Une proposition de top 50 des meilleurs joueurs portugais de l'histoire par deux de nos rédacteurs. Partie 3/10
Nesta terceira parte, três águias lendárias e dois viajantes, do Porto a Sevilha, passando por Mónaco, Lisboa, Wolverhampton e Braga.
Dans cette troisième partie, trois aigles de légendes et deux voyageurs, de Porto à Séville, en passant par Monaco, Lisbonne, Wolverhampton et Braga.

Né à Corroios, sur la rive sud du Tage face à Lisbonne, António Simões débute au sein du club d’Almada. Très vite, son talent saute aux yeux. Sa qualité de passe, sa capacité à utiliser aussi bien le pied droit que le gauche et son intelligence technique en font un jeune joueur à part. Alors qu’ils étaient venus observer des joueurs de l’équipe adverse, les recruteurs du Benfica tombent sous le charme du jeune ailier. À seulement 16 ans, il rejoint le Benfica, le club de cœur de toute sa famille.
Le prodige brûle rapidement les étapes. Surclassé chez les juniors, il débute avec l’équipe première dès ses 18 ans, l’âge minimum autorisé au Portugal pour évoluer au plus haut niveau. S’il ne participe pas encore à la campagne victorieuse de Benfica en Coupe des clubs champions en 1960-1961, il devient dès la saison suivante un titulaire indiscutable. Comme un autre jeune talent arrivé du Mozambique avec lequel il partagera quatorze saisons : Eusébio. Déjà considéré comme le joyau des Aigles, la Panthère noire partage dès son arrivée en métropole sa chambre à l’académie avec Simões.
Entre les deux hommes, les liens sont profonds, sur le terrain comme en dehors. Eusébio surnomme António Simões son « frère blanc ». Ambidextre, élégant et doté d’une qualité de centre exceptionnelle, Simões devient l’un des principaux fournisseurs de ballons de la star des aigles. Avec Torres en pointe, Eusébio en électron libre derrière lui, José Augusto sur le côté droit et Simões à gauche, Benfica possède l’une des animations offensives les plus brillantes de son époque. Cette génération atteint encore trois finales de Coupe d’Europe des clubs champions. Toutes se soldent par des défaites, nourrissant un peu plus la légende de la malédiction de Béla Guttmann.
À seulement 22 ans, Simões dispute également la seule compétition internationale jouée par cette génération exceptionnelle du football portugais : la Coupe du monde 1966. Avant le tournoi, les numéros sont attribués par tirage au sort au sein de la délégation portugaise. Simões hérite du numéro 13, Eusébio du 11. L’ailier demande alors à son ami d’échanger les maillots, lui lançant : « Le 13 porte chance, avec ce numéro tu finiras meilleur buteur de la compétition. » Eusébio accepte. La prophétie se réalisera.
Après deux succès convaincants contre la Hongrie et la Bulgarie, le Portugal affronte le Brésil, double champion du monde en titre. Si l’histoire a surtout retenu les coups reçus par Pelé sous le regard permissif de l’arbitre anglais, elle oublie parfois que les Portugais dominent véritablement la rencontre. Et c’est Simões qui ouvre le score. Après une percée de l’ailier gauche, Eusébio récupère le ballon et frappe dans un angle fermé. Manga repousse la tentative, mais Simões surgit et place une tête plongeante qui lobe le grand gardien de Botafogo.

Ce match illustre parfaitement la complicité entre les deux hommes. Pendant toute la rencontre, Eusébio multiplie les déplacements vers le côté de Simões pour combiner avec lui. Les deux Portugais martyrisent notamment Fidelis sur le flanc droit brésilien, d’où naîtront les deux premiers buts lusitaniens, avant de permuter ensuite vers le flan droit portugais pour le troisième. Le Portugal terminera finalement troisième de cette Coupe du monde, réalisant la plus grande performance de son histoire jusqu’alors.
Après la révolution des Œillets, Simões tourne une page. Il quitte Benfica après plus d’une décennie passée au sommet pour rejoindre les États-Unis et les Boston Minutemen. Malgré un bref retour au Portugal sous les couleurs d’Estoril, il reste seize ans outre-Atlantique, évoluant en NASL puis en indoor soccer avant de devenir entraîneur.
