Traktor Stalingrad 1939 – succès et scandale sur fond de guerre imminente

Europe Histoire

Dans la majorité des pays affectés par la Seconde guerre mondiale, 1939 était la dernière année où du football allait être joué avant 1945. La situation particulière de l’URSS, pour qui la guerre ne commença qu’en 1941 avec l’opération Barbarossa, fit que la saison 1939 ne s’interrompît pas. Parmi les éléments marquants de cette saison, l’équipe du Traktor Stalingrad est particulièrement intéressante, entre une qualité de jeu impressionnante, un résultat historique et une affaire politico-sportive qui remontera jusqu’au Politburo et son secrétaire général, Joseph Staline.

Promu en première division en 1937, le Traktor avait réussi à se maintenir l’année suivante en terminant douzième, premier club hors de la zone rouge, une performance majeure tant le club de la Volga semblait voué à la relégation.

Pour comprendre cet exploit, il faut revenir en 1937, année charnière dans l’histoire du football en URSS.

1937 est l’année de la tournée basque dans toute l’Union, qui ramène avec elle un nouveau dispositif tactique : le W-M.

Malgré cette tournée et les leçons tactiques que le pays en a tiré, quand la saison 1938 démarre le 10 mai, toute l’URSS joue encore dans un 2-3-5 très académique mais totalement obsolète, les nouvelles règles du hors-jeu de 1925 ayant fait évoluer la structure tactique dominante vers le W-M d’Herbert Chapman.

Avec le Torpedo Moscou, le Traktor, entraîné par le très jeune Youri Khodotov1, est la première équipe à appliquer ce nouveau dispositif dans le pays. L’innovation tactique qu’est le W-M, couplée au renforcement de l’équipe par plusieurs joueurs du Metallurg Stalingrad, parmi lesquels l’ailier gauche Sergueï Protsenko, permets au modeste Traktor de rester en première division.

Si le Traktor est avant tout un collectif très bien huilé, les 19 buts marqués par le jeune Alexandre Ponomarev auront marqué les esprits en plus d’en faire, peut-être2, le meilleur buteur du championnat.

Présaison compliquée

L’hiver ne fait que très peu évoluer la structure du Traktor, dont l’effectif ne se voit renforcer que du défenseur du Dynamo Stalingrad, Konstantin Belikov, nommé capitaine en début de saison.

Malgré cette arrivée, la presse ne donne que peu de chances au Traktor, le journal Krasny Sport faisant des Stalingradois l’une des trois équipes les plus faibles du championnat, condamnée à descendre. L’objectif donné par la direction est simple : le maintien.

Pour ne rien arranger, la gestion de l’équipe par l’usine est très critiquée, et ce depuis plusieurs années déjà.

L’année précédente, le projet de modernisation des infrastructures fut très largement en retard par rapport aux objectifs, en dépit des dizaines de milliers de roubles donnés par Moscou.

En plus de cela, le terrain fut également vivement critiqué, la pelouse du stade ne possédait aucune herbe et beaucoup de bosses, au point d’être surnommé la pelouse noire par les adversaires.

Un an après, la situation n’avait pas évolué et le Comité de la culture physique et des sports menaça de faire jouer le premier match à domicile du Traktor à Kharkov, à plus de 600 kilomètres de Stalingrad. Malgré cette pression politique, les joueurs de Khodotov jouèrent bien leurs premiers matchs à Stalingrad, non pas dans leur stade mais celui du Metallurg.

Mai – Réception des moscovites

La saison du Traktor débute le 12 mai 1939 avec la réception du CDKA, vice-champion l’année précédente. Défaits 4-2 par le club de l’Armée rouge, les hommes de Khodotov ont confirmés leur réputation : Capable de beaucoup marquer mais aussi d’encaisser !

La rencontre suivante confirme une autre facette du Traktor. Avec sa victoire 3 buts à 1 face au Dynamo Moscou, déjà double champion d’Union soviétique par le passé, les coéquipiers de Belikov rappelle qu’ils sont une équipe capable de vaincre n’importe qui à domicile, même dans un stade qui n’est pas le leur.

