Sete Bolas de Ouro, doze Ligas dos Campeões, quatro semifinalistas de Campeonatos do Mundo, dois campeões da Europa e cinco lendas do futebol português. É assim que termina o nosso ranking!
Sept Ballons d’Or, douze Ligues des champions, quatre demi-finalistes de Coupe du monde, deux champions d’Europe et cinq légendes du football portugais. C’est ainsi que se termine notre top!

« Je sais que je ne suis pas né au Portugal mais je me considère comme portugais car je suis profondément reconnaissant envers ce pays qui m’a tant apporté. Vraiment très reconnaissant. J’ai essayé de rendre la pareille à son peuple en faisant ce que je sais faire de mieux : jouer au football. » Ils ne devaient pas être nombreux à prédire une si brillante carrière à Pepe. Le meilleur défenseur de la décennie 2010 à nos yeux… Né en 1983, à Maceió, dans le minuscule état d’Alagoas, Kepler Laveran Lima Ferreira porte les prénoms choisis par son père, inspirés par un astronome et un médecin lauréat du prix Nobel et doit son nom de scène au compagnon de route de Pelé à Santos, Pepe. Pas le plus doué sur une pelouse, il est repéré par hasard par un scout du Maritimo en 2001 et débarque au Portugal sans le sou. Une étape charnière selon lui : « Quand je suis arrivé du Brésil, j’avais l’équivalent de cinq euros sur mon compte. Et je me suis retrouvé au Service de l’immigration parce que j’étais venu seul, à 18 ans, et qu’il fallait un fax du Marítimo, attestant que je pouvais entrer au Portugal. Avec cet argent, j’aurais pu acheter une carte téléphonique pour appeler ma mère ou bien m’acheter un sandwich. Je n’avais pas mangé depuis des heures. Mais je me suis dit que j’allais rassurer ma mère. » Blessé pendant la préparation, il ne débute qu’en avril 2002 mais permet à son club d’obtenir une splendide sixième place. Désiré un temps par le Sporting de Boloni, Pepe fait ses classes à Madère, avant de rejoindre le champion d’Europe sortant, Porto, en 2004. Rapidement adopté par les fans du Dragão, il se fait expulser lors de son premier duel face à Benfica, gagne la Supercoupe et la Coupe Intercontinentale, ainsi que deux championnats et attire l’attention des mastodontes continentaux. Le Real Madrid rafle la mise en 2007.
Le tout frais naturalisé portugais découvre alors des Merengues groggys, à la recherche de leur identité, entre échec patent de la fin de l’ère des Galácticos et jalousie maladive envers le rival culé. Dans « ce cimetière aux défenseurs centraux », comme il aime à le souligner, Pepe, régulièrement sur le carreau, tarde à s’imposer et se fait surtout remarquer par son coup de sang incompréhensible en 2009, contre un joueur de Getafe déjà au sol. La sanction est lourde, son image désormais associée à la confrérie des bouchers-charcutiers, tout semble indiquer qu’il va rapidement disparaître du haut de l’affiche. Ce sera tout le contraire… Ayant accroché le wagon pour le Mondial 2010 d’extrême justesse, Pepe joue face au Brésil, en tant que milieu défensif et accueille l’arrivée de la nouvelle colonie portugaise à Madrid avec soulagement. Homme de devoir et confiance de Mourinho, il est enfin indiscutable, offre ses tripes sur le terrain et réalise une belle partition lors de l’Euro 2012. En froid avec José qui agite sadiquement la chair fraiche de Varane sous son nez, Pepe est primordial lors de la campagne européenne 2014 du Real mais refuse de participer à la finale plutôt que de pénaliser son équipe, ce dont Ancelotti lui sera gré. A 31 ans, assagi mais toujours aussi carnasier, Pepe entre dans son âge d’or.