Aujourd’hui encore, António Simões demeure le plus jeune joueur à avoir disputé et remporté une finale de Coupe d’Europe des clubs champions. Surtout, il apparaît comme le précurseur d’un style devenu une marque de fabrique du football portugais : celui de l’ailier dribbleur, ambidextre, créatif et capable de faire basculer un match par la qualité de ses centres et de ses inspirations.

Jeudi dernier, Braga disputait une demi-finale de Ligue Europa. Et si l’expulsion de Dorgeles a fini par plomber les ambitions du Sporting, les Bracarenses sont tout de même passés tout près d’un retour au score. Chez les rouges, leur capitaine a laissé passer l’occasion de disputer une troisième finale européenne de C3 avec un troisième club portugais différent — vingt-et-un ans après la première. João Moutinho est probablement l’un des joueurs les plus sous-estimés de ce classement. Pourtant, lorsqu’on s’attarde sur ses chiffres, ils donnent le vertige. Avec 146 sélections sous le maillot portugais, seul l’ovni Cristiano Ronaldo fait mieux. Dans une sélection aussi compétitive, un tel total constitue déjà une preuve de longévité et de qualité exceptionnelle. Au total le milieu portugais a disputé à ce jour 1 141 matchs professionnels : seulement 14 de moins que Gianluigi Buffon — alors que sa saison n’est pas encore terminée — et 26 de plus que Javier Zanetti. Le pedigree de Moutinho, au Portugal comme sur la scène mondiale, est tout simplement immense.
Mais au-delà des statistiques, João Moutinho incarne surtout mieux que quiconque la définition même du métronome au milieu de terrain. Intelligent, infatigable, toujours juste techniquement, il dicte le tempo avec une simplicité déconcertante. À seulement 16 ans, il remporte l’Euro U17 organisé au Portugal. Remplaçant dans cette génération prometteuse, il participe néanmoins au sacre d’une équipe menée par son partenaire du Sporting Miguel Veloso. Après avoir éliminé l’Angleterre de James Milner, les Portugais battent en finale l’Espagne de David Silva. Dix-huit mois plus tard, José Peseiro le lance dans le grand bain au Sporting.
Moutinho remplace alors un ancien grand espoir des lions Hugo Viana qui ne remettra jamais de son départ raté à Newcastle, pour s’imposer progressivement au cœur du jeu lisboète. À tel point que lorsqu’en 2005 le Sporting dispute la finale de la Coupe UEFA dans son propre stade d’Alvalade, c’est lui qui tient les clés du milieu de terrain. Mais les Lions se font surprendre par le CSKA Moscou et ses Brésiliens. Malgré cette désillusion, Moutinho devient capitaine du Sporting avant même ses 20 ans. Mais les frustrations s’accumulent. Saison après saison, le Sporting échoue derrière le FC Porto. Entre 2005 et 2009, les Lions terminent quatre fois dauphins des Dragons, malgré une campagne 2005-2006 conclue à un seul point du rival nordiste. Lassé de voir le titre lui échapper, Moutinho finit par franchir le Rubicon et rejoint Porto à l’été 2010 pour retrouver André Villas-Boas.
Si son départ du Sporting est vécu comme une trahison par de nombreux supporters lisboètes, Moutinho va enfin étoffer son palmarès. Son arrivée coïncide avec l’une des plus grandes saisons de l’histoire du club. Porto termine le championnat invaincu, remportant 27 de ses 30 matchs. Sur la scène européenne, les Dragons réalisent également une campagne de Ligue Europa exceptionnelle : élimination du Séville spécialiste de la compétition, victoire contre le CSKA Moscou, démonstrations offensives face au Spartak Moscou (10 buts sur les deux matchs) puis contre Villarreal (7 buts), avant de battre Braga dans une finale aux allures de derby. En trois saisons il remporte deux autres titres de champion et une Coupe du Portugal sous le maillot bleu et blanc.
Pendant ce temps, il s’est imposé comme un cadre incontournable de la sélection nationale. Présent à l’Euro 2008 mais absent de la Coupe du monde 2010, il devient ensuite un pilier de toutes les campagnes portugaises entre l’Euro 2012 et l’Euro 2020. Le sommet arrive évidemment en 2016, lorsque le Portugal remporte enfin un titre international. Dans le système pragmatique de Fernando Santos, Moutinho est l’un des rouages essentiels de l’équilibre portugais. Après Porto, il rejoint Monaco aux côtés de plusieurs anciens coéquipiers comme James Rodríguez ou Radamel Falcao. Sur le Rocher, il participe à la formidable saison 2016-2017 conclue par un titre de champion de France et une demi-finale de Ligue des champions. En cinq saisons avec l’ASM, il dispute près de 300 matchs.
