La Coupe du monde rêvée (2/5)

Amérique Europe Uchronie Pinte2foot

« Je suis un être à la recherche
Non pas de la vérité
Mais simplement d’une aventure
Qui sorte un peu de la banalité »
Partenaire particulier, Partenaire particulier, 1985.

Il fallut alors passer à la phase pratique. D’abord, quel dédommagement pour les clubs qui prêtaient leurs professionnels ? Problème de comptabilité, discipline peu grisante, que nous passerons donc sous silence. Ensuite, championnat, coupe ou un peu des deux ? Dans les tournois olympiques, chaque tour était un knock-down. L’équipe qui faisait le déplacement depuis l’autre bout du monde pouvait repartir après un seul match. Tant de kilomètres parcourus pour si peu de minutes jouées. C’était inamical, alors l’Uruguay opta pour une solution hybride : chaque équipe qualifiée jouerait au moins trois matchs dans une formule championnat, puis une formule coupe départagerait les meilleurs.

On décida de 16 qualifiés, répartis dans quatre groupes de quatre, puis des quarts, demis, finale. Et match pour la troisième place, survivance des Jeux où il fallait désigner les récipiendaires de la médaille de bronze. L’Europe, continent majeur, aurait 10 places garanties. L’Amérique du Sud, déjà organisée en confédération tant la FIFA était européanisée, s’en gardait quatre. L’Amérique du Nord et les Caraïbes héritaient des deux dernières.

Illico presto, on procéda au tirage au sort… Pardon ! on désigna les groupes. Il ne faut pas se leurrer : les éliminatoires de la Coupe du monde 1930 étaient des supercheries. Honteusement déséquilibrés, ils devaient permettre d’assurer la place des cadors en Uruguay. Ainsi, en Amérique du Sud, deux groupes furent constitués. Chacun devait permettre de désigner deux qualifiés. Le premier fut constitué de l’Argentine, du Chili et de l’Uruguay ; le second du Brésil, de la Bolivie, du Paraguay et du Pérou. Etant donné la difficulté des transports à l’époque, tous les matchs d’un groupe avaient lieu dans une même ville : Montevideo pour le premier groupe, Rio pour le deuxième. Autant dire que, de la sorte, la porte menant à la Coupe du monde était grande ouverte pour les Argentins, les Brésiliens et les Uruguayens.

En Europe, deux places furent instantanément réservées pour les « créateurs du jeu ». Encore toute pétrie d’anglomanie, l’Europe promettait aux Britanniques de venir en force sur des terres qui firent jadis partie de leur empire « informel ». Le British Home Championship, compétition annuelle disputée par l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande, servait d’éliminatoire : les deux premiers iraient à Montevideo.

Le programme du match décisif du British Home Championship 1930, remporté par l’Angleterre (5-2) contre l’Ecosse à Wembley.

La péninsule ibérique eut droit à une place : un aller-retour entre l’Espagne et le Portugal. Les francophones, ou presque, se retrouvèrent dans un groupe que les Français arrogants espéraient dominer sans coup férir : France, donc, Belgique et Suisse. L’Italie, médaille de bronze aux Jeux d’Amsterdam, se vit attribuer un groupe plutôt fastoche : une première éliminatoire en aller-retour entre la Grèce et l’Egypte, dont l’Italie affronterait le vainqueur. Toujours en Europe du Sud, les Turcs devaient défier la Yougoslavie avant que le vainqueur ne rencontrât l’Autriche. Quant à la Hongrie, autre nation dominante de l’époque, elle se verrait opposer le vainqueur de Roumanie-Bulgarie. La Tchécoslovaquie, de son côté, aurait à disposer du vainqueur du duel (historique à maints égards) entre la Pologne et la Lituanie. Et les autres républiques baltes, toujours friandes de se montrer dans le champ sportif pour affirmer leur indépendance vis-à-vis de l’ogre russe, se départageraient avec la Finlande (encore un Etat détaché de l’Empire russe effondré) afin d’obtenir l’honneur de se faire éliminer… Pardon ! afin d’obtenir l’honneur de rencontrer la Suède. Enfin, du côté de la mer du Nord, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Norvège formèrent un groupe. Personne n’a rien compris ? Ce n’est pas grave, il ne faut pas s’en cacher : c’était fait pour. Les meilleurs seront au rendez-vous, en Uruguay, voilà l’essentiel. L’équité… Ma bonne dame ! franchement…

