Ligue 3 : bienvenue au « derby della Giovanna d’Arco » !

La Serie A a son « derby della Madonnina » entre l’Inter et le Milan, notre Ligue 3 a son pendant dans « l’autre » ville de Jeanne d’Arc entre le FC Rouen et Quevilly Rouen Métropole. P2F était sur place pour ce duel, euh, brûlant. Avanti la musica !

Europe Match à part

120 ans de tradition

Dans l’ombre des Paris, Marseille, Lyon, ou Saint-Étienne, la France a ses autres places fortes du ballon rond, moins souvent titrées mais toujours là. La Haute-Normandie, porte d’entrée du commerce avec la Grande-Bretagne, a tout naturellement été l’une des premières, et pas des moindres. Derrière Le Havre dont le statut de doyen en France peut prêter à discussion, la région de Rouen fait aussi état d’une très longue histoire, riche en rivalités et en rebondissements.

Le FC Rouen, fondé en 1899, adopte le professionnalisme dès l’instauration de celui-ci en France. Avant cela, il a réalisé quelques coups d’éclat en Coupe de France, dont une finale en 1925. Il remporte le dernier championnat national « de guerre » en 1944-45, non reconnu au palmarès car fortement perturbé par les circonstances. Il connaît sa meilleure période dans les années 1960, deux fois quatrième de Division 1 avec un sympathique parcours en Coupe des villes de foire 1969-70 à la clé. Les Diables Rouges éliminent le FC Twente (2-0, 0-1) puis le Royal Charleroi SC (1-3, 2-0) et n’échouent que de peu en huitième de finale contre Arsenal (0-0, 0-1).

Ils n’ont pas réussi à venger la Pucelle.

Dès 1970, Rouen redescend en Division 2 sur fond de finances préoccupantes. On le revoit en pointillés en D1 de 1977 à 1985, puis c’est la chute. Miné par une série d’équipes dirigeantes trop optimistes et d’éternelles déceptions sur le terrain, le FCR subit trois dépôts de bilan et est rétrogradé jusqu’en D6 en 2013 avant de remonter la pente. Après avoir retrouvé le National (D3) en 2023, il vise ouvertement la montée en L2 sous l’impulsion de son nouveau propriétaire, le Turc Tarkan Ser. Il n’a manqué l’objectif que de très peu en barrages la saison passée face à Laval et fait partie des favoris de cette première saison de Ligue 3.

Plus encore que Le Havre, son grand rival dans le public est l’US Quevilly, fondée en 1902 juste de l’autre côté de la Seine et prédécesseur spirituel du Quevilly-Rouen-Métropole d’aujourd’hui. Elle aussi se distingue en Coupe de France avec une finale en 1927, deux ans après le FCR. L’USQ ne voudra jamais se départir de son statut amateur et deviendra le meilleur club du CFA première version, à l’époque où celui-ci ne donnait pas accès à la D2 professionnelle. Quatre fois champions de France amateurs entre 1954 et 1967, les Jaune et Noir atteignent aussi les demi-finales de la Coupe en 1968, ne cédant qu’en prolongations (1-2) face aux Girondins de Bordeaux. Quevilly réussira même l’exploit, inégalé à l’ère moderne, de placer un joueur amateur en équipe de France A : son numéro 10, Daniel Horlaville, connaît une unique sélection face à la Roumanie en avril 1969 (1-0).

Amateur ! Amateur ! Est-ce que j’ai une gueule d’amateur ?

À l’instauration de la D2 « open » en 1970, l’USQ s’y voit promue mais ne peut pas suivre la course aux infrastructures et demande sa rétrogradation volontaire en D3. Les finances ne se stabilisent pas, le club est rétrogradé par la FFF en Division d’Honneur (D4 à l’époque), dépose son bilan à l’été 1978, et est liquidé faute d’un repreneur. Quelques passionnés fondent en 1979 une nouvelle US Quevilly qui doit partir du niveau le plus bas, en quatrième division de district (D12). Correctement gérée, elle retrouve enfin sa place « d’origine » en CFA (D4) en 2002, puis monte en National en 2008. Les Jaune et Noir connaissent des heures glorieuses en Coupe de France, égalant leurs aînés avec une demi-finale en 2008 (0-1 face au PSG) et une finale en 2012 (0-1 face à Lyon).

