Top 10 – Flamengo (1/2)

O Mais Querido, le club le plus populaire et supporté du Brésil. Si ces dernières saisons, c’est la moisson de titres, cela n’a pas toujours été le cas dans l’histoire du Mengão. La section football a été fondé en 1911, mais la naissance du club est antérieure, une histoire liée à l’aviron comme toute celle du football carioca. Place donc à un top 10 du Clube de Regatas do Flamengo, un exercice toujours subjectif et assumé comme tel à P2F !

Photo d’en tête: Flamengo-Cobreloa, finale Copa Libertadores 1981, 3e match à Montevideo. Debouts, de gauche à droite : Mozer, Raul Plassmann, Marinho, Nei Dias, Andrade, Júnior. Accroupis, de gauche à droite : Tita, Leandro, Nunes, Zico, Adílio

10. Bebeto

On commence ce top 10 par le choix le plus polémique. Car, si Bebeto fut considéré comme une idole, il finira par être vu comme le traître. Passé de grand espoir à héritier de Zico, son transfert chez le rival de Vasco da Gama fut l’un des plus controversés de l’histoire du football brésilien et a bien écorné son image au sein du Mengão. Encore aujourd’hui, son cas divise la torcida.

Bebeto a débuté professionnellement à Vitória, l’un des clubs de sa ville natale de Salvador de Bahia. Espoir du football brésilien, il est recruté par Flamengo pour la saison 1983. Aymoré Moreira, le sélectionneur de l’équipe nationale brésilienne championne du monde en 1962, déclara d’un ton prophétique : « Flamengo a réalisé le plus gros coup de la décennie. Ils viennent d’acquérir le Dida ou le Zico de demain. » Bebeto était un attaquant maigrichon et pétri de qualités malgré sa fragilité physique apparente. Il mit un peu de temps à se faire une place de titulaire, effectuant des aller-retours entre la réserve et l’équipe première. Il se montrait aussi impatient et son caractère rebelle générait par moment des disputes avec les entraîneurs. C’est Zagallo qui se montra le plus patient avec le jeune prodige et fit de Bebeto un titulaire au cours de la seconde moitié de la saison 1984. Sa précision technique, ses slaloms entre les défenseurs, sa vitesse, son jeu rapide en une touche de balle et un sens du but aiguisé ont vite conquis les supporteurs qui voyaient en lui le futur du club. La presse le considéra très vite comme le successeur de Zico.

Devenu indispensable à son équipe, Bebeto devient peu à peu l’un des joueurs phares du Brésil. Il est le buteur numéro un du club Rubro Negro pendant cinq saisons consécutives de 1985 à 1989. En 1986, Bebeto participe activement à ce que Flamengo remette la main sur le Championnat de Rio. Il prend ses responsabilités dans une équipe privée en grande majorité de ses cadres (Zico, Sócrates, Leandro ou Mozer) durant le tournoi en raison des convocations en équipe nationale ou des blessures de certains. Le milieu rêvé sur le papier – Andrade, Adílio, Sócrates et Zico – ne put jamais jouer ensemble en l’absence des deux stars brésiliennes. Auteur de 16 buts en 23 matchs, Bebeto est le fer de lance de l’équipe entraîné par Sebastião Lazaroni. Ce dernier s’occupait des jeunes du club auparavant et a lancé ses espoirs et jeunes recrues avec réussite : Aldair, Jorginho et Adalberto en défense, Aílton au milieu ou Chiquinho Carlos qui a bien aidé Bebeto offensivement, mais qui est parti à l’été pour Benfica. Flamengo s’adjuge le titre contre son éternel rival Vasco à l’issue du troisième match de la finale. Après deux 0-0, où la défense Rouge et Noire a contenu l’armada offensive de son adversaire emmené par son duo d’attaque Roberto Dinamite et Romário, Bebeto perce les filets adverses à la conclusion d’un mouvement collectif et ouvre le score. Une victoire finale 2-0 qui offre le titre à Flamengo.

La saison suivante, Flamengo remporte la Copa União – officieusement le Championnat du Brésil – mais un titre que la Fédération ne reconnaît pas. Suite à des problèmes financiers de la CBF et le mécontentement des gros clubs brésiliens qui critiquaient la formule du championnat national, trop peu attractive et peu rémunératrice, les 13 clubs les plus importants se regroupent pour organiser leur championnat avec 3 équipes supplémentaires invitées. Après des pressions des équipes lésées, la CBF impose un groupe final à quatre en croisant avec la compétition qui regroupe les autres clubs. Flamengo et Internacional les deux finalistes du tournoi du Clube dos 13 refusèrent de participer au groupe final. C’est ainsi que Recife, vainqueur de l’autre tournoi, est le champion national 1987 pour la Fédération, bien que Flamengo célèbre cette Copa comme un titre national et l’inscrit comme tel dans son palmarès. Pour revenir au terrain, les Rubro Negros s’étaient qualifiés pour les demi-finales in extremis. Bebeto connut une méforme sur une large partie de la saison. Mais il se montra décisif dans la phase finale, buteur lors des deux matchs contre l’Atlético Mineiro en demi-finale, de même que lors des finales contre l’Internacional. Flamengo avait pu compter sur le retour de Zico et le recrutement phare de Renato Gaúcho pour accompagner Bebeto en attaque. Edinho avait été également recruté pour renforcer la défense après le départ de Mozer au Benfica. Les jeunes formés au club, Leonardo en arrière gauche et Zinho en milieu offensif, qui prit la suite d’Adílio, avaient répondu présents également.

Devenu international et un attaquant de classe mondiale, Bebeto continuera sa progression. Il fut le meilleur buteur du Championnat Carioca en 1988 et 1989 avec respectivement 17 et 18 buts. En 1989, son aventure à Flamengo touche à sa fin d’une manière qu’aucun supporter du club n’aurait pu imaginer. Son transfert fera scandale, car la rivalité Flamengo-Vasco était à son sommet. Pour plusieurs suiveurs du club et journalistes, elle est même plus intense que celle avec Fluminense. Bebeto était issu d’une famille qui supportait Flamengo, mais il révéla plus tard qu’il supportait Vasco étant gamin. Il poursuivra sa carrière avec succès sous les couleurs du Cruzmaltino, puis en Europe à La Corogne et avec la sélection brésilienne où il forma un duo iconique avec Romario lors des succès en Copa América 1989, et surtout lors de la Coupe du Monde 1994. Bebeto reviendra à Flamengo en 1996, un coup de poker pour reformer son duo avec Romario, mais son compère se barre à peine son collègue arrivé. Son retour éphémère, à peine quelques mois, sera un échec. Le temps fera son œuvre et Flamengo pardonnera un peu à Bebeto qui reste l’un des plus grands buteurs de l’histoire du club, 151 buts en 307 matchs.

