigeria. Face à une Algérie complètement amorphe, faut dire.