Des princes et des quidams

Retour sur le grand barnum du football français, la D2 à 48 !

Europe Histoire Rétrospective

La saison 1970-1971 est l’une des plus belles que notre championnat ait connues. A l’image du mano à mano entre les artificiers  Josip Skoblar et Salif Keita, l’Olympique de Marseille devance l’ASSE à l’issue d’une saison haletante. A Colombes, le stade Yves-du-manoir accueille sa dernière finale de Coupe de France. La rencontre marque les esprits autant par le succès rennais que par la présence incongrue d’artichauts sur la pelouse. Pourtant, cette saison ne pourrait se résumer à ce seul panorama. A l’étage inférieur, la deuxième division vit une véritable révolution. La frontière qui séparait les footballs amateurs et professionnels depuis 25 ans a été abolie à la suite de la réforme des compétitions opérée par la FFF et la Ligue.

Retour sur une compétition à l’allure de grand barnum, qui aura vu s’affronter des équipes prestigieuses et des clubs de seconde zone. Au-delà des résultats nous allons redécouvrir les clubs engagés dans cette D2 open, leurs enceintes, leurs partenaires omnipotents ainsi que des anecdotes qui ont marqué ce championnat unique ! La subjectivité sera de mise.

Professionnels et Amateurs : deux mondes cloisonnés

A la fin des sixties, les yéyés sont passés de mode, les télévisions à tubes cathodiques entrent dans les foyers français et l’essor économique des Trente Glorieuses s’essouffle. Une partie des Français aspirent à s’affranchir des carcans d’une société encore trop corsetée. Des mouvements s’organisent pour porter des revendications et/ou imposer des changements par la force. Le monde du football n’est pas épargné par ces turbulences qui traversent l’Hexagone.

Les premières secousses ont lieu naturellement dans le cadre des événements de Mai 1968. Du 22 au 27 mai, le siège de la Fédération française de football est occupé par un groupe de joueurs contestataires (la quasi-totalité sont des amateurs). Leur message : « Le football aux footballeurs ». L’idée de cette occupation revient en réalité aux journalistes du mensuel Le Miroir du football. Cette revue milite pour un jeu créatif et porte un discours critique sur le fonctionnement du football français. Dans son viseur : le paternalisme et l’autoritarisme des caciques, des affairistes et politiciens, accusés d’exploiter les sportifs pour servir leurs propres intérêts.

Les slogans les plus simples sont souvent les meilleurs.

Si ce coup d’éclat revêt une dimension symbolique, les footballeurs qui y participent portent des revendications très concrètes, comme l’abolition du « contrat à vie ». La revendication aboutira dès juin 1969. L’Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP) obtient l’instauration du contrat à durée librement déterminée. Il sera suivi  par l’adoption d’une convention collective des métiers du football, intitulée « Charte du football professionnel », en 1973. Laquelle acte officiellement la naissance des centres de formation des clubs, le premier étant celui du FC Sochaux Montbéliard ouvert dès 1974.

Malgré ces avancées, le football français demeure profondément marqué par une frontière entre le monde professionnel et le monde amateur. Cette séparation se localise à l’entrée du championnat de deuxième division. En effet, entre 1945 et 1970,la compétition se déroule de manière fermée, sans relégation en fin de saison. Dans ce climat d’entre-soi, les rares clubs amateurs à y entrer sont cooptés ou doter d’un statut professionnel par la Ligue pour compenser les abandons qui se multiplient dans les années 1960.

Administré par le Groupement du football professionnel (l’ancêtre de la LFP), l’élite du football regroupe une quarantaine de clubs de Division 1 et de Division 2. En périphérie des grandes villes et dans les territoires ruraux, le football amateur est, quant à lui, animé par 12 000 clubs et environ 700 000 licenciés. Hormis les habituelles joutes en Coupe de France, professionnels et amateurs évoluent dans deux sphères séparées.

Quevilly-OL, Coupe de France 1968. Robert Nouzaret a déjà une tête d’entraîneur.

