
« J’étais un gamin maigre et chétif. Je vivais à Lobito, dans une petite maison magnifique, à côté de la gare. Le sifflement des trains accompagnait en musique les larmes et les rires de mes débuts comme joueur… » José Águas est né à Luanda, en Angola, en 1930. A 15 ans, il perd son père et est embauché en tant dactylographe chez un concessionnaire Ford à Lobito, où il réside. Son idole de jeunesse est alors Rogério Pipi mais José n’est pas un mordu du football. Au plaisir du pied-ballon, il préfère ses longues baignades dans l’océan lorsque le tout frais vainqueur de la Coupe Latine vient faire une tournée en Angola. Nous sommes en 1950, une équipe est formée à la hâte à Lobito, José colle un doublé à Benfica : « Mon patron venait de m’enguirlander pour avoir à nouveau raté une rencontre. Et là, Benfica débarque à Lobito ! J’étais déprimée à ce moment-là, et le rêve que je chérissais depuis ma plus tendre enfance, visiter Lisbonne, me broyait le cœur. J’ai joué et plutôt bien…. Après la mort de ma mère, ma terre natale n’offrait plus l’atmosphère joyeuse de mon enfance. Un profond chagrin et une grande nostalgie m’habitaient, qui allaient être la raison ultime du saut dans le vide que j’allais entreprendre. » Ted Smith, le coach de Benfica, engage illico Aguas pour le reste de la tournée, débute alors une romance de 13 ans avec O Glorioso.
Souriant de bonne grâce aux farces potaches de ses nouveaux partenaires et trouvant instantanément sa place, José, surnommé Cabeça de Ouro, va inscrire la bagatelle de quasiment 400 pions pour son club, remporter cinq championnats et cinq titres de meilleur buteur. En 13 saisons avec l’institution, il ne descend en-dessous de la barre fatidique des 18 réalisations en championnat qu’en une unique occasion… Avant-centre technique, dont la meilleure arme demeure son extraordinaire souplesse, il manque de vitesse au démarrage mais semble inarrêtable une fois lancé :« Il joue avec calme, sérénité et intelligence et n’est pas un avant-centre statique, qui ne se met en action qu’après une passe. Sans fioritures, il tente de résoudre les situations avec réflexion plus que précipitation », écrivit un jour Ribeiro dos Reis. Longtemps impuissant face à la domination du Sporting, José remporte son premier sacre national en 1955, l’arrivée d’Otto Glória ayant bouleversé les habitudes du côté du Tage. Discipline de fer, endurance, concentrations fréquentes, José rencontre en Coluna son alter ego. Un Coluna créant des brèches et détruisant, grâce à son physique de déménageur, les forteresses adverses pour un Aguas ravi de conclure comme à la parade…
Toutefois, c’est sous la houlette de Belá Guttman que José écrit le premier fait d’armes du foot portugais. Le Hongrois n’accepte aucun faux pas, allant jusqu’à coller des amendes salées aux fêtards pris par la patrouille, mais insuffle à son groupe une volonté de fer et une confiance à déplacer les montagnes. Les Blaugranas ouvrent le score en finale de Coupe d’Europe 1961 mais Aguas égalise, avant de provoquer une énorme boulette de Ramallets. A la surprise de beaucoup, Benfica devient le deuxième club à monter sur le trône continental, exploit réitéré 12 mois plus tard, face au Real, grâce à un nouveau but de José. But qui inspire une folle remontée au score, José, capitaine respecté de tous, soulève le trophée pour la deuxième fois… La prise de fonction du chilien Fernando Riera en 1962 sort notre ami du onze au profit du jeune José Torres. Une décision qui ne fait clairement pas l’unanimité auprès des habitués de la Luz. C’est donc du banc qu’Aguas voit le Milan AC ensevelir le rêve fou d’un triplé européen à Wembley. Une défaite douloureuse en guise d’adieu : « Quelque temps plus tard, Riera s’est excusé de ne pas m’avoir fait jouer. Je lui ai répondu que lorsqu’il m’a sorti de l’équipe, j’avais déjà signé un contrat pour l’Autriche, où j’allais gagné plusieurs centaines de milliers d’escudos et que j’aurais adoré assister à des buts de Torres. C’était vrai, c’était mon cœur qui parlait pour Benfica, mais Fernando Riera n’en avait pas l’air convaincu… » Revenu les poches remplies de son court passage pour l’Austria Vienne, José Aguas se retire en 1964. Deux ans avant l’éclosion de cette Seleçao qu’il aura profondément aimée mais sans jamais la conduire au sommet. Ce que fit si brillamment son successeur Eusébio. Mais quand ces deux immenses figures populaires se retrouvaient face-à-face, si heureuses de pouvoir partager leurs souvenirs communs, c’est bien la Pantera Negra qui se drapait de son plus respectueux vouvoiement…

Lorsque l’on demande en 2016 à Toni, 38e de notre classement, ancien grand joueur puis entraîneur du Benfica, quel est le joueur le plus génial qu’il ait côtoyé, la réponse fuse sans hésitation : « Chalana, bien sûr. » Pourtant, Toni a joué avec Eusébio, Vítor Baptista ou Jordão, et entraîné Zidane, Rui Costa ou encore Futre. Quelques années plus tard, Rui Costa, devenu président du Benfica, tiendra un discours similaire : « Chalana est le meilleur joueur que j’ai vu jouer. » Lui qui a porté le numéro 10 du Benfica reconnaît volontiers ce que représentait le fait d’hériter du maillot de son idole. Ces témoignages disent beaucoup de la place qu’occupe Fernando Chalana dans l’imaginaire du football portugais. Là où, en France, on retient souvent son passage contrarié à Bordeaux, son surnom de « Chalanix » ou encore l’omniprésence de sa femme Anabela dans les médias, au Portugal demeure avant tout le souvenir d’« O Pequeno Genial », le Petit Génie. Pour beaucoup, il reste tout simplement le joueur le plus doué qu’ait produit le pays.
