Si quelqu’un sait que Chus Pereda est l’auteur de la passe décisive pour Marcelino, en finale de l’Euro 1964, et non Amancio, c’est bien Paco Gallego. Embarqué par José Villalonga au sein du combiné espagnol pour la phase finale à domicile, alors qu’il n’a jamais revêtu le maillot de la Roja, Gallego, 20 ans, assiste du banc au triomphe de la troupe de Luis Suárez. Il lui faudra attendre encore deux ans pour vivre sa première titularisation. Une rencontre face à l’Argentine, lors du Mondial 1966 où Luis Artime rendit chèvre l’arrière-garde menée par Iribar. Champion d’Europe sans avoir sué un seule goutte, le gamin de Puerto Real symbolise une période de vaches maigres de l’autre côté des Pyrénées. Où au brio des belles années du Real se substitue un futbol de muerte, où tous les coups sont permis et qui rencontre en Gallego un des ses plus beaux spécimens…

Pour l’amateur contemporain qui découvrirait Gallego, le jeu du défenseur andalou lui paraîtrait certainement viril, voire carrément violent. Ce n’est pas ce que retranscrivent les archives de l’époque. Si elles n’éducolrent pas le fait qu’il savait se montrer impitoyable avec son adversaire, elles n’ont de cesse que de le présenter sous un jour noble et dévoué. Sorte de seigneur sans suzerain, hidalgo régnant sur terre comme dans les airs, dernier bastion de lutte dans un football en totale décrépitude… Guerrier et obstiné, Paco l’a toujours été. Héritage d’un paternel qui n’avait rien de galicien mais à qui il doit ce surnom qui le suivra toute sa carrière : « Gallego vient de mon père, c’était le surnom qu’il avait au village. On le lui avait donné parce qu’il était très têtu. Il se mettait une idée en tête et il voulait absolument la réaliser. Je tiens ça de lui. » Aîné d’une fratrie de 10 enfants, Paco travaille dès son plus jeune âge en tant que maçon ou nettoyeur de cuves de navires, dans la petite ville portuaire de Puerto Real, en périphérie de Cadix.
Repéré par Mario Klung, alors entraîneur du Sevilla FC juvenil, Gallego rejoint l’ancienne Hispalis où il s’octroie le championnat junior 1962, face à l’Athletic Bilbao, un souvenir inoubliable selon lui. Combatif et discipliné, Paco gravit à vive allure les échelons, les observateurs sévillans sont persuadés d’avoir déniché la perle rare, le successeur naturel au teigneux Marcelino Campanal. Un Campanal II, asturien de sang et de tempérament, qui martyrisa les chevilles de la Liga pendant des années et qui fut un des bouchers les plus experts de la péninsule… Si au sein d’un effectif palangana faiblard, aux doux accents guaranis (Ignacio Achúcarro et Juan Bautista Agüero), Gallego ne réalise pas de miracle, il s’impose néanmoins comme la relève espagnole en défense centrale. Les Catalans du Barça sont sous le charme, comme l’est José Villalonga qui invite, à la surprise générale, le néophyte à rejoindre la sélection lors de la phase finale de l’Euro 1964 à domicile.
Embarqué clandestinement et doublure du capitaine Ferran Olivella, Paco sait qu’il ne jouera pas une minute. Cloîtré dans la petite localité de La Berzosa, près de Madrid, le gamin découvre émerveillé le génie d’un Villalonga qui mime ses aspérités stratégiques à l’aide de pierres trouvées sur le chemin et rencontre José Ángel Iribar, d’un an son aîné, avec qu’il va partager une gloire précoce et des lendemains qui chantent faux. Le portier basque raconte : « Je me souviens que nous vivions à la Berzosa. Un lieu très calme, en dehors du monde… Nous devions amener des livres car il n’y avait rien d’autre à faire. Lecture et ballades dans la montagne, uniquement. » Une quiétude monacale qui porte ses fruits face à l’URSS de Yachine, Franco est content, Paco est transféré 12 mois plus tard chez les Blaugranas, dans le but avoué de remplacer le vieillissant Olivella.