La réforme : l’unification du football français

Ce statu quo n’est pas bénéfique. Les clubs de deuxième division peinent à maintenir une structure 100 % professionnelle à ce niveau. Les déplacements à travers tout l’Hexagone sont coûteux tandis que les recettes de billetterie sont insuffisantes. La formule d’un championnat fermé à seize clubs limite les derbys et n’attitre pas les foules. En conséquence, les clubs font régulièrement faillite ou abandonnent leur statut professionnel par manque de garanties financières. Enfin, ce système bloque également l’émergence de clubs amateurs ambitieux. Dans ce contexte, une commission de réforme est créée et chargée de réfléchir à la réorganisation des championnats nationaux. Pilotée par la Fédération, la commission produit un premier rapport où elle envisage différents scénarios pour réaménager les championnats.

Interrogé à ce propos par Bernard André, alors journaliste à la télévision régionale Lorraine Soir en 1968, Jacques Georges, président de la FFF répond : « En ce qui concerne le professionnalisme, le point le plus crucial, le plus difficile est celui de la deuxième division… On en parle beaucoup, on parle de refonte, on parle de restructuration… Tout cela sont des idées et cela doit nécessiter évidemment beaucoup d’études… Avant de supprimer ce qui, je suis d’accord, ne marche pas très bien, il faut avoir un organisme de remplacement. »

Jacques Georges, alors président de l’UEFA, lors du tirage au sort de l’Euro 1984.

Après de nombreux débats, le projet d’une D2 « open » est acté en juillet 1969. Les trois premiers de chaque groupes de CFA sont ainsi promus en D2 à l’issue de la saison 1969-1970 ainsi que 19 autres clubs sélectionnés sur dossier par la FFF et la Ligue. Trois groupes de 16 équipes voient le jour pour l’exercice 1970-1971. Le maillage territorial est dense puisque 48 clubs seront engagés dans ce nouveau championnat. Si on ajoute les 18 clubs de D1, les deux tiers du territoire sont couverts par un club de l’élite (66 clubs pour 100 départements). Les participants présentent des infrastructures, des budgets et des palmarès complètement différents. On y trouve à la fois d’anciens champions de France et des clubs amateurs résidants de villes moyennes. Sur les pelouses, parfois bosselées, se côtoient des professionnels, des semis pros, des purs amateurs et des amateurs marrons qui bénéficient d’emplois de complaisance dans des communes ou dans des entreprises proches des clubs.

Le grand barnum

Le groupe Nord : une poule indécise

Le groupe comprend des clubs issus du Nord et de l’Est. Les deux rivaux, Lille et Lens, poursuivent des trajectoires similaires. Ils sont en reconstruction après avoir perdu leurs statuts professionnels et leurs fervents publics. Mais sur le fond, leurs situations divergent. Le LOSC a subi deux relégations consécutives et est financièrement contraint de renoncer au professionnalisme en juin 1969. La dette du club, que la municipalité a tenté d’éponger au moyen de nombreuses subventions, est estimée à 700 000 francs.

A Lens, les résultats sportifs sont moins catastrophiques, mais les sangs et or doivent faire face à un problème structurel. Après une période de ralentissement de l’activité minière qui a affecté le budget et l’effectif, la Compagnie des Mines se désengage totalement du club. Dans une situation très délicate, les dirigeants abandonnent le professionnalisme en mai 1969 et s’emploient à gérer au mieux la transition entre le paternalisme des Houillères et la « municipalisation du club ». Cette période est décrite à travers divers portraits dans cet article (notamment celui de Jean-Marie Elie).

Un an après l’abandon du professionnalisme, Lens reçoit Lille, le 14 mai 1970, dans le cadre du championnat de France amateur. Les Artésiens piétinent leurs voisins 7 à 0 ! Le héros du jour se nomme Jean-Louis Coustillet. Le milieu lensois inscrit ce soir-là un quadruplé ! Autre fait marquant, le match se déroule devant à peine 906 spectateurs (oui, oui vous avez bien lu). Grâce à cette victoire, sans grand enjeu, Lens et Lille terminent respectivement quatrième et dixième de CFA.