En effet, il faut être réaliste, le public est ce qu’il est. Il y a 100 ans, comme aujourd’hui, il se passionne plus facilement pour quelques noms ronflants que pour des promesses exotiques. Ainsi, un Italie-Ecosse ou un Argentine-Tchécoslovaquie l’attire toujours plus qu’un Egypte-Lituanie ou un Yougoslavie-Pérou. Et s’il faut lui donner ce qu’il veut et ainsi bien remplir les caisses de la FIFA et de l’AUF, on fera ce qu’il faut. C’était là, précisément, l’une des critiques majeures de Hugo Meisl à l’encontre de la Coupe du monde : si elle est organisée en un seul pays, et donc sans matchs aller-retour, elle passionnera moins les foules. De son côté, le génial sélectionneur de l’Autriche avait promu la Coupe internationale qui voyait les sélections d’Europe centrale s’affronter en matchs aller-retour dans une formule championnat. Cela favorisait aussi le jeu autrichien, plus patient que le brutal jeu italien. Mais ceci, évidemment, est un détail…

En Amérique du Nord, des autoroutes furent tracées pour les Etats-Unis et le Mexique. Seuls Cuba et Haïti avaient osé se dresser sur la route des deux mastodontes. Les premiers se virent donc mis en face des Etasuniens, quand la demi-île s’organisa pour lutter avec les maîtres des hauts plateaux.

La phase qualificative

Les éliminatoires démarrèrent dès l’automne 1929. Le calendrier fut aménagé de telle façon que les Argentins et les Uruguayens ne se fatiguèrent pas trop : ils jouèrent d’abord contre le Chili. En trois jours, les Chiliens furent impitoyablement rossés, d’abord par les Argentins (5-0) puis par les Uruguayens (3-0). Le match entre l’Uruguay et l’Argentine fut annulé : les deux nations étaient qualifiées.

Dans l’autre groupe, en dépit d’une brouille entre fédérations qui priva la Seleção des joueurs paulistes – en premier lieu le vieillissant mais toujours précieux Friedenreich –, le Brésil imposa sa férule : 6-0 contre la Bolivie, 3-1 contre le Paraguay, 4-1 contre le Pérou. Le billet pour Montevideo était dans la poche, brillamment composté. Et ce furent les Paraguayens qui accompagnèrent les Brésiliens, après leurs victoires contre la Bolivie 3-0 et contre le Pérou 4-2.

En Europe, le BHC 1930 rendit le verdict attendu : l’Angleterre en pole position, et l’Ecosse juste derrière. L’Espagne, de son côté, ne fit qu’une bouchée du Portugal. Mal préparés, les Lusitaniens furent mâchés à Madrid par 9 buts à 0. Ils refusèrent de disputer le retour, voulant ainsi éviter une nouvelle humiliation. La France, dont le football n’était pas encore officiellement professionnel, assuma son rang : à Colombes, elle triompha des Belges (3-2) et tint le choc au Wankdorf (1-1). Après avoir bu la tasse en première mi-temps, les Français purent compter sur la classe de Villaplane afin de recoller et sur les arrêts de Thépot pour préserver le score. Dans le dernier match du groupe, au Vivier d’Oie, les Belges triomphèrent des Suisses (2-0). C’était moins une, mais l’équipe de France verrait l’hiver austral !

Scène de France-Belgique 1930 captée par le photographe du Miroir des Sports (15 avril 1930).

