Top 10 – Atlético Mineiro (2e partie)

Héros du Brasileirão 2021, quadruple vainqueur du Championnat mineiro, finaliste de la Copa Sudamericana 2025, à quelle place Hulk figure-t-il dans ce classement honorant quelques-uns des grands noms du Galo ? Ronaldinho le devance-t-il en ayant conquis la Copa Libertadores ? Et si le plus important de tous était ce petit homme dégarni à la gauche de la photo ? Réponse ci-dessous.

5- Ubaldo

Ubaldo et Pavão, défenseur de Flamengo dans les années 1950.

« C’est dur d’être noir. Vous avez déjà été noir ? Je l’ai été autrefois, quand j’étais pauvre. » Ubaldo Miranda à son sommet aurait pu prononcer ces mots de Larry Holmes[1] rapportés par Joyce Carol Oates[2]. Ubaldo n’est pas le plus doué, loin de là, ni le plus élégant, ni même le plus fidèle et pourtant il s’agit du joueur alvinegro le plus adulé des années 1950 et l’un des plus populaires toutes générations confondues. Cette idolâtrie dont il est l’objet symbolise l’apparition d’un nouvel ordre au sein d’un club dont les têtes d’affiche sont jusqu’alors blanches. Sans outrance discursive, à coups de démonstrations empiriques, Ubaldo trace le chemin pour des générations de Noirs qui font la gloire du Galo par la suite.

La première rupture intervient à partir de 1933, quand l’Atlético Mineiro subit l’implacable domination de Villa Nova, vainqueur des trois premiers Championnats mineiros professionnels. D’essence ouvrière, Villa Nova accueille des joueurs issus des couches sociales défavorisées, des Blancs pauvres, des Noirs, des Métis au contraire de l’Atlético-MG, club élitiste durant l’ère amateur. Pour exister sportivement, l’Atlético doit s’ouvrir aux classes les plus modestes. Avec l’apport de footballeurs d’origines plurielles, l’Atlético élargit l’assise de ses supporters et entreprend de s’accorder avec la diversité d’une ville à la croissance exponentielle (de 100 mille habitants en 1930 à 350 mille en 1950), nourrissant une mystique jamais démentie de club « des masses » par l’union des populations pauvres, moyennes et aisées.

Quand il se rend en catimini à Belo Horizonte en juin 1949, rien ne prédestine Ubaldo à la gloire. Colporteur affecté à la vente de saucisses au détail afin de compléter les maigres revenus d’une famille nombreuse, le frêle Ubaldo paraît condamné à sillonner indéfiniment les artères de Divinópolis, une cité industrielle à une centaine de kilomètres à l’Ouest de Belo Horizonte. Vendeur de rue la plupart du temps mais également footballeur amateur au sein de l’Inter Divinópolis, l’attaquant de poche se fait remarquer des rabatteurs de Cruzeiro et de l’Atlético Mineiro. Avec le concours de son président de club, un supporter du CAM qui choisit pour lui, Ubaldo se rend en bus à Belo Horizonte sans l’aval de ses parents alors qu’il n’a pas encore 18 ans.

Succéder au cœur de l’attaque à Carlyle, sa haute stature et sa technique raffinée, n’a rien d’une sinécure. Pourtant, dans un style fruste et énergivore, Ubaldo impressionne les observateurs dès ses premières titularisations en 1950. Januário Carneiro, une référence en matière de journalisme belo-horizontino, salue « l’apparition d’Ubaldo, un jeune commandant, un homme avec un grand avenir ». Son éclosion précède de peu l’inauguration du stade Independência – construit pour les besoins de la Coupe du monde 1950 – dont il devient la coqueluche. Des Noirs ont devancé Ubaldo sous le maillot de l’Atlético-MG mais aucun n’a provoqué une telle effervescence. Sa vie prend un tour merveilleux, sa couleur de peau n’existe plus.

Artilheiro d’un Galo dominateur dans le Championnat mineiro (six titres et deux fois meilleur buteur), Ubaldo se singularise par des réalisations improbables, des tours de passe-passe. On les appelle des « gols espiritas » sans qu’on en comprenne le sens exact, une formule ésotérique destinée aux adeptes de la macumba. Admirative, la torcida lui dédie une chanson en détournant les paroles d’un des succès du carnaval de 1955 : « Tem nego Ubaldo aí » se subtitue à « Tem nego bebo aí » (Il y a un gars qui boit là-bas). A la fin de cette même année, il quitte Belo Horizonte pour Bangu et le championnat carioca. A ceux qui font la fine bouche sur cette destination, précisons que le Proletário est alors entrainé par Tim et compte dans ses rangs Zózimo et o Mestre Ziza, alias Zizinho.

De retour à l’Atlético en 1958, Ubaldo reprend ses habitudes et renfile les habits de bourreau vis-à-vis de Cruzeiro. Un jour de clássico, un supporter de la Bestia negra lui lance un pétard à la tête et l’étourdit durant plusieurs minutes. Enturbanné, Ubaldo tient sa place et marque, évidemment. Lors du clàssico mineiro suivant, un dimanche de décembre 1958, il reçoit un extravagant hommage. Auteur d’un nouveau but inexplicable dans sa conception et dans sa réalisation, la foule le porte aux nues et entreprend spontanément de le faire défiler dans les rues menant au cœur de Belo Horizonte. Un acte d’amour démesuré dont il résume la portée en affirmant qu’« à cette époque, seules deux personnes étaient portées en triomphe par le peuple. Le président Juscelino Kubitschek et moi. »

Appel aux dons au Mineirão.
Vente de sa bio dans la rue.