Sous l’impulsion de la Métropole Rouen Normandie, FCR et USQ décident en 2015 d’un rapprochement qui met moyens financiers et matériels en commun tout en préservant deux équipes distinctes. L’US Quevilly devient Quevilly Rouen Métropole et prend les couleurs rouge et jaune. Elle monte même en Ligue 2 en 2016, mais la quasi-fusion ne passe toujours pas auprès des licenciés du FC Rouen qui finissent par voter la fin du projet commun en 2018. Les Diables Rouges sont alors en National 3 (D5), QRM descend en National (D3) sur le terrain à la fin de la saison.

Après un nouveau passage en L2 (2021-24), QRM est redescendu en National pendant que le FC Rouen y remontait. Voilà maintenant trois saisons que cent ans de rivalité dans les cœurs trouvent enfin à se concrétiser sur le terrain : de quoi faire de ce derby une affaire pareille à nulle autre dans la nouvelle Ligue 3. Et voici venue la première manche, le jeudi 20 août, où c’est le FC Rouen qui « reçoit » à la troisième journée. En route vers Robert-Diochon !

La brasserie des Bruyères, QG du FCR

En sortant de la gare de Rouen-Rive-Droite, je descends doucement à vélo vers la Seine. Ma route croise la célèbre rue du Gros-Horloge, sans que j’aie le courage de me mêler aux nombreux touristes. Il fait 23 degrés et le ciel est couvert, mais la canicule a laissé des traces : j’aperçois ici et là des pelouses jaunies dans les rares espaces verts de la ville. Sur la rive gauche, les premières barres d’immeubles apparaissent, puis le tissu urbain devient moins dense. Me voilà dans les quartiers résidentiels de Grand-Quevilly pour une pause fraîcheur chez moi, non loin du stade. À présent, direction une terrasse où je peux feuilleter tranquillement la presse régionale. Le match est en une de Paris Normandie qui titre « Un derby pas comme les autres ».  Le journal fait référence au probable dernier derby du duo Michel Mallet – Philippe Blot (respectivement président et vice-président) à la tête de QRM. Ceux-ci cherchent en effet à céder 70 % du capital pour pérenniser le club1, mais aucun repreneur n’a encore été annoncé officiellement.

Le stade jouxte le cimetière militaire Saint-Sever où reposent entre autres plus de 10 000 combattants britanniques de la Première guerre mondiale. L’ambiance est tout de même plus gaie autour de l’enceinte où déambulent des grappes de supporters tout de rouge vêtus : des jeunes pour la plupart, mais aussi des familles et des vétérans des grandes heures du FCR.

Le maillot vintage années 80 est top, l’accompagnatrice doit être l’arrière-petite-fille de Mamie Nova.

Je croise le Diable rouge, la mascotte du club, et m’arrête dans ce qui semble être le rendez-vous des fans du FCR : la brasserie des Bruyères. Les Bruyères à Rouen, c’est comme Malakoff à Nantes : l’ancien nom d’un stade renommé en l’honneur d’un président emblématique au décès de celui-ci. L’endroit est vaste, des supporters sont attablés autour d’une bière. Au bar, je me rapproche de trois fans avec lesquels je vais bavarder un moment.

Certains sont visiblement à deux doigts d’avoir laissé des plumes pour l’amour du FC Rouen.

L’homme à la barbiche m’explique qu’une partie des fans du FCR se sont tendus suite à la création de Quevilly Rouen Métropole. On les a obligés à partager leur nom et leurs infrastructures. Beau joueur, il admet néanmoins que le FC Rouen a bénéficié des travaux réalisés par QRM lors de ses précédentes saisons en Ligue 2.

J’interroge : ce projet de fusion a-t-il renforcé le soutien derrière le club ? Il confirme d’un franc hochement de tête, loin d’une réponse de Normand. Avant QRM, ajoute-t-il, il n’y avait pas d’animosité entre les deux camps. Pour preuve, il m’avoue être allé soutenir l’US Quevilly au Stade de France lors de la finale de la Coupe en 2012.

Et c’est personne d’autre !

Son ami, celui qui arbore fièrement un T-shirt rouge « Parce que Rouen c’est nous », a étonnamment un accent du Sud. Il est nîmois : au moins n’a-t-il pas eu à changer de couleurs en passant des Crocodiles aux Diables. Les deux compères se sont connus dans le cadre de leurs études. Depuis, l’ex-Gardois vit ici et a suivi son ami dans sa passion pour le FCR.

Autour d’une deuxième Affligem, il me précise que Rouen est connue pour être un haut lieu du hockey tricolore. Les Dragons ont remporté 18 fois la Coupe Magnus, notre Coupe Stanley hexagonale toutes proportions gardées (et il le faut).

