Au royaume du foot européen, qui est le roi ?

Demain soir, l’alléchant duel entre Leverkusen et l’Atalanta va marquer le début d’une passionnante série de finales européennes. Cette fin de saison des compétitions de l’UEFA donne toujours lieu à de nombreux articles et débats. Alors que chaque année la France continue de chercher des explications à son piètre bilan en Europe, nous examinerons aujourd’hui la répartition de la domination du football continental en analysant les prestations en quarts de finale des différents clubs. Dans un prochain article programmé le mardi 28 mai, nous aborderons spécifiquement la situation française.

Les tableaux suivants fournissent un aperçu complet des apparitions en quarts de finale, demi-finales, finales et victoires des clubs dans les trois principales compétitions européennes : Coupe/Ligue des Champions, Coupe des vainqueurs de coupes, Coupe UEFA/Ligue Europa, la jeune Conference League, et les apparitions en finales de la Coupe des villes de foire. Ces données sont regroupées et classées par ordre décroissant en fonction des performances en quart de finale. En effet ce niveau requiert historiquement d’avoir passé au minimum un ou deux tours auparavant. De plus hormis pour les C1 de 1992 à 1994, toutes les compétitions se sont jouées avec des quarts de finales. Et ce tour est suffisamment large (24 équipes par saison) pour offrir une base statistique pertinente.

Ce premier tableau regroupe les 12 clubs ayant joué au moins 20 quarts de finale. On retrouve aux trois premières places trois des géants européens. En première place, sans surprise nous retrouvons le Real avec ses 48 quarts de finales en 69 ans de coupe d’Europe ! Plus de deux années sur trois. Derrière nous trouvons le Bayern, cinquième au nombre de titres mais très régulier depuis 50 ans. Son premier quart étant son premier titre, lors de la C2 1967. Pour compléter ce podium nous trouvons le FC Barcelone, qui a fortement gonflé ses statistiques sur l’histoire récente. En effet 17 de ses 23 quarts en C1 l’ont été au XXIe siècle. En quatrième et cinquième place nous retrouvons les deux grands spécialistes des finales perdues, le Benfica et la Juventus (huit pour les Portugais, neuf pour les Italiens) qui avec plus de 30 quarts de finale démontre leur régularité au plus haut niveau européen (un quart une année sur deux).

Derrière nous retrouvons les frères ennemis anglais, les Rouges de Manchester et ceux de Liverpool. Même si leur histoire a pu connaitre des trous d’air, leur présence au plus haut niveau reste assez régulière. Liverpool peut même se targuer de finir champion une fois sur trois lorsqu’ils atteignent les quarts de finales (neuf titres pour 28 quarts). Ces deux-là sont dans un mouchoir de poche avec deux autres frères ennemis, de Milan ceux-ci qui sont accompagnés par l’Atlético. Le club madrilène est le seul de ce tableau a n’avoir jamais gagné le titre suprême, la coupe autrefois réservée aux champions. Titre que le Diavolo a déjà remporté sept fois, meilleur bilan derrière l’intouchable Maison Blanche madrilène. D’ailleurs les Rouges de Milan ont une efficacité terrible, avec seulement 24 quarts ils ont été neuf fois au bout. Les Nerazzuro restent les recordmans des quarts et demi-finales en C3, Séville les ayant dépassé pour les finales.

Pour compléter ce groupe de 12 Hercule, nous retrouvons deux clubs que tout semble opposer, Chelsea le nouveau riche et l’Ajax qui a bâti sa gloire dans les années 70. Si les Anglais ont également lors de cette décennie (C2 en 1971), premier quart et premier titre, ils ne vont connaitre la C1 que sur les derniers mois du XXe siècle lors de l’édition 1999-2000. Par contraste, les Bataves vont vivre deux périodes fastes, dans les années 70 (avec les quatre finales consécutives en C1 de la bande de Cruyff) puis de 1987 à 1997 décennie ils vont gagner trois titres, jouer deux finales et atteindre au moins les quarts tous les ans entre 1991 et 1998. Par la suite, en 26 éditions seulement quatre saisons auront été plus brillantes, une finale de C3, une demi-finale de C1 et deux quarts (C1 et C3).