L’après-football se révèle compliqué, Ubaldo dépense sans compter. Un journaliste lui consacre un livre et lui cède l’intégralité des droits[3]. Au début des années 2000, Ubaldo le vend dans les rues de Belo Horizonte, retrouvant les réflexes de son enfance et peut-être sa couleur de peau. C’est un succès, le livre est réédité mais l’argent s’évapore toujours aussi vite. Alors, à chaque difficulté, les dirigeants du Galo et les supporters effectuent des appels aux dons pour que vive ou survive ce symbole aujourd’hui âgé de 95 ans.

4- Ronaldinho

Le 4 juin 2012, le président de l’Atlético Mineiro Alexandre Kalil tente un extraordinaire pari en écoutant les conseils de son entraineur, Cuca : dans la plus grande discrétion, il négocie la venue de Ronaldinho Gaúcho. En conflit avec Flamengo et les partenaires du club, incapables d’honorer leurs engagements financiers, Ronaldinho signe pour six mois avec le Galo. La nouvelle bruisse dans les rédactions mais dans un premier temps, aucune des deux parties ne la confirme. Le lendemain, à l’entrée des bâtiments blancs de Cidade do Galo, le centre d’entrainement du CAM, c’est l’effervescence. Une chaîne de télévision loue un hélicoptère, survole la cité sportive et diffuse en direct les images de Ronaldinho parmi les joueurs alvinegros : Ronnie se trouve bien à Belo Horizonte !

A 32 ans, 18 mois après son départ de Milan, Ronaldinho a-t-il encore quelque chose à offrir ? Dans un premier temps, il participe à toutes les séances de travail et vit cloîtré dans sa suite de l’Ouro Minas Palace Hotel, ce qui ne cesse d’étonner ceux qui ont essayé de le suivre dans ses pérégrinations cariocas, barcelonaises ou parisiennes. D’excellentes performances contribuent aux bons débuts du Galo dans le Brasileirão – dont une frappe rappelant celle ayant trompé Seaman durant la Coupe du monde 2002 – et lui assurent le soutien de la torcida. Lors de son premier clássico mineiro, il se lance dans une sarabande depuis le rond central comme à ses plus belles heures. Il conduit la balle de l’extérieur du pied droit, à petites touches, efface deux joueurs, en crochète un troisième et posément, tout en douceur, trompe le gardien du Cruzeiro. La ronaldinhomania bat son plein, ses sorties en public provoquent des bousculades et le 30 septembre, quatre mois après son arrivée, il est déjà fait citoyen d’honneur de Belo Horizonte.

Vice-champion 2012, l’Atlético Mineiro se qualifie directement pour la Copa Libertadores, 13 ans après sa dernière participation. Ronnie prolonge l’aventure, prêt à écrire une page d’histoire du Galo aux côtés de valeurs sures comme le gardien Victor, le capitaine Réver, Gilberto Silva, Diego Tardelli et Jô, celui dont il est le plus proche. Doté d’une double fonction, Jô transforme en but les offrandes de l’artiste et lui sert de guide nocturne. Car Ronnie a rapidement troqué sa chambre et son absence d’horizon pour les perspectives engageantes de la gigantesque Belo Horizonte (2,3 millions d’habitants). Il ne s’entraine plus beaucoup et quand il rejoint Cidade do Galo, c’est pour dormir pendant que ses coéquipiers répètent leurs gammes. Cuca consent à lui accorder les passe-droits les plus iniques tant que le génial Gaúcho lui rend sa confiance les jours de match.

Au printemps 2013, Ronnie souffle le chaud et le froid. En avril, Scolari met un terme à ses espoirs de participation à la Coupe du monde 2014 quand il se présente ivre pour un match amical contre le Chili au cours duquel il fait pitié, brassard de capitaine au bras. Puis viennent les huitièmes de finale de la Libertadores opposant l’Atlético-MG au São Paulo FC, un remake de la phase de poule durant laquelle Ronaldinho a brillé et beaucoup parlé. Froissé, le Tricolor paulista et son gardien buteur quadragénaire Rogerio Ceni veulent leur revanche. Ronnie prend l’affaire au sérieux, s’entraine enfin, marque à l’aller en hurlant « ici, c’est le Galo, putain ! » et offre au retour le quatrième but à Jô d’une passe aveugle outrancière.

Avec Jô.

Au cours des tours suivants, ses prestations déçoivent et les tensions avec le président Kalil vont crescendo. L’Atlético arrache ses qualifications face à Tijuana et Newell’s Old Boys puis cède 2-0 en finale aller à Asunción contre Olimpia, un match au cours duquel Cuca perd patience et remplace son meneur à l’heure de jeu. Au retour, le 24 juillet 2013, l’Atlético-MG renverse les Paraguayens aux tirs au but sans que Ronaldinho n’y soit pour grand-chose. Qu’importe si ce titre relève du miracle, le Galo chasse son image de loser, Ronnie tient sa revanche et déclare « je suis revenu au Brésil pour gagner la Copa Libertadores. C’était le trophée qui me manquait. Tout le monde disait que j’étais fini et que j’arrivais dans une équipe de renégats. Ils peuvent toujours parler maintenant ».

Cette fois-ci, Ronnie est bien fini. Il quitte Belo Horizonte en juillet 2014 plein de gratitude tant ce fragment d’histoire du Galo concentre la quintessence de la ronaldinhomania.

3- Toninho Cerezo

Avec le défenseur central Luizinho, autre joueur majeur de cet Atlético, titulaire lors du Mundial 1982.

