Divergents (1/5) : Oeki de Texel

(Premier portrait d’une série de cinq, consacrés à des footballeurs pas tout à fait comme les autres… Aujourd’hui, un phare moral égaré parmi les tempêtes du football néerlandais des années 1970 : le Frison Oeki Hoekema)

Né à Pingjum dans un foyer communiste, c’est parce qu’il ne parvenait pas à prononcer son propre nom si le dénommé Uilke Piebe Hoekema tiendrait à se faire appeler Oeki – prénom de fortune qui lui restera, et lui gagnerait de figurer durablement parmi les plus beaux patronymes du football néerlandais. Âgé de 16 ans et une semaine à ses débuts au sein de l’équipe première de Cambuur, dont les cages étaient défendues par le légendaire Frans de Munck, l’ailier droit Hoekema inscrirait après quatre minutes à peine de jeu le premier but de sa carrière, face à l’AGOVV des ex-internationaux Bleijenberg et Lörincz. Un record de précocité qui ne resterait pas lettre morte : au terme de cette saison 1964-1965, et avec le concours de ce rouquin vif-argent, les Jaunes et Bleus de Cambuur seraient pour la seconde fois de leur Histoire promus en première division.

Jan Hoekema (1928-2005), au mitan des années 1960, sous le maillot de Oeverzwaluwen, club de son village natal de Koudum. Emprisonné à ses 18 ans pour avoir refusé de servir l’impérialisme de son pays, sociétalement sali, sa carrière ne décollerait vraiment qu’à ses 26 ans quand, passage au professionnalisme oblige, le football néerlandais s’assiérait soudain sur ses principes conservateurs et sur son obsession vengeresse de l’ordre établi.

Le plus important, toutefois, était ailleurs. Avec deux buts inscrits en sept rencontres, Oeki avait ravivé le nom de son père Jan, attaquant jadis prometteur mais dont la carrière avait été contrariée, dès ses 18 ans, par un impitoyable passage par la case prison : d’une gauche moins versée alors dans la diversion et le verbiage que dans le courage de l’action, Jan Hoekema avait en effet refusé en 1946 de répondre à la conscription d’un gouvernement néerlandais empêtré dans la féroce répression de la « Revolusi » indonésienne, bientôt marquée du sceau de quelque 100 000 morts civiles parmi les turbulents autochtones de ce fuyant joyau de l’Empire colonial.

C’est à peu de choses près à cet âge que Oeki, dont l’heure d’en découdre politiquement n’avait pas encore sonné, rejoindrait les Go Ahead Eagles, le deuxième d’une longue série de clubs où il évoluerait. Au terme de cinq saisons de très haute volée, âgé désormais de 22 ans, Hoekema s’engageait enfin auprès d’un grand du football néerlandais : le PSV, au sein duquel il gagnerait aussitôt ses galons d’international, d’ailleurs ponctués d’un but à l’occasion de son exclusive sélection, le 17 novembre 1971 face au Grand-Duché de Luxembourg.

Son séjour à Eindhoven, de 1971 à 1973, serait toutefois marqué par de premiers conflits avec l’autorité et les valeurs instituées. En rien attaché à l’idée de servir la « Philips Sports Association », pour tout dire critique totalement décomplexé de l’abrupte politique sociale poursuivie par la multinationale, et finalement placardisé par une direction certes ravie de ses faits d’armes footballistiques, mais pour le reste incapable de lui imposer le silence : Hoekema apparaîtrait bien vite comme un oiseau étrange, dans le très droitard univers du football néerlandais. C’est que, si ses jeans, cols roulés et bottes hautes ne permettaient guère de le distinguer des autres, il en allait tout autrement de son attitude obstinée et convaincue de son bon droit, voire selon certains de sa douceur et de sa gentillesse, vertus en souffrance depuis l’adoption du plein professionnalisme aux Pays-Bas.

Face au Grand-Duché de Luxembourg, le 17/11/1971 : Hoekema, ici à l’extrême-gauche et auquel n’avait été demandé que d’« ouvrir des espaces pour Cruyff », inscrit l’un des huit buts néerlandais de la rencontre.

