Une proposition de top 50 des meilleurs joueurs portugais de l'histoire par deux de nos rédacteurs. Partie 7/10

Le choix du meilleur gardien portugais de l’histoire n’est pas chose aisée. Surtout que chacun milite pour sa paroisse. A Vitor Damas du Sporting et à Manuel Bento du Benfica, nous avons préféré Vítor Baía du FC Porto. Question de goûts mais ses 34 trophées glanés au cours de sa carrière pèsent lourd dans la balance. Né en 1969, Vitor est repéré par le FC Porto dès l’âge de 13 ans. Dilemme au sein de sa famille, son père étant fan de Benfica. Pas de quoi effrayer le jeune homme qui abandonne ses études quelques temps après pour se consacrer à son sport, au risque de se faire chasser de la maison. S’étant délesté d’une thrombose, il profite d’une blessure de Mlynarczyk pour faire ses débuts chez les pros, lors de la saison 1988-1989, s’y impose, avant de faire une croix sur un Mondial junior à Riyad qui voit le triomphe de son pays. Vítor Baía est la nouvelle étoile du foot portugais, l’Europe découvre ses qualités, agilité et témérité dans ses sorties, malgré son gabarit relativement modeste, le jeune portier se forge un palmarès béton, quatre championnats, et participe grandement au retour de la Seleçao parmi les grands lors de l’Euro 1996.
Malgré l’intérêt de la Juventus, Vítor Baía rejoint la Catalogne. Son nouveau coach Bobby Robson, est convaincu de sa réussite, n’a-t-il pas déclaré que le Portugais était le meilleur gardien du monde ? Vainqueur de la Coupe des Vainqueurs de Coupes 1997, aux dépens du PSG, son statut est remis en cause par Louis van Gaal. Absent quelques mois pour une blessure au genou, le médiocre Ruud Hesp a désormais les faveurs du Pélican, Vítor rate les rares opportunités qui lui sont offertes, à l’image de sa prestation épouvantable face à Kiev qui scelle définitivement son sort : « Barcelone demeure une plaie. Ma première année avait été fantastique, j’étais adulé, cent mille personnes scandaient mon nom à chaque match. Je ne pouvais même plus sortir dans la rue. Puis, une blessure et l’arrivée d’un nouvel entraîneur ont tout changé. Têtu comme toujours, avec cet esprit du FC Porto, j’ai fait passer l’intérêt de l’équipe avant le mien. Ma convalescence était terminée, mais physiquement, je n’étais pas encore au point. Ruud Hesp a été expulsé lors d’un match de Ligue des Champions. J’avais repris l’entraînement une semaine plus tôt, mais Van Gaal est venu me voir et m’a dit qu’il savait que j’étais à 50 %, mais qu’il me préférait à 50 % plutôt que Busquets à 100 %. Alors j’y suis allé. Contre le Dynamo Kiev, on a perdu 4-0, c’était terrible. Accepter de jouer comme ça a été la pire décision de ma vie. »
Revenu au bercail en janvier 1999 et auteur d’une prestation solide lors de l’Euro 2000, Vítor perd peu à peu la confiance des sélectionneurs successifs, il ne joue que face à la Corée du Sud en 2002, avant de disparaître progressivement des petits papiers de Scolari. Alors qu’on le croit mort et enterré, Baia renaît de ses cendres, le FC Porto s’adjuge la Ligue Europa et la Ligue des Champions en l’espace de deux saisons, juste récompense pour celui qui rêvait enfant d’imiter son glorieux aîné João Pinto. Ayant arrêté sa carrière en 2007, le fringant Vítor ne cessera de louer l’influence de José Mourinho, avec qui les premières rencontres furent tendues, mais qui lui a permis de se remettre en question et de faire évoluer sa lecture du jeu. Sans omettre son principal mentor, celui qui lui passa le flambeau des Dragões, le polonais Młynarczyk : « J’admirais Jean Maria Pfaff pour son excentricité. Au niveau national, mes références étaient Fonseca au FC Porto, Bento au Benfica et Vítor Damas au Sporting. Puis, avec l’arrivée de Mlynarczyk, tout a basculé. Sa philosophie et sa manière d’être dans les buts étaient plus proches de ma propre personnalité, plus calmes, empreintes d’une grande sérénité. Je voyais en lui un modèle à suivre. Bento était très agile, rapide, explosif, et je possédais aussi ces qualités, mais je n’étais pas aussi mobile que lui et surtout que Damas. Quant à Józef, de par sa personnalité, voire son physique, il avait quelque chose qui pouvait m’être utile. »

Le 15 avril dernier, Vicente Lucas s’est éteint. Avec lui disparaît l’un des plus grands défenseurs de l’histoire du football portugais, figure majeure du Mondial 1966 et symbole d’un Belenenses qui comptait encore parmi les grandes places fortes du football lusitanien. Petit frère de Matateu, première immense star venue du Mozambique, Vicente rejoint très tôt la métropole. À son arrivée, beaucoup le surnomment déjà « Matateu II ». Son frère, lui, affirme sans hésiter qu’il est « meilleur que moi ». Une phrase lourde de sens quand elle vient de celui qui est alors l’idole absolue du quartier de Belém.