Dans les tableaux ci-dessus nous voyons les 22 autres clubs à avoir au moins un titre européen et 10 quarts de finales. Dans le haut du tableau nous trouvons un des finalistes de la C1 de cette année, Dortmund et ses 16 quarts. Le club de la Ruhr est à égalité avec deux clubs dominants de la fin des années 80, Porto et le PSV, tout deux vainqueurs d’une C1 en 1987 et 1988. Les Portugais font preuve d’une régularité incroyable une fois arrivés en demie, quatre titres pour six présences. Nous retrouvons également un club qui a atteint les 16 présences après son quart de cette saison, Arsenal. Ce qui reste honorable pour un club connu (et moqué) pour sa capacité à s’arrêter en huitièmes.

Les quatre clubs suivants ont des profils très différents, Anderlecht et le Dynamo Kiev, clubs majeurs de leur pays, ils ont connu de grandes périodes dans les mêmes années (premier titre en 1975 pour les Ukrainiens et 1976 pour les Belges). Aujourd’hui les deux ont beaucoup plus de difficultés à jouer les premiers rôles en coupe d’Europe, voire à jouer un rôle tout simplement. Derrière eux, deux clubs qui se présentent comme la quatrième force dans leur pays tout en étant des spécialistes de la C3, les Valenciens et Romains (plus de la moitié de leurs quart en C3). Le deuxième italien qui figure dans ce tableau, la Fiorentina, peut se vanter d’être le seul club en Europe à avoir joué la finale de toutes les coupes, de la C1 1957 à la Conference League 2024. Un des rares records que n’aura jamais le Real. Ensuite en neuvième position (et vingt-unième sur l’ensemble) nous retrouvons le premier français, le PSG qui a boosté son compteur avec l’arrivée du Qatar (la moitié de ses quarts le sont sous pavillon qatari). Son rival Marseillais se trouve également dans ce classement, plus bas avec, trois quarts de moins mais deux finales de plus.

Nous trouvons également quatre clubs allemands qui, à l’instar des Anglais, sont en nombre dans ce « TOP 34 » : six clubs pour les deux pays (contre quatre espagnols et italiens). Mais ces quatre clubs connaissent des destins bien éloignés, en effet si Schalke et Hambourg végètent en 2.Bundesliga, Leverkusen impressionne actuellement l’Europe avec une série d’invincibilité historique et la possibilité de remporter un deuxième titre dès demain soir.  De son côté si Monchëngladbach est loin de son incroyable décennie 1970 (deux titres en C3, trois finales (deux en C3 et une en C1), deux demies (C1 et C2) et un quart à la suite (C1)), il est régulièrement européen depuis une dizaine d’années. Du côté des Anglais, Manchester City est actuellement un des clubs les plus redoutés d’Europe et ils auraient sûrement acquis plus de titres ces dernières saisons sans un Real réaliste. C’est sûrement le club de cette partie de tableau qui risque de monter le plus rapidement. Tottenham a un profil différent des clubs cités, en effet des années 60 à aujourd’hui ils ont joué un quart de finale dans chaque décennie, avec des finales jouées en 1963, 1972, 1984 ou 2019. Un club qui finalement sans avoir eu d’âge d’or a toujours su rester au plus haut niveau.

A l’opposé de ce profil nous pouvons penser à l’Étoile Rouge de Belgrade, cador européen avant la chute de l’URSS, le club n’a plus atteint de quarts de finale depuis son titre de 1991. Les deux géants écossais traversent également des difficultés à retrouver de leur superbe, mais à la différence du club serbe, leurs exploits ont atteint le XXIe siècle. Les Rangers atteignant même à la surprise générale la finale de la C3 en 2022, les Gers réussissant même l’exploit de ne jamais avoir été éliminé en demi-finale (six sur six). Leurs rivaux peuvent-être verts car ils ont connu deux fois moins de finales même si eux peuvent se vanter d’avoir un titre suprême en C1. Pour compléter ce classement, on retrouve deux troisièmes roues du carrosse dans leurs championnats, le Sporting et le Feyenoord. Les Hollandais peuvent se targuer d’avoir trois titres européens, soit un de plus que le PSV. De son côté le Sporting est souvent bien placé sans vraiment être dangereux, son seul titre a 60 ans et son autre finale, perdue à domicile contre le CSKA Moscou de Vagner Love, date de presque 20 ans.