9. Dequinha

Au milieu des années 1950, Flamengo réalise un nouveau triplé au Championnat d’État de Rio. Trois titres consécutifs en 1953, 1954 et 1955. L’une de ses figures majeures est le médio-volante Dequinha. De son état civil José Mendonça dos Santos, il est né à Mossoró, dans l’État du Rio Grande do Norte. Il commence sa carrière dans le Nordeste, à ABC Natal puis América Recife. Il rejoint Rio de Janeiro en 1950, après s’être distingué au Championnat brésilien des sélections, avec l’État du Pernambuco. Milieu défensif « au jeu technique et discipliné », il attire l’attention de Flamengo. Cette année-là, le club connut l’une de ses pires saisons finissant 7e du Championnat de l’État de Rio. Le club était en chute libre depuis son dernier titre de 1944, la vente de son idole Zizinho à Bangu, des joueurs qui allaient et venaient constamment sans impact sur les résultats, et des changements permanents d’entraîneurs. La saison suivante, Flamengo entame sa reconstruction avec le retour de son glorieux technicien Flávio Costa.

Le tournant décisif survient en 1953, avec l’arrivée de l’entraîneur paraguayen Manuel Fleitas Solich, qui venait de mener le Paraguay à sa première victoire au Sudamericano, en battant le Brésil à deux reprises. S’appuyant sur les bases posées par Flávio Costa précédemment, Solich entreprit un tournant tactique et fut l’un des précurseurs du 4-2-4 dans le football brésilien, cinq ans avant que la Seleção soit championne du Monde dans ce schéma tactique. Dequinha joue un rôle fondamental, assurant avec une grande efficacité la liaison entre la défense et l’attaque. En plus de se replier et venir aider à protéger ses bases arrières, il initie les phases offensives, avec ses longues enjambées pour remonter la balle et déclenche les contre-attaques. Il était réputé pour sa technique, son endurance physique et la propreté de son jeu, y compris dans ses interventions toujours propres. Dequinha règne sur ce milieu et son adversaire direct Didi, qui se le coltinait dans les derbys cariocas, l’a même cité à plusieurs reprises « comme son meilleur adversaire direct ».

Dequinha formait un duo magistral avec Rubens, son acolyte du milieu de terrain qui avait un rôle plus offensif et créateur. Ce dernier était aussi doté d’une technique exquise, réputé pour la grande qualité de ses passes et de ses dribbles, ainsi que le maître des coups francs. Défensivement, Flamengo s’appuyait sur le gardien paraguayen Sinforiano García, les centraux Jadir et Pavão, Jordan l’arrière gauche que Garrincha craignait, et Tomires en arrière droit. Passeur très habile, Dequinha distribuait le ballon avec précision et combinait avec ses attaquants, notamment l’ailier droit Joel avec lequel il s’entendait parfaitement, ou avec son avant-centre Índio. L’attaque se composait également d’Evaristo ou du Paraguayen Jorge Benítez ; l’aile gauche était occupée par Esquerdinha puis Zagallo. Puis vint plus tard, l’éclosion de Dida, dont Dequinha en assura la protection, toujours « avec raffinement ».

L’équipe de Flamengo a marqué les esprits lors de ce triplé. Lors des deux premiers titres, les plus notables en termes de jeu produit, sur les 54 matchs disputés, Flamengo a obtenu 41 victoires, 9 nuls et seulement 4 défaites, avec une série de 34 matchs invaincus sur les deux tournois. Dequinha, devenu capitaine, était un leader sur le terrain, « sans crier, guidant davantage par ses gestes et l’exemplarité que par les mots ». Son autre exploit, est d’avoir été le seul joueur à disputer l’intégralité des 84 matchs du Tri-Campeão. Enfin, c’était aussi le symbole des nombreux joueurs venus du Nordeste ou qui en sont originaires, à l’instar de ses coéquipiers Índio, Dida, Zagallo ou Tomires, qui ont porté le maillot du Mengão à la même époque, participant à ce que le club devienne littéralement O Mais Querido dans toute la partie septentrionale du pays.

Dequinha a connu la sélection brésilienne, appelé lors de la Coupe du monde 1954 en Suisse, en tant que remplaçant de José Carlos Bauer. Comme une partie de ses coéquipiers, il passait derrière les stars de Santos et Botafogo à l’époque. En 1958, Dequinha commença déjà à décliner et une grave blessure l’éloigna pour toujours du niveau qui avait été le sien. Il quitte Flamengo en 1961, après 374 matchs et 8 buts. Il était une référence en matière de style à son poste, inspirant des joueurs tels que Carlinhos et Andrade qui furent ses dignes successeurs au sein du club.

8. Giorgian de Arrascaeta

Flamengo vient de conclure une année 2025 à nouveau en feu avec un triplé Copa Libertadores, Brasileiro et championnat Carioca. L’un des grands artisans de cette triple couronne est son génial numéro 10 uruguayen, Giorgian de Arrascaeta. Le meneur de jeu a survolé la saison par son talent et a su être décisif, auteur de 25 buts et 20 passes décisives. Il a été couvert de récompenses individuelles, dont les prestigieux Bola de Ouro et Rey de América, respectivement meilleur joueur du Brasileiro et meilleur joueur sudaméricain de l’année. De Arrascaeta est sûrement l’un des meilleurs joueurs sudaméricains depuis quelques années, formidable offensif qui a participé activement au retour au premier plan de Flamengo. Depuis son arrivée, le club a raflé 3 Copa Libertadores, 3 championnats brésiliens et 5 Championnats d’État en sept saisons. Tout a commencé en 2019, une saison exceptionnelle pour le club, qui a coïncidé avec son arrivée.

L’Uruguayen de 31 ans évolue depuis 2015 au Brésil. Révélation de la Copa Libertadores 2014 avec son club formateur du Defensor Sporting, qui avait atteint les demi-finales sur cette édition, il signe à Cruzeiro pour la saison 2015. Il se montre rapidement à son avantage et devient l’un des joueurs les plus talentueux au Brésil et sur le Continent. Flamengo le signe au début de l’année 2019, ce qui consiste à l’époque le plus gros transfert du football brésilien. Une nouvelle pierre à la construction d’une équipe compétitive à coups de transferts onéreux permis par une situation financière à nouveau saine. Car, au début des années 2010, le club est extrêmement endetté et dans une situation délicate. Une nouvelle direction assainit les finances du club et augmente les ressources économiques. D’un côté, le club réalise de grosses ventes de ses futures stars ; de l’autre, le football brésilien entre dans une nouvelle ère économique à son avantage, devenu hégémonique en Amérique du Sud, et le seul capable de rivaliser avec les salaires et transferts au niveau mondial. Flamengo est donc devenu une puissance financière et sportive. En trois ans, c’est Diego Ribas, Diego Alves, Éverton Ribeiro, Vitinho qui arrivent, avant le marché 2019 record, avec les transferts de Arrascaeta, Bruno Henrique, Rodrigo Caio, Gérson, le prêt de Gabriel Barbosa et la signature des deux latéraux expérimentés et libres du football européen, Rafinha et Filipe Luís. Flamengo c’est ainsi construit une équipe de haut niveau.