En 1965, le Barça n’est plus le rival le plus féroce du Real. Ballet de coachs incessant, requalification du terrain de l’ancien stade des Corts, appuyée par les franquistes, afin d’éponger une dette abyssale, les Blaugranas boitent bas et n’effraient plus personne. Dans cette atmosphère crépusculaire, Gallego se sent néanmoins comme un poisson dans l’eau : « Quand je suis arrivé, ils étaient en train de reconstruire entièrement l’équipe. La majorité des mes coéquipiers était plus technique mais j’avais pour moi, la jeunesse et la fougue. Ils m’ont accueilli les bras ouverts. » Le mister Roque Olsen lui fait une confiance aveugle et il forme avec le gardien Salvador Sadurní et Lucien Muller la colonie vertébrale défensive conduisant au triomphe en Coupe des Villes de Foires en 1966. Tout n’est pas rose pour autant pour notre Andalou. Titularisé pour la première fois lors du Mondial anglais, Paco se montre incapable d’endiguer les offensives argentines et allemandes, la Roja quitte la compétition par la petite porte. Pas de quoi s’alarmer quand on a juste 22 ans, me direz-vous. Sauf que le train ne repassera jamais plus pour notre gaillard blondinet… Privé de ballerines étrangères et prisonnier d’un système politique qui refuse de mourir, le foot espagnol se crispe et atteint son point de non-retour lors de la finale de Copa 1968, tristement appelée Final de las Botellas. Soupçonnant l’arbitre Antonio Rigo d’accointances avec les Catalans, Madrid réserve le pire accueil à la troupe de Salvador Artigas, ancien pilote républicain pendant la guerre civile, et hurle à tout rompre sur un penalty oublié sur Serena. La cérémonie de remise de trophée sert d’exutoire. Les bouteilles en verre fusent, José Antonio Zaldua utilse la Copa en guise de bouclier, le Caudillo disparaît sous les regards honteux des officiels.

Paco court en vain après une consécration nationale mais pas après les expériences foireuses sur le continent. Préférant regarder ailleurs lorsque résonne « par erreur » l’hymne républicain à Prague ou baissant la tête lors d’une défaite inattendue face au Slovan en finale européenne, se faisant plâtrer sans égard sur le chemin de l’Euro 1968 par l’Angleterre de Bobby Charlton ou celui du Mexique par la Belgique de Paul Van Himst. La Roja n’est désormais plus qu’un sous-fifre que même la modeste Finlande réussit à vaincre, le nouveau sélectionneur Ladislao Kubala hérite d’un magnifique champ de ruines… Le Barça de l’anglais Vick Buckingham ayant perdu le titre sur le fil aux dépens du Valence de Di Stefano, les dirigeants catalans sortent l’artillerie lourde, Rinus Michels débarque à l’été 1971. Entre décès de l’icône Josep Samitier, histoires de faux passeports et fans enragés des Glasgow Rangers qui saccagent le Nou Camp, un soir de beuverie, l’embellie promise se fait attendre toutefois. Elle ne se matérialisera qu’avec la réouverture de la Liga aux stars étrangères en 1973.
L’exfiltration de Johan Cruyff est un tournant pour l’institution, un coup de fouet sur les flancs de la belle endormie selon Asensi : « Quand Johan est arrivé, nous avions l’impression d’être sauvés et il insuffla immédiatement un nouvel élan. » Le championnat est mené sur une cadence infernale, l’ennemi madrilène en prend cinq dans le buffet, un soir de février 1974, le Barça est titré après 14 ans de coma. Un soulagement pour la vielle garde que composent les Sadurní, Rifé, Rexach, Asensi ou Gallego… La ville est en fête, la senyera, le drapeau catalan interdit, fait son nid au sein de la foule lors de l’accueil des joueurs par le maire Enric Masó, Barcelone ne cache plus. Comme le dit si bien le Cholo Sotil, ¡ Mamita, campeonamos ! Si la troupe de Michels, et Cruyff en particulier, s’offre ce jour-là un totem d’immunité éternelle auprès des fans culés, le Barça retombe rapidement dans ses travers. La direction néerlandophile sacrifice la malice de Sotil à la testostérone de Neeskens, Leeds ne fait pas de quartier lors de la demi-finale de Coupe des clubs champions, Paco le soldat exemplaire, miné par un corps en lambeaux, vit ses derniers paseos sur les Ramblas.

« Mon engagement sur un terrain de football était total, j’étais un de ceux qui mouillaient le plus le maillot. » Paco Gallego
Tirant un trait sur une décennie blaugrana, comme sur la sélection quelques mois auparavant, s’évitant par la même occasion la tragédie de Katalinski, Paco, amoindri par une blessure au ménisque, cède aux avances de son club formateur promu en 1975. Son recrutement laisse sceptiques les partisans sevillans, le gaditano dissipe les doutes dès son premier match, en scorant face à Las Palmas. Mentor d’une formation rythmée par les prouesses du jeune Enrique Montero et les disparitions fréquentes et incompréhensibles du gambien Biri-Biri, Gallego accumule les belles prestations, de quoi alimenter les rumeurs d’un retour sous la tunique de la Roja. Rumeurs qui resteront lettre morte comme les espoirs de gloire inspirés par le duo argentin Héctor Scotta-Daniel Bertoni.