Le « barbichu » est un vrai ancien de Diochon. S’il n’a pas connu l’ivresse des soirées européennes, il était présent lors du tournage d’À mort l’arbitre !, le film de Jean-Pierre Mocky sorti en 1984. Les scènes au stade avaient été filmées lors du Rouen-Strasbourg du 17 septembre 1983 en Division 1 :  le public avait été invité à rester en tribunes à la fin du match pour « faire du bruit » le temps de quelques prises. Question public, il est justement l’heure d’y aller : coup d’envoi à 20 h 45.

Laisse-moi kiffer la vibe avec mon club…

Diochon est un stade à l’anglaise avec quatre tribunes séparées. Mes trois acolytes ont leurs habitudes dans la Sud, derrière l’un des buts, et c’est là que nous nous quittons. N’ayant pas trouvé de billet en Lenoble, le long de la ligne de touche, je m’installe en face, en haut de la présidentielle (26 euros, ça va encore). Celle-ci porte le nom d’Horlaville car le stade historique du FCR est maintenant partagé avec QRM, après tout. Christophe, fils de Daniel, a d’ailleurs été un bon attaquant des Diables Rouges en D2 (147 matchs, 51 buts) de 1988 à 1994.

Le stade est aux trois quarts plein, ce qui n’est pas mal du tout en semaine et au mois d’août loin d’un lieu de vacances prisé. On compte près de 6 500 spectateurs, ambiancés par deux kops dignes d’une soirée de Ligue 2. Celui de Lenoble, en latéral façon Bollaert, est le plus imposant. Derrière le but, la tribune Sud semble regrouper les supporters d’obédience ultra. Je les entends reprendre un air qui m’est familier… mais oui, c’est le fameux DJ de Diam’s. Le public est excité, les Diables Rouges et les Léopards s’affrontent pour la première fois en Ligue 3.

Mon voisin, un jeune en maillot extérieur blanc du FCR, me confirme que la rivalité locale est forte avec QRM. Au niveau régional, c’est le Stade Malherbe qui est devenu l’adversaire de choix au détriment de la rivalité historique avec Le Havre, laquelle n’existe plus tant l’écart entre les deux clubs s’est creusé. Je pointe du doigt la petite tribune Nord, située derrière le but où sont parqués les 60 fans de QRM sous une bannière « Young Block », et lui lance un regard interrogateur.

Il m’explique que Diochon sonne effectivement creux quand QRM joue à domicile (environ 2 700 de moyenne en 2025-26 contre 5 100 au FCR). Lors du derby retour, chaque club aura d’ailleurs le droit à deux tribunes pour assurer un minimum d’affluence.

Derby du diable et cloches de l’enfer

Les Diables Rouges dans la ville aux cent clochers, ça ne pouvait rien donner d’autre que Hells Bells d’AC/DC pour l’entrée des joueurs, juste l’intro qu’il fallait. Je demande à mon voisin de me briefer sur son équipe… mais il n’en connaît pas la moitié. Malgré les bons résultats de l’an dernier, la formation a en effet été renouvelée à 80%. Dans le onze de départ, seuls trois titulaires de l’an dernier sont alignés dont l’idole de Diochon : le numéro 18, Clément Bassin. À 35 ans, le latéral gauche du FCR, formé au club où il a passé toute sa carrière, en est le capitaine emblématique. C’est lui qui donne le ton du match dès les premiers duels.

Régis Brouard, l’architecte de l’épopée de QRM en Coupe de France 2012, est maintenant sur le banc d’en face. Les mouches ont changé d’âne avec lui et ses Rouge et Blanc prennent fermement le match en main. Avant même le quart d’heure de jeu, un bon centre de Bassin depuis la gauche trouve la nouvelle recrue Malik Tchokounté aux six mètres. Le numéro 9 est un beau bébé et malgré ses 38 ans, il s’élève au premier poteau et plante un gros coup de casque (1-0, 13e). La sono envoie Freed From Desire, les kops donnent du « la la la la la la la » à pleine voix, c’est la fête.