Vicente Lucas passera toute sa carrière au Clube de Futebol « Os Belenenses », troisième grand club lisboète de l’époque, encore capable de rivaliser régulièrement avec Benfica et le Sporting. Milieu de terrain ou défenseur selon les besoins, il se distingue par un volume de jeu impressionnant. Infatigable, toujours au contact de son adversaire, il étouffe les attaquants par son intelligence défensive plus que par la brutalité, arme de prédilection de beaucoup de défenseurs de l’époque. Son élégance dans les déplacements contraste avec cette capacité permanente à harceler.
Si Belenenses n’a pas la puissance européenne du Benfica des années 1960, le club reste alors une institution respectée. Vicente Lucas y est entraîné par des techniciens prestigieux comme Fernando Riera, Helénio Herrera, Fernando Vaz ou Otto Glória. Il affronte aussi certains des plus grands clubs et joueurs de son époque : le Real Madrid, Barcelone, Milan, la Roma, Valence, Séville, Burnley, Newcastle, le Panathinaïkos, le Dinamo Zagreb ou encore le Santos de Pelé. Le « Rei » joue d’ailleurs son premier match au Maracana lors d’un match contre Belenenses. En juin 1955, lors de la Coupe latine disputée à Paris face au Real Madrid et à Milan, Vicente impressionne jusqu’à la presse française. « France Football » écrit alors : « N’oublions pas le comportement d’un joueur de Belenenses qui a confirmé toute sa classe, le milieu gauche Vicente Lucas, le frère de Matateu. Quelle activité ! Il veut être partout à la fois. Il est aussi bon défensivement qu’offensivement. Doté d’un style magnifique et souple, il court sans cesse d’un bout à l’autre du terrain. À 19 ans, Vicente Lucas est, sans aucun doute, l’un des meilleurs milieux de terrain européens. »
En championnat, il dispute 284 matchs sous le maillot bleu. Avec lui, Belenenses termine deux fois quatrième, quatre fois troisième et une fois deuxième. À cette époque, il est faux de considérer le titre remporté par le club en 1946 comme un accident. Dans l’après-guerre, Belenenses fait pleinement partie des grandes équipes portugaises. Vicente arrive cependant au moment où le club commence lentement à glisser hors de la course au sommet. Le grand regret de cette génération reste le championnat 1954-1955, souvent vu par les supporters de Belém comme le moment où le destin du club bascule. Après un début de saison compliqué, Belenenses enchaîne les matchs sans défaite et arrive leader lors de la dernière journée. Benfica est deuxième à un point, le Sporting est troisième à deux longueurs.
Le scénario semble parfait : une victoire contre le Sporting offrirait au club un deuxième titre national. Le match tourne progressivement à l’avantage des Bleus, qui mènent 2-1 à quatre minutes de la fin. Benfica gagne de son côté sans ne plus croire au titre. Puis tout s’effondre. Le Sporting égalise dans les derniers instants. Benfica devient ainsi champion au goal-average. L’entraîneur des Lions, l’ancien international argentin Alejandro Scopelli, ancien joueur et entraîneur de Belenenses, vit cette soirée avec une forme de tristesse. Il sait qu’il vient peut-être de priver son ancien club de sa dernière grande occasion. Dans le même temps, la construction du nouveau stade du Restelo, imposée par le régime dans le cadre d’un projet urbain qui ne verra jamais réellement le jour, endette lourdement le club au moment où le football portugais entre dans une phase de professionnalisation accélérée.