Comme tant d’autres joueurs de sa génération, il grandit à Barreiro, l’un des rares grands bastions ouvriers du Portugal. C’est dans les rues de la ville qu’il développe ce pied gauche capable d’éliminer un adversaire sur un simple changement de rythme. Un pied gauche devenu légendaire au point que beaucoup le croyaient naturellement gaucher. Pourtant, Chalana s’en amusait lui-même : « Les gens pensent que je suis gaucher, mais je suis droitier. On disait, et on dit encore, que j’avais un pied gauche magnifique, mais je ne suis pas gaucher, je ne l’ai jamais été. » En réalité, celui qui allait devenir l’un des plus grands dribbleurs de l’histoire du football portugais était presque parfaitement ambidextre. Il pratique l’athlétisme et le futsal, mais échoue aux essais pour rejoindre les équipes de jeunes du CUF, le jour même où Carlos Manuel les réussit. Il rejoint alors le club voisin du Barreirense. Son passage y est éclair : après seulement quelques matchs, le Benfica le recrute, sans même attendre l’accord formel du joueur ou de ses parents. À peine arrivé chez les juniors, il impressionne déjà les entraîneurs. Milorad Pavić le fait monter avec les professionnels et John Mortimore lance finalement en équipe première ce petit gabarit, 1m65 pour 55 kg, en mars 1976. Il n’a alors que 17 ans et 25 jours. Quelques mois plus tard, il découvre déjà la sélection nationale. La même année, il joue chez les juniors, les espoirs et les A.
Dans un pays qui deviendra une terre fertile pour les prodiges – de Paulo Futre à Cristiano Ronaldo, de Ricardo Quaresma à João Félix –, Chalana est le premier à provoquer un tel émerveillement. Dans un football portugais encore marqué par les bouleversements de l’après-Révolution des Œillets, il apporte de la fantaisie, de l’imprévu et attire les foules vers les stades. À peine majeur, il est déjà la grande vedette du Benfica et a participé à deux titres de champion. Mais alors qu’il approche de ses vingt ans, une grave blessure au genou l’éloigne des terrains pendant huit mois. C’est la première d’une longue série, mais probablement la plus grave de toutes. Dans les interviews qu’il accordera plus tard, il parlera même de sa « jambe cassée » ce jour-là. Chalana revient pourtant au plus haut niveau et remporte dès son retour le doublé championnat-coupe en 1980-1981. Il n’a plus tout à fait l’explosivité de ses débuts, mais conserve ce qui faisait sa singularité : ses feintes de corps, son sens du dribble et sa capacité à déséquilibrer une défense sur un simple mouvement. Toni disait de lui : « Il ne dribble pas avec ses pieds mais avec ses épaules et ses genoux. » Durant les quatre saisons suivantes, il demeure l’un des meilleurs joueurs du pays et contribue à trois nouveaux titres de champion pour le Benfica. Il participe également au parcours européen qui mène les Lisboètes jusqu’en finale de la Coupe UEFA 1982-1983 face à Anderlecht.
Puis arrive l’Euro 1984, sommet de sa carrière. Avec le Portugal, Chalana illumine le tournoi. Toni disait de lui qu’il « résolvait n’importe quel problème », et c’est exactement l’impression qu’il laisse en France. Chaque ballon qu’il touche semble pouvoir devenir une occasion. Chaque dribble peut débloquer une situation. Aux côtés de Jordão, il porte le Portugal lors de la mythique demi-finale de Marseille contre la France. Cet Euro le fait entrer dans une autre dimension. Mais au même moment, le Benfica traverse des difficultés financières liées notamment à la rénovation de son stade. Le club refuse de répondre à ses exigences salariales. Après avoir résisté aux approches du Sporting, de la Roma ou du FC Barcelone, Chalana finit par rejoindre Bordeaux pour un montant record. Son transfert permettra au Benfica de financer la construction du troisième anneau du stade de la Luz.