2016 est son millésime. Remportant sa deuxième Ligue des Champions, Pepe s’envole vers la France et s’octroie ce titre continental espéré par des générations de fans. Un tournoi majuscule et une parade à Lisbonne qui ne l’est pas moins : « Dès notre arrivée en France, nous avons ressenti l’affection des immigrés portugais. Cela nous a donné de la force. Et lors notre retour triomphale, nous étions escortés par les avions de chasse jusqu’à l’aéroport de Lisbonne. Les portes se sont ouvertes, c’était noir de monde, le pays s’était arrêté pour nous accueillir. C’était un moment magnifique… » A nouveau couronné face à la Juventus un an plus tard, Pepe quitte le Real après 10 ans de bons et loyaux services, avant de rejoindre Besiktas de son ami Quaresma et de finir sa carrière à Porto à 41 ans. Un palmarès long comme le bras, une deuxième patrie à jamais et des actes souvent répréhensibles mais la définition idoine de ce que doit être un défenseur d’élite. Hargneux, solidaire et tenace…

12 juin 2000, 21 h 04, PSV Stadion d’Eindhoven. Pour son entrée dans l’Euro, le Portugal est mené 2-0 par l’Angleterre après deux buts de McManaman et Scholes, tous deux servis par Beckham. Dans un groupe également composé de l’Allemagne, championne d’Europe en titre, et de la Roumanie de Hagi, une défaite serait presque synonyme d’élimination. Keagan, le sélectionneur anglais a le sourire, tandis que les supporters portugais devant leur télévision sont atterrés. C’est alors que le numéro 7 portugais, leader technique de l’équipe, récupère le ballon au milieu de terrain, avance jusqu’aux trente mètres et envoie un missile en pleine lucarne. C’est le début de la révolte. Le Portugal s’impose finalement 3-2 dans l’un des matchs les plus marquants de son histoire. Figo ne soulèvera pas le trophée quelques semaines plus tard, une histoire de penalty face à la France, mais il aura fait franchir un pallier à son équipe.
5 juillet 2006, 22 h 22, Allianz Arena de Munich. Le Portugal est mené par la France, encore une histoire de penalty. Un jeune Cristiano Ronaldo, encore redoutable sur coup franc, envoie une frappe flottante que Barthez repousse difficilement. Le ballon retombe sur Figo à six mètres du but. Sa tête s’envole au-dessus de la barre. Il ne marquera pas. La France élimine une nouvelle fois le Portugal. Entre ces deux moments, celui qui est devenu capitaine de la sélection a connu l’échec retentissant du Mondial 2002 et vu la Grèce lui enlever, ainsi qu’à toute sa génération, un titre européen qui semblait lui tendre les bras en 2004. Ces deux scènes résument parfaitement la carrière internationale de Luís Figo : un leader capable de tirer son équipe vers le haut, mais incapable de l’emmener jusqu’au titre suprême.
Né à Almada et élevé à Cova da Piedade, il est très tôt repéré par Aurélio Pereira, le recruteur légendaire du Sporting. Il rejoint ainsi les Lions à seulement 13 ans. Dès son plus jeune âge, il est appelé dans les sélections de jeunes et profite du travail, trop souvent oublié, de Carlos Queiroz, qui révolutionne alors la formation portugaise. Le 1er avril 1990, à 17 ans, il dispute son premier match avec l’équipe première du Sporting. Il racontera plus tard dans son autobiographie : « Je pensais que je ne jouerais pas lorsque le coach m’a demandé d’aller m’échauffer. Je n’étais pas très nerveux. Je me suis levé du banc, j’ai commencé à courir le long de la touche et, à trois minutes du terme, je suis entré à la place de Marlon. Mon rêve venait de se réaliser. Moi qui, lorsque j’étais enfant, partais plus tôt de chez moi pour regarder les entraînements, j’étais désormais sur le terrain avec eux, devant 15 000 spectateurs. » Pendant deux saisons, il ne dispute que cinq rencontres, mais fait partie de la génération dorée qui remporte la Coupe du monde juniors en 1991.

C’est lors de la saison 1991-1992, sous les ordres de Marinho Peres, qu’il devient un titulaire à part entière. Dans le même temps, Queiroz, devenu sélectionneur de l’équipe nationale, l’appelle chez les A. Ancien ingénieur, natif du Mozambique et sans carrière de joueur professionnel de haut niveau, Queiroz est une figure à part dans le football portugais. Il a appris son métier à l’université et préfigure toute une génération d’entraîneurs portugais davantage professeurs qu’anciens joueurs. Son destin est intimement lié à celui de Figo. Quelques années plus tard, les deux hommes se retrouvent au Sporting. Sous les ordres de Queiroz, Figo franchit un cap décisif. Il devient le patron du Sporting, l’un des meilleurs joueurs portugais de sa génération et l’un des talents les plus convoités d’Europe. Son rêve est alors de rejoindre la Serie A, le championnat qui domine le football européen. Mais un imbroglio contractuel éclate lorsqu’il signe simultanément des accords avec la Juventus et Parme. La fédération italienne décide alors de lui interdire toute signature dans le championnat pendant deux saisons. Figo prend finalement la direction du FC Barcelone et quitte le Sporting avec une seule Coupe du Portugal à son palmarès.