Au LOSC, à l’approche du lancement de la D2 open, la situation s’éclaircit. Le président Max Pommerolle s’est employé à assainir les comptes et à réorganiser le sportif. Pour appuyer le travail mené en coulisses, un projet promotionnel « Relance du LOSC », est mis sur les rails. Il vise à raviver l’attrait pour le football en organisant des événements populaires soutenus par des vedettes telles que Guy Lux, Michel Sardou ou Annie Cordy. Intégrés dans la D2 open sur dossier, les deux rivaux vont pouvoir débuter leur reconstruction.

RC Lens 1969-1970. Debouts, de gauche à droite : LHOTE (non visible), TEMPET, HEDE, CIESELSKI, LANNOY, MARIE. Accroupis, de gauche à droite : GOUDEL (non visible), LAMARCHE, COUSTILLET, ELIE, ZURASZEK.

Le groupe intègre également les réserves de Sochaux et de Strasbourg. A la fin des années soixante, la capitale alsacienne présente régulièrement plusieurs équipes dans le groupe Est de CFA. On y retrouve l’équipe réserve du RC Strasbourg ainsi que les grands clubs amateurs de la ville, l’AS Strasbourg et le CS Pierrots Strasbourg. Pour des raisons sportives et financières, le RC Strasbourg se rapproche du CS Pierrots, vainqueurs des deux derniers championnats de France amateurs. A la faveur de la D2 Open, les deux clubs fusionnent, créant ainsi le Racing Pierrots Strasbourg-Meinau (RPSM). Toutefois, cette union est jugée néfaste par les anciens Pierrots qui reprennent leur indépendance dès juin 1971 en fondant l’AS Vauban. Ce nouveau club remportera deux fois le championnat de France de troisième division entre 1980 et 1982.

Plus au sud, se trouve une des places fortes de la deuxième division : le RC Franc Comtois. Le club de Besançon s’appuie sur un long vécu à ce niveau. Il y figure depuis 1945, soit 25 saisons consécutives. Cette régularité doit beaucoup au président Serge Labourier. Lequel décide de quitter ses fonctions en 1969. Il est remplacé par l’inexpérimenté Jean-Pierre Liard qui n’a que 27 ans. Autre signe d’inquiétude, le RCFC sort d’une saison 1969-1970 ratée (avant-dernier de D2). Le club peut néanmoins fonder des espoirs en sa paire argentine composée de Jésus Fandino et de l’attaquant José Balducci. A Besac, le goleador est précédé d’une réputation de joueur facétieux. Il est surnommé « Chien de luxe » pour sa propension à rouler par terre au moindre tacle.

Enfin, la plus petite formation de ce groupe est issue d’une ancienne ville minière située en Moselle : Merlebach. La bourgade est connue pour avoir disputée un 32ème de finale épique contre le grand Saint-Etienne en 1958. Le club lorrain est retenu sur dossier pour reprendre le flambeau de Forbach, qui a mis la clef sous la porte trois ans plus tôt.

Le groupe Centre : vers un duel PSG – FC Rouen ?  

Le second groupe rassemble les clubs du Centre et de l’Ouest. L’attraction est le tout nouveau club parisien : le Paris Saint Germain Football Club. Tout a été écrit sur la création de ce club. Revenons donc sur un moment assez inédit, et pourtant ô combien important, dans le cadre du lancement du projet PSG.

En février 1970 dans le studio d’Europe 1, une campagne de communication, visant à recruter des socios, est orchestrée par Pierre Bellemare autour d’une question simple « Voulez-vous un grand club à Paris ? ». Une centaine d’artistes, dont Enrico Macias, Sacha Distel, et Annie Cordy ont accepté de soutenir le projet. L’artiste belge signe le single Allez Paris dont les paroles s’adressent à toute la banlieue parisienne (« A Pantin y’en a plein qu’on appelle Tintin, A Versailles, ya des ouailles qui s’appellent Noaille, À Vincennes, À Suresnes, Faut chercher Gégène. Mais ici, Réunis, On crie,  De Saint-Germain à Bercy. Allez Paris ! ») Après quatre heures d’antenne, on totalise 17 400 associés pour 842 000 francs de promesses de dons.