Pour finir un dernier tableau avec des clubs titrés ayant moins de 10 quarts, de nombreux autres clubs auraient pu y figurer mais nous avons décidé d’en choisir quelques-uns qui méritaient que l’on cite leur nom. Pour commencer l’anomalie sévillane et ses sept titres acquis depuis 2005 en Ligue Europa : chaque fois que le club andalou arrive en quarts de la compétition, il finit titré. Dans la compétition reine, par contre, ses deux quarts se sont soldés par deux éliminations. Dans le genre équipe efficace, nous retrouvons le Parma des années 90 qui, en une décennie, va gagner plus de titres que le foot français. Dans la même époque où le foot italien écrasait le continent, la Lazio a su se démarquer sous l’impulsion de Sergio Cragnotti.

On peut également citer l’éphémère Nottingham ou le roi de la C2 le Real Saragosse, aujourd’hui loin de ces faits de gloire. En plus du club de Brian Clough, nous retrouvons deux autres anglais Leeds et West Ham, clubs qui ont réussi à se démarquer sur la scène européenne épisodiquement. A l’instar de l’Etoile rouge de Belgrade, nous retrouvons une autre ex-référence du bloc de l’Est avec le Steaua des années 80. Un autre club bien loin de ces heures de gloires est le meilleur club suédois en Europe, l’IFK Göteborg, passés à un tir au but manqué par Roland Nilsson de rejoindre les Roumains en finale en 1986. Année 1980 où Francfort gagnera son premier titre, une Coupe UEFA mais à la différence des deux autres clubs cités ils vont réitérer cet exploit en 2022, 62 ans après avoir joué une des finales de C1 les plus spectaculaires de l’histoire. De son côté le Werder, cher à un membre de la rédaction n’a plus joué de coupe d’Europe depuis 2011. Pour conclure nous retrouvons le seul club turc titré en Europe avec le Galatasaray de Hagi qui n’aura pas réussi à atteindre une finale en C1.

On aurait pu citer Ferencvaros, qui aura brillé en coupe Mitropa ou en coupe de villes de foire. Ou la Sampdoria qui en neuf participations à la coupe d’Europe aura joué trois finales, une demi-finale et un quart (encore ces fameuses années de domination de la série A). Du côté des clubs sans palmarès, un club se démarque : c’est Lyon. Le club rhodanien a atteint 11 fois les quarts de finale mais n’a encore jamais connu l’ivresse d’une finale, un record en Europe (aucun autre club n’a joué autant de quarts sans être titré à la fin, du moins selon nos recherches). Un autre club français, Monaco, a lui joué des finales, deux au total, qui s’ajoute à ses neuf quarts . Avec des statistiques similaires (huit quarts pour deux finales) nous retrouvons également le club autrichien le plus performant en coupe d’Europe, le Rapid Vienne, et les clubs belges de Bruges (10 quarts et deux finales) ou du Standard (neuf quarts et une finale de C2).

Du côté des clubs croates, grecs, polonais, est-allemands, ou tchèques grands pays de foot européen qui n’apparaissent pas dans les tableaux, aucun club ne se démarque suffisamment. Le Dinamo Zagreb a certes deux finales en Coupe des villes de foire (mais seulement six quarts au total), le Sparta Prague a sept quarts mais aucune finale, tout comme le Dukla qui avec six quarts n’aura jamais fait mieux qu’une demi-finale. Le Panathinaikos a certes un beau CV en C1 (Une finale et deux demi-finales), mais il n’a que six quarts européens, même total que le Legia côté polonais. Chez les Est-Allemands, si le recordman de titres domestiques restera pour toujours le Dynamo Berlin il est dépassé en Europe par Magdebourg, seul club titré avec cinq quarts et l’autre Dynamo, celui de Dresde et ses huit quarts (pour une demi-finale). Côté Russes, le Spartak a sept quarts (pour trois demi-finales), le Dynamo n’a brillé qu’en C2 (une finale, deux demi et deux quarts) et les deux titres russes l’auront été une fois le mur tombé, avec les titres en Coupe de l’UEFA pour le CSKA et le Zenit. Pour conclure sur les pays de l’Est, le CSKA Sofia mérite une mention, pour ses trois demi-finales (deux en C1 et une en C2) et ses sept quarts au total (dont six en C1).