Déclassement et affirmation

A raison jugé irrécupérable, Oeki rejoindrait le club de De Graafschap, puis pour deux saisons les Belges du Lierse, où il se fendrait encore de saisons d’excellente facture. C’est alors, en 1976 à son retour aux Pays-Bas, et comme s’il était vraiment nécessaire de rappeler de quel sang il se chauffait, que Hoekema franchirait un premier cap dans son engagement politique et sociétal : dans son contrat avec Den Haag, Oeki obtiendrait en effet de faire figurer une clause l’exonérant de toute rencontre face au moindre club issu d’un pays à régime dictatorial.

L’ancien club de Happel peinant désormais à se qualifier en coupes d’Europe, la perspective d’un désistement politique de Hoekema était à dire vrai fort peu probable. Et cependant, facétieuse programmation de la Coupe d’Eté oblige, dans le courant du mois de mai 1978 : son club de Den Haag se verrait-il opposer à deux reprises les Hongrois du Honved Budapest que Hoekema, conséquent avec lui-même, déclarerait bien sûr ne pas le moins du monde compter affronter. Mangeant leur parole et redoublant de pressions, les dirigeants du club parviendraient toutefois à ramener Oeki vers de meilleurs sentiments, lequel finalement disputerait certes la rencontre, mais à condition que l’intégralité de sa prime fût publiquement versée à Amnesty International. Si somptuaire fût-il, et survenu quelques jours à peine avant le lancement de la Coupe du monde en Argentine, à laquelle prendraient d’ailleurs part trois de ses adversaires hongrois, c’est pourtant à l’aune d’une contestation plus vaste que ce coup d’éclat se devait fort probablement d’être rapporté.

C’est qu’en ce même printemps de 1978, cela faisait déjà plusieurs mois que les cabarettistes Freek de Jonge et Bram Vermeulen avaient lancé leur campagne pour le boycott du championnat du monde argentin. Soutenue par une poignée de médias de gauche, l’action dite « Du sang sur le poteau » susciterait toutefois bien peu de sympathie parmi les fans de football. Dick Nanninga, qui marquera plus tard le seul but de l’équipe néerlandaise lors de la finale perdue contre l’Argentine, rebaptiserait même comme suit le célèbre duo d’activistes : « Dram et Preek », « le Drame et le Prêche »… non sans s’engager, goguenard, à leur remettre les ballons des matchs à son retour aux Pays-Bas.

Avec le cabarettiste Freek de Jonge, fin mai 1978.

Sensibilisé à la situation argentine par le magazine Voetbal International , d’une ligne très progressiste tant que n’y fut placardisé son rédacteur en chef Joop Niezen, Oeki s’était quant à lui engagé dès le mois de mars à soutenir bruyamment l’action du duo, multipliant les déclarations tapageuses dont la moindre n’aura sans doute été : « Ce qui a cours là-bas est un régime hitlérien. » Certes l’ovni Hoekema semblait-il de longue date perdu pour l’équipe nationale, et n’avoir pas grand-chose à perdre, et cependant il n’en restait pas moins exceptionnel qu’un footballeur professionnel prenne une position politique aussi forte, de surcroît aussi peu populaire et radicalement vouée à l’échec. 

Omerta

Le fait est que, depuis l’hiver 1977-1978, c’est-à-dire dès que la qualification fut entérinée et en partenariat avec le géant national de la distribution Wastora, l’omnipotente société du beau-père de Cruyff avait obtenu les droits exclusifs d’exploitation de l’image du Elftal pour l’imminente Coupe du Monde 1978. Aussi, quand il se décida à lancer une pétition parmi ses confrères professionnels, serait-ce non pas tant à l’inertie non-désintéressée de ses pairs, mais plus encore au merchandising construit autour de l’équipe nationale, et en aval à la corruption systémique de la médiasphère sportive néerlandaise, que le candide Hoekema allait se heurter :

« Il y avait en réalité très peu de discussions sociétales sur la Coupe du Monde à l’époque. Freek de Jonge a le premier lancé cette campagne de signatures, dont j’ai pris connaissance via un magazine. Puis j’ai tout bonnement adhéré, simplement parce que je soutenais cela. Je jouais au FC Den Haag à l’époque. Dans le vestiaire, la question de la Coupe du Monde en Argentine venait parfois sur la table entre nous, ce dont d’aucuns me tinrent d’ailleurs pour responsable vu que je militais publiquement pour que les Pays-Bas n’effectuent pas ce déplacement. Tout cela me paraissait étrange car, après tout, les gens qui pensaient que nous devions nous rendre en Argentine n’étaient pas obligés de prendre part à nos discussions. Je pense en fait que beaucoup de gens étaient d’accord avec moi, mais n’osaient pas s’exprimer parce qu’ils avaient peur du tapage. »