Il rejoint ensuite la colonie portugaise de Wolverhampton, où il enchaîne également cinq saisons pleines en Premier League. À 36 ans, alors que beaucoup l’imaginent partir en Arabie saoudite, les rumeurs évoquent un retour au FC Porto. Mais Sérgio Conceição ne se montre pas enthousiaste à cette idée. Finalement, Moutinho choisit Braga, où il continue encore aujourd’hui à diriger le jeu avec la même maîtrise. Comme un métronome inusable : jamais dépassé, toujours précis.

Toni était le géomètre du jeu de Benfica dans les années 1970. Imposant physiquement, alliant maîtrise technique et vision du jeu, il est de ces formations qui, si elles ne sont plus véritablement des cadors européens, ont suffisamment de marge pour écraser la concurrence au niveau national. Gamin du village de Mogofores, dans le district d’Aveiro, Toni est fan du Belenenses de Matateu, héritage d’un paternel travaillant dans l’imprimerie, avant de taper dans l’œil du technicien Mário Wilson qui le recrute au sein l’Académica de Coimbra, à l’âge de 18 ans. Accompagnant l’âge d’or du club, où il côtoie un certain Artur Jorge, il s’offre une place de dauphin en Championnat et Coupe en 1967, tout en étudiant le droit sur les bancs de la prestigieuse université de la ville. En 1968, c’est le grand saut, il est transféré chez le récent finaliste de la Coupe des Clubs Champions Benfica, contre la somme de 1 305 000 escudos : « À l’époque, 1 300 contos, c’était une somme importante mais pas astronomique. Pour vous donner une idée, une Austin coûtait 50 contos, un appartement 400 contos. Mais il y a un détail important à retenir. Le docteur João Rodrigues avait deux passions : Académica et Benfica. Grâce à ses relations, c’est lui qui a organisé mon transfert à Lisbonne. Et puis il y avait Otto Glória, alors entraîneur de Benfica. Il me qualifiait de force de la nature. »
Homme intelligent, Toni boit les conseils des monstres sacrés dont il partage désormais le quotidien et débute lors d’une longue tournée de l’autre côté de l’Atlantique où il troue les filets de Gilmar et d’Amadeo Carizzo, chose qu’il fera rarement par la suite, avant de constater que l’icône Eusébio se fait drainer du liquide dans le genou afin d’obtenir les primes promises à New York. Toni comprend immédiatement ce que le club attend de lui. Assurer l’équilibre au milieu, colmater les brèches laissées par Graça, Coluna ou Simões, devenir le pendant naturel du jeune défenseur Humberto Coelho à qui l’on promet un grand destin. Toni remporte huit fois le championnat lors des ses 13 saisons avec les Águias, découvrant la neige pour la première fois à Amsterdam, lors de confrontations restées célèbres en 1969, face à l’Ajax de Cruyff, servant de point d’ancrage avec la génération qui prend peu à peu le pouvoir, celle de Néné, Shéu, Manuel Bento ou Fernando Chalana. Sous la direction de l’anglais Jimmy Hagan, Toni ne concède qu’une unique défaite en 60 rencontres de championnat, entre 1971 et 1973.
Unanimement salué pour sa fiabilité sans faille et son bon sens paysan, Toni savait se montrer impitoyable avec l’adversaire, sans jamais dépasser les limites. Jouant de son aura pour défendre un arbitre malmené par la foule, réussissant à se faire respecter de ses plus féroces rivaux. Sa carrière de neuf ans avec la Seleçao épouse la courbe descendante de son pays, d’où ne subsiste que la place de finaliste de la Coupe de l’indépendance au Brésil en 1972. Une compétition où il dépanna au poste d’arrière-gauche pour l’occasion. Capitaine et porte-parole du vestiaire, Toni tente comme il peut de reconnecter à la vie le fantasque et auto-destructeur Vítor Baptista et bénéficie d’un statut d’intouchable auprès de sa direction. Gare à ceux qui n’en font pas cas : « Je n’étais pas le seul à me faire suspendre. Deux autres joueurs étaient impliqués : Coelho et Nelinho. La veille, à l’entraînement, Jimmy Hagan nous a demandé de sauter par-dessus les panneaux publicitaires. L’effectif de Benfica comptait 30 joueurs, et nous étions tous les trois en queue de peloton. Comme nous étions en file indienne et que nous ne voulions pas nous marcher dessus, Jimmy Hagan s’est énervé et a prétendu que nous n’avions pas fait l’exercice correctement. Par conséquent, il a décidé de ne pas nous convoquer pour le match d’adieu d’Eusébio, dont les billets étaient vendus par les joueurs de Benfica eux-mêmes dans le centre de Lisbonne et ailleurs. Malgré l’intervention du président, Borges Coutinho, nous ne sommes finalement entrés en jeu qu’en seconde période. Le lendemain, Jimmy Hagan démissionnait… » Raccrochant les crampons en 1981, Toni, poutre soutenant l’édifice d’o Glorioso et futur technicien reconnu, conduira son club de cœur en finale de la Coupe des Clubs Champions 1988.