Le Barça, qui vient de terminer quatrième de Liga, trouve rapidement en lui son nouveau leader technique. Figo devient l’idole du Camp Nou. Il remporte une Coupe d’Espagne, une Coupe des Coupes face au PSG, puis deux championnats d’Espagne. Son Euro 2000 achève de le consacrer parmi les meilleurs joueurs du monde. C’est pourtant à ce moment qu’il réalise l’un des transferts les plus controversés de l’histoire du football. En 2000, il quitte Barcelone pour rejoindre le Real Madrid contre plus de 60 millions d’euros, un record mondial à l’époque. Florentino Pérez lance alors son projet des Galactiques en recrutant celui qui deviendra le deuxième Ballon d’Or portugais après Eusébio. Sa « traitrise » sera immortalisée par l’accueil du Camp Nou à son retour, avec la fameuse tête de cochon jetée sur le terrain. Mais finalement cela ne touche pas Figo, à Madrid il remporte une Ligue des champions et deux nouveaux titres de champion d’Espagne. En 2005, comme beaucoup de stars avant lui, il est poussé vers la sortie par un club qui ne fait pas d’états d’âme pour ses stars passées de mode. Il rejoint alors enfin la Serie A sous les couleurs de l’Inter Milan. Dans un championnat moins compétitif que quelques années auparavant, il ajoute quatre titres de champion d’Italie à son palmarès.
Au total, Figo dispute 127 matchs avec la sélection portugaise, un record à l’époque, joue plus de 900 rencontres professionnelles et distribue près de 300 passes décisives. Pendant plus de quinze ans, il incarne l’élégance sur un terrain de football. Ses centres millimétrés, ses dribbles simples mais terriblement efficaces, ses changements de rythme et ses coups francs font de lui l’un des meilleurs joueurs européens de son époque. Plus froid, plus pragmatique et peut-être moins romantique que Rui Costa, il devient naturellement le leader de toute une génération. Une génération qui échouera toujours à quelques marches du sommet, mais qui replacera définitivement le Portugal parmi les grandes nations du football mondial. Et pendant un temps, celui d’une tête ratée, Luís Figo aura même semblé capable de rejoindre Eusébio tout en haut de la hiérarchie du football portugais.

O Monstro Sagrado, c’est une allure folle. Buste droit, fine moustache, cuisses puissantes capables de catapulter la balle de n’importe quelle distance, son aura dépassait largement les frontières de son football domestique. Le « Didi portugais » est né en 1935 sur l’ile d’Inhaca, au Mozambique. Fils d’un père portugais et d’une mère mozambicaine, il s’essaie à la boxe, au basket-ball et à l’athlétisme, avant de se fixer au football. Son physique avantageux, acquis après des heures et des heures à grimper à la recherche de mangues ou de noix de cajou, fait des ravages et il rejoint la filiale de Benfica à Maputo, avant de faire le grand saut pour l’Europe. Nous sommes en 1954 : « J’ai atterri à Lisbonne après un voyage de 34 heures. Un tour du monde ! Et dès mon arrivée, je n’avais qu’une envie : partir. J’étais arrivé comme une star mais Otto Glória ne comptait pas sur moi, je n’étais pas titulaire. En plus, ils ont essayé de m’arnaquer avec le contrat. Mon père m’a conseillé de rentrer, j’ai fait mes valises et je ne suis reparti que parce que le majordome de la maison avait reçu l’ordre de m’en empêcher. »
L’année de l’inauguration du Stade de la Luz, Glória le fait descendre au milieu où sa technique, sa frappe puissante et précise et son esprit de sacrifice font un ravage. Pendant 16 ans, Coluna dicte le tempo de Benfica, s’offre un palmarès sans égal et devient une référence mondiale. Capitaine des Águias après le départ de José Aguas, Mário a l’honneur de mener l’équipe du Reste du Monde face à l’Espagne, à Chamartín, pour le match d’adieu du légendaire Zamora et ne quitte plus les discussions des passionnés. Coluna est le phare à suivre lors des tempêtes et il n’est étonnant qu’il ait pris sous son aile le jeune Eusébio lors de son arrivée à Lisbonne. Dans une lettre restée célèbre, la mère de la jeune Pantera Negra supplie Monsieur Coluna de veiller sur son fils, car ils ne connaissent personne au Portugal. Mário prend cette demande à cœur, devenant le parrain officieux d’Eusebio, puis, des années plus tard, le parrain officiel de certains de ses enfants. Un lien filiale résumé dans la requête d’Eusébio lors de la finale de Coupe des Clubs Champions 1962, face au Real, alors que le score est de trois partout : « Monsieur Coluna, puis-je tirer le penalty ? » Mário acquiesce, le Benfica remporte son dernier titre continental.