Vicente Lucas atteint alors son apogée dans une équipe qui décline lentement. Cela n’empêche pas Belenenses de vivre encore quelques belles heures. En 1960, le club remporte la Coupe du Portugal face au Sporting. Et lorsque les grandes affiches arrivent encore à Belém, Vicente répond présent. Son plus grand fait d’armes reste sans doute son travail défensif face à Pelé. En 1963 d’abord, lors de la première victoire du Portugal contre le Brésil. Puis en 1966, durant la Coupe du monde en Angleterre. Ce Mondial restera comme le sommet de sa carrière. Vicente y livre des performances remarquables contre Bene, Asparuhov ou Pelé. Son activité et son pressing constant donnent un équilibre essentiel à la sélection portugaise. Mais en quart de finale, contre la Corée du Nord, il se fracture une main et ne peut disputer la demi-finale contre l’Angleterre.

Son absence pèse lourd. Bobby Charlton trouve davantage d’espaces et le Portugal s’incline. On ne saura jamais si Vicente Lucas aurait pu changer le destin de cette rencontre. Mais les Magriços rentrent malgré tout au pays comme des héros, et Vicente acquiert une reconnaissance internationale qu’il méritait depuis longtemps. À seulement 30 ans, tout laisse penser qu’il a encore plusieurs grandes saisons devant lui. Le destin en décide autrement. Le 7 octobre 1966, quelques mois après le Mondial, il est victime d’un grave accident de voiture qui lui fait perdre la vue d’un œil. Sa carrière s’arrête brutalement.
Le choc est immense au Portugal. Belenenses perd une nouvelle fois prématurément l’un de ses plus grands joueurs, après Pepe quelques années auparavant. Une vague de solidarité traverse alors tout le pays. Des joueurs de tous les clubs viennent lui rendre visite. Pelé lui-même lui écrit. Le 22 janvier 1967, un immense hommage est organisé au Restelo sous le slogan : « Disons à Vicente qu’il vaut la peine d’être bon. » Benfica, Sporting, Atlético et Belenenses participent à cette journée particulière. Mais l’hommage dépasse largement Lisbonne. Vingt-deux autres « Coupes Vicente Lucas » sont organisées à travers le pays, de Porto à Faro, de Setúbal à Guimarães en passant par Castelo Branco où Vicente entrainera plus tard le Desportivo.
Rarement un joueur portugais aura suscité un tel respect au-delà des rivalités de clubs. Vicente Lucas n’a peut-être jamais remporté les titres des plus grandes légendes européennes de son époque, mais il laisse derrière lui quelque chose de plus discret et parfois plus durable : l’image d’un joueur admiré de tous, respecté pour son élégance, son engagement et sa fidélité.