Pour revenir à notre Giorgian, il confirmera toutes les promesses et son haut niveau de jeu pour sa première saison, 18 buts en 52 matchs, mais surtout une qualité technique dans son jeu et de nombreuses passes décisives pour ses deux attaquants, Gabriel Barbosa et Bruno Henrique. Flamengo réalise une saison impressionnante avec son armada offensive, qui terrasse ses adversaires dans le championnat brésilien qu’il remporte haut la main en signant de nombreux records collectifs : meilleur total de points (90), meilleure attaque (86 buts avec les deux meilleurs buteurs du championnat dans ses rangs : Gabigol, 25 buts, et Bruno Henrique, 21 buts), plus grand nombre de victoires (28 victoires) et plus longue série d’invincibilité (24 matchs).

Flamengo impressionne tout au long de la saison par son niveau de jeu élevé : un bloc équipe compact qui use du marquage en zone et réalise un pressing constant, des attaques rapides et bien construites en 3 ou 4 passes, permises par des permutations et mouvements constants de ses joueurs. En finale de Copa Libertadores, même si Flamengo a dominé son adversaire, il a longtemps buté sur la défense de River Plate. Le club brésilien a longtemps cherché la solution tout au long du match sans abdiquer face au tenant du titre. C’est finalement dans les toutes dernières minutes de jeu qu’un doublé inespéré (avec passe décisive de Arrasceta sur le premier) de Gabriel Gabigol Barbosa permet d’arracher la victoire. Et depuis Flamengo continue de récolter les fruits d’une politique sportive et financière qui ne varie pas. Entre ses deux saisons exceptionnelles, de 2019 et 2025, Flamengo a de nouveau remporté la Libertadores en 2022 contre l’Athlético Paranaense, après s’être incliné contre Palmeiras en finale en 2021 ; a réalisé le doublé en championnat national en 2020 et le triplé en championnat carioca en 2021. De Arrascaeta est devenu un élément majeur de ses titres et du jeu du Mengão. Son toucher de balle, sa technique exquise, sa vision du jeu déséquilibrent les défenses adverses autant que ses déplacements. Car, le maître à jouer se faufile régulièrement entre les lignes adverses et navigue aussi bien de l’entre-jeu aux ailes, s’infiltre dans la surface de réparation pour se rapprocher de l’attaquant, entre 10 et 9, là où il peut être le plus létal, que ce soit pour une passe décisive ou pour conclure une action en gol.

Depuis plusieurs saisons, les éloges pleuvent sur l’international uruguayen, qui préfère être une star au Brésil et dans un club compétitif et légendaire comme Flamengo, qu’un énième joueur empilé dans un club de milieu tableau de Premier League ou de vedette dans le désert saoudien. Au Brésil, où il jouit d’une immense popularité, plusieurs gloires brésiliennes du passé en viennent à regretter qu’il ne soit pas un de leurs compatriotes, soulignant qu’un tel joueur avec de telles caractéristiques techniques n’est pas disponible dans la Seleção actuelle et qu’il y ferait le plus grand bien.

7. Adílio

617 matchs à régner sur le milieu de terrain (3ème de l’histoire du club en termes de matchs joués), titulaire indiscutable de l’équipe première de 1977 à 1986 durant l’ère dorée du Mengão. Fidèle bras droit de Zico et orchestrant l’équipe avec son camarade, en y apportant aussi sa créativité, bien aidé par son porte-flingue Andrade en milieu défensif qui avait grandi dans les équipes de jeunes avec lui. Adílio c’est le numéro 8 de l’âge d’or du Flamengo, pièce-maîtresse de son club avec lequel il a tout gagné : cinq championnats de l’État de Rio, trois Championnats du Brésil et le doublé Copa Libertadores-Intercontinentale en 1981.

Joueur exemplaire, Adílio n’a jamais reçu de carton rouge tout au long de sa carrière et une quantité infime de cartons jaunes. Un joueur élégant, propre, mais aussi très talentueux. Il enchaînait ses passes avec précision et ses dribbles avec aisance, doté d’un contrôle de balle exceptionnel et d’une technique soyeuse, tout en mouvement et en vitesse. Parfait complément de Zico, en second créateur et meneur de jeu, lui qui avait été numéro 10 en équipe de jeunes, il rythmait le jeu de l’équipe et l’impulsait toujours vers l’avant. Il pouvait aussi se déporter sur un côté, souvent le gauche, même s’il n’aimait pas trop évoluer sur l’aile, un poste qu’on essaya de lui refiler, notamment durant l’année 1981. Justement, l’année de tous les succès, ne fut pas un long fleuve tranquille pour le club qui a traversé la saison par des moments difficiles.

En 1981 donc, Adílio fut même un temps écarté au milieu de saison après s’être disputé avec Dino Sani. L’entraîneur autoritaire avait été choisi pour remettre de l’ordre. D’abord, Cláudio Coutinho en désaccord avec la nouvelle présidence élue, quitta son poste à l’aube de la nouvelle saison. L’ancien joueur et gloire du club, le Paraguayen Modesto Bria fut nommé entraîneur. Il ne reste que trois mois à cause de résultats moyens et des problèmes de santé, il fut remplacé par Sani. Ce dernier a tenté de modifier le style de jeu de l’équipe. Son caractère autoritaire n’a pas fonctionné et il s’est mis à dos plusieurs joueurs. En juillet 1981, nouveau changement d’entraîneur. Cette fois-ci, c’est Paulo César Carpegiani, récemment retraité et qui avait été capitaine de l’équipe il y a quelques mois encore.

Carpegiani qui connaît bien ses anciens coéquipiers ajuste l’équipe : il convainc Tita de jouer sur l’aille droite, remet Adílio à sa place au côté de Zico, et avec Andrade en milieu défensif pour les protéger. Lico qui avait peu joué jusque-là prit l’aile gauche. Ce 4-3-3 qui est resté dans les mémoires fut seulement utilisée sur les derniers mois de la saison. Flamengo atteint son apogée en fin d’année, « quarante jours de rêve », allant de leur victoire 6-0 contre Botafogo le 8 novembre au sacre intercontinental à Tokyo le 13 décembe. Avec évidemment la victoire en Copa Libertadores contre les Chiliens de Cobreloa au troisième match (le 23 novembre), le titre carioca contre Vasco da Gama, également au troisième match (6 décembre). Durant ces semaines où Flamengo semble voler – mais pas à tous les matchs, trois titres en trois semaines, mais ce ne fut pas une démonstration à chaque rencontre, les Rubro-Negros durent aussi batailler. Adílio s’est montré décisif et souvent, si ce n’est toujours, il fut au rendez-vous dans les matchs importants, y allant lui aussi de son but (il en marqua 7 sur les 11 matchs de cet état de grâce de 40 jours, dont le troisième contre Liverpool – pour un total de 129 buts avec le maillot rouge et noir).