Élément indispensable du superbe parcours de la Seleçao lors du Mondial 1966, Coluna quitte Lisbonne en 1970, en décembre où le gratin du foot européen, les Cruyff, Bobby Moore, Luis Suárez ou Djazic, accourt afin de lui rendre un dernier hommage. Il découvre la Capitale de Gaules pour une dernière pige, avant de devenir entraîneur, ministre des Sports et président de la Fédération de son Mozambique natal. Un esprit fort et respecté de tous, exemplaire, hermétique à la pression extérieure qui refusa obstinément d’abandonner ses coéquipiers, lors de la finale de 1963, face au Milan AC, bien que blessé. Un cador dont le décès en 2014, quelques semaines après celui d’Eusébio, passa quelque peu au second plan mais qui fit dire en son temps au chevronné coach roumain Stefan Kovacs que « Benfica sans Coluna, ce n’est plus Benfica. » Pilier légendaire des Águias, capitaine le plus classe de la Seleção, son meilleur milieu de terrain, et de loin, un podium amplement mérité pour celui qui symbolise si bien le nom de ce top 50. Imortal…

« Mes sœurs sont venues me dire au revoir. Elles portaient des lunettes de soleil et j’ai vu des larmes couler sur leurs joues. J’ai gardé cette image en tête dans l’avion, et ce fut sans doute l’un des moments les plus douloureux de ma vie. Et j’ai pleuré, bien sûr. » Cristiano Ronaldo est né en 1985, à Madère. D’un milieu modeste, son second prénom est un hommage à Ronald Reegan dont son père admirait la carrière cinématographique et politique. Volontaire et ambitieux, la rumeur d’un talent incomparable sur l’île arrive aux oreilles de Marques Freitas, président de la branche madérienne du Sporting qui s’empresse de refiler l’info à la maison-mère. Cristiano n’a que 12 ans : « C’était en 1997, début d’année. Janvier ou février. On nous a parlé d’un garçon très talentueux, vraiment très talentueux, différent des autres. Très individualiste, avec du caractère, n’aimant pas perdre, râlant souvent contre ses coéquipiers, très compétitif et jouant déjà avec les joueurs bien plus âgés. »
Nacional, son club d’alors, accepte de céder le joyau aux Leões le 3 juin de cette même année, contre un montant de 25 millions d’escudos. Cristiano fait mieux que confirmer les attentes, il les surpassent et rejoint Alcochete, lieu du centre de formation du Sporting, avec trois ans d’avance. Vitesse d’exécution fulgurante, jeu aérien, frappe déjà précise, il est un ovni qui fascine autant qu’il exaspère, dira de lui Aurélio Pereira, un des ses premiers coachs. Rien n’est pourtant simple pour le jeune exilé. Seul à Lisbonne sans cette famille qu’il chérit plus que tout, jalousé ou moqué pour son accent, Cristiano lutte pendant des mois contre cette satanée saudade qui le poursuit sans répit et se construit un personnage d’individualiste forcené qui en agace plus d’un. Mais sur une pelouse, impossible de passer à côté de son talent, les sélections juniors s’accumulent à vitesse grand V jusqu’à l’appel de Lazlo Boloni en 2001.