L’histoire française sera beaucoup plus compliquée. Sur le papier, l’association avec Tigana et Giresse promettait pourtant un milieu de terrain exceptionnel. Dans les faits, les blessures s’enchaînent. Entre problèmes physiques, incompréhensions avec le staff médical et difficultés d’adaptation, le transfert tourne à l’échec. En trois saisons, Chalana ne dispute qu’une vingtaine de rencontres et manque la Coupe du monde 1986. La vérité se situe sans doute quelque part entre les critiques adressées par certains membres du staff bordelais, Couécou en tête, à son mental, et les reproches que Chalana formulait envers l’encadrement médical. Ce qui est certain, c’est qu’il arrivait en Gironde après quatre saisons pleines, un Euro remarquable et une cinquième place au Ballon d’Or 1984. Trois ans plus tard, il n’est plus que l’ombre du joueur qui avait enchanté l’Europe. De retour au Benfica, il ne retrouvera jamais totalement son niveau. Son corps ne suit plus. Il joue ensuite à Belenenses puis à l’Estrela da Amadora avant de mettre un terme à sa carrière à seulement 32 ans. Par la suite, il restera fidèle au Benfica, où il occupera différents rôles : entraîneur des jeunes, adjoint, puis entraîneur intérimaire de l’équipe première. Son décès en 2022, des suites d’une maladie dégénérative, suscite une immense émotion au Portugal.

Au fond, l’héritage de Chalana dépasse peut-être son palmarès. Paulo Futre l’a souvent présenté comme son modèle. Luís Figo le cite lui aussi parmi ses premières idoles. Deux jeunes formés au Sporting qui avaient pour référence un joueur du Benfica, le symbole est grand. Des générations entières de dribbleurs portugais ont grandi en regardant ses feintes, ses changements de direction et sa manière si particulière de porter le ballon. C’est sans doute là sa plus grande victoire : avoir transmis quelque chose. Un geste, une inspiration, une façon de jouer. De Futre à Figo, de Quaresma à Cristiano Ronaldo, une partie du football portugais porte encore aujourd’hui l’empreinte laissée par le Petit Génie de Barreiro.

Avec sa belle gueule, son style flamboyant et son caractère irascible, Paulo Futre avait tout pour révolutionner le foot portugais. Repéré dès l’enfance par le Sporting, Paulo signe son premier contrat pro à 15 ans, débute dans l’élite à 17, avant de rejoindre la Seleçao un mois plus tard ! Une adolescence menée tambour battant pour ce caractère déjà affirmé : « Il me fallait plus deux heures, en prenant le bateau, pour aller de chez moi au stade. J’y allais, je m’entraînais et je rentrais à minuit. À 14 ans, je jouais dans les équipes de jeunes de l’équipe nationale et je passais cinq ou six mois par an à l’hôtel. J’ai dû quitter l’école car il était impossible de tout gérer. Mon père a toujours essayé de m’en dissuader. » Remarqué chez les Leões malgré la présence sur le front de l’attaque des Rui Jordão, Manuel Fernandes ou António Oliveira, Paulo rate d’un rien l’Euro 1984, avant de signer pour le FC Porto. Choix judicieux, il remporte deux championnats, devient un des chouchous de das Antas et remporte la Coupe des Clubs Champions 1987, au nez et à la barbe du Bayern. Futre le roi du crochet est le nouveau joyau que l’Europe s’arrache, qui n’aurait certainement pas dépareillé au palmarès du Ballon d’or cette année-là : « Quitter le Sporting fut une décision difficile, mais l’une des meilleures de ma vie. Pinto Da Costa m’a pris sous son aile et, à ses côtés, j’ai vraiment compris les règles du jeu. J’étais encore un enfant très rebelle. Grâce à lui, j’ai appris à ne pas dépasser les bornes. Je n’ai joué que trois ans, mais ils m’ont fait sentir chez moi. J’ai toujours dit que mon cœur était au Sporting, mais ils m’ont toujours respecté merveilleusement. »