Issu d’une favela de Rio, Cruzada São Sebastião, enclavée dans l’un des quartiers les plus riches de la ville et non loin du siège de Flamengo et de son terrain de Gávea, dans la zone sud de Rio de Janeiro, Adílio a accompli son destin dans le football et fut consacré dans le plus grand club de sa ville et de son pays. Au niveau national, il ne fut presque jamais sélectionné, seulement deux matchs avec la Seleção. Victime aussi d’une concurrence phénoménale au Brésil pour les postes au milieu de terrain, même si un strapontin dans une liste de 22 n’aurait pas fait tache pour le Mondial 1982, où il est écarté au dernier moment. Adílio a quitté en Flamengo en 1987. Décédé en 2024, il restera l’un des plus grands numéros 8 de l’histoire du club.

6. Leandro

Le meilleur latéral droit de l’histoire de Flamengo et parmi la crème du football brésilien à ce poste. À son zénith, au début des années 1980, Leandro pouvait être dans les prétendants au titre de meilleur arrière droit du monde. Avec Júnior d’un côté, Leandro de l’autre, c’était, pour ses adversaires, les ailes de l’enfer du Malvadão. Des latéraux-ailiers techniques qui enchaînaient les montées offensives, qui pouvaient dribbler, être passeurs décisifs, et même buteurs. Sans oublier leur capacité à se replier rapidement et défendre leur côté, où Leandro brillait par son placement précis et ses relances.

Fervent supporter du Flamengo depuis son enfance, il débute sous les ordres de Cláudio Coutinho qui a repris les rênes de l’équipe en août 1978. Quelque temps après, il passe professionnel et est intégré définitivement à l’équipe première. Peu à peu, il devint un titulaire régulier. Après le départ de Toninho Baiano, le titulaire des titres cariocas de 1978 et 1979 ainsi que celui du championnat brésilien 1980, on pensait que Leandro allait émerger et gagner sa place dans l’équipe naturellement pour de longues années. Car ses qualités étaient évidentes et il était au-dessus du lot à son poste, mais une blessure – le point noir de sa carrière semé d’embûches au niveau physique – vint ralentir sa progression. C’est le dénommé Carlos Alberto qui assure au poste de numéro 2 lors de la seconde partie de la saison 1980. Il a traîné ce handicap au genou tout au long de sa carrière, une blessure qui n’a pas été totalement guérie, aggravée par une malformation congénitale (ses jambes arquées exerçaient une forte pression sur ses articulations). De retour, Leandro gagna sa place au début de la saison 1981. Mais une fois de plus, il est éloigné des terrains, victime d’un accident de voiture à Cabo Frio, chez lui, un soir de Carnaval. De nouveau, Leandro reprend sa place pour la seconde partie de la saison, là où Flamengo va rafler les titres avec son arrière droit à un excellent niveau et qui atteint sa consécration.

Impérial lors de ces semaines de gloire à Flamengo, Leandro se signale également pour sa polyvalence précieuse. En effet, lors de la belle décisive à Montevideo en Copa Libertadores contre Cobreloa, il joue un rôle crucial repositionné dans l’entrejeu. L’entraîneur Paulo César Carpegiani l’avait placé au milieu de terrain, formant un double pivot avec Andrade. À la suite de l’expulsion d’Andrade, Leandro travailla sans relâche pour couvrir la défense et participer aux attaques durant toute la seconde période. Deux semaines plus tard, Leandro était de nouveau aligné au milieu de terrain – cette fois-ci comme milieu droit – lors de la finale du championnat de Rio remporté contre Vasco. Puis, il termina l’année en beauté en remportant la Coupe Intercontinentale contre Liverpool, à son poste de prédilection d’arrière droit et en ayant parfaitement contenu les offensives des Reds.

L’année suivante, Flamengo poursuit sur sa lancée et remporte le championnat brésilien sur la première partie de saison au détriment du champion en titre, Grêmio. Au milieu de la saison, Leandro disputa la Coupe du Monde 1982 titulaire dans cette Seleçao qui marquera les esprits. Pour leur sélectionneur Telê Santana, il fut le meilleur latéral droit qu’il ait vu jouer. Au retour du Mondial, la dynamique s’inverse pour Flamengo. La fin d’année fut décevante, l’équipe est en bout de course et épuisée physiquement. Dans la compétition continentale, les rêves de doublé s’envolent. Le vainqueur en titre, qui entrait directement dans les demi-finales composées de deux groupes de trois, perdit contre Peñarol lors de l’ultime match qui était décisif pour la place en finale. Une désillusion pour Flamengo battu à domicile 0-1. La saison s’achève sur une nouvelle défaite en finale du championnat d’État, Flamengo lâche son titre carioca au détriment de Vasco.

Indéboulonnable sur son côté droit, Leandro va pourtant glisser en défense centrale à partir de la saison 1983. Une mutation du fait de la réorganisation défensive du club et de ses pépins physiques. D’abord, son compère de l’aile gauche Júnior est transféré au Torino. Le club recrute le jeune espoir Jorginho, en provenance d’América, pour pallier à ce départ. Cependant, l’entraîneur Zagallo, de retour à Gávea, vit en Adalberto, issu du centre de formation, un titulaire au poste d’arrière gauche. Il décida donc de le titulariser et de positionner à l’opposée Jorginho. Ainsi, Leandro fut positionné en défense centrale aux côtés de Mozer. Ce changement visait également à préserver la condition physique de Leandro, ses problèmes de genoux étaient toujours là et supportaient de moins en moins les allers-retours incessants sur son côté droit. À son nouveau poste, il a continué de faire étalage de sa polyvalence et de son talent : anticipation, prise de balle, relance, jeu aérien. Il reçut une nouvelle fois le trophée Bola de Prata en 1985 qui distingue les meilleurs joueurs du championnat brésilien et décerné par le magazine Placar. Après l’avoir eu en qualité d’arrière droit en 1982, il fut récompensé cette fois-ci en tant que défenseur central.