Pour conclure, nous avons vu différents modèles se dégager. Dans les quatre championnats dominants, l’Espagne brille grâce à deux locomotives ultra titrées et surtout le Real Madrid, véritable patron du foot européen. L’Italie, elle, a trois grands clubs qui trustent les titres et les finales. Si elle a aussi des locomotives, l’Angleterre a une plus grande variété de clubs, avec presque 20 clubs qui ont joué des quarts de coupe d’Europe. En Allemagne, derrière le mastodonte bavarois, on a une dizaine de clubs qui ont brillé en Europe. Derrière ces quatre grands, nous retrouvons les Hollandais et les Portugais, où trois clubs trustent les places d’honneur. Les Néerlandais se distinguent par leur efficacité en finale qui leur permet d’être le cinquième pays le plus titré. La France brille par sa diversité mais aussi par sa capacité à ne pas aller au bout. Ce qui la place derrière des pays comme la Belgique, l’Ecosse ou l’Ukraine lorsque l’on fait le bilan des titres. Mais cela nous le verrons plus en détail la semaine prochaine à l’aide d’autres tableaux.

En bonus l’ensemble des clubs, classés par pays à avoir joué un quart de finale de Coupes/Ligues des champions.

  QDFV
Real MadridEspagne39331714
BarceloneEspagne231685
AtléticoEspagne1363 
ValenciaEspagne422 
DeportivoEspagne310 
VillarrealEspagne320 
SevillaEspagne200 
AthleticEspagne100 
MálagaEspagne100 
Real SociedadEspagne110 
Manchester UnitedAngleterre191253
LiverpoolAngleterre1712106
ChelseaAngleterre12832
ArsenalAngleterre921 
Manchester CityAngleterre8421
Leeds UnitedAngleterre331 
TottenhamAngleterre321 
Aston VillaAngleterre2111
Nottingham ForestAngleterre2222
EvertonAngleterre10  
Derby CountyAngleterre11  
BurnleyAngleterre10  
WolvesAngleterre10  
Leicester CityAngleterre10  
BayernAllemagne3321116
DortmundAllemagne10521
MönchengladbachAllemagne321 
HambourgAllemagne3321
SchalkeAllemagne31  
Dynamo DresdenAllemagne/RDA30  
LeverkusenAllemagne211 
Dynamo BerlinAllemagne/RDA20  
KölnAllemagne21  
Carl Zeiss JenaAllemagne/RDA10  
Eintracht BraunschweigAllemagne10  
Eintracht FrankfurtAllemagne111 
KaiserslauternAllemagne10  
RB LeipzigAllemagne11  
NurembergAllemagne10  
Victoria 91Allemagne10  
Werder BremenAllemagne10  
Wismut AueAllemagne/RDA10  
WolfsburgAllemagne10  
JuventusItalie191292
AC MilanItalie1613117
InterItalie13963
RomaItalie421 
FiorentinaItalie211 
AtalantaItalie10  
SampdoriaItalie001 
LazioItalie10  
NapoliItalie10  
PSGFrance841 
LyonFrance52  
MonacoFrance541 
BordeauxFrance31  
MarseilleFrance3221
ReimsFrance322 
St-ÉtienneFrance321 
NiceFrance20  
AuxerreFrance10  
NantesFrance11  
StrasbourgFrance10  
BenficaPortugal19872
PortoPortugal8322
Sporting CPPortugal100 
AjaxPays-Bas13964
PSVPays-Bas7311
FeyenoordPays-Bas3211
FC AmsterdamPays-Bas10  
Sparta RotterdamPays-Bas10  
CelticEcosse7421
RangersEcosse51  
AberdeenEcosse10  
DundeeEcosse11  
Dundee UnitedEcosse11  
HibernianEcosse11  
AnderlechtBelgique72  
Standard LiègeBelgique41  
BrugesBelgique211 
MâlinesBelgique10  
Etoile rouge BelgradeSerbie/Yougoslavie8311
PartizanSerbie/Yougoslavie311 
VojvodinaSerbie/Yougoslavie10  
Dynamo KyivUkraine/URSS83  
DniproUkraine/URSS20  
ShakhtarUkraine10  
RapidAutriche41  
AustriaAutriche21  
Wiener SCAutriche20  
Wacker InnsbruckAutriche10  
DuklaTchéquie/Tchécoslovaquie41  
SpartaTchéquie/Tchécoslovaquie31  
Baník OstravaTchéquie/Tchécoslovaquie10  
Hradec KrálovéTchéquie/Tchécoslovaquie10  
ÚjpestHongrie31  
VasasHongrie21  
FerencvárosHongrie10  
GyőrHongrie11  
MTK BudapestHongrie10  
IFK GöteborgSuède41  
ÅtvidabergSuède10  
DjurgårdenSuède10  
IFK MalmöSuède10  
Malmö FFSuède111 
LegiaPologne30  
Górnik ZabrzePologne10  
Ruch ChorzówPologne10  
Widzew ŁódźPologne10  
Wisła KrakówPologne10  
GalatasarayTurquie51  
BeşiktaşTurquie10  
FenerbahçeTurquie10  
CSKA SofiaBulgarie62  
PanathinaikosGrèce431 
AEK AthènesGrèce10  
OlympiacosGrèce10  
GrasshoppersSuisse20  
ZürichSuisse20  
BaselSuisse10  
Young BoysSuisse10  
SteauaRoumanie3321
DinamoRoumanie11  
Universitatea CraiovaRoumanie10  
SpartakRussie/URSS31  
CSKARussie10  
Hajduk SplitCroatie/Yougoslavie30  
Spartak TrnavaSlovaquie/Tchécoslovaquie31  
AarhusDanemark10  
BrøndbyDanemark10  
Ararat YerevaArménie/URSS10  
Dinamo MinskBelarus/URSS10  
APOELChypre10  
LahtiFinlande10  
LinfieldIrlande du Nord10  
RosenborgNorvège10  
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29 réflexions sur « Au royaume du foot européen, qui est le roi ? »