Menés 2-0 après 20 minutes de jeu par le Torpedo lors de la troisième journée, le Traktor réussit une incroyable remontée, grâce à des buts signés Ponomarev, Liventsev et Protsenko, pour l’emporter 3-2.

Le match nul un partout clôturant ce premier mois de championnat, face au Lokomotiv Moscou, fait terminer le Traktor Stalingrad, annoncé bon pour la descente, sur la troisième marche du podium, avec cinq points pris sur huit possibles.

Juin – Un changement tactique pour le succès

Le mois de juin sera un test majeur pour les Stalingradois, qui passeront les prochaines semaines sur la route, se déplaçant à Leningrad, Moscou, Odessa et Kiev.

Dès l’engagement face au Dynamo Leningrad, le Traktor impose son style, domine la rencontre mais sans réussir à conclure. C’est finalement sur l’une de leurs rares contre-attaques que les Leningradois ouvrent le score, avant de doubler la mise en début de seconde période, quand le gardien Arkady Usov juge mal une frappe et se fait piéger. La réduction du score n’y change rien, malgré le niveau affiché par les siens, Khodotov doit bien accepter la défaite. La seconde rencontre dans la ville où débuta la révolution bolchévique, contre l’Elektrik, se passe bien mieux, avec une victoire 2-0 dans un match archi-dominé par les visiteurs, suivi d’un nul face au Mettalurg Moscou.

Il n’est pas exagéré de dire que c’est à Odessa que la saison du Traktor Stalingrad bascule, et ce, grâce à un ajustement tactique signé Youri Khodotov. Si des expérimentations avaient eu lieu plus tôt dans la saison, celle d’Odessa sera de loin la plus importante.

Pour la première fois de l’année, l’avant-centre Ponomarev se retrouve soutenu par les inters Provornov et Protsenko, les « Trois-P » sont alignés ensemble, les débuts d’un trio qui va faire des ravages dans les défenses adverses. Ce choix tactique est suivi de victoires nettes et sans bavures contre deux Dynamo, Odessa et Kiev. Des performances encourageantes, avant d’affronter le Spartak Moscou, leader du championnat.

Traktor – Spartak, l’exploit et ses conséquences

Pour la première rencontre dans leur stade en huit mois, les Stalingradois sont opposés au Spartak, champion en titre et grand favori pour le titre.

Il ne fallut pas attendre le 1er juillet, jour du match, pour que les 15.000 sièges disponibles soient vendus. Cela faisait déjà des semaines que le stade était annoncé à guichets fermés, des locaux, mais aussi des gens venus d’aussi loin qu’Astrakhan, à plus de 400 kilomètres de Stalingrad, ayant fait le déplacement pour voir les champions moscovites.

En dépit d’un début de match à leur avantage, ces derniers se retrouvent assez vite dominés par les locaux, Ponomarev mettant le capitaine du Spartak, Andreï Starostine, en grande souffrance.

Nous sommes alors à la dix-huitième minute de la rencontre quand Ponomarev récupère le ballon. Pourtant à 35 mètres des cages, l’avant-centre tente sa chance, Vladislav Zhmelkov, gardien du Spartak commet son unique erreur de la rencontre en ratant la balle, le Traktor mène 1-0. En deuxième période, Provornov puis Ponomarev à nouveau alourdissent le score, le troisième but stalingradois sera raconté de nouveau par Khodotov, presque un demi-siècle plus tard :

Aujourd’hui encore, je me souviens parfaitement du but de Ponomarev : après avoir reçu le ballon au milieu du terrain, il s’est élancé à toute vitesse, a feinté, s’est faufilé entre Starostine et Vasili Sokolov,
et d’une frappe puissante à environ 30 mètres, il a envoyé le ballon dans la lucarne du but du Spartak.