Homme de base de Santana, qui l’utilisa lui aussi en défenseur central, il renonça à sa sélection pour le Mondial 1986 après une polémique lors de la préparation suite à une sortie nocturne non autorisée et une dispute avec son sélectionneur. A Flamengo son déclin commence, même s’il remporte deux derniers titres en tant que capitaine et pilier de la défense. Le championnat carioca 1986 avec Aldair en défense centrale; et l’année suivante, la dernière où il put jouer régulièrement, la Copa União, l’officieux championnat national, où il forme une charnière centrale expérimentée avec Edinho, rapatrié d’Udinese. Sa carrière touche à sa fin avec ses problèmes récurrents au genou qui lui causent d’intenses douleurs et nécessitent des soins après chaque match. Le classieux arrière droit range ses crampons en 1990 à 31 ans en n’ayant connu que le seul maillot rouge et noir.

Bonus musical du plus célèbre supporteur de Flamengo

52 réflexions sur « Top 10 – Flamengo (1/2) »

    1. Vasco avait une plus forte équipe avec pas mal d’internationaux brésiliens, plus que Flamengo mais individuellement il me semble pas meilleur outre mesure. 1989 c’est sa meilleure saison au Brésil, peut être même de sa carrière, il l’a commencé avec Fla et la poursuit donc avec Vasco + seleçao (copa américa). il est moins fringant en 90 (peut être une blessure dans le lot ?) et il perd notamment sa place de titulaire en équipe nationale pour le Mondial 90 par rapport à la Copa 89. Il revient très fort en 92 sur la première moitié de saison, il enchaîne à nouveau les buts, plusieurs récompenses individuelles, et il part pour la Corogne au mercato estival.

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      1. nouveau riche ? libéralisation des transferts ? ouverture du marché brésilien aussi => naissance du superdepor, mauro silva, djalminha, etc.

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  1. À partir du moment où il est question de Fla à la fin des 70es et au tout début des 80es, le nom de Coutinho ne peut qu’apparaitre. Ancien militaire, préparateur physique, autoritaire, j’en avais fait un lointain successeur de Flávio Costa dans le portrait consacré à ce dernier. La filiation va sans doute plus loin encore : ils se sont inspirés des tendances européennes (Kürschner pour l’un, Michels pour l’autre), leurs Flamengo avaient la réputation de bien jouer et ils ont tous les deux échoué avec la Seleção.

    Quand on parle de Coutinho, on le résume souvent à cette Coupe du monde 1978 tristounette. Ce n’est pas le Brésil de Telê mais ce n’est pas non plus dramatique (sauf le match nul contre l’Espagne qui est vraiment désolant avec Zico hors de forme). Contre l’Argentine, de mémoire, Roberto Dinamite et Dirceu se heurtent à plusieurs reprises à un Fillol magistral. Bref, ça se joue à peu de choses et cette Seleção n’était pas plus moche que celles sacrées en 1994 ou 2002.

    Coutinho aurait sans doute meilleure presse s’il avait encore été aux commandes de Fla lors de la Libertadores et l’Intercontinentale 1981 (il meurt juste avant). Mais ce Fla dirigé par Carpeggiani est le sien, c’est lui qui l’a façonné.

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    1. Coutinho il y a une chose que je n’ai jamais pu investiguer et si les Pinteurs peuvent m’y aider celà ajoutera une couche à ma reconnaissance éternelle pour cet espace, c’est : pourquoi diable n’a-t-il pas pu s’entendre avec Paulo Roberto Falcao ?
      Je veux dire, à ma connaissance, il n’y a pas d’oukaze contre les expatriés façon Menotti en 1978, les deux sont partisans d’un football plus réfléchi et hypertactique (prudent, diront certains) et si ma mémoire est bonne, le huitième roi de Rome (avant d’être sévèrement déchu de sa couronne en mai 1984) est déjà un ‘craque’, meilleur joueur sudaméricain, etc.
      Alors pourquoi ?
      Je comprends que Falcao (mes excuses aux lusophones, je ne retrouve pas le signet sur le ‘o’ sur mon clavier actuel) ne soit plus assez en forme en 1986 sous Télé Santana, mais en 1978 il est en pleine forme. Alors, encore une fois, pourquoi ?..

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      1. Hello Claudio,
        Pas de problème d’exil, Falcão joue avec l’Internacional jusqu’en 1980. Je pense qu’il s’agit avant tout d’un choix technique de la part de Coutinho. Pour rappel, lors de ses premiers matchs en tant que sélectionneur, il fait appel à Falcão et le titularise durant quelques matchs aux côtés de Toninho Cerezo, Zico ou Rivellino étant les numéros 10. Puis il l’oublie au profit d’autres joueurs, notamment Paulo Isidoro. Pour la CM 1978, il choisit clairement la prudence et préfère aligner aux côtés de Toninho Cerezo un véritable volante, Chicão ou Batista, bien plus actifs défensivement que Falcão. Je ne sais pas s’il l’a exprimé publiquement mais il semble que Coutinho doute de la complémentarité de Cerezo et Falcão. Comme mentionné dans un récent portrait de Cerezo, Telê Santana lui-même hésite à les faire jouer ensemble, il ne s’y résout que dans les dernières semaines qui précèdent la CM 1982. Pour moi, la fâcherie entre Coutinho et Falcão repose avant tout sur des choix sportifs du coach.

        Falcão a sa propre version, à savoir une forme de discrimination vis à vis des joueurs de Porto Alegre et de Belo Horizonte. Ils auraient été victimes de la préférence accordée à ceux de Rio et São Paulo, soit par conviction de Coutinho, soit pour se ménager les faveurs de la presse paulista. Coutinho étant perçu comme un sélectionneur carioca (successeur de Brandão le paulista), il aurait ajouté quelques éléments issus de São Paulo par opportunisme, dont Chicão du SPFC par exemple. Il est vrai que les joueurs de l’Internacional, de Grêmio, de l’Atlético ou de Cruzeiro sont peu nombreux en 1978 alors que ce sont de magnifiques années pour ces clubs.

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  2. Tu évoques Evaristo de Macedo dans le portrait de Dequinha. Très grand buteur du Barça à la fin des années 50 qui aurait probablement été parmi les Brésiliens champions du monde en 58 s’il était resté au pays. Tant mieux pour Vavà !

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      1. Yep. Parmi les meilleurs en 54, il est rappelé en sélection à son retour mais il y a désormais Garrincha… rappelle toi l’article Juninho et l’Absent.

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  3. Bon, Leandro, je crois qu’on a déjà tous déclaré notre flamme pour ce latéral qui avait tout pour lui. Os laterais de la Seleção depuis Nilton et Djalma, c’est quand même impressionnant… Le vide actuel est il conjoncturel ou est ce la fin d’une lignée ?