Pisté par l’Inter Milan, l’arrivée dans les négociations du pantagruel Jesús Gil change la donne. Candidat à la présidence de l’Atletico, le futur maire de Marbella voit les choses en grand et met le paquet. Record de montant de transfert, après celui de Maradona, Porsche jaune offerte en cadeau de bienvenue, Paulo est prêt à faire frémir les Colchoneros de tout sexe. Vicente Calderón vit pendant six ans au rythme du déhanchement du Portugais, de son pied gauche ensorceleur et de ses duels homériques avec Paco Buyo, le portier du Real. Il est son envoyé spécial sur le champ de bataille, son orgueil et ses coups de sang. Si la vitrine du club ne se garnit pendant son passage que de deux Copas remportées face au Mallorca de Zaki et au rival honni, le charisme de Paulo est tel qu’il est devenu un mythe que les plus anciens narrent désormais à leurs enfants :« Mon but préféré est celui face au Real en 1992, et je n’échangerais ce but contre aucune autre occasion de gagner la Ligue des Champions. Si l’extase existe, je l’ai vécue à ce moment-là. J’étais comme dans une autre dimension. Je suis arrivé dans le vestiaire à 21 ans, seul Portugais au milieu de 23 Espagnols. Gil m’a nommé capitaine, sans doute injustement, on ne pouvait pas le contredire, mais j’ai toujours défendu mes coéquipiers et le club avec passion. »
A la suite de blessures fréquentes et d’un départ précipité pour Benfica en janvier 1993 qui lui fit craindre un appel obligatoire sous les drapeaux, Paulo signe chez le champion d’Europe marseillais où son passage sera anonyme. C’est à ce moment précis que sa carrière s’effondre. A 27 ans à peine… Courtisé par le Real, Paulo hésite, avant de se rétracter : « Nous avons négocié, et alors que le contrat était presque prêt à être signé, j’ai eu une réunion avec ma famille, et c’est là que j’ai réalisé. Je ne pouvais pas retourner à Madrid et jouer pour le Real Madrid. Je suis désolé, messieurs, mais je ne signerai pas. C’est ce que je leur ai dit. Je suis le seul joueur au monde à avoir refusé une offre du Real Madrid alors que le contrat était sur la table. » Si ce revirement de dernière minute l’honore, la suite a tout du chemin de croix. Reggiana, West Ham, Japon. Sans oublier sa fugue d’un soir au Milan AC ou son retour manqué chez les Colchoneros. Un épilogue, miné par un corps meurtri et indigne de son don, comme le fut son court passage au Mondial mexicain, qui n’entache en rien son héritage au sein du foot madrilène et portugais. Paulo Futre est incontestablement un des plus grands talents de sa génération, imprévisible et volcanique. Et c’est le cœur du jeune fan transi que j’étais qui vous l’affirme

Lorsque l’on doit écrire le portrait d’un joueur dont on a choisi le nom comme pseudonyme, il est difficile de conserver tout à fait les mêmes habitudes. Quand nous avons créé Pinte 2 Foot, nous avons repris nos anciens pseudos de Sofoot pour garder une forme de continuité. J’ai donc hérité de Rui Costa, un choix que j’avais fait presque instinctivement quelques années auparavant. Avec le recul, je crois savoir pourquoi. À l’époque, je trouvais simplement que c’était le nom le plus élégant, celui qui inspirait naturellement le respect. Mais en vieillissant, je me suis rendu compte qu’il y avait davantage derrière ce choix. Rui Manuel César Costa représente une certaine idée du football. Une idée devenue rare. Je mentirais si je disais qu’il a toujours été mon joueur préféré. Enfant, je préférais les buteurs. J’étais davantage fasciné par Batistuta ou JPP. Puis notre regard change. On regarde moins les statistiques et davantage les souvenirs. On repense à ce que l’on a ressenti devant certains joueurs. Alors me sont revenus en mémoire le titre mondial junior de 1991, son duo magnifique avec Batistuta à Florence, ses larmes après l’Allemagne, son Euro 2000 extraordinaire, cette photo avec Materazzi à Manchester, ses chaussettes baissées, sa Ligue des champions avec le Milan, son retour au Benfica, puis ses adieux. Peu à peu, une évidence s’est imposée : j’aimais profondément ce joueur. Pour son football bien sûr. Mais aussi pour tout ce qu’il représentait. Il y avait chez Rui Costa quelque chose de romantique. Son attachement au Benfica semblait parfois anachronique dans un football devenu industrie. Son allure sur le terrain inspirait une forme de noblesse, mais elle contrastait avec une sensibilité qu’il ne cherchait jamais à cacher. Ses larmes faisaient partie du personnage autant que ses passes. Alors oui aujourd’hui le président qu’il est devenu tranche forcément avec cette image, on ne gère pas un club comme le Benfica en étant un romantique, mais ici c’est du joueur que nous allons parler et non du dirigeant.