Youri Khodotov, 1987

Incapables de marquer au pied, les Moscovites en seront réduits à marquer avec la main, une main que l’arbitre aura visiblement été le seul à ne pas voir. 3-1 score final, le Spartak est défait pour la première fois de la saison alors que leurs adversaires prennent la tête du championnat.

Mais dans un football éminemment politique, les hégémoniques clubs moscovites ne peuvent accepter qu’une modeste équipe d’une ville n’étant pas encore rentrée dans l’histoire puisse prendre leur place. Et comme une ultime preuve de la lutte des classes, les tout-puissants clubs de la capitale font main basse sur les talents stalingradois, Alexandre Ponomarev et Vasili Provornov sont appelés à Moscou et mis sous pression de rejoindre le CDKA et le Dynamo, sous menace d’être conscrits par l’Armée rouge.

Juillet – Le Traktor sur un fil

Quand la nouvelle arrive à Stalingrad, le Premier Secrétaire du Comité Régional, Alexei Chuyanov, informe immédiatement le Politburo de ce qui est une évidente manœuvre politique des ogres moscovites.

Néanmoins, sans leurs deux attaquants titulaires, le Traktor s’effondre. Défaits 4-2 sur leur pelouse contre le modeste Stakhanovets Stalino, les Stalingradois touchent le fond à Leningrad, le Stalinets les humiliant 7 buts à 1.

En attendant la décision du Politburo, Provornov et Ponomarev sont autorisés à retourner dans leur club, pile à temps pour la réception du Dinamo Tbilissi. Revenus d’un retard de deux buts, Ponomarev et Protsenko permettent au Traktor de prendre un point avant de se déplacer pour affronter le Dynamo Moscou.

Pour la troisième fois en moins d’un an, le Traktor Stalingrad l’emporte face à l’ogre du Dynamo Moscou. En ce 25 juillet, devant 55.000 personnes, le Traktor joue crânement sa chance, faisant honneur à son statut d’équipe offensive en imposant son rythme.

Si le Dynamo peut ouvrir le score sur penalty, Sergei Ilyin tire au dessus, et sur l’action qui suit, Provornov ne tremble pas face aux cages. Dix minutes plus tard, la cadence des Stalingradois force la défense moscovite à faire faute dans la surface, Valentin Liventsev prends ses responsabilités et fait passer le score à 2-0, Boris Terentyev conclut une combinaison deux minutes plus tard, après 35 minutes de jeu, le Dynamo est humilié sur sa pelouse. Les réductions du score d’Ilyin n’y changeront rien, le Traktor s’impose 3-2 à Moscou et l’ovation pour les visiteurs en dit long sur l’impression qu’ils laissent dans tout les stades de l’Union.

Stalingrad sauvé par Staline

Le 28 juillet, le Politburo du comité central du parti communiste de toute l’Union3 organise une séance où trois sujets seront discutés, la riposte à l’offensive japonaise à Khalkin Gol4, les négociations diplomatiques avec la France et le Royaume-Uni5 et le débauchage des joueurs du Traktor Stalingrad.

A côté des préparations militaires, a l’est comme à l’ouest, d’une guerre qui est imminente, les petites affaires du football national semblent bien dérisoires, mais elles sont pourtant traitées avec la même importance que les grands sujets politiques.

Le Comité central constate que des employés du Commissariat du peuple à la Défense et du NKVD ont indûment abusé de leurs fonctions pour servir les intérêts sportifs étroits des équipes de football du CDKA et du Dynamo, en enrôlant de force dans l’armée les meilleurs joueurs de l’équipe de football de la société sportive Traktor, Ponomarev et Provornov, afin de les utiliser comme joueurs de football.