A 16 ans, Cristiano participe aux amicaux de l’été et marque son premier but contre l’Atletico. Une réalisation qui en appellera d’autres face aux Colchoneros… Laissé en jachère avec la réserve pendant la saison où Mario Jardel tutoiera les étoiles, Cristiano fait ses débuts officiels le 14 août 2002, lors d’un match nul 0-0 contre l’Inter Milan au stade José Alvalade, comptant pour le tour préliminaire de la Ligue des champions. Une compétition qu’il se promet de faire sienne… Si le Sporting ne réussit pas à conserver son titre national, le gamin de Madère épate la galerie, distille généreusement les grigris qui feront la renommée de sa première partie de carrière et tape dans l’œil d’un certain Alex Ferguson le 6 août 2003. C’est véritablement le tournant de son existence. Le Sporting s’impose 3-1, Ronaldo rend chèvre l’arrière-garde mancunienne, Sir Alex paie illico la clause de 15 millions qu’avait fixée le Sporting. Aurélio Pereira, son ancien mentor, est convaincu de la réussite de son poulain : « Il si rare de trouver un garçon de cet âge qui possède déjà des qualités de leader, de résilience et cette intelligence de jeu. Dès son plus jeune âge, il avait déjà une compréhension de son corps, de la façon dont il devait positionner son pied, exploiter certains moments, et, fort de cette compréhension, il a toujours essayé de la perfectionner. » Cristiano le dribbleur fou s’envole pour la Perfide Albion en 2003. La suite ? Vous la connaissez mieux que nous…

Nous avons déjà eu l’occasion de dire beaucoup de choses sur Eusébio. Sur son enfance, son arrivée rocambolesque au Portugal, sa carrière au Benfica, sa Coupe du monde ou encore son aventure américaine. Dans ce portrait, nous allons surtout essayer d’expliquer pourquoi nous l’avons placé à la première place de ce classement, malgré le fait qu’il soit derrière son dauphin sur la plupart des critères objectifs : palmarès, statistiques en club ou en sélection notamment. Dans ce top, nous avons constamment privilégié l’émotion aux statistiques. Pas notre émotion personnelle, mais celle qui nous semblait collective. Quel joueur a eu le plus grand impact sur le football portugais ? Quel joueur a le plus marqué les passionnés du pays ? Nous ne voulions pas non plus tomber dans la caricature parfois associée à notre site. Oui, nous aimons les vieilles gloires et les figures du passé, mais non, nous n’allions pas automatiquement choisir le plus ancien. Ce choix n’a pas été facile, mais il a été longuement réfléchi.
Comme Cristiano Ronaldo, Eusébio arrive à Lisbonne déraciné de sa terre natale. Le fossé semble plus grand dans son cas. Si le natif de Madère a parfois été moqué pour son accent, il paraît évident que le jeune Mozambicain a dû affronter des formes de discrimination bien plus profondes. Il débarque dans un football portugais en pleine mutation. Otto Glória puis Béla Guttmann ont déjà transformé le Benfica, passé du statut de second rôle européen à celui de champion d’Europe. Un premier sacre obtenu sans Eusébio, absent de la finale, mais qui va très vite devenir l’élément central du projet. Il devient alors le joyau du Benfica, son porte-drapeau, le symbole d’une équipe qui disputera quatre finales de Coupe d’Europe des clubs champions dans les années 1960. Surtout, il devient le premier joueur portugais considéré comme l’un des meilleurs joueurs du monde, voire le meilleur joueur européen de son époque. Le Portugal, passionné de football depuis le début du siècle, possède enfin une figure capable de rivaliser avec les plus grands et de montrer au reste du monde que ce petit pays pouvait lui aussi produire un champion.
Et ce champion était noir, né en Afrique. Si la dictature salazariste tenta naturellement de récupérer cette image à des fins de propagande, le symbole n’en demeurait pas moins puissant. Pelé et Eusébio étaient alors considérés comme les deux meilleurs joueurs du monde. Vingt ans après la chute du nazisme, voir les deux plus grandes stars du football mondial être des hommes noirs avait quelque chose de profondément marquant. Mais tout cela relève encore de la symbolique. Or, ce qui nous intéresse avant tout ici, c’est le football. Et c’est bien sur le terrain qu’Eusébio fait définitivement pencher la balance.