Célèbré comme il se doit pendant l’été 1979, lors d’une rencontre d’adieu entre ses deux amours, Séville et le Barça, Paco rechausse les crampons quelques semaines plus tard sous l’insistance de Miguel Muñoz. Sa participation au maintien de l’entité est anonyme mais sa présence tutélaire au sein des vestiaires n’est sans doute pas étrangère au soudain regain d’énergie d’un groupe promis à la guillotine… A l’heure du bilan, que garder de la carrière du gamin de Puerto Real ? Peut-on saluer, sans en faire trop, celui qui symbolise si bien les périodes les plus sombres de mastodontes de notre sport que sont la Roja et le Barça ? La réponse est oui, indiscutablement. Car Gallego était un grand défenseur, souverain sur les ballons aériens, carnassier dans les duels. Car il est synonyme de solidarité et d’abnégation. Car il est cette Espagne qui ne suscite jamais autant de tendresse que lorsqu’elle se fracasse la tronche contre des moulins…

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Qui d’autre que Khia et P2F pour proposer un portrait de Paco Gallego
? Vous trouviez que Sergio Ramos était une honte ? Passez votre chemin, petites natures. On a là un dur parmi les durs, un vrai salopard à côté duquel Ramos est un enfant de chœur. Mais à l’époque, comme le mentionne Khia, cela ne choquait personne ou presque.
Deux ou trois trucs que je sais de lui et que Khia n’a pas jugé utile de relever (quelle grandeur âme, ce Bético refusant d’accabler plus encore un Sevillista eh eh). Trophée de la ville de Séville, vers la fin des années 70, tournoi de préparation estival. Finale contre le Betis, ambiance délétère, les mauvais coups succèdent aux mauvais gestes. Lors de la remise des prix, Gallego échange des coups avec les supporters beticos, ça tourne à la bataille rangée entre hinchadas jusque dans les rues de Séville.
Quelques années plus tôt, en 1974 je crois, lors d’un match amical au Parc entre le Barça et une sélection de joueurs rémois et parisiens, Gallego brise la jambe de Carlos Bianchi sur une intervention sans aucun sens pour une rencontre de gala. Le père de Bianchi doit être maîtrisé pour éviter qu’il ne venge son fils. Pour Carlos, suivi par des clubs espagnols, sa chance de jouer en Liga s’évanouit.
On pourrait ajouter au crédit de Gallego la finale de las Bostellas 1968 au cours de laquelle il blesse Pirri (le Madrilène finit le match avec une fracture de la clavicule ou quelque chose comme ça)et bien d’autres actions crasseuses encore. Une autre époque !
Ah oui, exact. Je savais qu’il avait charcuté Bianchi. Je connaissais l’épisode de Pirri mais j’ignorais qui était le coupable.
Et j’ai découvert, en faisant ce texte, que Gallego était un surnom. J’étais persuadé que c’était son véritable nom de famille.
un surnom avec aucun rapport avec la Galice en plus.
Disons qu’en français, c’est le meilleur et le plus mauvais texte sur Paco Gallego. Et celui qui vient par la suite dans cette série, ce sera pareil. Haha
J’ai l’impression qu’il s’agit de Roberto Martinez de l’Espanyol en photo à la une. Très bel attaquant hispano-argentin qui réalise par la suite de belles saisons au Real.
Oui, je pense que tu as raison. Martinez, encore un qui finira par jouer pour l’Espagne, sans que l’on sache vraiment comment… Déjà, il fait parti des magouilles de passeport pour jouer en Liga, non ?
C’est pas sa version en tout cas :
« ailleurs, malgré votre statut d’international espagnol, vous avez rencontré des difficultés liées à la polémique entourant les joueurs nés en Espagne et considérés comme faux. De quoi il s’agit ?
J’ai rempli les conditions requises pour obtenir la nationalité. Mes quatre grands-parents étaient espagnols, et je n’avais pas pu jouer pour l’Argentine à cause d’une blessure contractée avant mon arrivée ici. Il y a eu quelques doutes, mais tout s’est arrangé à temps. »
Il arrive en Espagne, grâce au fameux Bogossian.
J’ai oublié l’essentiel : j’aime beaucoup ce texte.
Tonono et Juan Guedes, les martyrs de Las Palmas.
Guedes, Tonono, ça fait beaucoup en l’espace de quelques années effectivement.
Gallego, je le mettrais dans un onze historique andalou. En défense centrale avec Hierro. Ramos et Gordillo en latéraux.