Le Comité central demande :
1. La condamnation des agissements des camarades Tarasov, Dubinin, Yudin, Nenov et des autres employés des organisations d’éducation physique.
2. L’annulation de l’ordre d’incorporation des camarades Ponomarev et Provornov dans l’Armée rouge.
3. L’organisation d’une revanche des matchs entre le Traktor et les équipes du Stakhanovets et Stalinets.
4. Le rétablissement de l’ordre par le camarade Snegov dans les organisations d’éducation physique afin de mettre fin aux mœurs intolérables qui règnent dans les organisations sportives soviétiques.

Extrait de la résolution du Politburo du Comité Central du Parti communiste de toute l’Union « relative au recrutement de joueurs de l’équipe de football de la société sportive Traktor » du 28 juillet 1939.

Le championnat étant un peu confus avec ce qu’on appelle maintenant « l’affaire Ponomarev-Provornov », le Traktor termine le mois de juillet avec une rencontre de coupe. Opposés au Stalinets, les joueurs stalingradois voient leur adversaire ouvrir le score sur une erreur du gardien Usov, avant que Liventsev n’égalise, un partout à la mi-temps, mais c’est en seconde période que le match bascule, l’arbitre exclue deux joueurs du Traktor, Protsenko et Ivanov, et réduits à 9, le Traktor doit faire des efforts surhumains pour se sauver.

Le score reste à 1-1 après 90 minutes et à la suite du doublé de Liventsev à la 113ème minute, le public léningradois offre une ovation aux visiteurs. Il ne reste que deux minutes à jouer quand un pénalty est sifflé en faveur des locaux et transformé. Deux partout après 120 minutes, il y aura une troisième mi-temps de quinze minutes, comme le veut la règle à l’époque, durant laquelle s’applique la règle du but en or. En double infériorité numérique depuis presque une heure, il ne reste qu’un quart d’heure à tenir pour que le match soit rejoué à Stalingrad, mais dans l’avant-dernière minute du match, les locaux réussissent à trouver la faille. Le Traktor Stalingrad est éliminé dès le premier tour de coupe dans une rencontre homérique, sous les acclamations du public.

Août – À l’ouest, rien de nouveau

A mi-saison, avec ses deux matchs à rejouer, le Traktor Stalingrad mène donc le championnat soviétique, devant les favoris que sont le Spartak et le Dynamo Moscou.

Sans plusieurs de ces cadres sur la route de Moscou, le Traktor perds 4-1 contre le Torpedo avant de s’imposer sur le même score face au Lokomotiv. Au moment même et à quelques kilomètres seulement de là où les coéquipiers de Belikov l’emporte contre le Loko, Joachim von Ribbentrop et Vyacheslav Molotov signent un bout de papier qui s’apprêtent à marquer l’histoire.

Le mois d’août se termine avec un retour à la maison pour les Stalingradois, qui s’imposent difficilement deux buts à un contre le Dynamo Leningrad. Nous sommes le 31 août 1939 et, en dehors de l’Union, l’enfer va commencer.

Septembre – Ralentissement

La victoire 1-0 face à l’Elektrik Leningrad ne peut pas cacher l’évidence, depuis la victoire face au Dynamo Moscou fin juillet, le rythme des Stalingradois n’est plus le même. Ils s’imposent plus difficilement, leur style de jeu agressif est physiquement très demandant et la présaison chaotique n’aura pas permis aux joueurs du Traktor de se préparer pour toute la saison. Alors qu’il ne reste que dix matchs de championnat, le Traktor mène toujours le championnat, à égalité avec le Spartak.

Le niveau de jeu des hommes de Khodotov ne fait que décliner de semaine en semaine, battus 2-0 à la maison par le Metallurg Moscou, la victoire 6-0 face au Dynamo Odessa, lanterne rouge du championnat, ne trompe personne.

Une nouvelle défaite à domicile, face au Dynamo Kiev cette fois-ci, est en plus marquée par la blessure de trois joueurs du Traktor, dont le pilier défensif Ivanov. Septembre voit les Stalingradois perdre pour la troisième fois, sur le score de 2-0 face au CDKA.