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  4. Dequinha, je ne connaissais pas. Il ne reste plus beaucoup de places. Une pour Dida ?
    Et en parlant de légendes du Flamengo, qui peut m’en dire plus sur le frangin de Zico, Edu, gloire d’America ?

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  5. Bonjour,
    Lecteur silencieux (mais assidu !), je risque le commentaire hors sujet car j’ai l’impression que les forums ici sont en friche.
    Je me rends en voyage en Amérique du Sud mi-février et pour 3 mois, en commençant par le Brésil. Bien entendu, ma soif de football dépasse les frontières de mon Maine-et-Loire natal et j’essaie dans la mesure du raisonnable d’assister à des matchs là où je me promène. J’y emmène avec bonheur Madame, dont la tenace religion est le ballon orange de Cholet Basket, mais qui s’est laissé prendre au jeu des prés verts exotiques depuis un bouillant derby Slavia-Sparta Prague (rassurez-vous, je ne lui impose pas les travées de Raymond Kopa).
    Je suis une immense quiche en football sud-américain. Je suis incapable de citer trois joueurs du Flamengo actuel. J’ai cru comprendre que les tournois régionaux étaient en cours au Brésil, à vrai dire je les prenais pour des parodies de la Serie A brésilienne, mais en vérifiant les classements j’ai l’impression qu’ils sont quand même relevés …
    Bref,
    Nous arrivons à Rio le 17/02; nous comptons y passer une semaine puis continuer par la côte sur l’axe Sao Paulo, Curitiba, Porto Alegre, puis Montevideo et Buenos Aires. Pas de calendrier exact !
    Alors mes questions sont : Comment s’articulent les championnats régionaux ? Quelle équipe ? Quel stade ? Un joueur frisson à aller admirer ?
    La question est à étendre sur le Brésil, l’Uruguay, l’Argentine, puis Pérou !
    Preneur de toutes vos lumières et mes excuses, encore, pour le commentaire hors sujet.

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    1. Pas de hors sujet, mais si tu veux des réponses va falloir faire au moins un reportage photo pour P2F eheh!

      Nan j rigole (quoique…) j imagine que les cocos vont passepasser te répondre avec plaisir. Moi j suis pas assez calé, j me contente de blagues et de lire!

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    2. Hola señor, supporter de Hull City ?
      En premier lieu, je n’ai jamais vu un match dans un stade d’Amsud, donc je t’envie !
      En me mettant à ta place, je choisirais le Maracanã of course pour y voir Fla ou Flu (mieux encore, un classico), le Vila Belmiro à Santos qui a finalement peu changé depuis l’époque de Pelé, le Centenario à Montevideo, la Bombonera ou le Monumental (surtout depuis qu’il a été remodelé et délesté de sa piste d’athlé) selon que tu préfères Boca ou River, le stade de Vélez, le José Amalfitani, ou le Cilindro de Racing à Avellaneda. Ou essayer de voir Di Maria au Gigante de Rosario.

      Et comme Gooz, sommes preneurs d’un reportage pour P2F !

      En effet, désormais, le début d’année est consacré aux championnats d’états. Il s’agissait de la compétition domestique la plus importante jusqu’au début des années 1970 et l’officialisation d’un véritable championnat national selon des formules longtemps alambiquées. Leur importance a décliné au fil du temps, je dirais à partir des années 1990. Dans le championnat carioca, s’affrontent notamment Vasco, Fla, Flu, Botafogo et d’autres clubs moins connus comme América, Bonsucesso, Bangu, Olaria ou Madureira en fonction des accessions-relégations de l’année. Le championnat Serie A commence après ces championnats d’états, à peu près en même temps que les phases de poule de la Copa Libertadores.

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      1. Merci pour cette liste ! C’est le choix du roi parmi tous ces stades mythiques. J’essaierai d’en visiter le plus possible, j’ai déjà coché évidemment le Maracaña, la Bombonera … Normalement, Rosario ne sera pas sur notre route, mais j’aurai adoré revoir Di Maria (cette élégance …). Ne jamais dire jamais !
        Ce sera un plaisir de partager ce voyage ici bien entendu.

        Et oui supporter de Hull City, à la faveur d’un semestre en Erasmus à Kingston-upon-Hull, de septembre 2014 à février 2015. Déjà fou de foot anglais, j’ai découvert une ville qui s’arrête les jours de match, les pubs bondés, les gens en maillot dans la rue. Et ma première ambiance anglaise, au KC Stadium (maintenant MTM), blindé un soir d’automne pour accueillir l’armada de Manchester City, avec Aguero, Lampard, Dzeko sur le terrain … J’y suis allé 3 fois, je n’ai pas vu une seule victoire et Hull retourne en Championship en fin de saison, mais trop tard, j’étais piqué ! 10 ans après je les suis encore.

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      2. José Amalfitani, oui, je l’aime bien. Certainement pour le cadre qui sert aux Pumas. Avant, c’était celui du Ferro Carril qui avait la cote.

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      3. Non, c’est devenu un monument historique à l’inverse du São Januario que Vasco utilise encore.

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    3. Déjà, si madame est fan de basket, le 19 février au Maracanãzinho de Rio, Flamengo (1er du championnat) recevra Franca (3e du championnat).

      Concernant le football, le championnat national reprend aujourd’hui. Les calendriers de la fin des championnats d’état et du début du championnat national vont se chevaucher.

      À propos des championnats d’état :
      Aux dates où tu seras à Rio, il y aura les demi-finales du championnat Carioca (aller 21 février, retour 1er mars), donc je ne peux pas te donner de conseil précis puisqu’on ne sait pas quels clubs seront qualifiés.

      Les dates des finales dans les états que tu vas traverser seront (si pas de changement) :
      Rio de Janeiro, le 8 mars,
      São Paulo, les 4 et 8 mars,
      Paraná, 28 février et 7 mars,
      Santa Catarina, 1er mars et 8 mars,
      Rio Grande do Sul, 8 mars.

      À propos du championnat national (Brasileirão Serie A) :
      Je vais mettre un * à côté des noms des grands clubs traditionnels.

      – Rio :
      Le 25 février, 4ème journée, au Maracanã il y aura Flamengo* – Mirassol. Haut de tableau, c’est le champion en titre contre le 4e de la saison passée (et possiblement équipe la plus plaisante à voir jouer l’an dernier).

