Le principe ? Le résumé d'une saison à travers les moments clés de différentes rencontres ayant jalonné l'exercice. Pour ce premier épisode, retour sur la saison 1995-1996.
Trois clubs dans le dernier carré des trois compétitions européennes, deux en finale et un trophée, plus la sélection nationale qui monte en puissance durant les derniers mois avant l’Euro. La saison 1995-1996 a été un florilège d’émotions, de résultats et de rencontres marquantes pour les suiveurs du football français. Voici la saison, résumée en 90 minutes chrono.
Bordeaux dispute le premier match de poule de la Coupe Intertoto, la nouvelle mouture de la compétition estivale, qui permet à deux clubs, au terme d’un parcours de qualification complexe, de se qualifier pour la Coupe de l’UEFA. Les Girondins s’imposent 6-2 face aux Suédois de Norrköping, sans imaginer un seul instant qu’ils viennent de jouer le premier de leurs vingt matchs européens de la saison. Sont également alignés dans cette Coupe Intertoto Cannes, le FC Metz et Strasbourg, qui comme Bordeaux, va s’extirper de cette nouvelle compétition estivale.

Les Bleus sont dos au mur et doivent absolument s’imposer à Bucarest, face à la Roumanie, pour espérer finir dans les deux premiers de leur groupe de qualification. Ils réussissent une performance majeure en gagnant 3-1, un match référence dans la construction du groupe qui remportera la Coupe du monde près de trois ans plus tard. Karembeu (son seul but en Bleu mais ô combien important) et Djorkaeff marquent les deux premiers buts français en première mi-temps, et malgré la réduction du score de Lacatus en début de seconde période, les hommes d’Aimé Jacquet sécurisent leur victoire avec un troisième but signé Zidane.

Un gros morceau en Coupe de l’UEFA pour l’Olympique Lyonnais, entraîné par Guy Stéphan depuis le départ de Jean Tigana en cours de saison. Après avoir disposé des Portugais de Farense, c’est au Stadio Olimpico de Rome, face à la Lazio, alors leader incontesté du Calcio, que les Gones réalisent l’un des plus beaux exploits de leur histoire européenne grâce à des buts de Florian Maurice et Éric Assadourian, malgré un parcours terne en championnat cette année-là.

À l’aller, à Lescure, les Girondins s’étaient imposés 2-0. Au retour, à Séville, Zidane signe dès la quatrième minute l’un des gestes les plus spectaculaires de l’année, un tir lointain qui lobe le gardien Pedro. Bordeaux s’incline tout de même 2-1 mais se qualifie sur l’ensemble des deux rencontres.

À la mi-temps de cette saison, pas mal de points positifs pour le football français : la sélection s’est qualifiée pour l’Euro après une entame compliquée et connaît depuis deux semaines ses futurs adversaires en phase finale : la Roumanie, qu’elle retrouve après avoir ferraillé avec elle lors des éliminatoires, la Bulgarie, pour tenter de prendre une revanche sur l’épisode douloureux de 1993, et l’Espagne, qui s’affirme comme l’une des nations montantes européennes. Au niveau des clubs, Nantes (en Ligue des champions), le Paris SG (en Coupe des vainqueurs de coupe) et Bordeaux (en Coupe de l’UEFA) sont tous au rendez-vous des quarts de finale, qui se déroulent au mois de mars.
Que dire de ce match, qui n’a pas été déjà dit ou écrit et qui fait partie, à n’en pas douter, des matchs de légende du football français ? À l’aller, la logique semble respectée : victoire 2-0 du « Grand Milan ». Mais Bordeaux écrit sa légende au retour, dans un Lescure en ébullition. Persuadés de leurs chances — comme Michel Platini, ce soir-là au micro de Canal+ — les partenaires de Zidane retournent la situation et s’imposent 3-0, Didier Tholot et Christophe Dugarry, auteur d’un doublé, inscrivant les trois buts.

Battu 1-0 à l’aller par les Italiens de Cannavaro, Stoichkov et Inzaghi, le PSG renverse la vapeur au Parc des Princes grâce à un doublé sur penalty de Raí et un but de Patrice Loko. Les Parisiens rejoignent leur quatrième demi-finale européenne en cinq ans, où les attend le Deportivo La Corogne.

L’auteur de ces lignes a eu la chance d’assister à cette rencontre et peut donc témoigner de l’ambiance et de l’engouement populaire autour des Girondins après leur exploit face au Milan AC. Bordeaux a évité le Bayern Munich et le FC Barcelone au tirage au sort, pour se voir attribuer le Slavia Prague. Vainqueur en République tchèque grâce à un nouveau but de Dugarry, les Grenats récidivent au retour, cette fois par l’intermédiaire de Didier Tholot. C’est la première finale de Coupe d’Europe de leur histoire.