A Alexandrie, les Egyptiens en flanquèrent quatre aux Grecs qui ne demandèrent pas leur reste. Puis, trois semaines plus tard, ils se présentèrent à Rome pour affronter des Italiens qui les avaient battus de huit buts un an plus tôt. La leçon fut cette fois moindre : les représentants du gouvernement fasciste, après un salut bras droit tendu, se contentèrent d’un 6-0. Quant aux Turcs, comme 250 ans plus tôt, ils se présentèrent en vain aux portes de Vienne. Vainqueurs d’un duel terrible avec les Yougoslaves de Milutin Ivkovic et Ivan Bek (0-2, 2-1, 3-2), les Turcs durent s’incliner devant le jeu de passes autrichien. Sindelar et consorts dansèrent sur leurs ventres, humiliant les héritiers du sultan une première fois dans le cratère du Hohe Warte (5-0) avant de remettre le couvert dans celle qui s’appelait encore officiellement Constantinople (6-2). Une correction.

La Hongrie, bien que dispersant ses enfants aux quatre vents afin d’enseigner au monde la pratique danubienne du football, disposait encore de bien assez de talents pour se débarrasser des malheureux Roumains. Si les supporteurs roumains ne manquèrent pas dans le stade de Budapest et les supporteurs hongrois dans celui de Bucarest, tant la marqueterie ethnique de l’Europe centrale était alors complexe, les scores furent sans appel : 8-1 à Budapest et 7-2 à Bucarest. N’en jetez plus !

La Tchécoslovaquie, autre représentant éminent du jeu danubien, ne fit pas beaucoup plus de cas du pseudo-obstacle polonais. Rescapé d’un duel fratricide qui rappelait la République des Deux Nations, les braves Polonais durent essuyer les assauts incessants des maîtres praguois : 3-0 d’abord, puis 6-3 ensuite. C’en était assez ! Et la Finlande ne fut pas aussi patiente : après une défaite à Tallinn, elle se retira. La route était alors ouverte pour la… Lettonie, qui battit deux fois l’Estonie. Mais se fit cabosser par l’immodeste Suède : 11-2. On en resta là.

L’Allemagne, enfin, se défit sans trop de difficultés de la Norvège au Stade allemand (2-0) mais eut toutes les peines du monde à éliminer les Pays-Bas. Elle n’était alors pas la nation dominante qu’elle fut après la Deuxième Guerre mondiale. Les Pays-Bas, petits mais costauds, firent assaut de brio et de talent, à telle enseigne qu’ils triomphèrent d’abord à Oslo (2-0). Propre, net et sans bavure. Mais à Amsterdam, les coriaces Allemands tinrent bon et repartirent avec le point du nul (2-2). Il fallut donc jouer un match d’appui, une semaine plus tard, à Bruxelles. Les Allemands se permirent alors de flanquer un vibrant 4-1 à des Néerlandais déçus.

En Amérique du Nord, comme ailleurs, point de suspense. Les Américains, déjà convertis au professionnalisme, massacrèrent les Cubains dans trois matchs joués à Miami : 6-0, 4-3, 6-4. Ça rapporte ! Les Mexicains surent se montrer bons hôtes et accordèrent poliment aux Haïtiens un match nul (2-2), avant de les pilonner (7-0 et 6-1).

Dès lors, pour le tirage au sort de la phase finale, des têtes de série furent désignées : l’Angleterre, nanti de son prestige de créateur du jeu ; l’Uruguay, champion du monde et pays organisateur ; l’Argentine, vice-championne du monde ; le Brésil, autre grande puissance continentale. Les groupes furent les suivants :

Groupe A : Argentine, Italie, France, Mexique

Groupe B : Angleterre, Hongrie, Allemagne, Paraguay

Groupe C : Brésil, Tchécoslovaquie, Espagne, Suède

Groupe D : Uruguay, Autriche, Ecosse, Etats-Unis

17 commentaires pour "La Coupe du monde rêvée (2/5)"

  1. Alexandre dit :

    Je tolère ce révisionnisme peu élégant envers mes couleurs, car les confrontations directes FR-BE parlent pour la France en 1930, et parce qu’on s’en sort mieux que le Portugal, déjà ça de pris – je découvre d’ailleurs que ledit Portugal fut effectivement rossé 9-0 par l’Espagne en qualifs..quoique 4 ans plus tard.