      – São Paulo :
      Le 25 février, à l’Allianz Parque, il y aura Palmeiras* – Fluminense*. Haut de tableau, c’est le second et le cinquième de la saison passée. Stade Moderne.
      Le 26 février, au stade Vila Belmiro à Santos (sur la côte de l’état de São Paulo, à une heure trente en voiture de la ville de São Paulo), Santos* recevra Vasco*. Ventre mou, mais si tu veux voir jouer Neymar, il joue à Santos, et il y a Coutinho à Vasco. Petit stade traditionnel.
      Le 11 mars, à la Neo Química Arena, il y aura Corinthians* – Coritiba. Ventre mou, avec Memphis Depay à Corinthians. Stade Moderne.
      Le 12 mars, au Morumbi, il y aura São Paulo* – Chapecoense. Ventre mou, avec Lucas Moura (ex PSG) du côté de São Paulo. Stade traditionnel, typique des sudaméricains ouverts.

      – Porto Alegre :
      Le 12 mars, à l’Arena do Grêmio, il y aura Grêmio* – RedBull Brangantino. Ventre mou, avec Willian (ex Chelsea, Arsenal) et Arthur (ex Barcelone, Juventus) côté Grêmio. Stade Moderne.
      Le 15 mars, au stade Beira-Rio, il y aura Internacional* – Bahia. Ventre mou, pas d’ancienne star des championnat européen. Stade traditionnel.
      Le 18 mars, à l’Arena do Grêmio, il y aura Grêmio* – Vitória. Ventre mou, avec Willian (ex Chelsea, Arsenal) et Arthur (ex Barcelone, Juventus) côté Grêmio. Stade Moderne.

      J’essaie à peu près de coller avec les dates que tu indiques.
      À part ça, tu peux visiter les musées et les installations de plusieurs clubs. Et il y a un musée du football brésilien qui est pas mal au Stade Pacaembu de São Paulo (proche des stations de métro Clínicas et Paulista-Pernambucanas).

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      1. Et pour les joueurs notables, en dehors de ceux déjà cités, il y a Arrascaeta, Lucas Paqueta et Jorginho à Flamengo ; Ganso et Kevin Serna à Fluminense ; Alan Patrick à l’Internacional ; Gerson, Matheus Pereira et Kaio Jorge à Cruzeiro ; Gustavo Scarpa et Hulk à l’Atlético Mineiro ; Yuri Alberto à Corinthians ; Vitor Roque et Flaco López à Palmeiras ; Everton Ribeiro à Bahia ; Danilo à Botafogo ; Carlos Vinícius à Grêmio ; Luciano à São Paulo.

        Les favoris de la saison sont Flamengo, Palmeiras et Cruzeiro.
        Les principaux outsiders sont Bahia, Atlético MG, Fluminense et Corinthians.

        PS: Atlético Mineiro et Atlético MG, c’est le même club.

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      2. Un grand merci Cebolinha, c’est très clair et très complet ! Je jetterai un œil sur la fin des championnats régionaux.
        Et merci pour le tip basket, j’étais passé à côté.
        Je partagerai mes découvertes ici, sans faute !

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    4. Et puis Cholet, c’est quand-même le meilleur centre de formation du basket français. J’aime beaucoup ce club. Rigaudeau, Bilba, Gelabale, Nando, Beaubois, Gobert, Séraphin, Salaün… J’aurais adore avoir une équipe de basket à proximité comme celle-ci.

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  6. Flamengo-Cobreloa, finale Copa Libertadores 1981, 3e match à Montevideo. Debouts, de gauche à droite : Mozer, Raul Plassmann, Marinho, Nei Dias, Andrade, Júnior. Accroupis, de gauche à droite : Tita, Leandro, Nunes, Zico, Adílio

    OK j devrais avoir tous les points!
    A moi la pinte d or!

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  7. Le Flamengo triple champion carioca des années 50, y en a des choses à redire. Dejà Solich a la baguette, faudrait lui consacrer un article à part. Grosse influence et héritage tactique laissée.
    Et outre donc Dequinha présenté ici; Jadir, Pavão, Jordan, Rubens, Joel, Índio, Evaristo .. qui n’ont donc jamais eté sous le feu des projecteurs avec la seleçao, mais des valeurs sûres du football bresilien de la decennie 1950 et tous des monstres sacrés a Flamengo. Avec les paraguayens García et Benítez.

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    1. Indio, sur les photos, a l’air bien tanké. Evaristo, Waldo, Coutinho, Altafini…C’est fou la densité d’attaquants géniaux qui n’auront pas eu une carrière internationale dense avec la Seleçao. Départ à l’étranger pour 3 d’entre eux évidemment mais si tu ajoutes Vava, très difficile de choisir.

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      1. D’ailleurs, pourquoi ça n’a pas réellement marché en sélection pour Coutinho ? Sa complicité avec Pele aurait du être un avantage.

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      2. Indio c’est une histoire classique de cette époque: famille nordestine qui quitte la pauvreté du Nordeste pour tenter leur chance à Rio …
        une pièce essentielle de l(attaque de Solich, décrit comme un joueyur intelligent et avec un formidable joueur de tête, une moyenne de plus de 0,5 b/match à Flamengo, il est de la sélection 54 mais ne joue qu’un match, le fameux contre la Hongrie. Puis transféré à Corinthians, il est souvent en balance avec Evaristo en sélection notamment pour la Copa América 57, où c’est son ex coéquipier de Flamengo qui tient la barre durant le tournoi et qui se met fort en évidence (Verano le précise il se prive du mondial en allant jouer en Europe). Mais Indio est décidif pour les qualifs de 58 dans la double confrontation avec le Pérou, un artisan majeur de la qualif. (buteur à l’aller). Mais il est laissé à a la maison pour le Mondial 58, une blessure assez sérieuse quelque mois avant et il n’aurait pas récupéré.

        Ensuite, il part aussi en Europe, dans le club de Verano, l’Espanyol.

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      3. Salut Khidia

        Sur les 5 noms évoqués il y a des cas différents.
        Indio est insuffisamment remis comme le dit Ajde.
        Evaristo n’est pas sélectionné parce qu’il joue en Espagne .
        Waldo ne connaitra la sélection qu’en 1960 malgré des statistiques de fou (meilleur buteur de l’histoire de Fluminense à l’époque, je ne sais pas si ça tient toujours) avant de devenir l’idole qu’on connait à Valencia.
        Coutinho n’avait que 15 ans en 58 et sera sélectionné à partir de 60 comme Waldo.
        Pour Altafini « Mazzola » c’est différent il est titulaire au début de la coupe du monde 58 avant de laisser la place à Pelé suite à sa blessure contre l’Angleterre….mem si ils joueront ensemble contre le pays de Galles.

        Tout ça pour confirmer qu’avec la concurrence énorme de cette époque il y a des joueurs qui n’ont pas eu la carrière internationale qu’ils auraient pu avoir.
        Je crois avoir dit ici que pour moi, et malgré ma passion déraisonnable pour l’Argentine, le Brésil de 58 est la plus grande équipe de l’histoire et que si il y avait eu la télé à cette époque elle serait reconnue à sa juste valeur ….