Un des grands artistes du football portugais et certainement le plus beau joyau de la renaissance du FC Porto, à la fin des années 1970. Féru de peinture et fils de musicien, Oliveira aimait laisser libre cours à son imagination, un génie qui, de l’avis de ces contemporains, aurait pu aller encore plus haut sans un caractère difficile. Né en 1952 à Penafiel, il s’entraîne avec l’équipe senior de son coin, dès ses 13 ans, avant de se présenter à une détection du FC Porto, deux ans plus, sans le consentement de ses parents : « Je me suis donné le nom d’Oliveira, car personne ne m’appelait ainsi. Je suis allé à un entraînement en secret et j’ai été sélectionné pour l’équipe de jeunes du FC Porto. » Au départ positionné arrière gauche, le patriarche José Maria Pedroto, le fait monter d’un cran, la machine à frisson est lancée… Créatif, habile devant le but, capable de crochets déroutants, Oliveira fait ses débuts en 1971, partage le vestiaires avec Teófilo Cubillas et Fernando Gomes, avec qui il forme les tridentes ofensivos et met fin à une disette de 19 ans sans sacre national pour Porto en 1978. Un titre conservé la saison suivante, Oliveira est unanimement élu meilleur joueur du pays, la première de ses récompenses individuelles.
L’été 1979, Porto est en difficultés financières et accepte le transfert de son milieu offensif, courtisé par les géants de Madrid, la NASL ou le Vasco, vers le modeste Betis pour une somme record. La greffe ne prendra pas… Accueilli avec un grand enthousiasme dans la Capitale andalouse, Oliveira déprime néanmoins, ne disputant que 10 rencontres avec les Verdiblancos. Un flop retentissant qu’Oliveira expliquera par une saudade de compétition : « Ma vision du monde est clairement étriquée, provinciale. C’est la conclusion à laquelle je suis parvenu après avoir vécu six mois de solitude spirituelle. Porto me manquait énormément, évidemment. J’y allais régulièrement prendre un café, dîner, puis je rentrais à Séville tôt le matin pour l’entraînement. » Prêt à tout pour revenir au bercail et las des atermoiments de Porto, Oliveira propose au Betis de régler lui-même son retour à Das Antas. Mauvaise pioche, il est de la fronde contre le président Américo de Sá à l’été 1980. Pinto da Costa est viré, Pedroto démissionne en soutien, Oliveira promet de ne jamais rejouer sous les ordres de Sá. Le fameux Verão quente.