Ce lundi 5 juillet 1982, une lumière profuse inonde Sarrià et interdit toute confusion quant à l’identité du fautif : le Brésilien auteur de la passe hasardeuse de la 25e minute et de la remise mal assurée finissant en corner à la 74e minute porte le numéro 5, celui attribué à Toninho Cerezo. Des erreurs à l’origine de deux des trois buts de Paolo Rossi, la dernière offrant la victoire (3-2) et la qualification pour les demi-finales de Coupe du monde à l’Italie. Toute défaite historique impose de livrer un coupable en pâture, le public l’exige… Comme le mentionne José Dantas de Sousa Junior, « il est beaucoup plus facile de faire porter la responsabilité d’une défaite à un citoyen qui n’est pas beau, qui a la peau foncée et qui porte une moustache, plutôt que de la faire porter à un entraîneur au profil différent, sympathique et charismatique, mais qui a dirigé l’équipe comme il le voulait, sans écouter personne et en refusant le match nul par pure fierté, non seulement la sienne mais aussi parce qu’elle représente le sentiment d’un peuple ou de son immense majorité. »[4] Pour accabler Cerezo plus encore, on pourrait lui reprocher ses chaussettes baissées, une insulte esthétique à cette Canarinha conçue par Telê Santana pour éblouir.

Quand survient le drame de Sarrià, Toninho Cerezo a déjà connu de nombreuses désillusions, que ce soit avec l’équipe nationale, invaincue mais seulement troisième de la Coupe du monde 1978, ou avec l’Atlético Mineiro, brillant et maudit au tournant des années 1980. Et bien avant, à sept ans seulement, il a dû surmonter la mort du père, clown dans un cirque. Fils unique, il grandit dans la pauvreté à Nova Lima, une banlieue ouvrière de Belo Horizonte où l’on supporte Villa Nova. Il joue avec les gamins de Ferroviária quand Zé das Camisas le découvre à 13 ans et lui ouvre les portes du salut, celles de l’école de football du CAM.

Un an avant Paulo Isidoro, Cerezo suit le parcours classique des espoirs du Galo : un prêt au Nacional de Manaus, quelques entrainements avec l’équipe première puis le lancement dans le grand bain sous la direction de Telê Santana. Positionné au cœur du jeu en compagnie du rassurant vétéran Wanderley Paiva, il se rend indispensable en tant que volante. Techniquement remarquable, physiquement phénoménal, il est l’homme sûr du milieu atleticano, o Patrão da bola (le Patron du ballon), le cerveau qui détermine les plans de jeu. Il dicte le tempo, alterne passes courtes et passes longues, presque toujours vers l’avant à destination de Marcelo, Reinaldo, Paulo Isidoro ou Éder, tous ceux qu’il côtoie de 1974 à 1983, année de son départ pour l’Italie (AS Rome puis Sampdoria). 

Les débuts, en 1974. Cerezo est au centre, accroupi. A sa gauche, tout jeune également, Reinaldo. Et le goleiro est évidemment Ladislao Mazurkiewicz.

Cerezo échoue à deux reprises en finale du Brasileirão. En 1977, immensément favori, le Galo craque à domicile face au São Paulo FC. Etouffé par la surdensité du milieu adverse, perdu en l’absence de la cavalerie (Paulo Isidoro et Reinaldo), o Patrão ressemble à un général sans armée. Dans l’incapacité de mener les siens à la victoire, il précipite leur défaite par des frappes d’artillerie mal réglées au-dessus des cages de Valdir Peres. Son ultime salve traduit son impuissance : son tir au but s’envole dans les airs, largement hors cadre. En 1980, Cerezo et l’Atlético-MG succombent les armes à la main devant 154 mille supporters de Flamengo, vaincus par la malchance, l’arbitrage et un règlement inique, nous y reviendrons. Pour adoucir sa peine ou pour corriger des anomalies de l’histoire, Placar lui décerne la Bola de Ouro à deux reprises.

On lui reproche malgré tout de faillir là où Falcão a réussi à mener l’Internacional au sommet (trois championnats brésiliens en 1975, 1976, 1979). Les titularisations de Cerezo quels que soient les sélectionneurs (Brandão, Coutinho, Santana) irritent une partie des commentateurs qui lui préfèrent la flamboyance de Falcão. Telê met fin au débat durant le Mundial espagnol en sacrifiant Paulo Isidoro pour les associer avec l’issue que l’on connaît.

Durant la Coupe du monde 1978.

De retour au Brésil en 1992, Toninho Cerezo retrouve Telê au São Paulo FC avec lequel il conquiert la Copa Libertadores 1993 et les Coupes Intercontinentales 1992 et 1993 (homme du match contre l’AC Milan). Il achève sa carrière avec l’Atlético-MG, là où il avait retrouvé la foi après la fin douloureuse de la campagne d’Espagne 1982[5]. A contre-courant de l’opinion publique, la torcida de l’Atlético-MG avait longuement scandé son nom. « C’est la plus grande démonstration d’affection que j’ai reçue de la part des supporters de l’Atlético. Je faisais partie de l’équipe ayant perdu la Coupe du monde et j’ai été accueilli comme une idole lors des matchs du Galo, dans un Mineirão plein à craquer. C’est là que j’ai compris que tous les sacrifices consentis tout au long de ma carrière pour l’Atlético en valaient la peine. »

2- Dadá Maravilha

Reinaldo et Dario.

Dario José dos Santos, dit Dadá Maravilha. En lisant ce nom, certains se frottent les mains, désireux de lire une histoire dont l’onanisme serait le thème central. Ils seront déçus. Oui, Dario ressentait le besoin de se tripoter avant les matchs, il ne l’a jamais caché. « J’allais dans les toilettes, je me masturbais, je me soulageais et après, personne ne pouvait arrêter Dadá ». Un branleur dans l’intimité mais un jouisseur altruiste dès qu’il hume l’odeur du gazon soigneusement taillé.