« Dans le foot de rue, il n’y a pas de postes fixes. Du coup, je jouais aussi bien en attaque qu’en défense, et ça m’a permis de me familiariser avec tous les aspects du jeu. Ça a été primordial pour la suite de ma carrière. » Défenseur central au jeu résolument offensif, Humberto Coelho est une légende des années 1970. Son père, supporter de Boavista, Humberto fait un court essai au FC Porto, avant d’intégrer Benfica en 1966. Celui qui n’avait de yeux que pour José Aguas se fixe alors en défense centrale, fait ses débuts face au grand Santos mais n’oublie pas de parfaire son arsenal offensif. Suivant à la lettre les préceptes d’Eusébio, Humberto Coelho s’astreint à des séances d’entraînement prolongées, coups francs, corners, frappes lointaines, qui lui offriront plus d’une centaine de buts pour l’institution selon certaines sources. International depuis 1968, Humberto remporte cinq championnats, s’offre quelques triplés d’anthologie, soutenu par son coach Jimmy Hagan dans ses initiatives, même les plus audacieuses : « C’est avec Hagan à la tête de l’équipe que j’ai pu exprimer mon appétence pour le but. Le Britannique était d’un flegme imperturbable et réticent aux changements tactiques, même quand exigeant public du stade de la Luz le réclamait. Mais lorsque les choses tournaient mal, la consigne était que je joue dans la surface, sur le côté droit, à l’affût… »
En 1975, c’est le séisme, Humberto cède aux avances de Daniel Hechter et du PSG. Deux ans entre lutte pour le maintien, blessure et incompréhension avec le coach Velibor Vasovic dont Humberto garde malgré tout une empreinte vivace : « A mon arrivée, le club n’avait que cinq ans et la ville vibrait pour tout sauf le football. Cinéma, théâtre, musique, danse, peinture, art… l’offre était infinie, mais le football était un sujet tabou. Au Paris Saint-Germain, c’était nous, les joueurs, qui cirions et entretenions le matériel. Mais j’en ai un bon souvenir, j’ai rencontré ma femme à Paris. Et sur le plan culturel, mon président, Daniel Hechter, m’a initié au monde de la mode. » Après des essais infructueux à Anderlecht et au Brésil, pour l’Internacional, où son passage crée de multiples fausses rumeurs, Humberto traverse l’Atlantique, direction Las Vegas. A l’intérieur de Sin City, Humberto se fraie quotidiennement un chemin parmi les croupiers serbes, se gaussent du folklore made in NASL et partage des nuits blanches avec les Chinaglia, Pelé, Nastase ou Connors. Son erasmus à l’étranger fini, Humberto retrouve les rives du Tage en 1977.
Invité à rejoindre un combiné européen prestigieux en 1981, pour affronter une sélection mondiale à New York, notre vieux lion s’octroie trois nouveaux championnats avec le Benfica et s’incline en finale de la Coupe de l’UEFA 1983 face à Anderlecht. Un Anderlecht que les dirigeants parisiens lui avaient refusé de rejoindre auparavant. Membre de la Seleçao lors des qualifications pour l’Euro 1984, Humberto, déjà sur les jantes, se blesse en préparation d’une rencontre face à la Finlande et rate la phase finale. Son unique regret en 20 ans de carrière… A l’heure du bilan, il est un choix indiscutable dans l’élaboration d’un onze historique sérieux des Águias. Et si sa candidature pâtit d’un relatif anonymat dans les grandes compétitions internationales, sa classe naturelle, son charisme et son opportunisme dans la surface adverse en font un des grands seigneurs du Royaume des Sanche. Et assurément, son défenseur offensif le plus abouti…

« J’étais connu pour apaiser les tensions. Lors des matchs contre Benfica, Coluna et moi parlions toujours en ronga pour que les autres ne comprennent pas et que nous puissions calmer le jeu. » Hilário, joueur fair-play si l’en est, bénéficiait d’une autorité naturelle auprès de ses coéquipiers et adversaires. Né au Mozambique en 1939, il excelle lors de rencontres informelles, avant d’abandonner la discipline pendant 18 mois par refus de jouer en crampons. Acceptant l’offre d’emploi, au sein de la Compagnie des Eaux, promise par le Sporting de Lourenço Marques, Hilário rejoint la filiale africaine du Sporting en 1956, avant de s’envoler pour l’Europe deux ans plus tard. À Alvalade, il devient instantanément le chouchou de la torcida. Et son phare pendant 15 ans… Fluidité, finesse, fiabilité, Hilário conquiert le respect et l’admiration de tous et s’impose comme le meilleur latéral gauche du pays, lui le droitier : « À l’époque, il n’y avait pas d’entraînement spécifique pour travailler le pied faible. Je ramenais le ballon vers l’intérieur et jouais toujours du pied droit. Je pouvais centrer du gauche, mais ce n’était aussi précis qu’avec le droit… Mais cela présentait des avantages. Les adversaires pensaient, qu’en venant me couper de l’intérieur, ils prendraient mon pied faible à revers, mais c’était tout le contraire… »