Rubrique « De Krompraat », Willem van Hanegem, De Telegraaf, 18/03/1978 : « J’ai aussi une belle suggestion : Hoekema doit sacrifier l’argent de ses vacances! Quel dommage toutefois que ce ne soit pas en Argentine, alala : cette destination n’est pas dans les cartons pour Oeki ! Mais ce n’est pas grave : qu’on l’envoie dans la communauté espérantiste de l’île de Texel, puis qu’on l’y place au coin d’une rue. Il clignera des yeux sa tête toute rouge. Bien entendu, les bénéfices de ce spectacle devront eux aussi être reversés au peuple argentin. »

« Je pensais naïvement que j’obtiendrais du soutien. Mais en définitive il n’y eut que des réactions négatives de la part du monde du football. Willem van Hanegem par exemple a écrit, dans sa chronique du Telegraaf, que « Hoekema devrait aller à Texel plutôt qu’en Argentine », où il « clignerait des yeux sa tête rouge au coin de la rue ». La rubrique de van Hanegem s’appelait « Krompraat », « les discussions d’un tordu » en somme… Tout autre commentaire me semblait superflu, et puis, van Hanegem… De toute façon il était lié à certaines personnes fortement intéressées par cette histoire. Et il était inutile de vouloir discuter du contenu de sa rubrique, à quoi bon s’abaisser à cela.»

En définitive, la campagne de signatures de Hoekema ne récolterait qu’un seul nom sur sa liste : le sien. Cet échec douloureux changerait sa vision des choses, des gens, et du footballeur professionnel en particulier. Résigné, désormais dépourvu d’illusions à défaut de son inextinguible sentiment de supériorité morale, il confierait publiquement, un brin pompeusement : « Si le monde fonctionne ainsi, alors que le monde découvre par lui-même ce qui a cours en Argentine. » A l’aéroport de Schiphol, à l’heure du départ d’une délégation abruptement orpheline de van Hanegem (démissionnaire la veille pour une navrante histoire de primes), des centaines de militants se feraient entendre une dernière fois – en vain : les 21 joueurs et leur encadrement seraient menés à l’avion par une porte dérobée. Tout était fini.

A son arrivée à Buenos Aires, interrogé par des journalistes sur la situation argentine, Wim Suurbier déclarera : « Les gens ici, franchement, on dirait des animaux… Une dictature ne peut pas leur faire de tort. » A l’instar du démissionnaire van Hanegem, prétendument blessé, Suurbier appartenait à l’écurie du beau-père de Cruyff, détentrice des droits d’exploitation de l’image du Elftal, et qui depuis deux ans et demi régentait le moindre transfert au sein du football professionnel néerlandais.

En 1981, fort de 115 buts inscrits en 395 matchs, Uilke Piebe mettait fin à sa carrière au FC Wageningen, avant de créer sa propre entreprise de maisons préfabriquées en bois, puis de se spécialiser dans le commerce de réfrigérateurs d’angle – la passion, toujours, des angles morts. Revenu s’installer à portée de fusil du Stade Abe Lenstra, Saint des saints du football et de l’identité frisonne, il y serait bientôt honoré par l’un des siens quand l’artiste local Meindert Talma, candidement, le gratifierait d’une chanson, certes…mais où son patronyme de fortune fût cette fois massacré en « Oeki…e Hoekema », comme s’il lui serait toujours interdit de se faire un prénom parmi l’activiste filiation des Hoekema.

En somme et vu d’Amsterdam, l’affaire semblait pour de bon entendue : sorte de babiole écarlate qu’on eût remisée parmi ses frigos de guingois, avec ses yeux clairs clignotant comme au phare désoeuvré de l’île de Texel ; ombre circonscrite parmi ses congénères frisons, pas même capables d’orthographier correctement son nom… Le mercantilisme hollandais en avait désormais fini, du visage rougeaud de sa mauvaise conscience footballistique.