Sans faire appel aux ressorts les plus misérabilistes, il n’est pas exagéré d’affirmer que Dario traverse l’enfance et l’adolescence dans le dénuement, la délinquance et la violence, en proximité immédiate avec la mort. Sa mère s’immole sous ses yeux alors qu’il n’a que cinq ans et il assiste à l’assassinat d’un de ses complices durant un cambriolage. Les allers-retours dans un centre socio-éducatif de Rio, puis son incorporation à l’armée le sauvent probablement d’une issue tragique. C’est au sein de cette fondation pour mineurs à la dérive et sous l’uniforme qu’il s’essaye au football. En l’absence de technique, il fait valoir ses atouts physiques, puissance, détente et vitesse. Tout le monde s’accorde alors à dire qu’il ne ressemble pas à un footballeur, lui le premier, mais son efficacité est singulière. « Je n’ai jamais appris à jouer au football, je passais mon temps à marquer des buts. »

Dario n’est pas encore Maravilha quand il effectue ses débuts avec le Galo, celui de Campo Grande dans la zone Ouest de Rio dont les couleurs sont communes à celles de l’Atlético-MG. Il lui faut sept essais pour que les techniciens de Campo Grande acceptent de l’enrôler en misant sur son potentiel athlétique. Il ne dribble pas, contrôle mal, frappe du tibia mais il court, saute et marque des buts plus laids les uns que les autres. Sa prodigalité face au but attire l’œil du Galo de Belo Horizonte qu’il rejoint en 1968 à une époque où Cruzeiro écrase le Championnat mineiro. Ses dons d’artilheiro apparaissent au grand jour dès la saison suivante au cours de laquelle il inscrit 58 buts.

Une dégaine de prolétaire, une jeunesse cabossée, quelques bons mots, il n’en faut pas plus pour que le peuple s’identifie à lui, ce qui n’échappe pas aux militaires au pouvoir au moment où le durcissement de leur politique crée des remous[6]. Garrincha apportait de la joie et détournait l’attention durant les pénuries au temps de la démocratie, pourquoi Dario ne serait-il pas le contre-feu souriant aux lois liberticides ? A l’approche de la Coupe du monde au Mexique, la junte presse le sélectionneur João Saldanha de faire appel à ce buteur providentiel, sans succès[7]. Quelles qu’en soient les raisons, Saldanha est écarté deux mois avant l’ouverture du Mundial et son successeur, Mário Zagallo, se conforme aux désirs populaires et militaires en incorporant Dadá à sa liste, une incongruité parmi une constellation d’artistes.

Si le communiste Saldanha ne veut pas de cet homme du peuple, le conservateur Telê Santana ne voit aucun inconvénient à lui confier le centre de l’attaque de l’Atlético-MG malgré ses abyssales limites techniques dont il s’amuse, « je frappe si mal que le jour où je marquerai un but de l’extérieur de la surface, le gardien de but devra être banni du football. »  Au mépris de l’orthodoxie footballistique et de toute considération esthétique, Dadá enfile les buts en cadence, tel un métronome, et mène l’Atlético au titre dans le Mineirão 1970 et au sommet du Brasileirão 1971, le premier véritable championnat national du Brésil. Dans le match conclusif face au Botafogo de Jairzinho au Maracanã, il scelle le sort de la rencontre de la tête (1-0). Humberto Ramos prend à revers les défenseurs, centre au second poteau où se trouve Dario. D’une détente phénoménale, il domine son adversaire au marquage, propulse le ballon dans les filets et s’autoproclame colibri car « seules trois choses lévitent dans les airs : le colibri, l’hélicoptère et Dadá. »

Il ne joue aucun match lors de la Coupe du monde 1970 mais obtient quelques sélections par la suite.
Avec Telê après la victoire dans le Brasileirão 1971.

Au gré de pérégrinations à travers le Brésil, il se constitue un énorme palmarès : vainqueur de sept Championnats d’états différents, il conquiert un second Brasileirão avec l’Internacional en 1976 en étant encore une fois décisif[8]. Ces infidélités faites au Galo sont suivies de retours en fanfare au gré des blessures de son successeur, Reinaldo. Le stade Mineirão l’adule et lui ne cesse de clamer qu’il aime l’Atlético.

En toute logique, Dario se reconvertit dans le commentaire sportif, une évidence ! « Sans fausse modestie, en matière de football, je parle d’expérience, je suis un expert, titulaire d’un doctorat. En football, je suis le meilleur, je sais tout. Et je suis un supporter de l’Atlético. »  Le temps file, Dario vieillit… Et alors ? Si « Dadá n’est pas éternel, son histoire le sera. »

1- Reinaldo

1er juin 1980, au Maracanã. Flamengo a besoin d’une victoire, quel que soit le score, pour conquérir son premier championnat du Brésil[9]. A l’aller, l’Atlético Mineiro s’est imposé 1-0 sur un but de Reinaldo. Au retour, dès les premiers instants du match, Nunes a ouvert le score mais Reinaldo a égalisé dans la foulée. Zico a redonné l’avantage à Fla avant la mi-temps, 2-1, mettant le Mengão en position de rafler le titre. Puis intervient l’action de la 66e minute…

Bouillonnante jusqu’alors, vibrante au rythme d’une samba de carnaval, la torcida flamenguista se tait soudain. Lieu de culte où se sont agglutinés 154 mille adorateurs payants, bien plus avec les resquilleurs, le Maracanã vient de subir une profanation, une maraude impie de Reinaldo, un acte destiné à souiller la liturgie précédant le sacre tant attendu de Flamengo dans le Brasileirão. On pensait Reinaldo hors d’état de nuire, paralysé par une élongation après que les deux remplacements ont été effectués, il surgit du néant à la suite d’un centre d’Éder, une apparition jaculatoire dans le dos des défenseurs qui fait taire ceux qui raillaient et insultaient son handicap l’instant précédent. Rebelle et paranoïaque à la fois, il tient sa revanche et le fait savoir en boitillant en solitaire parmi les photographes, défiant la foule dans un silence sépulcral. Un sacrilège qui mérite punition.