Rui Costa naît dans une famille où l’on vit pour le Benfica. À neuf ans, il passe les sélections du club de ses rêves sous les yeux d’Eusébio. Des années plus tard, il racontait la scène avec amusement. « Il y avait cinq cents enfants ce jour-là. Après quelques touches de balle, Eusébio m’a sorti du terrain et m’a dit : « Toi, gamin, ça suffit. » Je suis parti en pleurant, persuadé que j’étais éliminé. Le lendemain, j’ai appris que j’étais retenu. » Quelques larmes, déjà. La suite appartient à l’histoire du football portugais. En 1991, il conduit avec Figo la sélection junior vers le titre mondial. Il marque l’unique but de la demi-finale contre l’Australie puis transforme le tir au but décisif contre le Brésil. Au Benfica, son ascension est immédiate. Pour son premier match avec l’équipe première, il inscrit un triplé et délivre une passe décisive. Pourtant, le contexte est difficile. Le club traverse une crise financière profonde. Une Coupe du Portugal arrive bien dans les vitrines, mais les meilleurs joueurs Sousa, Futre, partent, les uns après les autres. Lorsque le Sporting tente de l’approcher, Rui Costa le vit presque comme une offense. Pour lui, certaines frontières ne se franchissent pas. La saison suivante est sans doute celle de la confirmation. Benfica atteint les demi-finales de la Coupe des Coupes face au Parme de Nevio Scala. Dans son stade Rui Costa y réalise probablement l’une de ses plus grandes performances sous le maillot rouge. Une passe décisive après avoir éliminé plusieurs adversaires, un but, une influence permanente sur le jeu. Mais un but de Zola et surtout un pénalty raté par Paneira empêche le Benfica de creuser le score. Un but de Sensini au retour condamnent les Aigles. Rui Costa évoquera longtemps cette élimination comme une blessure.
Quelques jours plus tard, il remporte néanmoins son premier championnat.Ce sera aussi le dernier. Les finances du club sont exsangues. Benfica doit vendre. Rui Costa préférerait aller au FC Barcelone, mais c’est la Fiorentina qui présente l’offre la plus convaincante. Il accepte sans enthousiasme, avec la sensation de quitter sa maison bien plus tôt qu’il ne l’avait imaginé. À Florence, il va pourtant former avec Batistuta l’un des plus beaux duos de cette génération. Pourtant le palmarès est maigre, seulement deux Coupes d’Italie. Il incarne avec le buteur argentin un duo de perdants magnifiques, de grands joueurs qui auraient eu un grand palmarès dans un autre club. En sélection, l’histoire ressemble souvent à celle vécue en Toscane. Le Portugal joue bien, parfois très bien même, sans jamais parvenir à soulever un trophée. Rui Costa rayonne à l’Euro 1996 puis à l’Euro 2000. Entre les deux, il vit l’un des moments les plus douloureux de sa carrière lorsque Marc Batta l’expulse contre l’Allemagne lors des qualifications du Mondial 1998. Ses larmes ce soir-là restent gravées dans la mémoire de toute une génération de supporters portugais. En 2002, sa seule coupe du monde est un fiasco.

À trente ans passés, il rejoint le Milan AC. Il y gagne ce qui lui manquait : des trophées majeurs. Un Scudetto, puis une Ligue des champions. Pourtant, les années italiennes ont laissé des traces. Son corps répond moins bien. Luiz Felipe Scolari en fait quand même un titulaire pour l’Euro 2004, mais il est sorti à la mi-temps du premier match contre la Grèce et Deco prend sa place. Il aura cependant droit à un dernier grand moment. Entré en jeu contre l’Angleterre en quart de finale, il inscrit un but décisif, une magnifique frappe sous la barre, qui prolonge encore un peu l’aventure. Le Portugal atteindra la finale. Malheureusement la Grèce empêchera l’histoire de se terminer en apothéose dans son stade. Deux ans plus tard, Rui Costa rentre à la maison. Son retour au Benfica résume sans doute le personnage. Selon Luís Filipe Vieira, il lui aurait simplement demandé un contrat vierge en lui disant d’y inscrire lui-même le salaire qu’il jugeait convenable. À une époque où les négociations deviennent parfois des feuilletons interminables, le geste avait quelque chose d’un autre temps. Il ne remportera plus de titre sous le maillot du Benfica. Cela n’a finalement que peu d’importance. Il reviendra ensuite comme dirigeant, puis comme président, poursuivant autrement une histoire commencée lorsqu’il avait neuf ans.
Il aura manqué un plus grand palmarès à Rui Costa pour être considéré comme l’un des tout meilleurs joueurs de l’histoire du football. Mais au fond, on s’en fiche un peu. Aujourd’hui encore, nous pouvons revoir ses déboulés au milieu du terrain, ses conduites de balle de l’extérieur du pied, ses chaussettes baissées, ses dribbles tout en fluidité, ses passes qui déchirent les lignes ou ses frappes de loin. Nous pouvons repenser à sa fidélité au Benfica et à la sélection, à son entente avec Batistuta, à ses joies comme à ses larmes. Et nous nous disons qu’à la différence de ce que certains pensent, ce ne sont pas toujours les titres et les victoires qui restent dans le football, mais les émotions. Et à ce jeu-là, Rui Costa nous en aura offert beaucoup.