Déjà-vus

Oeki Hoekema, 2015.

Quelque 30 ans plus tard, quand fut officialisée la tenue de la Coupe du monde 2022 dans le peu démocratique émirat du Qatar, la jeunesse hollandaise découvrirait pourtant, entre deux marches en rangs d’oignon pour le climat, un sexagénaire alerte qui, sinon pour ses rouflaquettes, n’avait en fait en rien changé… Quoique convaincu que les Pays-Bas prendraient encore l’avion s’ils parvenaient à se qualifier, d’emblée résigné, l’indécrottable Oeki Hoekema avait en effet repris son bâton de pèlerin : « Votre tournoi ne durera que deux semaines, voire trois ou quatre peut-être. Un instant à l’échelle d’une vie. Mais selon vous, qu’est-ce qui est le plus important ? Comment voudriez-vous que l’on se rappelle de votre passage sur Terre ? » Et l’entêté de conclure cette première saillie en se prononçant publiquement pour le boycott d’un tournoi « dirigé par une dictature », comme en un compulsif recyclage de ses propos tenus en 1978.

Entre-temps passé des colonnes du Telegraaf, quotidien le plus lu du pays, à celles non moins droitardes de son rotterdamois dauphin de l’Algemeen Dagblad, Wim van Hanegem ne manquerait aussitôt de lui répondre, en d’ecmnésiques passes d’armes qui se prolongeraient jusqu’à l’automne 2022 : « C’est peu dire que tout n’est pas optimal dans la copie pour l’heure rendue par notre entraîneur national, mais je suis entièrement d’accord avec Louis van Gaal quand il objecte que ne revient ni à lui, ni à aucun de ses joueurs, d’avoir à se prononcer sur ces histoires de boycott. Les Pays-Bas, boycotter ? A quoi bon ! Une autre nation nous remplacerait dans l’heure, pour prendre part à cet événement de la plus haute importance. Dans la situation de van Gaal, il serait insensé de vouloir parler avec ces personnes qui hurlent encore et encore au boycott, alors qu’elles seront les premières à prendre l’avion pour s’en aller passer quatre semaines sous le soleil qatari. »

A l’ouest du centre-ville, non loin de la maison d’Anne Frank : l’explicite « Checkpoint Charlie ».

Le 25 novembre 2022, dix jours après l’arrivée de la délégation néerlandaise sur les bords du golfe Persique, le gérant d’un établissement amstellodamois rebaptisait son bar en « Oeki Hoekema Arena », du nom du « seul footballeur professionnel néerlandais à avoir participé (sic) à la Coupe du monde 1978 en Argentine » : « Dans cette arène cependant, nous ne suivrons rien ce soir de la rencontre qui opposera l’Equateur aux Pays-Bas, mais bien plutôt la rediffusion du match légendaire entre les Pays-Bas et l’Espagne, lors de la Coupe du monde 2014. Puis à la mi-temps, nous jouerons à notre désormais bien connu « Cancel Qatar Quiz », rendu toutefois particulièrement difficile pour l’occasion. Le vainqueur remportera le livre « Plus jamais le Qatar », co-écrit par le Belge François Colin et l’association de défense des droits de l’homme Human Rights Watch. »

Correctement honoré, enfin, sous le prénom qu’il s’était choisi, ce n’est pas faute pourtant que le principal intéressé se fût adouci avec le temps, à mesure que s’étaient rapprochés les trois coups du tournoi : « Il est manifeste que l’on fait aujourd’hui beaucoup plus, en matière de droits de l’homme, que l’on n’en faisait à mon époque. La KNVB y travaille, sans compter qu’existe désormais le fonds d’indemnisation des travailleurs de la FIFA. De ce côté-là, on peut dire que les choses se passent bien par rapport à ce qui avait cours du temps de l’Argentine. »