    Pour le reste, je vais être meilleur public que ceux de ces grands pays, parfois autoproclamés, pour lesquels des voies royales sont de fait si régulièrement tracées. Et suivrai donc le reste de la compétition nonobstant ce scénario scélérat.

    S’il y a une justice, alors un arbitre belge devrait accorder un but décisif de la main pour l’Argentine contre la France, sinon c’est à désespérer.

    Mais vu que le GO a sorti la Belgique de l’équation , il ne devrait pas y avoir de referee du plat pays, bref : qui arbitrera la finale? Je parie que tu as mis un Français, éhéh..

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    1. bobbyschanno dit :

      Si, si, je vais pas me gêner : il y aura des arbitres belges. Et même un Allemand…
      Mais t’as raison que, de fait, il n’aurait pas dû y avoir d’arbitres belges. Oups !

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  2. Rui Costa dit :

    En 1930 le Portugal c’est encore meilleur que la France. Pas de beaucoup mais au-dessus quand même.
    Les Portugais en 1928 sont probablement la meilleure sélection européenne avec l’Italie et l’Espagne (Et sûrement l’Angleterre ) mais après les JO l’amateurisme et le manque d’unité et d’organisation de la fédé va être fatal, surtout que le pays est dans la tourmente.

    Le 9-0 a un sacré impact et a été un drame au Portugal. Il est surtout l’illustration de ce Portugal qui est passé en 3-4 ans d’équipe qui monte et qui compte à nation faible.

    Mais en 1930 je ne pense vraiment pas qu’ils n’auraient pris 9-0, ça c’est sur. Ils ne passent pas les barrages vu qu’ils ont nourri une sorte de sentiment d’infériorité mais si il y a un moment où les deux sélections étaient proches c’était bien cette fin des années 20. Et cela malgré le 5-0 encaissé en 1929 qui ne reflète pas la différence entre les deux pays qui s’affrontaient très souvent (au delà des sélections nationales, il y avait des matchs de sélections militaires, sélections régionales …)
    Et ces qualifications VS l’Espagne c’était vraiment un traquenard, tu joues ta bête noire qui te connait par cœur et surtout qui a un avantage institutionnel et politique. En 1947 le Portugal avait roulé sur l’Espagne en amical mais en 1950 ils prennent une rouste en qualifs…
    D’ailleurs ils sont invités à remplacer la Turquie après mais refusent car « la qualif c’est sur le terrain »…Quelle connerie, surtout une WC au Brésil, quasiment à la maison. Ils n’auraient pas gagné mais cela aurait pu favoriser les sélections suivantes.

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    1. Alexandre dit :

      Meillleur que la France ou la Belgique à la fin des 1920’s : c’est bien possible.

      Mais que le Portugal fût au-dessus de l’Autriche, de la Hongrie, de la Tchécoslovaquie, de l’Ecosse ou de la Suisse dans la moindre de ces années-là, c’est quand même très, très difficile à concevoir (et pas seulement parce qu’ils ne se sont quasi-jamais affrontés) ; ces équipes-là parvenaient à s’imposer en terres hostiles, elles.

      L’adjuvant de matchs joués à domicile ou en déplacement, a fortiori devant un public hostile, était beaucoup plus important que maintenant car c’était moins standardisé, et puis surtout parce que la pénibilité des déplacements, touristas etc… L’avantage de la nation-hôte était alors considérable – et particulièrement défavorable pour tout qui devait se déplacer jusqu’au coin inférieur gauche de l’Europe.

      C’est évidemment valable dans les deux sens, ceci dit et contrairement à d’autres : le Portugal n’existe pour ainsi dire jamais dès qu’il joue chez son adversaire dans ces années-là (et même tout au long des 1930’s). Vu de loin et pour l’époque, ça fait un peu penser à une Bolivie de l’Europe, à ce détail près que la distance remplace ici l’altitude.

