Retour sur l’affaire du départ de Bielsa de l’OM

Les faits

Vendredi dernier, le 30 septembre, les avocats de Marcelo Bielsa et ceux de l’OM se sont retrouvées au conseil des prud’hommes de Marseille, afin de déterminer l’issue d’un litige les opposant.

Ce dernier concerne une augmentation de rémunération mensuelle de 25% (185000€ nets par mois) prétendument promise par Vincent Labrune au cours de la première saison (ou lors de l’établissement du contrat, même s’il n’est pas fait mention spécifiquement dans les informations dont nous disposons, d’une éventuelle preuve manuscrite). Le club, alors représenté par le directeur général Philippe Perez et l’avocat de l’actionnaire majoritaire, Margarita Louis-Dreyfus, aurait à l’époque écarté l’augmentation salariale au dernier moment, entraînant potentiellement le départ de l’entraîneur argentin. Rappelons-nous les paroles de Marcelo Bielsa lors de la conférence de presse suivant son départ ; il disait en substance regretter « des changements de dernière minute de la part du club » sur les termes de son nouveau contrat, qui avaient « tout changé. Le travail en commun exige un minimum de confiance que nous n’avons plus » ajoutait-il.

Les représentants de l’ex-manager de Leeds, de Lille ou encore de l’Athletic Bilbao estiment aujourd’hui qu’il y a eu « une faute » et une « stratégie déloyale » de l’OM dans la gestion de son contrat, en rapport avec le non-respect de l’accord conclu avec le président de l’époque, Vincent Labrune, concernant l’augmentation prévue de son salaire. Les avoués concluent ainsi : « L’Olympique de Marseille a un peu magouillé le système ». Ils réclament en conséquence d’importants dédommagements : la totalité des salaires de la saison 2015-2016 majorés à 25% (environ 2,77 millions d’euros), un préjudice de notoriété de près de 180 000 euros, justifié selon eux par tout ce que Bielsa a subi dans la presse en terme de détérioration d’image, ainsi qu’un préjudice moral aux alentours de 20 000 euros.

De leur côté les représentants du club ont demandé au conseil des prud’hommes de débouter l’ancien entraîneur de toutes ses demandes. La procédure, engagée seulement en 2019, étant jugée largement prescrite par Maître Cristel Schwing, avocate du club. Par ailleurs, « les négociations entre le président Vincent Labrune, qui aurait donné son accord pour une augmentation de salaire de 25 %, et Marcelo Bielsa, n’engagent pas le conseil d’administration », a-t-elle estimé.

Le mystère Bielsa

Tout ce qui est résumé plus haut, ce sont les faits. Ou à tout le moins ce qui s’en rapproche le plus, car nous n’étions pas nous-mêmes au tribunal, malheureusement (c’eut probablement été particulièrement savoureux).

Mais qu’en est-il de ce qu’ils disent du départ le plus controversé du foot français de ces 12 dernières années (et oui, j’inclus Kombouaré après l’arrivée des Qataris…) ?

A l’époque, grand sympathisant du club, je me souviens m’être quasiment écharpé à ce sujet avec des amis, supporters de l’OM pour leur part, qui juraient à qui voulait bien les entendre qu’ils ne lui pardonneraient jamais à ce fada (dans le mauvais sens du terme). D’autres étaient plus mesurés, mais je me souviens que les discussions tournaient essentiellement autour des raisons de son départ (nous ne possédions pas une once des informations présentées ici-même), et que le consensus s’était fixé sur les promesses non-tenues supposées de Labrune… même si l’on envisageait bien plus les questions sur la composition de l’effectif ou la gestion des transferts, et de cette fameuse liste de joueurs à recruter que Labrune aurait pour ainsi dire, quasi ignorée.

En bref, et bien que cette affaire risque de déchainer un peu plus les passions autour du Loco le plus célèbre de la planète football, je me demande s’il ne faudrait pas analyser les problèmes avec ses directions successives plutôt par le prisme d’un homme extrêmement procédurier (pour ne pas dire fanatique de la loyauté, écrite comme orale), mais pas forcément si dogmatique au niveau de ses effectifs, comme a pu le montrer sa dernière expérience en date, à Leeds.

Prochaine étape et possiblement prochain élément de réponse, le 27 janvier 2023, avec le rendu de la décision du conseil des prud’hommes de Marseille.

Cette fois El loco, motivé, n’a vas peur du préjudice d’image liée à cette procédure, semblerait-il… peut-être qu’il ne compte plus vraiment remettre les pieds dans la cité phocéenne ? Tant pis, pour lui, si tel est le cas !

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43 réflexions sur « Retour sur l’affaire du départ de Bielsa de l’OM »

    1. Comme indiqué dans l’article, ils ont entamé la procédure en 2019. Peut-être que Bielsa n’en avait cure à l’époque et puis avec le temps il a voulu être blanchi des accusations liées à son départ ?