Le tenancier de l’éphémère « Oeki Hoekema Arena » préféra-t-il ignorer l’information ? Quelques semaines à peine avant la rencontre inaugurale, pour de bon rangé des controverses : l’iconique Uilke Piebe confessait même envisager de regarder le tournoi, quoique en pantoufles et depuis son salon… Van Hanegem en était donc pour ses frais, et désormais bon surtout pour le rejoindre dans sa retraite médiatique : il n’y aurait pas d’avion pour le Qatar, comme il n’y avait pas eu de bateau pour Texel, ni pour tous deux d’avion pour Buenos Aires…mais surtout, surtout : il n’y aurait plus quiconque de leur trempe à affronter ; Oeki ayant laissé la main à d’autres, tandis que Willem se trouvait par tribord déjà dépassé, ringardisés tous deux par plus affairistes et plus idéologisés qu’ils ne l’avaient été, deux générations plus tôt. Et ces combats recyclés n’étant, d’évidence, plus vraiment les leurs : Oeki et « le Krom » pouvaient désormais se reposer.

Alexandre Willamme

Inca de carnaval

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17 réflexions sur « Divergents (1/5) : Oeki de Texel »

  1. Encore du van Hanegem donc, spéciale dédicace pour Dip, je sais qu’il adore ça.

    Texel, île qui ferme ce qu’il reste de l’Ijsselmeer, porte d’entrée jadis du port d’Amsterdam.., endroit charmant à côté duquel passe le flux mécanique du tourisme marketisé genre « I love Amsterdam »……….tant mieux pour les initiés! Et Texel est donc, aussi, un haut-lieu espérantiste.

    Face à Texel, au sud : Den Helder……… Ce fut longtemps le temple du basket NL, ça reste le siège de la flotte de guerre NL……et Napoléon y réussit d’ailleurs jadis un coup extraordinaire, hors-normes : la prise de la flotte NL, au large, grâce à une charge de……cavalerie!

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      1. D’ailleurs, on a tendance à penser que le premier européen en NBA est le frustre pivot bulgare, Gloutchov aux Suns mais un hollandais avait fait une brillante carrière bien avant. Il s’agit de Swen Nater. Pivot également qui est de Helder justement! Il partit très jeune aux États-unis et fit
        sa formation au UCLA super puissant de Wooden. Il est d’ailleurs champion universitaire. Par la suite, il sera meilleur rebondeur de NBA avec les San Diego Clippers. Étant le premier européen à gagner un trophée individuel dans la ligue.

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      2. Bien vu pour Nater. Une vie à la Dickens, très dure.

        A priori je parle mieux Néerlandais que lui, je serais curieux de savoir quels liens il garde des Pays-Bas.

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    1. Des échanges ailleurs me rappellent au souvenir de ce papier et, tonnerre de Brest : ce n’est pas Napoléon qui réussit cette extraordinaire capture de la flotte de guerre NL par une charge de cavalerie (laquelle avait saisi le kairos d’une mer..glacée..)!!!

      (par contre le nom du brillant tacticien français à l’oeuvre m’échappe totalement)

      Sinon, je réalise surtout n’avoir jamais répondu à Verano………car qu’avait de si particulier le climat social chez Philips, et que stigmatisa donc peu diplomatiquement Hoekema?

      Disons que les 60’s avaient été une ère de fort relâchement des affaires footballistiques pour le groupe Philips, cornaqué alors par leur cultissime et particulièrement philanthrope Frits Philips. C’est donc un PSV particulièrement pépère, dégagé d’ambitions et pression particulières, que Hoekema avait signé. Non moins qu’au sein d’un groupe Philips particulièrement en avance rayon, disons, responsabilité sociale des entreprises……. Ce n’est pas pour rien, si Hoekema s’y était engagé à l’été 71..

      Mais patatras : 71 est significatif aussi du départ du susmentionné Frits Philips, d’une revitalisation et reprise en mains (aux forceps!) de son appendice footballistique……..et même voire surtout d’un durcissement de la politique sociétale, en somme : la récréation était terminée, et Hoekema adhérait d’autant moins qu’il avait délibérément signé là-bas au nom des valeurs progressistes véhiculées dix ans durant par le groupe……… ==> Voilà pour la source de ses critiques.

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    1. Dip, Verano : il est à peu près inévitable qu’il soit une découverte ; à peu près tout fut entrepris, à compter de 78, pour le rayer de la mémoire collective.

      L’on préféra alors faire entrer dans la légende des salopards, aux forceps……. Moi, je suis redevable au Qatar d’avoir fait ressurgir le souvenir de Oeki Hoekema. Puisse ceci être ma petite pierre dans la sphère francophone.