Hilário, homme svelte, accroc aux exercices d’endurance, remporte son premier titre de champion en 1962, avant de conquérir l’Europe en 1964. Ayant administré une véritable correction au Manchester United du triumvirat Charlton-Law-Best, le Sporting accède à la finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupes. Las, Hilário rate la confrontation face au MTK Budapest, en raison d’une fracture du tibia quelques jours auparavant. Faisant fi de sa déception personnelle, Hilário, le cœur des Leones, envoie une missive de son lit d’hôpital, battez-vous jusqu’au bout, je suis avec vous ! Message reçu, ses coéquipiers s’empressent de lui ramener la Coupe à son domicile. Ayant savouré chacun de ses duels précédents avec Garrincha, Hilário est un peu déçu de voir Mané sur le banc lors de leur confrontation lors du Mondial 1966. Pas grave, il va littéralement planer sur la compétition. Permettant à la Seleçao d’obtenir un superbe podium, en étant unanimement considéré comme le meilleur à son poste, et offrant à son Mozambique meurtri par la guerre d’indépendance, en compagnie de Coluna et Eusébio, un peu de légèreté dans le chaos…
Hilário cumulera une quarantaine de capes, entre 1959, et ses débuts contre la France, et 1971, et son baroud d’honneur face à la Belgique. Plus de cinq ans à chercher en vain à renouer avec l’élan de 1966, plus d’une décennie à lutter comme un beau diable contre la mainmise de l’encombrant voisin de la Luz… Mais preuve que son combat ne fut pas vain, il est convié à rejoindre Facchetti, Van Hanegem, Johan Cruyff et consorts au sein de la prestigieuse sélection européenne qui défie l’Amérique du Sud à Bâle, en 1972. Sur la fin et mis en concurrence à son poste pour la première fois, Hilário, 34 ans, remplace le feu follet Dinis lors de la finale de la Coupe 1973. C’est son dernier match sous ses couleurs de toujours et son troisième succès dans la compétition. Trois comme le nombre de championnats remportés ou son numéro fétiche. Trois comme le nombre de poumons qui lui permirent de gravir l’Olympe des Sportinguistas…

Le lendemain de son mariage, José Travassos est sur la pelouse, lors d’une rencontre face à Boavista. Le Sporting gagne 12-1, Travassos est éblouissant. Son coéquipier Manecas s’approche et lui glisse à l’oreille : « Tu devrais te marier tous les samedis, Zé ! » José Travassos est une légende absolue des Leões. Évoluant au poste d’attaquant intérieur, numéro 10 sur le dos, il est un stratège d’une grande finesse technique, doté d’une vision du jeu exceptionnelle et d’une inspiration hors pair. Né en 1926, au moment où le Portugal sombre sous la coupe des militaires, Travassos se passionne pour la chasse, travaille comme mécanicien, avant de rejoindre la CUF à 16 ans. Maigre, son coach Joseph Szabo lui conseille un régime à base de morue et des pommes de terre. Et ça marche ! Doté d’une palette large, il attire peu à peu l’attention des grands clubs de la capitale, s’en suit un imbroglio dont le pays de Fernando Pessoa est friand. En 1946, un émissaire du FC Porto contacte Travassos et parvient à un accord de principe. Informé de la situation, le Sporting, longtemps indécis sur son cas, réagit enfin et cache José dans un hotel ! La CUF, consternée par le comportement du club lisboète, informe immédiatement Porto du lieu de la cachette. Se sentant pris au piège, ce dernier supplie les Leões de l’aider et comme dans un bon vieux film d’espionnage, Porto reçoit quelques jours plus tard une lettre exigeant la présence de Travassos à Lisbonne, afin qu’il remplisse ses obligations militaires. Un leurre évidemment, le Sporting a eu très chaud…
Élément le plus déroutant du fameux Cinco Violinos, Travassos remporte son premier titre en 1947, grâce à un triplé magistral de José face à Benfica. Sept autres suivront, dont un phénoménale quadruplé dans les années 1950, alors que Fernando Peyroteo a tiré sa révérence. Courtisé par le Real Madrid, le Sporting fait des pieds et des mains pour conserver son joyau et va jusqu’à lui financer une entreprise de réfrigération, que Travassos ouvre en partenariat avec son compère d’attaque, Manuel Vasques. Adepte d’athlétisme, comme Espírito Santo en son temps, José débute un bail de 11 ans avec la Seleçao en 1947 et devient en 1954, le recordman de sélections. Mais c’est un an plus tard qu’il passe définitivement à la postérité. Convié à rejoindre un combiné européen à Wembley, pour le 75ème anniversaire de la Fédération anglaise, Travassos, positionné en piston, illumine la rencontre de son brio, s’entend à merveille avec Bernard Vukas et inflige une correction 4-1 aux hôtes anglais. La presse britannique est extatique : « Nous tenons à remercier Travassos pour sa présence et le rôle inhabituel qu’il a accepté en assurant la liaison entre les lignes, rôle qu’il a rempli avec brio. Il est aussi brillant balle au pied que sa coiffure est impeccable, plaquée en arrière avec de la brillantine. » Pour tous, il devient Zé da Europa, António de Oliveira Salazar le décore de l’Ordre du Mérite sportif.