Fort de cette légitimité, le Paris Football Club fusionne avec le Stade Saint Germanois et accueille ses premiers professionnels dont Bras, Rémond, Destrumelle, Mitoraj ainsi que Djorkaeff alors capitaine de l’équipe de France. L’objectif du club est clair : dominer la Division 2 et s’imposer comme un concurrent viable de première division. Malgré cette ambition, les Parisiens se font surprendre à Jean Bouin par l’US Quevilly en match de préparation. Les Parisiens concèdent trois buts aux coéquipiers d’Horlaville, contre un seul but marqué au portier de l’USQ, Pierre Cœur d’Acier.

Pierre Bellemare, Guy Crescent et Harold Kay (animateur sur Europe 1).

Principal challenger des Parisiens, le FC Rouen a réalisé une saison 1969-1970 contrastée. Malgré une douzième place en championnat de D1, les dirigeants décident d’abandonner le statut professionnel au terme de la saison, et de repartir en D2. Alors joueur des Diables Rouges, Claude Le Roy déplore cette décision : « Ils ont abandonné la première division pour un déficit infime. Pour rien du tout ! Je pense même que si on avait su tout ça, on se serait cotisés, nous, les joueurs, afin de trouver des gens pour nous aider à continuer en D1. » En guise de consolation, le FCR réussit un beau parcours européen en allant jusqu’en huitième de finale de la feu Coupe d’Europe des villes de foire.

Dans le nord de l’Auvergne, l’Étoile des Sports Montluçonnais, a été désignée meilleure équipe amateur de l’année par le journal France Football. Ce titre honorifique récompense le bon travail des dirigeants et souligne les bienfaits du partenariat avec l’entreprise Dunlop, installée à Montluçon depuis 1919. Il s’agit d’un lien fort puisque le club corporatif « Dunlop Sports » a fusionné avec l’Étoile des Sports Montluçonnais en 1940.

Le stade Dunlop de Montluçon.

La firme pneumatique exerce une forme de paternalisme sur le club. Elle fournit les infrastructures et les ressources financières de l’EDSM dépendent en grande partie des subventions directes de l’entreprise. Sportivement, le club auvergnat s’appuie sur l’expérience de Pierre Bodin en défense et de Daniel Périgaud aux avant-postes. Le jeune Francisco Rubio fait également partie de cet effectif.

Enfin, on note la présence du Stade Poitevin qui figure parmi les clubs invités sur dossier. Le Stade de Patronage des Ecoles Publiques de Poitiers, est un fleuron historique du patronage laïque depuis 1952, date à laquelle il a fusionné avec le puissant mouvement des Écoles Publiques locales pour porter les valeurs républicaines à travers le sport de haut niveau. Alors que la grande majorité des clubs de football sont soit purement civils, soit des clubs d’entreprise (comme l’EDSM et l’Etoile Sportive et Club Naval de la Ciotat), soit issus de patronages catholiques (comme l’AJ Auxerre), le Stade Poitevin fonde sa particularité sur une identité militante. Sportivement, les Viennois pourront compter sur leurs cadres pour faire bonne figure dans cette nouvelle compétition, dont le gardien Guy Delhumeau qui a disputé les JO au Mexique en 1968. 

Le groupe Sud : avantage aux clubs de la Riviera ?

Avec le groupe Nord, il s’agit de la poule la plus relevée. Sept clubs professionnels y sont engagés dont l’AS Monaco, double champion de France. Avec l’ASM, l‘Association sportive d’Aix-en-Provence figure également parmi les candidats aux premières places. Les Aixois enchainent les bons résultats au mitan des années 1960. L’ASA se hisse en 1ère division en 1967-1968, où elle vit une saison cauchemardesque. En 1969-1970, elle termine à la douzième place de la D2. Aguerri au haut niveau, le club attire des joueurs expérimentés. L’attaquant Pierre Ferrazzi (en provenance de l’AC Ajaccio) et le gardien René Donoyan (en provenance du FC Lorient) sont recrutés à l’intersaison. Pour mettre en musique le jeu de la formation sudiste, les dirigeants ont confié les rênes de l’équipe à l’ancien sélectionneur de l’équipe nationale de la République Démocratique du Congo : André Mori. Réputé pour ses méthodes rigoureuses et son expérience du haut niveau, ce coach emmènera t-il les Aixois sur le podium ?