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      1. Rui Costa dit :

        Ce que j’ai lu sur cette époque (fin des années 20) c’est qu’aucun terrain au Portugal n’a de la pelouse et que dès qu’ils sont à l’extérieur cela complique leur jeu. Inversement les sélection qui viennent au Portugal ont l’habitude des terrains en terre, vu que cela reste une surface courante partout.
        DE plus la sélection, comme beaucoup à l’époque, a très peu de stabilité, ce qui explique les différences d’un match à l’autre.
        Mais en plus des victoires à Amsterdam lors des JO, ou le nul obtenu à Paris en 1928, il faut ajouter les nombreux matchs réalisés par des sélections « non officielles », des tournées au Brésil, des matchs en Espagne et la plupart du temps les équipes portugaises tenaient la route.
        Tchécoslovaques et hongrois ont joué au Portugal sans gagner.
        Mais bien sur c’est difficile de savoir ce que valait réellement une sélection avec la différence entre extérieur et à domicile mais cette équipe de 1928 avait un gros potentiel et en grosse progression, et sans les troubles politiques du pays et les tensions à la fédération je suis sur que dans les années 30 la sélection aurait été très compétitive.

        Ensuite après la guerre, la dictature s’en tapait du foot (il a fallu que l’on ait le seul dictateur qui n’y voyait pas un objet politique) et la fédé était catastrophique. Dans les années 40, il y a une belle génération mais peu de matchs également, des belles victoires contre l’Espagne, la France, l’Irlande ou le Pays de Galles mais un 10-0 pris par les anglais donc compliqué à analyser.
        Dans les années 60 c’est le plus frustrant, pour le coup je suis persuadé que cette équipe était une des meilleures au monde (suffit de voir les résultats des clubs portugais en coupe d’Europe) mais la fédé était tellement amateure, sans influence ni ambitions que les résultats sont moyens (malgré la WC 66).
        Et globalement le Portugal a toujours eu un problème mental de craquer totalement sur certains matchs,en 1960 ils coulent en Yougoslavie en ayant dominé l’aller, ils ratent la WC 62 après une défaite au Luxembourg, en 63 ils tapent le Brésil mais se font éliminer de l’Euro 64 par la Bulgarie, en 68 c’est encore la Bulgarie…Après à partir de 68, politique oblique le Portugal et son foot rentre dans une nouvelle crise. Avant de redevenir une sacrée équipe dans les années 80, génération qui sera aussi sacrifiée par leur fédé (et les tensions de cons entre clubs) alors qu’il y avait de quoi viser un Euro ou une demi de WC.
        Maintenant on a Ronaldo…

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      2. Verano82 dit :

        J’ai l’impression que le Portugal fut comme la France a un moment, la championne des matchs amicaux, absente quand ça compte vraiment. Il ne faut pas accorder une grande valeur aux matchs amicaux d’avant-guerre hormis ceux opposant les grandes nations, où des questions de suprématie étaient en jeu.

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      3. Alexandre dit :

        CZ et Hongrois, oui. Mais, je viens de checker sur RSSSF : début 30’s, à l’occasion de déplacements au Portugal, défaite sur des marges étroites. L’idéal eût été de pouvoir en juger aussi à l’occasion d’un déplacement des Portugais en Mitteleuropa..et là, il est plus que probable que c’eût été une toute autre chanson : ce sont alors deux des épicentres du football européen, qui eux parvenaient régulièrement à des résultats probants en déplacement (ils les multiplièrent, et pas contre des pimpins).

        Hormis les JO d’Amsterdam, où les adversaires n’ont rien de foudres de guerre et viennent eux aussi de loin (victoires contre le Chili et la Yougoslavie, défaite face à l’Egypte) : ce sont un nul à Paris (or la France est particulièrement faiblarde, tiens : vaincue juste avant à domicile par des Belges..eux-mêmes pas foufous..), et pour le reste ce ne sont que des défaites jusqu’en 1937, en déplacement à..Vigo 😉 , à 20 kms de la frontière portugaise.

        Puis 10 ans encore avant de retrouver une victoire à l’extérieur, en Irlande.

        L’idéal serait de voir les matchs (c’est mort), les sélections semblent avoir été optimales.. Ca me laisse sceptique.