« On dirait la Suuud, pour le FC Roue-eeen… » (Air connu)

Issiaka Karamoko, à l’aile gauche du FCR malgré son numéro 10, surfe sur la vague et place une accélération suivie d’une croqueta, Diochon rugit comme un seul homme. Et ça continue : après une sortie de balle approximative des Léopards, Karamoko trouve une passe décisive aux 16 mètres pour Lisandru Tramoni, complètement oublié dans l’axe, qui se met sur son pied gauche et nettoie la lucarne de Mathys Silistrie sans élan (2-0, 33e). À trop vouloir régaler, le 19 des Diables se faisait tancer par le public depuis le début du match. En bon natif d’Ajaccio, il a répondu à sa manière : « Pas contents ? Voilà. »

C’est la mi-temps et on n’a quasiment pas vu QRM sur le but d’Axel Maraval. Le moment est venu de se requinquer. Hélas, ce n’est pas vraiment ça : deux serveurs et 25 mètres de queue pour une Bud à la buvette. Côté restauration, un maigre food truck dans un coin obscur au pied de la tribune Horlaville. En attendant mon hot dog, et faute de canard à la rouennaise, je taille une bavette avec Bernard, un supporter encore plus historique que le barbichu qui a vu Mocky. Lui, a-t-il connu la belle époque du FCR ? Ses yeux s’illuminent. Il me parle d’un match de coupe contre l’ASSE en 1977 où Diochon a accueilli « 20 000 spectateurs2 ». Le stade comportait alors une tribune Sud couverte, plus grande que l’actuelle mais plus du tout aux normes de sécurité et démolie en 2003.

« Ah ouais, ils étaient pas sereins, les Verts, ce soir-là… »

Dès la reprise, QRM manque de maraver Maraval sur une tête smashée de Schinéar Mopila, mais le portier des Diables repousse brillamment. Puis c’est au tour du FCR de toucher les montants par deux fois, sur une tête à bout portant et un piqué par-dessus Silistrie d’un Karamoko décidément en forme. Mathys Jean-Marie, entré à la mi-temps à l’aile gauche de QRM, démontre une belle première touche de balle et semble inarrêtable une fois lancé. À l’heure de jeu, il dépose son vis-à-vis et centre aux six mètres pour son coéquipier Gabin Capuano qui manque d’un cheveu une reprise acrobatique.

Mais après cette belle occasion, QRM ne va plus exister. L’entrée chez les Diables du virevoltant Sory Traoré, déjà décisif contre Orléans la semaine précédente, sera de nouveau déterminante. Après deux percussions qui aboutissent à des centres en retrait mal exploités, le supersub y va personnellement dans l’axe et enquille un tir finaud des 20 mètres, bien aidé par un Silistrie complètement mystifié sur ce coup-là (3-0, 84e). Diochon chante, Diochon chambre, le tableau d’affichage est sans appel, et le FC Rouen remporte le derby sans réelle adversité sur le terrain ou en tribunes.

Tout est bon dans le Diochon !

On a vu un match enlevé, dans une bonne ambiance (un seul carton jaune, rien à signaler dans le public), avec un niveau de jeu correct. L’arbitre, M. Lomi, n’a pas eu recours à la nouvelle FVS que nous vous avons présentée il y a quelques semaines. À l’issue de cette troisième journée, le FCR est deuxième à deux points du surprenant promu Thionville Lusitanos. QRM, lui, est avant-dernier et s’oriente vers un début de championnat catastrophique, à l’instar des saisons précédentes3.

Il est presque 23 heures. De retour aux Bruyères, je prends un dernier verre avec les rares supporters encore présents un soir de semaine pendant que la patronne met à jour le classement au tableau mural. Les fans sont heureux d’y lire le FCR si bien placé et (personne n’est parfait) d’y voir QRM filer vers les bas-fonds. Un derby reflète rarement le contenu de toute une saison, même s’il permet parfois de sauver celle-ci par une victoire. Quoi qu’il en soit, ce fut au final une fort agréable soirée foot qui augure d’un bon championnat de Ligue 3.

Des lendemains lourds de questions

J’aurais aimé sonder les supporters des Léopards pour recueillir leurs ressentis sur la trajectoire de QRM et sur l’éternelle querelle de clocher (facile, je sais) avec le FC Rouen, mais ils manquaient à l’appel. Les relations entre les deux clubs pèsent en effet d’un poids non négligeable dans « le » sujet de fond dont dépend leur avenir : peuvent-ils coexister au niveau professionnel dans une aire urbaine d’un demi-million d’habitants ? Consulté pour cet article, mon collègue g-g-g, qui s’est récemment penché sur la question à la présentation de la Ligue 3, a des doutes.