Durant des décennies, quelques buteurs ont empilé les buts à un rythme effrené. Leurs statistiques varient selon les sources, leurs carrières sont parfois mal documentées, mais leurs noms reviennent toujours lorsqu’il est question des plus grands finisseurs de l’histoire : Bican, Friedenreich, Lenstra, Jimmy Jones ou Bambrick entre autres. Au Portugal, celui qui incarne cette figure est Fernando Peyroteo. Né en Angola dans une famille de colons portugais, Fernando Baptista de Seixas Peyroteo de Vasconcelos perd son père alors qu’il n’est encore qu’un nourrisson. Sa mère, confrontée à des difficultés financières et de santé, retourne à Lisbonne avec ses enfants. Le jeune Fernando joue déjà au football au Sporting de Luanda et attire rapidement l’attention. Comme pour Matateu quelques années plus tard, le FC Porto tente de le recruter, mais c’est le Sporting qui remporte la mise. Lors de son essai, il fait ce qu’il fera toute sa carrière : marquer des buts. Trois, en l’occurrence.
Dès son arrivée, l’entraîneur hongrois József Szabó l’installe à la pointe de l’attaque. Pour son premier match officiel, il inscrit un doublé. Sa première saison est déjà hors-norme : 34 buts en 14 rencontres. À lui seul, il marque davantage que le Benfica champion cette année-là et davantage que les deux derniers du championnat réunis. Le ton est donné. Son premier titre de champion n’arrive qu’en 1941, après déjà plusieurs saisons passées à martyriser les défenses adverses. Les années de guerre voient Peyroteo accumuler les performances spectaculaires. Un jour, il inscrit neuf buts contre Leça en championnat. Il inscrit 8 buts contre Boavista, quatre fois 6 buts, neuf fois 5 buts, 4 buts 18 fois et 41 hattrick, et cela rien qu’en matchs officiels ! Comme le football portugais est alors partagé entre compétitions régionales et nationales, les statistiques fluctuent. Au fond, peu importe le total exact. Ce qui reste, c’est l’impression d’un joueur capable de tourner à plus de deux buts par match pendant l’essentiel de sa carrière.
Lorsque José Travassos et Manuel Vasques rejoignent l’équipe après la guerre, en 1946, Peyroteo devient la pointe de diamant des célèbres « Cinq Violons ». Cette ligne offensive reste l’une des plus spectaculaires de l’histoire du football portugais. Le Sporting remporte trois championnats consécutifs et règne alors sur le football national. Pourtant, en 1949, à seulement 31 ans, Peyroteo décide de prendre sa retraite. Les douleurs physiques sont là, mais aussi des difficultés financières liées à son magasin de sport, la Casa Peyroteo. Son jubilé est organisé face à l’Atlético Madrid afin de récolter des fonds. Albano marque les deux buts du Sporting, répondant au doublé de Juncosa et au but de Miguel pour les Matelassiers. Ce jour-là, il déclare aux supporters : « J’étais un soldat dans les rangs du sport national, et un soldat ne se dérobe pas à son devoir. Mais désormais, je reconnais que je suis un vieux soldat. Quand je foule la pelouse, l’envie de jouer est toujours là, mais après quelques frappes, une fatigue inexplicable m’envahit. »
Contrairement à ce que l’on lit parfois sur des articles français, il ne poursuivra pas sa carrière à Belenenses. Il retourne en Angola, où ses problèmes financiers ne disparaissent pas pour autant. Plus tard, il tente une expérience comme sélectionneur national. Elle sera brève et peu heureuse. Avec un groupe largement composé de joueurs du Benfica champion d’Europe, il doit battre le Luxembourg et relancer les chances portugaises de qualification pour la Coupe du monde 1962. La campagne s’achève pourtant sur une défaite retentissante à Luxembourg, où Adolphe Schmitt inscrit un triplé. La sélection restera d’ailleurs l’un des grands regrets de sa carrière. Auteur de 14 buts en 20 matchs internationaux, Peyroteo n’a jamais disputé de grande compétition. Arrivé en équipe nationale en 1938, il ne connaîtra qu’une véritable occasion de qualification à une grande compétition, lors d’un barrage face à la Suisse à Milan pour la Coupe du monde. Il marque le seul but portugais, mais les Suisses de Karl Rappan s’imposent 2-1. Pourtant, l’histoire lui réservera un dernier clin d’œil. Lors de sa courte expérience de sélectionneur, Fernando Peyroteo offre sa première cape internationale à un jeune attaquant venu du Mozambique nommé Eusébio. Comme si le plus grand buteur portugais de son époque passait lui-même le témoin à celui qui allait devenir le plus grand joueur de l’histoire du pays.
Em colaboração com meu amigo Rui Costa !
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
Quelle finesse d’analyse. Quel choc des mots. Rui, épouse moi !
Oui je me suis un peu emballé sur Rui et Chalana!