        Zico lui-même a dit que c’était la plus grande concentration de talents de l’histoire du football .

        Quand tu vois les « monstres » qui sont dans les 22 ceux qui sont dans les 40 (détails plus bas) et ceux qui ne sont même pas présélectionnés c’est hallucinant….

        PRESELECTION BRESIL COUPE DU MONDE 1958

        Gardiens – Gilmar (Corinthians), Castilho (Fluminense), Carlos Alberto (Vasco da Gama ) et Ernani (Bangu)

        Défenseurs: Djalma Santos (Portuguesa de Desportos), De Sordi (São Paulo), Belini (Vasco da Gama), Mauro (São Paulo), Orlando (Vasco da Gama), Zózimo (Bangu), Nilton Santos (Botafogo), Oreco (Corinthians), Olavo (Santos), Jadir (Flamengo), Cacá (Botafogo), Altair (Fluminense) et Riberto (São Paulo)

        Milieux: Zito (Santos), Dino Sani (São Paulo), Didi (Botafogo), Moacir (Flamengo), Formiga (Palmeiras), Roberto Belangero (Corinthians), Pampolini (Botafogo), Luisinho (Corinthians) et Zizinho (São Paulo)

        Attaquants: Garrincha (Botafogo), Joel (Flamengo), Vavá (Vasco da Gama), Mazzola (Palmeiras), Pelé (Santos), Dida (Flamengo), Zagalo (Flamengo), Pepe (Santos), Dorval (Santos), Sabará (Vasco da Gama), Pagão (Santos), Gino (São Paulo), Almir (Vasco da Gama) et Canhoteiro (São Paulo)

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      4. Bresil 58, pas mieux : c’est en tout cas le top du top de ce que j’ai vu, tous pays voire clubs confondus.

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      5. Je suis plus 1958 que 70 également. Sur les lignes offensives, il peut y avoir match mais j’ai clairement une préférence pour l’assise défensive de 1958.

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    2. L’autre buteur, c’est le Paraguayen Jorge Benitez. On ne peut pas parler des Paraguayens de Flamengo sans mentionner l’origine: le Sudamericano 1949. Chez lui, le Brésil est en pleine répétition pour son mondial à venir et impressionne tous le monde. L’Argentine absente qui voit son football perde son hégémonie à la suite de la grève des joueurs l’année précédente et un exode d’une partie de ses stars. L’Uruguay aussi était en turbulence, mais moins grave et qui se montrera bien plus résiliente, on connaît la suite.
      La Seleçao domine ce tournoi et se pose en grande favorite. Un os sur son chemin: le Paraguay. L’équipe entraîné par Soliche bat le Brésil contre toute attente lors du dernier match de cette poule unique. Une victoire 2-1 grâce à Jorge Benitez buteur en fin de rencontre. Cette victoire des Guaranis force un match décisif trois jours plus tard. Le Brésil en fait qu’une bouché du PAraguay, 7-0. L’affront est lavé, le Brésil ne se dit que c’est qu’un accident isolé et sans lendemain…

      Solich a marqué les esprits, mais quelques années plus tard, il va faire à nouveau trembler le football brésilien, il rappelle à la seleçao qu’il est toujours « Le Magicien » . Il remporte le Sudamericano 1953 , cette fois-ci en battant le Brésil lors du match d’appui. Surtout que les Paraguayens font une première mi temps exceptionnelle et inflige un 3-0 au Brésil (3-2 score final). Flamengo engage Solich après ce Sudamericano.

      Sinforiano Garcia dont on a parlé dans le top gardiens, s’est mis en évidence en 1949 et il rejoint Flamengo à la suite du tournoi. Benitez a lui a d’abord rejoint Buenos Aires et Boca Juniors à la suite du Sudamericano. Sauf que le club xeneize est complètement anéanti par la grève des joueurs et est au bord de la relégation et la situation n’est pas au mieux en début des années 50. En 1951, il se redresse, 12 buts en 22 match. Mais il est décidé à quitter La Boca. Lors d’un amical entre Boca et Flamengo, il en profite pour raviver les souvenirs de son talent aux Brésiliens. Il est engagé dès la saison 52. Benitez était un avant-centre plus rugueux, physique et combatif que technique ou dribbleur. C’était un finisseur dans le dispositif de Solich . Il subit aussi la concurrence d’Evaristo.

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      1. Enfin, les Paraguayens marquants de Flamengo, deux autres noms pour finir.
        Le plus ancien, le volante Modesto Bria, qui a pris la suite du « vrai » Volante (à lire dans l’article sur Doval). Joueur qui était là pour le second titre carioca d’affilée en 43 et le troisième en 44. Milieu important du club lors des années 1940. Dans cette équipe il glissait en défense pour couvrir les montées de Domingos, et assurait la liaison offensive. Un peu plus de 300 match avec Flamengo en dix ans. Il a été entraîneur brièvement à plusieurs reprises. Plutôt pour faire le pompier.

        Et Francisco Reyes, défenseur de la fin des années 1960 et années 1970. Il a mis du temps à s’adapter, les résultats n’aidant pas. Il s’impose comme titulaire vraiment qu’en 1970. D’abord milieu défensif à son arrivée, il a été repositionné dans l’axe et c’est à ce poste qu’il a écrit ses plus beaux passages avec le maillot de Flamengo. J’ai été assez etonné qu’il est cité à plusieurs reprises comme l’un des meilleurs centraux qu’a connu le club (dans l’équipe type all time de Flamengo du magazine Placar en 1984 au côté de Domingos da guia). Reconnu pour ses qualités defensives: relance, jeu aérien combativité, anticipation, élégance défensive… en 1970, il est élu meilleur défenseur du championnat brésilien par Placar. Très respecté et aimé pour être l’un des joueurs majeurs du titre carioca de 1972, qui marque le retour au sommet du club après plusieurs saisons compliquées.

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      2. Yep. Parmi les Paraguayens récents au Bresil, on peut parler de Gustavo Gomez qui fait toute une carrière à Palmeiras ou d’Ángel Romero qui fit le bonheur de Corinthians.

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      1. Tiens Hincha. Cadeau.
        Mestalla a 100 ans ! – pinte de foot https://share.google/ZMi0o6PBpn4e1HSM8
        J’ai de l’affection pour ce texte parce qu’il est le premier que j’ai écris sur le sport. Et évidemment le premier que j’ai osé proposer à la lecture sur le forum de Sofoot.
        A force de voir Verano nous inonder de ses chouettes créations, ça a créé une vocation. El mentor !

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      2. Il était marrant ce jeu. Trouver le Verano nouveau entre les différents articles, les différentes brèves touchant au foot latin ou sud-americain. Et c’est nous qu’on l’a désormais ! Haha

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