Alors que Cristiano Ronaldo aura disputé six Coupes du monde et une dizaine de grandes compétitions internationales au total, Eusébio n’en jouera qu’une seule. Pourtant, cette unique participation surpasse toutes celle de Cristiano dans l’imaginaire collectif portugais. Pendant un mois d’été, il redonne de la joie à un peuple enfermé dans la grisaille de la dictature. Pendant un mois, il semble voler au-dessus du jeu. Les buts s’enchaînent, les exploits aussi, et il porte presque à lui seul le Portugal jusqu’à une demi-finale historique. Aujourd’hui encore, sa Coupe du monde 1966 figure parmi les plus grandes performances individuelles jamais réalisées dans l’histoire de la compétition. Cela ne débouchera pas sur un titre, mais l’impact est immense. Des générations entières de Portugais garderont le souvenir de cet été-là. Dans un pays où les clubs ont longtemps occupé une place plus importante que la sélection nationale, le Mondial anglais de 1966 réussit l’exploit d’unir les Portugais, où qu’ils se trouvent dans le monde, derrière une même équipe. Eusébio a montré au Portugal qu’il pouvait viser les sommets. Qu’il avait sa place parmi les grandes nations du football.
Oui, Cristiano Ronaldo a remporté l’Euro 2016. Oui, son palmarès est supérieur. Mais son tournoi n’a jamais atteint la flamboyance de celui réalisé par Eusébio en 1966. Et surtout, ces dernières années, durant lesquelles il a parfois semblé imposer sa présence en sélection malgré un rendement en baisse, ont pesé dans notre réflexion. S’il avait quitté la scène internationale après la Coupe du monde 2018 ou même après l’Euro 2020, peut-être que notre classement serait différent. Mais ses dernières compétitions où il donne l’impression d’avoir pris la sélection en otage ternissent son image. Bien entendu les positions peuvent encore évoluer. Après tout, l’histoire n’est jamais figée, une victoire dans un mois et Ronaldo doublera définitivement Eusebio. Mais aujourd’hui soixante ans pile après l’épopée anglaise des Magriços, lorsque l’on cherche le joueur qui a le plus marqué l’histoire du football portugais, celui qui a suscité le plus d’admiration, d’émotion et de fierté collective, notre numéro un reste encore la Panthère noire.

Em colaboração com meu amigo Khiadiatoulin !
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Obrigado, meu amigo !
Je confirme les propos du vénérable Fred, Obrigado !
Merci les gars.
De nada!
Bravo les gars ! Et réussir un classement des 50 meilleurs joueurs portugais sans être accusés de complot par les supporters de Benfica, de Porto et du Sporting, c’était pas facile.
Eheh surtout car ils ont arrêté de venir. Je vais les relancer et on verra bien!
On attend Rui pour une brillante démonstration (en toute objectivité bien sûr) de la supériorité d’Eusebio sur Pelé eh eh
On a jamais eu d’hésitation. Mais ce choix ne va pas plaire à tout le monde. Mais faut voir en direct ce que représentait Eusebio. Il était au-dessus du lot dans les années 60. Et franchement, Cristiano, ne pas avoir une immense compétition internationale en autant dr tentatives…
Ahah non je n’oserais pas.
Eusebio est plutôt reconnu à sa juste valeur. Il aurait dû avoir un ou deux ballon d’or de plus mais au fond on s’en fiche.
Matateu moins, pour le coup lui s’il avait été brésilien il aurait eu une autre reconnaissance.
Chalana on oublie son talent mais sa carrière a été tellement courte. C’est un Futre avant l’heure.
Rui Costa n’a pas le palmarès qu’il méritait mais il a une belle côte d’amour.
Vous n’avez rien lâché, c’est bien’g.
Coluna et Eusebio meurent peu ou prou de la même chose, non?
Sait-on ce qui poussa Coluna à s’investir dans le football mozambicain plutôt que portugais? S’en est-il déjà expliqué?
En faisant ce top j’ai surtout eu la confirmation de ce que je voyais depuis quelques temps. Les joueurs portugais sont souvent morts jeunes. Surtout les plus forts. Peut-on en tirer une conclusion qu’il y avait du dopage?
Pas sûr, les conditions de vie jouent aussi. L’espérance de vie moyenne au Portugal n’était pas folle. Mais ça reste troublant.
Les causes de la mort sont variées cependant.
Et ça a donné quoi, Coluna à Lyon?
Pente douce, il me semble. L’OL a les belles générations Combin et par la suite Di Nallo-Chiesa-Lacombe mais entre, c’est plutôt discret, il me semble. Par contre, j’ignore comment il a pu débarquer à Lyon.