  1. Ah ben, moi qui aime les chiffres, me voilà gâté!

    Chelsea le nouveau riche, Ajax, deux modèles que tout semble opposer.. ==> Tu as bien fait de préciser « SEMBLE opposer » : Ajax fut tout bonnement le club le plus riche de son temps, et précisément dans la foulée de Feyenoord.. Y a pas de hasard 😉

    Mes vieilles sympathies pour le Leeds de Revie m’ont valu un accès d’hypertension en lisant ceci : « Leeds et West Ham, clubs qui ont réussi à se démarquer sur la scène européenne épisodiquement ».. 😉

    Car « épisodiquement »? Calme dans la baraque : outre le joli (mais fugace, c’est vrai) revival au tournant du millénaire, ce fut statistiquement LE club (archi-)dominant en Europe au tournant des 60-‘s-70’s. Premier au ranking européen 3 années consécutives même, encore dans le top 3-6 pendant des années.. Au total ils furent hyperbalèzes pendant près de 10 ans en CE, ce fut de l’épisodique..qui dura longtemps, ma foi.

    L’auteur (que j’ai bien lu, pas de souci 😉 ) aura compris que j’ergote un brin, évidemment.

    Mais surtout : les 1/4 me paraissent aussi être un excellent indicateur.

    Seul bémol, mais éternel, quoi qu’on fasse : ce type d’approche est idéaliste, en ce sens qu’elle ne tient pas compte (c’est de toute façon impossible) des moult enculadas occasionnées jadis…………. Aucune approche ne saurait parfaitement rendre justice à ce que furent vraiment les forces et mérites respectifs de ces clubs, tant l’Eurofoot fut épouvantablement vérolé.

    Mais la masse des données traitées dit tout de même quelque chose, oui.

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  2. Épisodiquement dans le sens « relativement court » dans les 70 ans de coupes européennes , Leeds a un finalement peu de quarts et sans la coupe des villes de foires elle n’aurait même pas été cité. Mais je dois avouer que j’étais surpris de ce maigre bilan car comme toi je voyais Leeds plus haut, et dans ma première mouture sans la coupe des forains c’était encore plus maigre.

    Le « semble » n’est pas anodin en effet, ni le lien vers ta série sur Cruyff 😉 Mais comme je le relève, la période des années 80-90 est encore plus impressionnante, à une période où l’Italie domine tout et l’Ajax est loin d’être le plus riche (même si ils restent très puissant).