Autre ancien pensionnaire de D2, le SC Toulon enregistre le grand retour de Marcel Duval (ancien joueur et entraineur emblématique) en tant que coach. Duval est une figure historique de la Rascasse (le club a inauguré en juin 2015 un musée à son nom). Son fils Marc Duval, âgé de 20 ans, fait ses débuts en équipe fanion où le jeu est déjà confié à Christian Dalger. Agé de 21 ans, le prometteur attaquant de l’équipe de France juniors, vice-championne d’Europe en 1968, est attendu pour porter l’équipe. Avec les jeunes du cru, Bernard Simondi et Jean-Paul Aureille, il a aussi la responsabilité de porter l’identité du club. Pour encadrer l’effectif, le Sporting a recruté l’expérimenté gardien du SEC Bastia, Paul Orsatti.

La Ciotat – SC Toulon, saison 1970-1971. Bernard Estornel (à droite) à la lutte avec Christian Dalger. « Jouez, Messieurs ! »

Sur l’Ile de Beauté, pendant que l’AC Ajaccio termine sixième de D1 en 1969-1970, le Gazélec se maintient aisément à l’échelon inférieur. Au cours des années 1960, sous la houlette de Pierre Cahuzac, le Gaz remporte quatre titres de champion de France amateurs en 1963, 1965, 1966 et 1968. La performance est d’autant plus remarquable qu’à cette époque, la formation du Gazélec était constituée, en partie, d’agents électriciens et gaziers d’EDF-GDF. Par l’entremise de José Casaroli, d’autres joueurs insulaires vont compléter l’effectif. Ceux-là ne sont pas Corses mais Calédoniens. Il existe en effet une filière de recrutement très active entre les deux îles. Trois Calédoniens, Kanyan, Teamboueon et Koindredi, joueront ensemble à Mezzavia et participeront aux belles heures du club. A la faveur de ces succès, les dirigeants sont invités par deux fois à intégrer la D2. Mais ils préférèrent décliner la proposition et demeurer en adéquation avec l’ADN amateur du club.

L’été 1968 marque pourtant un tournant majeur puisque le club accède enfin à la D2 et assume désormais sa tentation du professionnalisme. Au même moment, deux de ses joueurs, Kanyan et Teamboueon participent activement au parcours des Bleus aux JO de Mexico. Teamboueon inscrit trois buts dans la compétition en étant l’unique buteur des Bleus lors du quart de finale contre le Japon (défaite 1-3).  Après deux ans de deuxième division, le Kanak et Cahuzac sont toujours chez les Diables Rouges et nourrissent des ambitions légitimes pour la D2 open.

Enfin, à l’ombre des favoris, on note la participation du tout nouveau club toulousain, l’US Toulouse. L’ancien club de la ville rose, le FC Toulouse, fondé en 1937 et vainqueur de la Coupe de France en 1957, a périclité. Au milieu des années 1960, il subit de graves difficultés financières. Faute de subventions de la mairie, le président de l’époque, Jean-Baptiste Doumeng, prend une décision radicale à l’été 1967 : il fusionne le club avec le Red Star FC. L’intégralité de l’effectif professionnel et les droits sportifs (la place en D1) sont transférés à Saint-Ouen. Le premier Toulouse FC cesse d’exister en tant qu’entité juridique. Le football professionnel disparaît donc de la ville.

C’est dans ce contexte que nait l’US Toulouse qui arbore un maillot sang et or. Ce club deviendra par la suite l’actuel Téfécé (le changement de nom se fera en 1979). Contrairement à ce que prétend le FC Toulouse actuel, il n’y a aucun lien entre le club qui périclita en 1967 et celui qui a gagné la Coupe de France en 2023.

FC Toulouse 1971-1972 : pourquoi y’en a un avec un col rouge ?

Photo d’en-tête : le 30 août 1970, le FC Gueugnon reçoit Toulon. Jacquou Emorine emmène ses troupes pour une première victoire (1-0) contre les pros de Toulon.

1 seul commentaire pour "Des princes et des quidams"

  1. AlphaBet17 dit :

    Ça a l’air aussi bordélique que la D1 en rugby à la même époque, mazette !

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