Passeur décisif en deux occasions lors de la première rencontre européenne de l’histoire face au Partizan Belgrade, José, devenu capitaine après la retraite de Manuel Passos, met fin à sa carrière en 1959, après treize années de bons et loyaux services pour le Sporting et quelques 200 buts, toutes compétitions confondues. Artiste capable, selon les mots de l’époque, de « passer la balle à un coéquipier dans le chas d’une aiguille », José entraîne quelques mois les jeunes pousses des Leões, poste qu’il ne le comble pas vraiment, avant de se consacrer à sa véritable passion, la chasse. Le 27 mars 2015, jour de la pose de la première pierre du pavillon João Rocha, salle omnisports du Sporting, les rues Vítor Damas et José Travassos sont inaugurées. Celle de Travassos relie la rue Francisco Stromp et la rue Vítor Damas est perpendiculaire à la rue Travassos. Bel hommage d’une ville à trois des ses plus beaux emblèmes, les gamins lisboètes, qui arpentent nonchalamment cette allée, savent-ils que le spectre bienveillant de Zé da Europa les protège ?
Em colaboração com meu amigo Rui Costa !
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Merci les gars !
De quelles rumeurs s’agit à propos d’Humberto et le Colorado ?
Son passage au Brésil à Porto Alegre a fait dire à la presse brésilienne qu’il était également en contact avec Flamengo.
Passer après Figueroa à l’Inter, bon courage ! Il a bien fait de se défiler eh eh
Après la réalisation de ce top je pense que je mets Bento comme gardien numéro un. Il était dans la moins bonne période du foot portugais et il était trop petit pour devenir un gardien top mondial. Mais c’est lui qui aura eu, en tenant compte des différences d’époque , le plus grand impact sur le foot portugais.
Meilleur gardien de la sélection avec Patricio (et peut-être Diogo Costa bientôt). Baia j’ai plus de souvenirs de boulettes que de grand match.
En club Baia est celui qui a la plus belle carrière c’est indéniable.
Ah, je te trouve dur avec Baia. Avant son passage au Barça, j’ai souvenir de superbe prestation avec Porto.
Busquets, un des gardiens les plus mauvais que j’ai vus.
Humberto Coelho c’est comme Bento, il arrive « au mauvais moment », un sacré joueur!
Coelho a longtemps été un titulaire dans un onze historique portugais mais il s’est fait dépasser par deux monstres.
En matchs officiels, il est pas loin des 80 buts. Ce qui est remarquable quand dans les stats, des mecs comme Koeman, Blanc ou Hierro sont souvent cités alors qu’ils ont des longs passages en milieu.
Travassos c’était le « génie » de ces 5 violons, celui que j’aurais aimé le plus voir jouer.
Oui, il a du lancer la grande légende des mecs qui auraient du finir au Real de Bernabéu ! Ça mériterait un texte !
C’est qui les éléments forts de l’unique titre de Belenenses ?
Vicente Lucas, un mec dont j’ai compris la valeur assez récemment. Il serait aussi bien placé dans un top de médias portugais ?
Et pour les plus vieux, ça donnait quoi le PSG des années 70 ?
Hilario, indiscutable à gauche. Comme João Pinto à droite.