De manière générale, et surtout depuis la Libération, le verdict est sans appel. Excepté la région parisienne et le pôle Nice-Cannes-Monaco, aucune aire urbaine n’a hébergé plus d’un club pro de manière durable. Ni Aix, ni Istres, ni Martigues n’ont tenu face à l’OM. L’OL a fait le vide autour de lui à Lyon, dont Saint-Étienne n’est pas la banlieue. À Lille, bien distincte de Lens ou de Valenciennes, les deux poids lourds se sont unis en 1945 et ceux de Roubaix ou de Tourcoing ont chuté depuis longtemps. Toutes les autres villes (Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes, etc.) ont toujours été celles d’un seul grand club. Rouen, dont les deux clubs ne cohabitent en D3 que depuis trois saisons, doit encore prouver qu’elle peut elle aussi faire exception.

La solution évidente serait une fusion, mais celle-ci ne paraît pas possible. Le premier projet de 1974, le rapprochement de 2015-18, et un troisième essai en 2024 ont tous échoué face à l’intransigeance des supporters, en premier lieu la « Fédération des Culs Rouges » qui reprend avec ardeur, sinon avec goût, les initiales de sa grande cause. On ne voit pas ce qui pourrait changer la situation à court ou même à moyen terme.

Ce sera donc une guerre d’usure entre deux projets concurrents. À ce jeu, la tortue dépasse souvent le lièvre : ceux qui savent donner du temps au temps arrivent à durer là où les impatients décollent comme des fusées puis explosent en vol. Il faut aussi tenir compte de la géographie. Même si Rouen est la treizième aire urbaine de France, elle est suffisamment près de Paris pour subir son influence, par exemple dans le recrutement des jeunes. Laquelle des deux équipes dirigeantes saura le mieux s’adapter à ces contraintes, that is the question.

On voit mal en tout cas le « vainqueur » pérenniser un plus gros budget à Rouen qu’à Caen ou au Havre, soit de 15 à 25 millions d’euros. De quoi garantir une place en L2 sauf aléa sportif, jouer la remontée immédiate au cas où, et faire de courtes visites en L1 si la fortune sourit. Accepter ce « point d’équilibre », plutôt que de viser trop grand comme si souvent par le passé, est sans doute le prix à payer pour survivre.

Pendant que la situation se décante, on pourra en tout cas savourer quelques autres de ces derbys rouennais qui sont quasiment la tête d’affiche de la Ligue 3. L’expérience a été positive, on ne peut que recommander à nos amis lecteurs de la tenter ou de viser un autre gros match à Diochon, voire à Caen ou à Valenciennes qui remplissent bien leurs beaux stades. À des prix somme toute modérés et avec un authentique parfum de « vrai foot », on aurait tort de s’en priver !

(belo_dedici, avec l’apport de g-g-g)

Les temps forts du match : https://www.youtube.com/watch?v=jhNWFTftHRo

  1. Paris Normandie, 20 août 2026. ↩︎
  2. En fait 23 532 le 8 avril 1977 en huitième de finale aller (1-1) de la Coupe de France. Gérard Gili, Jorge Trezeguet (père de), et « le » Daniel Horlaville chez les Diables, les grands Verts au complet en face. ↩︎
  3. 2023-24 (L2) : 5 points en 9 matchs. 2024-25 (National) et 2025-26 (National) : 8 points en 9 matchs. ↩︎

7 commentaires pour "Ligue 3 : bienvenue au « derby della Giovanna d’Arco » !"

  1. bobbyschanno dit :

    P2F, premier sur la Ligue 3 !!!

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    1. belo_dedici dit :

      Demain, Thionville – FC Rouen. On verra si le tube de l’été tient la route.

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  2. Verano82 dit :

    C’est un super article, les gars.
    En m’intéressant à Di Stéfano, j’avais appris qu il avait disputé son dernier match avec le Real à Robert Diochon en 1964, après la finale de C1 perdue contre l’Inter. Le Real était venu à Rouen pour l’inauguration de la tribune dans laquelle tu te trouvais probablement, Belo.

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  3. Khiadiatoulin dit :

    Horlaville-Horts, je crois que c’est mon unique souvenir de Rouen au foot.

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  4. Khiadiatoulin dit :

    Rouen face à Arsenal avait dans ses rangs Tomáš Pospíchal, finaliste du Mondial 62.

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  5. Khiadiatoulin dit :

    Et Quevilly gagnera la Gambardella dans ces années là. Le meilleur club amateur des années 60.

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    1. belo_dedici dit :

      Bien aidé par les méthodes mises en place par l’industriel Amable Lozai, Président de 1920 à 1959, qui pratiquait une sorte d’amateurisme marron. Lozai est le nom du stade de feu US Quevilly.

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