« Lors de sa courte expérience de sélectionneur, Fernando Peyroteo offre sa première cape internationale à un jeune attaquant venu du Mozambique nommé Eusébio. Comme si le plus grand buteur portugais de son époque passait lui-même le témoin à celui qui allait devenir le plus grand joueur de l’histoire du pays. »
Et qui depuis a été dépassé par CR7…
AHAHAHAHAH !
Les stats pures de Peyroteo sont irréelles, mais que valait-il vraiment? Depuis ce que j’avais trouvé, en fait de baromètre international : des matchs amicaux, des buts (3?) face au Torino juste après Superga. Et c’était (à peu près?) tout ; c’est compliqué de se faire idée de la valeur d’un joueur sur cette base.
Quels étaient les autres grands buteurs portugais de son temps, années 40?
Oui j’ai plus de mal avec Peyroteo. Perso je le trouve un peu haut dans ce classement. Il joue dans une période difficilement évaluable. Ses meilleures années c’est vraiment 39-45. Et a part jouer l’Espagne il n’a pas eu de vraie opposition.
Haut ? On ne peut pas mettre Peyroteo derrière Futre et Rui Costa. L’écart était immense entre les clubs lisboètes et le reste mais il a enchaîné les grosses saisons.
Oui mais finalement il n’a aucune comparaison internationale. Il a été bon dans un championnat relativement faible. Rui Costa et Futre ont prouvé face à toute la planète.
Verano tu vois que Chalana n’est pas trop haut! Pour moi il devrait être devant Peyroteo!
Dommage que Bordeaux l’ait achevé!
Et surtout le foot rugueux de l’époque. Un gars comme lui aujourd’hui quitte Benfica à 18 ans pour 100 millions d’euro.
Et c’est mon point de vue, Chalana c’est lui qui lance le style de l’ailier portugais dribbleur, c’est le modèle de Futre (il la répété souvent) et dans une moindre mesure de Figo.
Je suis un admirateur de Futre, heureusement que tu l’as mis devant Chalana, sinon je ne lisais pas la suite !
Paulo Futre – Paco Buyo, ça pourrait être le thème d’un Grand duel. Qu’est ce que c’était bien ces derbys madrilènes sauvages sur des terrains gras. Une autre allure qu’un Chalana – Ettori par exemple ah ah ah (même si Buyo était pas terrible)
Buyo, il a même pas réussi à passer devant Zubizarreta. L’Espagne, entre Arconada et Iker, c’est le désert de Gobi.
Tu préfères Ettori du coup ?
Futre est un grand admirateur de Chalana!
En France on a une vision biaisée de Chalana par son passage à Bordeaux mais c’est un des plus grands talents de son époque.
Lui comme Futre aurait pu atteindre des sommets, avec un meilleur mental ou une meilleure hygiène.
Puis les 2 ont pris tellement de coups…
J’aime pas son style, il ressemble à Borat !
Je n’ai pas les éléments pour juger de sa carrière mais j’ai jamais accroché, même pendant l’Euro 84.
Perso je connaissais mal. Influencé par sa période bordelaise. Mais des 25 portraits que j’ai fait je pense que c’est celui qui reçoit le plus d’éloges de ses pairs. Sa première saison à 18 ans ça avait l’air d’être quelque chose. Le gars était inarretable, me prototype du dribbleur de génie. Après il se pète plusieurs fois. En 1984 il est déjà diminué et pourtant il impressionne. Équipe type de l’euro, cinquième du ballon d’or, tous les clubs veulent le recruter.
Mais entre les blessures et un mental fragile le fiasco était inévitable.
Ettori à Buyo ? Largement. En plus Jean-Luc avait toujours un petit geste vers les jeunes fans que nous étions et qui hurlions pour avoir son attention.
On voit que t’as pas été trauma par la CM 82 eh eh
Haha. Non, l’Ettori que j’ai connu était un bon gardien de Ligue 1. Qui se débrouillait bien pour son gabarit.
Futre, avec Schuster, m’ont fait aimer l’Atletico. Mais à 26 balais, c’était déjà fini.
Peyroteo je le voyais pas venir, évidemment je ne connaissais pas le personnage. Pour le reste, pas de surprise.
Rui Costa je l’aurais mis plus haut, je l’ai toujours préféré à Figo sur la question de style, de ce romantisme qu’évoque son homonyme de P2F (évidemment c’est pas un jugement sur la comparaison de leur carrière, Figo est objectivement plus haut).
Chalana et Futre, voilà deux portugais hyper talentueux qui ont tenté une carrière européenne hors de leurs pays, avec des fortunes diverses mais une conclusion similaire: ils auraient pu viser plus haut et une carrière écourtée et comme un gâchis par rapport à leur talent. question plus générale, y’a t’il une star portugaise avant eux qui a réussit dans un grand club européen ? J’en vois pas.