C’est la 6ᵉ fois en 7 ans qu’un club français atteint le dernier carré de la compétition. Vaincus 2-0 au Stadio delle Alpi, les Canaris de Jean-Claude Suaudeau s’imposent 3 à 2 au retour à la Beaujoire, une victoire courageuse mais insuffisante pour atteindre la finale.

Privés de Zidane et Dugarry, les Girondins s’inclinent 2-0 à l’Olympiastadion de Munich. La tâche s’annonce compliquée pour le match retour, deux semaines plus tard, à Lescure.

Première finale de Coupe d’Europe pour le Paris SG, après trois échecs consécutifs en demi-finale les saisons précédentes. Au Stade du Roi-Baudouin à Bruxelles, les Parisiens remportent leur tout premier trophée européen grâce à un but de Bruno N’Gotty, devenant le deuxième club français vainqueur d’une Coupe d’Europe après l’OM en 1993.

À Lescure, les Girondins perdent prématurément Bixente Lizarazu, sorti sur blessure, et s’inclinent 3-1 malgré un but de Daniel Dutuel. Le Bayern s’impose 5-1 sur l’ensemble des deux rencontres et décroche son premier titre en Coupe de l’UEFA.

À quelques jours du coup d’envoi de l’Euro, que les Allemands remporteront, les Bleus s’imposent sur la pelouse de leur hôte. Laurent Blanc ouvre le score dès l’entame de la rencontre, un but qui suffira au bonheur français. Une victoire hautement symbolique : la première de l’équipe de France en Allemagne depuis 1954, un signal fort avant d’aborder le tournoi anglais avec confiance.

Les hommes d’Aimé Jacquet atteignent le dernier carré de la compétition pour la première fois depuis 1984. Contre la République tchèque, révélation de l’Euro, la rencontre se joue une fois encore aux tirs au but, cette fois remportée par les hommes de Dušan Uhrin.

Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
Merci Queix, concept original pour se rappeler une saison.
J’ai jeté un oeil à l’équipe des Girondins en Coupe Intertoto telle qu’elle figure sur la photo : hormis le remplaçant Rob Witschge, l’effectif n’était composé que de Français alors que cela faisait déjà plusieurs années que l’arrêt Bosman avait internationalisé les clubs. Etonnant.
Dans cet effectif, il me semble qu’il y en a un qui finit à la rue (Joachim Fernandez ? ) . Le monde du foot n’est pas toujours sympa…..
Sympa le principe ! Je t’invite à faire un papier sur la 92/93, tu verras elle est bien aussi….
Merci de souligner ce but de Karembeu. Un joueur important de cette génération. D’aucuns l’ont pris pour un bourrin, mais il était aussi capable de jolis gestes, comme cette ouverture pour Youri à l’Euro. Il fera la même pour Zidane contre la Grèce.
Tholot, s’il n’est pas gravement blessé cette saison, il est tout proche d’aller à l’Euro.
Joli… Magnifique même!
Le fond évidemment mais, une fois n’est pas coutume, la forme ici principalement : claire, simple, amusante… vivante, rafraîchissante et j’en passe…
Un régal à lire en coup de vent, rapidement.
Bravo.
PS belles photos également, l’atmosphère « Nineties » faisant chez moi facilement frissonner.
Bonjour à tous et merci pour ces premiers retours ! J’ai écrit la très grande majorité de l’article « de tête », juste avec mes souvenirs encore vivaces de l’époque. Je suis juste allé vérifier/confirmer certaines infos comme des buteurs que j’avais oubliés (Assadourian pour le 2e but de l’OL par exemple), le minutage des actions et d’autres choses (le nom du goal du Betis ou le fait que Karembeu n’avait inscrit qu’un seul but avec les Bleus, mais quel but). On aurait pu écrire encore beaucoup de choses sur cette saison : la tentative de corruption du Dynamo Kiev et son exclusion, suivie du « repêchage » d’Aalborg dans la poule de Nantes, la remontée de ces mêmes Nantais en 1/4 retour contre le Spartak Moscou, le 10-0 des Bleus contre l’Azerbaïdjan, record qui a tenu très longtemps… Cette série d’articles est ouverte à tous les rédacteurs, si vous avez des idées/envies de saison, foncez !
C’est excellent, merci !
Matthäus et Lizarazu se retrouveront au Bayern : des retrouvailles pas toujours très tendres…
Oui j’ai hésité à le mentionner dans la légende… 😉
Pedro Jaro, donc tu parles, était la doublure de Buyo au Real. Avant de venir au Betis pour obtenir le dernier podium du club en 1995. Sur la photo, à côté de Zidane, c’est le serbe Vidakovic qui, sans être un cador, aura laissé son empreinte au Villamarin.