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  1. Merci! Bielsa, ça me ramène à mes 1ers souvenirs de Newell’s. Les articles que l’on lisait sur France Football. L’époque du défenseur Fernando Gamboa qui n’eût pas la carrière que l’on lui promettait.
    J’etais trop jeune pour m’intéresser à la philosophie des coachs. C’est bien plus tard que je découvrirais le personnage. Et plus tard encore, le rôle prépondérant de Jorge Griffa, l’ancien défenseur colchonero dans la formation d’élite du club. Griffa, peut-être l’homme le plus important de l’institution de Rosario.

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  2. Bielsa pour moi , c’est l Argentine à la coupe du monde 2002 . Comment cette équipe composée de joueurs extraordinaires ( Gallardo, Batistuta,Crespo, Zanetti…) , au même titre que la France d’ailleurs a pu se louper au point d’être éliminée au premier tour .
    Un mystère cette coupe du monde , je pense que c’est la seule fois de toute l’histoire du mondial que les deux grands favoris passent à la trappe dès le premier tour ..

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    1. A la différence de la France, l’Argentine était placée dans un groupe particulièrement relevé (Angleterre, Suède, Nigeria) et elle n’a pas démérité (victoire contre le Nigeria, défaite contre l’Angleterre, nul contre la Suède). C’est Xixon notre spécialiste de la CdM 2002, peut-être viendra-t-il apporter son point de vue.

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      1. Groupe plus abordable mais, à l’instar de 2010, l’on pouvait sentir venir le fiasco français de loin, ça puait..

        Le cas argentin me surprit par contre, en dépit il est vrai d’un beau petit « groupe de la mort » (expression toujours plus galvaudée).

        A ce registre, je suis fortuitement retombé il y a quelques mois sur des archives de tous horizons, traitant de l’Uruguay 86 et antérieures aux trois coups du Mundial mexicain.. Ca m’avait échappé à l’époque, mais ils figuraient tout bonnement parmi les..favoris du tournoi!, bien plus par exemple que le futur lauréat argentin..

        Et dire que ce n’est qu’à l’impuissance offensive des Ecossais qu’ils durent de passer, en mode ric-rac quoiqu’à 10 contre 11.. Dans mes souvenirs, ils posèrent toutefois pas mal de problèmes à l’Argentine au tour suivant.

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      2. Ah oui l’Uruguay de 1986, qui arrive à se qualifier pour les huitièmes de finales malgré une défaite 6-1 face au Danemark et aucune victoire, repêché grâce au système des meilleurs troisièmes de groupe. La Bulgarie en fera de même avec ses 2 nuls et sa défaite pour ensuite se faire sortir par le Mexique. Si la victoire avait été à 3 points, la Hongrie se serait qualifiée au détriment de l’Uruguay. Mais avec des si…🤠

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      3. Certains signes ne trompaient pas, quant à la déroute française en 2002 (et pas seulement rétrospectivement) : la blessure de Pirès, qui était alors un de nos meilleurs joueurs, la défaite à domicile contre la Belgique, juste avant de partir en Asie, la victoire ric-rac contre la Corée du Sud, peu avant le début de la compétition, la blessure de Zidane… Et puis il y avait toute cette ambiance de « déjà victoire », qui était très artificielle.

        Néanmoins, on était champion du monde et champion d’Europe, premier au classement FIFA, on sortait d’une série incroyable d’amicaux où on avait fessé l’Allemagne, le Portugal, la Turquie, l’Ecosse, on avait le meilleur buteur du championnat d’Italie (Trezeguet), d’Angleterre (Henry), de France (Cissé)… Bref, une telle déconvenue était quand même difficilement envisageable. La France était le favori ultime, plus encore que l’Argentine.

        En 2010, on sort d’un Euro raté, on s’est qualifié ric-rac contre l’Irlande avec un but hyper-polémique (la main d’Henry), les matchs de préparation ont été navrants, l’équipe est franchement moyenne… Le seul truc qui incite à l’optimisme, c’est qu’on a eu la chance de tomber dans le groupe a priori le plus « facile ». Mais il ne devait pas être nombreux ceux qui voyaient cette équipe aller au bout !

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      4. Déjà maintes fois lu ou entendu que cet Uruguay 86 serait le moins légitime 1/8ème de finaliste jamais vu.. On aime bien taper sur l’Uruguay, c’est sans risque et ça ne mange pas de pain.

        Moi, ce dont je doute : c’est que beaucoup d’autres équipes auraient été capables de survivre à un groupe pareil, a fortiori en en disputant la moitié des rencontres en infériorité numérique.

        Il y avait certes de la brutalité..mais je reste plutôt admiratif : même dans le très dur, ils ne sont jamais morts, chapeau!