Un temps entraîneur-joueur de Penafiel, Oliveira succombe aux charmes du Sporting en 1981 et retrouve sa joie de vivre, aux côtés des Manuel Fernandes et Jordão. Os Leões s’offrent un doublé en 1982, Oliveira est couronné meilleur joueur du pays pour la troisième fois, laissant à la postérité une citation de son cru, pour chaque lion qui tombe, un autre se relève… A nouveau entraîneur-joueur au Sporting, sa relation tendue avec l’icône Manuel Fernandes l’isole du groupe et il rate le train vers l’Euro 1984 qui permet à la Seleçao de retrouver la lumière. Viré de Lisbonne et plus en étant de combattre, il gratte quelques minutes sous la tunique du Maritimo, avant de se retirer en 1986. En résumé, incontestablement le plus grand talent de son temps, avec Chalana, mais une fâcheuse aptitude à se mettre les puissants à dos, voire à être dilletant et à ne pas suffisamment mouiller le maillot, ce qu’il admettra par la suite à demi-mots : « Ce qu’on disait, c’est que je ne jouais bien que quand ça me chantait. Si je voyais que j’avais l’avantage sur les autres joueurs, je relâchais la pression, je me reposais et je prenais mon temps. Mais si je sentais une menace ou un danger, là par contre, je réagissais immédiatement. »

« Le joueur portugais le plus populaire du moment et celui qui incarne le mieux les vertus d’un véritable athlète du Benfica. » Le nom de Francisco Ferreira, celebré par les chroniqueurs de l’époque, est indissociable du drame de Superga en 1949. Il s’en est néanmoins fallu de quelques escudos de plus pour qu’il devienne un des phares de la Perle du Nord… Né à Guimarães en 1919, Xisco s’installe à Porto à l’âge de 11 ans, son père ayant trouvé un emploi de gardien au Campo da Constituição, le stade du FC Porto. Joueur de quartier, József Szabo, alors entraîneur des Dragões, assiste incognito à une de ses rencontres et tombe sous le charme du gaucher. Ce que le coach hongrois à succès décèle immédiatement, c’est la discipline de fer de Ferreira, sa capacité à couvrir les brèches et son tempérament de battant. Recruté illico, Xisco gravit peu à peu les échelons, bien que barré par des internationaux à son poste, et remporte la Coupe en 1937, face au Sporting, à tout juste 17 ans. Conscient de sa valeur, le jeune impétueux sollicite une petite rallonge auprès de ses dirigeants qui lui refusent sèchement. C’est le divorce, Ferreira rejoint le Tage et Benfica.
Pendant 14 ans, Ferreira sert de point d’appui aux Águias, initiant les folles chevauchées des Espírito Santo, Julinho ou autre Arsénio, utilisant son physique avantageux afin de calmer les ardeurs adverses, sans jamais se départir d’une attitude chevaleresque. Devenu capitaine légitime, aussi bien en club qu’en sélection, sa combativité et son exemplarité en font le chouchou de la foule autant que celui des officiels, comme lorsqu’il reçoit en personne les félicitations du président, Óscar Carmona, à la suite du sublime prestation face à l’Espagne en 1945. Malmenés par la fantaisie des Cinco Violinos du Sporting, Ferreira et le Benfica s’octroient quatre championnats de haute lutte dans la décennie 1940 et cette Coupe Latine 1950 épique, aux dépens des Girondins de Bordeaux. Édition que Xisco voit des tribunes, ayant refusé de prendre la place d’un camarade alors qu’il revenait à peine de blessure. Le collectif, avant tout…
C’est assurément cet attachement désintéressé à ses couleurs et son attitude irréprochable sur une pelouse qui ont le plus marqué ses contemporains. Surgissent alors les souvenirs de son intervention pour calmer les esprits lors d’une rencontre houleuse face à Porto, où d’une main et d’une voix fermes, il mit fin au pugilat ou celui de son don de 50 contos pour les familles des défunts du grand Torino, dévasté qu’il était de voir le match programmé en son honneur se transformer en tragédie humaine… Inamovible au sein de la Seleçao, dans une période avare en confrontations internationales, la rumeur dit qu’il aurait du rejoindre Turin sans l’accident fatal. On ne saura jamais si ce pionner frustré aurait triomphé dans la jungle de la Serie A. Ce qui est certain, c’est que Francisco Ferreira a laissé une trace indélébile du côté de Benfica. Un de ses grands capitaines que le journal du club décrivit ainsi en 1942 : « C’est un joueur fait pour Benfica, car il possède toutes les qualités requises pour porter le maillot rouge : une énergie inépuisable, une volonté de fer, un dévouement sans faille et une générosité sans bornes. »
Em colaboração com meu amigo Rui Costa !
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Si en matant les rencontres du Mondial 66, j’avais été un peu déçu par José Augusto, dont j’ai trouvé la technique et les prises d’initiatives encore bloquées dans les années 50, j’avais adoré l’activité d’António Simões. Quelle énergie ! Et pour un petit mec, il reculait jamais. Super joueur.
Oui je me suis fait la même réflexion. Et Simoes c’est le gars sur de Eusebio, c’est fou de voir comment les deux se cherchent à chaque fois. Toutes les actions dangereuses viennent de ces deux là en 66.
Et en bossant sur le texte sur Graça, j’ai saisi que Simões est le patron du vestiaire de Benfica, après le départ de Coluna.
J’ai rêvé ou j’ai lu dans la 1ere partie que Francisco Ferreira ne ferait pas partie de ce top ????