Tu ne mets pas cet assassin de Campanal car il n’est pas né en Andalousie ?
Gordillo est né en Estremadure et je l’ai quand-même mis.
En défense, on est vraiment bien. Que des battants, capables d’apporter offensivement. Et mettre Gordillo en latéral, laisse une place au milieu. C’est chez les gardiens que c’est plus compliqué. L’Andalousie n’a pas sorti énormément de bons gardiens. Numéro 1, Guillermo Eizaguirre ?
Oui, Eizaguirre malgré son nom et ses origines basques !
Il aurait sans doute succédé à Zamora sans la guerre civile durant laquelle il s’engage aux côtés de Franco. Y a toute une histoire familiale derrière tout ça, de mémoire un attentat anarchiste contre son père qui était magistrat je crois.
Et si je veux continuer le onze, en étant un minimum logique sur les positions, ça donnerait
Navas-Del Sol-Isco. Le milieu me paraît pas mal. J’oublie certainement du monde…
Et là, gros dilemme en attaque. Collar, indiscutable à gauche mais qui choisir en ailier droit entre Juanito et Joaquin ? Et en avant-centre…Pas grand monde… Tristan, non. Peut-être Carlos d’Oviedo ? Je l’aime beaucoup mais ça fait un peu un seconde main par rapport aux autres. Kiko ? Mais ce n’était pas vraiment un avant-centre.
Campanal 1 si tu ne te limites pas aux Andalous de naissance ?
Campanal I, ce serait vraiment triché. C’est un asturien. Je mets Gordillo car il a grandi en Andalousie. Il me semble qu’il ne passe que quelques mois en Estremadure. Et plus que Campanal, l’avant-centre le plus important du foot andalou est certainement Juan Arza, un Basque. Arza, je le mets en numéro 1 pour le FC Seville.
En ailier droit, je tranche. Ça me fait mal de l’écrire mais je prends Juanito. Joaquin n’a pas réussi à passer le cap des grandes formations. Juanito si. Joaquin, déjà à Valence, il était derrière des Villa ou David Silva. Et alors qu’il aurait du en faire parti, il a disparu des radars internationaux quand ça commençait à être intéressant. Donc Juanito à droite. Sniff…
« En ailier droit, je tranche. Ça me fait mal de l’écrire mais je prends Juanito. » au lieu de Joaquin, … assassin haha
Objectif jusqu’au bout Ajde !
Héctor Scotta-Daniel Bertoni, c’était quand-même pas mal sur le papier. Bertoni venait juste d’être champion du monde. Et vraiment, j’aime beaucoup Enrique Montero, figure importante du Sevilla FC de l’époque. Un artiste, qui connaîtra quelques sélections au début des années 80, avant d’aller jouer avec Magico à Cadix.
Bertoni-Scotta c’était pas mal en effet ! J’avais inclus Scotta dans mon top San Lorenzo, il avait rejoint l’Espagne après son historique saison 1975 … et lui coupant toute chances d’être sélectionné avec l’Argentine… Par contre le champion du monde, Bertoni est arrivé plus tard après le Mondial. C’était pas terrible à Seville pour les deux ? le goleador Scotta au vu de ses stats il tournait à un peu plus de 0,5 but/match, même à Séville.
Non, statiquement, c’est vraiment pas mal. Scotta a une bonne moyenne et Bertoni claque 16 buts en liga pour sa deuxième et dernière saison. C’est plus au niveau des résultats collectifs.
Bertoni, Scotta… C’est le debut d’une grande tradition de cadors offensifs étrangers pour le FC Seville. Dans les années 60, il y avait Bautista le paraguayen, Bernardo Acosta, autre guarani un peu plus tard mais c’est pas le même standing. A la suite de Bertoni et Scotta, on verra Polster, Zamorano, Suker…Moins clinquants mais très importants Fabiano ou Kanoute. Ce que le Betis n’a jamais réussi à avoir dans son effectif.
Ben Yeder, Gameiro ou Negredo ont fait de belles choses récemment mais on est loin de la catégorie d’un Polster ou Suker. J’aimais bien Bacca également.
Baby Acosta a été une grande figure du Sevilla époque Merkel avant que ça ne gâte avec des choix de coachs étonnants, comme le farfelu grec Georgiadis, un Vic Buckingham en roue libre, ou un Ernst Happel venu se perdre en Andalouse.
Parmi les goleadores, quand Scotta et Bertoni partent, Seville fait appel au Puma Morete. Un flop !