    Pour les enculadas, c’est un point que j’aborderais la semaine prochaine mais il pose le problème du manque de « preuves », et l’écueil de la purée subjectivité est difficile à éviter. Peut-être te consulterais je si je veux développer ce point!

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    1. J’ajoute que j’ai choisi les 1/4 car il me semble être moins « verolés », les enculadas arrivant davantage à partir de cette étape. Mais comme tu le dis difficile de vraiment mesurer le mérite!

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  3. Eh beh, gros boulot, Rui !
    Ca confirme la médiocrité française (qui en doutait ?) et l’absence de locomotives présentes de manière continue dans les compétitions européennes. Reims dans les 50es, rien dans les 60es, Saint-Etienne dans les 70es, Bordeaux dans les 80es, OM et PSG dans les 90es… Pas de Real, de Benfica, de Milan, de United, de Bayern (un peu plus tard). Comment un club français pourrait il être dans les sommets ?
    On pourrait également mentionner les changements de formats qui facilitent la participation à la C1 pour les clubs dominants mais même en tenant compte de toutes les épreuves, un club peu naïf comme l’ASSE de Rocher qui joue l’Europe tous les ans ou presque (14 participations) entre 1967 et 1982, avec une ossature stable, ce ne sont que 4 quarts ou plus.
    Bref, les Français ont toujours été mauvais et les années 1990 dont on se gargarise sont un trompe l’œil !

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  4. Je note avec plaisir que l’article souligne que l’OL est champion d’Europe.
    Champion d’Europe des quarts de finale qui ne mènent nulle part, certes, mais ça fait quand même un truc où on est meilleurs que les autres !

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  5. Quel taf offert par notre « benfiquista » local, magnifique !
    Un article à absolument garder de côté pour les conversations « bilan et analyses » manquant souvent cruellement de références, de clarté ou encore de facilité d’accès à l’information. Ici tout y est, c’est fluide, c’est top ! Un plaisir à survoler.

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  6. Un club qui s’est construit immédiatement une culture européenne est Villarreal. 24 saisons en elite espagnole mais deja une c3, 5 demi-finales européennes, dont 2 de c1 et 3 quarts. C’est remarquable. Surtout pour un club qui n’a pas un budget démentiel.

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    1. A contrario, le Betis est le mauvais élève des clubs classiques du foot espagnol. Pas une seule demi-finale alors que des clubs plus modestes, comme Tenerife, Mallorca ou Alaves sont allés en demi-finale, voire en finale. Et je ne parle pas des Espanyol, Saragosse, Depor, Real Sociedad…

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    2. Tu fais bien de parler de Villarreal, ils devaient être dans le dernier tableau mais je les ai zappé. Dommage car ils avaient tout à fait leur place.
      Oui le Betis est avec les clubs basques celui qui a le plus sous-performé, Bilbao ce n’est pas terrible pour un club qui s’est longtemps posé comme troisième force nationale. Certes 2 finales mais très peu de quarts (2 en plus des finales).

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    1. C’est la cinquième dimension, Forest : 2 C1..alors qu’ils ont joué moins de matchs de CE que, allez, les Luxembourgeois de l’Avenir Beggen?? (premier nom qui me passe par la tête)

      Et hormis ces deux victoires-là, ils font quoi de notable? Ah oui, l’élimination en 84, des oeuvres de Guruceta-Muro, du père VandeStock et de son futur maître-chateur Jean Elst…………..et basta!, c’est juste invraisemblable..

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      1. Le fait que Nottingham n’ait pas connu plus de succès en Europe et même en Angleterre (à part la coupe de la ligue) est très simple. Peter Taylor et Brian Clough se sont séparés et même fâchés à vie.

        Toujours important d’avoir une bonne ambiance et de rester humble, comme témoigné par: http://footnostalgie.free.fr/version2/index.php?option=com_content&task=view&id=640&Itemid=32

        et quand tu as un modèle comme Claude, comment ne pas rester humble :

        https://www.youtube.com/watch?v=_yvtfjC6Sgs

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    2. Odegaard. J’ai remis en service ton commentaire qui était parti dans les limbes mais cette fois-ci, je sais pourquoi. Quand tu mets trop de liens au sein d’un même post, ça part en indésirable.