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      4. Rui Costa dit :

        Je pars du principe que les JO 1928 sont du niveau d’une coupe du monde, donc qu’il y a les meilleurs. Après si bobby et P. Arrighi disent n’importe quoi c’est autre chose, mes propos se basent sur leurs dires.
        En 28 le Portugal doit aller en demi, ils perdent comme des débiles contre l’Égypte dans un match qu’ils doivent gagner.
        Après ces jeux ils commencent vraiment à se passer un truc avec la sélection qui pour l’instant est embryonnaire et surtout drivé par 2-3 gars dont nous parlerons début mars.
        Sans les remous politiques qui vont arriver dès le début des années je suis persuadé que le foot portugais aurait continué sa progression. Fin des années 20 ils ont pas mal de joueurs au niveau international mais avec des entraînements trop insuffisants.
        Finalement avec l’arrivée de Salazar les clubs s’emparent définitivement du foot et la sélection est laissé de côté.
        Donc finalement la sélection portugaise va « avoir sa chance  » 2 ou 3 ans (dès 1932 ce n’est plus une priorité). Même après guerre d’ailleurs. Je pense que c’est le pays européen où le niveau de la sélection est le plus en inadéquation avec le vivier de joueurs au 20eme siècle. Les pays soviétiques eux maximisaient leur vivier grâce à leur organisation. Les pays du nord avaient l’influence et les moyens médicaux. Italie/Espagne/France étaient de plus grands pays avec une influence et des moyens différents.

        Après le Portugal était assez défaillant aux niveaux des techniciens, une des autres raisons de cette stagnation. Alors que les possibilités auraient pu en faire le meilleur pays européen, un Brésil d’Europe vu le réservoir africain , les liens avec le Brésil et le réservoir local.

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      5. Alexandre dit :

        1928 a valeur de « championnat du monde ».

        Les meilleures équipes en sont-elles pour autant? Il n’y a pas d’éliminatoires, y participent ceux qui s’inscrivent…..et qui en ont le droit.

        Les absents prestigieux sont donc très nombreux : Britanniques, Suède, Europe centrale. Essentiellement pour des questions liées au statut : c’est un tournoi amateurs – avec toutes les pincettes d’usage quand est question de ce concept.

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    2. Alexandre dit :

      A décharge des Portugais, s’être si souvent coltiné cette Espagne-là n’était pas une sinécure, il n’y a pas que pour le Portugal que c’était alors un épouvantail.

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  3. Khiadiatoulin dit :

    Je parierai pas chemise sur une qualification de la France au dépens de la Suisse. Entre 24 et 37, sur 8 rencontres, on est sur 4 victoires suisses contre deux françaises. Ils étaient meilleurs que nous.

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    1. bobbyschanno dit :

      On fait nul là-bas, à l’arrachée. Ils perdent en Belgique, on bat la Belgique chez nous. On se qualifie ric rac, mais on se qualifie. Maintenant, va te coltiner Argentine et Italie…

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  4. Khiadiatoulin dit :

    Quant aux Turcs, comme 250 ans plus tôt, ils se présentèrent en vain aux portes de Vienne.

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    1. bobbyschanno dit :

      Eh oui, l’histoire se répète.

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  5. Khiadiatoulin dit :

    Va avoir des matchs épiques dès le premier tour. Merci Bobby

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    1. bobbyschanno dit :

      On va voir ça…
      Je ne ferai pas le compte-rendu détaillé de tous : trop fastidieux et documentation lacunaire.

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  6. bobbyschanno dit :

    1928 est un championnat du monde, aucun doute là-dessus. Et la présence des Britanniques ou des Danubiens n’aurait rien changé à l’affiche en finale : Uruguay contre Argentine.

    Mais leur présence aurait affecté les tours précédents, et peut-être une équipe comme celle du Portugal n’aurait-elle effectivement pas fait un aussi beau parcours.

    C’est idem en 1930, même avec tout le monde, il ne faut pas se leurrer, la finale reste la même. Mais jamais États-Unis et Yougoslavie n’accèdent aux demi-finales. Ils avaient de belles équipes, mais pas au niveau des Danubiens ou des Italiens…

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