Le problème, qui n’en est pas vraiment un, est qu’Acosta a autant scoré en d1 qu’en d2. Un peu comme Campanal I, qui est le meilleur buteur historique du club (269 buts mais la moitié en tant que pensionnaire de d2) alors qu’un Arza a plus de 200 buts, en comptant la Coupe, mais uniquement au plus haut niveau. Ce qui fait la différence.
Ah un warrior, j’aime bien, ça.
Y a-t-il une nostalgie de ce genre de profils et, surtout, de football en Espagne? La Furia y fut si longtemps une institution..
Nostalgie, suis pas certain. L’Espagne vit sa meilleure période sportive depuis 2008 avec un style bien différent. Même si de 2014 à 2022, elle s’est enfermée dans la gestion du ballon à outrance. Et les derniers warriors bordelines ont presque disparu. Ramos était un beau spécimen. Carvajal également mais des mecs comme Alba ou Busquets étaient plus truqueurs que violents.
Je pense que la dernière génération à avoir puisé dans la Furia est celle de Clemente de 94 à 98. Une génération pas évidente à battre mais à réactions, souvent trop tardives d’ailleurs. Qui n’était pas maîtresse de ses émotions. Ce qui n’est plus vraiment le cas pour les sélections dominantes espagnoles. Une défense avec des gars là pour mettre des bouchons. Les Nadal, Alkorta, Abelardo. Hierro, jamais le dernier non plus. Et des offensifs qui jouaient beaucoup sur la grinta. Luis Enrique, Amor, Caminero, Kiko…
Ça passait pas les quarts mais tu t’ennuyais pas avec eux.
La génération suivante de Camacho était déjà bien plus technique. Rien qu’en attaque. Raul et Morientes, c’est autres chose Salinas et compagnie. Les milieux sont techniques. Mendieta, Valeron ou dribbleurs comme Joaquin, Munitis ou De Pedro. C’est déjà une étape vers le tikitaka. Vraiment dommage pour 2002. Sans l’arnaque de la Corée, suis convaincu qu’ils tapaient les Allemands en demi-finale.
Merci!
J’aimais beaucoup le passage de Clemente ; c’est l’Espagne que j’aime.
Tiens, même époque : qu’est-ce qui s’est passé avec Julen Guerrero? Pas tout à fait à la hauteur des attentes initiales, si?
Julen, le problème, c’est qu’il est cramé à 25 ans. Alors, il explose très jeune à 18 ans mais sans de gros soucis physique dans mes souvenirs, il n’est déjà plus le même à partir de 99. Fernandez avait déjà un peu remis en cause son statut.
Exteberria, Urzaiz ou même Yeste lui passent devant. Et ses dernières saisons jusqu’en 2006 font de la peine. Et je suis persuadé que si il continue, alors qu’il est devenu un joueur de complément, c’est qu’il est omnibulé par la barre des 100 buts en championnat. Un peu comme Cissé en Ligue 1. Il y arrive douloureusement et arrête sa carrière à 32 ans à peine. Plus de peps, perte de confiance, un peu comme le Niño Torres à son passage à Chelsea. Torres et ses conduites de balles après 2010…
Des idoles juvéniles qui se sont brûlés les ailes sous la pression. Julen avait signé un contrat à vie avec l’Athletic et était le fantasme de plein d’adolescentes quand il débutait. Trop lourd certainement à porter.
Faut dire que le beau Julen, il avait un peu quelque chose d’Alain Delon. Un peu.
Julen, c’était de l’idolâtrie à Bilbao. Pas certain qu’un joueur ait connu une relation similaire par la suite. Pas même un Nico Williams qui devrait avoir une carrière plus aboutie si tout va bien.
Khia, tu veux pas faire un top de l’ Athletic Club ? hehe
Ah Guerrero, classe. Y’a des joueurs comme ça, tu les vois 2 ou 3 fois dans ta vie, et ça reste dans tes souvenirs, comme un cador…. Le même effet avec Julen vu trois fois à la télé à tout casser avec le maillot basque ou espagnol (ou même que avec le maillot espagnol peut être bien) mais assez pour le mettre dans un coin, comme un joueur que j’ai l’impression d’avoir suivi des années, alors que non. Par contre il m’a donné beaucoup sympathie pour l’AC Bilbao, et ça le reste toujours, avec sa clique de Urzaiz, Joseba Extebarria,
Ajde. Je me refuse à choisir entre Gainza, Iribar et Zarra. Donc non, haha. Mais il faudrait faire un top 50 de la force basque, c’est l’épicentre du foot espagnol.
Et moi aussi, si l’Athletic est un club que j’adore, c’est bien pour Julen. Qui doit sa chance à Heynckes d’ailleurs. Mais on reparle de l’Athletic bientôt.