La magie du direct, Verano…
Il a craqué sous ton pressing 🙂
Francisco aurait reçu une offre du Toro, début 49, lors d’une débâcle portugaise à Gênes. Mais pour qu’il tape dans l’œil des Italiens, il a du réaliser une grande prestation.
Souvenirs de Toni sur le banc de Benfica, aux côtés d’Eriksson dans les années 80. Un Benfica pas très glamour, chiant à jouer mais qui redevient un ténor européen. Je me souviens également de son passage à Bordeaux, de mémoire sans fait d’armes notable.
Toni, en tant que joueur, c’est une physique imposant au milieu de terrain, pas rapide, mais capable de petits crochets et très bon distributeur de jeu. Si on devait faire un combo carrière de joueur et entraîneur, il aurait encore une très belle place au Portugal. Comme l’aurait évidemment Artur Jorge. Vraiment un bon également et des passages réussis à Coimbra et Benfica. D’ailleurs, me souviens de l’hommage qu’il avait reçu au Stadium de la part des fans de Benfica, quelques jours après son décès. Un mec respecté dans tout le pays.
Vous allez pousser des cris d’orfraie mais je ne suis pas convaincu par Moutinho. Ok il a joué 1000 matchs, il trottine en permanence au milieu, il aimante le ballon mais je ne l’ai jamais trouvé décisif. Alors ok il ne perd pas la balle, fait de belles transversales mais il prend si peu de risques… Je trouve son jeu anachronique, un milieu à l’ancienne qui stabilise mais qui ralentit les actions. Tout l’inverse de Vitinha ou João Neves par exemple.
Si Moutinho avait été un milieu brillant il ne serait pas à cette place mais dans le top 10. Mais on parle d’un gars qui a été titulaire quelque soit le club, quelque soit l’entraîneur ou sélectionneur, quelque soit le championnat. A chaque fois il est le dépositaire du jeu.
Ça force le respect. Alors oui il n’a jamais été un mec qui brille, « fait des stats », mais il ne ralentissait pas le jeu il ne faut pas déconner. Finalement il avait un rôle assez proche de Xavi, faire circuler le ballon de l’arrière à l’avant.
Mais oui ce n’était pas un « dynamiteur ». Même ses predecesseurs, Maniche ou Rui Costa avait plus d’impact .
Justement, je lui reproche de ne pas faire circuler le ballon vers l’avant mais de privilégier les passes latérales.
Cette finale de Ligue Europe perdue à domicile est vraiment une grosse déception pour le Sporting. Mais sur la rencontre, rien à dire. Le CSKA de Vagner Love est vraiment au-dessus.
Vitinha, si on refait le classement dans quelques années…
Ce maillot à damier en photo de une… Tellement atroce qu’il en devient beau.
Le maillot est sans doute la raison pour laquelle Gégé Lopez s’est efforcé de couler le Boavista.
Ca se tient. C’est l’explication la plus logique au fond.
Avec un tel maillot normal de finir en échec!
Perso, j’aime bien le maillot de Boavista. Il est singulier.
J’apprécie la figure de Mario Wilson. Entraîneur coté dans le pays mais je ne comprends pas qu’il n’ait aucune sélection dans les années 50. Une idée Rui ?
Un Vítor Baptista figurerait dans un top 100 élargi. Une vie hors du cadre que tu nous avais raconté Rui.
On a tous nos petits chouchous et un des miens est Antonio Oliveira. J’aime son inventivité, sa rapidité de mouvement et ses double-contacts. Il aurait du vivre la consécration de l’Euro 84 et son échec au Betis est vraiment dommage parce que ce choix était bon. Le club venait de retrouver l’élite.
Et le Verão quente du FC Porto en 1980 est vraiment une étape importante dans l’histoire de ce club. Si Sa semble gagner la bataille, avec le limogeage de Pinto da Costa et la démission solidaire de Pedroto, da Costa obtient la présidence deux ans plus tard pour ne plus jamais la lâcher. Pedroto revient également mais ne sollicitera pas un retour d’Oliveira qui lui reprochera ce manque de réciprocité.
Cet épisode du Verão 1980 avait conduit au départ de Fernando Gomes au Sporting Gijon, puis à son retour au Porto deux ans plus tard (il y a quelque part sur le site un article qui en parle mais avec ce putain de moteur de recherche, certains papiers sont introuvables désormais).
Il est là !
https://www.pinte2foot.com/article/fernando-gomes-um-dragao1-a-gijon