Vaincus trois fois seulement en championnat avant le mois de septembre, il est clair que le Traktor ne tient plus le rythme. Si ils sont toujours sur le podium, les joueurs stalingradois regardent derrière eux et non devant.

Octobre/Novembre – Fin des espoirs

On pensait le mois de septembre mauvais mais la fin de saison est encore pire. Le faible Stakhanovets Stalino battu, les défaites s’enchaînent, 1-0 à la maison contre le Stalinets, 3-0 contre ce même club à Leningrad dans le match en retard de juillet, 3-1 contre le Spartak, seul le point pris à Tbilissi face au Dynamo et la conclusion de la saison, une victoire contre le Stakhanovets à la maison, permettront aux joueurs de prendre un peu de plaisir.

Le Traktor termine la saison à la troisième place, mais le Dynamo Tbilissi ayant trois match reportés à jouer, les Stalingradois ne finiront qu’au pied du podium.

Conclusion d’une année douce-amère

En dépit d’une fin de saison plus difficile, personne ne voyait le modeste Traktor aller si haut, la saison fut donc considérée comme un véritable succès, le journal de l’usine de Stalingrad n’hésitant pas à faire sa une avec « Un succès éclatant et bien mérité pour les onze Bleus ! »

Tactiquement innovante, très jeune, cette équipe semble intéressante pour le futur. Hélas pour elle, il faudra attendre 54 ans et la saison 1993 du Rotor Volgograd, dans une Russie post-soviétique en bien mauvais état, pour qu’elle fasse mieux.

Honorable septième du championnat en 1940, la saison 1941 voit le trio Ponomarev-Provornov-Protsenko quitter le club. Malgré ses départs importants, le club est encore quatrième après 12 matchs, à seulement deux petits points du leader.

La victoire 3-2 du Traktor sur le terrain du Stakhanovets Stalino le 24 juin 1941 est le dernier match de championnat joué pendant près de quatre ans. Le match suivant, supposé se tenir à Minsk, ne sera jamais joué, la Biélorussie étant déjà sous le feu de l’artillerie allemande. Des héros de 1939, tous survivront à la guerre, sauf un.

L’usine de tracteur après la bataille

Gueorgui Ivanov, défenseur central renommé dans le pays, mourra en 1943 dans le Nord-Caucase, il avait 31 ans.

Il faudra attendre le 2 mai 1943 pour que du football soit rejoué à Stalingrad, une ville rentrée dans l’histoire et meurtrie dans sa chair, qui accueillit un match entre des joueurs locaux et le Spartak Moscou, trois mois après la libération de la ville. Sur les ruines de Stalingrad, les locaux s’imposèrent 1-0, le capitaine s’appelle Konstantin Belikov, 34 ans.

Contrairement à tant d’autres, il n’a jamais quitté Stalingrad, défenseur de la ville comme de son équipe du premier au dernier jour. Après sa carrière, il deviendra arbitre mais restera une part active de la mémoire de la ville, même après son changement de nom pour Volgograd, et ce, jusqu’à son décès en 1987, dans la ville qu’il aura contribué à défendre, sportivement comme militairement.