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    1. Splendide, je ne sais pas mais merci!

      Le fait est que, malgré ses inévitables défauts, malgré la récup’ dont il fut et reste l’objet : je l’aime plutôt bien, ce Hoekema!

      Essentiellement parce qu’il ne manqua pas de courage. Archi-esseulé à l’époque, un ovni (un peu bcp le thème de cette série de 5, donc), et alors que de violence verbale il essuya.. Le tout en étant un plouc/provincial de Frise, rouquin perclus de tics (cet ad hominem de van Hanegem..) et, last but not least : qu’il traîna d’être le rejeton d’un réfractaire, d’un condamné de droit politique qui avait refusé d’aller casser du colonisé……et que, cependant : il embrassa cette voie, s’en montra digne même..

      Un côté agaçant, certes (en tout cas, moi : il m’agace à certains égards)..mais il aura joué sa partition avec conviction, difficile aussi de lui contester d’avoir eu raison..puis il s’effaça quand ce qu’il avait à dire fut dit. Du début à la fin : absolument seul face au ton dominant, à un système impitoyable, à une meute.. Je doute que les gauchistes d’aujourd’hui puissent en dire autant.

      Je comptais vous en proposer des images de buts……………mais, finalement : j’ai envie de vous proposer sa voix!

      https://www.youtube.com/watch?v=rugxMlIcL34

      C’est du NL? Ce n’est pas bien grave : en substance il y dit ne pas avoir de regret, être content d’avoir fait ce qu’il a fait.

      Tout à la fin de la vidéo : « Oeki » Uilke Piebe Hoekema, en chair et en os.

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    1. Un Vennegoor of Hesselink du riche je dirai 😛

      Pour la petite histoire:

      Son nom est le résultat du mariage au xviie siècle de deux familles néerlandaises, les Vennegoor et les Hesselink. À l’époque la coutume veut que les mariés prennent pour nom celui de la famille la plus riche. Étant toutes deux socialement égales, plutôt que de choisir un des noms, ils décideront de porter les deux. En néerlandais, « of » se traduit par « ou », son nom signifie donc « Vennegoor ou Hesselink ».

      Wiki

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      1. Vennegoor of Hesselink? Ça fait pas rêver. Mais c’est toujours mieux que Van Wolfswinkel. Je l’ai vu celui-là avec le Betis, il était mauvais… Bon, après quand on a eu Van der Vaart, c’était pas mieux. Cramoisi le Rafael…

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      2. Vennegoor of Hesselink, lol.. ==> Cité dans ce « Oekie Hoekema » dont j’ai mis le lien dans le texte, du chanteur frison Meindert Talma…….. En gros, la chanson : c’est du naming : il cite des noms hors-normes de footballeurs NL et flamands..avant de conclure, pour le refrain, en affirmant que « de tous, le plus beau nom de footballeur néerlandais est « Oekie Hoekema » « , voilà. C’est tout naze 🙂 , surtout dans cette version, d’un minimalisme-WTF……………

        Talma je le crois un peu autiste : le sublime y côtoie le bizarroïde, mais surtout il est toujours à fond dans ce qu’il fait, un univers absolument unique.. ==> pour moi (et pour beaucoup aux Pays-Bas!), c’est un grand artiste, peut-être leur plus grand actuel (..l’un des plus étranges, ça c’est certain)..

        Ecoutez et voyez « Rummenigge » : le football est encore à l’honneur dans cet univers regorgeant de codes, intégralement (musique, textes, chorégraphies.. ==> homme-orchestre!) fruit du cerveau complexe de ce curieux Frison……..

        https://www.youtube.com/watch?v=TST0L3oHMMA

        Il semble à la ramasse? C’est un artisan et un provincial, totalement autodidacte : à la marge des modes, quelles qu’elles soient…. Une autre facette des Pays-Bas.

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      3. Ou ici la « ballade de Jannes van der Wal », qui voulait être « joueur professionnel de dames » :

        https://www.youtube.com/watch?v=I2HdizcCnv8

        La Frise à l’honneur, sorry! : ils ont un talent singulier par là, l’occasion de les mettre un peu à l’honneur……..en attendant le tour de l’incomparable Abe Lenstra..

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