Aguas, rien à redire, si ce n’est l’importance de l’ancienne colonie d’Angola dans l’histoire du foot portugais… Un pays qui s’est longtemps résumé pour moi à une chanson éponyme de la diva Césaria Evora et du chanteur Bonga qui en est originaire…
Mendonça peut-être.
Sinon la première star qui réussit en Europe dans un grand club c’est Rui Barros, mais Khia ne l’aime pas 🙂
Quel menteur. Haha
J’aimais bien Rui Barros mais il vendengeait énormément. Et il n’a pas réussi à la Juve.
Il joue 60 matchs en 2 ans c’est pas un échec non plus? Ce n’est pas Chalana. Il joue juste dans une Juve pas terrible.
Après on est d’accord ce n’est pas un crack mais mine de rien c’est le premier portugais à jouer dans des grands clubs européens.
Comme je te disais. Aucun étranger n’a réussi après Platini. Laudrup, Rush, Zavarov, Aleinikov…
Aleinikov, il s’en est pas si mal sorti dans mes souvenirs, utile et émérite.
En tout cas bien mieux que Zavarov, lui ça n’a jamais matché.
Rui Baros j’aime pas, pourtant il se donnait et avait du ballon, je devrais aimer mais?? Loin d’être le pire dans la Juve à l’époque – du moins autant que je m’en souvienne, un des rares qui essayait d’apporter un truc.
Après Mendonça, j’entrevois un Portugais avant Rui Barros : au Standard (alors un club qui comptait – faut voir où on met la jauge, certes) : Luis Norton de Matos.
Ni une franche réussite (quoique très apprécié des supporters – supportrices, surtout) ni vraiment un four. Statut de remplaçant durant les années Happel, il est de l’équipe qui se fait baiser par l’arbitrage en 1/4 de C3 81 à Cologne. Puis devint international à son retour au pays.
Barré par Edstroem, Tahamata et les internationaux belges Wellens et surtout Voordeckers, dans le super noyau dont disposait Happel : ça n’a rien de déshonorant.
Aleinikov, Zavarov, les Soviets bercés par tonton Loba ont tous échoués en dehors du cocon national…
Encore plus pour les Kiéviens de la génération 86, Baltacha, Demyanenko, Belanov, etc…
Seul Mykhaylychenko, en dépit d’un passage éclair à la Samp, s’en sortira aux Rangers.
Etonnamment, ça ne sera pas le cas de la grande génération kiévienne suivante, avec Kaladze qui réussit à Milan, Sheva évidemment, même un Luzhnyi aura finalement été un joueur de rotation honnête à Londres, Rebrov sera la seule exception, alors que pour beaucoup d’analystes de l’époque, il était aussi bon (et certains le considéraient meilleurs !) que Shevchenko…
Je ne le connaissais pas, il n’a jamais joué pour un gros au Portugal, a 5 sélections pourtant, à une époque où il y avait du niveau. J’ai vu qu’il a une grosse carrière de recruteur/formateur.
Le Standard ils ont un sacré lien avec le foot portugais mine de rien. De loin le club belge qui a le plus d’histoires avec des joueurs venant du Portugal ou des joueurs partant au Portugal.
Au-delà du Standard : c’est le football liégeois qui a un lien particulièrement prononcé avec le Portugal, et ce dès avant les histoires hum-hum impliquant D’Onofrio.
Il y eut ainsi, durant les années 70-80, quelques Liégeois actifs dans le football portugais, certains sont tombés dans l’oubli complet alors que ce sont les cas les plus intéressants ; même en Belgique l’on finit pour de bon par totalement oublier leur existence………. ==> Je comptais donc en faire un article un jour, ça viendra.
Peyroteo c’est une découverte pour moi.
https://www.pinte2foot.com/article/top-10-sporting-clube-de-portugal-deuxieme-partie
Mensonge ou amnésie ?
Fais des sudokus, bordel !
Il me semblait bien avoir lu son nom quelque part.
Donc pour faire le top 5, il manque les trois Ballons d’or et Mario Coluna. Mais qui sera le 5ème ? Costa Pereira, le gardien préféré de Rui ?
Pepe non ?
Pas souvenir qu’il soit déjà tombé et il a largement sa place dans le top 5 (Rui l’aurait mis devant Cristiano déjà)
Pepe y sera forcément (il est pas encore passé) et ça va piquer sévèrement les yeux de le voir dans les 5. Mettez vos protèges tibias ce jour là, ça va tacler haha
On a eu avis différents sur certaines places mais aucune sur la présence de Pepe dans le top 5.
Pepe y sera forcément … il est pas encore passé et Rui ne l aura pas maissé sur le bord du chemin… et donc ça va piquer sévèrement les yeux de le voir dans les 5. Mettez vos protèges tibias ce jour là, ça va tacler haha
Tout ça pour un top qui va finir par l’aut’ papy grincheux de 41 balais.
Qué misère… ^^
Raté Dip !
Vous remontez dans mon estime 🙂