  1. À 24 ans, Youri Khodotov est alors le plus jeune coach de première division soviétique. ↩︎
  2. Il y’a débat sur le meilleur buteur du championnat en 1938, puisque aucun chiffre ne fait consensus, la faute à des résumés imprécis ou des journalistes peu regardants. Les 19 buts de Ponomarev sont confirmés, mais ce n’est pas le cas pour ceux de Makar Gontcharenko du Dynamo Kiev et Grigori Fedotov du CDKA Moscou. Un écart d’un but existe pour les deux hommes, qui ont marqués 19 ou 20 buts selon les sources. Pour le kiévien, la victoire 7-0 de son équipe contre le Spartak Leningrad s’est soit accompagnée d’un triplé de sa part, ou bien d’un quadruplé. Quand au moscovite, c’est le match nul 2-2 du CDKA face au Dynamo Odessa qui pose problème. Fedotov y mets-il un unique but ou un doublé ? ↩︎
  3. Alors composé d’Andreïev, Beria, Boulganine, Jdanov, Kaganovitch, Kalinine, Khrouchtchev, Kossyguine, Malenkov, Mikoïan, Molotov, Staline, Vorochilov et Voznessenski. Jdanov en est le second secrétaire quand Staline en est le secrétaire général. ↩︎
  4. Khalkin Gol est le lieu de plusieurs batailles entre l’armée japonaise et soviétique. Ayant lieu entre mai et septembre 1939, ces escarmouches aux frontières nippones, russes et mongoles aboutiront à une victoire de l’Armée rouge et à l’abandon des prétentions japonaises dans l’Extrême-Orient russe. Il faut noter que c’est à Khalkin Gol que Gueorgui Joukov se fit connaître, devenant la figure majeure du commandement soviétique pendant la Seconde guerre mondiale. ↩︎
  5. Le traité de non-agression entre l’Allemagne et l’Union Soviétique, plus connu comme Pacte Ribbentrop-Molotov, ne sera signé que le 23 août. La position soviétique fin juillet est encore à un traité avec les Français et les Britanniques, qui n’aboutira finalement jamais. ↩︎

9 commentaires pour "Traktor Stalingrad 1939 – succès et scandale sur fond de guerre imminente"

  1. Alexandre dit :

    Toujours l’impression d’être embarqué dans un autre monde, Kamarade Alphabet!

    La photo de garde, c’est l’usine des tracteurs, c’est ça?

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    1. AlphaBet17 dit :

      Tout à fait, avant 1939 évidemment.

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  2. Alexandre dit :

    J’ai beau ne pas ignorer la nature de ce pouvoir (parmi d’autres et pas seulement dans l’ex-bloc de l’Est), ça me fait toujours bizarre un football dont la gestion des infrastructures fut à ce point centralisée, politisée et verticale.. Les footballs avec lesquels j’ai grandi étaient et même sont restés, globalement (toujours bien l’un ou l’autre cas particuliers, certes), tellement aux antipodes de ça.

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    1. AlphaBet17 dit :

      C’est ce qui rends ce monde si intéressant pour moi, ça tranche totalement avec le modèle que l’on connaît et c’est tout un pan de l’histoire du football qu’on ne connaît que très mal par nos latitudes.

      Le prochain article (si je procrastine pas trop) sera beaucoup plus politique, on parlera des gens (et surtout d’une personne en particulier) derrière la montée de Lobanovskiy, et comment un club non-russe put à ce point prospérer dans le championnat soviétique.

      Et si je suis pas bon, on parlera Kazakhstan en décembre.

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  3. Khiadiatoulin dit :

    Merci l’ami. Faudra que tu nous fasses un truc sur Jules Limbeck, un franco-hongrois qui a entraîné Dniepropetrovsk, le Dinamo Tbilissi et le Lokomotiv Moscou entre 35 et 37.
    Jules Limbeck — Wikipédia https://share.google/0F2bT5QPjvETT7SKg

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    1. AlphaBet17 dit :

      Merci Khia, pour Limbeck, Raphaël Brosse avait déjà fait un article à ce sujet y’a 10 ans sur Footballski, pas certain d’avoir grand chose à rajouter !

      https://footballski.fr/jules-limbeck-trouble-destinee-chez-les-sovietiques

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      1. Khiadiatoulin dit :

        Ah oui. Haha… Bon sujet suivant ! Je lirai ça merci.

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  4. modrobily dit :

    Entre l’Euro 76 et cet article, P2F penche à l’Est pour se rééquilibrer un peu après la Portugal-mania ! On va concurrencer Footballski à ce rythme.

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    1. Alexandre dit :

      Sans compter que l’un de nos rédacteurs est en train de s’empiffrer de Pierogi et de Zywiec ; ça promet pas mal de nouveaux joueurs imaginaires, ça aussi.

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