Engagé dans une tâche sisyphéenne qu’il semble à même de surmonter, le trublion croise sur son chemin les maitres de cérémonie dont la longanimité est mise à mal. Le juge de ligne se charge d’abord de signaler sans vergogne un hors-jeu invraisemblable, privant Palhinha d’un face à face avec Raul Plassmann sur une offrande claudicante de Reinaldo. Ce dernier se plaît à retarder la remise en jeu, inconscient du danger. Une aubaine pour l’arbitre, hermétique aux subtilités du casuisme. Expéditif, il brandit bien haut un carton jaune, le second, et débarrasse le peuple flamenguista du principal fléau atleticano. Reinado se couche aux pieds de son censeur, les reporters se précipitent sur la pelouse et entourent le justicier comme s’ils excipaient de la blessure de Reinaldo pour obtenir une mesure de clémence. De bienveillance il n’y a pas, les forces de l’ordre interviennent, le condamné est évacué et le match dont on connaît désormais l’issue reprend. Nunes, l’homme sûr de Fla, trouve la faille et offre un premier Brasileirão aux siens. Dans les derniers instants, le Maracanã prend des allures de champ de bataille, l’Atlético termine la rencontre à huit et crie aujourd’hui encore à l’injustice.

Tout Reinaldo est résumé dans ce match : génie, indiscipline, malchance, blessure. Le roi du Mineirão – « Rei, Rei, Rei, o Reinaldo é nosso Rei ! »  – n’a ni le palmarès, ni la reconnaissance à laquelle il aurait pu prétendre sans un parcours cabossé par l’adversité.

José Reinaldo de Lima naît dans une famille de la classe moyenne de Ponte Nova, à une centaine de kilomètres au Sud de Belo Horizonte. Appelé pour un essai contre l’équipe de l’Atlético-MG vainqueur du Brasileirão 1971 alors qu’il n’a pas 15 ans, il marque un but sous le regard de Telê Santana, signe un premier contrat et noue une histoire avec le Galo qui ne s’achève qu’en 1985. Avec Reinaldo, tout semble précipité. Il débute en 1973 à 16 ans avec les A, à 18 ans avec la Seleção malgré l’habitus des anémiés, à l’opposé des silhouettes massives de ceux qu’il bouscule dans leurs statuts, Dadá Maravilha à l’Atlético ou Roberto Dinamite en équipe nationale. Si la fragilité physique de Reinaldo s’avère réelle – les lésions au genou et la première opération du ménisque surviennent très tôt – il révèle une force intérieure peu commune, celle des jusqu’au-boutistes.

Quand ses articulations et ses muscles consentent à l’épargner, fût-ce à coup d’injections et de radiothérapie, Reinaldo déploie sa technique, sa vitesse, son opportunisme, un assemblage ternaire constitutif d’un tout inarrêtable et beau à voir. Avec lui, le terne maillot noir et blanc du Galo prend des couleurs, comme si l’admirer favorisait l’apparition de phénomènes synesthésiques. En 1977, à 20 ans, avec une escorte talentueuse – le pieux João Leite, Toninho Cerezo, Paulo Isidoro… – il mène l’Atlético en finale du Brasileirão en s’amusant des défenses, 28 buts en 18 matchs. Les grossiums de la CBD le privent de ce qui aurait dû être une apothéose en prononçant une suspension le jour-même du sommet décisif, un anathème tardif sanctionnant une exclusion survenue des mois auparavant. Neutralisé par les pontes fédéraux alors qu’il tient la forme de sa vie, il assiste avec les 100 mille Atleticanos du Mineirão à l’échec des siens, sans boussole en son absence.

Pour Reinaldo, il s’agit des premiers signaux d’une persécution à laquelle il s’expose en défiant la dictature militaire. En célébrant ses buts à la manière des sprinters noirs américains à Mexico, il se range dans le camp de l’opposition, des opprimés, des minorités. Il évoque une solidarité avec le mouvement Black Panther mais ne dupe personne quant à ses motivations socialistes et révolutionnaires au regard de ses fréquentations. Pour le discréditer, on le dit gay, alcoolique, drogué.

Sélectionné pour la Coupe du monde 1978, il inscrit le but brésilien face à la Suède lors de la première rencontre de la Canarinha, lève le bras, serre le poing malgré les mises en garde personnelles du président de la République, le Général Geisel, avant le début de l’épreuve. Pour certains, cela le condamne au statut de remplaçant au profit du limité Roberto Dinamite. Dans les faits, son genou a doublé de volume. Dès la fin du tournoi, il se rend à New-York pour y subir une opération[10]. Il n’a que 21 ans et se trouve dès lors en situation de dépendance vis-à-vis d’une pharmacopée dont les vertus ne sont qu’analgésiques. Bien plus tard, il révèle que le plaisir s’est évanoui durant cette Coupe du monde en Argentine, « après ce fut une véritable souffrance. »

Brésil-Suède 1978.

Plus musculeux, soumis à des soins continus, il surmonte plus ou moins bien ses douleurs articulaires. Quand il y parvient, des forces hostiles se liguent pour contrecarrer ses aspirations, de l’arbitre José Roberto Wright lors d’un célèbre match de Copa Libertadores contre Flamengo, à Telê Santana qui le prive du Mundial 1982 en lui reprochant son entourage, une camarilla aux influences néfastes selon le sélectionneur brésilien.