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    2. J’avais aussi vu que Bielsa n’arrivait pas à sortir une vraie équipe type tant il y avait de la qualité à quasiment tous les postes (sauf celui de gardien). D’ailleurs, lors des éliminatoires quasi-parfaits, il avait commencé avec Roberto Bonano en tant que titulaire avant de mettre le rockeur German Burgos puis enfin Pablo Cavallero, qui sera le titulaire en 2002. Mais le choix du gardien titulaire avait été laissé incertain jusqu’au dernier moment, Burgos semblant tenir la corde, ce sera finalement Caballero, le moins expérimenté des 3 gardiens qui jouera le tournoi.

      Certains de ses choix ont été contestables, comme le fait de sélectionner Claudio Caniggia, 35 ans, jouant aux Glasgow Rangers et qui n’avait joué aucun match de qualification (comme il n’en jouera aucun lors du mondial) au détriment du jeune Javier Saviola. Caniggia se fera d’ailleurs expulsé (sur le banc) lors du 3ème match face à la Suède. Ou encore, la méforme persistante de Juan Sebastian Veron, bien loin de son réel niveau. Tout cela couplé au fait que l’équipe a joué largement en-dessous de son niveau dans un groupe aussi serré…

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    3. Je me rappelle, j’avais vu le match France-Belgique au stade de France en 2002, j’avais à peine 16 ans et c’était une sortie organisée par mon club d’alors, l’AS Ripault (RIP ce beau club aux belles valeurs). Moi, enfant de province, c’était quelque chose de fou d’aller dans ce stade, qui plus est, il n’y avait aucun club professionnel à l’époque dans mon département. Mais sur le terrain, quelle déception… On voyait que l’équipe était déjà cramée, cette sensation de vieillesse qui se dégageait de certains joueurs était frappante. Et à la fin du match, cet espèce de spectacle étrange…

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    4. Le spécialiste de la coupe du monde 2002, Xixon va sortir des articles sur cette funeste compétition pour les pays latins d’Europe et Amérique(hormis le Brésil). Les argentins et les portugais ont vécu une compétition similaire, une énorme équipe, des ambitions retrouvées et finalement un flop monumental. Suède et Angleterre sortant respectivement plus tôt que les USA et la Corée par ailleurs. Mes deux chouchous au début de la compétition sortis de manière si piteuse, des matchs à des heures matinales, mes journées avaient tout pour être gâchées en ce début d’été 2002!

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  3. Salut à la pinte!
    Un grand merci et un grand bravo pour la création du site qui nous ramène au foot le vrai!
    C’est cool de lire des gens qui écrivent des articles,dont je lis les com’s ailleurs!
    Alors je n’ai ni la plume,ni le vocabulaire et encore moins la grammaire pour me risquer à écrire,mais je vous lirai avec délectation !
    Encore un grand bravo à vous tous les p’tits gars!

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  4. Bertie et Gino
    Chouette de vous avoir parmi nous les frangins! Hellstrom mérite un texte. J’espère que Ned s’y collera un jour. Magnifique gardien. Homme classe comme lors du mondial argentin. Et un style!

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  5. @bota, tu parles de l’IFK du début des 80’s y’a aussi le Malmoe de la fin des 70’s et l’on peut rajouter le Anderlecht de cette époque ou le Aberdeen du pas encore sir Alex en 83 dont on parle trop peu qui peuvent être des suggestions de papiers voir du Dinamo Tbilissi
    en repensant à tous ces noms de clubs me revient une idée faire une série et un hommage à la défunte C2 ma préféré avec des équipes de pirates de flibustiers le principe même de cette compétition!! ben oui elle portait bien son nom la coupe des vainqueurs de coupes (ou de coups, leur ADN)
    dans un contexte différent en Europe au mi-temps des 70’s tu rencontrais l’ASSE, Gladbach, Kiev tu en menais pas large…d’ailleurs la finale mythique à Gerland en 86 avec la victoire du grand kiev est un de mes plus grand souvenir d’enfant avec l’année suivante le 4.0 du milan contre le Steaua avec sur les 2 1er buts coupure de faisceau à la tv!! ha ha qui se souvient de ça?

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    1. Tbilissi, suis fan.. D’autant que leur demi de 81 à Rotterdam est absolument édifiante quant aux, hum, « à-cotés » de l’époque, je vous proposerais bien volontiers un truc, match consternant.

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      1. Souness disait que la plus grande branlée vecues par son Liverpool etait face à la bande de Kipiani, Chivadze et Shengelia. Ils n’avaient pas vu le jour.
        Pour l’édition 80 de la c1.
        Ce qui est assez remarquable puisque les clubs soviétiques fraîchement couronnés ne jouaient pas cette compétition quelques mois apres leur titre mais presque un an après. A cause d’un calendrier différent avec le reste du continent.
        Le Dinamo Tibilissi est champion fin 78 mais ne joue la c1 que pour la saison 79-80.
        Suffisamment de temps pour perdre la dynamique d’un groupe.
        Ça doit quand meme expliquer les résultats moyens de l’URSS en c1. Aucun représentant en finale par exemple. Et pas tant de demi-finales que ça.

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