Avec Dujeux, la pièce tombe souvent du bon côté mais est-ce un hasard ?

Europe Friandise Portrait

Né tout près de Sedan, biberonné à l’école Guy Roux à Auxerre, Alexandre Dujeux ne pouvait embrasser une autre carrière que celle de footballeur. Joueur de devoir à la carrière plus qu’honorable, il apprend le métier d’entraîneur aux côtés de Bernard Blaquart à Tours. Un mentor dont il n’oublie jamais de rappeler l’impact sur sa vision du poste.

Lors de la cataclysmique saison 2022-2023, il reprend un groupe promis à la Ligue 2 mais parvient dès ses premiers matchs à casser une dynamique horrible. Si la descente est inévitable, il insuffle un véritable vent de fraîcheur et fait émerger les leaders de demain. Himad Abdelli, Yahia Fofana, puis à l’été Lefort et Hanin, l’épine dorsale de l’équipe de demain prend forme. Pas épargné par les accidents de la vie, il se réfugie dans le travail. La montée en Ligue 1 comme échappatoire. Objectif atteint dès mai 2024, un véritable exploit quand on sait par où le SCO est passé.

Malgré tout, le plus dur commence. Se maintenir en L1 avec un budget de L2. Le défi est immense, tout le monde les voit dans la charrette, moi compris. Pas coach Dujeux qui se fout de savoir ce pensent des tintins dans mon genre et bâtit une équipe ultra solide. Les débuts sont timides mais petit à petit l’équipe se met au niveau, Lepaul explose, le SCO valide son billet pour une seconde année dans l’élite. Improbable.

Cet été, l’attaquant star quitte le navire après que l’équipe ait été construite autour de lui, cet hiver le maître à jouer migre au Sud. Qu’importe, excepté cette sortie de route à Strasbourg, le SCO réalise la saison parfaite à son échelle. Sans moyen, sans un effectif pléthorique et avec toujours l’impérieuse nécessité de laisser partir ses meilleurs atouts à chaque mercato. Une stratégie qui pourrait agacer bien des coachs mais le technicien angevin connaît trop bien les règles du jeu. Il a déjà bien assez à faire en cherchant sans cesse à remobiliser un groupe qui semble s’affaiblir à vue d’œil, pourquoi dépenser son énergie à autre chose ?

En trois ans à la tête du SCO, les erreurs tactiques se comptent sur les doigts d’une main, les choix sont rarement contestables, l’équipe joue de mieux en mieux et les résultats suivent. Cerise sur le gâteau, le magicien ardennais a sorti à lui seul ou presque le SCO de l’ornière financière. Qui connaissait Lepaul il y a un an ? Qui connaissait Chérif il y a six mois ? Qui sera le prochain diamant à polir ?

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