Dans une longue interview accordée au Centre de Recherche et de Documentation sur l’histoire contemporaine du Brésil (en 2012), Reinaldo retrace l’ensemble de sa carrière. Souvent malicieux, parfois détaché, il ne peut masquer son trouble à l’évocation du 1er juin 1980 au Maracanã face à Flamengo. « Quand je me suis blessé, la foule a commencé à crier « bichado, bichado », comme s’il s’agissait d’un but. Quand une foule te cible comme ça, normalement, tu dois te cacher sous l’herbe, courir vers le tunnel du vestiaire. C’est un désastre, tu es meurtri. La foule est violente, c’est pire que la fosse aux lions. Je suis resté pour faire le nombre parce qu’on ne pouvait plus me remplacer. J’étais sur un côté et quand la balle me parvenait, Júnior me la subtilisait avec facilité. Et puis sur un ballon, je me suis dit ‘donne tout mec’, j’ai marqué et j’ai entendu le silence descendre du Maracanã (…). Wow, c’était une sensation merveilleuse, un sentiment qui n’existe pas. Dompter la foule… ». A ce moment de l’entretien, son regard se fige. Le journaliste et le cadreur n’existent plus, il se parle à lui-même et revit l’instant. Cet effort prométhéen et pourtant vain constitue l’une des plus émouvantes pages de l’histoire du Galo et de son roi sans couronne.

Avec Ubaldo.
Souvenirs du Maracanã…

[1] Larry Holmes est champion du monde des poids lourds de 1978 à 1985.

[2] On boxing (De la boxe en VF), 1987.

[3] No Tempo do Independência – Ubaldo Miranda, no futebol mineiro nos anos 1950, na trajetória de um grande ídolo, Airton Guimarães.

[4] Analyse du livre Sarriá 82 : o que faltou ao Futebol arte de Gustavo Roman et Roberto Zanata dans la Revista Brasileira de Futsal e Futebol de septembre 2020.

[5] Il joue une saison à Cruzeiro, ce qui lui vaut le désamour momentané de la torcida de l’Atlético-MG.

[6] Humilié par un commando révolutionnaire ayant enlevé l’ambassadeur des Etats-Unis en septembre 1969, le pouvoir a dû libérer des prisonniers politiques pour que le diplomate américain recouvre la liberté. Cela conduit à un raidissement de la sécurité intérieure.

[7] Dans un entretien, le général Emílio Garrastazu Médici indique qu’il aimerait voir Dario marquer des buts en équipe nationale. De là vient la légende selon laquelle Saldanha aurait été viré pour ne pas avoir sélectionné Dario.

[8] Selon d’officieux décomptes, avec 926 buts, il serait le quatrième buteur de l’histoire brésilienne derrière Friedenreich, Pelé et Romário

[9] En cas de stricte égalité en finale, le titre va à l’équipe ayant eu le meilleur résultat lors des demi-finales. Opposé à l’Internacional, l’Atlético a fait match nul à l’aller et gagné au retour. Flamengo a vaincu à deux reprises l’équipe surprise de Coritiba. Avec deux victoires contre une victoire et un nul, Flamengo bénéficie de cet avantage en cas d’égalité.

[10] Avant son retour d’Argentine, des opposants en exil lui auraient demandé de remettre une missive secrète à son ami le chanteur Gonzaguinha, un opposant à la dictature brésilienne.

45 réflexions sur « Top 10 – Atlético Mineiro (2e partie) »

  1. « Dario José dos Santos, dit Dadá Maravilha. En lisant ce nom, certains se frottent les mains, désireux de lire une histoire dont l’onanisme serait le thème central. »

    Cette prescience, lol..

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  2. « Je frappe si mal que le jour où je marquerai un but de l’extérieur de la surface, le gardien de but devra être banni du football. » Si seulement il avait réussi le coup face à Waldir Peres avant 1982…

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      1. Il est fondamental en 1977 dans l’obtention du Brasileirão, encore bon en 1981 (finaliste) et pas mauvais dans les matchs préparatoires. Mais il est vrai qu’en 1982, quelle fébrilité !

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  3. Faut rappeler que lors du combat Holmes-Gerry Conney, Reegan avait fait installer un téléphone dans le vestiaire de Conney, pour le féliciter en cas de victoire, mais pas dans celui du champion Holmes. Le great White hope n’avait pas tenu face au tueur qu’était Holmes. Trop mésestimé.

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    1. Il avait également sorti, après sa défaite controversée aux points face à Spinks, alors qu’il se rapprochait du record de victoires de Marciano, que les juges pouvaient l’embrasser là où le soleil ne brille jamais, sur son gros cul de noir. Il s’est toujours senti méprisé et il avait en grande partie raison.

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      1. J’ai de l’estime pour Holmes et son intelligence mais il est mal placé dans l’histoire des poids lourds, coincé entre la fin de l’ère Ali et celle de Tyson. Et comme il n’était pas spectaculaire, sa carrière sera toujours sous estimée.

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      2. Alors oui, il est très mal placé dans l’histoire, coincé entre deux phénomènes médiatiques, mais je trouve qu’il boxait excellemment bien. Son jab était une tuerie, il avait un bonne patate et un bon jeu de jambes pour son gabarit. Il avait un menton, faut voir comment il se relève après la patate de l’espace que lui envoie Ernie Shivers. Franchement, un des 10 plus grands lourds de l’histoire mais il pâtit d’une concurrence plus faible. Pas des tocards quand on les connaît un peu mais rien d’équivalent aux adversaires d’Ali.

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      3. Shavers ! Pour voir du spectacle, le boxeur idéal. Me souviens plus contre qui c’était mais il y a un combat où il est à l’agonie, dans les cordes, on pense que l’arbitre va l’arrêter et il renverse la situation de manière incroyable, un truc à la Rocky eh eh

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      4. Ah si tu retrouves le nom. Shavers a une belle victoire face à Ken Norton. Jimmy Ellis mais suis pas certain que ce soit ton combat.

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    1. Je ne suis pas suffisamment au fait de l’histoire brésilienne mais il succède à Getúlio Vargas après son suicide. Il instaure une véritable démocratie, rompt avec la tutelle US sans aller trop loin dans l’antiaméricanisme, ce que ne saura pas forcément gérer Jango Goulart et qui conduira au coup d’état de 1964.