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  7. Mention spéciale à Malmö qui est le seul club d’un pays nordique à avoir joué une finale de C1. Seul un but de l’homme qui valait un million a arrêté son parcours surprenant (commencé par une élimination de Monaco après un match aller soldé par un nul en terres suédoises). Par contre en C3, plusieurs petits clubs ont atteint la finale comme Videoton et bien sûr Bastia (ne jamais oublier l’apport de Fanfan Félix dans l’histoire des coupes européennes pour Bastia).
    En ce qui concerne le Real, je ne comprends pas que l’on puisse encore s’étonner de ses retournements de situation perpétuels. C’est comme avec un mythe pour Haïti : le Real a signé un pacte avec le diable. La preuve incontestable étant que le Real a gagné sa 6e coupe d’Europe en 66.

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    1. Malmö, un parcours surprenant mais loin d’être inoubliable. Jeu minimaliste, fondé sur le béton, emmené par l’Anglais Houghton qui n’a jamais rien fait en-dehors de Malmö…
      En C3, Göteborg est allé au bout avec Eriksson sur le banc.

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      1. Globalement Goteborg a connu une belle décennie, pouvant être considéré comme un « cador ». Ils passent très prêt d’une finale contre Bucarest, qu’ils auraient pu gagner en1986. Ils gagnent 3-0 à l’aller avant de se faire rattraper au retour. Lors des TAB pareil, ils ont le tir de la gagne, le foire et se font doubler. L’année d’avant ils sortent face au Pana de peu également en quarts. Et l’année d’après ils gagnent leur deuxième C3. En 82 ils avaient atomisés le Hambourg de Happel, Hrubesch, Magath, Kaltz et cie en finale (3-0 en Allemagne).

        Leur dernier fait de gloire, le seul que j’ai vu lors des soirées C1 de TF1 ils se font éliminer au goal average face au Bayern après une fin de match haletante. Avec Ravelli dans les cages.

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      2. Oui mais Göteborg avait des joueurs comme Stromberg, Nilsson ou Dan Corneliusson. Malmö, c’était le mini mir du football : petit prix mais il fait le maximum. Par exemple, qui peut donner 3 noms de cette équipe finaliste de la C1 78-79 ? De même pour Bastia. Qui peut donner le nom du défenseur qui constituait la charnière centrale avec Orlanducci ?

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      3. C’était superbandant Göteborg, aux antipodes de Malmö! Avec une espèce d’ange blond notamment, je me rappelle aussi du sprinteur fou Ekström, Hysen et Stromberg.. ==> Formidable, une des plus belles équipes européennes des 80’s, Eriksson fit un boulot extraordinaire et, question jeu : il est vraiment regrettable que ce soit le Barca qui soit passé en 86!

        Dans le lot, il dut bien y avoir, dans ce noyau-là, 3-4 candidats sérieux au panthéon du foot suédois.
        Moche pour le back droit Nilsson, car voilà encore un super joueur – un des meilleurs d’Europe à son poste, je dirais.

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      4. N’oubliez pas Torbjörn Nilsson que beaucoup considéraient comme le plus doué du Goteborg 82. Mais visiblement, il n’avait pas le caractère pour s’imposer dans des championnats de plus haut standing. PSV ou K’Lautern. Trop timide selon lui.

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      5. Cazes ? (avec Orlanducci)
        Bastia a quand même aligné 7 victoires de suite, dont le meilleur Torino de l’après-Superga, Newcastle et le Sporting, avec quelques noms qui clqauent (Rep, Krimau, Felix, Papi), il y a un peu plus de rêve qu’à Malmö

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      6. Pas loin. Jean-Louis Cazes était l’arrière droit, il sort d’ailleurs de Bayonne comme son ancien coéquipier Bastiais Lacuesta mais également Deschamps et Laporte plus récemment. Le défenseur central à côté d’Orlanducci était André Guesdon.

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  8. Quel travail Rui ! Et aussi la confirmation des piètres performances des clubs français lorsqu’il s’agit de conclure. L’antithèse de l’équipe de France puis 25 ans en somme. Je me rappelle encore dans ma jeunesse l’attitude de nombreux clubs français à prendre par-dessus la jambes les matchs de C3 (au temps de la Coupe UEFA), pour finir humiliés par des clubs hongrois ou slovaques…

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