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    2. C’est l’homme du slogan “Cinquante ans de progrès en cinq ans”. De ce que j’en sais, il a effectivement posé les bases du miracle économique brésilien de la fin des années 60 qu’il n’est pas resté en vie assez longtemps pour voir.

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      1. Yep. D’ailleurs si Cebo est déjà passé à Brasilia, j’aimerais bien savoir ce qu’il en pense…

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      2. J’y suis passé brièvement pour le boulot il y a une 20aine d’années. J’avais fantasmé la ville avec Bebel et L’homme de Rio. J’avais été frappé par l’espace mais aussi le manque d’entretien de bâtiments qui m’avait parus encore étonnamment modernes. Je crois que depuis Brasilia a été rénovée.

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      3. Donc pour ton boulot, tu pars au Brésil. Le mystère s’épaissit. J’abandonne l’idée de trouver ce que tu fais dans la vie…

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      4. Brasilia, c’est la rencontre entre le vide et le moche. Et c’est pas les quelques bâtiments originaux emblématiques qui sauvent l’ensemble, d’autant que comme le disait Verano82, l’entretien laisse à désirer. L’apogée de l’urbanisme immonde promu par Le Corbusier.

        En plus on m’y a interdit de m’assoir sur le fauteuil de Romário au Sénat.

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    1. Je suis jamais vraiment monté dans le train de
      la ronaldinhomania. J’ai bien sur apprécié sa période catalane et oui, son jeu pouvait être flamboyant mais mais il m’a manqué un truc pour être véritablement conquis. Je ne saurais l’expliquer.

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      1. un peu pareil, j’ai jamais vraiment accroché à Ronnie. Mais ça reste largement mieux et beaucoup plus important dans le foot brésilien qu’un Neymar ou un Kaka franchement.

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      2. Ronaldinho chez tous les moins de 35 ans c’est le joueur ultime, celui qui symbolise le vrai talent.
        Aujourd’hui ce sont ces trentenaires qui vont dire aux petits jeunes que Ronnie a un Mbappé ou un Vini dans chaque orteil.
        Je pense que dans 40 ans, il sera top 1 dans les tops des clubs où il est passé, car il a ce truc de « légende en puissance ».
        Pour ceux qui sont un peu plus vieux le rapport au joueur est différent, nous avons nos propres idoles d’enfance.

        Mais il faut avouer que Ronaldinho c’est un des derniers top joueur (il a même eu un BO) a vraiment s’amuser sur un terrain, a essayer d’inventer des gestes et jouer pour le spectacle avant le résultat. Ce côté « dernier des mohicans » accentue son image positive. Si l’on regarde plus froidement, il était irrégulier, parfois nonchalant, dans ses mauvaises périodes il avait beaucoup de gestes inutiles, et finalement il n’aura eu que 2 ou 3 saisons de très haut niveau. Mais cela ne l’empêchera pas de rester dans la postérité comme un des meilleurs joueurs de l’histoire les 50 prochaines années, et plus les années passeront, plus cela sera le cas (car les vieux ne seront plus là pour contredire).

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      3. Les joueurs que j’ai le plus appréciés dans mon enfance, en gros des Hoddle-Stojkovic-Butragueno, ne sont pour autant de ceux qu’à juger des archives j’apprécie le plus ; on n’est pas toujours assujettis aux figures de notre jeunesse, voyons.

        Rayon gardiens belges par exemple, je devrais être tout fada d’un Pfaff, c’est ma génération..mais de 1) la Pfaffmania m’a toujours saoulé, même gamin.. de 2) son style équilibré (ni aérien ni terrien) ne m’a jamais totalement conquis, goûts et couleurs.. de 2) on avait connu beaucoup plus fort (ça, je l’ai compris ensuite)..et on a connu plus fort ensuite. Et mon enfance n’a aucune difficulté à se soumettre à cela.

        Ronaldinho, c’est indicible mais y a un côté « Disneyland » qui me gavait et qui me gave encore chez lui. Je trouve que son jeu manque de chien.

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      4. @rui, j’aimais Ronnie pour sa désinvolture, son sourire presque permanent et sa légèreté, un côté anachronique pour l’époque. Je l’ai choisi pour ça car objectivement, il n’a rien à faire dans ce Top 10 au regard de son passage fugace sous le maillot du CAM.

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    2. J’ai longtemps hésité… je l’ai intégré dans le Top car son impact sur la torcida est énorme. Le CAM était associé à la lose et sa venue change l’image du club. Il fait une bonne première année et une seconde « foutage de gueule ».

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      1. il m’est arrivé pareil avec Albrecht, j’ai du l’écarté sur le top San Lorenzo, m’en suis toujours pas remis hehe..

        oui Luizinho est là en 82, mais il disparait de la sélection peu après, et il ne reviendra plus. pourtant il était encore jeune et continuera à être un leader à Mineiro. Concurrence trop rude ? Choix tactique ? Entre 82 et 86 la défense avait été intégralement changé, et seul Junior ( mais positionné plus haut) restait. Exit les Leandro, Luizinho, Oscar… D’ailleurs ça recoupe un peu ce qui tu as plus ou moins dit sur Santana, des choix pas toujours judicieux et par moment peu compréhensible.

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  4. J’étais passé à côté de cette fugace renaissance de Ronaldinho, rien que pour ça et à titre personnel tu as bien fait de citer son nom.

    Comme Khiadia et Ajde plus haut : joueur qui ne m’a pas particulièrement impacté. Peut-être parce qu’on en a trop fait.

    Il y a 40 ans, même avec le recul : j’aurais eu l’embarras du choix rayon Brésiliens qui m’auront marqué.

    Les 40 dernières années, par contre?? Romario oui, Neymar quand il était encore un footballeur.. A contrario jamais accroché au « vrai » Ronaldo comme il est coutume de dire, me laisse froid.

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    1. Pourtant Ronaldo a été le joueur ultime de 95 à 98, peut-être le meilleur offensif de toute l’histoire en valeur absolu. Pas sur que Messi, C. Ronaldo ou Mbappé à leur apogée soit meilleur. Le gars avait 20 ans d’avance et marchait sur n’importe quelle défense. Rapide, puissant, doué techniquement il avait tout.
      Après ce sont les mêmes mécanismes que pour Ronaldinho ou que moi je dois avoir pour Mbappé, quand on vieillit on aime pas les idoles des jeunes.
      On peut ne pas aimer son style terminator également, trop fort, trop au-dessus.
      Mais sa coupe du monde 2002 montre à quel point il était différent, le gars avait presque mon cul et mes genoux et il gagne une coupe du monde presque à lui tout seul, il marque tous les buts des deux derniers matchs, finit meilleur buteur.

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      1. Voir plus haut : rien à voir avec un fonctionnement générationnel, c’est juste que j’aime pas. Franchement, entre lui et Romario..

        Je n’appréciais déjà tout à fait Ronaldo au PSV, quand il est encore bio……………mais alors la version cyborg ensuite : sans façon.

        2002, s’il y a un match dont je me rappelle bien c’est contre les Belges. Et il y est fort bien géré par des sans-grades, limités mais dotés de coeur et admirablement organisés.

        Je ne suis pas loin de le voir comme Cruyff : chacun une tête de gondole du merchandising de son époque, une claque visuelle qui tenait surtout à la puissance dégagée (mais dont l’on sait d’où elle procède), je comprends que ça puisse marquer quand, âge oblige, on a moins voire peu de recul pour situer et jauger des joueurs. La vitesse, les grigris et la puissance, c’est les premiers trucs qui sautent aux yeux, c’est comme la techno-boum-boum ; le goût plus subtil du jazz ou du bues vient plus tard.

        Ca a l’air horriblement condescendant, hein 😉 Je me l’applique à moi-même, ceci dit! Gamin j’étais impressionné par un Koeman, c’est un joueur dont la force est immédiate avec ses grosses frappes et son tempérament de mâle vicelard et alpha, combien de matchs du PSV puis du Barca n’ai-je regardé rien que pour lui..

        A la revoyure par contre, au calme et avec 20, 30 ans de recul, bof..

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      2. Je suis d’accord sur la différence entre ce qu’on aime chez un joueur à 15 et 45 ans. Justement Ronaldo c’est a posteriori qu’il m’impressionne. Il est probablement chargé, comme plein d’autres avant lui, mais cela ne l’empêche d’être bien plus qu’un robot. La comparaison avec Cruyff n’est pas du tout mérité je trouve, il n’a pas les mêmes contacts ni la même influence. On est même loin d’une Cristiano. C’était surtout un réel talent, et je persiste sur le fait qu’il est pour moi au-dessus de Romario en talent « absolu » et de n’importe quel autre attaquant avant et après.
        Tu parles de 2002 quand physiquement il est devenu très moyen, il n’a plus de vitesse, plus de puissance mais il marque contre la Belgique (pas si maitrisé du coup) en huitième, le but qui soulage son équipe et l’a fait gagner. En demi et finale il met tous les buts.
        Je pense que son passage aux PB a un peu faussé l’image que tu te fais de lui mais ce gars était déjà bon avant le PSV, quand ses genoux ont craqué il s’est réinventé à été meilleur joueur d’un WC, portant un Brésil poussif à la victoire. Pas sur que Mbappé fasse la même sans sa vitesse.
        Ce pauvre gars il a surtout eu une carrière gâchée par les médecins, je pense qu’avec une médecine plus douce comme les joueurs actuels il aurait été le meilleur joueur de l’histoire en terme de palmarès. De 1994 à 2002, à chaque fois le Brésil va en finale des compétitions qu’il joue. Son déclin correspond au déclin du Brésil.

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  5. Quelques images de Reinaldo.
    https://youtu.be/H_3GN4v35n8?si=H4LQ2Ol_CDkDI3Gd

    Je trouve que c’est l’archétype de l’avant-centre complet. Dribbleur, coureur, finisseur. Aux antipodes de Dada, Roberto Dinamite ou Serginho et techniquement meilleur que Careca. Pour ses contemporains, dont Zico, le plus doué après Pelé. Je l’aime d’autant plus qu’il n’a pas eu le parcours que son talent méritait.
    Après carrière compliquée, dépendance à la cocaïne durant des années…

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  6. Vanderlai Paiva, qui (avec 559 apparitions) fut l’un des piliers de l’Atletico.

    Jairo de Assis, qui commença par étudier la médecine (comme Socrates) et finit attaquant prolifique entre 1927 et 1933. Il forma avec Said Paulo Arges et Mario de Castro (cité dans la première partie) la fameuse ligne d’attaquants dite « Trio Maldito’. À eux trois, ils ont inscrit plus de 450 buts pour le club.

    -Guilherme, Nelinho et Mazurkiewicz méritent aussi une mention.

    Jamais aimé le Toninho Cerezo avec sa tendance récurrente à se louper lors des grands matches.

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    1. Nelinho est trop associé au Cruzeiro pour figurer ici même s’il a réussi le tour de force d’être aimé dans les deux clubs.
      Mazurkiewicz arrive à Belo Horizonte après le titre de 1971 et est souvent blessé malheureusement.

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  7. On a oublié Bernard, l’ex futur grand espoir du football brésilien.

    Il est revenu récemment au pays dans son club de coeur après avoir bourlingué un peu partout en Europe ([Everton], [Shakhtar Donetsk], [Panathinaikos], etc.).

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